Salut tout le monde !
Ourgh, mes chapitres se font trop longs, faut vraiment que j'arrive à me limiter un peu... xD Enfin, en dehors de tout cela. J'ai eu beaucoup de peine à écrire ce chapitre, j'espère qu'il vous plaira quand même. é_è J'ai dû réécrire certains passages trois-quatre fois pour qu'ils me plaisent mais du tout j'espère qu'ils sont compréhensibles...
Sinon, merci beaucoup à chut (Tu verras, la relation menace d'évoluer pas mal dès ce chapitre ou le suivant :P) et à Schyzophrène qui passait par là (Inceste Cloud/Roxas tu dis ? Mon Dieu c'est possible de faire beaucoup de pairings dans c'te fic alors xD Mais je m'amuse beaucoup avec ces deux frères, j'avoue ^^ Merci ) pour leur review anonyme. =)
Pour ce chapitre : on n'avance pas énormément côté actions mais je trouve que y'a une grande avancée psychologique chez Roxas... Je détaillerai plus à la fin, je vous laisse découvrir. =)
Et enfin, dernière information : compte tenu de quelques soucis rencontrés par ma bêta-lectrice habituelle, ce chapitre a été relu, corrigé (il serait encore moins clair sinon xD) et approuvé par Mia Suzuki-sama ^^ Un immense merci à elle ! (Pendant que j'y pense, allez lire son AkuRoku, j'ai adoré moi ! xp)
Bonne lecture ! =)
Chapitre 18 : Il paraît que l'absence oblige à comprendre
L'adolescent comptait partir plutôt vite ; se casser, même, assez rapidement et assez loin. Il se voyait faire un bout de chemin avec Vani, jusqu'au parc justement, un peu plus loin peut-être, et s'en séparer dès que possible, histoire de refaire quelques pas en arrière sans que son meilleur pote l'apprenne.
C'était con, quelque part, quand il y pensait, de se planquer comme ça, et de pas tout simplement lui dire qu'il voulait passer au parc – mais il pouvait pas lui dire, bordel. Il pouvait pas. C'était pas qu'il avait peur de la réaction de Vanitas, pourtant ; c'était juste que... Il savait pas. C'était juste qu'il arrivait simplement pas à le dire et qu'un putain de truc lui serrait méga fort le cœur à chaque fois qu'il essayait de faire un pas dans cette direction.
Il savait même pas pourquoi il voulait y passer, à ce putain de parc, à vrai dire. Ni même s'il le voulait vraiment. Peut-être qu'il voulait pas, en fin de compte ? Peut-être qu'il se sentait juste obligé d'y aller, à cause de ce crétin d'Axel ? Il savait pas, il en avait pas la moindre idée, et ça le faisait chier – alors, il secoua la tête.
Il détestait agir à l'arrache mais y'allait bien falloir qu'il choisisse un peu au pif cette fois-ci.
« Heu, fit bientôt l'autre mec, hésitant un peu, pourquoi tu veux aller chez ta mère au juste ? »
Aller au parc ? Ne pas y aller ? Voir Axel ? Ne pas le voir ? Et s'il y était pas, ce con, en plus ? Est-ce qu'il pourrait y aller comme un débile et se retrouver sans personne à engueuler, sans personne à qui parler ? Bordel, il savait même pas de quoi il voulait lui parler, quoi – ça lui foutait un mal de crâne pas possible et putain, ce que ça pouvait l'emmerder, cette fois-ci encore plus que toutes les fois précédentes.
Et le pire, c'est qu'il était tellement plongé dans ses conneries de réflexions à deux balles qu'il lui fallut bien trente secondes pour réaliser que son meilleur pote lui avait causé. Et sur le coup, il savait juste pas du tout quoi répondre.
« Bah..., bafouilla-t-il, comme un gros con, elle, heu... »
Heu.
