Héhé.

J'suis vivante. *sort* Par contre, j'ai plein de trucs à vous dire...

J'ai de la peine, ces derniers temps. Entre l'école, les fics, l'école et l'école (si si, je vous jure : j'ai 36h de cours par semaine, et je dois commencer à préparer mes examens de fin d'année D=), j'arrive pas à tout coordonner... J'en ai marre de faire jusqu'à minuit tous les soirs, ça me saoule de devoir sacrifier mes histoires comme ça mais j'ai déjà sabré tout ce que je pouvais niveau école et révisions. T_T Enfin bon, tout ça pour dire que je vais ralentir un peu le rythme de parution, en tout cas jusqu'à, disons, mi-avril...

J'espère réussir à reconstituer mon document de scénario (que j'ai perdu dans le crash de mon pc T.T), prendre une avance d'un ou deux chapitres et si possible boucler un OS sur Vocaloid, un autre sur Durarara!, éventuellement un sur Sekaiichi Hatsukoi. Ces fandoms me font trop envie depuis trop longtemps D: *bam*

Résultat, attendez-vous plutôt à retrouver le chapitre suivant non pas le week-end/lundi prochain, mais plutôt jeudi ou vendredi... J'aimerais bien partir sur un rythme d'une semaine et demie/deux semaines, ce serait plus vivable. =(

Sinon, je voudrais vous remercier tous pour les MPs (au passage, je les lis TOUJOURS, j'adore les lire *_*) que vous m'envoyez, et surtout m'excuser d'être si lente à répondre. T_T Même chose pour ceux dont je dois lire un texte, c'est pas que j'ai pas envie, c'est juste qu'une journée ne comporte que 24h =( Je pense que ce nouveau planning va me permettre de répondre un peu plus vite. xD T'en fais pas Keirha-chan, je t'oublie pas ! x3 J'ai grand plaisir à discuter avec toi alors j'vais répondre, pour sûr :D

Bref. Pour ce chapitre, c'est réflexion, je sais pas si c'est fichtrement intéressant... xD Mais la fin est assez "décisive", paraît-il. Quoiqu'il en soit, il est moins bien que le précédent. =X J'espère qu'il vous plaira quand même.

Bonne lecture ^^

PS : Cloudy-L, you saved mah liife x3 "Nan ça va pas nan..." *sort*

PPS : Et merci Elerina pour mes grosses fautes pas belles :D


Chapitre 27 : Il paraît que la conscience est un truc fragile

Il pleuvait des cordes à l'extérieur – mais pas des vraies. Pas des fausses non plus, note.

De longs filaments d'eau, pas très larges, fendaient le ciel comme des éclairs en plus petit ; mais plus petits ne signifiait pas moins dangereux et c'était bien là le problème. L'esprit humain avait tendance à croire une chose petite moins violente qu'une chose grande et se méfiait donc instinctivement moins des petits soucis, petits ennuis – et Roxas s'était fait avoir, lui aussi.

A ne pas craindre la pluie fine il avait laissé l'orage s'insinuer dans son coeur et sa tête. Et maintenant, c'était douloureux – ça faisait mal, plus dedans que dehors, et ça lui donnait envie de pleurer. Il ne savait plus quoi penser, plus que faire, et plus quoi dire, à qui parler, de quoi, comment, quand ; les mots, les paroles cruelles d'Axel tournaient et tournaient et tournaient dans l'ouragan de sa tête, celui qui emportait ses pensées aussi, et ses sentiments sa réflexion ses mots à lui – mais à la fin, ça voulait dire quoi, tout ça ? C'était vrai, c'était faux ? C'était faux, c'était vrai ? Ou bien encore quelque chose d'autre, quelque part entre les deux ?

Il ne savait pas. Encore une fois. Encore. Une. Fois. Il ne savait pas ne savait rien ne savait vraiment rien n'avait pas la moindre idée – aïe. Il avait beau essayer, désespérément, de ranger, de classer, de trier ses pensées, ses envies et ses peurs, il n'arrivait à rien ; à peine avait-il conscience que, s'il avait pu, ouais, s'il avait pu, il aurait embarqué dans une fusée pour partir le plus loin possible de la Terre, ou remonter le temps et recommencer, reprendre en connaissance de cause, et dire d'autres choses, en d'autres mots – pour ne plus regretter...

