Bonjour/Bonsoir.

Un jour, je publierai tôt dans l'après-midi. Un jour. Mais je sais pas quand, et en tout cas c'est pas aujourd'hui. T_T Le fait est que je sais pas si c'est une bonne nouvelle, mais je suis encore vivante, je crois... Donc, pour ceux qui n'auraient pas vu la review qu'Elerina a laissée pour prévenir un peu (merci T-T), voici en deux mots mon épopée de ces derniers jours : j'ai eu une semaine ultra chargée, jeudi je suis tombée malade (le suis toujours xD), et samedi mon pc a lâché, emportant avec lui presque tout ce que j'avais écrit... xD

Enfin bref, on s'en fout. Tout ça pour dire que j'ai été super en retard et que j'espère que vous m'en voulez pas T.T Histoire de me faire pardonner, ce chapitre est un peu plus long *sort*

Sinon, les reviews anonymes...

daysofdestiny : Désolée, je jure que je fais de mon mieux pour avancer vite et bien D8 *bam* Mais je suis très contente que tu aimes ! =3 Et encore plus contente que ma fic te fasse aimer Roxas, en fait... Après tout, pour moi, la fanfic ça sert aussi à exploiter différents aspects des personnages, alors pourquoi pas en faire découvrir certains aux lecteurs ? Et si celui-ci te plaît, moi, je suis comblée =^^= J'espère vraiment que la suite te plaira autant. Et merci beaucoup pour ton commentaire ! =3

Kagome Moon Factory : Roh t'en fais pas on a tous un côté Sora xP Merci beaucoup en tout cas ! ^^ Et du coup, désolée d'avoir mis autant de temps à enfin boucler la suite. Dx J'espère que ça continuera à te plaire en tout cas =) Merci beaucoup pour ta review. x3

Quant à ce chapitre... Blabla, avancée niveau action, kebab, et je vous promets qu'on saura tout ou presque sur Axel la prochaine fois. Et aussi, les poulets décapités, ils sont à Kalgalen (enfin, l'expression, quoi). xD
Encore tous les mercis de la Terre à Elerina et à Cloudy-L. Les filles, vous voulez pas un autel, un de ces quatre ? XD


Chapitre 24 : Il paraît que les discussions permettent la réflexion

Il terminait la rédaction du deuxième mot lorsque Vanitas débarqua dans la chambre ; mais le sourire narquois, un peu fier qu'il arborait s'évanouit sitôt qu'il le vit penché sur son portable.

« T'as fini, avec ton truc ? Demanda-t-il, le ton un peu agacé. Et puis d'ailleurs, t'écris à qui, encore ? »

Le jeune homme soupira, entra, referma la porte derrière lui, verrouilla, lança les sacs en plastique du supermarché sur son lit ; et pendant ce temps Roxas resté immobile ne put qu'inlassablement le regarder faire, encore et encore. Il ne savait pas quoi répondre – ni à Vani, ni à Axel, et ça devenait lourd à porter.

« A... A un type, finit-il par articuler difficilement, et il se remit à taper son texto, cherchant une manière plus ou moins naturelle et si possible pas trop gentille de dire qu'il avait zéro disponibilité avant lundi.
– Roxas, c'est avec moi que t'es venu ici. »

Son pote avait balancé ça sans s'agacer vraiment, en fait ; mais quelque chose dans sa voix la rendait encore plus douloureuse au blond et il se tut, une fois de plus. Son SMS était quasiment terminé, de toute façon – il répondrait après, ou ne répondrait pas, mais de toute manière les reproches de Vani l'emmerdaient, là maintenant tout de suite, et valait donc mieux qu'il ne s'en occupe pas. Lettre après lettre, il tapa le message, ne le relut pas, l'envoya aussitôt mais ne réfléchit pas ; et avant même qu'il n'ait eu le temps de réaliser ce qu'il venait de faire, son portable n'était plus là – l'air suspicieux, Vanitas en observait l'écran.

