Hello, tout le monde !
Mwahaha, je suis encore en vacances. Du coup, j'ai pu prendre un peu d'avance et terminer ce chapitre bien plus tôt que d'habitude. =) Je viens de me lever là. *sort*
Bref, en dehors de ma vie, je vais répondre à la review anonyme de chut : en effet, ça n'a pas avancé très vite dans ce chapitre 18... Mais je te rassure, j'ai déjà commencé à introduire l'Akuroku, sans que personne ne le remarque ! *ou pas* Le fait est que Kévin, en dépit des apparences, eh bah... On va dire qu'il a son utilité. Et Axel n'est pas si faible que ça, tout comme Roxas n'est pas si fort qu'il en a l'air... ^^ Contente en tout cas que tu aies aimé, et merci pour ta review. =)
Pour ce chapitre, vous allez enfin (?) savoir ce qui se trame avec Kévin... Je serais bien curieuse de connaître votre avis sur le personnage après avoir lu ce chapitre, alors hésitez pas à me le donner, même si vous trouvez que c'est un connard. =D
Niveau bêta-lecture, je suis gâtée, j'ai eu deux avis cette fois. :3 Merci à Mia Suzuki-sama pour son soutien, à Elerina pour son courage et à toutes les deux pour toute l'aide qu'elles m'apportent ! =3
Bonne lecture. =)
Chapitre 19 : Il paraît que les soupçons blessent plus la victime que l'inspecteur
L'air hagard, un peu paumé, Kévin fit un pas en arrière et sa main dès lors ne quitta plus la poignée de la porte – histoire qu'il puisse la claquer d'un coup si la situation dégénérait et tournait à son désavantage, sans doute. Roxas, ça le faisait bien marrer, ça ; parce qu'en plus, il avait l'air flippé, ce con. Ce crétin, adulte mais encore à moitié ado dans sa tête, chômeur sûrement depuis on savait pas combien de temps, du genre à pas faire beaucoup d'efforts pour retrouver un boulot – crasseux dans ses pompes trouées et ses fringues tout juste bonnes à plaire à la vieille folle, il avait soudain l'air effrayé par un gamin qui faisait deux têtes de moins que lui.
Vanitas, un peu en retrait de son pote, dut toutefois piger que celui-ci, allant soudain mieux, avait en tête la sale idée d'engueuler un peu ce grand dadais devant eux, parce qu'il le chopa par l'épaule et l'obligea doucement à reculer.
« Heu, b'jour, lança-t-il à Kévin tout en essayant avec plus ou moins de réussite d'ignorer le regard meurtrier du blond. Elle est là, la mère à Roxas ? »
L'homme sembla se reprendre et passa vite fait une main aux doigts nerveux entre ses boucles brunes, presque noires. Son prétendu éventuel futur beau fils, quant à lui, se tourna violemment vers Vanitas et le foudroya du regard – bordel, il foutait quoi encore, lui, à être sympa avec cette enflure ? Il était devenu dingue ou quoi ?
Depuis toujours, Roxas avait cette drôle de faculté qu'il lui arrivait d'oublier tous les autres problèmes lorsque l'un de ceux qu'il rencontrait lui prenait la tête en particulier – et là, c'était exactement le cas. Fini Axel, finie son absence et finies toutes les questions qu'il s'était posées ; il y reviendrait plus tard, peut-être, normalement, le plus tard possible, il espérait. Pour le moment y'avait l'affreux copain de son affreuse mère sur l'affreux pallier de leur affreux appartement et ça suffisait à le faire réfléchir bien assez – après tout, il se souvenait bien de l'hématome qu'il avait vu sur la joue de maman, et quelque chose lui disait que ce mec n'était pas tout blanc dans cette affaire.
Roxas devait bien détester sa mère plus qu'une bonne majorité des gens sur Terre mais bordel, si ce con avait osé la frapper, il allait comprendre sa douleur.
Peut-être que Vanitas avait dit vrai, en fin de compte – genre, vraiment vrai. C'était sa mère, quand même. Et il avait beau ne pas croire que l'amour était quelque chose d'inné, peut-être que dans son cas cette caractéristique entrait tout de même en compte ; il ne l'aimait pas mais ne pouvait pas endurer de la voir souffrir à cause de son connard de petit copain, et ça, c'était presque un fait avéré, maintenant.
