Salut, c'est Momo.

J'ai ga-lé-ré pour terminer ce chapitre. Désolée, ça m'a pris beaucoup de temps D= (enfin, y'a tout une semaine où j'ai pas pu y toucher, mais voilà quoi...)

Au programme cette fois-ci : une première partie dont je suis contente, assez intéressante je pense (j'espère toutefois xD), une deuxième partie que je suis vraiment emmerdée à écrire et une fin peut-être... Un peu trop... Niaise ? ... Je sais pas, à vous de juger.

C'est difficile voire impossible d'être objectif vis-à-vis de son propre travail. Personnellement, je trouvais pas ce chapitre très bon, parce que je me suis beaucoup stressée à le terminer, mais... Je sais pas. Franchement, je sais pas. XD

Toujours est-il que j'ai un peu tout zappé pour m'en occuper, et rester dans les temps, alors... J'espère qu'il ne vous décevra pas, et que vous apprécierez quand même. =) Évidemment, je suis ouverte aux suggestions et d'ailleurs, si un passage vous dérange ou vous semble nécessiter plus de quoique ce soit, hésitez pas à le dire, je suis tout à fait prête à corriger. =)

Et j'ai un doute sur le titre. Merci ou mercis ? Les mercis au pluriel c'est les chocolats... *bam*

Bref, assez parlé ! Bonne lecture quand même ^.^

Et merci encore à Elerina et Cloudy-L, les deux meilleures bêta-lectrices du monde. Je ne serais rien sans elles. x3


Chapitre 31 : Il paraît que les merci sont tout ce qu'il faut

La voiture roulait tranquillement lorsqu'un rayon de soleil, soudain, vint frapper la vitre – il y atterrit, en douceur, s'y infiltra, la traversa peut-être, et offrit une seconde de lumière agréable aux deux hommes à l'intérieur.
Axel, à la place du conducteur, sourit et amorça le virage qui s'annonçait déjà.

« Le soleil, enfin ! Fit-il remarquer, le cœur léger. Premier rayon depuis des lustres, j'ai l'impression. »

Mais Roxas, à la place du passager, n'écouta qu'à peine et ne répondit même pas.
Le mince fil d'or qui perçait les nuages gris au-dessus de la ville avait capté son attention et sûrement que ses pensées s'étaient paumées un peu trop loin pour qu'il puisse les rattraper, de toute façon.

« Hm, il approuva alors brièvement, sans trop savoir de quoi on parlait. Ouais. »

C'était pas un « ouais » franchement motivé mais ça suffit à Axel, sembla-t-il ; du moins, il ne réagit pas, pas de manière particulière, et continua de sourire. Bof. Ça arrangeait Roxas, en fait, donc tant mieux, il supposa – il avait pas franchement envie de parler, de toute manière. Son corps était là, confortablement installé dans le siège en cuir de la Toyota rouge, un bras sur l'accoudoir et la tête contre la fenêtre, la vitre froide, mais son esprit était ailleurs et il n'avait pas envie d'en revenir, visiblement.

Au fond du silence dans lequel il s'était plongé, il réfléchissait à ce qui allait se passer, maintenant.
Et bordel, qu'est-ce que ça pouvait le faire flipper – mais vraiment.

Il avait pas réfléchi plus que ça à ce qu'il faisait, à ce qu'il pouvait bien foutre quand il était entré chez Axel, quand il avait causé avec lui, et quand il avait finalement accepté sa proposition de l'accompagner quelque part, mais... Mais il avait été con, il aurait vraiment dû, et il aurait pas dû paniquer en réalisant qu'il avait plus ou moins accepté de rester chez lui un peu, il aurait pas dû et...

Et putain d'merde, quoi. Il se comprenait plus lui-même, là. Il avait été tenté de rester, il avait accepté de rester, mais il n'avait rien pu dire – rien, pas un mot. Pas un seul putain de mot. Et en un coup, oubliés les projets de lui parler de Vani, les idées de lui déverser un peu sur la gueule ce que le blond portait depuis trop longtemps sur le cœur ; parce qu'au moment d'ouvrir la bouche, au moment de parler, mais s'il ne comprenait pas, mais s'il n'écoutait pas, mais s'il ne voulait pas, mais s'il m'en voulait à moi, je peux pas, non je peux pas, j'oserai pas, je peux pas je peux pas je peux pas-

Il n'avait pas pu, en effet.
Il n'avait pas réussi – à lui parler normalement. A ne plus se soucier de ses sentiments, aussi, à faire comme s'ils étaient juste potes. Et comme il n'avait rien dit, comme ça avait dû sembler bizarre, comme il avait encore pensé et pensé, la seule solution qu'il avait trouvée avait été de revenir sur sa décision et de balancer que, en fin de compte, il voulait bien que le rouquin le conduise quelque part.

