Chers gens !
Momo à l'appareil. Je sais, je suis super en retard. *pleure* Comme vous vous en doutez peut-être, mes examens approchent, inexorablement, et voilà qu'ils commencent... La semaine prochaine... Uuuuh. T-T J'en ai pour deux semaines et après ce sera bon ;_;
Breeef.
Ce chapitre. Doux, plus calme que les précédents. On m'a dit que mon style avait un peu changé, c'est possible (vous n'avez pas idée de ce que mes OS sur Durarara! m'ont apporté XD), mais je pense que ça redeviendra ce dont vous avez l'habitude dès le prochain chapitre...
Au programme cette fois, c'est Cloud, en tout cas, Axel, et pas mal d'éléments qui seront utiles pour la suite. =)
J'espère que ça vous plaira. ^^ Bonne lecture et merci d'être là T.T (Malgré mes retards détestables D=)
Chapitre 32 : Il paraît que les habitudes reviennent à la va-vite
Clic.
Le bruit aussitôt retenti résonna dans sa tête et, l'espace d'un instant, chassa ses pensées. Les bribes de sa signification, à leur place, dominaient maintenant ; et le téléphone entre ses doigts encore le nargua, un peu, rien qu'un peu, juste suffisamment.
Maman avait son numéro depuis qu'il avait fait l'incorrigible erreur de lui téléphoner et il lui faudrait changer de portable, dès qu'il le pourrait – encore une fois. Enfin. C'était pas si grave – normalement.
Cloud n'était pas de ceux qui se prennent la tête et se morfondent sur le moindre détail pendant une heure et demie, généralement ; il l'avait été, en son temps, et à présent son cadet avait repris le flambeau, c'était tout.
En fait, et c'était peut-être bien là le détail qui le surprenait, ne le choquait pas tout à fait, mais le dérangeait un peu ; plus ça avançait, plus les choses avançaient et plus ils vivaient, plus ils se voyaient, plus le jeune homme avait la nette et puissante impression que son frère et lui se ressemblaient.
Et à coup sûr, ça allait au-delà de leur visage, de leur coiffure.
C'était plutôt une histoire de caractère. De réactions. De pensées, de perceptions. Manière de voir le monde propre à eux seuls parce qu'ils avaient suivi la même éducation, par les mêmes parents ; façon de communiquer, aussi, goûts et préférences, tout pareil, juste un peu différent, au point où c'en était étonnant.
En somme, Cloud ne se voyait parfois que comme Roxas-quelques-années-plus-tard – ou bien, il ne voyait Roxas que comme Cloud-quelques-années-plus-tôt. Il soupira. Peu importait l'ordre, de toute façon.
Tout comme il l'avait fait autrefois, pile poil au même âge, son jeune frère avait prématurément – disent les services sociaux, les profs, les gens de manière générale, mais comprennent-ils vraiment, savent-ils vraiment, cette bande de connards, voient-ils vraiment ou bien, est-ce qu'ils ont de la merde dans les yeux, hein, hein, hein ? – « quitté le nid familial » ; mais comparer Roxas à un oiseau, c'était décidément pas un bon truc à faire, parce que pour l'instant il volait pas très longtemps, pas très loin surtout, mais il était trop borné pour qu'on lui apprenne quoi que ce soit et…
Haussant les épaules, son aîné ne put réprimer un fin sourire.
A dire vrai, son frère s'était purement et simplement cassé de leur maison, de leur appartement, un grand sac à la main, trois clés dans la poche, peut-être un peu d'argent et il pouvait dire merci à son meilleur pote parce que sinon, c'est pas « pas très loin » mais dans la gueule du loup qu'il aurait fini.
Il le savait, après tout – ça lui était arrivé, à lui. Et si y'avait pas eu Zack, eh bien…
Il préférait ne plus y penser, en vérité. Ça encore, comme le reste, ça appartenait au passé ; ça faisait partie, indéniablement, de la myriade de trucs qu'il aurait vraiment voulu oublier, mais qui restaient trop ancrés dans sa mémoire pour que ce soit possible, et fallait dire que Roxas ne l'aidait pas vachement en retraçant exactement la foutue route qu'il avait lui-même choisie, quelques années plus tôt.
Enfin.
Sa route.
Il soupira, encore.
Sa route – à une exception près.
