Hello peuple !

Ce chapitre est très long alors je m'éternise pas en blabla. xD J'ai eu de la peine à le boucler, j'avoue... Je suis en pleine période d'examens (enfin, j'ai le dernier demain) et je suis super fatiguée... Mais je devrais avoir écrit quelque chose de cohérent, quand même. xD (J'espère)

Sinon par rapport à ce chapitre, le premier et le dernier passage sont "très" importants, mais je le trouve assez... Transitoire. Puissiez-vous pardonner sa lenteur et son manque d'action, je vous promets que les choses bougeront plus dans le chapitre 18 ;_; (Et que celui-ci sera à l'heure !)

Sinon, Schyzophrène qui passait par là : Eh bien, écoute, je suis vraiment désolée que ça ne t'ait pas plu... Je fais de mon mieux mais tout le monde ne peut pas aimer. =) Merci d'avoir donné ton avis, en tout cas. Je te rassure, Axel n'est pas très présent dans ce chapitre, par contre Roxas se prend toujours beaucoup la tête... Je suppose donc que ça va pas trop te plaire, enfin. xD Si jamais tu passes par là, merci pour ta review, et franchement désolée que tu n'aies pas aimé. ^^"

Bonne lecture ! =o=


Chapitre 17 : Il paraît que les « peut-être » peuvent être la clé

A l'extérieur, c'était comme le retour du déluge ; ça tombait, ça frappait, ça faisait du bruit, ça tombait et ça frappait encore – mais c'était pas comme d'habitude. Il manquait quelque chose – ou alors, peut-être que y'avait quelque chose de plus, un truc en trop qui faisait tout déconner ?

Roxas savait pas ; et il voulait pas savoir, bordel.

Cette fois-ci la pluie, le bruit, le fracas incessant contre la fenêtre, le monde entier lui faisait mal depuis l'intérieur, à un tel point qu'il comprenait même pas comment c'était possible ; et puis tout à coup il eut juste envie d'abandonner, de tout laisser tomber, de prendre son visage entre ses mains, de se blottir dans les bras de Cloud et de pl-

Cloud.
Ni une, ni deux, Roxas s'arracha à l'étreinte de son frère, qui le laissa s'en échapper doucement ; puis il se retrouva assis, simplement, presque normalement, juste comme avant, au milieu de ce lit aux draps si blancs, si purs, et il ne sut s'il devait l'engueuler comme du poisson pourri ou le remercier de toute son âme pour ce qu'il venait de faire.

Son cœur beuglait la deuxième option si fort que, pour une fois, son esprit ne parvenait pas de sa voix à faire remporter sur les deux choix sa propre idée.

Son aîné, quant à lui, aussi peu bavard qu'à son habitude, resta assis à côté du lit – une main, toutefois, resta plongée dans les couvertures propres, et tandis qu'il se reprenait peu à peu, l'adolescent crut lire une certaine interrogation dans son regard. Putain de merde, pensa-t-il sitôt qu'il eût secoué sa tête assez fort pour reprendre un peu ses esprits – putain de bordel de merde. Toutes ces questions, toutes ces emmerdes autour de lui, dans tous les sens – et maintenant Cloud qui le regardait comme ça, l'air d'y rien comprendre, et bien évidemment qu'il y comprenait rien, personne avait rien dû lui expliquer !

Bon.
Au moins, le plus âgé des deux blonds faisait l'effort d'être patient ; c'était assez rare, avec lui, enfin, vis-à-vis de la plupart des gens, mais pas avec son frère, quoique, c'était une autre histoire. En tout cas, il lui laissait le temps – le temps de rassembler ses pensées, une à une, et d'en recoller les morceaux, brisés, épars et perdus, on ne savait trop où. Dans le silence de la chambre que ne troublaient maintenant plus que les impacts, réguliers, répétés, de la pluie contre la fenêtre, Roxas inspira un grand bol d'air tiède et l'expira le plus lentement qu'il le put.

« Ce... C'est rien, bredouilla-t-il un peu, et il se trouva effroyablement débile, juste là, sur le moment. Y'a rien, ça va. »

Cloud leva un sourcil interrogateur mais ne répondit pas – et son frère le maudit pour avoir le don, toujours, inlassablement, de mieux faire passer ce qu'il voulait dire par son visage que par ses mots. Il faisait chier, quand même, sérieux ; il pouvait très bien balancer qu'il s'en foutait et que ça allait, qu'il en demanderait pas plus à Roxas, mais y'aurait toujours dans son regard le putain de petit quelque chose qui déciderait l'adolescent à tout lui raconter.

