Yo tout le monde !
Ici Momo. Ourgh. Ici Momo et elle n'est pas à l'heure. xD Du coup, je commence par ça : dorénavant, attendez vous plus plutôt à un chapitre le vendredi soir, ou le jeudi assez tard dans le meilleur des cas... Je suis vraiment désolée, c'est difficile d'agender le tout avec l'école T.T Mais je ferai de mon mieux pour continuer avec un rythme d'un chapitre par semaine, c'est promis. =)
Sinon, j'ai vraiment peu de temps ce soir alors j'éditerai demain pour répondre aux reviews anonymes. x_x Mais c'est promis, je vous oublie pas ! En attendant, je vous remercie énormément. x3
Tout comme je remercie à l'infini Cloudy-L et Elerina. Les filles, vous m'avez SAUVE LA VIE ! *_* Je sais pas ce que j'aurais fait sans vous... Merci. =3
Niveau chapitre : en un mot, révélation. J'espère que vous aurez pas trop peur... Ah, et au passage, lisez la note de fin, peut-être... ? é_è
Bonne lecture =)
EDIT : Et voilà les réponses aux commentaires anonymes du chapitre 21 =^^=
chut : Je te réponds en une fois pour tes deux commentaires, ce sera plus clair xD Par rapport au chapitre 20, je suis contente que tu trouves Roxy classe. Personne ne me l'avait encore jamais dit =^^= Effectivement, son comportement est en partie dû à son passé, à ce qu'il a vécu et à ce qu'il vit... Ça n'excuse pas son caractère mais je trouvais bien de lui donner quelques raisons. xD Pour Vani, disons qu'il est pas vraiment "immature" ; il est plutôt du genre à ne pas se prendre trop la tête, et du coup, ça peut le faire passer pour un crétin. Mais en vrai, il est quand même plus âgé que Roxas (qui lui est vraiment immature xD) et il a conscience d'une certaine responsabilité qu'il a vis-à-vis du blond. En manque d'amour ou de claques, telle est la question XD Moi j'dis, des deux. =3
Pour ce qui est du chapitre 21, je suis assez d'accord : Roxas se calme un peu et ça le fait évoluer =) Mais je sais pas s'il grandit tant que ça dans sa tête... J'espère. xD Contente que ça fasse du bien en tout cas. ^^ Merci aussi pour le réalisme de l'histoire, ça me fait super plaisir ! x3 C'était un des buts premiers de la fic après tout (j'ai déjà dû le dire ça), d'essayer de plonger le lecteur dans la tête d'un petit bonhomme paumé dans la réalité de notre monde... *bam* Merci infiniment pour tes commentaires en tout cas ! ^^
Kagome Moon Factory : Merci beaucoup ! ^^ Par contre, je sais pas si je dois être contente ou désolée de t'avoir fait crier... Mais je veux bien reconnaître que mon Roxas est particulièrement chiant, quand il veut. xD En tout cas, j'espère que la suite -c'est-à-dire ce chapitre, en fait- te plaira, ne te traumatisera pas, et répondra un peu à la question que tu te poses. =)
Et soit dit en passant, ça me touche beaucoup que tu apprécies mon histoire même si le jeu original n'est pas ton préféré. x3 C'est clair qu'Axel en travelo ça fait un peu bizarre, mais bon, j'espère que ça finit quand même par passer au fil de la lecture... xP Merci beaucoup pour ta review. =^^=
Chapitre 22 : Il paraît que le nom peut en dire long
L'air quasiment satisfait, Roxas prit une position confortable sur son lit et attrapa son iPhone à deux mains. Il l'avait tellement tenu, posé, repris, tripoté ces dernières minutes que le métal autrefois froid de l'appareil en venait presque à réchauffer ses paumes, maintenant – mais ça, il s'en foutait pas mal, à vrai dire.
A sa question, il avait eu l'air surpris, Vanitas - mais envers et contre tout, il avait pas protesté, pas même répliqué, ni posé de question, et juste acquiescé, en balançant qu'il allait le chercher, l'annuaire téléphonique ; et pour tout ça, le blond lui était reconnaissant. Ne restait qu'à attendre deux choses, du coup : le retour de Vani, qui devait sûrement fouiller la plus bordélique de ses armoires, et surtout, plus important, l'hypothétique futur éventuel message d'Axel en réponse à celui qu'il lui avait envoyé.
