Bonjour à tous !
... Bouuh. T.T Je suis super en retard, une fois de plus... Vraiment désolée... J'espère que vous ne m'en voulez pas. é.è J'ai eu beaucoup de travail cette semaine. =(
Bref. En deux mots, les changements dorénavant : maintenant, cette fanfic a DEUX bêta-lectrices ! =D J'ai nommé, Elerina et Cloudy-L. Acclamez-les bien forts, elles sont ultra courageuses xP Elles me sauvent, vraiment, pour chaque chapitre. Cependant, qui dit double bêta-lecture dit aussi, temps de correction légèrement plus long... C'est pourquoi, comme ça arrange mieux tout le monde, je tâcherai de poster de préférence le vendredi soir, ou le samedi dans l'après-midi. Je verrai bien ^^
Niveau scénario pour cette fois, je dirais, pas de grande nouveauté... Le changement est plutôt d'ordre narratif, j'ai pu rajouter un truc que je voulais introduire depuis longtemps. ^^ Ah, et puis, le concert, enfin. o/ J'espère que vous ne serez pas trop déçu...
Sur ce, bonne lecture à tous ! =) Vos commentaires me touchent énormément, merci. x3
Chapitre 23 : Il paraît que les crush atteignent le cœur
Crush.
Un long sifflement au loin retentit, avec force avec gloire, comme s'il voulait rappeler le passé, les vieux trains vert kaki, rouge vieilli, colorés à l'ancienne fonçant dans la nuit sur les rails tous les quarts d'heure – rapides, peut-être, pour l'époque, fiers et beaux, antiques aux yeux de certains, enveloppés toujours de vapeur chaude, brûlante, bouillante.
Crush.
Et puis soudain, ce fut le déluge – véritable, sur le coup, comme celui qui autrefois dura quarante jours et quarante nuits, comme celui qui de ses grosses vagues emporta des milliers, des milliards de gens. La pluie, le vent, l'eau fraîche sur le visage, les bourrasques soulevaient les habits et bordel, aujourd'hui c'était pas un temps bon à sortir ; en un crissement de freins, aigu, bruyant à faire signer les oreilles, le train s'arrêta sur la voie et Roxas essaya, vite fait, de s'en protéger d'un bras mal assuré, trop mince sûrement pour défendre quoi que ce soit.
Crush.
Dynamisme. Force. Passion, quelque part – il y avait quelque chose dans ces mots, dans ce qu'ils évoquaient, quelque chose oui, quelque chose qui plaisait à Roxas et qui lui donna bientôt la force de se redresser, d'ouvrir les yeux, de regarder le train s'arrêter au bout du quai ; c'était le bon mais putain, ce que ça pouvait lui faire du bien, simplement d'observer, de mater ce géant de métal à l'arrêt, ouvrant ses entrailles à la population du monde.
La gare de la ville, c'était pas une grande gare, pourtant ; fallait oublier le cliché de la grande porte ouverte à tous, des arches de pierre grandes et gracieuses à l'entrée, de l'espace presque infini presque toujours plein. Ici, on entrait en descendant tout d'abord. S'extirper non sans difficulté du bus bondé en fin de matinée, juste quand tout le monde rentrait du boulot, tirer – traîner ? – sa lourde valise jusqu'au passage piéton, attendre six cent ans que ce putain de feu passe au vert, traverser, s'engouffrer dans ce qui devait être le coin le plus sombre de la ville ; et même avec ça, c'était pas fini. Attention aux affaires, bien garder les trucs précieux planqués sous la veste ou dans les poches, loin des regards – puis arriver, de l'autre côté, et entrer par une large porte perdue entre les panneaux « Attention, travaux », faire encore gaffe, même plus qu'avant, parce que dès qu'on était entré dans le bâtiment aux larges vitres les risques de vol étaient encore plus grands.
Crush.
Roxas soupira ; ça le faisait chier, à vrai dire. Tout ce monde. Toutes ces femmes, les jeunes en talons hauts et vêtements serrés, les plus âgées accrochées à leur sac à main ou aux cabas du supermarché pas loin ; tous ces hommes, les gamins dans tous les sens, à chialer dans les pattes de papa ou de maman, les rares types en costard trop occupés à mater leur montre et leur valise pour remarquer autre chose.
Sa petite gare devait bien rassembler à elle seule des représentants de quatorze ou quinze nationalités différentes mais au fond, il s'en foutait pas mal. Que les gens voyagent, c'était pas son problème – pour le moment, il profitait des fines gouttes de pluie violemment projetées sur son visage.
