Bonsoir tout le monde !

Geurgh. Mes vacances sont déjà finies (une semaine et demie, et c'est tout... T.T). J'aimerais qu'on me rende mon temps là. J'en ai marre des nettoyages de printeeeeemps *pleure*

Mais à part ça, heu... Bah voilà, le chapitre 30... Je l'aime moyen, mais mes bêta-lectrices m'ont dit que c'était pas si mal, alors j'vous laisse juger =) J'espère quand même que ça vous plaira. ^^ (Je suis pas douée avec les dialooogues *bam*)

Darling Sue : Merciii ^^ Je te rassure, Roxas ne va pas continuer à se bloquer et à frapper Axel, parce que sinon, heu... Comment dire... Y'aurait plus d'histoire et mon scénario avancerait pas D: Mais je suis vraiment contente que ça t'ait plu en tout cas. ^^ Je passerai voir si j'ai le temps. Merci pour ton commentaire =)

J'ai déjà répondu aux autres normalement ^w^ Comme d'hab', pour ceux qui m'ont envoyé des MPs, ceux à qui j'ai pas encore répondu, baah... Je réponds dès que je peux. J'essaie de gérer ça ce soir mais je pars demain matin en Irlande (je rentre dimanche prochain, si jamais) ... J'essaierai :3

En tout cas, bonne lecture ! x3 J'espère que vous aimerez. Encore merci à Cloudy-L et Elerina :3


Chapitre 30 : Il paraît qu'être aimé, ce n'est pas si grave

Roxas expira tout l'air de ses poumons, d'un seul coup.
La pluie extérieure ne s'était pas montrée depuis longtemps mais la pluie intérieure faisait rage, comme pour compenser.

Bordel de merde. Comment il s'était retrouvé là, déjà ?
Il se rappelait à peine, à vrai dire – il avait levé le poing, dur et coléreux, frappé Axel, en plein dans le ventre, mais l'autre l'avait arrêté, l'avait repoussé non l'avait retenu, contenu, et ensuite il avait-
Il ne savait plus. Il ne se souvenait plus – plus rien, plus rien du tout, sinon la colère dans sa poitrine au-dessus d'un sentiment différent, plus profond, moins intéressant à ses yeux, plus étrange aussi, et plus incompréhensible que tous les sentiments du monde réunis.
Et pourtant, et pourtant, malgré la colère et la douleur et la bizarrerie, malgré la haine dans ses yeux la faiblesse dans ses coups la rage dans sa tête la peur dans son cœur, maintenant, il était...

Quelque chose se bloqua au fond de sa gorge et il peina dès lors à avaler sa salive.
Qu'est-ce qu'il foutait là, exactement ?
Il voulut tousser mais sa gorge était sèche et il ne put que baisser la tête, histoire qu'on voie pas que ça l'embêtait, tout ça.
Il s'était pourtant promis, promis, juré-craché de ne plus jamais mettre les pieds ici ; et pourtant...

Et pourtant il était revenu – revenu, dans l'appartement d'Axel.
La brise de l'extérieur soufflait sans bruit le carreau de la fenêtre, le tissu du canapé sous ses doigts crispés était doux et les hamsters dans leur cage s'étaient tus, cette fois-ci ; restait seul bruit le dérangeant vrombissement de l'ordinateur portable, pas vraiment de dernier cri, abandonné sur la table, mais bientôt le rouquin se pencha dessus et, d'un geste précis, rabattit l'écran pour mettre l'appareil en veille.

Puis, il se redressa – ne s'assit pas. Il avait en main une tasse de thé qu'il offrit à Roxas mais le blond ne leva pas les yeux sur lui, n'osa pas sûrement ; au lieu de ça, il s'arma de courage et tendit simplement la main pour récupérer l'anse du récipient brûlant, qu'il dût quasiment aussitôt déposer sur la table basse pour éviter de cramer ses putain de doigts et soudain il eut vachement envie de tout exploser autour de lui, en fait.
Mais il n'en trouva pas la force et se contenta donc de bouillonner intérieurement, comme une cocotte-minute dont un con aurait oublié de s'occuper une fois le premier sifflement retenti.

Axel resta debout, il resta assis. S'empara délicatement de la tasse. La porta à ses lèvres. Souffla doucement. S'aida de l'autre main, ses phalanges brûlaient par endroits ; puis, doucement, lentement, goûta.

