Graah !
Salut tout le monde ! Je sais, j'arrive tard, j'espère que vous me pardonnerez. é_è J'ai pas fait mes devoirs de français rien que pour avoir le temps de relire et de poster ! *bam*
Tout d'abord, je réponds à chut : Héhé, merci ^^ Ca me fait plaisir que tu trouves Roxas réaliste. C'est l'un des buts premiers de la fanfic après tout. =) Idem pour Kévin... Il est exactement ce que tu dis en fait. C'est un salaud, dans le sens où il est pas bien éduqué et vachement impulsif, mais il a des sentiments (je crois) pour la mère de Roxas et au fond, il a quand même un tout petit peu d'empathie... Merci beaucoup en tout cas. Vani et Axel reviennent dans ce chapitre, et j'aimerais bien reprendre Cloud dans pas trop longtemps ! xD
Sinon, par rapport à ce chapitre : concentré d'émotions et de réflexions, je dirais. On le voit pas énormément mais Roxas se laisse de plus en plus troubler et évolue, petit à petit... Ici, j'ai encore approfondi un poil sa relation avec Vanitas, mais aussi celle avec Axel, mine de rien. Je suis consciente que y'a pas dix mille actions super intéressantes, mais j'espère que ça vous plaira quand même Promis, la prochaine fois, je les emmène (enfin) à leur concert. xD
Une dernière chose pendant que j'y suis : Vous voulez une musique sympa à écouter en lisant ? Tokyo Teddy Bear, de Kagamine Rin, ou en version chorus. Cette chanson est trop bien 8D *bam* Je ferai une playlist pour toute la fic, tiens, un jour... xD
Bonne lecture ! ^^ Et encore merci à Mia Suzuki-sama pour avoir trop assuré les conseils scénaristiques sur ce chapitre (qu'aurais-je fait sans ton aide TwT) et à Elerina pour toute sa bonne volonté, sa gentillesse, son soutien moral et surtout, son courage à toute épreuve (t'es la fille la plus courageuse du monde é_è Merci pour tout )
Il paraît que le surplus d'émotions engendre les crises de nerfs
Assis sur son lit, dans sa chambre qui n'était pas tant que ça la sienne puisqu'elle se trouvait à l'appart' de Vani, après tout, Roxas laissa tomber son iPhone sur le matelas où il rebondit mollement. Saloperie de machin que ce téléphone qui obsédait chaque partie, même la plus minuscule, de son esprit – saloperie de truc que cet appareil qu'il avait éteint la veille et qu'il n'avait plus osé rallumer depuis. Mais tout ça pour quoi, en fait ?
Il savait pas lui-même et fallait dire qu'il était pas sûr d'avoir vraiment super envie de savoir. Parce qu'il avait bien une idée, ouais ; mais de là à l'admettre comme vérité et à simplement avoir les couilles d'y réfléchir un poil plus, y'avait trois mondes et deux plateformes gardées par d'immenses dragons rouges, moches et flippants.
Flippants. Des dragons, tu parles – y'avait dix mille fois plus flippant que ces conneries de bestioles sorties tout droit de son imagination, dans sa vie, de toute façon. Y'avait dix mille autres putain de trucs qui le faisaient plus trembler dans ses cauchemars que les songes en eux-mêmes, pour de vrai ; et parmi eux, en première place, tout en haut du podium des trucs qui le faisaient incroyablement chier, devait bien y'avoir un gros concentré de tous les problèmes qui lui tombaient sur la gueule en ce moment et qui lui donnaient juste envie de s'arracher les cheveux.
Le premier s'appelait Maman, entre autres, toujours accompagné du sous-problème Kévin – tout aussi gros que le problème en lui-même, soit dit en passant, parce que ça aurait été vachement trop beau qu'il puisse être moins grave – et rien que ces deux merdes apparaissaient comme suffisamment énormes pour lui prendre la tête pendant un bon moment encore.
Et dire que sa débile de mère et son crétin de petit ami le croyaient gay – gay. Lui. Gay. Putain, c'que ça pouvait lui faire mal au cœur, lui serrer les poumons et les entrailles et la gorge et quelque part dans la tête, rien que de penser ça. Homosexuel qu'il fallait dire pour la bienséance ; mais lui bordel, il balançait tout le temps tapette, tafiole, lopette, se foutait de la gueule de l'autre travelo de merde et critiquait les gays à tout bout-de-champ alors enfin, putain, comment c'était juste possible que cette vieille conne ait pu ne serait-ce qu'envisager le fait qu'il puisse l'être ?
