Quelques semaines se sont écoulées et nous sommes à présent en décembre. Noel approche à grand pas et nous avons eu le droit aux premières neiges. Les cours se terminent demain, et chacune des cellules de mon corps frémit déjà d'impatience.
Je suis allée chez Jane pour lui parler de nos projets de vacances. Elle n'avait pas l'air très réceptive, et me dit quelque peu exaspérée : « Lizzie, pourquoi fais tu encore des projets, alors que tu sais pertinemment ce que l'on va faire pendant les vacances ? »
« Comment ca je sais ce que l'on va faire ? Ca fait des semaines que tu écartes le sujet avec tes « humm » et tes haussements d'épaules, et on a toujours rien prévu.»
« Tu as promis a Will de passer les fêtes chez lui. Apparemment tes cours de physique quantique t'ont ravagée les neurones. » Me dit-elle en souriant.
« Je n'ai jamais rien promis a Darcy. »
« Oh… Tu lui as dis que tout dépendait de papa et maman. Je les ai donc appelés et ils ont accepté de suite. »
« Pitié, ne me dis pas que je vais devoir passer 2 semaines au milieu de nulle part avec Darcy ! »
« Désolé, vous aviez l'air de bien vous entendre dernièrement. Alors j'ai pensé que tu étais d'accord. Aussi, j'ai donné ma parole à Will. »
« Jane, je ne l'apprécie toujours pas, je me contente de le tolérer. »
« Ne t'en fais pas, nous serons tous la pour te protéger du grand méchant Will. »
« Ce n'est pas drôle … » murmurai-je en esquissant tout de même un sourire.
« On part après demain. Charles et Will viendront nous chercher chez moi, ca te va ? »
« APRES DEMAIN !! »
Ma sœur prit de remords, fit tout son possible pour me redonner le sourire. Elle décida qu'une séance de Shopping s'imposait. Donc, après moult boutiques, et un nombre incalculable d'essayages, nous sommes reparties heureuses, mais endettées a vie.
Comme prévu, Charles et Darcy sont venus nous cherchées. Charles était toujours aussi avenant, et Darcy toujours aussi …bizarre. Mon cerveau n'arrivait pas a saisir, pourquoi Darcy s'efforcait de m'etre agréable. Je me demandai si je ne préfèrai pas son indifférence à cette attitude que je ne m'expliquai pas.
Charles prit la parole et dit : « je propose qu'on mette vos bagages dans ma voiture, Jane monte avec moi. Ainsi Caroline et Lizzie auront plus de place dans la voiture de Will. "
Bien sur avoir Darcy sur le dos 2 semaines ne suffisait pas … Ma vie n'était pas assez pitoyable, il fallait que Caroline soit aussi de la partie. Mon dieu prenez vous un malin plaisir à me voir souffrir ? Sans nul doute oui …
Ces 5h de trajet ont été les plus longues de toute ma vie. Caroline n'a pas cessé de parler. Je n'ai pas eu un seul moment de répit. C'était Will tu es génial par ci, oh Will tu es parfait par la. Oh Will j'ai tellement hâte de revoir ta magnifique sœur, ta magnifique maison etc. Y'a-t-il quelque chose chez Darcy que Caroline ne trouve pas magnifique ?
Je dois avoir un mauvais karma. Supporter Darcy pourquoi pas. Mais Darcy et la blonde écervelée c'est juste trop pour moi. C'est trop pour toute personne normalement constituée.
Nous avons tout de même fini par arriver. Pemberley, était tout simplement à couper le souffle. C'était une vieille bâtisse, immense mais pourtant accueillante et chaleureuse. Darcy avait à peine franchit le hall qu'une jeune fille dévalait les escaliers pour se jeter dans ses bras. Elle était frêle, et gracieuse. Son visage etait doux, et revetait un caractere presqu'angelique. Une beauté classique et pourtant captivante. J'aurai pu passer la journée à l'admirer si Darcy ne m'avait pas sortie de mes songes. Il s'approcha de moi et me dit : « Miss Bennet, je vous présente Georgiana, ma sœur »
Il me parut embarrassé, mais a la fois fier et heureux de pouvoir nous présenter. Pendant qu'il indiquait à chacun sa chambre, Georgiana vint m'aider à m'installer. Elle engagea tres vite la conversation et me demanda si je m'entendais bien avec son frère. Je ne su quoi répondre et lui dis tres diplomatiquement qu'on apprenait à se connaitre. Elle me dévisagea un instant et ajouta :
« A part Charles et sa famille, mon frère n'a jamais invité qui que ce soit à passer les fêtes avec nous. »
« Oh désolé. Je me ferais aussi petite que possible, ne t'en fais pas. »
« Non, je suis très heureuse de vous voir tous ici. Ce que je voulais dire, c'est que je pensais que Will et toi deviez être particulièrement proches. »
« Et bien disons, que nous sommes proches de commettre un meurtre à chaque fois que nous avons le malheur de nous voir. Il ne m'a invité que par politesse. Je suis la sœur de la fiancée de son meilleur ami après tout. Si tu cherches ta future belle sœur, je pense que tu auras plus de chance en te tournant vers Caroline. » Dis-je en souriant.
Elle prit un petit air mi amusé mi dégouté, et ajouta en riant : « Oh pitié, ne parle pas de malheur. Je ne pense n'avoir rien fait d'assez répréhensible pour mériter un tel sort.»
C'est a ce moment la que Darcy choisit de se montrer, il s'approcha de nous, s'installa sur le lit et dit : « Alors miss Bennet, votre chambre vous plait-elle ? »
« Will dans quel monde vis tu ? Au 21ieme siècle, les gens normaux se contentent de s'appeler par leur prénom. »
« Georgiana, c'est ce que je fais avec le commun des mortels. Sauf que miss Bennet, ici présente, s'acharne à m'appeler Mr. Darcy et à me vouvoyer. Aussi, je ne fais que m'adapter. » Dit-il en affichant un sourire éclatant.
Georgiana parut gênée, mal a l'aise, et me demanda timidement : « Dois je aussi vous vouvoyer ? »
Riant de bon cœur je lui dis gentiment : « Bien sur que non, le vouvoiement n'est réservé qu'à ton frère. »
Elle sourit, soulagée de ne pas avoir commit d'impairs. Will se tourna vers moi le sourire au lèvres et dit : « un traitement de faveur en quelque sorte alors ? »
« En quelque sorte je suppose. »
Georgiana, Darcy et moi avons passé le reste du temps à discuter. Je vous avouerai même que nous nous sommes plutôt bien entendu. Georgiana est tout simplement adorable, en pleine crise d'adolescence, mais tout de même adorable. Quant à Darcy, il semble métamorphosé, si j'avais su que la campagne avait un tel effet sur sa personnalité, je l'y aurais trainé de gré ou de force. Georgiana finit par s'en aller, mais Darcy était décidé à camper dans ma chambre. Il me fixa pendant un moment et me sourit gentiment.
« Quoi ? » lui demandai-je
« Rien, c'est juste que c'est la première fois que nous avons une conversation digne de ce nom. »
« Toujours aussi perspicace a ce que je vois.» Il rit et me proposa de visiter le parc de pemberley. J'acceptai de bon coeur, et en un rien de temps nous étions dehors.