« P'tain, on te parle, là, appuya alors le blond, l'air agacé, lorsqu'il vit que l'autre type répondait même pas. Ma mère, elle est où ? »
Y'avait pas mal d'agressivité dans sa voix et Kévin dut le sentir car il détourna la tête – il osait même pas le regarder droit dans les yeux, ce fils de pute. Cependant, et même si ça restait indéniablement un fils de sale chienne, y'avait aussi comme un truc qui dérangeait Roxas dans son regard fuyant ; et c'était pas un air meurtrier, en colère où quelque chose du genre, non, loin de là. Ça se rapprochait plus de la peur, mais pas la peur-surprise de tout à l'heure, quand il avait été confronté au regard assassin de l'adolescent ; en fait, c'était plutôt comme une peur-angoisse, mêlée d'un peu de gêne.
Y'avait un truc qui déconnait, pour sûr – un truc que ce connard avait à dire mais qu'il osait visiblement pas dire. Et putain, s'il avait fait quoique ce soit à la vieille, il allait-
« Ah ouais, heu, elle est sous la douche en fait. Mais toi heu... 'fin... Attends, j'vais aller l'appeler. »
Sur ces mots, le dénommé Kévin trimballa sa tronche de raté jusqu'à l'intérieur de la maison et, prenant bien soin de fermer la porte histoire que les deux potes ne rentrent pas, sûrement qu'il se rendit jusqu'à la sale de bain – du moins, Roxas espérait. Il pouvait pas s'empêcher de s'imaginer ce mec avec un couteau dans chaque main et un sourire de psychopathe collé à la gueule, à vrai dire ; mais fallait avouer que c'était un peu con comme idée, surtout que plus les choses avançaient, moins ce mec-là semblait capable de commettre un meurtre.
On aurait dit au début, ouais, parce qu'il se comportait comme un dur, limite macho avec la mère ; mais il venait de perdre quasiment tout ses moyens pour un seul regard un peu fâché du blond et ça, ce dernier ne pouvait pas le négliger, quand même.
« Heu dis, c'est l'copain à ta mère lui ? Souffla soudain Vanitas, et dès qu'il se tourna vers lui Roxas remarqua qu'il tirait une tronche bizarre, comme s'il comprenait pas tout. Il m'a regardé trop bizarrement, 'tain... »
Sur le coup, le blond ne put rien faire sinon prendre la même expression bizarre, un peu surprise un peu l'air-de-rien-comprendre, et regarder Vani droit dans les yeux – ah bon, Kévin l'avait regardé bizarrement, alors qu'il avait éviter de poser ne serait-ce qu'un demi-œil sur Roxas ? C'était carrément louche, là ; c'était vrai, quoi, ce mec était même pas censé être au courant de Vanitas, il aurait dû, logiquement, s'en foutre pas mal et le considérer comme un pote, c'était tout.
Enfin, ça avait beau pas être super normal, le jeune homme avait la légère impression qu'un sacré truc jouait pas chez le petit ami de sa mère ; alors bon, pour un regard de travers à la mauvaise personne, il allait pas non plus déclencher un scandale. C'était préférable d'attendre que ce type revienne, avec la vieille si possible, et à ce moment-là les deux amis verraient que faire de l'un et de l'autre.
Que leur dire, tout d'abord ? Fallait parler de son accident à sa mère, ça lui semblait être un bon truc – ouais, il allait faire ça. Et après... Et après, il en avait pas la moindre idée. Parce qu'en dehors de l'accident, et de l'hôpital où elle était pas venue, il pouvait décidément pas raconter quoi que ce soit à sa mère, et surtout pas ce qu'il venait de se passer, lorsqu'il s'était rendu au parc où-
Il secoua la tête et se tourna vers Vanitas, bien décidé à lui demander ce qu'il comptait dire au couple, en fin de compte ; mais la porte en s'ouvrant l'interrompit dans son élan et il dut bien reporter son attention sur l'entrée de son propre appartement, où était reparu le dénommé Kévin.
« Heu, lança-t-il à l'attention des deux garçons, voilà, elle arrive. Mais heu... »
Il ne termina pas sa phrase – derrière lui, la mère de Roxas fit son apparition, et cela suffit à l'interrompre. Mais sur le coup, en même temps, il avait pas l'air du genre de types qui continue à parler lorsque sa copine se ramène et à, visiblement, quelque chose à dire ; même si dans le cas de la vieille folle, ce dernier point restait à clarifier.