Crush.
Ça s'y écrasait comme des poignards.
De petites lames fines inévitables inexorables arrivant fonçant traversant le vent - jusqu'à lui. Jusqu'à ses joues, son front, sa gorge, ses bras, ses vêtements noirs comme jamais, au niveau de son torse, de sa poitrine, de son cœur. Des millions de milliers de milliards de tous petits couteaux plantés en plein dans son cœur - il secoua la tête.
Certains jours, la pluie faisait crush fort, dehors et dedans, contre lui et dans son esprit, et aujourd'hui semblait bien en faire partie. Il soupira et promena autour de lui un regard plus sensé – moins paumé qu'auparavant, du moins.
Lentement, il ferma les yeux, resserra les doigts sur la poignée de sa valise.
Au moins ça à quoi il pouvait se raccrocher. Au moins ça qui avait du sens. Au moins ça qu'il comprenait encore. Sa valise, ses doigts sur le manche et le train, son train, qui s'arrêterait bientôt, devant lui, ses freins hurlant sous la pluie rassurante et dangereuse à la fois ; allez, il pouvait le faire, ça, il le savait, quand même. Un, deux, trois, il inspira profondément ; là, maintenant, tout de suite, il attendait. Il attendait Vanitas – que Vanitas revienne, ouais. Ce même Vanitas qui était parti quelques secondes, quelques minutes auparavant, lui lançant un truc que le blond n'avait pas tout à fait compris ; ce même Vanitas dont il se mit bientôt à chercher les yeux dorés, perçant peut-être la foule bruyante pour le retrouver du regard.
Soudain, il se prit une tape dans l'épaule et il sursauta, tout de suite prêt à rendre la taloche au connard qui avait osé le toucher – mais dès qu'il se retourna, il réalisa que c'était juste, une fois de plus, son imbécile de meilleur pote, et il se rasséréna vite.
« J'ai composté les billets, balança Vani, un léger sourire un peu fier sur le visage, avant de lui tendre un des deux tickets. Pendant que j'y suis, le train passe que dans un quart d'heure, alors... Tu veux un magazine ou un truc à bouffer pour le voyage ? »
Il souriait presque – enfin, il avait l'air content, quoi. Un peu. En surface. Sur ce quelque chose d'indescriptible qu'il ne fallut pas deux secondes à Roxas pour remarquer ; mais il se retint de poser la moindre question et se contenta de réfléchir, rapidement, à une réponse potable à cette question. Il n'était pas sûr d'avoir bien compris, à vrai dire ; dans sa tête affluaient dix milles pensées diverses, qui se heurtaient, s'entrechoquaient, sans douceur, toujours avec force, et détruisaient tout sur leur passage, foutaient le bordel d'un point à un autre de son malheureux cerveau. Y'avait des trucs de la veille, ceux auxquels il essayait désespérément de ne pas réfléchir, et ceux d'aujourd'hui, la perspective de ce concert qu'il avait attendu depuis si longtemps ; mais plus il essayait d'effacer les premières pour se focaliser sur les deuxièmes, plus ça foirait et sans cesse, inlassablement, ce connard d'Axel revenait dans sa tête.
Mais bordel, il ne voulait pas parler d'Axel, encore moins y penser, ni même y songer, ne pas avoir son nom au bout des lèvres ou sur la langue – alors, il se dépêcha d'accepter la proposition de Vanitas, et tant pis si c'était pas ce qu'il voulait vraiment. Il avait trop pensé, trop réfléchi durant les quelques dizaines de minutes de trajet qu'il leur avait fallut pour arriver ici ; et maintenant voilà qu'il en était au point où les mots n'avaient plus de sens, où tout le faisait chier, où il ne voulait finalement que s'asseoir et dormir, peut-être.
Il soupira une énième fois, fâché contre lui-même pour s'égarer à ce point dans son propre esprit, et se dépêcha de suivre son pote, cette fois-ci, bien décidé à ne plus rester seul et paumé, à se laisser envoûter par l'arrivée des trains.
« T'as l'air complètement paumé, mec, se moqua gentiment Vani sitôt qu'ils eurent atteint le kiosque du bâtiment, à la fois gare et centre commercial, comme le voulait le putain de capitalisme de l'époque. T'as déjà pris le train ou même pas ? »
Roxas mit quelques secondes à répondre.