« Axel Travelo ? Lut-il à voix haute. Heu... Je t'en veux pas si tu veux pas m'expliquer, hein, mais... »

Il fit une pause, regarda à nouveau le portable, et Roxas pria le ciel auquel il ne croyait pas pour qu'il l'assassine dans l'instant ; mais y'avait qu'un seul mot dans sa tête. Bordel. Bordel, bordel, Vanitas, lâche ce téléphone.

« Pour info, ton meilleur pote, c'est moi, rajouta finalement son ami. Alors...
– Putain, Vani, rends-moi ça, parvint à ordonner l'adolescent, le coupant au passage. S'te plaît... Tu fais chier, merde, c'est mon portable ! »

Il tenta de le récupérer, d'un geste brusque censé prendre son camarade par surprise ; mais Vani était le plus fort, Vani avait toujours été le plus fort, et il le calma d'une large paume placée sur son épaule. Puis, il éteignit l'écran de l'iPhone, et le plaça directement dans la main du blond, qui l'interrogea du regard, étonné.

Putain, il y comprenait plus rien. D'abord, Vanitas rentrait, le foudroyait du regard, souriait à nouveau un peu, prenait l'air tantôt mélancolique tantôt sérieux, et maintenant après avoir pris son portable il le lui rendait, gentiment, simplement, parce qu'il venait de le lui demander ? Ça avait pas de sens et merde, le garçon n'arrivait pas à lui en donner.

« Un conseil, souffla alors l'aîné des deux potes, éteins-le. J'le dirai pas vingt fois : tu es mon meilleur ami, je suis venu ici avec toi et j'aimerais bien que tu fasses autre chose que de converser avec un enfoiré de travelo. Tu te fais du mal à lui écrire, t'sais. »

Roxas ne répondit pas – de toute façon, il aurait pas su quoi dire. C'était vrai, après tout, qu'est-ce qu'il pouvait bien faire face à un truc pareil ? S'énerver ? Accepter ? Péter un câble ? Hurler, crier, jurer, insulter ? Frapper ? Ou juste se taire ? D'un côté il avait pas envie d'obéir à un conseil aussi débile, pas envie de se soumettre à cet enfoiré de Vanitas, pas envie simplement d'avoir à écouter quelqu'un d'autre que lui-même, surtout dans un moment pareil où il pigeait pas encore vraiment ce qu'il venait d'envoyer à Axel ; et d'un autre, fallait quand même avouer que bordel, c'était vrai à la fin, il se faisait du mal, au cœur et à l'esprit, à l'esprit comme au cœur, à chaque SMS qu'il envoyait ou recevait. Sur ce point, il avait pas tort, Vani – dans le genre, vraiment pas, au point que c'était un peu chiant, quand même.

Alors, le blond pesta, et décida de couper la poire en deux ; avec un peu de chance, il se ferait moins chier, comme ça. Il laisserait son téléphone allumé, histoire de pas suivre bêtement le conseil de son pote, mais il le garderait pas avec lui, l'abandonnerait sur la table de chevet, et ça irait très bien comme ça – après, il l'entendrait vibrer, ou il l'entendrait pas, il verrait bien.

Restait à espérer que sa putain de curiosité ne l'emmerde pas pour qu'il aille vérifier toutes les dix minutes s'il avait pas reçu une réponse – mais si c'était le cas, il aviserait plus tard.
Pour le moment, il préférait s'en tenir à ce qu'il avait prévu de faire ; alors, il balança son iPhone sur la table de chevet, et rejoignit Vanitas, déjà installé devant la télé, et qui l'accueillit simplement d'un petit sourire victorieux – et bordel, quel putain de rictus satisfait.


Assis sur son lit, Axel ne put réprimer un sourire – enfin, pas si léger que ça, plutôt immense même, tant il était content, sur le coup. Il y croyait juste pas, en fait ; il arrivait pas, non, il pouvait simplement pas y croire. Ça lui avait semblé perdu d'avance, en même temps, et il avait rien espéré, mais pourtant c'était là, entre ses doigts, sur l'écran de son portable, affiché tout comme il faut grâce à la magie de l'électronique – un message de Roxas, noir sur blanc, et des mots qui le remplissaient d'une joie absolument pas possible.