Presque aussitôt, il grimaça – bordel, il avait toujours détesté, détestait et détesterait sûrement encore longtemps ce breuvage infâme qu'était le thé. Trop aigre ou trop foncé, pas assez sucré pas assez coloré, une teinte parfois verdâtre à d'autres moments brune ou noire, et non, putain, décidément non, il arrivait pas à imaginer qu'on puisse avoir envie de boire ce truc.

Mais malgré l'horrible goût amer de la boisson, il ne dit rien. De toute manière, il savait juste trop pas quoi dire. Il avait suivi Axel, bêtement, parce que celui-ci après s'être pris un poing l'avait attrapé par le poignet et ramené jusqu'ici – mais pourquoi, bordel, pourquoi il s'était pas débattu avant, pourquoi il avait pas crié au voleur au violeur au pervers au pédophile quand il en avait encore le temps ? Pourquoi, putain, pourquoi est-ce qu'il avait dû attendre d'arriver devant l'appartement de l'autre crétin pour réaliser que y'avait peut-être un truc qui jouait pas, déjà ?

Ah, oui.
Les doigts d'Axel noués autour de son poignet l'avaient serré fort entre le radius et le cubitus, tout comme sa putain de déclaration avait serré fort son cœur entre l'artère droite et celle de gauche, tant et si bien que même après, maintenant, il arrivait à se débarrasser de cette putain de sensation, du souvenir de cette putain de sensation.

« Roxas, dit soudain le roux, pensif, debout à ses côtés. Je... Je te forcerai pas à me dire quoi que ce soit, d'accord ? »

Un peu surpris, le blond ne répondit pas. Ne le regarda même pas. Ne se tourna pas, ne se retourna pas, non. Ne fit pas attention – du moins, à ce qu'il voulait bien laisser son camarade croire, à ce que sa fierté voulait bien lui laisser montrer à Axel. Car pour rien au monde, non, son honneur ne s'en serait sorti sauf s'il avait osé avouer qu'en réalité, c'était pendu aux lèvres de cet imbécile de travelo et non par ennui qu'il traçait du regard les mouvements de l'eau bouillante dans sa tasse.

« Je dois t'avouer que..., hésita un peu l'autre, mais il continua quand même. Ça m'a étonné de te voir en bas de chez moi, tout à l'heure, et je sais pas vraiment pourquoi tu es venu, mais... »

Il faisait beaucoup de pauses lorsqu'il parlait, cette fois-ci ; mais le blond ne l'avait jamais entendu si incertain, à vrai dire, et sans même le vouloir il commença à douter du fait qu'Axel aille vraiment aussi bien qu'il en avait l'air, qu'il ne s'en donnait l'air. Et là, soudain, Roxas réalisa que ses putain d'yeux de merde avaient fait tous seuls, comme des grands et sans s'emmerder à lui demander son accord, le chemin de sa tasse de thé jusqu'à ceux du rouquin – aussitôt il voulut se dégager, s'barrer vite fait, mais...

Mais le vert pur en face de son bleu mitigé lui fit changer d'avis et bordel, il arrivait plus à bouger, maintenant. Fallait qu'il parle – fallait qu'Axel parle, qu'Axel dise un truc sinon il allait devoir lui-même engager une putain de conversation pour les sortir de cette impasse visuelle et mentale plus que chiante, dans l'instant.

« Mais t'es vraiment pas obligé de m'en parler, finit tout à coup le travelo, d'une traite. J'veux pas que tu croies que je veux m'introduire dans ta vie privée, d'accord ? Tu viens si tu veux, et maintenant j'ai juste un peu l'espoir que tu veuilles bien discuter avec moi, en fait... »

Timidement, peut-être, l'air un peu gêné, le type frotta l'arrière de son crâne, balançant ses cheveux longs, détachés et bordéliques un peu dans tous les sens.

« Ça veut pas dire grand-chose, j'réalise. »

Il marqua une nouvelle pause et maintenant, il matait le sol droit dans les lattes, ou la moquette, ou Roxas savait pas trop où exactement, mais de toute manière il s'en foutait. Il se sentait pas l'âme de virer son regard d'Axel pour le jeter sur le sol, à vrai dire.