Ça l'angoissait, en vrai – fallait avouer, quoi, après tout, même si ça l'emmerdait, même si ça faisait mal à son putain d'ego surdimensionné de ses couilles. Recevoir la réponse d'Axel. Ne pas s'y attendre, et puis sentir soudain son téléphone vibrer entre ses doigts, sursauter peut-être, rediriger tout de suite son esprit, ses pensées, son regard, son attention sur le portable, croire que sa poitrine se déchire sous les assauts répétés de son cœur pris au dépourvu, et lire, enfin lire, découvrir. Ne plus voir les lettres qui se troublent sous ses yeux aux pupilles tremblotantes, suivre désespérément plus des sensations diverses que de la vue réelle les petits caractères imprimés dont il n'arrive plus à décoder le sens et-
Il déconnait ou quoi ?
Un SMS. C'était un SMS qu'il attendait. Un foutu SMS de la part d'un foutu type dont il n'avait rien à foutre - dont il était censé n'avoir rien à foutre. Et pourtant, il se sentait plus stressé, ouais, mille fois plus stressé qu'à la veille de l'examen décisif qui lui aurait permis de réussir ou de foirer son année, de trouver un boulot ou de finir dans la rue à jamais ; et rien que le fait de réaliser ça, ça le stressait encore plus. C'était pas possible. Pas permis. Tout bonnement pas normal de s'inquiéter autant pour quelque chose comme ça, pour quelqu'un comme ça.
Mais il avait beau tenter, essayer, de toutes ses forces, persévérer, il ne parvenait pas, bordel, il arrivait pas, non, à supprimer de ses pensées ce doute infime, ce sale pressentiment, cette légère angoisse qui lui fournissait toutes les raisons au monde de croire qu'au fond, un nom de famille, un numéro ou une adresse trouvée dans l'annuaire, cette fois-ci, c'était pas anodin. Comme si, quelque part, en son for intérieur, un truc, un putain de truc de merde lui murmurait qu'il était sur le point de faire une sacrée découverte – et le pire, c'était que ce foutu truc, malgré six enclumes et vingt coups de pioche mentaux, réussissait toujours à murmurer, encore, encore, tout le temps.
Soudain, le portable ramené près de lui, les genoux plus proches de son corps, bzzt – et bordel, il n'aurait jamais dû choisir cette position-là parce qu'il passa pas loin de la crise cardiaque. Une vibration, un bruit léger, et son putain de cœur battait la chamade, l'obligeant à s'asseoir mieux, à détendre ses jambes, à respirer un bon coup, à se remettre de sa surprise avant d'enfin ouvrir le message qu'il venait de recevoir – un message d'Axel, bien évidemment.
Mais il n'avait plus peur. Ouais, c'était ça ; plus de peur, plus de stress, plus même de petite douleur à la poitrine. Tout juste cette foutue angoisse, à la limite de l'adrénaline, parce qu'il ne savait pas ce qui l'attendait – mais même au fond de lui c'était évident, en fait, finalement. Il allait ouvrir ce SMS, découvrir ce nom de famille, choper l'annuaire de Vani, le chercher, voir qu'en fin de compte y'avait rien d'intéressant sinon l'adresse du rouquin, peut-être, et ça lui calmerait l'esprit pour un bon bout de temps – du moins, il espérait.
Alors, il prit son téléphone dans une main, l'air décontracté, et ne réfléchit même pas en ouvrant le message - manque de bol, il aurait dû. Fatal error, game over, try again et il s'immobilisa, hésitant entre le rire et les larmes, le désespoir et la colère, la crise de nerfs ou autre chose encore.
« Ah, tu réponds enfin ! Je sais toujours pas comment tu vas, enfin, j'espère que tout va bien... Désolé, mais s'il te plaît, réponds-moi... T'es pas fâché, hein ? Pas trop ? Je sais pas trop comment le dire, mais... J'ai l'impression d'avoir eu un comportement pas super adéquat et voilà, je te le répète : je suis désolé. S'il te plaît, pardonne-moi, ou alors, préviens-moi au moins si tu veux pas, d'accord ? »
Il lui avait pondu une tartine dans un message qui avait dû lui coûter le double du prix normal, mais sur le moment c'était pas vraiment ça le plus important – nan, à vrai dire, y'avait autre chose. Comme ce ton bizarre qu'il avait employé, ce texte étrange marqué d'un style vachement oral, transposé à l'écrit, et même que Roxas croyait bien pouvoir lire comme dans un livre ouvert autant le sens du SMS que le fond des pensées du travelo ; mais bordel, bordel, bordel, ça atteignait les sommets de l'incroyable et de l'acceptable, là. Putain.