Quelque chose d'étrange, d'imprévu, d'anormal qui venait d'arriver et pourtant putain, il arrivait pas à y croire ; miracle ou mirage ou rêve ou songe ou image, illusion – réalité ?
Sur l'écran de son téléphone, c'était marqué Appels reçus : La mère ; et elle venait de lui dire, il est où Roxas, il est pas rentré depuis genre deux semaines, j'ai pas confiance en son pote, il est pas rentré j'te dis, il le faisait avant, tu crois qu'il m'en veut, il répond plus à rien, j'crois qu'il a bloqué mon numéro, j'ai peur pour lui, je fais quoi ?
Il savait pas.
C'était ce qu'il avait envie de dire, là ; bordel, maman, je sais pas. C'était pas ses affaires, de toute façon – c'est pas à moi de régler tes soucis avec Roxas ! Et puis, et puis, c'était pas son problème non plus, c'était celui de sa mère, parce que c'est de ta faute, t'as compris, de ta faute si Roxas est fâché comme ça contre toi, parce qu'elle ne faisait rien comme il le fallait, et avec moi aussi t'as tout foiré, t'as vu, alors qu'elle se bouge un peu, maintenant, merde, qu'elle en profite, qu'elle en profite et vas-y, bordel, débrouille-toi et sauve encore le peu de relation qu'il te reste, avant qu'il ne soit trop tard, avant que tu perdes ton fils, encore une fois.
Cloud n'était pas con, quand même – il avait vécu, il avait vu, et il savait, il avait bien l'impression de savoir. Ce qu'elle devait faire, en tout cas ; ce qu'il aurait voulu qu'elle fasse, ce qu'elle avait pas fait, ce qu'elle ferait jamais pour lui, mais ce qu'elle pouvait et oui, devait absolument faire pour Roxas – sans quoi, encore, ce serait la rupture.
L'air las, le blond offrit à son portable un dernier regard blasé.
La rupture, hein. La sienne avec ses parents, avec sa mère surtout avait été subite, violente et lourde de conséquences ; en tant que grand frère, il ne pouvait qu'espérer que celle de Roxas soit moins douloureuse, et si elle pouvait ne pas avoir lieu, ça l'arrangerait bien.
Mais sa mère lui avait téléphoné, l'avait appelé pour prendre des nouvelles de ce frère avec lequel elle faisait erreur sur erreur, elle causait emmerde sur emmerde – et ça, bizarrement, ça serrait un truc en lui, là où d'habitude il n'y avait que les battements réguliers, doux, de son cœur déjà meurtri assez.
La mère avait été d'une contradiction à peine croyable avec lui, lui ordonnant tantôt de rentrer tôt, tantôt de partir loin – et Cloud savait par ce que Roxas lui avait raconté que depuis, elle n'avait pas changé. C'était même devenu encore pire. Ce manège incessant, troublant et tournoyant de non-sens auquel elle jouait sans cesse ; un jour la bonne mère, qui te file tout ce que tu veux, pour se donner bonne conscience, et le lendemain, celle qui à nouveau n'en a rien à foutre, et te préfère loin plutôt que chez elle – cependant, y'avait un truc.
Une différence entre la mère avec Cloud et la mère avec Roxas.
Une seule putain de foutue différence, et c'était ça qui lui faisait mal au cœur.
Le téléphone dans ses mains. L'appel. La voix, le ton angoissé qui frémit à l'autre bout du fil, les mots qui s'enchaînent à toute vitesse lorsqu'on n'arrive plus à les retenir, à les empêcher de couler à flots – comme la cascade qui embarque tout sur son passage, comme le sang qui teinte jusqu'au plus profond de la Terre.
Jamais depuis qu'il avait fui sa mère n'avait cherché à atteindre Cloud, que ce soit en l'appelant ou en passant par les quelques-uns de ses amis qu'elle connaissait. Jamais.
Un soupir à l'appui, Cloud abandonna son téléphone sur le meuble à l'entrée et décida d'aller manger quelque chose.
C'était étrange, comme la pluie changeait d'ambiance suivant la situation, l'humeur, le moment, le temps et l'heure.
Les deux garçons avaient passé l'après-midi ensemble et c'était cinq heures, mais le soleil de loin n'éclairait plus le ciel ; nuages, pluie, gris et noir et foncé et clair à la fois mêlé de bleu, très clair, trop clair pour être ciel mais assez sombre pour être beau, et assis en tailleur au pied du canapé Roxas entendait les gouttelettes douces-froides claquer de tout leur saoul contre les carreaux de la fenêtre.