Il s'en foutait du sol, il s'en foutait du plancher ou de la moquette, de la moquette ou du plancher, il voulait juste que cet imbécile, que ce crétin fini de bordel de merde à la con finisse de lui dire ce qu'il avait à lui dire, et comme ça ensuite il pourrait-
Il bloqua.
Il pourrait quoi, exactement ?
Putain. Il savait même pas. Il pourrait. Il pourrait. Il pourrait s'casser, ouais, l'insulter un-deux-trois coups et s'barrer en courant, vite fait, mais bizarrement son cœur serrait plus fort lorsqu'il songeait à cette option et merde, peut-être que c'était pas la bonne, en fin de compte.

« J'suis désolé, reprit soudain Axel, et Roxas réalisa que bordel, il s'était rapproché - juste un pas, rien qu'un pas, et quand même un putain de pas. Pour l'autre fois, j'veux dire. J'aurais pas dû, et je m'en veux vraiment... Mais maintenant plus j'te regarde et plus j'me dis que t'as l'air de quelqu'un qui a besoin d'un coup de main, tu vois ? Et je sais que tu voudras pas m'en parler, mais j'peux pas m'empêcher de m'inquiéter pour toi, et je sais pas pourquoi t'es venu, mais d'un côté j'aimerais bien que ce soit pour parler avec moi, et puis d'un autre j'ai peur que t'aies un problème, et surtout si je peux t'aider je... »

Au fur et à mesure que les mots s'échappaient comme d'eux-mêmes des lèvres du roux Roxas en perdait le fil et maintenant il arrivait plus à suivre ; putain. Fallait qu'il arrête ça, fallait qu'il stoppe cet incessant flot de paroles, qu'il trouve quelque chose à dire, à faire pour prendre le temps de réfléchir.

Réfléchir. Enfin. Juste penser. Capter. Enregistrer ce qu'il balançait tout droit depuis son cœur où il avait théâtralement posé la main, ce que le blond recevait en pleine tronche et ce qui, au fond, au bout de trois secondes n'avait plus vraiment de sens premier.

« Axel ! Il gueula soudain, et il se leva presque. Heu... Attends, s'te plaît... »

Il baissa les yeux baissa la tête regarda ses pieds et ne pensa plus.
Le travelo obéit immédiatement, toutefois, sûrement surpris qu'il ait crié ; mais la tension dans ses membres et l'attention dans son regard se sentaient jusqu'ici et merde, ça le foutait vachement mal à l'aise. Ça lui donnait mal au cœur, à la tête, et même au ventre, en fait ; parce que petit à petit, ce foutu silence amenait dans sa tête tout ce qu'avait balancé Axel, et sa tête y mettait un peu d'ordre, et son cerveau interprétait encore le tout, et...

Et soudain, il songea à ce que lui avait dit Vanitas.
Ce dont il avait déduit que Vani avait des sentiments pour lui, peut-être ; ce à cause de quoi il s'était brusquement barré de chez son meilleur pote hier au soir, aussi. Bordel.
Réaliser la chose lui fit mal tellement ça le frappa fort dans la gueule et soudain il se trouva vraiment con.

Axel s'était fâché contre lui et maintenant il s'en voulait.
Mais Axel venait de s'excuser pour ce qu'il avait dit et maintenant c'était le manque d'assurance que son regard trahissait.
Et puis Axel s'inquiétait pour lui, Axel voyait bien qu'il avait la mine défaite, Axel savait bien que c'était pas normal s'il le frappait pas de toutes ses forces avant d'se casser, Axel remarquait bien que quelque chose n'allait pas et surtout, surtout, surtout, Axel voulait savoir ce dont il s'agissait, simplement parce qu'il s'en faisait, parce qu'il était prêt à l'aider même maintenant, même après tout ce qu'ils avaient vécu, même après tous les mots et tous les cris et...

Roxas retomba brusquement assis sur le canapé et sa gorge bloquée d'émotions ne lui permit plus ni de boire, ni d'avaler, ni de déglutir, ni même de respirer vraiment.
Axel devait être vachement amoureux de lui pour accepter de lui tous les mots depuis le début, qu'il paraissait – et pourtant, encore maintenant Axel recevait, s'en prenait plein la gueule, ne se défendait pas, s'en voulait lorsqu'il répondait, et s'inquiétait pour lui encore plus que Kévin ou que sa mère ou que Cloud ou que Vani ne l'aurait jamais fait.