Depuis lors, il roulait. Ils roulaient tous les deux. Où ça ? Nulle part. Dans quelle direction, au moins ? Pas la moindre idée. Un but, peut-être ? Non. Simplement non. Ou du moins, pas chez Vanitas, en tout cas.
En réalité, ça devait bien faire un quart d'heure que le blond, aux commandes verbales de la bagnole sans GPS, indiquait tournant sur tournant sans jamais indiquer de véritable objectif.

C'était cool ; ils se baladaient complètement au pif dans la ville, tout ça parce que le blond n'avait pas les couilles de prendre une seule putain de décision et de choisir enfin s'il voulait aller chez son pote. Et pendant tout ce temps, il restait bêtement la joue dans la paume et le dos de la main contre la vitre, à regarder dehors, y cherchant l'inspiration et sûrement le courage de faire enfin autre chose, quoi.
Le problème, c'était qu'il avait pas envie d'aller chez Vanitas, mais que s'il y allait pas, il savait juste pas où aller. Et plus les secondes passaient, plus les minutes s'enchaînaient, plus il y avait des chances qu'Axel pige le truc, et qu'il s'arrête et qu'il le foute dehors, et qu'il le déteste pour toujours, et qu'il se retrouve paumé sans savoir où, et qu'il passe la nuit dehors, se fasse agresser par des connards, voler par des brigands, et que ce soit purement et simplement la fin du monde.

Il soupira.
Il allait un peu loin dans ses prévisions mais dans le pire des cas ça pouvait quand même se passer – enfin, il croyait... Non ?

« Roxas ? L'interpella soudain le type à côté de lui. T'es sûr de connaître le bon chemin ? »

Ah, si.
Pris de court, il bredouilla un truc incompréhensible mais la peur des connards à venir le tétanisait et il ne put que jurer bien profond dans sa tête que merde, merde et re-merde.

« Désolé, mais ça fait trois fois qu'on passe par cette rue... »

La voiture ralentit, le moteur se coupa.
Roxas cligna des paupières et il sentit dans l'instant où il ne dit rien le sol dur et froid contre son dos, le coup de pied dans ses côtes, la douleur dans sa tête et la barre de métal, ensanglantée, à portée de sa main aux doigts brisés.

Il frissonna. Fallait qu'il arrête de se faire des films. Il regarda brièvement par la fenêtre. Mais il savait absolument pas où il se trouvait, il serait peut-être pas capable de rentrer, et même s'il en était capable, il savait toujours pas où aller. Alors, il baissa les yeux et pria pour qu'Axel trouve une solution.

« Tu veux une carte ? »

Il sembla au blond qu'il se penchait pour chercher un truc dans le vide-poche.
Mais bien sûr que non, que le rouquin n'allait pas régler ses problèmes à lui. Quel con il faisait, quand même.

« Roxas ? »

Toujours pas de réponse. Allô Roxas, ici la Terre, mais le terminal dans ta tête il répond plus parce que t'as déconnecté les câbles de ta raison, pauvre idiot, alors on va espérer que t'es prêt pour l'orbite infini, paumé dans l'hyperespace.
Sinon, tu finiras par t'prendre un satellite et crois-moi, dans la gueule ça fait pas du bien.

« Heu..., bredouilla-t-il sans trop savoir quoi dire. En fait, je... »

En fait, je suis un connard qui t'a baladé dans toute la ville pour que dalle juste parce que j'ose pas aller voir mon meilleur pote juste parce qu'il est peut-être amoureux de moi.

C'était en gros ça qu'il avait à lui dire, mais bizarrement il avait comme le pressentiment qu'il oserait jamais l'exprimer comme ça.

« En fait, reprit-il, la voix tremblant un peu, je... Je sais pas trop où on va... »

Axel le regarda bizarre.
Il faisait tous les efforts du monde pour ne pas croiser les yeux verts mais la vérité était là – il les sentait posés sur lui, depuis la place à ses côtés, et il les savait lourds, graves, un peu soucieux, incompréhensifs. L'adolescent s'en voulait un peu pour ça, même ; putain, quoi, il était trop con de s'être foutu dans une situation pareille, il savait pas quoi dire quoi foutre maintenant, et soudain il sentit une paume épouser la forme de son épaule et il sursauta, se retourna brusquement, un peu de rouge aux joues, gêné honteux tout c'que tu veux.