« Je suis pas dispo avant lundi, on verra après. »

Sobre, comme d'habitude, avait songé le rouquin au premier abord ; et puis, direct après, il avait remarqué la suite, il était passé à l'étape suivante, et maintenant il croyait bien avoir saisi le sens plus profond du message – dans le sens, celui que Roxas lui-même n'avait pas dû comprendre, d'ailleurs. Ça tenait en quelques phrases, pourtant ; à savoir que « pas avant lundi » ne voulait pas dire « non », tout simplement. Certes, ce n'était pas oui – mais Axel n'avait pas pour habitude de réfléchir dans cette optique-là et, par conséquent, depuis qu'il avait le message sous les yeux, il ne pouvait s'empêcher que, décidément, « avant lundi », c'était pas « non ».

Et si c'était pas « non », c'était qu'il y avait peut-être un espoir – parce que c'était peut-être « oui », et ça le rassurait, au fond. Parce que ça voulait dire que, quelque part, Roxas n'était peut-être pas si opposé que ça à l'idée de le revoir et de lui parler encore.

Heureux, Axel sourit et ramena la marée de ses cheveux rouges dans son dos, loin de ses deux épaules ; pour l'occasion, il avait bien envie de les attacher, tiens. En chignon, peut-être, demi chignon ou queue de cheval ? Abandonnant son portable entre les draps de son lit, il se leva, attrapa un élastique sur sa commode et décida qu'il choisirait sa coupe de cheveux un poil plus tard ; pour le moment, fallait qu'il se remette à travailler – et surtout, qu'il se promette d'être au parc lundi soir.

Ah, comme il avait hâte.


Lorsqu'il laissa tomber sa putain de valise beaucoup trop lourde pour lui sur le sol de la gare, Roxas réalisa que ce week-end avait été bien trop court à son goût, et il soupira. Bordel.

Les yeux fermés, il inspira un grand coup et sentit Vani passer rapidement à côté de lui, le chopant par le bras au passage, histoire de lui faire comprendre qu'il fallait pas rester en plein milieu du chemin ; mais le blond, paumé dans ses pensées, s'en fichait un peu, à vrai dire. Mentalement, il retraçait avec peine les évènements des derniers jours, des dernières heures, et aussi des prochaines minutes pendant qu'il y était ; mais s'il savait qu'hier il avait été au concert, reçu un putain de SMS du travelo de service et finit la soirée à bouffer des nouilles instantanées avec son meilleur pote devant un DVD, et s'il savait que là il allait doucement sortir de la gare pour arriver dans le parking où il pleuvait sûrement des trombes, bah, il savait juste pas ce qu'il allait faire après.

Rentrer chez Vani ? Aller chez lui ? Mais bordel, pourquoi faire, aussi ? Il était con de se poser des questions pareilles – et puis, en même temps, y'avait comme un truc qui le dérangeait, comme un truc qui faisait qu'à chaque fois qu'il pensait à chez lui, à sa mère, les mots, les mots horribles de son enfoiré de copain tournaient et retournaient dans sa tête, en boucle à l'infini.

Et puis, soudain, il se sentit comme tiré vers l'avant ; la forte paume de son pote, les doigts serrés contre sa peau, le força à faire quelques pas encore, histoire qu'ils se barrent pour de bon de la foule de gens qui voyageaient dans tous les sens, courant un peu partout comme des poulets à peine décapités.

« Bonne nouvelle, annonça alors Vanitas, debout juste à côté de lui, un léger sourire aux lèvres. J'viens de recevoir un SMS, et devine qui vient nous chercher ? »

Il avait posé la question mais en réalité, il laissa au blond ni le temps de répondre ni même celui de réfléchir ; une, deux, trois secondes et demie, et il l'avait à nouveau empoigné pour le tirer encore plus loin, on ne savait trop où dans le gros bordel ambiant qu'était décidément cette foutue gare, et il-ne-saurait-jamais-trop-comment Roxas se retrouva debout, planté droit comme un I majuscule, Vani à son bras, face à Zack.

