A tous ceux qui se posent la question : si si, quand je réponds plus aux MPs/reviews pendant 3-4 jours, je suis encore vivante... C'est juste que j'écris, que j'essaie de boucler mon chapitre à l'heure et que j'y arrive pas. XD
J'ai la flemme de faire un long commentaire alors disons simplement que ce chapitre est long, qu'il contient une révélation pas forcément super importante, quelques éléments sur les connaissances de Roxas et enfin, un tremplin vers un peu d'avancée. \o/
J'vais vite répondre aux anonymes, aussi =)
Kagome Moon Factory : Je réponds toujours à mes reviews =) Même si des fois j'en ai pour trois semaines. xD *bam* Aah ok, si c'est positif je dis plus rien alors =) Merci :3 Je suis d'accord, ce serait débile de faire du yaoi et de changer un mec en fille peu après, quand même... XD On en reparlera dans les prochains chapitres. Voilà, trop gentil, t'as tout dit XD
Désolée, pour Vanitas... xD Je te rassure, Roxas est assez tranché sur le sujet. ^^ Ouii, les choses avancent 8D Pour le présent, sinon, y'a pas mal d'endroits où c'est voulu, en fait, parce que justement, c'est du discours indirect libre. Maintenant, c'est possible que j'aie fait une faute de frappe quelque part (dans le genre un "e" au lieu d'un "a"), je verrai tout ça quand je ferai ma grande relecture ^^ Merciii ! =)
Darling Sue : Je suis désolée d'être si cruelle D= *sort* Merci beaucoup pour les encouragements en tout cas ! Trop contente que tu aimes ! ^^
chut : Je suis très, très contente que tu aimes Cloud. C'est la première fois que j'utilise ce personnage XD J'espère qu'il saura te plaire dans ce chapitre aussi, il est au centre de toutes les discussions cette fois-ci xD Sinon, je suis ultra d'accord avec ta remarque sur le chapitre 26. "Le coeur a ses raisons que la raison ignore" ... Quel beau dicton x3 Bref, je te remercie infiniment pour tes commentaires, et j'espère grandement que Roxas-héroïne-de-shojo (c'est sa destinéeee) te surprendra, parce qu'il a encore plus d'un tour dans son sac. :D
Bonne lecture, chers gens ! =)
Chapitre 28 : Il paraît que le cœur ne sert à rien
Saloperie de cœur de merde.
A quoi ça servait, ce truc, déjà ?
Ah oui. A vivre. Et merci les cours de biologie du lycée, suivis à l'arrache, à coup d'un cours toutes les deux ou trois semaines. A vivre. Vivre, hein – quelle connerie.
En cet instant-même, Roxas aurait volontiers donné tout ce qu'il avait pour simplement crever là, en fait.
Pour que son cœur s'arrête, que la peur s'en aille, que toutes les émotions partent, et que son corps cesse de trembler, que ses lèvres cessent de frémir. Que ses bras enfin s'immobilisent, que sa voix retrouve une tonalité normale, ni trop haute ni trop basse, et simplement qu'enfin, ce soit le silence.
Le silence. Le calme. La sérénité, comme on disait. Ce truc étrange dont on parlait parfois en bonne société, et qui en ce moment-ci lui semblait loin, loin, loin – enfuie, même, la sérénité, et il tendit la main droite au ciel pour la retenir mais ses doigts se refermèrent sur l'air glacé de la fin de soirée. Ça lui donna envie de pleurer.
Mais dans sa main gauche et fébrile malhabile restait encore son iPhone et, à l'autre bout du fil, son frère aîné – et maintenant il allait falloir qu'il parle, qu'il parte, qu'il parle qu'il parte qu'il s'en aille et qu'il raconte ou qu'il raconte en s'en allant mais qu'il fasse enfin quelque chose plutôt que de tout subir comme une pauvre merde, bordel !
« Roxas ? »
Son prénom.
La voix de Cloud.
Il reprit conscience et respira soudain de nouveau – ça faisait du bien, putain. Cette douceur dans sa voix, un peu hésitante, un peu intriguée. Et cette tendresse – cette tendresse fraternelle. Juste fraternelle. Juste ça. L'affection d'un grand frère au petit frère, parce qu'en fin de compte ils ont tous deux les mêmes parents, ont tous deux vécu les mêmes emmerdes, et affrontement maintenant tous deux les mêmes galères.