« Je crois qu'il faut que tu me parles, Roxas, dit Axel, mais son ton était gentil et il avait pas l'air de lui en vouloir. C'est pas grave, si tu sais pas trop où tu veux aller, on peut en discuter, tu sais... »

D'un geste rapide, le blond dégagea la main de l'autre de son épaule et la seconde d'après il prenait à nouveau sa bonne vieille expression, un peu sauvage un peu fâchée, gênée peut-être sur les bords, et ça lui donnait l'air d'un animal en colère mais sur le coup il s'en foutait pas mal.

« J't'ai baladé n'importe comment pendant vingt minutes, cracha-t-il alors, balançant à la gueule du roux toute la colère qu'il ressentait contre lui-même. Vas-y, c'est dit, t'as qu'à m'laisser là et j'me débrouille.
– Tu veux pas aller chez ton pote ? S'étonna le roux, et il releva pas la fin de la réplique.
– Laisse-moi là, insista donc Roxas. C'est facile : t'ouvres la porte, tu m'fous dehors et tu t'casses, tu m'laisses tranquille et j'me débrouille ! »

Il tourna brusquement la tête parce qu'il en avait marre de voir la putain de face trop sympa de l'adulte – il savait, pourtant, qu'il agissait comme un gamin, qu'il se comportait comme de la merde, et qu'il avait pas intérêt à être comme ça s'il voulait vivre encore demain, mais en même temps...
De son côté, Axel se fâcha pas. Cria pas, non plus. Ne céda pas à son caprice – ne le laissa pas là. Au contraire, il soupira et sourit.

« J'veux bien, mais t'es vraiment sûr de pouvoir te débrouiller tout seul ? »

Bien sûr que oui, qu'il pouvait se débrouiller tout seul ! Il avait pas deux ans, non plus, c'était plus un gosse, il savait quand même-
Non.
Bien sûr que non, il pouvait pas. Il savait pas non plus, d'ailleurs. Il savait juste avoir deux ans, en fait, il savait juste être un gosse et faire chier son monde quand les choses allaient pas comme il le voulait, comme il l'espérait alors que c'était sans espoir.

Et comme un gamin, il arrivait pas à affronter les emmerdes qui lui tombaient sur la gueule – mais sa mère, son père, son frère n'étaient pas là, n'étaient plus là, et il avait désespérément besoin de quelqu'un d'autre, maintenant.
Quelqu'un d'autre comme Axel, peut-être.

« Je... C'est Vanitas, finit-il par souffler, embarrassé, et pour s'encourager il s'imagina qu'il parlait juste à Cloud. J'sais que tu le connais pas trop, mais il est bizarre ces temps-ci et... J'crois qu'il est amoureux de moi, en fait... »

Gêné, le blond baissa brusquement la tête, histoire qu'Axel ne le voie pas rougir, mais il se douta bien que ça foira lamentablement – et lorsqu'il entendit l'autre type se marrer, il crut bien qu'elle était enfin arrivée, cette putain de fin du monde.
Il avait envie de mourir ici et maintenant, à vrai dire ; parce que ça faisait juste trop bizarre, c'était juste trop anormal, de parler comme ça au rouquin, et de l'entendre se foutre de sa gueule aussi naturellement.

« Tu sais, commença soudain l'adulte, c'est pas parce qu'un gars t'aime qu'il va forcément venir te violer pendant la nuit. Et puis, il te l'a dit, qu'il t'aimait ? Si ça se trouve, c'est pas le cas, et de toute manière, tant qu'il t'en parle pas, c'est qu'il est pas prêt et qu'il veut juste rester ton ami... »

Une main puissante plongea entre ses mèches pâles comme il relevait timidement la tête, ne sachant pas trop ce qu'il était censé faire, comment il était censé réagir.

« Laisse-le venir, conseilla Axel, un immense sourire aux lèvres. Et s'il t'avoue quelque chose, dis-lui juste que tu préfères les filles. Il comprendra, faut pas t'en faire... »

Roxas sursauta.
Mais alors, c'était possible qu'il reste juste pote avec Vani, de la même manière qu'il était juste pote avec Axel, et ce même si son meilleur pote était dingue de lui ? Sérieux, ça marchait quand même ? Il allait pas le détester ? Lui en vouloir ? Lui faire la gueule lorsque peut-être il trouverait une copine, même si pour l'instant ça le branchait pas des masses, et arrêter de lui causer s'il lui préférait quelqu'un d'autre ?