Trop gentil. Deux mots. Trop. Gentil. Deux mots qui lui venaient automatiquement à l'esprit lorsqu'il lisait, lisait, relisait ce texto à la con ; mais deux mots qui le caractérisaient tellement bien, cet imbécile de rouquin. Mais que répondre à ça, enfin ? Merde, quoi ! Oui, non, peut-être, va te faire foutre, c'est rien, mange des fruits et des légumes tous les jours, fais du sport c'est bon pour la santé, une autre connerie sans queue ni tête ?
« Suis pas fâché », écrivit d'un seul coup le blond, sans réfléchir, et en relisant ce bout de phrase lui-même ne comprit pas pourquoi il l'avait tapé sur son portable. Mais il en avait marre, bordel, marre de se prendre la tête avec ces conneries, et puis quand il y pensait et repensait et rerepensait, il retrouvait même pas les raisons exactes qui faisaient qu'Axel l'emmerdait autant ; alors avant que ses nerfs lâchent, pitié, suppliait-il intérieurement, pitié, que sa foutue fierté de merde se mette de côté vingt secondes et lui permette d'envoyer ce message.
Il ne sut jamais si ses prières avaient été écoutées ou non, en fait – parce qu'au moment précis où, le doigt doucement posé sur la touche d'envoi du message, il interrogeait du regard l'écran coloré, hésitant encore à relâcher la pression pour de bon ou à glisser son pouce contre le verre tactile, la porte de sa chambre s'ouvrit avec force.
« Annuaire téléphonique, mec ! Lança nonchalamment Vanitas en pénétrant dans la chambre, et Roxas laissa tomber son portable sous le coup de la surprise – bordel, il s'y était vraiment pas attendu, à ça.
– Putain, Vani ! S'exclama-t-il, paumé quelque part entre l'incompréhension et la colère.
– J't'en rapporterai des trucs moi... »
Le jeune homme avait balancé cette phrase en un soupir teinté de plaisanterie et le blond ne sut s'il fallait vraiment la prendre au sérieux ou non ; mais de toute manière, c'était pas le plus important, pas dans la situation actuelle. Ni une, ni deux, ni trois d'ailleurs, avant même qu'il ne réalise que son meilleur pote l'avait balancé, le large et épais annuaire couvert de publicités en tout genre atterrit sur ses genoux, et il dut l'attraper à deux mains pour éviter qu'il ne glisse et tombe du lit.
« A peine demandé, aussitôt livré, ajouta finalement Vani avec humour, tout en haussant les épaules. J'sais pas trop ce que tu veux en faire, mais pense à le balancer dans le premier placard à droite dans le couloir, d'accord ? »
Sans trop réfléchir à ce qu'il était en train de faire, et encore moins à ce qu'il allait faire, Roxas acquiesça tranquillement, et Vanitas s'apprêta donc à partir ; mais soudain, quelque part au milieu de la couette moelleuse et chaude du blond, son portable sonna – foutu portable de merde.
Il l'avait oublié, celui-là. Sérieux. Son cœur fit un bon de quatre mètres, s'éclata la face contre le plafond de la chambre, il manqua une inspiration, s'étouffa à moitié, crut choper le hoquet ou quelque chose du genre, et au plus profond de son être il maudit son téléphone, Vani, Axel, et son téléphone encore de toutes ses forces – mais rien n'y fit. C'était plus fort que lui ; fallait qu'il pose tout, qu'il balance l'annuaire plus loin, par terre sûrement, et qu'il cherche son iPhone, qu'il le trouve, qu'il ouvre le message, là, maintenant, tout de suite, sans plus attendre.
Tout de suite. Tout de suite, ouais. Tout de suite.
