A mon plus grand bonheur, Darcy me proposa de visiter le jardin a la française. Tout en marchant, nous parlions de tout et de rien, de nos projets, de nos envies. Bref, une conversation normale entre deux personnes civilisées.
Notre discussion se prolongea, puis l'heure du souper approchant, nous nous sommes enfin décidés à rentrer. Tout le monde nous attendait dans le salon, et tout le monde fut surpris de nous voir rentrer ensemble. Jane me questionna du regard, et je me contentai de baisser les yeux. (Pemberley a les plus jolis tapis qu'il soit. Croyez-moi sur parole)
Georgiana finit par dire : « Où étiez-vous ? Ca fait une heure qu'on vous attend ! »
« Désolé de vous avoir fait attendre, je montrais le parc à Miss Bennet. » Dit Will qui semblait quelque peu mal a l'aise.
« Will, Lizzie, nous sommes en pleins mois de décembre, il fait un froid de canard dehors, que faisiez vous dans le parc ? » souffla Jane d'un ton inquisiteur.
« On préparait une attaque terroriste pour gâcher ton mariage Jane. Bref je ne sais pas vous, mais moi je meurs de faim. » Dis-je, prête a tout pour changer de sujet.
Le diner s'est déroulé sans encombre. Toutefois j'avais la tête lourde et un terrible mal de crane. Je suis donc montée dans ma chambre des la fin du repas. Jane m'y rejoignit peu après, et me demanda doucement : « Victime d'un sérieux mal de crane ? »
« Oui, je pense que c'est un effet secondaire du froid de canard. »
« De quoi avez-vous parlé ? Est-ce que ca valait la peine de rester des heures dans le froid? »
« Il ne faisait pas si froid que ca Jane, je t'assure. »
« Oh… c'est vrai qu'est ce que -5 degré pour un cœur brulant d'amour ? S'il te plait Lizzie, fais-moi plaisir, la prochaine fois que Will voudra te conter fleurette, demande lui de choisir un endroit chauffé. »
« Jane ce n'est pas ce que tu crois. On a juste parlé. »
« Pour vous ca relève déjà du miracle. » Elle paraissait amusée, et satisfaite, puis ajouta : « N'oublie pas : les endroits chauffés, il n'y a que ca de vrai ! »
Elle s'en alla sans attendre ma réponse. Je suis donc restée seule avec mon mal de tête un moment. Puis a ma grande surprise, Darcy vint me voir. Il s'approcha de mon lit et murmura : « Je viens au chevet de la malade. »
« Will je ne suis pas mourante ! »Dis-je quelque peu contrariée
Il souriait bêtement, et me dit encore plus bas : « Alors c'est Will maintenant ? » Je rougis, et marmonna : « La fièvre me fait délirer. »
« Bien bien tout ce que tu voudras Lizzie. Tiens avale ca, ca te fera du bien. » Il me tendit un peu d'eau et un cachet suspect. Apres avoir pris le médicament je le remerciai et dit : « C'est Miss Bennet pour vous Mr. Darcy »
Il me regarda amusé, et me dit : « Allé zou au lit Lizzie ! »
Je n'ai pas eu la force de répondre, et finis par m'endormir profondément.
A mon réveil, je me sentais mieux, beaucoup mieux. A ma grande stupéfaction, Will était toujours la, endormi sur le fauteuil dans un coin de la pièce.Je finis par me lever, et déposa une couverture sur lui.
Apres un bref passage a la salle de bain, je rejoignis les autres dans la salle à manger. Ils étaient tous la, heureux de me savoir en bonne santé, même Caroline parut satisfaite de me revoir (après tout il lui faut bien quelqu'un a critiquer).
A midi, Will descendit enfin.
« Will c'est à cette heure ci qu'on se lève ? » demanda Georgiana d'un air espiègle.
« Je me suis endormi tard, veuillez m'excusez. » marmonna-t-il.
« Qu'as-tu donc fait pour te coucher si tard Will ? » Dit gentiment Charles
Will rougit, et dit simplement qu'il avait besoin d'un café. Je rougis a mon tour, à l'idée qu'il ait pu passer la nuit a mon chevet.
L'après midi s'annonçait doux et ensoleillé, aussi nous avons décidé de faire une ballade a cheval. (Comprenez ici qu'ils ont décidé et que je n'ai fais que subir leur décision)
Au moment de partir, je glissai donc à Jane : « Je n'y vais pas. »
« Sure et certaine ? Je peux marcher avec toi si tu le désires. » Me demanda-t-elle inquiète.
« Oh Lizzie viens je t'en prie. Le parc est magnifique et cela même en hiver, je t'assure. Will m'a dit qu'il ne t'avait montrée que la partie « jardin a la française » hier. Tu pourras découvrir une autre partie du parc aujourd'hui. » Supplia Georgiana.