Le premier truc que nota son fils, toutefois, fut l'absence du gros bleu à sa joue ; ça allait mieux, visiblement, ou du moins, c'était moins visible, moins enflé, plus discret. Ça avait guéri entre-temps, sûrement, et dans le fond, c'était pas une mauvaise chose. Mais y'avait un autre truc, et le blond aurait pas vraiment su dire quoi si on le lui avait demandé ; c'était quelque chose dans son regard, bleu et beau mais fuyant – elle avait l'air plus reposée et plus inquiète à la fois, c'était bizarre.
« Ah, heu, salut, bredouilla-t-elle lorsqu'elle atteignit le pallier, et là Roxas comprit que non, y'avait décidément un truc qui jouait pas. Et toi c'est... Vanitas, non ? »
En fait, non.
Y'avait pas un truc qui déconnait – y'en avait deux ou trois, au moins. A commencer par ce ton gentil, pas pressé ni chieur ni rien, pas comme d'habitude ; et puis elle s'était tournée vers Vani, elle lui avait souri, elle s'était souvenue de son prénom, bordel. Et puis y'avait son apparence – bordel encore une fois. La tronche de la mère, ce qu'elle portait, comme elle était coiffée, ce dont elle avait l'air – jamais Roxas ne l'avait vue comme ça et il hésitait franchement entre la torture de continuer à la regarder et la peur d'en détacher les yeux.
Elle avait coupé ses cheveux. Plus de longues boucles blondes de poupée Barbie, plus de rajouts ou quoi que ce soit sur ses épaules, plus de blonds trop pâle et trop factice ; plus rien de ce qui avait fait ses cheveux avant, en somme, et bonjour la texture simple, le blond vénitien habituel, la même couleur que celle que portait Roxas depuis sa naissance et qu'il détestait depuis ce même moment – mais qui, il fallait l'avouer, allait plutôt bien à sa mère.
Sauf que ses cheveux à elle arrivaient bien au-dessus de ses épaules maintenant, et clairement que si le blond coiffait un peu les siens et les laissaient retomber sur son dos, il les aurait plus longs que sa mère – c'était flippant, en fait. C'était plus la vieille folle, ça, du coup ; c'était un peu comme quelqu'un d'autre, une inconnue, avec une coupe plus jeune et moins féminine et plus discrète et moins trafiquée par dix mille produits – ouais, c'était flippant.
Mais c'était pas le pire – et putain, ce que Roxas aurait pu redouter le plus au monde venait de se produire, en fait.
Sa robe. Celle sur laquelle tombaient et s'écrasaient doucement les gouttes d'eau échappées de ses mèches trempées. Celle qui recouvrait timidement la plus grande partie de son corps sans dissimuler ses bras fins, ses longues jambes, ses pieds nus, son cou visible. Celle qui du tissu doux de ses manches recouvrait ses épaules, celle qui de ses abominables froufrous caressait ses cuisses, celle dont la couleur rouge contrastait tant avec la peau blanche – celle que Roxas connaissait si bien, trop bien même.
Ni une, ni deux, il détourna la tête et regarda au sol – Kévin ne fit aucune remarque, resta en arrière, sa mère s'approcha de Vanitas, lui fit la bise, Vanitas lui lança un regard bourré à ras bord d'incompréhension, mais Roxas n'écouta pas ne vit pas n'entendit pas ne fit rien resta immobile et se tut.
Pour un peu plus, il aurait fermé les yeux, et peut-être même qu'il se serait coupé du monde le temps de reprendre ses esprits – mais il pouvait pas, pas là, pas maintenant. Il était venu sans but précis, s'en était créé un en route et fallait le remplir ; et surtout, surtout, surtout, ne plus penser à la petite robe rouge affreuse de maman, ne pas s'imaginer dedans, ne pas se revoir dedans, ne pas se souvenir de son cœur battant la chamade lorsqu'il s'y était vu – il était pas une fille, bordel, un point c'est tout !