Il n'avait jamais été très patient, après tout. En temps normal, il se serait bien foutu des SMS d'Axel, pourtant ; mais cette fois-ci, c'était différent, et bordel, il n'aurait vraiment pas su dire pourquoi. C'était comme une force surhumaine, un truc bien au-dessus de lui, un putain de truc qui le contrôlait tout entier et qui se sentait investi du pouvoir, du devoir de le guider inlassablement vers un endroit qu'il s'était persuadé avoir toujours voulu éviter comme la peste ; et ça l'attrapait, tout le temps, ça le serrait, ça le traînait, ça l'entraînait, ça l'amenait et ça l'abandonnait.
Là.
Assis en tailleur sur un lit qui n'était pas le sien, dans une chambre qui n'était pas la sienne. Vanitas appuyé contre la porte qu'il venait de refermer d'un geste doux - silencieux, dans l'attente, de quelque chose, d'on-ne-savait-pas-quoi. Son portable entre ses doigts, un message sur l'écran, quelques mots flous. L'envie d'écouter de la musique, le besoin d'enfiler ses lunettes, le mal au cœur et aux yeux, le trouble tout au fond, le vertige un peu, quelque chose comme le stress d'avant un examen – en pire.
« Merci... J'suis content. On s'appelle, un de ces quatre ? »
Roxas, surpris. Roxas, étonné. Roxas, avec cette drôle d'expression sur le visage, les yeux un peu plus grand ouverts que d'habitude, les sourcils un peu plus hauts, le cœur un peu plus fort – l'espace d'un seul petit et minuscule et négligeable instant.
La veille encore, jamais il ne se serait imaginé avoir une telle conversation avec Axel, par SMS, ici, maintenant, comme ça ; et pourtant, force était de le reconnaître, c'était bien là. Noir sur blanc, en digital, sur l'écran de son téléphone. Les phrases formées de mots formés de lettres tracées à l'ordinateur ; et leur sens, présent, facile à comprendre, pas même le besoin de déchiffrer, de rechercher, d'interpréter.
Avec un truc pareil, le blond songea qu'il allait définitivement continuer à considérer l'hypothèse de la force mystique, quelque part dans cet univers bourré d'énigmes jusqu'à ras bord.
« Il veut qu'on s'appelle, lâcha-t-il alors, l'air absent, sûrement plus pour lui-même que pour Vanitas. J'réponds quoi ? »
Toujours appuyé contre la porte, bras croisés et mains jointes dans son dos, le propriétaire des lieux l'interrogea d'un sourcil levé – il avait pas trop l'air de comprendre exactement de quoi Roxas parlait mais sur le coup, l'adolescent ne réalisa même pas la connerie qu'il venait de faire.
C'était simple, pourtant – parler d'Axel à Vani. Lui dire pour les SMS. Enfin, lui dire pour un SMS ; mais quand même. C'était pas n'importe quel SMS, il venait pas de n'importe qui et putain, soudain, y'eut un truc pas normal – mais il parvenait pas à mettre le doigt dessus, et il se sentit obligé de regarder Vanitas, une bonne fois pour toutes, droit dans les yeux, sans rougir ni trembler ni se gêner ni s'énerver ni parler ni rien.
Pour toute réponse, Vanitas soupira.
« Arrête de me regarder comme ça, dit-il, pas très fort, l'air fatigué, peut-être lassé, et Roxas ne sut pas s'il devait ou non s'en vouloir pour ça. Qui c'est qui t'écrit ? L'autre type, là ? Mais dis-lui d'aller se faire foutre... »
Vani avait terminé sa phrase avec plus d'humeur qu'il ne l'avait voulu, visiblement, mais sur le coup, le blond n'en tint pas vraiment compte. Quelque part, ça l'emmerdait, ça l'agaçait plus qu'autre chose. Il avait toujours été pour lui, Vanitas – alors bordel, pourquoi maintenant qu'il se sentait enfin capable de faire quelque chose, d'envisager une situation plutôt calmement, sans se laisser emporter par une ribambelle de putain d'émotions à la con, pourquoi, ouais, pourquoi fallait-il que son pote commence à être désagréable avec lui ?
« Désolé d't'emmerder avec ça, hein, répondit alors le garçon, peut-être un peu trop vif, un peu trop agacé, et il s'en voulut aussitôt, persuadé que Vani allait l'envoyer chier juste comme il en avait le secret – contre toute attente, il n'en fut rien.