Mais alors, ça voulait dire qu'il respecterait ses sentiments, qu'il serait pas égoïste, qu'il essaierait pas de le séduire toutes les vingt secondes, et qu'il resterait normal, juste comme... Juste comme s'il avait bêtement été sa meilleure amie amoureuse de lui.
Bordel. En fait c'était trop con. En fait ça marchait pareil. Et en fait, c'était pas si anormal que ça.

« Oui, je suis sérieux, confirma d'un coup l'adulte, anticipant la question. Alors maintenant, tu m'donnes son adresse et je t'emmène chez lui, d'accord ? »

Sans se poser plus de questions, Roxas la donna rapidement et le roux, sachant plus ou moins où l'immeuble se situait, fit redémarrer le véhicule.

Peut-être qu'il venait de faire une sacrée connerie, songea le blond lorsqu'il se remit, par la vitre, à regarder le soleil naissant derrière les quelques nuages du ciel ; mais peut-être aussi qu'il n'aurait pas pu prendre meilleure décision et que, si ça marchait pareil pour Axel, ça marchait pareil pour Vani aussi, et c'était juste pas grave si l'un ou l'autre des deux garçons tombait amoureux de lui, en fin de compte...


La voiture confortable et moderne d'Axel avançait dans les rues au rythme de la musique légère, sympathique, que son passager l'avait généreusement laissé mettre. D'un air hagard qu'il promenait un peu partout à l'intérieur, sur les sièges de cuir et la moquette propre, Roxas apercevait de temps à autre la vitesse, en digital sur le cadran allumé en orange – le tic-tac répété du clignotant allumé le berça bientôt quelques instants, et il se laissa porter, le cœur un peu plus léger qu'auparavant, jusqu'à ce que le rouquin se gare et coupe le moteur de l'appareil.

« Voilà voilà, annonça-t-il gentiment, c'est ici, non ? »

L'esprit encore un peu embrumé de s'être presque endormi durant le trajet, Roxas passa une main dans ses cheveux pour se réveiller et jeta un bref coup d'œil aux alentours.

Effectivement, c'était ici. Chez Vani, il entendait. Et merde – le trajet était passé vite, genre beaucoup plus vite qu'il ne l'aurait cru, en fait. Et maintenant, il allait devoir sortir, entrer dans le bâtiment, monter et parler à son meilleur pote...

Bordel. Il avait beau se dire, se redire et se répéter que si ça allait avec Axel, ça irait avec Vanitas, il pouvait pas empêcher son putain de bide de se tordre dans tous les sens et de lui faire bien mal, juste comme il fallait.

« Ouais, il dit alors, la voix basse et un peu dure. Mer... »

Il s'arrêta au milieu de son mot.
Putain, il était en train de dire quoi, là ?
Il réfléchit deux, trois, dix secondes. Bordel, quoi. C'était pas son genre, d'être comme ça, d'agir comme ça, de dire des choses pareil, surtout pour un truc dans ce goût-là, et-
Et au Diable ses putain d'habitudes habituelles, ses putain de formulations mal formulées et tout ce qui pouvait bien passer par sa tête foireuse en ce moment-là – parce que de toute manière, il sentait que quoiqu'il dise, quoiqu'il fasse, il pourrait pas le regretter après. Ça allait juste bien, et puis voilà. Il avait confiance.

« Merci, Axel. »

Il avait confiance lorsqu'il esquissa un sourire, très bref mais sincère, un peu, enfin, il croyait, et il avait confiance lorsqu'il ferma la portière pour se diriger vers l'immeuble.
Tandis qu'il montait les escaliers, il se demanda ce qu'il pourrait bien dire à Vanitas lorsqu'il le verrait – mais même s'il cherchait, même s'il trouvait pas, il avait confiance.

Il avait confiance parce que maintenant, il avait l'intime conviction que c'était pas un truc tout con comme l'amour qui allait pouvoir changer sa relation avec son meilleur pote ; parce que, justement, ce truc tout con n'avait rien changé à sa relation avec le roux. Ça irait et puis c'était tout – parce que jamais, jamais, jamais il laisserait un seul putain de sentiment débile tout gâcher à ce qu'il construisait avec les rares personnes qui lui étaient chères.

