Hello, tout le monde !
J'ai une bonne nouvelle. Sérieux. J'en ai vraiment chié cette semaine avec plus de contrôles que de jour d'école et ma saleté de rhume des foins (c'est pas ça la bonne nouvelle), MAIS jeudi, je suis en vacances. Pour une semaine et demi. Eh ouais. 83
Du coup, attendez-vous à retrouver le chapitre 30 en début de semaine prochaine (vers le 9 ou le 10 avril), quelque chose comme ça. ^w^ Mais pour le moment, je vais répondre au commentaire anonyme sur le chapitre 28.
Sei : Merci beaucoup ! :3 Comme j'ai déjà dû le dire à plein de gens, l'évolution des personnages était ce qui me semblait le plus difficile quand j'ai commencé la fic, en fait. xD Ca prend beaucoup de temps, je trouve, pour évoluer (dans la vie réelle), alors je suis contente que tu trouves ça réussi. Justement, comme tu dis, c'est lent niveau action, y'a pas 12 morts la minute (xD), mais c'était nécessaire pour vraiment permettre de comprendre le raisonnement parfois un peu... con (? xP) de Roxas. xD (Et je comprends tout à fait que tu le traites de débile, te gêne pas, tout le monde le fait 8D) C'est vrai, c'est un peu un animal blessé mais fier par moments, le genre qui te bouffe la main si t'essaie de le câliner. xD
Je sais, je sais, c'est violent. 8D Mais... J'suis trop contente que tu trouves ça super cool ! *_* En fait, c'est quasiment que du discours indirect libre, j'aurais pu la faire en "je" mais la troisième personne me laissait plus de possibilités... ^^
Contente aussi que tu aimes Vani. :3 J'ai remarqué, étonnamment, que c'était un personnage bien aimé (même si à la base c'est un peu le "rival" d'Axel... en quelque sorte... xD). J'espère quand même que les prochains chapitres feront remonter Axel dans ton estime :) En tout cas, merci beaucoup pour ta review, ça m'a fait super plaisir ! =3
Chers gens qui m'ont laissé des reviews ou envoyé des MPs cette semaine, sachez que je vous répondrai normalement d'ici demain. ^w^ Merciii x3
Sinon, quant à ce chapitre... Hm... C'était dur, mais je crois que j'ai réussi à montrer tout ce que je voulais montrer. Au programme : Kévin dont on commence à découvrir un peu la vraie personnalité (xD), pas mal de réflexion et une dernière partie qui vous surprendra peut-être - quoiqu'il en soit, j'en suis assez contente.
Sur ce, du coup, bonne lecture, et merci infiniment d'être encore là après 29 chapitres. xP
Chapitre 29 : Il paraît que le naturel, c'est bien aussi
Lorsque Roxas ouvrit les yeux, il ne sut pas combien de temps il était resté comme ça – assis, sur le sol, dans sa chambre, immobile.
La Playstation dans un coin, restée branchée, émit un bruit bizarre – il s'en foutait.
Ça faisait deux minutes, peut-être.
Mais peut-être aussi que ça en faisait quarante, peut-être que ça faisait déjà une heure, peut-être qu'il entamait sa troisième ou quatrième heure et ça se trouvait peut-être même qu'il s'était carrément endormi et que dehors le soleil déclinait déjà dans le ciel et peut-être même que-
Oh, putain, ta gueule.
Ça faisait deux minutes, point barre.
Il soupira fort et secoua la tête, comme pour chasser toutes ces putain de pensées de son putain de crâne. Marre de se prendre la tête avec tout ça, à la fin ; marre de se demander si ça allait, si ça allait pas, s'il pouvait agir comme ci-comme ça ou s'il pouvait pas.
En cet instant-même, il avait envie de hurler au monde qu'il savait pas et que, de toute manière, il s'en foutait.
Mais même une déclaration de ce genre-là n'aurait pas été tout à fait juste, à vrai dire.