Je fus un peu gênée de lui dire la vérité : « Georgie, je ne sais pas monter à cheval. »
Je pensais que cet argument de poids allait la raisonner, et couper court a tout débat. Mais, a ma grande surprise, elle cria : « Will, Lizzie ne sait pas monter à cheval. Il faut que tu le lui apprennes !! »
Will vint dans notre direction et me dit : «Alors comme ca il y a une chose au monde que notre Lizzie ne sait pas faire. Je me ferais donc une joie de vous apprendre à monter à cheval. » Je ne cessais de refuser, mais chacun se montrait si pressant et insistant que je finis par céder.
Tous partirent en promenade tandis que Will et Caroline m'apprenaient à monter à cheval. (Oui Caroline a bizarrement tenu à rester.) Elle ne m'a pourtant pas adressé la parole de toute l'après midi, et s'est contenté de complimenter Will. « Oh Will quel merveilleux professeur tu fais. Georgie est si douée elle a surement du apprendre avec toi. Si j'avais eu un prof aussi merveilleux, j'aurais sans doute étais une bien meilleure cavalière.»
Devant ce flot incessant de niaiseries, je ne pu m'empêcher de rire, et de partager un regard complice et compatissant avec Will.
L'après midi était déjà bien avance, et je n'y arrivais toujours pas. Je tremblais toujours comme une feuille sur un cheval, et des que l'animal avançait, des larmes venaient me piquer les yeux. Will était sans doute consterné devant la bêtise de sa nouvelle élève, aussi il me proposa d'en rester la pour aujourd'hui, mais ajouta tout de même : « Nous avons encore 2 semaines pour faire des progrès. »
« Je suis un cas désespéré. Même un professeur aussi MERVEILLEUX que vous Mr Darcy ne pouvait rien faire pour moi. »
« Nous verrons cela Miss Bennet »
« Lizzie a raison, elle n'y arrivera jamais. Nous ferions mieux de rejoindre les autres Will. » Souffla Caroline, plus désagréable que jamais.
« D'accord avec toi Caroline. Allez rejoindre les autres, je rentre au château. »
« Pars devant Caroline, je te rejoins. »Lança sèchement Will.
Caroline hésita un instant, mais n'osa pas le contredire. Elle partit donc de mauvais gré, et le fit promettre une bonne centaine de fois de les rejoindre des que possible. Une fois Caroline partie, Will se tourna vers moi et me dit d'une voix pleine de reproche : « Même Caroline a droit au « Lizzie » et au tutoiement ! »
« Oui, ou est le problème ? »
« MOI, je suis cantonné à « Miss Bennet » ! ». Il rougit quelque peu, mais se ressaisit en un instant.
« Vous devriez être heureux et satisfait de tout le respect et de toute la politesse que je vous témoigne. »
Il paru déçu, pensif puis finit par dire : « Venez avec moi ! »
« Ou ca ? »
« Rejoindre les autres bien sur, quelle question ! »
« Je vous l'ai dis, je ne sais pas monter a cheval. Vous avez d'ailleurs eu un aperçu de mes talents équestres aujourd'hui. »
« Vous ne savez peut-être pas monter a cheval, mais moi si. » Il me souleva, et m'aida à m'installer sur son cheval, puis s'installa derrière moi. Je tremblais de peur, et aurais sans doute pleuré si mon orgueil ne me l'avait pas interdit.
« Ne tremblez pas ainsi Miss Bennet. N'aie crainte je suis la. Je vous avouerais que je suis quelque peu déçu. Je pensais qu'il aurait fallu bien plus qu'un malheureux cheval pour vous impressionner. Ou est passé tout votre courage et votre sens de la répartie ?»
Froissée, par sa remarque je lui marmonnai : « Mr. Darcy, contrairement au apparence, je vais tres bien. »(Je n'ai jamais aussi mal menti de toute ma vie, mais la peur m'anesthésiait les neurones.)
« Vraiment Miss Bennet ? Nous allons voir ca. » Il afficha un sourire espiègle et donna un coup de bride au cheval. Celui-ci s'élança, galopa une vingtaine de mètres avant que mes cris et mes pleurs n'alarme Darcy. Je m'étais fermement agrippée à sa veste, et avais enfouie mon visage contre son torse. Les sanglots secouaient mon corps, et mes mains tremblaient plus que jamais. Je me tournai vers Darcy, le fusillais du regard et lui lança : « Laissez-moi descendre ! »
Il parut déboussolé, s'exécuta, et dit enfin : « Je vous prie de m'excuser, je ne voulais pas vous faire de mal. Veuillez excuser ma maladresse Miss Bennet. »
Je ne me suis pas donnée pas la peine de lui répondre et suis rentrée au château. Vous avais-je dis que je haïssais Darcy de tout mon être ?
Merci de vos commentaires, cela m'a fait chaud au cœur. Je n'étais pas sure de vouloir continuer, mais vous m'avez convaincue. J'espère sincèrement que la suite vous plaira toujours autant.