« Vanitas ? Appela-t-il donc en poussant la porte d'entrée que son pote avait dû zapper de fermer, une fois de plus. Mec, t'es là ? »

Il eut pas de réponse, tout d'abord.
Un truc dans son dos se tendit et une sueur froide glissa dans sa nuque – merde. Il avait confiance, il était sûr, et il savait quasiment quoi dire quoi faire, mais... Mais, et s'il s'était trompé, finalement ?

Et si son pote lui en voulait, en fait ? Et s'il était genre, ultra fâché que le blond se soit cassé comme ça, sans rien prévenir sans rien attendre ? Et s'il l'attendait pas juste simplement, s'il avait mûri sa vengeance, s'il avait décidé de l'engueuler, de le foutre dehors, de le frapper, de le-

Soudain, un appel en retour le rassura d'un coup et lui rappela qu'il était bien chez Vanitas, son Vanitas à lui, celui qu'il connaissait depuis Mathusalem et qui, en toutes ces années, n'avait pas changé d'un pouce.
Immédiatement, ça alla beaucoup mieux.

« Roxas ! Qu'il balança depuis l'autre bout de l'appart', probablement content et soulagé. Putain, mais t'es trop con ! »

Heu... Quoi ?
Les pensées du blond s'arrêtèrent brutalement au dernier mot de la phrase de son pote mais soudain, deux bras plus forts que les siens passèrent autour de ses épaules et il se sentit brusquement attiré contre son camarade, qui se mit à le secouer brutalement – sans raison apparente, fallait quand même préciser.

« Hé, mec, c'est quoi ce délire de se casser comme ça ? L'apostropha Vani, mais Roxas n'écoutait qu'à moitié, tellement que le comportement louche de son pote le surprenait. T'as trouvé une piaule où dormir, au moins ? »

Le blond ne répondit pas.
Bordel, il la sentait pas, bizarrement – cette situation, il voulait dire. Quelque chose ne semblait pas juste, pas normal, pas logique. Peut-être que c'était l'attitude de Vanitas, en fait ; mais peut-être aussi que c'était la sienne à lui, aussi, lui qui ne le repoussait pas, lui qui ne l'envoyait pas chier, et surtout lui qui réalisait, bordel, qui comprenait que nan, en fin de compte, la pensée que cet homme puisse l'aimer, être gay et l'aimer lui, le dérangeait même pas tant que ça...

« Je suis désolé, grogna alors Vanitas, et il ébouriffa les cheveux déjà bien en bordel de son colocataire. Dé-so-lé, tu piges ? Allez mec, frappe-moi, j'le mérite pour une fois. »

Hein ?
Roxas ouvrit de grands yeux sur les iris dorés de son pote et le dévisagea vite fait de la tête aux pieds – heu, il allait vraiment bien, là ? Lui, le frapper ? Genre, maintenant ? Pourquoi ? Pour ce qu'il avait dit ? Pour le fait qu'il l'ait secoué ? Ou alors... Pour les sentiments qu'il ressentait pour lui ?

« J'aurais pas dû te parler comme ça, poursuivit l'autre garçon, et maintenant il avait une main sur sa hanche, l'autre sur l'épaule du blond. Ma phrase était vachement ambiguë, en fait... Mais j'ai réalisé qu'après, tu vois ? J'suis désolé, mec. Te connaissant, j'aurais dû réfléchir un peu plus. »

L'espace d'une seconde, Roxas se demanda s'il devait prendre ça comme une critique, mais son cerveau le détourna de cette épineuse question lorsque deux neurones encore fonctionnels lui communiquèrent que hé, quand même, il venait de dire un truc, là, Vani.
Il venait de balancer que sa phrase, celle du soir-où-il-s'était-cassé, avait été ambiguë, et de sous-entendre par la même occasion que c'était pas comme ça qu'il avait voulu la formuler.

Que c'était peut-être pas exactement ce qu'il avait voulu dire, ce que Roxas avait compris.
Que c'était peut-être pas exactement ce qu'il pensait, ce que Roxas avait cru déceler entre ses mots.
Que c'était peut-être pas exactement vrai, en fait, qu'il était amoureux de lui.

Tout simplement.

« M-Mais alors... »

Il avait bredouillé ça plus ou moins clairement, l'esprit un peu paumé, un peu loin un peu trop loin même, essayant encore de démêler un peu ses pensées et ses déductions, cherchant désespérément à savoir lesquelles étaient bonnes et lesquelles valaient pas deux sous ; mais Vani en face de lui semblait calme et tout compte fait, peut-être que...