Il s'en foutait pas. Il s'en foutait pas ; il pouvait juste pas s'en foutre, ça le touchait trop et ça le blessait trop pour qu'il s'en foute vraiment. Mais il savait pas – et ça c'était vrai, qu'il savait pas, c'était plus que vrai, qu'il avait pas la moindre idée de quoi faire.
Son iPhone vibra soudain dans sa main – ah, c'était donc là qu'il l'avait laissé. L'air hagard, pas trop décidé, un peu comme si soudain toute la motivation du monde avait décidé de fuir l'espace entre ses deux oreilles, il amena l'appareil à hauteur de ses yeux et observa ce qui s'affichait à l'écran.
Il s'attendait à un message de Cloud, à vrai dire. Ou de Vanitas – mais ça, il préférait pas, et ses doigts tremblaient un peu sur le métal chaud de son portable lorsqu'il appuya sur le bouton fin et long, juste au-dessus.
Fort heureusement, ce n'était que batterie faible qui lui rappelait que sans chargeur, il était un peu dans la merde, et il se sentit con dès le moment où il réalisa qu'il avait, l'espace d'un instant, retenu son souffle.
Il soupira.
Tant pis, tant pis, tant pis. Que son téléphone s'éteigne, il aurait plus de musique dans le casque et ça le ferait encore plus chier qu'il n'était déjà énervé maintenant – m'enfin, un peu plus, un peu moins…
Restait qu'il fallait qu'il fasse un choix, là – parce qu'il se voyait vraiment pas rester ici toute la sainte journée à attendre que sire Kévin veuille bien bouger son cul et le laisser sortir de l'appartement.
Trois options s'offraient à lui, s'il savait bien compter et qu'il avait bien envisagé toutes les potentielles solutions à ce foutu problème qui l'emmerdait bien – soit il retournait chez Cloud illico presto, avec toutefois le risque que son frère se soit déjà barré, soit il rentrait à l'appart' de Vani chercher ses affaires, soit enfin il allait à l'école malgré son retard, mais quoiqu'il en soit fallait qu'il commence par sortir d'ici.
C'est alors qu'un coup, un peu violent-un peu hésitant, résonna contre la porte de bois et le fit sursauter.
« Roxas ? Entendit-il, et la voix grave qu'il reconnut pas tout de suite le fit bientôt grimacer. Ecoute, je sais que c'est pas mon problème, mais… »
Bordel.
Ça commençait par K, ça finissait par N, y'avait quelque chose comme EVI en plein milieu de ce machin et la totalité le dégoûtait plus que tout au monde. Bordel. Mais si c'était pas son problème, et justement c'était pas son problème, qu'il se la coince, putain !
« Ça te r'garde pas, tu viens d'le dire ! Gueula alors le blond, sans aucune retenue. Va t'faire foutre ! »
Clair, c'était pas gentil – mais il l'avait mérité, cet enfoiré. Il l'avait mérité, ouais ; il avait que ce qu'il lui fallait, parce qu'il avait pas à venir comme ça, à lui poser des questions et à faire genre qu'il s'intéressait à lui, parce qu'en fin de compte c'était rien, juste l'imbécile de petit copain de sa mère – à la limite, son futur beau-père.
Mais sur le coup, ça lui fit bizarre d'envisager la situation comme ça, et Roxas secoua la tête. Nan, décidément, il imaginait vachement mal sa mère remariée avec ce type ; mais connaissant sa mère, il devait tout de même reconnaître qu'elle était bien capable de faire une connerie pareille, en fait.
Putain.
Il grogna une fois de plus, remballa son bordel et décida qu'il allait ouvrir la porte fort à la gueule de ce Kévin de merde, histoire que ça le défigure si possible pour un bon bout de temps. Quoi, il le détestait, ce mec – et si en plus, après tout ce qu'il avait dit ou fait, il osait, cet enfoiré, s'il osait épouser sa vieille folle de mère et devenir, par conséquent, un membre de sa famille... !