Bordel, ça l'énervait plus que tout – et rien que pour ça, elle méritait juste à merveille son surnom de vieille folle, super salope à ses heures, chiante jusque dans ses bons jours et à peine bonne à ramener de gros chiens galeux encore plus cons qu'elle à la maison.
Mais quelque part, ça faisait mal, aussi.
Et ça faisait d'autant plus mal qu'il arrivait pas à nier que ça faisait mal. Il l'avait remarqué, réfléchi, y pensait encore souvent, toute la journée durant, et même maintenant qu'il avait essayé de partir mentalement sur un autre sujet qu'il avait déjà oublié il y revenait sans cesse, inlassablement, comme attiré par le plus puissant de tous les aimants – curiosité, peut-être ? Putain, comme il aurait voulu que ce soit juste ça – mais tout au fond, vraiment tout au fond de lui, il savait qu'il y avait autre chose, et c'était bien ça qui l'emmerdait plus que tout au monde.
L'air étrange, marqué d'une expression un peu comme la tristesse en moins justifié, un peu comme la mélancolie en plus fort, et surtout un peu comme l'incompréhension même si là il était censé comprendre quasiment tout ce qui lui arrivait, il retira vivement ses lunettes, les balança plus loin, puis enfouit son visage entre ses genoux et décida d'attendre un moment – un moment. Ça durerait peut-être longtemps, ou peut-être pas ; mais il s'en foutait, en fait. Il voulait seulement que les choses reprennent leur cours habituel, que toutes les putain de choses autour de lui se décident une fois pour toutes à redevenir normales.
Que sa mère arrête de le prendre pour un putain de gay. Que cet attardé de Kévin cesse un bon coup de vouloir s'occuper de lui, peu importe la manière dont il comptait le faire. Que Vanitas arrête de lui tourner autour comme un papillon, à vérifier comme ça tout le temps qu'il allait bien, que tout allait bien, alors que non bordel, tout allait mal, enfin ! Qu'Axel aussi, cet enfoiré, cesse de faire irruption dans sa vie, de foutre le bordel partout au point qu'après, c'était pire que dans sa chambre, avant de repartir aussi vite qu'il s'était ramené !
Et puis son portable paumé quelque part au beau milieu de la couverture, qui le toisait mentalement de sa position plus ou moins indéfinie, l'air de lui balancer qu'il avait plein de messages importants à aller lire au plus vite ; et puis sa valise, qui gisait là-bas sur le sol, pleine du bordel qu'il emmènerait avec lui demain, lorsqu'il prendrait le train. Il dormirait qu'une nuit sur place et il rentrerait le dimanche – en théorie il avait pas besoin de tout ce bordel, et Vanitas allait se foutre de sa gueule, pour sûr.
Lentement, avec plus ou moins de courage, il releva la tête et jeta un regard par-dessus ses genoux. Bon, il était où, ce putain d'iPhone ? De toute façon, fallait pas déconner, il allait se reprendre vite fait, bien fait – Axel lui avait pas envoyé de message, y'avait aucun risque. Pas après ce qui s'était passé, quoi. Pas après qu'il n'ait pas été là. Pas après que Roxas lui ait balancé tant de trucs, au fait – et le pire c'était qu'il était même pas sûr de se souvenir exactement de ce qu'il lui avait dit.
Enfin, de toute façon, c'était ce qu'il avait toujours voulu, non ?
Qu'Axel arrête de l'emmerder. Qu'il arrête d'être là, tout le temps, au parc, à l'attendre, à le chercher du regard. Qu'il arrête de lui envoyer des SMS pour lui dire qu'il n'était pas fâché, qu'il arrête de venir lui rendre visite à l'hôpital. Qu'il arrête d'être trop gentil, aussi. Qu'il arrête ses conneries, une bonne fois pour toutes !
Et peut-être que le fait qu'il disparaisse simplement de sa vie était la solution la plus rapide et la plus facile à ce problème ; mais maintenant qu'il se retrouvait devant le fait accompli, Roxas avait comme un arrière-goût amer dans la bouche, un putain de truc qui lui disait qu'au final, c'était peut-être pas tout à fait ça qu'il aurait dû demander.