Il n'était pas venu souvent à la gare, à vrai dire. Il se souvenait, vite fait, avoir voyagé une ou deux fois avec ses parents, du temps où papa était encore là, avec Cloud sur les genoux duquel il aimait s'asseoir ; mais d'une, ils avaient plus souvent pris la bagnole que le train, et de deux, c'était du passé, toutes ces conneries. Il soupira et tâcha de ne pas lâcher du regard son meilleur pote qui, visiblement bien décidé, choisissait tout en parlant quelques sucreries, un ou deux magazines et un carnet de jeux, ou quelque chose comme ça, à acheter sur-le-champ, avant que le train n'arrive.
« Pas trop, finit-il par répondre, à voix basse, l'air un peu ailleurs. 'fin, t'inquiète hein, c'est pas comme si j'allais flipper pour ça... »
Acquiesçant sans le regarder, son ami passa en caisse, paya les quatre ou cinq articles qu'il avait choisis et se tourna vers lui, sa valise à nouveau en main ; il avait l'air légèrement inquiet, en fait, à coup sûr préoccupé, et l'espace d'un instant l'adolescent se demanda si, au fond, fallait pas qu'ils en parlent, tous les deux, mais une voix féminine retentit soudain dans les haut-parleurs du bâtiment.
A en juger par les informations données par l'employée des services ferroviaires, leur train arrivait. Maintenant, quai six. Pas le temps de discuter plus ; ils partirent en vitesse, traversèrent la gare sans s'arrêter et débarquèrent dans le véhicule à l'heure exacte où l'on annonçait son départ.
Concrètement, le voyage en train, c'était trois heures de route à ne rien foutre, sinon papoter, vite fait, se regarder dans le blanc des yeux, ou lire les magazines qu'avait choisi Vani avant de monter dans le train – mais au moins, ça avait le mérite d'être calme. Tandis que son meilleur pote s'était plongé dans le passionnant carnet de mots croisés ultra chiants qu'il s'était acheté, Roxas avait enfilé son casque audio et allumé son iPhone, lancé sa musique, avec force, à fond.
Le rêve – ou pas. Il le savait, pourtant. Il l'avait su avant même d'appuyer sa tête contre la fenêtre, de fermer les yeux, de s'oublier à la voix forte qui tonnait dans ses oreilles ; les moments de calme étaient les pires d'entre tous, parce qu'ils ravivaient les souvenirs mieux que tous les autres.
Il y avait dans la mémoire de son portable un message auquel il n'avait toujours pas répondu - mais franchement, il ne savait pas s'il avait envie d'y répondre. Il avait pas envie d'y penser, pas envie d'en parler, pas envie de revenir là-dessus ; mais il fallait. Il fallait, il faudrait du moins, un jour, bientôt, avant que cela soit trop tard – même s'il ne savait vraiment, vraiment, vraiment pas comment réagir à ce qu'il avait appris la veille au soir.
Et dire qu'il avait repris confiance. Qu'il avait décidé d'essayer de pardonner. D'oublier toutes ces conneries, de passer à autre chose, et peut-être même de revoir Ax-
Axelle.
Un prénom que son esprit ne parvenait toujours pas à imaginer, à épeler mentalement, à imprimer dans son cerveau. Peut-être à cause de son orthographe, de sa nature ; peut-être pour ce qu'il évoquait, ce à quoi il se raccrochait, ce qu'il se représentait, aussi – ou alors, peut-être, simplement à cause de la personne à qui, dans l'esprit de Roxas, forcément, il se rattachait.
Un grand roux aux cheveux longs, lisses et doux sur ses épaules fines ; emmitouflé dans un long manteau, peut-être, un jeans et un pull serré au niveau des hanches, si ça se trouvait, et puis ce parapluie, ce large parapluie rose flashy, moche au premier abord, mais tellement caractéristique du personnage quand on y réfléchissait un peu.
Telle était l'image que le blond avait de l'autre travelo, en fait ; l'image d'un type bizarrement fringué, accablé d'accessoires abominables, immobile au parc, un jour de pluie. Un jour de pluie battante, juste comme celle dont la voix sourde s'élevait contre la vitre fraîche de la fenêtre, en fait – de plus en plus fort. L'espace d'un instant, il ferma les yeux ; de l'autre côté du verre, dans une infinité de souffles, courts saccadés répétés à toute vitesse, ça disait « crush », de toutes ses forces, et à ce moment-là il décida qu'à jamais la pluie forte ferait « crush » dans son cœur.