Mais cette fois-ci, est-ce qu'il pouvait vraiment tout lui raconter ? Est-ce que ça aurait pas une influence sur ce que son aîné pensait de lui, ou sur ce qu'il pensait d'Axel, de Vani, de n'importe qui d'autre ? Le blond savait pas – et il avait même pas la tête à y réfléchir, en fait. Une partie de lui l'encourageait à le faire, l'autre l'en défendait de toutes ses forces – et bordel, il savait pas quoi faire, quoi.

« Bon, dit finalement Cloud, calme, encore et toujours calme. Ce mec t'a pas emmerdé, au moins, j'espère ? »

Ce mec ; Axel, donc. Ce putain de travelo à la con – lui, l'emmerder ? Sérieux ? Ce grand rouquin stupide, féminin au point qu'on s'en demandait pourquoi il se trimballait pas tout le temps un sac à main, hein, le tout en talons hauts et petite robe, histoire d'avoir au moins un truc abruti, lui, cette chose, cet énergumène, oser l'emmerder ? Im-po-ssible, songea Roxas non sans une sacrée pointe d'ironie ; non, en effet, il venait juste de foutre le bordel et de repartir, un peu comme à chaque fois en fait.

Le jeune homme le détestait, à vrai dire. Peut-être. Parce qu'il venait, à chaque fois, avec ses cheveux rouges et son grand sourire idiot ; il ramenait sa tronche de cake, ça allait bien, un moment, juste un moment – et après il faisait tout déconner autour de lui, et il se cassait quasiment aussitôt, sans jamais rien chercher de ce qu'il avait paumé, sans jamais rien ranger de ce qu'il avait éparpillé un peu partout, et sans jamais rien réparer de ce qu'il avait cassé.

C'était une tornade, un typhon, un ouragan qui gravitait tout autour de lui et qui se heurtait sans cesse aux limites de son univers, aux parois fragiles de sa bulle ; et à chaque seconde, il menaçait un peu plus de finir par tout détruire.

Et pourtant, en plusieurs fois déjà qu'il avait tout dérangé, rien ramassé, Roxas continuait, inlassablement, à le laisser foncer tout droit dans son quotidien ; il s'énervait, certes, il lui hurlait dessus, aussi, mais bordel, ça changeait rien. Quoiqu'il dise, quoiqu'il fasse, quoiqu'il pense ou exprime, Axel donnait juste l'air d'en avoir rien à foutre – et il recommençait, il continuait, putain, il continuait, tout le temps, à un point tel qu'à Roxas, ça lui faisait mal.

Il comprenait pas pourquoi – il comprenait même plus rien, en fait. D'habitude il gueulait deux fois, trois sur les plus coriaces, et plus personne venait le faire chier, et plus personne osait s'amuser à foutre le bordel dans sa vie ; d'habitude, il frappait des fois, il lançait des regards noirs, engueulait, insultait, et c'était fini, et y'avait que Vanitas de toute façon pour résister à ce genre de trucs sans trop broncher et savoir rester à l'écart quand il le fallait – seulement voilà, avec Axel c'était pas comme d'habitude.

Ça le faisait chier. Ça l'emmerdait. Plus que tout au monde. Et puis ça lui faisait mal, aussi – ça le faisait souffrir, tout au fond.

Et puis, soudain, il sentit la main de Cloud se poser sur sa tête, dans ses cheveux blonds ; et probablement que, quelque part, ce fut la note de trop, la grosse goutte débile tout juste bonne à faire déborder le vase. Ses poings, sur ses jambes, serraient la couverture de toutes leurs forces et il plissa les yeux, le plus fort qu'il pouvait, la tête baissée ; il essayait de reprendre son souffle mais ça foirait à mort, il sentait ses paupières le picoter mais bordel c'était juste pas possible, il se sentait complètement con, ouais, le mec le plus idiot de la terre, enfin, il hésitait entre rage et désespoir, et il avait quand même la putain d'impression qu'il serait putain de pas capable d'aligner trois putain de mots correctement s'il ouvrait la bouche ; ça le serrait dans la poitrine et il savait pas quoi faire pour virer cette douleur, jarter tout ce mal en lui, arrêter de se trouver si débile, repoussant, enfin reprendre confiance et-

Cloud, délicatement, replaça une mèche de cheveux dorés derrière l'oreille du jeune homme, et Roxas crut bien l'entendre dire quelque chose comme « Courage » – Courage, p'tit frère, je t'adore.