Fallait qu'il allume son foutu téléphone à la con. Qu'il vérifie s'il avait pas des messages – même s'il était certain qu'il en avait pas. Il serait sûr et certain, comme ça ; mais sûr et certain de quoi, au juste ?
Ses doigts, soudain, se mirent à trembler alors que le célèbre fruit à moitié bouffé du célèbre constructeur de cette célèbre putain de bordel de machine qui mettait trente ans à s'allumer apparaissait à l'écran. Allez, enfin – c'était long, bordel, beaucoup trop long. Les secondes défilaient comme des minutes, les minutes comme des heures et chaque instant ajoutait encore un il-savait-pas-quoi de particulièrement chiant à ses tremblements ; mais putain, c'était quoi tout ça, franchement ? Du stress ? De la curiosité ? Autre chose ? Bordel, il voulait pas savoir – alors, il ferma les yeux, préférant ignorer le danger la peur la terreur le malaise et pitié ne pas l'affronter, juste comme un imbécile de mioche.
Lorsqu'il les rouvrit, son iPhone était allumé. L'écran, lisse, beau, tout neuf même, brillant entre ses doigts, pas encore trop marqué de ses empreintes digitales, demandait poliment le code PIN de sa carte SIM – il avait jamais trop rien compris au bordel de codes qu'il était censé retenir mais celui-là au moins, un peu par chance, il le connaissait, et il l'entra donc.
Il tenait son portable à deux mains mais dès l'instant où celui-ci lui fit le coup de pute de vibrer entre ses doigts, il le laissa purement et simplement tomber.
Bordel.
Vibration, petite sonnerie abominable qu'il fallait vraiment qu'il pense à changer, et l'effet de surprise était là ; bordel. Il avait reçu un truc – bordel. Mais c'était quoi au juste ? Une alerte d'une application assez débile pour l'alerter, justement, au pire moment où elle aurait pu le faire ? Un appel en absence ? Ou alors, carrément un message ?
Son cœur battait la chamade dans son thorax alors qu'il cherchait l'autre connard de portable un peu partout dans son lit et ça devait bien le faire plus chier que jamais. Y'avait aucune raison de stresser. Aucune. Absolument aucune. Vraiment vraiment vraiment aucune.
A part peut-être le fait que aah-il-avait-reçu-un-truc-au-secours-bordel-qu'est-ce-que-c'était-enfin-aah ; et pour un peu plus il se serait littéralement assommé contre le mur dans son dos tellement que ses propres pensées l'emmerdaient, à partir en couille comme ça pour trois fois rien.
Sauf qu'en l'occurrence, trois fois rien, c'était un peu quelque chose, quand même – c'est-à-dire, non pas un mais deux messages. Deux foutus SMS sur l'écran de son foutu portable qu'il aurait volontiers explosé contre ce foutu mur parce que il-savait-pas-pourquoi.
Le truc qui le rassurait un peu, c'était que le premier venait de Cloud, son cher grand frère à qui il avait plus vraiment parlé depuis une semaine, à peu près ; mais le truc qui l'inquiétait plus que tout monde, c'était que le second venait d'Axel, évidemment. Évidemment. Au secours – bordel, au secours. Y'avait quoi, dans ce message ? Des insultes ? Toutes les insultes, tous les noms d'oiseaux qu'il avait plus que largement mérités – enfin non, bordel, enfin, ouais, il l'avait cherché, mais enfin, quoi ! – en même pas deux mois qu'il connaissait le rouquin ? Ou alors une réponse plus polie, quelques mots pour simplement lui dire d'aller se faire foutre ?
Il n'en avait pas la moindre idée mais putain, il avait pas envie de savoir ; parce qu'au fond de lui, vraiment tout au fond, si on creusait vachement bien même, il savait que n'importe laquelle de ces deux possibilités lui ferait mal – et bordel, il aimait pas avoir mal. Vraiment pas. Surtout pour des conneries pareilles. Surtout à cause des autres, surtout à cause d'un simple putain de message – surtout à cause d'Axel.