« Vani... Ce que tu ressens pour moi... »

L'autre sourit amicalement et lui balança une petite tape dans le dos, du côté de son épaule.

« Même chose que d'hab', lança-t-il, t'es mon meilleur pote. Ça t'embête ? Parce que si oui, pas d'bol mais tu vas le rester encore longtemps, je pense. »

Un instant fut nécessaire à Roxas pour capter, piger et enregistrer toute la réplique de son pote – et puis, soudain, comme un éclair, un putain de sourire illumina son visage et, sans même le vouloir, il se mit à rire comme un con bienheureux.
Bordel. Bordel, quoi. C'était Vani, son Vani, son meilleur pote à lui, devant lui et toujours le même, pas amoureux de lui même si franchement ça aurait rien changé, avec le même foutu ton narquois quand il lui causait, la même gentillesse au fond des mots toutefois, et c'était tout ce dont il avait besoin.

Alors, Vanitas prit la liberté d'enrouler un bras autour des épaules de l'adolescent et l'attira vers lui avec force, pour passer une main vigoureuse dans sa tignasse et lui taper un peu dessus pendant qu'il y était.

« J't'adore, mec, il affirma, gentil et sincère comme jamais. Alors fais-moi le plaisir d'agir comme un type sensé et viens manger un truc avec moi, okay ? »

A vrai dire, Roxas n'eut même pas besoin de répondre pour que son ami comprenne ce qu'il s'apprêtait à dire - et, fallait avouer, ce fut bien pratique, sur le coup.
Après tout, mine de rien, le blond n'avait pas franchement envie qu'on entende encore sa voix tant elle débordait de joie et de la niaiserie qu'il détestait ; mais en même temps, c'était pas dit que ça lui fasse tant de mal que ça...

Vanitas, quant à lui, ne put retenir le soupir léger qui s'échappa d'entre ses lèvres – oh, il n'était pas triste, bien sûr que non, mais…
Soulagé.
Il était soulagé et sur le coup, il ne réalisa même pas qu'il avait servi à Roxas la réponse qui le rassurait le plus, qui les rassurait le plus, au lieu de l'explication complexe qu'il avait songé à lui donner.


Au pied de l'immeuble, Axel prit nonchalamment appui contre sa voiture et croisa ses deux longs bras, avant de jeter à sa montre un coup d'œil las.
Dix minutes que Roxas était monté et depuis, il n'était toujours pas redescendu. En théorie, ça voulait dire que tout allait bien – enfin, non ?

Nerveusement, il mordit sa lèvre inférieure et la sentit enfler un peu sous la douleur qu'il lui infligeait. Et merde. Il était bon pour l'endurer à son tour, maintenant.

Mais il ne pouvait pas s'en empêcher – c'était une sale habitude qu'il avait prise et qui remontait à la surface à chaque fois que, seul, il songeait à ce qui l'angoissait, le stressait, le faisait réfléchir ; parce que oui, il savait réfléchir, et le fait d'y penser lui redonna vite fait un bref sourire.

Il s'inquiétait pour le blond, quand même. Oh, il savait bien – il devait pas, c'était pas sain, et tout le blabla. Il connaissait, de toute façon. Il l'avait lu, sur le net plein de fois, il l'avait entendu, la dernière fois qu'il avait parlé de ses amours à sa chère mère, il se l'était dit et répété, sans fin et sans cesse ; c'était taré, de trop s'inquiéter pour la personne qu'il aimait, visiblement, mais il pouvait pas s'en empêcher, alors à quoi bon ?

Il aimait sentir en lui cette conviction qu'il était, même, qu'il pourrait être utile à Roxas, si jamais - et ça lui allait très bien, juste ça. Ça le rassurait. Ça le rassurait même s'il savait que Roxas n'en voudrait pas, de son aide, et qu'il l'enverrait chier, même s'ils étaient réconciliés, maintenant.

Parce que maintenant, il avait quand même un peu d'espoir, mine de rien.

Après tout, Roxas lui avait sincèrement dit « merci » – et de là où il se trouvait, les yeux levés vers une fenêtre au hasard, il se demandait en silence si au fond, il avait vraiment besoin de plus que ça pour être juste heureux.


Pfiou.

C'était dur. C'est de plus en plus dur, en fait. *snif* Mardi, j'ai congé, toutefois. Faut vraiment que j'essaie et que j'arrive à avancer...

En attendant, j'espère que ça vous a plu. =) Merci d'être passé ! ^w^