Crush. Ce son qu'il prenait tant de plaisir à écouter. Crush. Ce putain de son de merde qu'il aimait entendre même si, inlassablement, il lui rappelait le jour de sa rencontre avec le plus gros imbécile de la Terre. Il s'éloigna, secoua la tête ; crush. Crush. Crush. La pluie, son cœur, sa tête, mais c'était dû à quoi, au juste ? Sans blague, c'était vraiment le bruit de l'eau contre le carreau ? Ou bien celui de son cœur dans sa poitrine ? Ou encore, celui de son cerveau, bouleversé de pensées juste bonnes à tourner dans tous les sens, sans jamais vouloir s'arrêter ?
« Hé, Roxas, couilles, ça prend deux L ou juste un seul ? »
Le blond sursauta et recentra immédiatement toute l'attention dont il disposait sur son meilleur ami – mais bordel, qu'est-ce qu'il racontait, encore, celui-là ?
Trois secondes et l'adolescent pigea que non, décidément, il aurait pas dû répondre, même d'un simple regard, à cette foutue demande de merde ; mais bordel, ce qu'il était con, Vanitas. Des mots croisés, qu'il faisait depuis une demi-heure, tu parles ; il jeta le cahier grand ouvert sur la table entre eux deux et se dépêcha de montrer à son pote la case qui lui posait problème, mais il ne fallut pas deux minutes à Roxas pour comprendre où il voulait en venir. Pas de mots savants ni complexes sur ses mots croisés, en fait, pas le seul mot correct non plus ; juste des injures, des expressions orales, pas mal de grossièretés, et cet imbécile qui, avec un sourire mesquin comme à son habitude, cherchait visiblement à placer un mot encore plus con que tous les précédents.
« Deux, répondit finalement le blond, qui ne put s'empêcher de pouffer de rire, et même que t'as la place, là.
– Merci, mec, fit Vani, et il inscrivit ledit mot sur sa feuille, dans les cases où y'avait justement la place. J'l'ai toujours dit, les mots croisés comme je les fais, c'est un truc excellent. »
Il n'avait pas vraiment balancé ça sur le ton de la plaisanterie, sûrement pour paraître sérieux et donc encore plus volontairement crétin ; mais il releva un regard complice en direction des yeux de son pote et ce dernier se marra encore une fois. Il était con, Vani, vraiment con quand il s'y mettait, surtout quand il le faisait exprès d'ailleurs, mais bordel, ce que ça pouvait faire du bien d'être avec lui, parfois.
Juste avec lui, ces putain de mots croisés de merde, les gags qu'il balançait à tout bout-de-champ, comme pour lui remonter le moral, et Roxas ne put réprimer un léger sourire. Il allait au concert, bordel – mais ça le frappait que maintenant, bizarrement. Il allait au concert. Au concert. Avec Vanitas. Pas d'Axel en vue, pas de problème pour tout l'aprèm, non ; il avait l'interdiction formelle de faire la gueule ou de paraître triste, ni même de l'être d'ailleurs, parce que putain, c'était censé être une bonne journée aujourd'hui – et en fin de compte, il se dit qu'il pouvait bien laisser les crush de la pluie et les messages de son portable tranquilles, pour une fois.
Il s'était tellement pris la tête avec toute cette merde, ces deux derniers jours, qu'au final il valait peut-être mieux qu'il s'en foute, après tout ; alors, il haussa encore un peu le volume de son iPhone, reporta son attention sur la déferlante de gouttes d'eau à l'extérieur, et décidé qu'il s'occuperait de tout cela après – peut-être.
Pour le moment, en tout cas, c'était pas dans sa poitrine que se plantaient avec rage les millions de milliers de milliards de petits poignards à l'extérieur ; et à vrai dire, ça lui allait mieux comme ça.
Putain.
Comme une putain de grosse masse de graisse à peine amovible, Roxas se laissa lourdement tomber sur le confortable matelas de son lit, séparé par peut-être un mètre d'espace de celui de son meilleur pote.
Putain.
Ses yeux scrutèrent le plafond, une deux trois quatre secondes, sans qu'il ne parvienne pourtant à les compter ; et puis la tête lui tournait un peu, ses paupières ne demandaient qu'à relâcher la pression, tous ses membres les uns après les autres en venaient à le supplier de les abandonner entre les couvertures douces et il n'arrivait plus à résister.
Putain.