« C-Cloud, je peux venir chez toi, là maintenant ?
– Hm. »
La question se posait même pas, en fait ; mais ça lui fit du bien de le demander pour de bon, clair et net, et d'entendre une réponse tout aussi claire et nette. Evidemment qu'il pouvait aller chez son frère. Evidemment qu'il pouvait se reposer sur lui, une fois de plus. Et évidemment qu'il n'avait rien à craindre, de ce côté-là ; parce que justement, c'était son frère, et pas un pote.
Mais, craindre – il se sentait un peu mal, fallait dire, à penser des trucs pareils. C'était pas franchement sympa, et il avait pas super envie de se dire qu'il avait peur ; et puis d'un autre côté, bordel, il avait vraiment peur. Il savait pas pourquoi. Il arrivait pas à savoir pourquoi – et puis soudain il pensa à Vanitas, à ses sourires, à ses gestes, sa gentillesse qu'avait pas toujours été là, toute la putain d'attention qu'il lui portait tout le temps, tout ce qu'il faisait pour lui et tout ce que Roxas lui rendait pas sans qu'il se fâche jamais et ouais, ouais, ouais, en fin de compte, ça le faisait flipper.
Ça le faisait flipper que son meilleur pote puisse avoir fait tout ça juste parce que ce connard espérait recevoir un peu d'amour de sa part en retour – mais merde, quoi. Il avait pas l'intention de laisser qui que ce soit acheter son affection et puis-
Et puis c'était pas que ça le problème, quoi. Il était pas gay – lui, il entendait. Lui, il l'était pas. Il l'était pas, bordel de merde ! Pourquoi est-ce que personne à part son frère arrivait à se fourrer ça dans le crâne ? Et pourquoi est-ce que cet imbécile d'Axel, cet imbécile de Vanitas, pourquoi ils avaient besoin d'avoir encore un minimum d'espoir ? Parce que c'était forcément l'espoir qui les conduisait comme ça, c'était pas possible autrement, sinon il auraient pas supporté tout ce que-
Tout ce qu'il leur avait fait subir rien qu'avec sa connerie au moins aussi grande que son ego qui devait bien faire deux fois son mètre soixante-quatre.
Il était arrivé à l'appart' de Cloud et il avait encore plus envie de crever, maintenant – mais le pire, c'était qu'il pigeait même pas pourquoi. Y'avait comme un côté de lui qui disait, bordel, t'es con, t'as rien à te reprocher, laisse les sales gays de côté et vis ta vie, envoie-les juste chier ; et puis, y'avait comme une autre face de son esprit qui gueulait bien fort, t'es vraiment le type le plus con d'la Terre, parce qu'avec ta bêtise t'as blessé Axel, t'as blessé Vani, tu vas sûrement blesser Cloud aussi, et en fin de compte tout ce que t'arrives à faire maintenant c'est t'en vouloir à mort.
Pour le coup, il avait bien envie de crever mais il savait très bien qu'il pourrait juste pas.
C'était con, quand il réfléchissait. Vachement con, même. Ça tenait en quelques mots – juste quelques putain de mots. Mais c'était là, c'était ça, et c'était indéniable ; dans sa vie y'avait sa conne de mère, l'enfoiré de Kévin, ses profs qui l'engueulaient tout le temps, les camarades de classe auxquels il parlait jamais – et en dehors de ça, c'était Vani, Cloud, Axel. Pas forcément dans cet ordre-là.
Son univers, c'était ça. Trois mecs. Trois mecs pour s'occuper de lui, définir ce qu'il était, le conforter dans ce rôle ou, au contraire, essayer de l'en dégager fissa. Et pourtant jusqu'il y a quelques mois encore, il avait vécu avec juste son frère et son meilleur pote ; mais Axel était arrivé, Axel s'était approché, Axel avait parlé, Axel avait foutu tout le bordel possible et inimaginable dans sa tête et dans son corps et dans son cœur et dans son âme, et maintenant-
Sitôt que son frère aîné ouvrit la porte de l'appartement, le monde se cassa la gueule à l'envers, le ciel se cassa la gueule par terre et Roxas se cassa la gueule dans les bras qui l'avaient accueilli, l'accueillaient et l'accueilleraient toujours.