« Je suis désolé, Roxas, finit quand même par dire le rouquin, voyant que l'adolescent ne poursuivait pas – mais son visage avait maintenant la même couleur que ses cheveux ou presque, et c'était gênant, pour l'un comme pour l'autre. Je... Je voulais pas te mettre mal à l'aise. Et… »

Sa phrase resta en suspens.
Le souffle de Roxas aussi, bizarrement.

« Bordel, lâcha-t-il, sans pouvoir retenir un petit rire nerveux, tu vas vraiment détester c'que je vais te dire... »

Et à cet instant, le blond comprit que son meilleur pote avait eu raison.
A la manière dont Axel ne le regardait pas, au soin qu'il mettait à éviter ses yeux, à la manière peu sûre dont il parlait, et à tous ses actes, tout ce qu'il avait fait pour lui envers le peu qu'il avait fait contre lui, l'adolescent jugea comme il savait si bien le faire ; mais au lieu de naître en lieu les insultes qui l'animaient d'habitude s'éteignirent brusquement dans son cœur et dès lors, il ne pigea plus rien.

Fallait l'insulter, pourtant, fallait l'traiter de tous les noms, lui dire que c'était qu'un enfoiré, un sale gay, une vieille tapette, un type insupportable et le repousser, l'envoyer paître, lui rappeler que lui-contrairement-à-d'autres était normal, et fallait qu'il se ressaisisse, pas qu'il attende de recevoir les mots en pleine gueule, fallait qu'il se protège qu'il se défendre avant de finir la tête en l'air et le cul par terre – mais...

Mais.
Mais, et s'il avait pas envie, hein ?
Mais, et s'il voulait juste écouter Axel jusqu'au bout, alors ?
Mais, et s'il avait besoin d'entendre ces mots-là, en fait ?
Mais, et si ça le dérangeait pas tant que ça, au fond ?

Merde. Il avait complètement perdu la tête et il s'en voudrait plus tard pour ce qu'il était sur le point de dire, mais...

Mais il releva la tête et regarda Axel droit dans les yeux, capta son regard capta son visage, et tâcha de ne pas trop ciller, de ne pas trop fléchir tandis qu'il parlait.

« A-Axel, dit-il avec tout le peu d'assurance dont il disposait encore, est-ce que... Est-ce que t'es amoureux d'moi ? »

Le roux se figea, comme si la foudre l'avait frappé dans toute sa longueur ; et puis, une, deux, cinq, dix secondes après, il sembla reprendre soudain vie. Recommencer à respirer, continuer à trembloter, l'air incertain, perdre son regard un peu partout dans la pièce – et Roxas lui sentait son cœur trembler dans sa poitrine, et ça se ressentait sur sa peau où il sentait soudain le froid dans la tiédeur de la pièce, mais quoiqu'il dise quoiqu'il fasse quoiqu'ils fassent ses yeux refusaient farouchement de quitter le corps de l'autre, en l'attente désespérée d'une réponse bientôt.

Bientôt.
Allez, réponds, Axel, réponds, nom d'un chien, qu'il se disait, qu'ils se disaient tous deux ; même si l'un savait que la réponse allait blesser l'autre, l'autre connaissait cette réponse déjà et se préparait à ce que l'un le blesse, et de toute façon ils avaient tous deux besoin que ce soit vraiment dit – pour de vrai, maintenant.

« Axel ? Insista alors Roxas. Hé ? »

Deux semblants de question et ça fit tout exploser.
La réponse, elle, ne se fit pas attendre.

« Oui. »

Oui.
Un mot, trois lettres. Trois voyelles-zéro consonne pour la combinaison la plus utilisée de la langue française, probablement. Un truc sympa, pas vraiment méchant, que tout le monde disait tout le temps à tout le monde ; oui maman, je range ma chambre, oui papa, j'veux bien du gâteau, oui ma chérie, j't'apporte un café, oui mec, t'as foiré ton examen, oui madame, je sors de la classe, mais aussi oui monsieur l'agent, voilà mes papiers, oui mon père, je veux l'épouser – et, dans le cas présent, oui Roxas, j'crois bien que j'suis amoureux d'toi.

Axel l'avait pas dit mais ses yeux causaient à sa place et bizarrement ça lui fit du bien – au blond, de voir ça. Comme ça. Là et maintenant. La faiblesse dans les grands orbites teintés de vert lui rappelait qu'en cet instant il était fort et responsable de ce qui arriverait ensuite ; techniquement, ça aurait dû lui faire peur, logiquement, il aurait dû l'insulter et s'barrer en courant, mais...