Sur le coup, ça lui fit plaisir – juste infiniment. Juste trop. Il prit son visage entre ses mains, inspira un grand coup – allez, mec, songea-t-il, fallait qu'il le dise, là, qu'il explique en deux mots à son frère pourquoi ça allait pas, même si lui-même il y pigeait juste que dalle, même si lui-même il galérait déjà à retrouver tous les mots, toutes les phrases qu'il cherchait désespérément dans le bordel de sa tête.

« J'y comprends plus rien, débita-t-il soudain, d'une traite. Bordel, j'y comprends plus rien, c'est un connard, j'sais pas si j'dois lui pardonner ou pas, j'sais pas quoi faire... Cloud... »

Le plus âgé des deux frères, jusqu'ici calme, stoïque, immobile, toujours à lancer les mêmes regards, à garder la même attitude – distant, évidemment, avec tout le monde, bien sûr, sauf Roxas, et putain, il considérait ça comme une sacrée chance – ne répondit pas tout de suite ; et puis, tout à coup, sans crier gare, il le frappa doucement, sur le dessus du crâne, au milieu de sa masse de cheveux blonds.

« Te prends pas la tête avec un type pareil, conclut alors l'adulte. S'il t'emmerde, tu m'en parles, je lui casse la gueule. »

Aussitôt, le blond, d'abord surpris, tourna la tête en direction de son frère, pour le découvrir aussi peu expressif qu'à son habitude – à tout casser, peut-être, une once de sourire en coin, dans le genre qui voulait dire que maintenant, ça allait, et ça irait de mieux en mieux, simplement parce que pour une fois, le blond n'était pas seul, confronté à lui-même.

Alors, et même si en temps normal il se serait jamais permis de faire un truc pareil, il rit, juste un peu ; et il chassa du revers de sa main celle de son frère, toujours au-dessus de sa tête.

« Tu déconnes, tu seras jamais cap', il est plus grand qu'toi. »

Il plaisantait, bien sûr – il avait confiance en Cloud et il savait qu'il pouvait bien croire cette espèce de promesse faite à la va-vite. Par contre, il savait pas s'il en aurait besoin ; mais à vrai dire, ça n'importait que peu.
Ainsi, ils purent papoter encore un moment, de tout et de rien, surtout de rien – et même que lorsque son grand frère sortit, Roxas ne put retenir un sourire content, tellement ça lui avait fait du bien, avant de se glisser à nouveau entre ses draps.

Cloud, de son côté, glissa la main dans la poche de son jeans et attrapa son portable – pas d'appels, pas de messages.
Il soupira et se promit qu'il trouverait un moyen d'annoncer à Roxas que leur mère ne donnait plus aucun signe de vie – demain, peut-être.


La pluie n'avait cessé de tout le week-end.
Roxas, après l'avoir observée une journée encore par la fenêtre de la chambre d'hôpital, l'avait vue en vrai sitôt qu'il était sorti – il se l'était même prise en pleine poire dès lundi, juste comme il aimait, et l'accalmie de mardi et de mercredi n'avait au final été qu'une sorte de calme avant la tempête. Mais fallait bien avouer que ce n'était pas pour lui déplaire.

Maintenant, c'était jeudi ; demain, ça ferait une semaine qu'il avait eu son accident, comme disait Vani, et samedi, une semaine qu'il était sorti de l'hôpital en pestant – il aimait pas les hostos, après tout. Et puis il allait bien – zéro problème, pas de traumatisme crânien ou il savait pas trop quel trouble au nom bizarre, et de toute façon, c'était pas comme s'il allait s'emmerder à retenir tous les noms louches, imprononçables ou pire, latins, des maladies citées par les infirmières. Il aurait rien eu de plus à y foutre ; il était mieux chez lui. Enfin, chez lui – chez Vani, quoi. Chez Vani où il habitait et où il était retourné sitôt sa sortie du centre de soins ; chez ce même crétin de Vani qui lui avait laissé un sourire assez content lorsqu'il s'était cassé pour aller chercher son iPhone, normalement réparé.

Ça lui faisait plaisir, quelque part, que Vani soit sympa comme ça avec lui, des fois. C'était genre, de temps à autres il l'emmerdait, jouait sa mère poule, et vas-y que j'te câline et que j'te materne comme si t'étais mon rejeton ; et puis, à d'autres moments, c'était plutôt un frère, un deuxième grand frère, un peu comme Cloud mais plus détendu, et puis différent.