Et puis, ces mêmes bras passèrent ses épaules, descendirent dans son dos, l'enlacèrent doucement – et en un rien de temps, il se retrouva assis sur le canapé confortable, emmitouflé dans une couverture on ne peut plus douce, une tasse de thé en main, trois doigts perdus au milieu de la marée blonde de ses cheveux que l'air à l'extérieur avait glacés. Cloud, à ses côtés, avait simplement croisé les jambes, son bras resté inoccupé allongé en travers, mais sitôt qu'il sentit son frère un peu calmé à l'intérieur, il soupira et écarta deux mèches de son front, histoire de pouvoir l'embrasser tendrement sur la tempe droite.
« Bon, alors, il se passe quoi, cette fois ? Demanda-t-il calmement, l'air un peu blasé – mais c'était normal, c'était comme toujours, et sur le coup, Roxas, ça le rassura vachement, que Cloud au moins soit normal, lui. Et puis ce pull, c'est pas un truc à toi, j'me trompe ? »
Quelle perspicacité.
Le blond songea à cette connerie de réponse insolente mais ne la prononça pas – de toute manière, ironie ou pas, c'était vrai, que c'était pas ses fringues à lui. Et maintenant qu'il y réfléchissait, putain, c'était juste n'importe quoi, sa situation, maintenant ; c'était genre minuit, ou plus tard encore, une-deux-trois heures du matin, il avait réveillé son frère pour débarquer chez lui, avait fait tout le trajet fringué d'un pull à Vani, avec son iPhone en poche son casque autour des oreilles ses lunettes sur le nez – et tout ça, c'était juste en putain de désaccord avec l'attitude qu'il avait d'habitude.
Bordel.
Bordel – comment c'était possible, qu'un type arrive comme ça à faire déconner toutes ses coutumes ? Enfin, un type, on s'entend ; Axel, Vani, Axel, Vani, lequel le troublait le plus, déjà ? Et lequel l'avait foutu au bord des larmes comme ça, lequel de ces fils de putes l'avait poussé à se casser vite fait de chez lui, lequel spammait tout son esprit avec son image, ses paroles, son visage, son existence toute entière ?
Putain d'merde.
Sans qu'il le veuille vraiment, ses poings se resserrèrent contre ses jambes et son jeans finit plié entre ses doigts, forts de toute sa colère, et de toute cette putain de trouille qui le faisait trembler des pieds à la tête.
« C'est Vani, j'crois qu'il est..., dit-il soudain, et sa voix se brisa avant même qu'il ne puisse termina sa phrase – il recommença. Il est... Amoureux d'moi... Bordel de merde ! »
Il sentit son visage chauffer un bon coup, pensa vite fait à Axel, osa pas en parler, enfouit sa tête dans ses mains et cria un bon coup tous les jurons qui lui venaient à l'esprit – bordel, il fait chier, c'est trop la merde, j'y pige que dalle, et putain, ce que ça pouvait faire du bien. Et puis Cloud glissa cinq longs doigts forts dans la crinière blonde, serra un peu, releva le tout avec énergie mais pas trop violemment non plus, juste comme il le faisait ultra souvent quand il voulait que son imbécile de frère cadet l'écoute et surtout, le regarde droit dans les yeux.
Parce que justement, ses yeux, en ce moment, il disaient « Raconte-moi tout », et ils avaient pas vachement l'air assez cléments pour lui laisser le temps de ressasser et d'essayer de ranger ses pensées, pour au final ne se paumer que plus encore.
Mais peut-être que c'était ça qu'il lui fallait, en fin de compte – exactement ça, ce dont il avait besoin.
Qu'on l'engueule un peu, qu'on le secoue, qu'on lui remonte les bretelles et qu'on cesse d'être toujours gentil, putain d'trop gentil avec lui ; qu'on l'empoigne par les cheveux, la gorge, qu'on serre fort, qu'on le fasse crever, de douleur ou d'horreur, une fois deux fois jusqu'à ce qu'il réalise qu'il était allé trop loin, qu'il fallait vraiment qu'il fasse quelque chose.