Zack.
Le frère de Vanitas. Celui qui avait été en prison mais qui maintenant ne l'était plus, c'était vrai ; celui dont le père avait dû magouiller dix mille affaires douteuses pour le faire sortir et l'acquitter de toute peine, aussi, celui qui souriait en ce moment et que, quand il y réfléchissait, l'adolescent n'avait pas l'impression d'avoir vraiment vu un jour triste. Sauf que là, il souriait du même sourire un poil moqueur, entendu sur les bords, que Vani avait parfois et force était d'avouer que ce sourire-là, Roxas le portait pas particulièrement dans son cœur, parce qu'il annonçait généralement rien de très bon.

« Salut, lança le cadet des deux frères, lâchant le blond – et putain, heureusement, quoi – pour saluer son aîné. T'as déjà récupéré ton permis, toi ?
– Heu, ouais, en théorie ! S'écria presque l'autre, un peu gêné, et l'adolescent du groupe se marra en silence. Mais sinon, vous allez bien, vous deux ? Toujours ensemble ? »

Heu.
Arrêt sur image, retour en arrière, stop, play et on la refait. Il avait dit quoi, là, exactement ? « toujours ensemble » ? « toujours ensemble » ? Il ne fallut pas dix secondes à ces deux mots pour arriver au cerveau de Roxas et sitôt qu'ils percutèrent le premier neurone accessible, le blond foudroya Zack du regard – bordel, il avait intérêt à ne pas vouloir dire ce qu'on pouvait croire qu'il voulait dire, celui-là.
Heureusement pour sa santé physique, Zack sembla piger qu'il avait fait une bourde, parce qu'il regarda vite fait son frère avant de passer une main nerveuse dans ses cheveux foncés.

« 'fin, je voulais dire, dans le même appart', quoi, tenta-t-il de se rattraper, avant de changer de sujet. Et ce concert, c'était sympa ?
– Ça va, répondit vite fait Vani, mais tu sais, tant qu'à Roxas ça lui a plu, moi... »

Pas besoin qu'il termine sa phrase pour qu'on comprenne comment ça finissait exactement – tant qu'à Roxas ça lui a plu, moi, je m'en fiche. Genre. Genre, il était venu au concert juste pour que Roxas puisse y aller. Genre, il avait tout organisé juste pour faire plaisir à Roxas. Genre, il s'était amusé toute la soirée juste pour que Roxas le fasse aussi. Genre, quoi.

Et le pire c'était que plus le blond y réfléchissait, plus ça lui paraissait plausible ; après tout, Avril Lavigne, c'était sa chanteuse préférée à lui, pas à Vanitas. Et les billets, c'était à lui que Vanitas en avait parlé en premier, pas à Zack ou à Cloud ou à une autre connaissance. Et puis, il avait tout organisé pour que tout soit parfait, réservé l'hôtel malgré l'accident, choisit les billets de train, sans lui demander de participation particulière à l'organisation... Alors certes, il avait pu y tenir à mort, mais s'il y avait autant tenu, pourquoi il l'avait pas fait seul, ce voyage ? En plus, à chaque seconde de réflexion, l'adolescent ne pouvait s'empêcher de se dire que Vani avait dû lui demander une somme d'argent bien inférieure à celle qu'il lui aurait fallu pour rembourser le billet de train, la nuit à l'hôtel, la bouffe achetée sur place et le retour – et putain, merde à la fin, il y comprenait vraiment plus rien.

D'abord Zack qui les accueillait direct en leur demandant, plein d'assurance, s'ils étaient « toujours ensemble », et maintenant il réalisait le comportement de plus en plus zarb de son meilleur pote ; c'était bien sa veine, ça. Ça le stressait. Ça le stressait trop. Et soudain, il ressentit le besoin cruel de parler de tout ça à quelqu'un.