Mais il devait reconnaître que se sentir si important que ça aux yeux du naturellement si calme Axel, c'était peut-être pas si horrible que ça.

Il était habitué à voir le roux comme une espèce d'imbécile heureux, trop souvent de bonne humeur, prêt à papillonner en chantonnant tout autour de lui, parapluie rose à la main et fleurs dans les cheveux ; or, ce visage qu'il lui servait-là s'éloignait complètement de l'habitude. C'était pas la même chose, c'était plus pareil, c'était plus la joie et le je-pardonne-tout-à-tout-le-monde, mais c'était pas non plus le côté triste ou fâché que l'adolescent avait pu apercevoir quelquefois – c'était un truc complètement nouveau, en fait, et quelque part Roxas se sentait fier d'être le seul à pouvoir faire naître chez le rouquin ce genre d'émotions, à lui faire tirer ce genre de tronche-là.

Oh, c'était débile, bien sûr, quand on y réfléchissait, et puis il connaissait pas si bien Axel que ça, il savait pas si bien que ça si oui ou non il était vraiment le seul ; mais il avait pas envie de se poser plus de questions, plus envie de s'casser les neurones à penser, penser, penser tout le temps, et sur le coup fallait avouer que, bah, ça lui faisait plaisir plus qu'autre chose.
Et pas une seconde il ne se posa la question de savoir si, oui ou non, il se sentait capable de retourner à celui qu'il appelait travelo de tels sentiments.

« Enfin..., l'interrompit soudain ledit travesti, l'air toujours gêné quoiqu'un peu moins qu'avant. J'suis désolé, n'empêche... J'sais, j'devrais pas, tu dois être trop dégoûté en fait... Désolé... En plus ça devait se voir à dix kilomètres, et t'as dû te sentir mal tout ce temps, j'suis vraiment-
– Nan, le coupa soudain Roxas, mais le mot était sorti tout seul d'entre ses lèvres et il tourna brusquement la tête. Enfin, j'veux dire... Heu... J'avais pas deviné, en fait... »

Le rouquin parut surpris – et heureusement, d'un côté, parce qu'il avait l'air moins con comme ça que tout embarrassé, même si Roxas parvenait pas, en dépit de tous ses putain d'efforts, à nier le fait qu'il aimait bien se sentir un peu au-dessus de ce type-là.

Mais dans l'immédiat ça changeait rien, de toute façon – il avait toujours son cœur entre les mains et il sentait qu'un mot de travers, un regard un peu bizarre ou une remarque déplacée, ça suffirait à le faire exploser. Bordel. Il allait faire gaffe, quand même. Après tout, il entendait presque d'ici les battements effrénés, bien qu'un poil plus calmes qu'auparavant, bousiller de l'intérieur la poitrine de son camarade, et...

Et il savait pas pourquoi, mais il en avait pas rien à foutre. Pas cette fois-ci, du moins.
Merde, quoi. Ce mec venait de lui faire une déclaration d'amour et putain, c'était seulement maintenant qu'il réalisait l'ampleur du truc – avec tout ce que ça impliquait, tout ce que ça impliquerait.
Honnêtement, il croyait pas possible d'avoir une relation amicale avec quelqu'un qui l'aimait, mais... Mais bordel, il y connaissait tellement rien, et puis... Et puis Axel était sympa, quand même, enfin non, sauf que... Sauf qu'il avait pas l'air à deux doigts de lui sauter dessus et voilà qu'il se paumait à nouveau, bordel.

« En fait, poursuivit alors nerveusement le blond, c'est Vani, mon meilleur pote... J'lui ai tout raconté, et il m'a dit, quoi... J'sais pas, mais... »

J'sais pas.
Ça correspondait vachement bien à son état d'esprit du moment, quand même.

Il savait pas quoi dire, quoi faire, quoi penser et il savait plus où il en était, où il allait, si y'avait un mur ou pas là-devant, et ça craignait grave.
Fallait qu'il fasse quoi, exactement, là ? Une moitié de lui lui hurlait dessus, beuglait qu'il devait se lever, baffer et Axel et partir ; et puis d'un autre côté, y'avait cette partie de son âme qui disait, mais reste bordel, t'as quelqu'un qui t'écoute, qui t'aime, genre vraiment, qu'a l'air prêt à quasiment tout pour toi, alors profite, putain, tu serais tellement con de pas lui dire c'que t'as sur le cœur, et...