Il n'avait pas son casque – le vent donnait le rythme et la pluie jouait la mélodie. La chaleur de l'intérieur réchauffait un peu, beaucoup, encore son cœur, et les mains de Vanitas sur ses épaules le firent sursauter mais pas tressaillir ; bref sourire, et il se releva, acceptant sans l'écouter l'invitation à boire quelque chose, maintenant.
« Tu veux pas du thé, par hasard ? Taquina Vani comme il se préparait le sien – le genre de breuvage qui n'était plus vraiment du thé d'ailleurs, tellement il foutait de sucre dedans, mais fallait croire que c'était pas si mauvais que ça, puisqu'il aimait bien.
– 'tain, arrête, grogna le blond pour toute réponse, c'est trop dégueu'… J'comprends pas comment tu peux aimer un truc pareil. »
Un rire léger résonna pour lui répondre et une large tasse de chocolat brûlant s'écrasa sur la table devant lui, brusquement – immédiatement après, la poigne forte de son meilleur pote plongea entre ses mèches blondes, et il le décoiffa chaleureusement comme il se laissait tomber sur le canapé, juste à côté de lui. Il était à bien, à vrai dire ; ils étaient bien tous les deux, ici, comme ça, côte à côte comme deux frères, les yeux rivés sur la télévision – elle diffusait un vieux cartoon stupide, mais tout en couleurs, et les voix suraiguës des personnages s'accordaient si bien avec les tapotements de la pluie contre les fenêtres que l'éteindre aurait été un véritable crime.
« Alors mec, t'as passé une bonne journée, en fin de compte ? Demanda soudain le proprio des lieux, un mince sourire en coin. J'espère que t'as conscience qu'on a pas foutu les pieds à l'école, aujourd'hui. »
A l'évocation de ce qui lui avait semblé n'être qu'un putain de détail insignifiant, Roxas ne put s'empêcher de rigoler. N'importe quoi, une fois de plus ; genre, comme s'il avait pu ne fût-ce qu'imaginer se rendre en cours, écouter ses imbéciles de profs, et ce toute la journée, alors qu'il s'était réveillé chez son frère le matin-même et que dès lors il n'avait plus que couru un peu partout, à la recherche d'Axel de Vani et de plein d'autres choses encore.
Du pardon et des excuses, peut-être, un peu, aussi. Et du courage – ce putain de courage qu'il lui avait fallu déterrer tout au fond de lui, rassembler doucement, petit à petit, et finalement mettre en pratique pour se pointer devant l'immeuble d'Axel.
Et le pire c'était sûrement que tout ça, ça s'était passé quelques heures à peine auparavant.
Mais maintenant qu'il y repensait, il ne regrettait pas, en fait, il ne regrettait plus ; tous les mots, toutes les pensées qu'il avait pu avoir à l'égard d'Axel et de la situation et de leur discussion de leur relation n'étaient plus que chimères, maintenant – à nouveau, le calme qui lui avait tant manqué, qu'il avait tant désiré était de retour. Dans sa tête, les choses étaient claires : le rouquin l'aimait, Vanitas ne l'aimait pas, et en fin de compte, ça allait très bien comme ça. Il pouvait vivre tout en sachant qu'Axel était amoureux de lui, justement parce qu'Axel n'insisterait pas tant que le blond lui disait non, ils le savaient tous les deux ; quant à Vani, eh bien...
Vani était son meilleur ami, songea Roxas. Juste son meilleur ami. Et quand bien même il aurait envie d'être plus que ça, Cloud l'avait dit – est-ce que c'était vraiment important, au fond ? Est-ce qu'ils pouvaient pas être amis malgré tout, quand même ?
Dans la tête de l'adolescent, la réponse était un oui immense et ça remplissait son cœur d'une putain de joie à peine descriptible – et avec ça ne lui restait donc que les emmerdes vis-à-vis de sa mère et de son cher Kévin, mais dans la liste de ce qui le préoccupait ça devait bien arriver quelque chose comme vingt rangs en-dessous de ses devoirs à faire pour demain ; et les devoirs en question, c'était clair qu'il les ferait pas.
Il avait envie d'autre chose, en réalité – de quelque chose de complètement différent, de quelque chose qu'il n'avait pas fait depuis bien longtemps, mais il le sentait, c'était le moment.