Heu, il savait pas quoi dire de plus – mais quelle idée il avait encore eue, de balancer qu'il allait voir sa vieille ! Putain, sur Terre, si y'avait une personne qu'il avait pas envie de voir, c'était bien cette vieille folle ; et même si ça l'avait bien fait chier qu'elle vienne même pas le voir à l'hôpital, eh bien, c'était pas pour autant qu'il allait se bouger lui pour essayer de la voir, quoi ! Fallait pas déconner, non plus ; c'était sa mère, d'accord, mais lui, il en avait à peu de choses près rien à foutre, et sûrement qu'elle ressentait plutôt la même chose à son égard.
Elle était pas venue et du coup, il avait pas à venir – point barre. De toute façon, quelque part, il lui en voulait pour ça, et sûrement que Cloud aussi ; mais ça faisait des années que ça durait, cet égoïsme dont elle faisait preuve à leur égard, et ce côté lunatique qui la faisait passer de la maman hyper chiante et regardante des heures auxquelles son gamin rentrait, à cette vieille folle tout juste bonne à lui filer ce qu'il demandait pour qu'il arrête de l'emmerder.
Et depuis un sacré bout de temps déjà, Roxas avait pris l'habitude de se dire que le caractère des gens, à force de rester le même, s'imprimait peu à peu en eux, et que passé un certain stade, c'était plus possible de le changer – c'était con, comme raisonnement, peut-être, mais il en avait rien à foutre, c'était comme ça et c'était tout.
Du moins, il aurait bien voulu pouvoir encore y croire ; juste un peu, rien qu'un peu.
Croire que sa mère resterait toujours la vieille folle désagréable.
Croire que Vani resterait toujours son meilleur pote attentionné, jamais-chiant jamais-lourd.
Croire qu'Axel resterait toujours le travelo débile et tout juste bon à frapper de leur première rencontre.
Croire que lui-même, il resterait toujours l'adolescent blond solitaire et égoïste qu'il était.
Foutaises, ouais – c'était ce qu'on lui avait dit quelquefois, du moins. Il savait plus qui, et il savait plus comment, en fait ; on lui avait juste dit que sa mère était peut-être pas si conne que ça, que Vani était peut-être pas si pote que ça, qu'Axel était peut-être pas si chiant que ça et que lui-même, il était peut-être pas si borné que ça.
Borné. Ouais, borné – enfin, peut-être pas à ce point, mais un truc dans le genre. Décidé à toujours rester pareil et à jamais changer, pour rien, rien du tout, rien au monde ; entêté, sûrement. Ou alors, bloqué. Bloqué – coincé dans un corps, une apparence, un tas de fringues, entre les deux écouteurs d'un casque super cher ; enchaîné à ce côté misanthrope par dix mille préceptes et sales habitudes qu'il avait prises et apprises au fil des ans ; bouffé de l'intérieur par des tas d'embrouilles, des tas d'emmerdes en tout genre, et aucun moyen de s'en dépêtrer pour de bon.
Aucune sortie de secours, aucun moyen de s'échapper – du moins, pas comme ça.
Bordel – il réalisait maintenant et ça lui arrivait droit dans la gueule comme une enclume de dessin animé. Pas comme ça. Il pouvait s'en sortir et supprimer le malaise, enfin, affronter les douleurs et les problèmes, en arriver à bout et les éradiquer une bonne fois pour toutes, ouais, il pouvait le faire ! Mais pas comme ça. Pas avec les casseroles qu'il se traînait depuis des années ; pas avec son passé qui le rattrapait et son présent qui le dépassait ; pas alors qu'au bout du chemin il n'entrevoyait même plus le futur.
Y'avait un sacré problème et dans le fond, peut-être que ce problème venait non pas des autres, mais bel et bien de lui.
De lui – de Roxas, avec son prénom, sa famille, son passé, son présent, son futur, et tout ce qu'il portait au plus profond de son cœur. Y'avait un truc détraqué là-dedans, c'était clair ; mais maintenant ça tambourinait fort dans sa poitrine et il fut obligé de se détourner vite fait de son meilleur pote pour pas que celui-ci le voit manquer un souffle, une inspiration, une expiration.