Ramenant l'iPhone à la hauteur de ses yeux, il en profita pour rapprocher un peu ses jambes de son corps et se pencha sur l'écran du téléphone – ce putain d'écran tactile à la con, tout brillant, et bien sûr il réussissait à lire que dalle sinon le nom des expéditeurs de ses messages parce qu'il avait pas ses lunettes sur le pif. Il avait même pas envie de les chercher, ces saloperies – tout comme il avait vraiment pas envie de se lever, pas maintenant, pas pour aller foutre ses débiles de lentilles de contact. Il cligna des yeux et inspira un grand coup avant de cliquer sur le premier des messages ; bordel, il y voyait que dalle. En même temps, fallait s'y attendre. Il soupira – mais son long soupir perdit sa régularité en un instant et le bruit de sanglot étouffé qui lui parvint suffit à l'effrayer.
« Maman est désolée pour hier, parvint-il toutefois à lire sur le message de son frère, et il tressaillit – quoi, sa mère, désolée ? C'était possible ? Elle s'est engueulée avec son mec au sujet de ton départ chez Vani mais j'ai pas tout compris. Elle a dit qu'elle était contente que tu sois pas homo, faudra que tu m'expliques. Mais bordel, en attendant, t'aurais dû me dire que t'étais passé chez elle. Si j'avais su, j'y aurais jamais foutu les pieds... »
Le blond ne prêta même pas attention à la fin du message de son aîné ; parce qu'à vrai dire, qu'il se soit fait chier à aller voir la mère, il en avait un peu rien à foutre. Mais le début du SMS – le début, les premières lignes, les quelques mots qui faisaient l'effet d'une bombe à l'intérieur de lui et qu'allaient bientôt répandre ses tripes son estomac ses poumons ses entrailles son cœur un peu partout dans la chambre, putain.
Cloud était donc passé chez la vieille folle, probablement la veille ou dans l'après-midi. Pourquoi ? La vieille folle était désolée, aussi. Pourquoi ? Et elle avait parlé à Cloud de l'incident de la veille. Pourquoi ? Dans le sens, pourquoi est-ce que Cloud, son grand frère à lui, s'était emmerdé à aller la voir ? Et pourquoi est-ce qu'elle voulait s'excuser, elle, alors qu'elle avait dû allez, le faire deux fois dans toute sa vie ? Mais surtout, pourquoi, pourquoi, pourquoi est-ce qu'elle avait parlé à son fils aîné du fait qu'elle le croyait homosexuel ? Quelle conne, bordel.
Sur le moment, Roxas la détestait. Et il avait pas envie d'expliquer à Cloud le pourquoi du comment de l'incident. Et il avait même pas envie d'y repenser, en fait. Pas envie d'y réfléchir, pas envie même de revenir là-dessus ; et puis de toute façon il partirait demain, il reviendrait dimanche, et entre-temps il verrait personne sinon Vani, il ferait le vide dans son esprit, il y penserait plus, il oublierait tout – exactement comme il allait oublier Axel et tout ce qui le concernait sitôt qu'il aurait ouvert le second message.
Malheureusement, cette bonne résolution à laquelle il refusait de ne croire qu'à moitié ne suffit pas à empêcher les battements dans sa poitrine de s'accélérer sitôt qu'il fut revenu au menu du téléphone. Bordel. Ses doigts tremblaient, à nouveau. Qu'est-ce qui l'attendait, derrière ce petit dessin d'enveloppe fermée, après tout ? Bonjour ou au revoir ? Salut ou va te faire foutre ? Roxas ou sale enfoiré ? N'importe lequel des noms que le blond avait un jour donnés au rouquin ; la promesse solennelle que plus jamais il ne reviendrait au parc ; un mot d'adieu plein de haine juste pour lui faire comprendre à quel point il avait été infect et à quel point non, il s'en voulait pas assez, et non, il pourrait jamais assez s'en vouloir – parce que ouais, comme un con, il s'en voulait pour ça. Quel con il faisait.
Ses doigts frémirent à nouveau lorsqu'ils atteignirent l'écran tactile. Allez, fallait qu'il le lise, ce putain de message – qu'il en ait le cœur net, et vite, si possible, très vite, sans quoi il passerait vraiment pas loin de la crise de nerfs.