Roxas se promit qu'il lui péterait littéralement les couilles, d'un bon coup de pied dans l'entrejambe.
« Pourquoi tu n'es pas à l'école ? Demanda alors la voix de l'autre couillon, toujours sagement de l'autre côté de la porte. Heu... J'suis pas très doué, comme mec, mais on peut en parler, s'tu veux... »
Alors maintenant, il se prenait pour sa psy perso ?
Si le blond avait eu la tête à ça, peut-être qu'il se serait marré ; mais dans l'immédiat, il avait juste envie de le défoncer une bonne fois pour toutes, et c'est pourquoi il posa une paume sur la poignée de la porte, avant d'appuyer et de pousser en avant de toutes ses forces – y'eut un bruit sourd, un juron, et là Roxas ne put s'empêcher de ricaner.
« Putain ! Geignit l'adulte à côté. Mais t'es complètement malade ! J'essayais juste d'être gentil, bordel ! »
N'importe quoi, songea l'adolescent. Vraiment, à ce stade-là, c'était du foutage de gueule – lui, qu'avait foutu une beigne à sa mère, qui lui avait jamais adressé un putain de mot de sa vie, maintenant, il voulait être gentil ? Nan mais, oh, qu'il arrête de déconner, ce vieux con ; ni une, ni deux, Roxas avait fermé la porte de sa chambre à clé et, son iPhone fourré dans un sac de sport aux côtés du pull qu'il allait devoir – même s'il grimaçait déjà en imaginant la scène – rendre à Vanitas, et il s'était éloigné.
Fier de sa rapidité, le cœur battant un peu fort au creux de son torse, il ouvrit grand la porte de son appartement et ne se retourna même pas pour saluer son éventuel connard de futur beau père à la con.
« T'as pas à être gentil avec moi, acheva-t-il. De toute manière, j'sais très bien que t'en as rien à foutre. »
Blam.
La porte claqua le souffle de Kévin et Roxas disparut à l'extérieur.
Les lignes qu'il traçait au crayon oscillaient sans cesse, dangereusement, de droite à gauche et de gauche à droite, au fur et à mesure qu'il tremblait en dessinant.
Pestant sur le coup, il arrêta bientôt et ne put s'empêcher de jeter ledit crayon – même si, le pauvre, ce n'était vraiment pas sa faute, cette fois-ci – à travers la pièce et, l'œil critique dégoûté, toisa une dernière fois son « œuvre ».
Tu parles d'un artiste, ouais.
Ça ressemblait à rien, et le monde se paumait entre les traits disgracieux de son art déformé – à vrai dire, il avait l'impression d'avoir écrit au feeling une partition au rythme désordonné, juste parce qu'il le sentait comme ça, et franchement c'était trop loin de son style habituel pour plaire à ceux qui l'employaient.
Mauvaise idée, que d'essayer de travailler un jour où il se sentait aussi mal – autant se rendre à l'évidence qui frappait au carreau de son esprit depuis maintenant près de deux heures, il n'arrivait à rien de concluant aujourd'hui.
Alors, un soupir à l'appui, Axel froissa son croquis, l'abandonna sur le bureau et, rapatriant dans son dos le gros de ses mèches rousses et longues, décida d'aller ouvrir la fenêtre.
L'air sceptique, Roxas leva les yeux au ciel et observa qu'il était gris.
Gris, fourré de nuages. Y'en avait des foncés, y'en avait des plus clairs, mais au fond tout ce bordel n'annonçait qu'une seule et même chose – aujourd'hui, il allait pleuvoir.
On savait pas trop quand, à vrai dire – du moins, le blond n'en avait pas la moindre idée –, mais ça allait arriver et au fond, c'était tout ce qui comptait vraiment.