Y'avait un truc qui déconnait et il arrivait pas à piger quoi et ça tournait dans tous les sens et peut-être même qu'en réalité il pouvait s'en prendre qu'à lui même si Axel et Vani et sa mère et même Cloud avaient sûrement leur part de responsabilité dans l'affaire et d'ailleurs qu'est-ce qu'il pouvait faire maintenant parce que sérieux s'il faisait rien ça allait – bordel.
Sur le coup, il s'en voulut juste terriblement d'être comme ça. Bordel, c'était juste pas possible, quoi. Les vieux souvenirs en tous genres, les chiants, les moins chiants, les abominables, les dérangeants, ceux dont il avait honte ; tout remontait à la surface d'un seul coup et ça allait le submerger bientôt s'il faisait pas gaffe – merde !
Il se sentait faible comme jamais, il avait honte et par-dessus tout il comprenait pas comment un accident avait pu l'amener à un travelo qui avait l'amener à une telle réflexion. C'était une suite logique en apparence ; mais sitôt qu'il s'y plongeait pour essayer d'en piger les tenants et les aboutissants, c'était le méga trou noir.
Il hésitait entre en vouloir à Axel et s'en vouloir à lui-même, au point tel que, sans même qu'il ne se rende compte, son regard plongea droit vers le sol et son souffle s'arrêta – juste une seconde.
Et puis, Roxas eut envie de pleurer.
Soudain, la main de Vanitas se posa sur son épaule, et la forte poigne de son meilleur pote le força à relever les yeux dans sa direction. Ses deux yeux dorés trahissaient une certaine inquiétude et c'était tellement rare en temps normal que là, c'en était presque flippant ; mais c'était arrivé tellement de fois ces derniers temps que Roxas, heureusement peut-être, commençait à en prendre l'habitude.
« Hé, calme, mec, dit-il doucement. Te stresse pas pour ça, okay ? J'comprends que tu sois inquiet si ta mère montre aucun signe de vie comme ça, c'est normal quoi, c'est ta mère... »
Le blond se mordit la lèvre inférieure et sur le coup, ça lui fit vachement mal – mais fallait qu'il se ressaisisse, bordel ! Lui, s'inquiéter pour sa mère ? Putain, que le Seigneur s'il existait fasse que non ; parce qu'au vu de tout ce que cette vieille peau s'était inquiétée pour lui, s'il commençait à se soucier d'elle maintenant, il lui aurait rendu le double de l'intérêt qu'elle lui avait un jour accordé en moins d'une quinzaine de minutes.
Seulement voilà ; Vani venait de dire un truc qui, fallait l'avouer, était assez loin d'être con – à savoir que la vieille folle en question, c'était sa mère. Maman, autrefois. Celle qui l'avait porté environ neuf mois et qui avait accouché de sa tête blonde aux yeux bleus, celle qu'avait changé ses couches pendant pas mal de temps, celle qu'avait choisi ses fringues jusqu'à ce qu'il ait l'âge de le faire lui-même, et surtout celle qu'avait défini ce qu'il serait plus tard.
Pour tout ça, il était partagé entre l'envie de la remercier et celle de l'engueuler – histoire de lui dire, « t'as vu la mère, hein, c'est génial, c'que j'suis devenu, non ? » Et dire que toute cette histoire – je vais ou pas voir ma débile de mère ? – avait débuté juste parce qu'il avait fait la connerie de balancer, au pif, qu'il voulait passer la voir ; décidément, il allait pas bien, aujourd'hui, et dans l'instant il se sentit même prêt à foirer tout ce qu'il entreprendrait avant le lendemain matin.
« Hm, finit-il simplement par grogner, et il se retourna pour prendre la route – et que Vani le suive s'il avait envie, l'adolescent s'en foutait pas mal. J'fais c'que j'veux.
– Ouais, soupira aussitôt Vanitas. J'essayais d'être un peu sympa mais c'est raté, j'crois. Monsieur n'est pas d'humeur, non ? »
Il avait terminé sa jolie tirade sur un ton joyeux, un poil moqueur – l'air de dire qu'il se foutait de sa gueule, mais juste un peu, quoi. Bizarrement, Roxas ne se fâcha pas ; en temps normal, il se serait tourné, lui aurait balancé un poing dans le ventre et l'aurait insulté un coup, mais pas cette fois-ci, non. En même temps, y'avait un autre truc qui, fallait le dire, le préoccupait juste beaucoup plus que les blagues de son meilleur pote.