« Salut ! C'est rare que je reçoive un message de toi. Alors, t'es plus fâché ? Et puis au fait, tu vas bien ? »
Une, deux, trois secondes, et l'information parvint au cerveau de l'adolescent – bordel, quel con. Quel con, cet Axel. Quel con ! C'était quoi ça, enfin ? Un message, vraiment ? Une réponse ? Un truc potable ou même pas ? Sans même réfléchir, il balança son iPhone sur son lit, une nouvelle fois, et plongea la tête entre ses genoux – ça allait rien résoudre, il savait bien, mais ça le rassurait, n'empêche. Rien qu'un peu. D'être comme ça recroquevillé sur lui-même, seul à seul avec ses réflexions, fermé à toute proposition extérieure – et putain, il les emmerdait tous, il prendrait le temps qu'il faudrait.
Ouais, voilà, il les emmerdait tous. Cloud qui allait chez sa mère et retournait le couteau dans la plaie en lui répétant que, oui, depuis qu'il avait décidé de vivre avec Vanitas plutôt qu'avec elle, la vieille le croyait gay. Axel qui faisait pas vraiment mieux, plutôt bien pire, rien qu'en lui répondant comme ça, naturellement, alors qu'ils étaient censés être fâchés, alors que ce crétin n'était même pas venu. Et puis son putain de cœur, qui défonçait tout à l'intérieur de lui, et qu'allait bien finir par le tuer à force de cogner comme ça – bordel, il les emmerdait tous.
Et pour le coup, peut-être même qu'il aurait dû emmerder son meilleur pote avec le lot, parce qu'il était tellement plongé dans ses réflexions, sa colère et son incompréhension qu'il ne l'entendit même pas ouvrir doucement la porte et entrer dans la chambre.
« Roxas ? S'étonna-t-il dès qu'il eut foutu un pied à l'intérieur, et le blond sursauta. Heu... Qu'est-ce qu'tu fous ? Ça va ? »
Sur le coup, il voulut juste lever les yeux vers son colocataire, lui hurler que tout allait bien, que y'avait aucun problème, lui gueuler de partir vite avant qu'il ne s'énerve, lui caser sa valise dans les mains et le foutre dehors en moins de deux – mais ça n'avait aucun sens et il ne parvint même pas à bouger, à relever la tête, à dissimuler le bordel ambiant que son esprit traversait en ce moment précis.
Deux minutes, toutefois, lui suffirent à finalement se rasseoir correctement ; puis, sans regarder Vanitas, il s'empara plus ou moins adroitement de son iPhone et, sans pour autant en allumer l'écran, décida de le fixer, simplement. C'était con, peut-être, voire sûrement, mais au moins, c'était pas rien – mieux valait ça que de se taire, que d'attendre, que de subir.
« Houlà, non, ça va pas. »
Vanitas avait jeté ça comme si c'était quasiment une évidence et Roxas ne répondit pas, ne dit rien lorsque son ami se laissa simplement tomber sur les genoux, juste devant lui, ne fit rien lorsque, d'un regard, d'en bas, il chercha ses yeux, quémanda son attention. Ça lui faisait bizarre, à vrai dire. Son portable serré entre ses doigts, son poing serré sur la couverture – ses jambes, parallèles, sages côte à côte, et en dépit de tout cela ses yeux qui fuyaient, inlassablement, les iris dorés de Vani qui n'avaient de cesse de retrouver les pupilles du blond.
Et subitement, il se revit dix ans plus tôt – dix ans plus jeune, dix ans plus ignorant, pas forcément dix ans plus con. A peu près. Y'avait si longtemps. Avec papa – du temps où papa était encore là, du temps où papa n'était pas un enfoiré qui s'était tiré en laissant maman seule avec ses deux gosses, du temps où papa s'occupait de Cloud et de lui, aussi, du temps où papa s'agenouillait face à ça lui quand ça n'allait pas et – regarde-moi, Roxas, regarde-moi, qu'est-ce qui ne va pas, tu me racontes ?
« Alors, il se passe quoi ? Lança Vani de sa position, sans quitter le visage du blond du regard, sans soustraire un léger sourire à ses propres lèvres. C'est à cause de ton beau-père ? J'croyais qu'il t'avait rien dit de spécial, hier soir... »
Roxas se mordit la lèvre inférieure mais ne répondit pas – bordel, quel con, Vanitas, aussi. Ses yeux le piquaient, maintenant, à cause de ce crétin ; mais c'était quoi cette idée de s'introduire comme ça dans sa chambre, de s'immiscer dans ses réflexions, d'essayer de le comprendre et surtout, surtout, surtout, de revenir sur Kévin et l'incident de la veille ?