Et pourtant, et pourtant jusqu'alors, il s'était toujours senti l'artiste seul de sa vie ; comme un peintre il avait jeté les couleurs de ses sentiments sur le tableau du chemin qu'il traçait jour après jour, comme un musicien il avait frappé de ses émotions chaque touche blanche du grand piano, prêt à écrire lui-même la partition de son existence – mais soudain, c'était la fin. Plus de peinture dans les pots métalliques à ses pieds, plus assez de force à ses doigts pour bouger ou taper, plus de souplesse dans ses bras ni dans ses membres ; d'autres choses entraient, sortaient, bougeaient, et ne demandaient qu'à être prises en compte.

Et s'il était un peintre, alors son modèle avait pris la fuite, et s'il était un musicien, alors le chef d'orchestre s'en était allé, et il lui avait fallu ce départ pour réaliser qu'au fond non, non, non, il ne pouvait pas tout faire tout seul, exactement comme il le voulait.

Mais il n'était ni peintre ni musicien et le travesti dans sa tête n'avait rien d'un modèle ou d'un chef d'orchestre ; en réalité, dans la vraie vie, loin de ses songes et loin de ce qu'il aurait bien aimé être, il n'était qu'un garçon, un putain de stupide garçon qui trop fier pour se couvrir de l'averse s'était laissé surprendre par la tempête. Il aurait dû couper les ponts, enfin, il aurait dû le faire, bien avant, il le savait, merde - dire à Axel que ça n'allait plus, plus du tout, l'envoyer chier pour de bon, lui demander de ne jamais revenir, l'agonir d'injures, n'importe quoi, juste pour qu'il s'éloigne, pour de bon, à jamais, sans revenir, non !

C'était plus possible, maintenant.

Un long frisson naquit dans le bas de son dos, remonta sa colonne vertébrale en un éclair, mourut entre ses deux épaules – et c'était tout. Il avait froid. Et soif. Mais pas faim, juste la gorge sèche, un noeud quelque part au-dessus de l'estomac, dans le creux où il n'y avait pas d'os, un peu en dessous de son coeur ; et c'était plus possible, maintenant, de couper les ponts. Y'avait quelque chose de trop grand, de trop fort pour l'en empêcher – conscience ? Remords ? Regrets ? Ou encore autre chose ?

Il soupira – et pitié, faites qu'il ne pleure pas, pas maintenant, pas encore, pas pour un truc comme ça.

Vanitas était rentré avec lui et pour le moment, il faisait du chocolat chaud, du thé, du café, quelque chose dans le genre. La serviette blanche autour des épaules du blond recueillait quant à elle toute l'eau de ses cheveux blonds, et les quelques larmes qui coulaient encore de ses yeux ; mais son maquillage avait dû en pâtir et putain, fallait qu'il aille arranger ça, enfin... Avec un soupir, bien long et bien profond, il ramena en arrière tous ses cheveux, les putain de cheveux de son crâne, et puis il se leva, chancelant d'abord un peu, pour se diriger vers la salle de bain. A dire vrai, il avait pas envie de voir sa tronche – parce qu'il savait, au fond, qu'il ressemblait à rien, là. L'air dévasté, le noir autour de ses yeux coulé jusque sur ses joues, les yeux en question rougis au possible, et il avait enlevé son sweatshirt pour ne garder qu'un T-shirt qu'il ne put s'empêcher de regarder, vite fait.

Des têtes de mort, du noir, du rouge, et encore des têtes de mort.
Faiblement, il ouvrit l'armoire à pharmacie, et par chance il parvint à y trouver son démaquillant ; puis, il prit un morceau de coton, doux et blanc, et se résolut à le dégueulasser. Il réfléchissait plus vraiment à ce qu'il faisait, en fait – ses gestes s'enchaînaient, de manière tantôt naturelle, tantôt quasiment robotique, et c'était tout. Fallait qu'il fasse ça, alors il le faisait. Fallait qu'il enlève la peinture de sa gueule histoire de la remettre dans les pots, qu'il bouge ses doigts pour leur rendre un certain dynamisme, et il hésita même à enlever son t-shirt – parce qu'après tout, là, il en avait marre. Juste marre.