Et comme par le plus grand et le plus ironique des hasards, le truc en question, c'était encore une fois, toujours en fait, le même truc – une certaine tapette, son certain parapluie et un certain parc.
Mais le pire, c'était que ledit parc s'approchait à vitesse grand V, maintenant. Pas après pas, suivi par un Vanitas qui n'avait pas dû tout comprendre – mais ça encore, Roxas s'en foutait, il aurait qu'à lui expliquer plus tard –, le jeune homme se sentait arriver à destination et ça puait le danger à des kilomètres. Après tout, que dire à Axel une fois qu'il le verrait ? Bonjour ? Merci ? De rien ? Au revoir ? D'autres formalités ? Ou alors, des trucs beaucoup plus concrets et directs ?
D'un côté il avait juste envie de l'envoyer chier, et d'un autre il pouvait pas s'empêcher de se dire qu'il ne trouverait pas la force de le faire, pas une fois de plus, pas après ce qu'il s'était passé à l'hôpital.
Bientôt, il aperçut les contours de la grille ; l'air de rien, il continua d'avancer – et pitié, pitié, que Vani ne remarque rien, parce que sérieux ce serait trop compliqué de tout lui expliquer. Roxas lui-même ne comprenait pas tout à vrai dire ; à commencer par la raison pour laquelle il se tenait maintenant là, à hésiter entre faire comme si de rien n'était et se tordre le cou pour mieux voir si l'autre crétin était là, ou se tourner une bonne fois pour toutes vers cette saleté de grille et assumer le fait qu'il allait voir, ouais, qu'il voulait voir si Axel se trouvait au parc ce soir-là.
Moins d'un instant après, il réalisa qu'il avait exclu la possibilité de passer dans le parc sans y jeter un œil – et comme ça l'avait instantanément foutu mal, il ne put résister à la partie de lui qui lui hurlait de se tourner carrément.
Aussitôt, les balançoires, le tourniquet, le toboggan, la maisonnette au-dessus ; le sol, béton simple, un peu plus mou par endroits histoire de pas trop se tuer si on se casse la gueule, et puis rien.
C'était tout. Le vent entre les lattes de bois, un peu d'humidité sur les constructions brunâtres, un peu de fraîcheur contre les barres en métal. Et c'était tout.
Pas de parapluie rose, flashy et moche. Pas de silhouette longue et élancée. Pas de chevelure rouge et brillante, douce sûrement. Pas de vêtements féminins sur un corps d'homme – pas de sourire heureux sur un visage idiot. Pas de travelo et rien de ce qui le caractérisait ; nulle part.
Un soubresaut secoua le blond des pieds à la tête et il réalisa alors que Vanitas s'était approché – vite, quelque chose à dire, à faire, pour se défendre, ou attaquer. Prétendre qu'il n'y avait rien peut-être, que ce n'était pas ce qu'il voulait faire, qu'il n'était pas troublé et que tout était parfaitement normal ; mais Vani n'était pas con et de toute manière, il n'avait pas l'air d'avoir envie de lui laisser le temps de formuler une réponse logique, complète et plausible.
« Y'a personne, Roxas, lança-t-il, et le blond à ces mots baissa immédiatement la tête. Tu ferais mieux d'aller voir ta mère. »
L'adolescent ne bougea pas.
Son meilleur pote, l'air légèrement embarrassé, s'approcha d'abord, le regarda ensuite, et soudain passa un bras autour de ses épaules, une main dans ses cheveux – doucement. Ça suffisait, de toute manière.
« Allez, raconte, finit par dire Vanitas en un soupir, comme si ça l'avait fait incroyablement chier de prononcer ces deux pauvres mots. Tu voulais lui dire quoi ? C'est si important que ça ? »
Le blond ne répondit pas.