Hier ça l'énervait et aujourd'hui ça le déprimait, à vrai dire ; il était fâché, fâché contre sa vieille folle de mère, fâché contre l'autre enfoiré de petite copain, fâché contre Axel, et maintenant fâché contre Vani, mais aussi fâché contre son apparence, contre son caractère, contre tout ce qu'il faisait, contre lui-même.
D'aussi loin qu'il s'en souvienne, il n'avait plus piqué de grosse crise depuis ses cinq ou six ans, mais dans l'immédiat il ne sentait pas loin de recommencer – et putain, voilà que son idiot de paternel lui revenait en mémoire, avec la manière qu'il avait de placer une main sur son genou, l'autre sur le matelas ou sur sa joue ou dans ses cheveux ; et comment il cherchait son regard, sans cesse, toujours d'en bas, comment il souriait, comment il l'enlaçait même pour le rassurer, et lui promettre que tout allait bien, que c'était fini, que ça allait passer !
Seulement, ça faisait des années que papa s'était tiré. Et des années que Roxas n'y croyait plus, à toutes ces conneries ; même si putain, fallait bien qu'il l'avoue, il aurait bien voulu encore y croire. Tout comme il aurait bien voulu croire que son meilleur pote n'était pas dans sa chambre, qu'il ne le regardait pas aussi doucement que papa, qu'il n'avait pas l'air de vouloir « l'aider » comme la plupart des individus masculins de son entourage semblaient décidés à le faire – bordel.
« Ça va, balança-t-il sèchement à Vani, et il détourna violemment la tête, chassant du même coup la main qui devait viser sa joue, son front ou n'importe laquelle de ses mèches blondes. J'vais très bien.
– J'te crois pas, répondit Vani du tac-au-tac, et il s'assit en tailleur, les bras croisés. On part demain au concert, mec, et tu tires une pire tête de déterré ! J'veux bien que tu veuilles pas tout me raconter, mais au moins dis-moi ce qui a foiré. »
Le blond se tut, ne le regarda pas. Évidemment qu'il ne le croyait pas. Évidemment que ça n'allait pas, aussi. Évidemment qu'il n'allait pas « très bien » – vraiment pas. Mais bordel, il voulait pas, il pouvait l'avouer et se l'avouer ; quelque chose déconnait, okay, c'était comme d'habitude, il allait crier un coup et ça réparerait tout, sûrement, mais ça faisait déjà une demi-heure qu'il s'énervait là-dessus et rien ne changeait, rien ne marchait, rien n'allait comme il le voulait !
Ça faisait mal. Bordel. Vani l'énervait. Bordel. Et puis Vani le touchait, aussi ; pas à l'intérieur, du moins pas trop, mais sa large paume avait atteint son front sans même qu'il ne proteste – putain de bordel, il devait vraiment avoir un sacré problème – et ses yeux, légèrement inquiets, examinaient doucement tous les traits de son visage.
« Ecoute, Roxas, souffla alors son pote, pas tout à fait aussi sûr de lui que précédemment. J'sais que je devrais pas chercher à tout savoir comme ça, mais j'm'inquiète pour toi, tu comprends ? Alors pitié, ouvre ta grande gueule et dis-moi au moins qui est le connard, ou la connasse, ou même qui sont les connards qui t'ont foutu dans un état pareil. »
Le connard, la connasse, les connards qui l'avaient foutu dans un état pareil – Maman, Kévin, Cloud aussi, Axel surtout, Vanitas un peu, mais avant tout et plus que tout, lui-même. Lui-même qui se prenait tout seul la tête pour des trucs qui devaient bien relever de la connerie pure et dure ; lui-même qui ne supportait pas que sa mère le croie gay mais qui n'arrivait pas non plus à lui dire simplement d'aller se faire foutre ; lui-même qui se sentait scindé en deux par l'envie d'attraper son iPhone pour répondre à ses messages et celle de le jeter à l'autre bout de la pièce pour tout raconter à Vanitas.