La pluie avait fait crush dans sa gueule, sans son esprit et dans son cœur ; maintenant, il savait qu'un concert pouvait faire exactement le même effet, mais en pire. En plus fort. En plus intense. En plus agréable et plus fatiguant, moins pour le cœur et l'esprit que pour le corps, toutefois, du moins, il en avait l'impression ; mais c'était pas le plus important, à vrai dire, et il s'en foutait un peu de savoir quelle partie de lui était la plus crevée de toutes.
Ça avait été génial.
Ça avait été bruyant.
Ça avait été émouvant.
Ça avait été géant.
Fort, en émotions comme en musique, avec Vanitas à ses côtés et tous les autres connards qu'il avait réussi à gicler de sa tête, plus de mère plus de Kévin plus de rouquin plus même de Cloud ou de Zack ou de profs ou de camarades de classe ou rien – ça avait été parfait.
Il se sentait calme, maintenant ; dans le sens, c'était mieux qu'avant. Il était crevé mais calme, ouais. Il avait à peu près capté que Vani était sorti, il savait pas trop pourquoi, peut-être pour chercher un bon restaurant pour ce soir, peut-être pour simplement acheter un truc à grignoter devant la télé de la chambre, peut-être pour autre chose, il s'en fichait un peu, tant pis, il verrait bien quand son pote rentrerait.
Pour le moment, y'avait juste tellement plus important.
Avant ce jour-là, jamais il n'était allé de sa vie au moindre concert – si l'on excluait les fêtes de la musique où il s'était rendu une ou deux fois, mais clairement c'était pas pareil. Pour être franc, il avait pas la moindre idée de la qualité de cette représentation, en fait ; ça aurait pu être excellent, ça aurait pu être merdique, il aurait rien remarqué, et de toute façon il s'en fichait, c'étaient les ressentis du moment qui comptaient, les crush directs contre lui et dans son cœur, les notes dans ses oreilles et la musique qu'il devait bien aimer plus que tout au monde.
Oui, c'était ça ; il aimait la musique, au moins autant qu'il aimait la pluie, et l'entendre fort, dans l'espace qui lui était consacré, avec Vani et son sourire mi-mesquin, mi-rassurant, la main qu'il posait de temps en temps sur son épaule pour l'encourager, le calmer, le rasséréner, autre chose, et surtout, son portable dont il avait pu oublier jusqu'à l'existence, son portable aux vibrations duquel il n'avait même pas réagi, son portable qui-
Merde.
Son portable qui avait sonné dans sa poche pendant le concert, surtout. Son portable qu'il n'avait cependant pas attrapé. Son portable qu'il avait complètement ignoré, même ; et maintenant, résultat des courses, il ne savait toujours pas ce qu'il avait reçu. Appel ? SMS ? Autre chose ? Mais quoi d'autre ? Bordel, ça l'énervait déjà – il détestait plus que tout savoir qu'on avait cherché à le joindre et qu'il n'avait pas été disponible, qu'il n'avait pas pu répondre sur-le-champ, que l'autre s'inquiétait peut-être maintenant de savoir s'il répondrait ou non un jour.
Et puis merde, quoi, merde et re-merde ; son iPhone gisait sur la table de chevet, mode silencieux, et si par le plus grand des hasards Vanitas l'avait appelé durant le laps de temps où il s'était à moitié assoupi, il était dans la merde – ils étaient tous les deux dans la merde.
Alors, Roxas râla, injuria vite fait tous les trucs qui se mettaient en travers de son chemin – en l'occurrence, le lit, les draps, les coussins – et, après s'être tourné pour finir allongé à plat ventre, rampa jusqu'à la table de chevet où il eut vite fait de choper son téléphone. Aussitôt, il le déverrouilla, trop pressé de savoir enfin s'il avait ou non des pots cassés à réparer du coté des appels urgents auxquels il n'aurait pas répondu ; effectivement, Vani avait essayé de le joindre. Il le traita ouvertement de connard mais n'en fit pas plus – surtout qu'en fait, il avait encore des messages, après ça.
Pas un message, non. Et même, pas deux non plus – trois messages, bordel. Trois putain de messages. Sûrement un de Vani dans le lot ; mais putain, les deux autres, c'était de qui ?
Il se posa la question mais la seconde d'après, il fut certain qu'il aurait mieux fait de ne même pas y penser.