Oh, bordel.
Il avait juste l'impression d'être une vieille pute salope jusqu'à l'os, là. Prêt à abuser de la gentillesse d'Axel et l'utilise comme un psy alors qu'il lui faisait qu'à moitié confiance, qu'il le connaissait qu'à moitié, et profiter de l'amour qu'il lui portait – à c'qu'il disait, à c'qu'il disait – rien que pour aller mieux, mais en même temps y'a un-deux mois il l'aurait fait sans problème et là...
Et là, il savait simplement pas.

« Roxas ? Je... »

Une main soudain se posa doucement sur son épaule et il tressaillit, tandis qu'Axel en douceur resserrait un peu son emprise. C'était rassurant, bizarrement.

Ça lui rappelait un peu les rares fois où Cloud avait négligemment passé un bras autour de son cou, et puis les moments un peu plus fréquents où Vani l'avait enlacé, aussi. C'était pas un contact auquel il était habitué, en tout cas – mais c'était quelque chose entre deux touchers qui lui étaient familiers, un peu, et force était d'avouer que c'était pas aussi désagréable que ça pouvait en avoir l'air au premier coup d'œil.

« Bordel, lâcha-t-il alors, et il sentait bien qu'il avait la tête ailleurs et que ça allait mal tourner, 'tain... Ta gueule, s'te plaît. Je t'en veux pas. »

Un peu plus confiant, le blond reprit l'air dur dont il avait l'habitude et chassa rapidement la main d'Axel de son épaule – le rouquin, intimidé, n'insista pas et eut le mouvement de recul qu'on attendait de lui. Tant mieux, d'un côté ; parce que bordel, s'il avait pas fait ça, Roxas aurait sûrement pas résisté à l'envie soudaine et absurde de le laisser là et de se pencher vers lui, rien qu'un peu plus.

« Par contre, il continua alors, mais sans regarder le roux, je veux pas de relation. J'suis un pote. T'es un pote, à la limite. Hors de question qu't'attendes un truc en retour de moi ! »

Axel ne put retenir un petit rire nerveux mais il se foutait pas de sa gueule – il le rassura sur ce point la seconde d'après, d'ailleurs, et peut-être que quelque part il pouvait sentir que les nerfs de Roxas étaient sur le point de craquer parce qu'il fit juste tout son possible pour pas l'énerver.
Il savait qu'il était paumé, de toute façon. Il savait que ce garçon, devant lui, s'il était paumé, c'était de sa faute, aussi. Et il s'en voulait pour ça.
Mais sincèrement, il s'était attendu à ce que Roxas réagisse plus violemment que ça.

« J'attends rien, Roxas, dit-il alors d'une voix douce. Je t'aime et c'est tout. Et je comprendrais si tu voulais plus qu'on se voie du tout après ça, tu sais... »

Ne plus le voir ?
Du tout ?
Jamais ?
Pour ça ?

Et dire que, y'a même pas si longtemps que ça, le blond aurait pas hésité une seconde avant de lui balancer d'aller se faire foutre une bonne fois pour toutes.
Mais c'était différent, maintenant, et l'avant lui semblait presque appartenir à un autre monde tellement ça avait changé ; bizarrement, Axel, il le détestait plus tant que ça, et il avait envie de croire qu'ils pourraient rester potes tant que l'autre s'approcher pas trop, et si en plus il attendait rien de sa part, eh bah...

« Ça va, balança Roxas avec un soupir. J't'aime pas, mais j'te hais pas non plus. On peut rester potes... ? »

Il était parti pour lancer une affirmation claire et déterminée, mais son intonation avait fini en question et, inconsciemment, il s'attendait à recevoir comme une réponse en retour.
Heureusement pour lui, ça vint.

« Evidemment ! S'exclama joyeusement le rouquin, plus tellement gêné – vachement content, même. Et surtout, si j'peux faire un truc pour toi, hésite pas, hein ? Genre, si tu veux, et même si t'es très bien comme ça, j'ai aussi du maquillage... »

Surpris, l'adolescent haussa un sourcil dans sa direction.
Ah merde, c'était vrai qu'il était toujours pas maquillé et qu'il avait ses lunettes sur le pif, encore - mais en même temps, d'ici, personne pouvait le voir, et puis... Et puis voilà, quoi. Ça le dérangeait plus tant que ça, qu'Axel le voie comme ça, vu que de toute façon il le trouvait mignon et ils étaient potes.