D'ailleurs, en fait, s'occuper de son précieux iPhone, c'était pas la seule chose de bien qu'il avait faite, ce second grand frère ; en début de semaine, il s'était arrangé pour choisir un hôtel et réserver leur chambre ainsi que les billets pour leur train – eh ouais, malgré tout, grâce à ce putain de Dieu qu'existait même pas, ils partiraient bel et bien samedi matin. Et du coup, ça faisait longtemps que Roxas avait plus été aussi content, parce que ce qu'il pouvait avoir hâte, bordel ; encore un vendredi long et chiant à tirer, et après, il se cassait pour quasiment tout le week-end.

Cette simple pensée lui arracha un sourire et il l'offrit à l'avalanche de pluie glacée, juste dehors. C'était joli – les gouttes d'eau se suivaient, les une derrière les autres, droites, correctement alignées, et ça tombait comme un rideau sur le monde. Un grand, large, mais fin rideau de la manière la plus agréable au toucher qu'il soit ; le genre de rideau qui épousait les formes de ce qu'il recouvrait peu à peu, mais qui effaçait tout sous son tissu opaque.

Roxas, parfois, aurait bien voulu que cette foutue pluie finisse par réussir à effacer tout le monde. Enfin, tout le monde, sauf lui. Et Cloud. Et Vani. Et Ax- Non.
Tout le monde, à commencer par Axel, et maman, et Kévin pendant qu'on y était – les deux derniers pour leur connerie pure et dure, et puis le premier parce que... Parce qu'il savait pas, mais il s'en foutait. Y'avait comme un mal être permanent lorsqu'il pensait à ce type. Un truc qui l'oppressait, un truc désagréable, comme une petite voix dans sa tête qui lui gueulait qu'il avait fait une connerie, et une grosse.

Alors, il préférait ne pas y penser – il préférait s'imaginer seul, toujours seul, à regarder les torrents de la pluie engloutir le monde une bonne fois pour toutes ; seul, oui, seul. Parce qu'admettre une exception l'aurait forcément amené, tôt ou tard, à reconsidérer la condition d'un certain travelo à son point de vue – et ça, c'était sans aucun doute le dernier truc au monde qu'il avait envie de faire.

Un travelo roux débile restait un travelo roux débile – même s'il s'excusait.
Son meilleur pote restait son meilleur pote, aussi – même s'il se prenait pour sa mère, parfois.
Son grand frère adoré restait son grand frère adoré – même s'il était plus venu le voir depuis le week-end passé.
Et puis, sa connasse de mère restait sa connasse de mère – même si elle ne s'était pas inquiétée pour lui.
Et lui, dans tout ça, il restait lui – Roxas, un blond adolescent désagréable, vulgaire, asocial, égoïste, carrément antipathique – même si, au fond, ça lui faisait un peu mal de penser tout ça.

Pas besoin de peser le pour et le contre – il avait raison, c'était bien comme ça, et c'était tout. Il soupira et sursauta lorsqu'il entendit la porte de l'appartement s'ouvrir à la volée ; et moins d'une minute après, sans qu'il ne comprenne vraiment comment, Vanitas débarqua dans la pièce.

En toute délicatesse, comme toujours, ce crétin lui envoya pleine face un sourire mi-satisfait mi-sadique dont il avait le secret ; et puis il le vit, comme ça, un peu paumé, le regard à moitié dans le vague de la pluie, de l'autre côté de la fenêtre, à moitié surpris, parce qu'il s'y attendait, et évidemment, il en profita pour se foutre de sa gueule.

« Hé, dis donc, t'es tombé amoureux d'ma fenêtre ? Lança-t-il en rigolant. Ou alors t'es fiancé à la pluie ? »

Roxas releva même pas le sarcasme tellement ça lui faisait chier ; si ce grand crétin ne lui ramenait pas son iPhone adoré, il lui aurait pas hésité à le frapper un coup, même. Mais, et heureusement d'un côté, Vani ne se fit pas plus attendre pour plonger la main dans son sac ; et avec un grand sourire digne d'un Vanitas moqueur mais vachement content et fier de lui-même, il brandit le précieux objet juste sous les grands yeux bleus du blond.
Et putain, son iPhone n'avait jamais eu une gueule pareille, en fait. Un nouvel écran, pas de fissures, pas de traces de doigts – c'était juste trop le pied et Roxas se grouilla de le prendre entre ses mains pour vérifier que y'avait bien encore ses trois-quatre images, ses applications, ses contacts et surtout, bordel, surtout sa putain de musique sans laquelle il pouvait décidément pas vivre.