« Heu, en fait, je voulais aller voir Cloud, balança-t-il alors, sans même savoir où en était la conversation. J'vais l'appeler, d'ailleurs. »

Il n'attendit pas de réponse ; de toute façon, Zack se contenta de hocher la tête, et Vani ne fut pas vraiment plus expressif. Alors, Roxas s'empara de son iPhone, toujours fidèlement installé dans la poche de son jeans, et composa aussitôt le numéro du portable de son grand frère - et pitié, pitié, fasse le Seigneur inexistant en cette terre infidèle que ce pauvre con d'imbécile de Cloud réponde, et vite si possible.

Une tonalité, une autre, un déclic – bientôt, la voix de son aîné résonna dans le combiné et tout de suite, le blond se sentit plus en sécurité. C'était con, à vrai dire, c'était même très con, ce choix qu'il venait de faire ; mais maintenant que c'était décidé, qu'il allait parler à Cloud, ça allait juste mieux. Mieux. Comme s'il allait enfin pouvoir larguer toute la pression qui avait pesé sur lui ces derniers jours.

Ouais, c'était ça – relâcher la pression.
Alors, il allait lui parler de leur mère, de son débile de Kévin, de Vanitas, de Zack – et peut-être même d'Axel. Ou d'Axelle. Ou d'Axel et d'Axelle – s'il en trouvait le courage.


Ça devait bien faire dix ans que Roxas avait mangé un kebab pour la première fois, mais il se souvenait encore de ce moment précis – c'était dingue, quand on y pensait. Encore maintenant, il se rappelait super bien son propre regard, ses propres yeux grands et ronds fixés sur ce qui ressemblait à une double crêpe en moins mou et moins fin, pleine d'une viande bizarre à laquelle il n'avait jusque là jamais encore goûté ; et puis son père, à côté de lui, ses grandes paumes qui se plaçaient sur les siennes pour l'aider à manger à peu près correctement, tandis que Cloud et maman rigolaient en face – il secoua la tête.

C'était con, en fait, qu'un simple putain de kebab lui rappelle tout ça, mais pour le coup il en aurait bien eu les larmes aux yeux, si son grand frère n'avait pas été assis en face de lui, l'attention partagée entre sa nourriture et son cadet.

« C'est sympa d'avoir invité, dit alors ce dernier, le regard un peu dans le vague, comme paumé à l'extérieur, où il faisait déjà bien sombre. Merci.
– Pas d'quoi, répondit simplement Cloud, aussi sec qu'à son habitude – pas franchement sympa, parce qu'ils étaient dans un lieu public, mais ça, l'adolescent s'y était habitué. Mais t'avais pas des choses à me dire, toi ? »

Il ne répondit pas tout de suite, trop absorbé tantôt par les étoiles du ciel à l'extérieur, tantôt par les doigts de Cloud valsant avec brio entre les morceaux de légume et de viande, évitant sans difficulté la sauce blanche – maintenant qu'il y réfléchissait, c'était vrai que ce mec-là n'avait jamais trop aimé les kebabs, mais quand même, dans l'art de les bouffer, il maîtrisait grave. Roxas, lui, finissait toujours par s'énerver parce que ce putain de pain de merde était pas foutu de rester à sa place, qu'il tombait toujours en morceaux et que lui, il se retrouvait avec de la sauce bizarre et collante plein les doigts ; mais dans le fond, vu le goût du truc, c'était peut-être pas si dérangeant que ça.

« Bah en fait, c'est Vani, finit-il quand même par lâcher. T'vas pas m'croire mais 'tain, il est trop bizarre ces derniers temps...
– Hm, fit son aîné, comme d'habitude super expressif. Je t'écoute ?
– J'saurais pas dire. Y'a un truc dans son comportement... Genre, hier, il m'a fait chier parce que j'envoyais des SMS à un type.
– Ah ? »

Cloud avait levé la tête de son kebab pour l'occasion et une seule pensée put alors parvenir au cerveau de son cadet – et merde. Mais quel con ; il en avait encore trop dit, pour pas changer. Il avait pas vraiment prévu de lui parler d'Axel, et au fond il voulait pas lui parler d'Axel, mais il venait de balancer qu'il lui avait bel et bien envoyé des messages la veille et – et bordel, quoi, merde à la fin. Il allait lui dire quoi, maintenant ? Tout lui expliquer ? Tout laisser de côté, fuir encore et ne même pas remplir ce putain de but qu'il s'était fixé ?