– Nan, nan, t'as pas compris..., finit par lancer son pote, avant de soupirer une nouvelle fois. Faut que tu te calmes, mec... »
Effectivement, sur le coup, Roxas ne comprit pas - lui, se calmer ? Il allait très bien, pourtant. Il était calme. Il se sentait calme. Calme, hein ? Calme ? Genre, vraiment calme ? Mais oui, vraiment calme. Avec le cœur qui bat mais calme. Avec les doigts qui tremblent contre son portable mais calme. Avec l'esprit qui tourne et qui retourne toutes les manières possibles et imaginables de répondre à Axel mais calme.
Calme au point de ne pas prêter attention à sa respiration trop rapide, presque haletante. Calme au point de ne pas remarquer que Vani s'était approché. Calme au point de ne pas réagir lorsque son meilleur ami vint poser sa paume, large et forte, juste sur son torse, à l'endroit de son cœur – et même, calme, tellement calme qu'il lui fallut bien dix secondes pour réaliser ce qu'il se passait réellement.
« Hé, mec, écoute-moi, maintenant, ordonna alors Vanitas, doucement mais fermement. Ça sert à rien de lui répondre s'il te prend la tête, okay ? Au pire, t'as qu'à lui répondre plus tard. Et si tu tiens vraiment à lui répondre maintenant, bah... Respire un méga grand coup, arrête d'y penser trente secondes et après, réponds. »
Sur ce, le jeune homme se tut, mais ne retira pas sa main – et Roxas, contre toute attente, ne la fit pas gicler de sa position, la garda simplement contre lui, sans la maintenir ni la chasser. Il baissa les yeux ; là, maintenant, tout de suite, il se sentait neutre. Pas envie que Vani parte, pas envie qu'il reste ; pas envie de répondre, pas envie de passer au-dessus de ces SMS. Axel sautait d'un argument minable à une conclusion haute en couleurs et semblait s'imaginer qu'ils étaient réconciliés, que tout était oublié, et qu'ils pouvaient à nouveau se voir, se parler – s'appeler.
S'appeler, bordel. S'appeler. C'était ce qu'il voulait, Axel. S'appeler. Alors qu'il avait même pas répondu à sa question. S'appeler. Alors que l'annuaire abandonné gisait toujours à côté de Roxas. S'appeler. Il abusait, il abusait pas, comment savoir ? S'appeler. Non, putain, non, Roxas n'avait pas envie – de s'appeler.
Lentement, il inspira, expira, inspira, expira ; puis, il prit la main de Vani qu'il vint chercher toujours contre sa poitrine, et l'en détacha avec douceur pour la repousser, mais pas fort, cette fois, pas violemment du tout.
« Je vais lui demander son nom, conclut alors le blond, et cette fois il se sentait vraiment calme, pas stressé, pas hystérique. S'te plaît, me demande pas de t'expliquer...
– Je poserai pas de question, t'inquiète. »
Vanitas se leva et sa main quitta aussitôt les doigts de Roxas, jusque là encore enroulés autour de la paume, des phalanges, de la peau tiède.
« Courage, mec. J'te rappelle, au passage : s'il t'emmerde, hésite pas à le dire, okay ? M'est avis qu'avec ton frère et moi pour lui péter la gueule, Machin survira pas longtemps. »
Il rit et Roxas ne put réprimer un sourire ; mais sitôt que le plus âgé des deux potes eut tourné les talons, et sitôt que la porte se fut délicatement refermée derrière lui, l'adolescent reprit son portable, entre ses deux mains, avec toute son attention et tout son courage, surtout.
Aussi étonnant que cela puisse paraître, il sut aussitôt quoi écrire et n'attendit même pas pour envoyer son message – encore une fois, il lui demandait son nom, simplement, et il espérait qu'ainsi Axel pigerait que non, il déconnait pas. Non, il insistait pas pour rien. Et oui, il savait sur quoi se baser – il était même certain que si le rouquin le lui avait balancé entre deux portes à l'hôpital, c'était vraiment pas rien que pour lui apprendre à se servir d'un annuaire.
Fort heureusement, la réponse finit par arriver – ah, enfin, c'était pas trop tôt, quand même, pesta le blond, et ce même si ça faisait à peine deux minutes que son texto était parti. Sans plus attendre, il ouvrit le message, découvrit un nom de famille ni beau ni moche qui de prime abord ne lui disait absolument rien ; et sans réfléchir, tandis qu'il sentait monter en lui l'adrénaline issue de sa putain de curiosité, de cette putain de curiosité qui lui jouait autant de bons que de mauvais tour, il chercha rapidement la bonne page dans l'annuaire téléphonique de Vanitas.