Le message de son meilleur pote disait qu'ils boufferaient quelque chose comme des plats à réchauffer au micro-ondes ce soir-là ; cool, l'adolescent n'en avait à peu près rien à battre. Le second, en revanche, venait de Cloud, à qui Roxas ne savait plus qu'il avait ou non parlé de cette histoire de concert – mais au fond, c'était pas sacrément important. Son frère lui proposait seulement de passer chez lui le lendemain, et il serait rentré d'ici là ; pas de quoi en faire tout un foin, il se hâta d'accepter son invitation, et il se recentra sur son iPhone – mais sitôt que ses yeux revinrent à l'écran tactile, il sentit comme un truc indescriptible s'emparer de son cœur, s'y accrocher, le serrer de toutes ses forces, et il toussa.
Le troisième message.
Il aurait dû s'y attendre. Il aurait dû s'y préparer. Il aurait dû au moins y penser, y songer, s'en douter, quoi, merde à la fin !
Mais maintenant qu'il avait son téléphone dans les mains, et ce message encore fermé affiché à l'écran, l'évidence le frappait juste comme une baffe en pleine gueule et il ne savait même plus s'il devait s'en étonner ou non. Encore un message, quoi. Encore un message d'Axel. Ou d'Axelle. Et ce putain de surnom qu'il lui avait collé quand il l'avait enregistré dans ses contacts le faisait même plus rire ; il avait juste envie de l'effacer vite fait de son téléphone, de ses messages, de sa vie, de son univers, en fait.
Mais il savait très bien qu'il n'en aurait jamais le courage ; et ce qui le faisait vraiment chier, c'était ça.
Ça aurait été si simple, pourtant. Un, deux, trois clics, et plus de travelo à la con, plus jamais. Plus de ses textos, plus de ses mots, de ses paroles, plus de sa gentillesse ni de son absence au parc, plus même de son existence nulle part dans le monde du blond – juste son souvenir qui resterait dans sa mémoire, et qu'il apprendrait à oublier avec le temps.
S'il y arrivait. S'il réussissait à l'oublier. Mais il n'y arriverait pas, il ne réussirait pas – il le savait. Et même si c'était con, même si ça ne servait à rien, même s'il ne comprenait pas pourquoi, il ne pouvait même pas essayer ; parce que s'il le faisait, il s'en voudrait, c'était sûr et certain.
Alors, il prit son courage à deux mains et ouvrit le message – en moins d'une seconde, il s'afficha.
« Heu, salut... Je pense que t'as regardé l'annuaire... Mais je te promets, c'est pas ce que tu crois. On peut se voir pour en parler, s'il te plaît ? »
Roxas resta interdit.
Quelques secondes, quelques minutes, quelques heures – il lut le message, le relut, et soudain se leva, ne sachant s'il devait répondre ou pas. Oui ? Non ? Peut-être ? Et lui dire d'aller se faire foutre, lui dire que c'était pas le moment, mais de toute façon il était bloqué ici, impossible de le voir avant dimanche soir ou lundi, et-
Il inspira profondément et prit appui contre le mur de la chambre. Bordel.
Non, non et re non. Cette fois-ci, il ne se laisserait pas déstabiliser par un message. Cette fois-ci, il ne prêterait même pas attention au message de cet imbécile. Il allait répondre, décliner l'invitation, et il verrait bien si l'autre crétin insistait, auquel cas il continuerait de le repousser, ou si enfin il comprenait à quel point il pouvait l'emmerder, parfois. Parce qu'au fond, fallait qu'il comprenne tout seul, Axel. Ou Axelle. Il ou elle – bordel, Roxas ne savait même plus où il en était avec tout ça.
Il avait affaire à quoi, finalement, hein ? Un homme ? Une femme ? Un simple travelo ? Un transsexuel ? Un foutu trans de merde doublé d'un travelo ? Ou juste un putain de psychopathe dont il valait mieux s'éloigner – le plus loin possible, le plus vite possible ?
Il savait pas. Il savait pas. Et putain, il était pas sûr de vouloir savoir, en fin de compte.
Il soupira, et ramena en arrière la marée de ses cheveux blonds, encore légèrement humides. Ses doigts entre ses mèches, contre son crâne, autour de son oreille, contre sa nuque, rapidement, dans un geste naturel ; mais l'autre main tremblait un peu contre son iPhone et son index, doucement, glissa sur la première lettre de la phrase qu'il s'apprêtait à taper.
Désolée, les révélations du côté d'Axel (et de son prénom pour le moins... étrange...) n'arriveront que la semaine prochaine, ou dans deux semaines suivant comment je m'organise =X J'espère que vous ne m'en voulez pas trop.
En tout cas, je suis contente d'avoir pu introduire le titre de la fic dans la narration. Il reviendra par la suite. ^^ Merci pour votre lecture !