Quelle idée de merde qu'il avait eue, que de s'asseoir à la terrasse plutôt qu'à l'intérieur du café ; heureusement, songea-t-il alors, il avait bientôt fini. Les miettes du croissant qu'il avait dévoré restaient seules dans l'assiette blanche et mate, tandis qu'il avalait doucement les dernières gorgées de son coca-cola – et déjà il se demandait si ça avait vraiment été une bonne idée d'acheter ça ici, sachant qu'il avait comme fric pas plus que les quelques pièces trouvées dans la poche intérieure de sa veste et dans son sac.
Il pesta, agacé.
Bordel, c'était trop con – il se sentait comme un débile d'ado en fugue mais putain, c'était pas ça, sa situation, pas du tout. Il fuyait pas, il fuguait encore moins, et c'était pas parce qu'aujourd'hui il manquait les cours que forcément- Rah, il en avait plus que marre. Il réfléchissait, bordel, il réfléchissait et c'était tout – et il y consacrerait la journée, le lendemain, ou même la semaine s'il le fallait, mais il trouverait une putain de solution à son putain de problème.
Même si c'était pas aussi simple que ça pouvait en avoir l'air, en fin de compte. Un soupir qu'il ne remarqua même pas, et il ne put s'empêcher de baisser les yeux sur la misérable assiette qu'il avait laissée vide ; clair, que c'était pas si simple, ouais. D'un côté Vani, d'un autre Axel, d'un troisième Cloud et maintenant Kévin qui lui revenait en tête – en réalité, les emmerdes l'entouraient, l'encerclaient, et un jour elles finiraient bien par l'étouffer.
Mais fallait qu'il se rende à l'évidence, putain ; il pouvait pas, il pourrait pas, et il arriverait jamais à rien s'il continuait à foutre que dalle. Fallait qu'il se bouge, fallait qu'il se batte, fallait que fallait que fallait que et bordel, et s'il y arrivait pas, hein ?
Se pointer chez sa mère une bonne fois pour toutes, choper la vieille et son Kévin, les regarder droit dans les yeux et tout mettre enfin à plat, leur dire qu'il n'était pas... ça – facile.
Roxas s'était levé, tout du moins, et maintenant il s'en allait, vite fait.
Retourner chez Cloud, lui poser clairement les questions qui tournaient dans sa p'tite tête, lui parler de Zack et de leur relation et lui dire que peut-être c'était pas si grave d'être... ça – facile ?
Ses pas s'enchaînaient, l'un après l'autre, tac tac tac, ça martelait le sol en lieu et place de la pluie et il avançait rapidement, à s'en faire tourner la tête.
Aller voir Vanitas, lui parler de rien, s'excuser pour s'être cassé, continuer comme si de rien n'était et le rembarrer pas trop méchamment s'il déclarait... ça – bordel, c'était pas facile.
Et sans qu'il ne se doute de rien, ses pas hasardeux dans le quartier l'avaient sans aucun doute mené au dernier endroit dans lequel il aurait jamais voulu se rendre.
Bordel.
Fasse le ciel qu'il puisse tourner les talons et se casser en courant. Tout de suite.
L'air frais de la fin de matinée le frappait de plein fouet, s'insinuait entre les mailles du tissu noir, pourtant épais, du sweatshirt sur son torse et ses épaules ; c'était pas que ça le dérangeait, note, loin de là, mais y'avait des moments où Axel appréciait le froid autant que la chaleur, et d'autres où il n'aimait absolument rien, simplement parce qu'il avait pas la tête à ça – et puis merde, comme aurait dit une certaine personne.
Aujourd'hui était un jour sans, et puis c'était tout – enfin, en théorie. A l'exception près que ce devait bien être le cinq ou sixième jour sans consécutif et que ça, c'était pas bon, ni pour sa santé ni pour son travail – en fait, c'était même carrément inquiétant.
A ce rythme-là, bientôt il ne sortirait plus de l'appartement, ne mangerait plus, ne toucherait plus à la vaisselle, ne dessinerait plus, arrêterait de boire et de nourrir ses hamsters et à force peut-être même qu'il allait – qu'il allait se la fermer, surtout. Il secoua la tête, ne sachant s'il devait rire ou pleurer de sa propre manie, complètement débile, à dramatiser mentalement les choses.