Y avait-il seulement sur Terre garçon plus idiot que lui ? Comment avait-il pu croire, après tout ce qu'il s'était dit et fait, qu'Axel serait encore là à l'attendre, qu'Axel serait assez stupide pour se présenter toujours à ses sarcasmes et à sa mauvaise humeur ? Comment avait-il pu, bordel, mais comment avait-il osé songer ne serait-ce qu'un instant qu'il pourrait tout résoudre en lui baragouinant trois mots qu'il n'avait même pas préparés ?
Il savait même pas ce qu'il avait eu l'intention de lui dire – tu parles d'un mec confiant, ouais. Il savait même plus pourquoi il avait voulu lui parler. Y'avait des trucs qui allaient pas et il avait pensé pouvoir régler tout ça en deux temps trois mouvements, sans rien changer à sa manière de faire, rien qu'en mettant les choses au clair ; foutaises, foutaises et foutaises. C'étaient des conneries, ces trucs-là.
Et maintenant il se retrouvait seul face à son meilleur pote à côté du parc de jeux, à devoir lui expliquer pourquoi il était venu ici et s'expliquer à lui-même ce qu'il avait bien compté y faire – parler au rouquin de sa visite à l'hôpital, peut-être ? Mais il réalisait ce dont Axel s'était excusé ce jour-là ? Ce pourquoi Axel avait dû s'excuser, sans quoi il lui aurait fait la gueule toute sa vie sans jamais rien essayer de comprendre ni pardonner ?
Roxas avait-il seulement conscience qu'Axel et lui s'étaient engueulés à ce point pour une simple histoire de maquillage ?
Enfin, c'était pas si simple, et y'avait pas que le maquillage – mais quand même.
Y'avait beau y avoir pas mal de trucs, tout pouvait se résumer en une remarque ; « Tu n'es pas ce que tu donnes l'impression d'être, Roxas. » Sauf que c'était à coup sûr la remarque la plus douloureuse de toutes celles qu'il avait eues à entendre jusqu'ici.
Et probablement que c'était pour ça qu'il ne l'avait pas écoutée, ni la première fois ni la seconde ni les suivantes ; en fin de compte, maintenant, c'était le retour de la manivelle, et il se le prenait en pleine face, et ça faisait mal, mal comme jamais, mal comme c'était pas permis.
« Je m'en veux trop... »
Les mots s'étaient échappés de sa bouche sans même qu'il ne s'en rende compte ; Vanitas, surpris, fit aussitôt un pas en arrière ; et Roxas, perdu dans des réflexions que lui-même ne comprenait plus, sentit une larme fuir sa pupille, glisser sous sa paupière, rejoindre la peau de sa joue – il ferma les yeux.
Aussi étonnant que cela pût paraître, le pouce de son meilleur ami la recueillit presque aussitôt, et un doigt glissé sous son menton le força à relever la tête – tout droit en direction de ces iris dorés dont il avait tellement peur de croiser le regard. Alors, il garda les yeux fermés ; et tant pis s'il passait pour un gamin, et tant pis s'il passait pour un lâche.
« Roxas ? Fit-il à mi-voix, sans obtenir pourtant de réponse. Hé, Roxas. Reprends-toi, tu veux bien ? J'voudrais bien récupérer mon meilleur pote, tu vois. »
Avant de prononcer un mot de plus, Vani dégagea ses deux mains et les plaça sur les épaules du blond pour le secouer un coup ; surpris, ce dernier fut bien obligé de rouvrir les yeux, de redresser les épaules et enfin, de récupérer un minimum de sérieux – mais au fait, putain, il venait de foutre quoi, là, exactement ?
Si c'était bien ce qu'il pensait, bordel, alors il préférait disparaître immédiatement six pieds sous terre. Parce que ça craignait un max. Cependant, et c'était là que c'était bizarre, quand même, Vanitas avait pas l'air ni moqueur ni fâché ; il semblait normal, enfin presque, juste un peu inquiet mais enfin, il allait pas s'inquiéter pour lui, quand même ?