Alors, il raconta. Tout ce qui s'était passé – exactement comme il l'avait raconté à Vanitas, avec les évènements de la soirée en plus. Et une fois de plus, il se sentit faible, il se sentit merdique, moins que rien et en-dessous du monde, à six pieds sous terre ; mais il s'en foutait, il s'en foutait complètement, s'il fallait qu'il le dise il allait le dire, toutes ces conneries, et après, il en parlerait plus jamais de sa vie, et même qu'il finirait bien par ne même plus-
Lorsqu'enfin il eut terminé, il réalisa qu'il tremblait. Il savait pas pourquoi, il savait pas de quoi – il tremblait, effrayé ou soulagé, amusé ou horrifié, il savait pas. Et puis, son frère aîné, à côté de lui, soupira.
A nouveau, une paume large paumée dans sa tignasse blonde, ses cheveux emmêlés, tout en bordel – et soudain il se sentit attiré contre Cloud, sa tête heurta son torse et les lèvres de l'autre furtivement heurtèrent l'arrière de son crâne.
Sur le coup, ça lui fit bizarre.
Après quelques secondes, ça passa.
La minute d'après, ça allait mieux et comme il n'était pas mal à l'aise, il opta pour la possibilité de juste rester là.
« Promets-moi de pas te foutre de ma gueule, fit cependant bientôt Cloud, troublant de sa voix plus douce qu'avant le silence de leur étreinte. Mais, t'sais... Tu vois Zack, le frère à Vani ? »
Roxas approuva et soudain, les yeux bleus de son frère plongèrent profondément dans les siens, comme pour capter toute son attention, jusqu'à la dernière goutte.
C'était peut-être un truc important, au final, ce que son camarade allait lui dire – même si le cadet des deux frères devait bien avouer que, jusque là, il voyait pas trop quel rapport ça pouvait bien avoir avec lui, ses emmerdes, son cœur qui battait à en niquer le record olympique au cent mètres et les deux seuls mecs dans sa vie qu'avaient été capables de tomber amoureux de lui.
« Bah, j'suis sorti avec lui, l'année passée. Trois mois, un truc comme ça... J'étais amoureux de lui, je crois. »
Quoi ?
Roxas écarquilla de grands yeux qui aussitôt parcourent le visage de son frère – de haut, en bas, de bas, en haut, et de gauche à droite-de droite à gauche.
Il voulut parler réagir penser réfléchir s'énerver, tirer des conclusions des quelques éléments qu'il venait d'obtenir qu'il peinait à raccorder les uns aux autres mais il ne put, n'arriva pas et soudain- Cloud soupira, le lâcha, le laissa s'échapper de son étreinte.
« Je vais t'apprendre un truc, frérot, commença-t-il alors, à mi-voix. Avant que tu te mettes à me détester... Je suis sorti avec un mec, mais ça veut pas dire que je suis gay, d'accord ? C'est le seul gars qui m'ait jamais plu, tout comme t'es peut-être le seul gars que Vanitas ait un jour aimé, tu vois le genre ? »
Sa première réaction avait été la surprise mais sur le coup, le plus jeune des deux blonds se sentit infiniment con, et fut obligé de baisser les yeux pour pas que Cloud voie que bordel, il était encore en train de rougir – gêné, pour facile la troisième fois de la soirée.
Sans aucun doute il avait pensé, tout d'abord, que son frère était en train de lui faire son, heu... Coming-off, quelque chose comme ça, il se rappelait plus trop le mot exact, mais en gros de lui avouer qu'il était homo, lui aussi – en plus déjà d'Axel et de Vanitas, et ça faisait carrément plus un seul vrai mec dans son entourage. Mais maintenant qu'il y réfléchissait, qu'il y réfléchissait enfin, il réalisait comme une poutrelle dans sa gueule à quel point c'était débile, comme raisonnement ; parce que si Cloud disait qu'il l'était pas, c'était qu'il l'était pas, et s'il avait aimé que Zack, peut-être que c'était qu'une er-
Une erreur ?
Okay, ça faisait bizarre, d'imaginer son frère, son aîné à lui, enlacer Zack – ou le laisser l'enlacer ? Roxas rougit violemment et secoua la tête. Putain, non, hors de question que Cloud ait été... Ca !
Il osait même pas le penser mais c'était pas forcément que ça l'emmerdait, que ça le dégoûtait, en fait ; gay ou pas, Cloud restait Cloud, ça restait son frère et Roxas pouvait pas à se résoudre à le rabaisser au niveau auquel Vani avait dégringolé, et encore moins au niveau de l'autre travesti roux à peine descriptible. Mais c'était tellement... Tellement étrange, tellement pas normal, et à la fois tellement pas-si-dérangeant que ça, que ça le dérangeait quand même et bordel, il en était où avec tout ça, lui, exactement ?