« Vous voulez boire quelque chose ? Proposa soudain maman, et rien n'aurait pu sembler moins naturel, en fait. Entrez seulement, enfin... »
Elle fit un pas en arrière, comme décidée à leur céder le passage, et Kévin ne réagit pas ; Roxas quant à lui ne put rien faire sinon la regarder, simplement, l'air plus désorienté que jamais, et remarquer, seconde après seconde, que ses yeux bleus sans cesse fuyaient les siens – mais pourquoi, bordel ? Pourquoi elle s'obstinait à ne le voir qu'à moitié, à ne pas se soucier de lui, jamais, à ne pas lui parler, et surtout à l'éviter comme elle le faisait ? Pourquoi, putain, pourquoi est-ce qu'elle essayait d'esquiver son regard et de ne pas avoir à se tourner vers lui, à le mater comme il se doit ?
C'était pas que Roxas en avait envie, loin de là, mais bordel – bordel, c'était sa mère, quand même. Il aurait été normal qu'elle lui accorde un peu d'attention, en fin de compte ; et puis non. Non. Non. Non, jamais - même là, alors qu'il avait passé une nuit à l'hôpital, qu'il avait manqué trois centimètres pour qu'il crève d'un accident de voiture, et qu'il l'avait plus vue depuis quoi, une semaine.
Soudain, il sentit Vanitas s'approcher de lui et attraper son épaule, doucement, comme il le faisait souvent – de plus en plus souvent, fallait dire – pour le tirer un peu en arrière ; ainsi, en deux temps trois mouvements à peine, il passa juste devant lui et fit en quelque sorte barrière entre le blond, sa mère et son hypothétique beau-père.
Mais Roxas sentait, mine de rien, que y'avait un truc qui déconnait. Peut-être que c'était la poigne de Vani, un peu plus forte et persuasive ; peut-être que c'était l'air de sa mère, à peine visiblement tellement elle se planquait, s'appliquait à ne pas le voir ; peut-être que c'était la tronche à Kévin, ses yeux noirs fixés sur Vani, et son expression un peu paumée, un peu effrayée.
« Non merci, ça ira, dit alors fermement le colocataire de l'adolescent, histoire de couper court à toute conversation. On passait juste voir si ça allait, mais on a des trucs à faire, vous voyez, alors comme tout a l'air de jouer... »
Comme tout avait l'air de jouer, ils allaient se casser vite fait et rentrer chez eux, sûrement ; le seul problème, c'était qu'avoir l'air n'avait jamais signifié être et que, par conséquent, c'était pas vraiment sûr que tout joue. Et justement, là où ça commença à ne pas jouer, c'est quand la mère de Roxas, un-deux regards de travers pour Vani et toujours aucun pour son fils plus tard, retourna dans l'appart' et se barra on savait pas trop où ; le blond s'en foutait un peu, à vrai dire, mais ça ne parut pas vraiment être le cas du copain de la vieille.
« S'te plaît, Roxas, balança soudain Kévin, et il parlait super rapidement, stressé et embarrassé, je peux te parler une minute ? »
Sur le coup, le blond ne comprit pas. Lui ? Parler une minute avec ce mec ? Genre, seul à seul ? Mais pourquoi ? C'était vraiment important, aussi important que ça en avait l'air ? Et pourquoi maintenant, tout à coup, pourquoi avec l'air aussi angoissé, c'était pas la fin du monde enfin, okay sa mère agissait bizarrement, mais ce type croyait qu'il pouvait tout arranger ou quoi ? C'était quoi le délire en fin de compte ?
Les questions affluaient comme une bande d'immigrés dans son cerveau qui pigeait pas encore tout le langage utilisé par-ci par-là et ça lui fit un peu mal à la tête ; il releva un sourcil, l'air interrogateur, tâchant de rester cool et détendu comme d'hab', toisa le mec à sa mère du regard puis se tourna vers Vani – et lui, il en pensait quoi ?
« S'tu veux, je rentre déjà, souffla son meilleur pote. J'pense pas que t'en aies pour long de toute manière, tu me rattraperas. »
Roxas hésita un peu, à vrai dire – il était pas sûr d'avoir envie de parler à ce Kévin, mais en même temps, quelque chose lui disait que c'était important, cette fois-ci, et qu'il le regretterait s'il ne restait pas. Alors, quelques instants de réflexion toutefois plus tard, il finit par accepter, quoiqu'un peu à contrecœur ; et sitôt que Vani, après l'avoir salué de la main une dernière fois, eut disparu dans l'escalier, deux paumes s'écrasèrent avec force sur ses épaules.