La réponse mit de longues secondes à arriver au cerveau de Roxas mais dès lors qu'elle l'atteignit, le jeune homme tressaillit et fit un pas en arrière, s'arrachant ainsi à l'étreinte de son meilleur pote. Si. Bien sûr que si, qu'il allait s'inquiéter et même qu'il s'inquiétait déjà pour lui ; mais putain, comment il avait fait pour ne pas le remarquer plus tôt ?
Il savait pas. Et il s'en foutait. Il tremblait, à vrai dire, encore tout retourné de ce qu'il avait vu, fait et vécu – pas d'Axel, et voilà qu'il pleurait comme une gamine pour se faire consoler par Vani, mais il avait bouffé quoi pour se comporter comme ça ? C'était pas un faible, enfin, bordel !
C'était pas une fillette, Roxas. Pas un crétin. Pas une tapette. Et savoir qu'il avait osé se laisser un peu aller juste parce qu'il avait réalisé une connerie de truc auquel il ne pensait déjà plus lui donnait juste envie de tout exploser, partout autour de lui.
« Ça va, dit-il avec agacement, comme pour se débarrasser vite fait de la charge d'expliquer quoi que ce soit à son colocataire, et il tourna les talons. J'vais voir ma vieille. »
Ouais, c'était ça, ça allait ; ça allait toujours avec lui, de toute façon. Suffisait de le dire. De plus penser à ce qui s'était passé et d'aller de l'avant. De plus revenir sur le passé et de ne penser qu'au présent sans trop calculer le futur ; mais ça le faisait chier, putain, ça le faisait chier de s'être comporté comme ça, et même que ses joues le brûlaient tellement il surchauffait intérieurement. Un seul mot pour caractériser tout ce bordel : honte.
Oh, putain, comme il avait honte. Et ce qu'il pouvait être con. Tout ça pour un travelo inutile et débile qu'il l'avait laissé le troubler – mais enfin, c'était clairement n'importe quoi, cette histoire ! Il avait pas à se laisser déstabiliser par le comportement trop gentil d'un crétin par définition trop faible et trop tapette pour s'affirmer comme un homme !
Dans son dos, il lui sembla vaguement entendre Vanitas lui balancer qu'il l'accompagnait – bah okay, qu'il fasse ce qu'il voulait, ce con-là, lui aussi. De toute manière, une emmerde de plus, une emmerde de moins, il était plus à ça près ; et puis dans l'immédiat, il avait juste pas la tête à penser plus. Il voulait la vider, sa putain de tête. Ne plus réfléchir à rien. Oublier Axel et Vani et sa mère et tout le monde autour d'eux.
Ça le dégoûtait, à force, cet entourage à la con – là, maintenant tout de suite, il voulait juste la fin du monde et la solitude. Mais son crétin de meilleur pote le suivait, évidemment, et il était bien obligé d'aller voir sa vieille folle de mère, maintenant !
« Roxas ! Lança Vani derrière lui, et en quelques secondes à peine il l'eut rattrapé. Ecoute, j'sais que c'est pas forcément le bon moment mais... »
Le blond ne répondit pas mais foudroya son pote du regard, s'attendant à ce que ce dernier, qu'avait pas l'air plus sympa ou moins moqueur que d'habitude, se foute royalement de sa gueule pour une misérable et foutue larme de merde ; mais Vanitas n'en fit rien, et lui envoya simplement une tape amicale dans l'épaule, avant de lui adresser l'un de ces sourires narquois, légèrement provocateurs, dont il détenait le secret.
« J'te juge pas, okay ? Tu fais c'que tu veux, mec. J'ai pas tout compris, mais tu m'expliqueras plus tard, et seulement si t'as envie. »
D'un côté, entendre ces quelques mots, pas forcément adaptés, pas forcément sensés, rassura Roxas ; au moins son meilleur pote ne se moquerait-il pas de lui parce que le bordel ambiant de son cerveau lui avait fait faire une connerie ou l'autre. Quelque part, ça le laissait penser que c'était un vrai pote, Vanitas, qu'il le lâcherait pas pour se retourner contre lui, et qu'il l'aiderait toujours, à chaque fois qu'il le faudrait – et bordel, ce que ça pouvait faire du bien de se dire des trucs comme ça.