« 'fin, reprit alors soudain son hôte, sûrement parce qu'il avait remarqué que le blond avait toujours pas répondu. Tout ça pour t'dire que c'est pas la fin du monde si ton meilleur pote te kiffe... Okay, c'est un peu chiant si tu partages pas ses sentiments, mais je pense que tu devrais être flatté. Bon, je sais aussi que t'es homophobe comme pas deux, j'te juge pas mais... Ce serait con de perdre ton meilleur pote juste pour ça, non ? Réfléchis. »
Cloud avait l'air un peu mal à l'aise.
Roxas répondit même pas et le regarda se lever, balançant qu'il allait faire quelque chose comme du thé ou du café – mais en vérité, il savait, son cadet, que c'était de sa faute s'il se cassait. Parce qu'il avait besoin de respirer, sûrement. De plus sentir deux grands yeux bleus collés à la surprise forte contre sa tronche – de plus avoir le poids du jugement de son cadet sur les épaules et sur le torse, là où ça devait bien l'empêcher de respirer.
L'adolescent s'en voulait pour ça, en fait. Pour paraître aussi homophobe, comme il avait dit Cloud, au point de faire fuir son propre frère ; mais en même temps, bordel, c'était pas si faux que ça, ça avait pas été aussi faux que ça, autrefois, y'avait longtemps – et maintenant, maintenant, bah...
Maintenant, y'avait comme quelque chose qu'avait changé.
Il réfléchissait. Roxas réfléchissait, maintenant. A plusieurs trucs – à des tas, à des tonnes de milliers de trucs. A son frère, surtout, déjà ; puis à Vanitas, à Axel, à ce qu'il en pensait lui, de tout ça, à comment il avait viré de son champ de vision les deux derniers mecs sans réfléchir, et à comment il avait pas franchement envie de faire de même avec le troisième – et puis surtout, il réfléchissait, et c'était le bordel parce qu'il savait pas où commencer, pas comment s'y rendre, mais il se demandait si au fond, c'était vraiment grave d'être gay.
« J'vois que ça te travaille, le surprit soudain la voix de son frère, et le blond cadet tressaillit avant de relever vite fait la tête. Mais te tracasse pas, va, amoureux ou pas, c'est quand même Vanitas et c'est ce qui compte, non ? Et puis, comme j't'ai dit avant, il est peut-être bi.
– Hein ? »
Bi ?
Roxas écarquilla d'immenses yeux pleins de je-comprends-pas-de-quoi-tu-parles et de putain-qu'est-ce-que-c'est-que-ça ; et puis il se dit que merde, parce qu'il avait déjà entendu ça quelque part, mais que sur le coup la traduction du voc étrange de son frère lui revenait pas, et ça le faisait un peu chier, quand même. Mais note quand même, c'était pas sûr pour autant qu'il ait un jour connu la signification de ce mot – alors, il en fit pas tout un foin et de toute manière, Cloud lui répondit bien assez vite, lui fourrant au passage une tasse de chocolat brûlant entre les mains.
« Bisexuel. T'sais, ça veut dire qu'il aime les filles et les garçons, en gros.
– Mais... C'est possible ? »
Sur le coup, son frère aîné le regarda bizarre.
« Bah... Oui ? Répondit-il d'un ton mi-moqueur, mi-hésitant, comme s'il hésitait entre se foutre de sa gueule et l'interner dans un asile à l'autre bout du monde. Tu savais pas ? »
Un léger sourire aux lèvres, il lui flanqua une petite claque à l'arrière du crâne, avant d'ébouriffer vite fait ses cheveux – mais tout de suite son cadet, l'air un peu fâché, se grouilla de lui choper la main et de la dégager de sa tête.
« T'es trop bête, dit alors Cloud, franchement moqueur, même si fallait le deviner à son minuscule sourire déjà un exploit en soi, t'y connais rien.