Peut-être aussi que tout irait juste bien, et puis voilà.
Mais il avait beau se le dire, se le répéter sans cesse, un truc en lui lui soufflait fort que tout ça, c'était des conneries – et quand il y réfléchissait, il pouvait que réaliser qu'au fond, ce truc, il avait pas tout tort. En même temps, c'était lui l'idiot, aussi ; franchement, qu'est-ce qui lui avait pris de balancer un truc pareil à Roxas ?
Il savait, pourtant, à quel point le blond était susceptible. Et à quel point il prendrait mal cette petite réplique que, fallait bien reconnaître, n'importe qui aurait mal prise, en fait...
Rah, bordel, il s'en voulait, maintenant. Comme d'habitude, en fait. Le menton enfoui entre ses bras, croisés sur le rebord de la fenêtre, il esquissa un sourire, un peu triste un peu bizarre – décidément, ça devait être dans son caractère, en fait. De pas pouvoir se fâcher trop, trop longtemps – avec Roxas, du moins.
Et d'un côté, il se détestait pour ça.
Ça devait donner l'impression qu'au fond, il était qu'un type faible – ce qui, fallait l'avouer, n'était pas complètement faux – et, un peu désespéré, il soupira toute sa mélancolie avant de reporter son regard sur l'extérieur.
La fenêtre à laquelle il s'était placé – laissé tomber, plutôt – donnait directement sur la rue, et il y perdit ses yeux quelques instants, juste histoire de retrouver le sourire.
Après tout, il aurait fait cela toute la journée s'il avait pu – regarder les gens passer. Les gens, tous ces gens, de tous les horizons, avec leurs occupations, leurs pensées qui s'entrechoqueraient fort si elles pouvaient traverser les barrières de leur cerveau, et les millions de voix dans tous les sens, les bruits qui peuplaient la ville entière ; oh, c'était bête, ouais, mais Axel pouvait pas s'en empêcher, d'apprécier tout ça.
Artiste oblige, fallait dire que ça l'inspirait plus ou moins suivant les jours, et même que c'était pour ça qu'il s'était trouvé dans le parc le jour où il avait rencontré ce petit bout de monstre qu'était Roxas – automatiquement, le rouquin sourit. L'adolescent devait le détester, après tout ça, et peut-être même bien qu'il était du genre à le brûler tous les soirs en poupée vaudou, mais quoiqu'il essaie, quoiqu'il y fasse, Axel ne parvenait pas à lui en vouloir.
Alors, il décida d'abandonner, peut-être parce qu'il avait pas forcément la volonté de se battre encore, et il baissa ses yeux verts sur la fouille grouillant en bas de l'immeuble.
Chose inhabituelle toutefois, ça grouillait pas directement en-dessous ; l'effervescence était plus loin. Au bout de la rue, parce que ça rejoignait la principale, on entendait le crissement des pneus et, de temps à autres, un klaxon – mais c'était encore le matin, après tout, aussi il était logique que le devant de l'immeuble, la rue bordée d'un ou deux cafés à tout casser ne soient pas encore bourrés de monde.
Une grande femme passa rapidement sur le trottoir d'en face, le téléphone portable à la main.
Soudain, le regard d'Axel se figea – instantanément.
Un enfant se mit à pleurer, jusqu'à ce que son père le prenne dans ses bras.
Non, c'était pas possible – juste pas possible, pas croyable et pas possible.
Une voiture, rouge ou bleue, traversa la rue sur les chapeaux de roues.
Sur le métal froid du rebord Axel sentit sa main trembler et il regarda mieux mais arriva aussitôt à la même conclusion.
Et puis, en bas, dans la rue, debout, seul, Roxas porta son iPhone à hauteur de ses yeux.