« Okay, finit par lâcher l'adolescent, sans même chercher à retenir un léger soupir de soulagement. D'solé pour tout à l'heure, oublie. »
Aucune réponse. Tant pis – c'était pas grave. De toute façon, au fond, Roxas avait l'intime conviction qu'il aurait encore plus de peine à oublier que son meilleur ami – et quelque chose comme ce qu'on appelait intuition lui murmurait que c'était pas totalement faux.
Peu de temps après avoir quitté le parc, c'est son gros casque sur les oreilles que Roxas pénétra dans le hall de son immeuble – et heureusement, ça allait déjà mieux. C'était toujours comme ça, quand on y réfléchissait ; un peu de musique et ses problèmes s'envolaient, et le seul souci restait le fait que la magie s'avérait toujours éphémère.
Bien trop éphémère pour changer les choses sur le long terme, d'ailleurs. Mais le blond n'avait vraiment pas envie d'y penser trop pour le moment ; et mine de rien Vanitas, qui l'avait suivi jusque là, l'air cool et détendu comme toujours, semblait pas beaucoup plus motivé que lui à le faire. Alors, ça irait – ça irait, et c'était tout.
S'armant de tout son courage et surtout, de toute son énergie, le blond se dirigea jusqu'à son appartement, enfin, celui qu'il n'habitait plus, maintenant. Une marche, oublié Axel ; une autre, adieu les larmes ; une troisième, pourquoi se prenait-il la tête déjà ? Encore une, deux, trois, et il arriva sur le palier, à nouveau normal – calme, casque sur les oreilles, et certain de ce qu'il allait balancer à sa mère sitôt qu'elle lui ouvrirait la porte.
Hé, tu t'en foutrais si ton fils crevait, non ? Tu parles d'une bonne mère, ouais.
Confiant, il pressa le bouton de la sonnette – ça allait le faire, cette fois-ci. Il avait foiré avant, avec Axel et Vanitas ; mais pas cette fois, non. Cette fois, ça irait. Suffisait que sa mère réponde, il l'agresserait aussitôt et elle n'aurait plus qu'à tenter de se défendre – en vain, bien sûr. Ça l'amusait d'avance. Oh, bien sûr, c'était pas qu'il était sadique à ce point ; mais sa connasse de mère avait même pas été foutue de venir le voir à l'hosto et pour ça, elle méritait quand même une sacrée engueulée, et ce, même si dans le fond il s'en foutait pas mal qu'elle se soucie de lui ou pas.
Soudain, la clé tourna dans la serrure et déverrouilla la porte ; une paire de vieilles pantoufles, un jeans serré mais pas trop, un t-shirt noir pas forcément super propre, des cheveux foncés hirsutes et bouclés dégoulinant bizarrement sur des épaules larges et – bordel. Pourquoi avait-il fallu que ce soit ce type-là qui lui ouvre, et pas simplement l'autre vieille folle ?
« Heu..., bredouilla Kévin, dans l'embrasure de la porte, sans savoir trop quoi dire ou faire. Heu, Roxas, c'est ça ? Tu... ? »
Tu quoi ? L'adulte, visiblement, n'en avait pas la moindre idée ; mais Roxas, s'il avait pu lui souffler la réponse, l'aurait sans aucun doute fait avec plaisir.
Tant pis si la vieille était pas là, en fin de compte ; il avait des trucs à dire et c'était sur le copain de sa salope de mère qu'il allait se défouler.
Merci d'avoir lu !
Cette fois-ci, Roxas réalise que c'est peut-être de sa faute si Axel et lui sont (étaient ?) fâchés... C'est pas mal comme avancée non ? XD Bon, il a l'air d'avoir un peu de peine à le reconnaître complètement, mais ça va venir.
D'ailleurs, on en saura bientôt plus sur la maman de Roxas et sur le véritable caractère de ce Kévin. =)
Une dernière chose : Merci à tous pour vos réponses à mon sondage sur cette fic ! ^^ Un autre sondage est maintenant disponible et il concerne les pairings sur lesquels j'écris (écrirai), passez répondre si vous avez le temps et l'envie. =)
A bientôt ! ^^