– Hmpf, grogna Roxas, et il regarda aussitôt ailleurs, plus loin, sur le côté, l'air fâché. T'es trop con. »
Son frère souriait pas des masses, en vrai. Juste de temps en temps, pour lui ou à cause de lui, sans jamais rire de rien, sûrement parce qu'il préférait se foutre intérieurement de la gueule des gens - et pourtant, cette fois-ci, Roxas aurait parié cher que son cher Cloud affichait un semblait de sourire bien amusé, juste à cause de sa réaction.
Ça l'faisait un peu chier, fallait dire.
Et puis, paradoxalement, d'un autre côté, il avait bien envie de se marrer, lui aussi. Parce que sur le coup, c'était peut-être con, mais ça lui changeait les idées – ça lui changeait les idées et ça l'empêchait de réfléchir à ce qu'il allait faire de Vanitas.
Vanitas, exténué, entra dans l'appartement et referma la porte – mais pas à clés.
Bordel, il se détestait pour ce qu'il pouvait être – juste là, en ce moment.
Il avait fait une sacrée connerie – une fois de plus, pour pas changer.
Sauf que cette fois, il reviendrait pas, Roxas. Fini de rêver, pauvre crétin ; t'en as trop dit, t'en as trop fait, et maintenant il se fait plein d'idées, et t'es pas franchement près de le revoir un jour. Tu savais, pourquoi, tu savais, bordel, qu'il aimait pas Axel, qu'il détestait grave les gays, et qu'il était impulsif au point de se casser sur un coup de tête - tu sais, putain, tu sais très bien qu'il est parti, qu'il a pas envie de revenir, et que de toute manière il est beaucoup trop fier pour faire un pas dans ta direction, maintenant !
Putain, il l'avait déjà dit, déjà pensé des tonnes de fois, mais là, Vani se détestait – grave. Avec autant de rage que de désespoir, il vira ses chaussures et sa veste dans un coin du hall d'entrée, et se cassa dans sa chambre – sans verrouiller la porte, parce que sait-on jamais, peut-être qu'il rentrerait quand même, et s'il avait envie de venir reprendre ses affaires, et peut-être même que-
Lourdement, Vanitas se laissa tomber sur son lit, et il enfouit vite fait son visage dans un coussin confortable qui y traînait toujours.
Déconne pas, mec, qu'il pensait dans sa tête – il va pas revenir, Roxas, il reviendra pas, il te déteste maintenant, et tu peux le chercher tant que tu veux, où tu veux comme tu veux, tu le retrouveras pas, tu le retrouveras jamais, tu le feras juste encore plus chier que tu ne l'emmerdes déjà maintenant.
Et il avait raison. Il le savait, qu'il avait raison. Que son blond le détestait, maintenant – qu'il était pas près de le revoir, non, et que ça allait être la merde et surtout, surtout, qu'il savait pas comment se tirer de cette situation à la con.
Il soupira, se retourna. Sur le dos, allongé, le plafond qui voulait pas s'écrouler, l'incendie que personne n'enclenchait, le tremblement de terre qu'arrivait pas et la planète qui voulait pas simplement exploser, là, maintenant, tout de suite – bordel.
Saloperie d'univers qu'en avait rien à foutre de ses désirs, de ses besoins, et qui le laissait maintenant crever tout seul, s'immolant de l'intérieur.
Peut-être qu'à force de battre sa saleté de cœur finirait par s'arrêter.
Peut-être qu'à force de cogner sa saleté de tête finirait par éclater.
Mais pour le moment, rien de tout ça ne se passait – et il lui sembla qu'il était bel et bien condamné à rester comme ça. Seul. Dans le noir. A réfléchir, à penser.
Saloperie de cœur, saloperie de tête inutiles.
Rien qu'à en juger par ce que ça faisait mal, il savait déjà que ça s'arrêterait pas avant demain.
Et cette nuit, il ne dormirait pas.
Un soupir après s'être enfin arrêté, Roxas empoigna des deux mains les rebords de sa capuche et la laissa retomber, trempée, sur ses épaules couvertes du sweat-shirt beaucoup trop grand qu'il avait emprunté à Cloud – ou plutôt, que son frère avait tenu à lui enfiler avant qu'il ne parte, ce matin.
Ça l'enchantait pas, à vrai dire, de porter un truc pareil, mais au moins c'était chaud, ça avait à peu près su arrêter la pluie qu'il s'était prise en pleine gueule et de toute manière, là, il allait se changer.
Enfin, si tant était qu'il arrivait à sonner à cette foutue porte, juste devant lui.