Il arrivait pas à y croire – qu'il était là, en face de l'immeuble d'Axel, où il avait absolument rien à foutre, et qu'il hésitait, maintenant, à lui passer un coup de fil et à avoir une bonne discussion avec lui, cette fois.
Il arrivait pas à y croire – qu'il était là, le blond Roxas, juste en face de son immeuble, et qu'il y restait, alors qu'il pouvait partir, qu'il partirait sans doute d'une minute à l'autre, et que personne ne pourrait le retenir parce que-
Axel voulut crier mais s'en empêcha, s'écarta brusquement de la fenêtre et courut vers la porte d'entrée, sortit sans même la refermer ; puis il dévala les escaliers, deux marches après deux marches, s'efforçant d'en louper le moins possible – et puis, enfin, soudain, trop vite peut-être, il se retrouva en bas, protégé tout juste encore par la large porte en verre de l'immeuble.
Ce n'est qu'alors qu'il s'arrêta – et que, soudain, il hésita.
Et maintenant, que faire ?
Il le chercha des yeux, en face, rapidement, et Roxas était toujours là, Dieu soit loué ; mais il pouvait toujours partir d'une seconde à l'autre, il fuirait sûrement en voyant Axel s'approcher, l'insulterait de tous les noms, et puis le rouquin avait laissé la porte de l'appartement ouverte, la fenêtre aussi, tout en plan rien que pour descendre et-
Il se trouvait profondément con – et puis, d'un autre côté, il sentait en lui une sorte d'adrénaline, bizarre et indescriptible, et ça lui donnait juste envie d'aller de l'avant, de laisser tomber tout le reste et de s'avancer vers Roxas ; et après, il verrait. Parler, s'excuser, lui expliquer, l'inviter ou l'engueuler, il aviserait, comme il le faisait toujours quand il s'agissait du blond ; il savait par expérience, de toute façon, que ce garçon était plus qu'imprévisible, et que mieux valait qu'il saute sur l'occasion unique qu'il avait là, qu'il ne laisse pas passer sa chance, au lieu d'essayer de préparer un plan d'action complètement stupide et inutile.
Alors, il inspira un grand coup, posa la main sur la large poignée de la porte d'entrée et la poussa en avant – clic, débloqué, clac, refermé, et voilà qu'il était dans la rue, en jeans et sweatshirt, à quelques mètres à peine du blond. Une camionnette, garée devant lui, arrêtait sûrement le regard de Roxas lorsqu'il se dirigeait par ici et le protégerait encore jusqu'à ce qu'il traverse la rue ; soudain, une voiture passa en trombe, et Axel sentit le regard de l'adolescent la poursuivre encore jusqu'à l'horizon.
Sans vraiment s'en rendre compte, le rouquin sourit. C'était complètement débile, ce qu'il était en train de faire – clairement. En habits d'appartement, complètement décoiffé, pas maquillé, en pantoufles même, dans la rue un mardi matin, où l'air était frais mais pas froid et les gens de bonne humeur ; mais quelque chose, au fond, lui disait que Roxas devait pas être en bien meilleur état, aussi il attendit que le trafic se calme et il travers la rue, se dirigeant directement sur celui qu'il visait depuis le début.
« Roxas ! »
Le blond sursauta en entendant son prénom. Il était un peu ailleurs, à vrai dire – le regard perdu sur l'écran de son iPhone, où il n'avait toujours rien fichu tandis qu'il réfléchissait plus ou moins clairement aux options qui s'offraient à lui, il avait un peu mal à la tête et ses lunettes avaient glissé sur l'arcade de son nez.
Il frotta doucement ses yeux, les releva d'un geste précis et ce n'est qu'alors qu'il réalisa qu'on l'avait appelé – genre, pour de vrai. Et merde.
Merde, ouais – bordel de merde. Il était fringué à la va-vite avec deux-trois trucs chipés dans son armoire, il avait ses horribles lunettes sur le pif, il était pas maquillé et putain, il ressemblait juste à rien, là ; une main glissée dans ses cheveux en bataille, histoire de les réarranger vite fait, et il chercha aussitôt une échappatoire, juste avant qu'il ne réalise qui précisément l'avait appelé, en fait.