C'était la première fois que ça lui arrivait, quand il réfléchissait.
D'en avoir marre comme ça, il voulait dire. Marre de ses cheveux, marre de son maquillage, marre de ses yeux et de sa tête en général, et marre de ses vêtements, de son t-shirt, de ses têtes de mort – c'était la première fois, ouais. Il s'était toujours trouvé bien, comme ça. Toujours. Sans exception. Même sous les moqueries, sous les remarques, sous les mots cruels auxquels il répondait avec colère – toujours. Et puis, tout à coup, comme ça, Axel lui disait que ça allait pas, et réunissait soudain toute la méchanceté et la rancoeur et la haine qu'il avait dû accumuler contre lui et puis-

Roxas secoua la tête – violemment. Ne pas y penser, ne pas y réfléchir, ne pas y penser du tout, pour ne plus pleurer, plus jamais. Ses mains, ses doigts longs et pâles, sans les larges anneaux qu'il avait enlevés, parcoururent en hésitant la pile de vêtements, dans l'armoire de Vanitas ; mais putain, putain, il foutait quoi, à la fin ? Il déconnait, bordel, il déconnait, ou bien quoi ? Il était debout, les cheveux trempés, l'eau en petites gouttes tombait jusque sur le sol et voilà qu'il retirait son t-shirt, comme un con, pour l'échanger simplement contre un truc différent, pas forcément plus joli, qu'il avait trouvé parmi les vêtements de son meilleur pote, et qu'il avait pris sans rien lui demander, simplement parce que...

Il savait pas.
Il savait même pas pourquoi il faisait ça. Pourquoi il se servait dans les fringues à Vani, qui pourtant s'habillait pas trop d'une manière particulière ou d'une autre, ni même forcément bien ou mal – et pourquoi il venait de mettre un polo, rouge vif, avec le col qu'il faisait maladroitement, et pourquoi il eut besoin d'aller voir le résultat dans la salle de bain, de se regarder, encore et encore, de coiffer ses cheveux, pourquoi il les trouva soudain trop longs, pourquoi il fut pris à nouveau d'une irrépressible envie de pleurer ; mais au fond, bordel, il savait juste pas où il en était, ni ce qu'il faisait, et bordel, ce que ça pouvait le foutre mal.

En un rien de temps, il se retrouva à terre, assis, et il enfouit son visage entre ses genoux comme pour étouffer les battements de son coeur, sa respiration saccadée, et les nouvelles larmes au bord de ses putain d'yeux de merde. Il savait pas, bordel. Il voyait pas. Les mots d'Axel, ce qu'il avait dit, mais enfin, putain – ça voulait dire quoi, ça voulait dire quoi, à la fin ? Qu'il devait changer ? Virer son maquillage, ses fringues, tout son noir et toutes ses têtes de mort, pour partir sur autre chose ?

Pourtant ça lui allait pas, les fringues à Vani. C'était pas son genre, ça lui allait pas, il avait pas l'habitude et il aimait pas se voir comme ça – parce que putain, il se sentait pas lui, avec ça. Il se sentait pas Roxas, il se sentait Vanitas et c'était pas ce qu'il avait envie d'être, pas ce qu'il essayait d'être, et pas ce que-

Mais bordel, il était quoi, exactement, à la fin ?
La réponse s'imposa d'elle-même et sur le coup, il flippa tellement qu'il entendit pas la porte s'ouvrir.

Roxas, dix-sept ans. Un prénom et un âge – pour s'allier à une apparence, un caractère. Blond, les yeux bleus, petit, trop petit même, un piercing à l'arcade sourcilière et ce maquillage qui ne le quittait jamais, violent aussi, peut-être trop, une sacrée collection d'insultes en tout genre et les mots les plus durs qui soient, le noir et la mort pour univers, la colère pour raison de vivre. Quoi d'autre avec ça ? Des relations ? Cloud, son grand frère, toujours là quand il le fallait, Vanitas, son meilleur ami un peu trop protecteur à son goût, et c'était tout pour les gens qu'il voyait souvent.
Plus Axel qu'il ne savait même pas comment définir.

Et puis, soudain, il sentit deux bras passer autour de ses épaules, et il tressaillit.