Le moment de prendre son téléphone, de chercher son foutu portable qu'il avait dû balancer on-ne-savait-trop-où dans l'appartement, et d'envoyer un message – sans douter, sans trembler, sans se presser et sans stresser, pour une fois. Sans même se poser la question de savoir s'il fallait le faire ou pas ; quelques mots, et voilà la situation résumée, l'appareil entre ses mains et un sourire satisfait entre ses deux lèvres, Vani l'observant d'à-côté, sans trop comprendre, un sourcil relevé.
« Tu fais quoi ? Il demanda, laissant traîner la dernière syllabe, un peu las. Roxas ? »
Trois mots : Axel, parc, maintenant.
Comme au bon vieux temps, diraient certains ; comme lorsque tous les soirs ils s'y voyaient, y discutaient, des heures durant, s'attendaient et se croisaient et s'engueulaient et se réconciliaient, se retrouvaient et recommençaient ; comme lorsque tout n'était pas si compliqué, comme lorsque Roxas n'en avait pas la moindre idée, comme lorsque personne ne savait qu'Axel l'aimait – d'ailleurs, l'aimait-il vraiment déjà, à ce moment-là ?
Bonne question.
Le blond esquissa un rapide sourire lorsqu'il y pensa, puis sans plus attendre, il se leva. Plus le temps d'être mélancolique, maintenant ; son cœur léger avait pris la décision, et il le suivrait sans y réfléchir, ce soir du moins. Ne restait, en vérité, qu'à espérer qu'Axel accepte sa proposition ; mais, étrangement, le garçon avait le pressentiment que ça irait bien, que son nouvel ami – à la fois ancien et nouveau, perdu-retrouvé, il ne savait mais s'en foutait – ne dirait rien, et serait simplement d'accord.
« Je vais sortir un peu, annonça-t-il alors, nonchalant. Enfin, je pense... »
Ce faisant, il ramassa sa veste qui comme toujours traînait dans l'entrée, et il s'apprêtait à la passer lorsque, réalisant subitement ce que son pote venait de décider sur un coup de tête, Vani sauta du canapé et vint poser une main sur son épaule, un poil d'inquiétude lisible dans ses yeux jaune vif. Et merde, il était pas rassuré, quoi – Roxas, cette espèce de boule en fusion de sentiments et de contradictions, paumé comme c'était pas possible la veille, revenait enfin dans l'espèce de cocon protecteur qu'était – ou du moins, que Vanitas avait cru être – cet appartement, et déjà il voulait repartir, sortir à nouveau ? Se casser comme ça ? Mais pourquoi, pour faire quoi, pour aller où, et pour y voir qui ? Ses parents, son frère, quelqu'un d'autre ?
« Tu vas où au juste ? Demanda prestement l'aîné des deux amis, et aussitôt il le regretta. 'fin, j'veux dire... »
Aïe.
En colère contre lui-même et son impulsivité à la con, Vani se mit à mordiller sans douceur sa lèvre inférieure et étouffa un juron. Non, non et re-non, c'était pas comme ça qu'il devait agir avec son blond, enfin – ça le mènerait nulle part, de jouer le rôle de sa mère à la place de la connasse qui occupait le rôle, et de toute façon c'était pas ses affaires, il avait pas à s'emmêler, mais en même temps, il-
« J'vais voir Axel au parc, lâcha finalement Roxas, mais il ne tourna pas la tête vers son pote. T'inquiète... »
Il accompagna son geste d'un revers de la main qui, rapidement, chassa celle de Vanitas ; ce dernier comprit, obéit, recula d'un pas, et le dévisagea. Il était un peu mal à l'aise, pour sûr ; il avait pas dû s'attendre à ce que son colocataire réagisse comme ça, en fait, et merde, il l'avait foutu mal, maintenant. Ah, quel con il faisait, aussi, quand il s'y mettait – restait le fait qu'il voulait plus jamais s'inquiéter pour cet égoïste de blondinet comme il l'avait fait cette nuit, mais quand même...
Alors, il fit à peu près tout ce qu'il savait faire – c'est-à-dire, l'abruti, comme toujours. Une main levée, aussitôt il la posa sur le crâne de l'autre, profita de ses trois ou quatre centimètres de plus et rigola, mi-doucement mi-nerveusement, comme il s'amusait à tapoter ses doigts entre les mèches dorées.