Page après page, il chercha, rechercha, fouilla même ; et puis, il se sentit se rapprocher, arriver au but, trouver enfin le bon nom, et lorsqu'il fut certain d'être au bon endroit, il passa vraiment pas loin du petit cri de joie hystérique ; bordel, ce que c'était con, et puis, ça lui aurait donné l'air d'un gamin, mais putain, sur le coup, il l'aurait bien fait, quoi.
Seulement, y'avait plus important, maintenant. Trois noms s'offraient à lui ; le premier c'était Georges, à l'autre bout de la ville ou presque, et instinctivement il comprit que ça, il en avait à peu près rien à foutre – c'était pas ce qu'il voulait, ce qu'il cherchait, ce qu'il devait trouver, ce qu'il était censé trouver.
Restaient ainsi deux noms dans la liste ; sans hésiter, il se jeta littéralement dessus. Porta l'annuaire à ses yeux, plissa ces mêmes yeux, se maudit pour n'avoir finalement pas enfiler ses lunettes, finit par réussir à lire, déchiffra difficilement – et puis soudain, comprit. Relut. Re-compris. Relut. Ne put croire. Relut. Ne parvint pas à croire – non, non, non, bordel. Relut. Essaya de croire. Relut. Se demanda s'il avait bien compris. Relut.
Soudain, balança l'annuaire sur le sol et se dirigea vers la salle de bain.
Son image dans le miroir moins les lentilles plus les lunettes et maintenant ses cheveux qu'il coiffait n'importe comment, balançant coup de brosse sur coup de brosse plus pour passer le temps et penser à autre chose que pour vraiment s'arranger ; mais bordel, quoi. Il se démaquilla, se frotta le visage, à l'eau chaude, à l'eau froide, se mata dans la glace, trois fois, se remaquilla, remit correctement ses lunettes, inspira, expira, inspira, expira.
Quoiqu'il fasse, impossible de se sortir cette foutue page, ces deux foutus noms dans l'annuaire de la tête – bordel. Bordel. Bordel et re-bordel ; il n'arrivait pas à y croire.
C'étaient deux noms, pourtant. Le premier n'avait rien de spécial, en plus. Nathalia, Amélia, Julia, Alexandra, il ne s'en souvenait même plus – un prénom féminin, en -a, courant, voire banal, sans plus, ni dérangeant ni choquant ; mais tout le problème résidait en le deuxième nom, juste en-dessous, juste au-dessus, il ne savait plus.
Axelle.
Axelle.
Deux L et un E. Il avait relu le nom trois fois et même le soir, dans son lit, allongé, téléphone portable en main, après un repas plus ou moins normal, une soirée plus ou moins normale, et son meilleur ami qui avait tenté, visiblement, de réfréner sa curiosité, son inquiétude pour ne pas le déranger, il y pensait encore.
Axelle.
Ça rimait avec bordel et sur le coup c'étaient peut-être les deux seuls mots qui voulaient encore bien tourner et retourner dans sa tête, à deux, trois heures du matin, paumés, seuls dans le brouillard complet de son esprit ; mais il ne savait plus que penser, il ne savait même plus s'il pouvait vraiment en penser quelque chose, et il avait abandonné son iPhone au pied de son lit, son casque qu'il n'avait pas enfilé de l'après-midi à côté, lorsqu'enfin il trouva le sommeil.
« Hé, Roxas, je sais que je vais t'en demander beaucoup, mais... S'il te plaît, c'est pas tout à fait ce que tu pourrais croire. Promets-moi que tu me parleras encore après ça... Hein ? »
Malheureusement pour le rouquin, il ne découvrirait son tout dernier message de la journée qu'au matin, lorsqu'il se réveillerait – peut-être.
Il le lirait, ne croirait pas, se sentirait mal, fuirait encore, toujours, retomberait dans le vieux schéma qu'il avait tant essayé de combattre et d'oublier ces derniers jours, et il n'apprécierait bientôt plus le concert que pour la capacité qu'il aurait de lui permettre de tout oublier, rien qu'une journée – du moins, secrètement, il l'espérerait.