« Je peux appeler Cloud, si tu veux, dit doucement Vanitas, si bas qu'il en fut presque inaudible. Sinon, y'a du chocolat chaud. Et si le moindre truc te tracasse, tu peux m'en parler, d'accord ? »

Il resserra un peu son étreinte, mais le relâcha rapidement et se releva – sans un mot de plus. Il se tut se retourna s'avança fit mine de partir – et il posa la main sur la poignée de la porte, la poussa, sort-

« Vani, attends ! »

Roxas s'était levé d'un bond – soudain, comme ça, tout à coup, et il savait même pas pourquoi, bordel, et il s'en voulut aussitôt, mais... Mais. Il savait, au fond de lui. Il savait qu'il fallait parler à Vanitas, maintenant. Lui parler d'Axel. Lui dire qui c'était, qui ça représentait, et surtout essayer de lui expliquer, de lui décrire comme il se sentait, vis-à-vis de tout ça, de tout ce bordel. Lui raconter comment il avait rencontré ce taré, comment ils s'étaient bien entendus au début, comment ils s'étaient engueulés alors que putain, au fond, c'était pas si grave, et comment ils s'étaient revus par la suite, comment ça avait évolué, changé, comment il en était venu à juste vouloir parler avec le rouquin de tout ce qu'ils avaient à se dire – et, enfin, comment tout avait foiré, tout avait déconné.

Par sa faute à lui. A cause de ses mots, de ses putain de mots – de ce vocabulaire qu'il employait à tort et à travers, et de sa saloperie d'impulsivité, surtout.

Mais maintenant c'était clair – enfin, presque.
Maintenant, il savait à peu près ce qu'il voulait faire, ce qu'il devait faire, et ce qu'il allait faire, et mine de rien c'étaient quand même trois trucs bien différents.

Il avait enregistré dans sa tête les paroles dures d'Axel, n'avait pu s'empêcher de se dire que bordel, y'a que la vérité qui blesse, mais ne l'avait pas accepté pour autant ; et maintenant il se trouvait face à Vani, son seul soutien proche à peu près potable, et fallait pas qu'il merde, non – hors de question qu'il se plante et que Vanitas se mette aussi à le trouver chiant, comme à peu près tous ceux qu'il avait côtoyés jusqu'ici.

« On... On peut parler un moment, s'te plaît ? »

Il voulait partir loin, très loin, et ne jamais revenir. Il devait rester, ici même, et se débrouiller pour arranger les choses, retrouver Axel et lui parler – s'excuser, putain. Mais pour le moment, il allait juste parler à Vani.

Lui parler – c'était ça. Lui raconter. Mettre les choses à plat, aussi. Arrêter un peu de lui cacher des trucs, et enfin se confier à quelqu'un parce que bordel, bordel, mais c'était de ça dont il avait besoin, en fin de compte.

Alors, il se leva, rapidement, et reporta toute son attention sur son meilleur pote – et lui s'était arrêté, lui lui souriait, lui se retourna bientôt et lui lui fit signe de le suivre.

Simplement. Suivre – tends la main, prends la sienne, cesse de n'être qu'à toi et fais confiance.


La télévision.

Sur l'écran, ça défilait, image après image. Et les yeux de Roxas, fatigués de ces couleurs différentes incessantes, regardaient les publicités avec autant d'attention que la série policière dont il ne parvenait pas à se rappeler l'intrigue ; mais dans le fond, c'était pas si grave que ça. C'était un épisode sur dix ou vingt dans une saison sur cinq ou dix, et ça repasserait, inexorablement, sur celle-ci ou une autre chaîne – et puis, son esprit était ailleurs.

Juste le vide bleuté derrière ses pupilles. Et ses pensées, sa conscience à des kilomètres de là.

Il avait tout raconté à Vanitas, cette fois – tout, absolument tout. Les trucs qu'il ne savait pas encore, ceux dont il se doutait sûrement, et certainement quelques-uns qu'il connaissait déjà. Et maintenant Vani en était au même point que lui ; ça faisait bizarre, comme sensation. De savoir que quelqu'un d'autre que lui en savait autant que lui sur sa situation. D'avoir un point de vue extérieur sur tout ce qui lui tombait sur la gueule. Et surtout, d'obtenir enfin cette chose étrange qu'il pouvait lire dans les yeux, le visage, le fin sourire de son meilleur pote – le soutien, que ça s'appelait, en réalité.