« Put- »
Il avait voulu jurer haut et fort ce qu'il pensait de la situation mais l'air grave de l'homme qui l'avait empoignée et ses yeux plongés dans les siens l'en avaient empêché. Putain. Mentalement au moins il pouvait le dire. Mais putain, il lui voulait quoi exactement, celui-là ? Comme il avait été con de laisser Vanitas s'en aller !
« Ecoute, j'vais essayer de faire vite, dit alors Kévin, hésitant, comme s'il cherchait ses mots un par un, et à coup sûr c'était tout sauf rapide. Avec Lili, 'fin ta mère quoi, on s'est engueulés l'autre jour et-
– Salaud ! Coupa Roxas, et il se débattit avec force, prit son adversaire par surprise, fut relâché un instant. Alors c'est ta faute pour sa joue, connard !
– Attends putain ! Cria à son tour l'autre mec, et comme il beuglait plus fort dans l'instant le jeune homme se tut. J'peux pas t'expliquer tout mais pour le moment, retiens qu'on s'est engueulés à ton sujet. »
A son sujet ?
Genre, à cause de lui ?
Le blond peinait à tout comprendre mais il avait purement et simplement envie de lui casser la gueule, à ce Kévin de merde – d'une part, pour avoir frappé sa mère, même si cette garce avait dû bien le chercher, et d'une autre, pour l'impliquer dans leurs disputes de couple à la con. C'était pas ses histoires, merde à la fin !
Ça l'énervait, ça l'énervait à un point pas possible – ça le faisait chier plus que tout, là. Il détestait qu'on s'oppose à lui comme ça, il détestait qu'on se dresse devant lui et qu'on le chope par les épaules comme le chopaient les grands quand il avait douze ans, il détestait par-dessus tout qu'on l'engueule et qu'on lui donne des ordres ; ouais, clair, ce mec allait prendre cher dans pas longtemps.
« Figure-toi que quand tu t'es barré, continua soudain l'homme, avant de relâcher son étreinte sur Roxas qui sur le coup ne saisit pas vraiment la raison de ce geste, tu vois, moi, j'croyais que c'était ma faute. »
Le blond se débattit vivement une dernière fois, histoire de bien se dégager des paumes de cet enfoiré, et recula d'un pas. Etrangement, il se sentait plus calme – un poil plus calme, ouais, juste un peu plus calme. Finalement, Kévin avait pas si tort que ça, en fait, et pour une fois ça l'emmerdait pas de l'admettre ; ouais, c'était en partie – en grosse partie – à cause de lui si l'adolescent s'était cassé, et s'il avait pas voulu revenir jusqu'à maintenant.
Mais y'avait sa mère, aussi – sa salope de mère. Et elle, comment il la prenait en compte, ce débile ?
« Mais elle, elle en avait rien à foutre, finit par avouer l'homme, et il s'éloigna définitivement du blond. C'pour ça qu'on s'est engueulés, tu comprends. Mais après elle a reçu un appel de quelqu'un, son fils j'crois, enfin pas toi mais l'autre, 'fin j'savais même pas qu'elle en avait deux mais... Faut que je te pose une question. »
Roxas tâcha de rester immobile, froid, impartial, insensible.
Rien à foutre de sa question, qu'il la pose – et si ça l'emmerdait, il répondrait pas, et puis c'était tout. De toute façon, qu'est-ce que ça pouvait bien être de tordu, encore ? Peut-être qu'il allait lui parler de son accident ? Après tout, si Cloud avait appelé, ça pouvait être que pour lui parler de ça, même si ça paraissait un peu bizarre que son grand frère ne lui ait pas rapporté sa conversation avec sa mère – enfin, ça arrivait, aussi, Cloud allait pas lui raconter sa vie dans les moindres détails.
« Vas-y, lâcha alors le blond, mais grouille, après ça j'me casse.
– Okay, répondit Kévin, encore plus hésitant. Okay, alors, merci. Bah écoute, ça m'embête un peu de te demander ça comme ça mais... »
Mais ?
Mais ta gueule, face de cul, si t'as quelque chose à dire dis-le, sinon économise ta salive – c'était vrai quoi, aussi, qu'est-ce qu'il lui prenait à ce type, pour qu'il commence à détourner le regard et à faire genre qu'il se souciait d'autre chose ? C'était vraiment tant que ça la mort de lui demander, Roxas savait pas, comment il avait eu son accident, ou si quelqu'un était venu le voir, ou bien, si l'assurance payait l'hôpital, enfin, un truc du genre ?