Dans le noir quasi total de son appartement, Axel reposa son téléphone portable à côté de lui et se promit d'arrêter de regarder l'écran une bonne fois pour toutes – de toute façon, s'il recevait un message, il l'entendrait sonner.
Mais surtout, il savait parfaitement qu'il ne recevrait pas de message.
Las, il s'agenouilla difficilement et jeta un dernier regard à ses deux hamsters, encore bien réveillés dans leur grande cage.
« Hé, vous me comprenez, vous deux, hein... »
Il glissa un doigt entre les barreaux et l'agita pour attirer leur attention ; Mimi couina et Nicky dévora une graine. C'était peine perdue. Axel se leva, ramena la marée de ses cheveux roux dans son dos et soupira.
« Je savais bien que j'aurais dû prendre un chien. »
Avec force, Vanitas souleva la deuxième et heureusement dernière valise à emporter pour la déposer quelques mètres plus loin, dans l'entrée de l'appartement, puis jeta un coup d'œil à l'horloge digitale affichée sur l'écran de son téléphone portable – neuf heures et dix-sept minutes. Train à dix heures et quart ; il soupira. Heureusement que la gare n'était pas loin.
Roxas, de son côté, était déjà prêt, normalement, et heureusement, d'ailleurs ; mais depuis la veille, il semblait trouver un intérêt tout particulier à son cher iPhone, genre, encore pire qu'avant, et Vani en arrivait à presque regretter d'être allé le lui faire réparer. Enfin, ça devait faire partie des choses sur lesquelles il n'avait aucun pouvoir, aucune emprise, d'aucune manière que ce soir – à nouveau, il soupira, et appela son pote d'une voix mi-enjouée mi-fatiguée.
« J'arrive, répondit mollement le blond, du fin fond de la salle de bain où il se préparait avec soin. 'tends-moi, j'suis quasi prêt. »
Sa voix était plus calme – enfin, non. Plus douce, certes, plus calme, non. Plus morne, peut-être. Plus triste. Plus lasse. Moins colérique et moins énergique que d'habitude ; pour être franc, il savait pas si Vani l'avait remarqué ou non, et sur le coup il s'en foutait pas mal. Le miroir face à lui lui renvoyait l'image d'un garçon à l'air préoccupé et il savait pas s'il devait s'en foutre de ça aussi ou bien le détester de toutes ses forces et faire quelque chose pour le changer.
Mais au vu du SMS qu'il avait eu à lire dès son réveil, il supposait qu'il ne pouvait rien y faire. Il y avait réfléchit, pourtant. Il y réfléchissait et y réfléchirait encore, même. Mais il ne répondrait pas – du moins, pas tout de suite. Mieux valait d'abord apprécier le concert et faire le vide ; ouais, c'était ça, faire le vide, rien qu'un moment, juste comme l'avait conseillé Vanitas.
« Départ imminent, lui lança justement son aîné pour l'accueillir dans le couloir lorsqu'il quitta la salle de bain, maquillé, verres de contact difficilement apposés, et aussitôt il reçut une tape amicale à l'épaule. Allez, mec, courage. »
Le blond ne répondit pas – mais c'était pas grave, dans le fond. Vanitas esquissa un bref sourire et prit doucement son poignet ; une, deux, trois secondes, peut-être que ça l'encouragerait, peut-être pas, il ne perdait rien à essayer, de toute manière. Et puis, au fond de lui, il avait l'intime conviction que ça irait bientôt mieux ; après tout, le concert approchait, et il était bien décidé à ne pas laisser un imbécile, quel qu'il soit et quoiqu'il ait dit ou fait, ruiner la magnifique journée que son meilleur pote était censé passer avec lui – avec lui, ouais. Et pas avec son portable ou ce connard dont il avait d'ores et déjà zappé le prénom.
S'il vous plaît, ne soyez pas choqué(e)s. xD
Axel est un garçon, la fic est une fic yaoi, et j'aurais précisé si c'était un gender-bending. Maintenant... Ah ah ~ xD En attendant, j'espère que ça vous a quand même plu... =3
Allez, rassurez-vous, c'était l'avant-dernière révélation foireuse de l'histoire *bam* En tout cas, merci infiniment pour votre lecture. =3 Je vous z'aaiiiime et je suis ultra heureuse que cette fanfic soit autant appréciée, commentée, et tout simplement lue. x3
A la semaine prochaine ! =)