Tout était bien là, tout fonctionnait à merveille et d'un seul coup, sa vie fut parfaite. Il avait retrouvé son précieux iPhone et dans le fond, rien que ça, ça l'aidait à passer complètement sur l'incident du week-end – sa mère, rien à battre, ses éventuelles séquelles, rien à battre, et Axel, bah, rien à battre non plus, pour le moment.
Un sourire naquit au coin de ses lèvres et putain, ce qu'il pouvait être content – mais surtout putain, ce qu'il pouvait avoir de la peine à ne pas le montrer, cette fois-ci.

« M... Merci, Vani ! Finit-il par dire rapidement, essayant tant bien que mal de retenir son grand sourire de con, et il détourna aussitôt la tête. Heu... »

Vanitas se marra mais ne releva pas le truc ; de toute façon, comme d'habitude avec ce mec, un regard moqueur et ça suffisait, le blond avait très bien compris qu'une fois de plus, il se foutait de sa gueule – mais bon, il passait. Enfin, pour cette fois, quoi. Parce qu'il lui avait ramené son iPhone.

« Cool de t'voir heureux, balança-t-il alors, et ça a intérêt à continuer, parce que là on ressort ! »

Ah bon, ils ressortaient ? Roxas l'agressa de ses grands yeux d'un coup tout étonnés et Vanitas se contenta de se retourner pour repartir dans l'entrée – mais il avait les cheveux trempés, ce con, d'où il voulait encore ressortir maintenant ? Et pour foutre quoi ? Quand même pas des courses, supplia mentalement l'adolescent – ah ouais, pitié non, pas des putain de courses, pas maintenant qu'il avait enfin retrouvé son iPhone...

« Et..., hésita-t-il, un air de dégoût bien visible sur le visage, c'est pourquoi ?
– Voir mon frère, répondit Vanitas depuis l'entrée. J'voulais le voir un coup avant qu'on parte, ça t'embête ? »

Le blond garçon ne répondit pas – si ça l'embêtait d'aller voir Zack, qu'il disait Vani ? Sincèrement non, pas vraiment, pas autant que les courses du moins ; mais malgré tout, il pouvait pas s'empêcher de se demander pourquoi Vani semblait avoir à ce point besoin qu'il vienne avec lui. Okay, c'était sympa, okay, il voulait bien le faire, et okay, il aimait bien Zack, mais bordel, ils étaient pas frères jumeaux, et même pas frères d'ailleurs, juste potes !

Il inspira à fond, comme les nanas répètent sans cesse qu'il faut le faire dans les cours de yoga où d'il-ne-savait-pas-quel-autre-sport-à-la-con, et puis il expira, genre, comme ça, comme au fitness. Du calme et du sang-froid qu'on disait – c'était pas grave, après tout, il pouvait bien accompagner son pote, même s'il aimait pas trop sa manière d'avoir introduit la chose, et puis ça lui ferait prendre l'air, et même qu'il pourrait voir la pluie.

Oui, voilà, c'était ça ; là, maintenant, il allait sortir pour la pluie. Pour sentir ses cheveux se mouiller et venir se coller contre ses tempes, tremper son front et ses oreilles, glacer son cou de toute leur longueur blonde et opaque – ça serait genre super cool, même.
Alors, il acquiesça simplement, il savait même pas trop à quoi, et il se dépêcha d'aller enfiler ses godasses pour suivre Vani dans la fin d'après-midi pluvieuse de ce jeudi, juste avant leur départ.


Sans surprise, la visite de Zack se passa bien – super bien, même. Vani lui glissa des trucs comme quoi ils partaient samedi, tout ça, mais Roxas écoutait pas vraiment ; il pensait un peu à autre chose, en fait, et il savait même pas pourquoi, et même que sur le coup, ça le faisait bien chier. Quoiqu'il essaie de dire ou de faire, il avait son meilleur pote et le frère dudit meilleur pote plongés en pleine conversation juste à côté – et lui, il arrivait juste pas à suivre.

Ses pensées commençaient à déconner et c'était pas bon, en fait, genre, pas bon du tout du tout du tout. Ça lui faisait ça, parfois, en classe, aussi ; il s'emmerdait grave, il écoutait d'une oreille, il était pas super motivé à travailler et son esprit divaguait tout seul, comme un grand – un grand con, ouais, surtout. Il le savait d'expérience, après tout ; sitôt que son esprit divaguait, c'était automatiquement aux choses les moins agréables qu'il pensait.