Qu'il parle, ce con, et c'en serait fini de cette visite qui l'avait plus emmerdé qu'autre chose ; qu'il parle et enfin le blond oublierait pour de bon sa mère, la robe de celle-ci et ce type devant lui, ainsi que tout ce qu'il s'était passé aujourd'hui.
« Est-ce que t'es gay ? »
Une, deux, trois secondes – Roxas s'étrangla.
Putain de bordel de merde de chiotte de sa mère la pute – quoi ? Il avait bien entendu ? Vraiment ? Non, c'était pas possible – ça pouvait et surtout ça devait pas être possible.
Comment cet enfoiré de copain de sa salope de mère osait-il le comparer à un connard dans le genre du travelo qui lui tapait sur les nerfs depuis des mois ? Comment osait-il, ce salaud, rien que se demander si lui, Roxas, pouvait être... ça ? Ça le dégoûtait – il croyait, du moins. Quand il s'imaginait lui, ouais, ça lui donnait envie de vomir.
Ça lui rappelait le plus mauvais souvenir de toute sa vie et ça lui donnait envie de mourir – il était pas travelo, pas femme non plus, ni fille, et surtout pas, pitié, surtout pas gay.
« O-Ouais mais en fait, tu vois, continua Kévin, mais il s'arrêta brusquement dans sa phrase – heu... Hé ? Ça va ? Rox-
– Ta gueule ! Coupa le blond, criant de presque toutes ses forces. Mais ferme-la, putain ! »
Son hurlement résonna dans toute la cage d'escalier et il sentit qu'il fallait qu'il se casse – là, maintenant, tout de suite. Qu'il parte le plus loin possible de ce mec insupportable et de ses questions tout aussi insupportables que lui ; parce que c'était pas possible, enfin, ça pouvait pas être ça, c'était pas croyable qu'il le pense gay, que sa mère le pense que, que n'importe qui le pense gay. Il avait tout fait pour que ça soit pas le cas – et puis le gay, dans l'histoire, c'était Axel, et juste Axel !
Mais enfin, entre Axel et lui, y'avait un monde, quoi !
Il avait pas trop pigé ce qu'il venait de faire, mais en gros il dévalait les escaliers à toute vitesse, maintenant – et adieu Kévin, quoiqu'il fasse où qu'il soit, Roxas n'en avait plus rien à battre. Il n'était pas grand et mince, lui ; pas efféminé jusque dans son physique ; ses cheveux n'étaient pas longs et lisses ; ses habits ne venaient pas de chez Yendi ou de chez Jennyfer ; et puis, il était pas gay, quoi.
Arrivé en bas, sorti de l'immeuble, ayant atteint la rue d'en face, il s'arrêta – mais la vitrine à côté de lui lui faisait office de miroir et assurément, il n'aima pas ce qu'il y vit.
Il n'était pas grand et mince, mais petit et pas vraiment large d'épaules. Il n'était pas efféminé jusque dans son physique, mais personne ne pouvait nier les traits – trop – fins de son visage. Ses cheveux n'étaient pas longs et lisses mais ils le devenaient sitôt qu'on les mouillait. Ses habits ne venaient pas de chez Yendi ou de chez Jennyfer mais il portait la plus petite taille du magasin en ligne où il les commandait et il avait essayé la robe de sa mère, aussi.
Il n'était pas gay, du moins il ne croyait pas, mais quelques petits changements auraient suffi à lui donner la tronche d'Axel et ça lui donnait envie de s'asseoir là pour pleurer toutes les larmes de son corps.
Mais il pouvait pas faire ça – il pouvait pas, un point et c'était tout. Y'avait des gens dans la rue, sûrement d'autres gens derrière la vitrine et Vanitas qui l'attendait à l'appartement – il pouvait pas.
Fallait qu'il fasse quelque chose, pourtant. Qu'il occupe ses mains, ses yeux, son esprit, à n'importe quoi, n'importe comment ; ni une, ni deux, il glissa la main dans la poche de son pantalon et y saisit son iPhone, enfila son casque jusque là resté sagement autour de son cou et lança l'appareil, une musique au pif, le plus fort possible – dès lors, il respira.