Mais au fait, c'était quoi d'ailleurs, ce putain de but ? Il avait décidé quoi ? Il avait réfléchi, au moins, avant de se lancer tête baissée dans cette conversation ? Mais quel con il faisait, une fois de plus, bordel !

Il avait réfléchi à rien – que dalle, juste que dalle. Que dalle. Deux mots et ça voulait tout dire ; que dalle. Les mots de la veille, ceux de Zack, ceux de Vani, ceux d'Axel dans les messages, tournaient et retournaient dans sa tête, sans qu'il puisse jamais les éjecter, comme s'il était obligé de s'en souvenir pour toujours ; et pourtant ouais, ouais, fallait qu'il l'avoue, il était troublé, ça le troublait tout ça, mais même si ça lui prenait juste la tête comme c'était pas possible, il pouvait décidément pas tout raconter à Cloud – pas ici, pas maintenant, pas comme ça.

« Ouais, en fait, 'fin, y'a plusieurs trucs comme ça, et... »

Il savait plus ce qu'il disait – mais bordel, bordel, bordel. Comment il allait se sortir des emmerdes, cette fois ? Qu'est-ce qu'il allait bien pouvoir dire, quels putain de mots il allait bien pouvoir trouver pour expliquer à son frère comment il se sentait, alors que lui même il pigeait rien, il pigeait plus, il – que dalle.

Que dalle – une fois de plus. Il savait pas quoi dire, pas quoi faire. Il voulait pas, il pouvait pas parler d'Axel ; parce que ça aurait voulu dire parler de leur possible rencontre, parler de l'annuaire aussi, et de toute ce qui faisait que Roxas ne voulait plus le voir, qu'il croyait ne plus vouloir le voir, qu'il se sentait paumé et qu'il avait pas la moindre idée de-

« Hé, c'est bon, interrompit soudain Cloud – mais il interrompait quoi, au juste ? Vani, c'est ton pote, t'sais. C'est dur à croire, mais je lui fais un peu confiance. S'il t'emmerde pour un truc, prends-le pas mal... J'pense qu'il avait peur que tu te fasses du mal à toi, tu piges ? »

A cette réplique, Roxas ne répondit pas – silence, encore une fois.
Mais qui avait raison, à la fin ?
Bordel.
Vani qui lui disait de pas se faire du mal, de pas continuer à contacter Axel pour que dalle, de même pas lui répondre s'il l'emmerdait, de s'en détacher, tout simplement. Sa putain de curiosité qui lui dictait l'envie irrépressible de savoir, de savoir enfin pourquoi, à quoi était due cette foutue histoire d'annuaire, si c'était grave ou pas, si ça nécessitait d'en parler ou pas, et ce même s'il devait se mettre à détester Axel encore plus qu'il le haïssait déjà – et puis cet il-ne-savait-pas-quoi, sa conscience peut-être, sa putain de conscience qui lui hurlait dans la tête qu'au fond, les paroles de Zack n'étaient peut-être pas si graves, qu'il s'était peut-être vraiment trompé de mots, et que Cloud avait raison, en fin de compte, que Vanitas n'agissait que dans son intérêt et que fallait prendre pas mal ses gestes trop maternels, son comportement de merde trop proche parfois de celui d'une mère que de celui d'un pote ; merde, quoi.

Il en pensait quoi, lui, de tout ça, au fond ?
Il savait pas.
Il avait voulu en parler à Cloud pour savoir, en fait – mais total, il était pas avancé d'un pouce, et maintenant, il savait pas quoi faire.

Alors, presque instantanément, une seule et unique réponse s'imposa dans son esprit – et à l'instant-même il comprit que la putain de franchise d'un certain travelo, le putain de courage d'un certain pote et surtout, le putain de désespoir de sa putain de situation avaient bien dû le contaminer, mais sur le coup ça paraissait plus si grave.