« Tu sais, si t'es fatigué, tu peux aller dormir... Te force pas à rester, surtout... »

Sur le coup, la voix de son colocataire lui sembla loin, et il répondit même pas – il soupira juste, peut-être fatigué peut-être juste blasé, et ramena ses jambes contre lui, sur le canapé. Dans sa main, une tasse de chocolat chaud à moitié vide, encore bouillante sur les bords ; mais ses yeux un peu réveillés par les paroles de son pote se recentrèrent bientôt sur son iPhone, oublié sur la table basse.

A vrai dire, il savait pas trop comment agir, ni à quel point exactement il en était.
L'affaire Axel lui semblait un peu effacée, maintenant - mais en même temps, dès qu'il y repensait, ça ravivait la douleur et à nouveau il en paumait le sourire, et il sentait son coeur serré très fort dans l'étreinte d'un truc pas vraiment descriptible. A côté de ça, y'avait Vani, toutefois – et rien ne changeait rien au fait qu'il était vachement gentil, Vanitas.

Assez loin du Vani qu'il avait connu, en fait. Et puis, ces derniers temps, y'avait comme un truc différent, un truc en moins contre un autre en plus, chez lui ; c'était moins de moqueries, moins de sourires narquois ou taquins, moins de tapes à l'épaule et plus de mots gentils, de gestes un peu réconfortants, d'attentions et de bras autour de ses épaules, de longs doigts dans ses cheveux.

Plutôt troublant, quand il y pensait.
Mais il avait pas vraiment le coeur ni la tête à y penser, alors il décida simplement de remettre ce souci à plus tard et se pelotonna confortablement dans la couverture douce, autour de ses épaules, le long de ses bras jusqu'à ses jambes. Il avait pas vraiment réfléchi ce soir, fallait dire. L'incident était arrivé, puis il était rentré avec Vani, puis il s'était laissé dorloter le temps de calmer ses larmes et là, il avait même plus le dixième de la force qu'il lui aurait fallu pour réaliser à quel point il avait pu avoir l'air con, con, et surtout faible.

A dire vrai de toute façon il avait pas envie de réfléchir, pas maintenant – il avait eu son lot d'émotions pour la soirée, la nuit portait conseil, et il verrait bien le lendemain par quel bout choper ses emmerdes pour les traiter, vite fait bien fait. Pour le moment, il avait juste envie de rester là ; même si Vanitas était bizarre, et même si un truc le préoccupait un peu, tout au fond de lui, il était franchement crevé et tant qu'il y avait pas cas de force majeur, autant ne pas trop bouger.

Le truc dont il se doutait pas, c'était qu'un cas de force majeur, ça dépendait pas forcément que de lui pour arriver dans sa vie.

Et le truc dont il se doutait pas, c'était qu'en ce moment-même, et depuis qu'il lui avait tout dit d'ailleurs, Vanitas faisait marcher ses neurones à deux cents à l'heure là où Roxas les avait clairement fichus en pause.
Mais le truc dont il se doutait pas, c'était que conjuguer les deux précédents pouvait déboucher sur de sacrées, sacrées emmerdes.

Exactement comme lorsqu'il se pencha en avant pour poser sa tasse, comme lorsqu'il prit son portable en main histoire de checker ses messages ; comme lorsque Vani se tourna vers lui, aussi, avec cet air interrogateur qu'il avait décidément pas l'habitude d'afficher, et comme lorsque, tout à coup, il lui causa.

« J'sais que c'est un peu soudain, dit-il comme ça, mais j'viens de penser à un truc... Ton Axel, tu crois pas que pour s'être fâché qu'après tout ce temps, il doit être vachement amoureux d'toi ? »

Oh.
Merde.
Oh.
Putain de merde.

Vani avait pas dit ça pour le blesser, bien sûr. Ni pour l'emmerder. Ni pour le mettre en situation délicate. Probablement qu'il y avait pas même réfléchi avant de le balancer - mais putain, putain, putain, et re-putain.

Bizarrement, les neurones de Roxas se remirent en marche vite fait – et le temps qu'il regarde Vanitas dans les yeux, le temps qu'il ouvre la bouche comme un gros con, le temps qu'il le dévisage et qu'il assimile juste ce que son pote venait de dire, son iPhone se mit à vibrer dans sa main.