Et en l'occurrence, la chose la moins agréable était grande, rousse, chiante, et même qu'elle avait un nom – sauf que pour rien au monde Roxas ne l'aurait prononcé, même pas mentalement. Il avait trop... Trop il-savait-pas-quoi – de la colère ? De la honte ? Il savait pas, bordel, il savait pas et ça le torturait plus que de raison.

La chose la moins agréable jusqu'à maintenant lui avait rendu visite alors que sa mère en avait juste eu rien à foutre de lui, et la chose la moins agréable s'était même excusée auprès de lui pour avoir osé toucher à son apparence à lui – alors d'accord, ça l'excusait pas, mais la question c'était, est-ce que dans le fond, ça la rendait pas un peu plus agréable, cette chose-là ?

Il savait pas.
Clairement pas. Syndrome de la page blanche – on lui aurait collé une interro là-dessus qu'il se serait chopé une bulle, carrément, même. Oui ? Non ? Peut-être – il avait pas envie de savoir, et encore moins envie de décider lui-même, parce qu'au fond, le truc qu'il savait, et qu'il savait même trop bien, c'était que ce choix-là aurait des conséquences à peine inimaginables.

Un oui pouvait reconstruire un semblant de relation amicale tandis qu'un non pouvait la bousiller à tout jamais – parce qu'Axel, ça avait beau être un putain de soumis, un débile de faiblard, eh bah, pour sûr qu'il referait pas un truc pareil avant pas mal de temps.

C'était un peu comme s'il avait tendu une perche, en fait – sauf que Roxas était pas en train de se noyer et que bordel, un travelo n'avait décidément pas à venir à son secours, pas encore, pas tout le temps, même s'ils avaient été amis auparavant – amis. Amis.

Amis ?
Roxas bloqua un moment sur ce mot, au point tel qu'il faillit zapper de suivre Vani quand celui-ci quitta la prison.
Amis ? Amis, tu dis ? Amis, avec ce crétin aux cheveux roux et au parapluie rose moche ?
Amis.

Ça remontait loin et ça sonnait bizarre – plus que bizarre, en fait. Comme si on lui avait collé un ballon entre les mains et qu'on attendait seulement qu'il le lance, à droite ou à gauche, et qu'une force l'attirait à droite alors qu'il visait la gauche – mais de toute façon, peut-être même qu'il confondait la droite et la gauche ?

Pardonner – ça aussi, c'était un mot qui sonnait bizarre à ses oreilles. Mais inexorablement, il le sentait approcher, petit à petit, de son univers à lui, de sa bulle confortable et agréable ; et il sentait que quelque chose se préparait, que ça allait être la merde dans pas longtemps s'il trouvait pas le moyen de causer à Axel et de régler les choses une bonne fois pour toutes.

Il détestait ça, à vrai dire – sérieux, ça le dégoûtait. Allez vers cet idiot et lui parler ; y'avait comme un morceau de lui qui disait que c'était à chier, que ça allait lui faire plus de mal qu'autre chose, et l'autre partie qui hurlait que c'était bien, que y'avait que ça à faire, que ça règlerait tout – à commencer par le mal être.

Oui, je te pardonne ; non, je te pardonne pas ; peut-être je te pardonne, peut-être je te pardonne pas ; que faire, que dire, que penser ?

L'air hagard, Roxas sortit de la prison, Vanitas à ses côtés, et il leva les yeux au ciel. La pluie s'était arrêtée, et c'était gris tout au-dessus de lui ; alors, il secoua la tête et soudain, il pensa à un truc.

Peut-être qu'au fond, Axel n'avait pas changé – peut-être qu'il n'attendait rien en échange de ses excuses. Peut-être qu'un « peut-être » lui suffirait. Peut-être qu'il ne voulait rien d'autre, en fin de compte. Un peut-être – et un retour.

Alors, sans réfléchir à ce qu'il était en train de faire, Roxas se tourna vers son meilleur pote et lui balança qu'il allait passer chez sa mère avant de rentrer ; et en silence, il se promit de s'arrêter au parc en chemin.


Fin du chapiitre =D

Merci beaucoup d'avoir lu. *s'incline* Je suis désolée de ce chapitre, moi-même je le trouve très moyen... J'espère que vous ne m'en voudrez pas, c'était nécessaire pour passer au chapitre 18 qui fera, je vous le promets, bien plus avancer l'histoire. ^^"