Il s'en voulait, à vrai dire. Putain. Bordel. Putain de bordel qu'il était con –c'était actuellement quelque chose comme dix heures, il faisait moche dehors, il était pas à l'école et il se tenait juste devant son appart', le sien, où y'avait normalement sa mère et son enfoiré de mec, dans l'intention de récupérer deux trois fringues et d'aviser après.
Sauf qu'il avait oublié ses clés et que là, il savait pas quoi faire.
Il avait pas envie que sa mère le voie dans cet état, à vrai dire – sans maquillage, ses lunettes clouées sur le nez parce que sans elles il y verrait juste que dalle, ses cheveux décoiffés et trop longs, trop blonds contre son cou, sa nuque qu'ils chatouillaient, et ses habits, le polo de Vanitas contre le sweat de Cloud, trop large, avec les manches qui recouvraient sa peau jusqu'au bout de ses doigts et qui retombaient sitôt qu'il les remontait.
Mais fallait bien qu'il le fasse, de toute façon. Il soupira à nouveau. Bordel. Il balança un coup de pied dans la porte – et puis merde, allez, il avait absolument rien à perdre, après tout.
Plus de meilleur pote, parce que Vani devait bien le détestait comme jamais, ça voulait dire plus de potes du tout, surtout qu'il était pas franchement sûr d'avoir envie de revoir Axel, et en dehors de ses potes il avait jamais rien eu.
La porte s'ouvrit soudain.
Pas de famille.
C'était Kévin, devant, et Roxas le bouscula pour se glisser dans l'appartement – aucune hésitation.
Pas de vrais amis non plus.
Le copain de sa mère sembla pas piger ce qui se passait, ne parvint pas à le retenir.
Pas de copine non plus – tant mieux, d'un côté.
En un rien de temps, le blond fut dans son ancienne chambre et en ferma tout de suite la porte – Dieu soit loué, y'avait encore la clé.
Pas de soutien ; mais en fin de compte, en avait-il vraiment besoin ?
Cloud avait dit qu'il fallait pas qu'il juge tout le monde. Qu'il fallait pas qu'il traite Vanitas de gay parce qu'il était peut-être bi. Qu'il fallait pas qu'il s'énerve contre lui, non plus, parce qu'il y pouvait rien s'il l'aimait, et que de toute manière, c'était assez flatteur, en vérité. Mais il avait rien dit par rapport à Axel, Cloud – et maintenant, Roxas en avait plein la tête, de tout ça.
Il avait le pull de Cloud sur les épaules, mais il le retira vite pour jeter ensuite le polo de Vani sur son lit ; et puis, il ouvrit son armoire en grand, bien décidé à enfiler un truc qui lui irait mieux.
Comme par exemple, du noir.
Il savait pas. Il savait pas. Cloud l'avait aidé à y voir plus clair – et pourtant, il se sentait toujours au bord du gouffre. C'était pas horrible d'être gay, c'était pas une maladie non plus, mais ça se soignait pas, et lui il l'était pas, et malgré ses sentiments contradictoires il sentait que ça le gênait encore – mais ça allait pas, ça allait plus, il était en train de se paumer et bientôt c'était dans le mur qu'il allait arriver.
Sérieux, il savait plus quelle opinion se faire de ceux qui l'entouraient, maintenant.
Et subitement il eut envie de se dire que c'était pas grave, qu'il pouvait tout oublier et repartir à zéro, appeler Axel trouver Vanitas s'excuser chez l'un discuter avec l'autre arranger les choses – comme ça, en un, deux coups de fil peut-être, avec quelques mots, quelques sourires et un peu de compréhension.
Un peu de compréhension de sa part et la honte qu'il allait falloir surpasser pour y arriver.
Brusquement, il s'imagina le truc – et il secoua la tête, vivement. Non. Il y arriverait jamais. Il pourrait juste pas – parce que bordel, il était mort de trouille.
Mort de trouille à l'idée que l'un ou l'autre puisse simplement l'envoyer chier, en fait.
Alors au final, peut-être que venir se réinstaller ici, dans cette chambre, ce serait pas une si mauvaise idée.
Fini. TT
C'était long, ce chapitre. ;_; On se revoit, disons, vendredi dans deux semaines ? J'espère... Je verrai ce que je peux faire. =X
A la prochaine, j'espère =)