« Ah... C'est gentil, le remercia-t-il plus ou moins, sans savoir vraiment quoi dire. Mais ça ira, en fait, j'vais pas rester longtemps, et puis... Faut qu'j'y aille...
– Tu veux que je te pose quelque part ? Proposa le roux, regardant du même coup par la fenêtre, histoire de vérifier un truc. Il pleut pas, mais il fait pas franchement beau, et j'ai la voiture en bas, alors... »

Ah, il avait une voiture, lui ?
Roxas le dévisagea d'un air bizarre. Putain, il y aurait pas pensé, en fait. Mais en même temps, c'était vrai qu'il avait déjà la vingtaine, ce type-là ; et puis, il savait pas ce qu'était son boulot, peut-être qu'il avait besoin de se déplacer, peut-être qu'il connaissait des gens où qu'il avait de la famille plus loin dans le monde, et que du coup il avait besoin d'une caisse, mais c'était dingue aussi, parce que Vani il en avait pas, et Cloud non plus – à moins que Cloud lui en ait pas parlé pour pas avoir à le transporter un peu partout dans la ville ?
Le fait est que, sur le coup, le garçon se sentit un peu impressionné, et il eut bien envie d'accepter la proposition.

Sauf qu'il devait se rendre chez Vanitas pour récupérer des affaires, et discuter avec lui, et lui parler de ce qu'il ressentait, et probablement lui poser la même question qu'à Axel et et et et- et merde, quoi, il se sentait limite plus à l'aise chez Axel qu'avec lui, en cet instant-même.

« Heu, bah en fait, bégaya-t-il alors, j'dois aller chez mon pote... Je... »

Roxas s'était soudain levé, et mentalement il injuriait tout ce qui lui passait sous les yeux ou dans la tête – d'abord Vani, bordel, parce qu'il avait un vachement mauvais pressentiment à l'idée de le retrouver, ensuite Axel, parce que ce sourire et ce ton étaient trop putain de gentils pour le mettre à l'aise, en fin de compte, et puis les meubles, la table, ce putain de canapé trop confortable, lui-même et sa manie de toujours angoisser pour tout, de se faire du souci avant chacune de ses actions, et tout, juste tout.
Il en avait marre, quand même. Il était fatigué et il demandait qu'à trouver un coin où s'allonger, un chez-lui où rester, sans rien ni personne pour le faire chier – mais c'était pas possible, parce que sa mère et Kévin étaient décidé à l'emmerder, parce que Vanitas lui en voulait sûrement comme c'était pas possible pour la manière dont il s'était barré la veille, parce que Cloud était jamais à la maison et parce qu'Axel-

Parce qu'Axel rien du tout.
Il avait absolument rien à foutre chez Axel, bordel – et pourtant tout son corps lui demandait gentiment de se rasseoir, de juste rester là, de pas bouger de la matinée, d'aller chez Vani plus tard et de... Il savait pas. Juste le foutu pressentiment qu'il ferait mieux de pas s'en aller, là, et de rester encore un peu chez le rouquin qui, finalement, n'était pas si chiant que ça.

« Y'a un problème ? Finit par demander soudain son hôte, mais il était sympa dans la voix et le blond sut aussitôt que s'il posait la question, c'était vraiment parce qu'il s'inquiétait pour lui. Bon, je sais qu'on est à peine réconciliés... 'fin je crois... Mais si tu veux rester un peu et en parler, hein... Tu peux... »

Oui, y'avait un problème, songea aussitôt le blond.
Mais bizarrement, il avait l'impression que ça allait bientôt plus en être un.
Parce que cette fois, il pouvait. Il pouvait rester et en parler un peu.
Et il avait franchement pas envie de dire non à une proposition pareille – à croire qu'au fil du temps, Axel avait appris à lire dans ses pensées.


Gaaaaah.

Mon cerveau fonctionne plus. J'espère que ça vous a plu. :3

Sur ce, je vais ENFIN aller me remettre à mes fanfics sur Durarara!. Cet anime pète des briques, je VEUX publier un truc dessus. Yeaaahaa~