« Zéro souci, mec ! Balança-t-il sur un ton qui se voulait plus ou moins décontracté. Mais pense quand même à rentrer avant demain, cette fois, okay ? »
A cette remarque, Roxas pigea qu'il faisait référence à la nuit de la veille et ne put s'empêcher de se marrer à son tour, du coup – parce que c'était vrai, après tout. Ni l'un ni l'autre ne pouvait le nier ; cette de nuit, cette putain de nuit à la con avait été plus que chaotique, et maintenant tout ce dont ils avaient besoin, c'était de l'oublier et d'en rire comme d'une vieille connerie tellement aberrante qu'à force, on n'en avait même plus honte.
« T'inqiuète, mam', répondit donc le blond sur le même temps, je reviens bientôt, c'est promis ! »
Puis, il passa ses gros écouteurs autour de son cou, termina de lacer ses chaussures et sortit, tout simplement, un léger sourire aux lèvres. Dans son dos, Vani ne ferma pas tout de suite la porte restée grande ouverte ; sachant très bien que Roxas ne se retournerait pas, il le regarda s'éloigner, tout simplement, et lorsque la silhouette tout de noir et de blond disparut dans les escaliers, un soupir s'échappa d'entre ses lèvres et il glissa les mains dans ses poches, las.
S'il en avait eu l'occasion, il aurait volontiers rencontré à nouveau cet Axel, juste pour essayer de trouver dans sa personne l'élément qui, entre tous, pouvait bien plaire à ce point à son meilleur pote. Pourquoi fallait-il que ce garçon-là ait un faible pour les travelos au grand cœur, au fait ?
« On se retrouve au parc ce soir »
La haute société se serait exclamée « diantre », Monsieur et Madame Tout-le-monde aurait bêtement dit un truc plus ou moins proche d'un « bon sang d'bon soir », mais cette fois Axel décida qu'il se contenterait simplement de « bordel de merde » et il eut bien le temps de relire trois fois le message avant que son juron ne se perde complètement entre les murs de son appartement.
Il sourit, toutefois – mais il ne sut jamais si c'était parce que Roxas lui déteignait dessus, ou juste la proposition qui d'un coup lui faisait perdre cinq ou six ans, facile.
C'était pas un message sensationnel, pourtant ; six, sept mots à tout casser, quelques vingt, vingt-cinq lettres, ça prenait deux lignes sur l'écran de son portable et y'avait même pas de point d'interrogation – mais ce n'était pas une question à laquelle le roux aurait pu répondre par la négative, de toute façon.
Six heures peut-être que Roxas avait quitté sa bagnole, en bas de l'immeuble de son pote, et le roux déjà crevait d'envie de le revoir, rien que pour lui demander si ça c'était bien passé, si ça allait avec ce Vanitas, et si ses problèmes avaient fini par se régler ; mais en même temps, il savait que le blond n'apprécierait pas qu'il s'inquiète autant, surtout qu'ils étaient même pas vraiment amis, alors c'était peut-être pas une si bonne idée, que de lui poser la question...
Restait le fait que Roxas demandait à le voir, que c'était bien la première fois qu'il faisait lui-même le premier pas, et que pour rien au monde Axel n'aurait manqué une occasion pareille.
Ce fut l'affaire de deux secondes, à vrai dire – la première, il tapa, la deuxième, il appuya, et tout à coup c'est dans l'entrée qu'il se retrouva, à enfiler une paire de chaussures au hasard tandis que la célèbre tonalité sonnait régulièrement dans le combiné, à son oreille. Moins d'une minute après, ça décrocha, et la douce voix de l'adolescent résonna dans l'appareil.
« Axel ? S'étonna-t-il, et sûrement qu'il avait croisé les bras, à l'autre bout du fil. Tu veux quoi ? Tu viens ou pas, merde ?
– Je serai là dans dix minutes, répondit alors joyeusement le rouquin, plus qu'heureux de ne s'être pris qu'un ton agacé et pas d'insulte, pas de voix tremblotante, juste la même violence habituelle, preuve irréfutable que le blond allait bien. Je suis super content, tu sais ? »
Un grognement plus ou moins audible fut la seule réponse qu'il obtint avant le déclic, signe que son ami-pote-connaissance avait raccroché ; mais c'était pas grave, au fond. Il avait dit ce qu'il avait à dire, il était heureux que les choses se passent comme ça et il avait hâte, non, plus que hâte d'y être enfin. Dans sa tête, il revoyait en accéléré les moments, tellement lointains, qu'il avait passés avec Roxas, dans ce même terrain vague où il s'apprêtait à le retrouver – et bordel, il se dit et ne put s'empêcher de rire un peu, il se demandait si finalement c'était pas lui l'adolescent, dans l'histoire.