En lui, ça se calmait, doucement. Ça allait mieux, petit à petit. Son cœur battait moins vite – et puis il essayait, il arrivait même à se dire que peut-être, en fin de compte, c'était pas si grave, que peut-être, après tout, on s'en foutait de ce que pensaient Kévin et sa mère.
Mais c'était sa mère, quand même, et y'avait de fortes chances pour que son comportement étrange de tout à l'heure ne soit dû à rien, sinon ces suppositions débiles qu'elle devait avoir depuis, allez, le jour où Cloud lui avait téléphoné ; bordel. Il devait lui avoir dit qu'il s'était barré pour habiter avec Vani, ce con ; c'était pas possible, putain, normal qu'elle se fasse des idées, après ça.
Okay.
Fallait plus qu'il y pense, là. Le problème c'est qu'il ne devait plus non plus penser à plein d'autres choses – ses sentiments pour sa mère, Vani, le concert, Axel, les problèmes dans sa famille, Cloud, son accident, à ce rythme-là il débordait déjà d'émotions et d'emmerdes refoulées et bordel, il allait finir par exploser.
Ou alors, c'était son portable qu'il allait exploser. Déjà deux minutes qu'il le regardait, l'air rageur sans même trop comprendre pourquoi ; et il savait, pourtant, il savait très bien ce qu'il était censé faire avec ce putain d'iPhone à la con.
Mettre les choses au clair – régler les problèmes, un par un.
Appeler Vani et lui dire qu'il allait pas revenir tout de suite, lui raconter en deux mots ce qu'il venait de se passer.
Appeler Cloud et lui parler de la conversation qu'il avait dû avoir avec leur mère, lui demander ce qu'il avait dit exactement.
Appeler sa mère et Kévin pour leur parler, aussi, peut-être, mais il savait pas s'il en avait vraiment le courage et l'envie.
Et par-dessus, il avait le sentiment qu'il devait appeler Axel – peut-être pour lui parler de ça, lui demander si c'était vraiment grave, ou peut-être pour tout autre chose, comme ce qu'il lui avait dit à l'hôpital par exemple, ou peut-être que...
Roxas détestait téléphoner, en fait.
Alors, il envoya un SMS à Vanitas pour lui dire qu'il ne rentrerait pas tout de suite ; puis il pensa en envoyer un autre à son frère aîné mais se ravisa. Ça attendrait, sûrement. Ça lui semblait moins important, à vrai dire. Y'avait un autre truc, bien pire et bien plus difficile à faire, beaucoup plus chiant aussi.
Axel, le gay par définition, n'avait pas été là aujourd'hui – et maintenant qu'il y réfléchissait, ça lui avait sûrement fait encore plus de mal que d'avoir été quasiment traité d'homo par le mec de sa mère.
Parce que dans le fond, le mec de sa mère, il en avait rien à foutre ; mais pour Axel, c'était pas le cas, et ça lui serrait le cœur de penser des trucs pareils. Qu'est-ce qu'il était con, aussi ; ça pouvait plus durer, non, décidément, il pouvait pas permettre à ce con-là de s'éloigner encore de lui sans le prévenir de quoi que ce soit.
Ses doigts guidés par son subconscient avaient tapé sur les touches sans même qu'il ne s'en rende compte et il ne réalisa ce qu'il venait de faire qu'après avoir cliqué sur « envoyer ».
« Salut. »
Sur le coup, le texte affiché à l'écran lui fit peur et, machinalement, il éteignit son portable.
...
C'est le chapitre le plus long que j'aie écrit, je crois. Oo J'espère que ça ne vous pas trop dérangés... En attendant, j'en suis assez contente. Personnellement, je ne pense pas que Kévin soit un connard, même s'il est pas très intelligent... Il est plus maladroit qu'autre chose. XD
Quant à Roxas, ah... Le pauvre. Je l'ai malmené. *même pas honte* En attendant, j'trouve que l'AkuRoku commence à se mettre en place. (youhou, enfiiin) *sort* J'aimerais beaucoup faire revenir Axel... Et vous donner l'avis de Vanitas sur la situation. Je verrai ce que je ferai de tout ça dans le prochain chapitre. ^^
Je laisse encore un peu le sondage sur les pairings dans mon profil, j'ai pas encore décidé ce que j'allais faire. =o Sinon, le prochaine chapitre c'est (déjà) le 20... ;w; Ca me rend heureuse. xD
Merci pour votre lectuuure ! =D