Qui.
Cette voix – il la connaissait.
Qui.
Putain de bordel de merde.
La réalisation de la réponse le frappa en pleine poire comme un poteau en pleine figure et il s'en serait cassé la gueule, à la renverse, si y'avait pas eu le mur d'un immeuble juste dans son dos.
« Axel ? »
Il s'était à moitié étranglé et sur le coup, il voulut se casser, comme par réflexe – mais avant même qu'il ait pu faire un geste, les deux larges paumes du roux se placèrent sur ses épaules et il se retrouva pris au piège. Bloqué – bordel, il était bloqué. Impossible de bouger, impossible de s'en aller, obligé à rester et à écouter cet imbécile de travelo sur lequel il osait même pas lever les yeux ; mais bordel, bordel, il était pas censé être fâché, lui, et plus jamais vouloir lui parler ? Et de toute façon il s'attendait à quoi, à des excuses, à des remords, à une nouvelle engueulade ? Et puis, et puis, Roxas pouvait décidément pas lui permettre de le voir comme ça, pas lui, pas maintenant, pas alors qu'il était même pas habillé correctement, et pas maquillé, et sans verres de contact, et putain, mais il allait en penser quoi, de tout ça, enfin ?
« Hé, Roxas, écoute, dit alors le rouquin, même si l'autre l'écoutait qu'à moitié. S'te plaît, Roxas, hé oh !
– Va t'faire foutre ! Se prit-il pour toute réponse, et les mains de Roxas couvraient maintenant son visage. Dégage, putain, mais dégage, t'es fâché non ? Casse-toi, bordel ! »
Lui, fâché ?
Sans comprendre trop pourquoi, Axel sourit et prit les poignets du blond au lieu de ses épaules.
Il avait été fâché, des jours durant, avant et après lui avoir gueulé dessus, c'était clair.
Avec douceur, il tenta d'écarter les bras du garçon, histoire de pouvoir le voir, le regarder droit dans les yeux, enfin-
Mais il se rappelait maintenant comme cette colère lui avait fait mal, à lui, et il réalisait qu'au fond, elle avait bien dû faire mal à Roxas, aussi.
Alors, il insista un peu et décida de parler encore plus doucement – comme s'il s'adressait à un tout petit enfant.
« Nan, j'suis pas fâché, souffla-t-il, gentiment. Je l'étais mais je comprends ta réaction, d'accord ? J'suis désolé, j'ai mal réagi. Maintenant, tu veux bien arrêter de te cacher, s'il te plaît ?
– Putain, ta gueule ! Répondit Roxas, haut et fort, et il se débattit mais les poings d'Axel sur ses bras tinrent bon. Me r'garde pas, putain ! Me r'garde pas ! »
Le blond avait l'air à choix d'un animal blessé ou d'un enfant en colère – et le roux ne put s'empêcher de rire, un peu, à cette comparaison. Oh, bien sûr, c'était pas qu'il se moquait de lui – c'était juste que...
« Allez, laisse-moi voir ! Insista-t-il, sur le ton de la plaisanterie. T'es pas complètement balafré que j'sache, non ? Youhou ? »
Ce fut le mot de trop – moins d'une seconde après, ses côtes ressentirent à nouveau la douleur maintenant presque familière du poing de Roxas, et la surprise le fit lâcher les bras de l'autre qui, à la plus grande surprise d'Axel, ne continua toutefois pas à se cacher.
Le blond attrapa son sac d'une main et recula, avant de lui jeter un regard plein de haine mais d'autres choses, aussi ; et puis, il avait les joues un peu rouges, les yeux un peu trop bleus au milieu de ce visage étrangement pâle, pas vraiment comme d'habitude – et sitôt qu'il le vit Axel sut que ce Roxas-là n'avait rien à voir avec le Roxas qu'il avait toujours connu.