Peut-être bien que si, en fait ; étrangement, ça le dérangeait pas vraiment.
Les habitudes étaient revenues aussi rapidement et aussi brusquement qu'elles avaient disparu, en fait.
Roxas en haut, assis dans la cabane, à l'abri de la pluie et du monde et du ciel et de la merde et de tout de le reste ; Axel à moitié affalé, juste à côté, son éternel parapluie rose qui finalement n'était plus si moche que ça, et la pluie battait le rythme de leur conversation un peu au bol comme elle s'écrasait sur la maisonnette, sur le tissu, sur l'échelle et le sol neutre, grand.
C'était pas si mal, en fin de compte, comme situation, et fallait dire que le blond en était même surpris – malgré ce qu'ils avaient traversé depuis, malgré les engueulades, les réconciliations, les engueulades encore, ils trouvaient toujours autant de sujets de conversation, et putain, quoi, il s'ennuyait même pas : c'était complètement dingue.
Il était là, à six heures moins le quart, à peu près, dans une maison pour gamins, détendu, un peu de musique dans ses écouteurs-haut-parleurs, et il discutait, avec Axel, le travelo, la tafiole, l'abruti, le connard – le fils de pute, il avait même dit une fois.
Sitôt qu'il y pensa, toutefois, Roxas eut la désagréable impression qu'il n'aurait jamais dû se souvenir de ce truc ; parce que tout de suite, il s'en rappela le contexte et ça le ficha mal, vraiment. Merde. A ses côtés, le rouquin parlait en souriant de ses charmants hamsters mais le jeune homme avait beau adorer ces petites bêtes, il avait pas la tête à en entendre parler, là. Juste – pas du tout.
La première remarque d'Axel ? Il lui avait pardonné, pour sûr.
Cette histoire de démaquillant ? Il y pensait même plus, à vrai dire.
Qu'il se pointe à l'hosto alors qu'on lui avait rien demandé ? Mais bordel, ça l'avait même pas fait chier, en fin de compte.
Qu'il lui pardonne, veuille le voir, s'excuse, pardonne encore, ne se fâche pas, squatte ses pensées, se ramène dans sa tête, l'emmerde encore et toujours, bousille son esprit et son cœur et son corps, lui dise qu'il était mignon, qu'il l'aime ? Putain. En comparaison, ça, c'était rien.
Parce que Roxas avait compris une chose, maintenant – tant qu'Axel garderait dans sa foutue caboche d'abruti l'idée qu'il voulait changer et devenir une fille, un espèce de saleté de foutue meuf à la con, eh bien, il resterait un fils de pute.
Cette pensée lui fit baisser les yeux et le blond sentit quelque chose le blesser dans son cœur.
Merde, à la fin – c'était pas bon, tout ça, et il avait la sale impression qu'en parler n'arrangerait pas les choses, loin de là.
Bwah...
Un peu de transition, ce chapitre, non ?
Quoiqu'il en soit, quelques informations ~ Nous sommes le 27 mai 2012 (non, sans blague). Le 22 juin prochain, cela fera exactement une année que cette fanfiction existe (on s'en fout, mais bon. XD) Vous vous souvenez du Nanowrimo, ce gros event d'écriture où j'avais écrit plus de 50'000 mots en un mois ? Eh bah, y'a un équivalent en juin, et j'y participe, en avançant exclusivement cette fanfic - parce qu'au Nanowrimo de novembre, j'ai gagné un bon me permettant d'imprimer mon petit roman perso...
En d'autres termes, l'écriture de cette fanfic va se terminer ce mois-ci et elle sera imprimée, si tout se passe bien. ^^ Quant à sa publication, je pense qu'elle va reprendre le rythme d'un chapitre par semaine et qu'elle se terminera à la mi-juillet, fin juillet, peut-être. A voir. =)
Voilà voilà, merci de votre lecture x3 Ce fut un plaisir ! 8D