Il jeta un coup d'œil à son pauvre kebab pas terminé, abandonné dans l'assiette, et il prit sa tête entre ses mains, ferma ses yeux un bon coup – mais ça allait aller, ça allait aller, et ça devait aller.

Et puis, il ouvrit la bouche – et à cette seconde précise, il dit tout. Absolument tout, tout ce qu'il lui passait par la tête ; qu'il était pas gay, enfin, merde à la fin, peu importe ce qu'en pensait sa débile de mère, et que Vanitas l'énervait à agir comme une putain de maman avec lui, et que Zack avait pas à faire des remarques quant au fait qu'ils vivaient ensemble parce que merde, quoi, c'était juste une colocation, juste ça, quoi, et qu'Axel, cet enfoiré de travelo de merde, c'était n'importe quoi ses messages, qu'il était pas obligé de le voir de toute façon, et qu'il aurait rien à lui dire, et qu'il en avait marre, mais marre, mais marre de tout ça, même que-

Son frère soupira, tendit un bras – et puis, doucement, en un geste lent et précis, il posa sa paume plate sur son crâne blond, resserra les doigts et le força à relever la tête, relever les yeux dans sa direction.

« D'une, on s'en fout de ce que pensent la mère et son mec. De deux, t'en fous de Vani aussi, engueule-le s'il va trop loin, et s'il écoute pas moi j'lui dis. De trois, Zack s'est gouré de mots parce que c'est un débile profond. Et de quatre, ton travelo, oublie-le un peu, okay ? Tu verras bien s'il te recontacte, et s'il le fait, t'aviseras en temps et en heure. »

Un. Deux. Trois.
Silence – sous le coup de la surprise, Roxas s'était tu et n'avait pas bougé.

« J'ai pas de solution clé en main, en profita alors pour continuer Cloud, mais toi tu peux en trouver plein. Alors tu finis ton kebab, tu rentres chez Vanitas, tu prends une bonne nuit de sommeil, et tu reconnectes demain. »

Sur le coup, le plus jeune des deux blonds resta interdit.
Et puis, il voulut s'énerver – mais instantanément, il se demanda pourquoi, et comme il ne trouva pas la réponse, il se calma, décidant que c'était pas forcément une bonne idée. En fait, plus il réfléchissait aux mots de son aîné, plus il se disait qu'au fond, c'était ça, la réponse – dans le sens, la vraie réponse, celle qu'il lui fallait. Pas fuir. Pas tout gérer. Même pas essayer de faire l'un ou l'autre ; parce que de toute manière, il y arriverait pas.

Simplement relâcher – relâcher la pression. Penser à autre chose. Bouffer un kebab avec le meilleur grand frère du monde entier, rentrer chez le meilleur pote qu'il avait jamais eu dans toute sa vie, jouer avec lui à la PS3 jusqu'à deux heures du mat' sans se soucier d'avoir l'école le lendemain, et puis aller se coucher – juste ça.

Et le lendemain, il ferait comme prévu, comme planifié, comme ça coulait de source ; il se lèverait, il irait à l'école, il remettrait Vani en place s'il l'emmerdait, il ignorerait les remarques semblables à celles de sa mère ou aux conneries de Zack, et il verrait bien s'il recevait un SMS de l'autre imbécile ou pas.

Et après ?
Après, il aviserait.
C'était étrange ; d'un côté, c'était flippant, et d'un autre, plutôt excitant. Mais quoiqu'il en dise, quoiqu'il en pense, il se sentait sans aucun doute mieux, tellement mieux que durant tous les jours précédents ; et en vérité, il avait pas vraiment besoin de plus.

Alors, il reporta son attention son kebab et tâcha de faire un peu tenir ce bordel de légumes et de viande dans son pain en miettes – et rien que ça, ça le fit marrer, comme un con.

« Hé, Cloud ? Lança-t-il. Merci. Sérieux, merci. »


Voilà... Je suis trop crevée et malade pour faire un commentaire de fin digne de ce nom. xD

J'espère que ça vous a plu, que Zack n'est pas trop foireux et que vous ne m'en voulez pas pour le retard ;_; Merci d'avoir lu en tout cas ! x3