« Hé, attends... Tu portes des lunettes ? »
Aussitôt, le blond eut un nouveau mouvement de recul, et détourna violemment la tête, préférant mille fois mater les pavés sur le sol plutôt que de regarder Axel dans les yeux.
« Vas-y, fous-toi d'ma gueule ! Lança-t-il alors, agacé, et il angoissait au fond, parce qu'il sentait, bordel, il sentait qu'il commençait à perdre le contrôle. Fous-toi d'moi j'te dis, je sais que c'est ultra moche, t'façon j'ressemble à rien alors t'as qu'à t'foutre de ma gueule, connard ! »
Le rouquin parut surpris mais Roxas ne le remarqua même pas – il s'en foutait, de toute manière, il s'en foutait, de ce connard, il sentait ses joues rouges sur son visage et il devait garder fermés ses yeux qui piquaient, piquaient, pour éviter de craquer et de déverser le trop-plein d'émotions dont il souffrait temps sur Axel ; parce que bordel, bordel, bordel, Axel, c'était peut-être bien la dernière personne au monde à qui il avait envie de faire part de ses émotions.
Enfin, il croyait.
« Mais, Roxas...
– Crève putain ! J'en ai vraiment marre ! J'sais que j'suis horrible, pas b'soin de le dire, enfoiré !
– J'ai rien dit, tu s-
– J'm'en fous ! J'm'en fous bordel ! T'as qu'à te moquer, j'm'en fous okay ? J'm'en fous, j'te dis ! Je... »
Le blond s'arrêta soudain – à cours d'insultes à proférer, peut-être, ou de rage à faire sortir, de mots à prononcer. Il avait envie de pleurer, maintenant ; ouais, d'pleurer. Comme un putain de gamin de merde.
Et c'était le genre d'envie si forte et si désagréable qu'on pouvait juste pas y résister – alors, il couvrit son visage de ses deux paumes, et s'efforça de pas regarder Axel, de pas l'voir ouais, de faire comme s'il était pas là, et son cœur secoué de douleur se chargea du reste.
« Roxas ? »
Il répondit pas.
Putain.
Il avait mal.
Putain.
Il avait terriblement mal au fond et il savait même pas pourquoi – sur le coup, il se détestait pour ça.
« Roxas. »
Un ton plus posé, plus calme.
Une main posée sur son crâne, timidement, et les longs doigts dans ses cheveux, entre ses mèches blondes. Il ne les sentit même pas, trop occupé-trop secoué, le cœur à l'envers et l'esprit retourné.
« Roxas, écoute-moi. Tu dois pas avoir honte, d'accord ? »
La voix d'Axel était douce et bientôt, il n'entendit plus qu'elle – même si, jusque là, c'était vraiment pas ce qu'il avait voulu.
L'autre main prit la sienne et l'écarta de son visage, doucement – il se braqua, voulut la retirer, mais le roux était plus fort et il dut abandonner.
« Ecoute, heu... Je sais que tu me détestes, et je suis quasiment sûr que tu vas détester ce que je vais te dire, mais... »
Mais ?
Un index chaud essuya une larme sur sa joue, replaça l'une de ses mèches et ajusta la position de ses lunettes.
Roxas avait cessé de se battre.
Toute l'énergie qu'il restait allait à son cœur, maintenant, et son souffle s'arrêta – juste une seconde, l'espace d'un instant.
« Tu sais... Même au naturel, t'es vraiment mignon. »
La Terre s'arrêta de tourner à cet instant, et Roxas tressaillit – des pieds à la tête.
Dans toute sa vie, Axel était le premier à lui avoir dit un truc pareil – sans aucun doute possible.
Et voilààà =)
J'espère que ça vous a plu. :3 Juste pour savoir, avez-vous une idée du métier d'Axel ?
La prochaine fois, j'les ferai discuter... Si Roxas veut bien. Merci d'avoir lu en tout caaas x3