Bordel.
Ses pensées se faisaient un deux cents mètres mortel dans sa tête et à force de les sentir faire des tours de piste, à toute allure, il passa pas loin de s'évanouir ; mais il tint bon et le temps de piger ce qu'il se passait, il se retrouvait déjà avec une conclusion en tête. Une putain, putain, putain de conclusion.

Axel avait tout enduré de lui. Tout. Sans broncher. Sans s'énerver – jamais. Les cris, les coups, les insultes. La colère. L'homophobie. L'impulsivité. La violence tout court.

Et y'avait fallu qu'il lui sorte un « fils de pute » pour qu'enfin il lui balance tout ce qu'il avait sur le coeur.
Et maintenant Vani disait que c'était de l'amour – genre, de l'amour. Qu'avait gardé tout ça au fin fond de lui et qui l'avait empêché d'exploser.

C'était complètement dingue – putain.
Parce que, parce que, parce que ; mais bordel ! Mais bordel, Axel était pas le seul à souffrir se sa connerie, de ses erreurs, de sa violence pour laquelle il se détestait pas mal depuis la fin d'après-midi ! Ca pouvait pas être ça, c'était pas possible, y'avait aussi-

Y'avait aussi ses camarades qui le détestaient bien fort. Y'avait aussi sa mère qu'en avait à peu près rien à foutre de lui. Y'avait aussi Kévin qui le traitait comme une pauvre merde et le prenait pour un gay.
Mais surtout, y'avait aussi Vanitas qui restait toujours calme, un peu mesquin, mais profondément attentionné – toujours à s'occuper de lui, à veiller sur lui, à gérer ses problèmes, à le conseiller et bordel. Bordel. Bordel-

Si Axel était amoureux de lui parce qu'il endurait tout de lui sans jamais broncher, et si Vanitas à son tour le laissait l'engueuler, lui crier dessus, se montrer désagréable, piquer ses fringues, squatter sa piaule, lui pleurer dessus, tout le temps, alors ça voulait dire que...

Putain.
Avant même qu'il pige comment ni pourquoi, il avait répondu au téléphone et c'était Cloud qui l'appelait – il savait même pas pourquoi, il voulait pas savoir, mais là, sur le moment, son frère lui sauvait la vie.

Rapidement, il bredouilla un truc, pas clair pas compréhensible pas même forcément sensé – et puis, il prit sa veste, sauta dans ses chaussures, hurla que Cloud avait besoin de lui, ne raccrocha qu'après, se promit de rappeler, et déboula bientôt dans la rue, à bout de souffle.

Et là, il réalisa qu'il était con.
Qu'il était dehors en pleine nuit, vêtu d'un polo appartenant à son pote.
Qu'il portait ni maquillage ni lentilles, juste ses horribles lunettes qui ressemblaient à rien.
Et accessoirement, qu'en dehors de son iPhone et de son casque, toujours autour de son cou, il avait tout laissé chez Vanitas.

Mais son coeur battait à deux cents kilomètres/heures, il pouvait pas faire marche arrière et voilà déjà que son portable vibrait, vibrait encore, et que c'était Cloud qui rappelait, parce que visiblement il avait pas du tout comprendre – normal, en même temps.

Ses doigts tremblaient sur l'appareil lorsqu'il le porta à ses yeux ; mais il savait pas où en était Vani, ce qu'il foutait, s'il allait le suivre ou pas, et sur le coup, il avait juste pas envie de le voir, pas envie de lui parler – alors, il décrocha et se mit à courir.

Le plus loin possible. Comme un idiot – seul et en pleine nuit.
Rien qu'imaginer son apparence en ce moment-même lui donnait envie de se pendre ; mais à vrai dire, entre cette peur d'être vu, cette peur d'être retrouvé, cette peur surtout de ce qu'il pourrait bien dire à Vani ou à Cloud ou à n'importe qui d'autre, et la conviction secrète qu'après tout, la possibilité qu'Axel soit amoureux de lui ne le dégoûtait pas tant que ça, il savait pas ce qui était pire.

Peut-être qu'il valait mieux s'asseoir par terre et pleurer un bon coup, en fin de compte.


Naan Roxy ne pleure paas ;_; *sort*

J'me bousille les nerfs à force XD Need d'écrire un OS, maintenant. Pfiou T.T *fatiguée*

Mais pour le moment, dodo. Et demain, je fais une grande tournée réponse aux MPs ! XD Merci à tous (toutes) d'être lààà x3