« Et tu comptes faire quoi, si j'te dis ? Finit par dire le blond, pas très fort, presque timidement, et il pouvait sentir sa voix trembloter sitôt qu'elle s'échappait de sa bouche.
– Heu..., hésita d'abord l'autre ; mais il ne réfléchit qu'un instant, à vrai dire, puis sans crier gare, il remonta une main jusqu'au matelas et attrapa le poing de Roxas, qui fut dès lors bien obligé de le regarder droit dans les yeux. Je leur pète la gueule, si tu veux. »
Il avait balancé ça avec un tel sourire, à la fois moqueur, rieur, simplement mesquin, mais aussi doux, et plein d'une affection toute étrange, si forte et si touchante, telle que l'adolescent n'en avait jamais même espéré être l'objet que sur le coup, ça lui donna envie de pleurer – et son père, après tout, son père qui avait fait exactement la même chose, de longues années durant. Un doigt autour d'une longue mèche blonde, quelque part en-dessous de ses épaules, son regard qu'il captait d'un sourire, parfois une pichenette sur son front un coup de peigne dans ses cheveux une légère tape sur son crâne, et le tour était joué.
Mais il pouvait pas, bordel – pas cette fois. Il était trop grand pour ça, maintenant. Trop désabusé, aussi. Papa était parti, Maman était restée et la vie depuis c'était de la merde parce que y'avait plus personne dans les bras de qui il pouvait sauter et pleurer toute sa rage sans craindre que ce soit encore pire après.
Et justement, s'il se laissait aller à tout dire à Vani, ce serait pire après – incontestablement. Il y aurait question après question, il ne saurait plus où donner de la tête, finirait en larmes, brisé à tout jamais, et c'était ça qu'il voulait vraiment, vraiment, vraiment pas ; alors, il ferma les yeux, et se contenta d'entrelacer ses doigts fins à ceux de son meilleur pote, juste histoire d'apprécier encore une fois, juste une dernière fois la chaleur de la peau humaine – et puis, doucement, il se dégagea de cette étreinte.
Et au creux de son poing, tout contre sa paume sensible, presque fragile, sa saloperie de téléphone de merde vibra de toutes ses forces.
Ni une, ni deux – sans même réfléchir, et pourtant putain, ce qu'il aurait dû le faire, il arracha ses doigts à ceux de Vanitas et porta le téléphone à ses yeux ; encore un message. Encore Axel. Et encore son cœur et son esprit et son corps qui se mettaient à déconner comme normalement ils n'auraient jamais dû le faire - mais enfin, bordel, c'était pour quoi, cette fois ? Encore un message super sympa, trop sympa même, histoire d'essayer encore de le faire culpabiliser, histoire de jouer encore avec les infimes regrets dont il voulait bien admettre l'existence ?
Putain. Il inspira un grand coup – il allait lui montrer, à Axel, ou à Vani, ou au SMS ou à son iPhone, il savait pas trop, il allait lui montrer qu'il n'était plus un gamin de sept ans destiné à déverser en larmes la fatigue de ses nerfs sur l'épaule de son père.
« Heu, salut, j'viens de me dire que mon autre message t'avais peut-être fâché en fait... Je suis désolé, je voulais pas être aussi familier, enfin, tu comprends quoi. Bref... A défaut de me pardonner le reste, pardonne-moi au moins ça, tu veux bien ? »
Bordel.
Il faillit s'étouffer de surprise mais l'étonnement le prit de court et son portable lui échappa des mains – putain, il allait le tuer. Il allait lui faire la peau, à cet enfoiré de travelo de rouquin de merde ; parce que dans le fond, peut-être que ça lui apprendrait à ne plus lui envoyer les messages auxquels il s'attendait le moins du monde.
Héhé.
Je suis contente d'avoir pu placer quelques informations sur le père de Roxas, et surtout la manière dont Roxas le voit suivant qu'il est en pleine forme ou pas vraiment. En attendant, merci infiniment à vous tous de lire cette fanfic, c'est déjà le chapitre 20 après tout ! =^^= Je suis super touchée de tous vos commentaires et j'espère sincèrement que la fanfic continue et continuera (si possible ;w;) à vous plaire. :3
Encore merci et à jeudi prochain ! ^^
