La reprise des cours se passa dans la joie et la bonne humeur. A Pemberley, j'étais comme en cage, emprisonnée par les remords et les regrets. De retour a Londres, je goutai a une liberté nouvelle. J'oubliais peu a peu le désastre de Pemberley.

Je revit Charlotte Lucas avec plaisir. Comme toujours, elle me fit un compte rendu détaillé de ces vacances.

« Et de ton cote Lizzie c'était comment? » me demanda-t-elle

« Riche en émotions ... »

« Ou as tu passé tes vacances? J'ai essayé de t'appeler, mais tes parents m'ont dit que tu n'étais pas la. »

« J'étais chez Darcy »

« Darcy? LE William Darcy? »

« Oui ... » J'étais las, prononcer son nom me demandait un effort surhumain.

Charlotte parut songeuse, puis enthousiaste, elle ajouta: « C'était comment? Comment est-il dans l'intimité? Je veux tous les détails »

« Aucune idée. »

Ma meilleure amie parut déçue de mon manque de réactivité mais n'insista pas. Elle changea poliment de sujet, et me parla des partiels qui approchaient a grands pas.

A la fin de la journée Charlotte et moi rentrâmes ensemble et rongée par la curiosité, elle ne tint plus sa langue: « Lizzie, raconte moi tes vacances chez William Darcy ! »

« Je t'en prie, oublie Darcy !! » En prononçant ses mots, des larmes de dépit dévalèrent mes joues. Charlotte, choquée, n'ajouta plus un mot. Depuis ce jour, il existe un accord tacite entre elle et moi. Elle n'évoque pas Darcy, et moi je garde ma bonne humeur et ma conversation.

Des mois passèrent, et rien ne me sortit de ma routine.

Nous étions maintenant en mai, le soleil pointait a nouveau son nez, pour le plus grand plaisir de tous. Cela faisait des mois que je n'avais plus entendu parler de Will. Il semble qu'il ait tout simplement disparu de la circulation. Jane prenait soin de ne jamais prononcer son prénom devant moi, et Charles préférait des sujets neutres tels que la pluie et le beau temps. Je leur étais infiniment reconnaissante. Mais bizarrement, je ne supportai plus son absence, cela faisait des mois qu'il avait déserté ma vie. J'aurais voulu entendre sa voix, l'apercevoir, ou tout simplement avoir de ses nouvelles. Alors un soir, je pris mon courage a deux mains et glissa nonchalamment a Jane : « Tiens Jane, aurais tu des nouvelles de Will par hasard ? » Je rougis en prononçant ce prénom. La sonorité de ce mot suffit a accélérer les battements de mon cœur.

Jane me regarda l'air ahuri. Elle n'en cru pas ses oreilles, et bafouilla : « Heu ... oui ... enfin ... »

« Qu'est ce qu'il devient dis moi ? »

« Heu ... il a décidé de faire un semestre a l'étranger. »

« Oh ... évidemment ... »

« Il est en France en ce moment. Charles et moi comptions lui rendre une petite visite. Et si tu nous accompagnais ? »

« Non merci. »

« Nous t'avions offert un weekend a Noël, et la date d'expiration approche. Si tu ne veux pas gâcher les économies de ta sœur, tu n'as pas d'autres choix Lizzie. »

« Jane ... J'irais en France mais je n'irais pas voir Darcy. »

Ma sœur me sourit et me dit : « nous verrons cela sur place ma chère. »

Jane appela Charles le soir même, et celui-ci décida qu'il fallait partir ce weekend et ne pas perdre de temps. Ainsi 3 jours plus tard je me retrouvais dans l'euro star, direction Paris.

Charles et Jane semblaient incroyablement enthousiastes et satisfaits, tandis que je déprimai dans mon coin... J'appréhendai ces retrouvailles, comment allait-il réagir? Ne trouverait-il pas ma venue déplacée ? Sans aucun doute, je ne serais pas la bienvenue. Après tout ce qui a été dit, comment pourrai-je le regarder en face ? Je passai donc le trajet a me tourmenter, sous le regard amusé de ma sœur. Elle posa délicatement sa main sur la mienne et tenta de me rassurer : « Ça va bien se passer. Ne t'en fais pas. »Je lui répondis par un sourire crispé, et replongea dans mes sombres pensées. Arrivés a Paris, nous nous dirigeâmes vers l'hôtel. Charles et Jane voulu de suite rendre une visite a Will.

« Allez y sans moi. Un marathon touristique m'attend. Je ne peux pas me permettre de prendre du retard dans mes visites. J'ai un programme très serré. »

Charles soupira et ajouta: « Comme tu voudras Lizzie. Je dirai bonjour a Will de ta part. »

« Non s'il te plait. Ne lui parle pas de moi. »

Ma sœur rougit et gênée baragouina: « Trop tard ... »

« Jane ! Comment as tu pu me faire ça ? » sifflai-je.

« Allé Lizzie accompagne nous. Ce n'est rien qu'une petite visite, pas plus de cinq minutes nous te le promettons. Après cela tu pourras aller ou bon te semble. »

Ma sœur me supplia encore et toujours, mais entêtée je refusai de céder. Je pris donc la direction du Louvre pendant que Charles et Jane se rendaient boulevard saint germain.

Une fois au musée, les chefs d'œuvre de Poussin, Gericault, ou encore Delacroix me firent rapidement oublier mes petits soucis. Je passai sans m'attarder devant la Joconde, cachée par les innombrables touristes japonais, et préférai admirer le mariage de Cana.

Épuisée par cette première journée, je rentrai de bonne heure a l'hôtel. Charles et Jane étaient déjà la, et m'attendaient le sourire aux lèvres. Des mon arrivée, Charles me demanda un bilan de ma visite du Louvre. Je lui répondis distraitement : « Très intéressante. Vous auriez du m'y accompagner plutôt que de ... »

« Plutôt que de rendre visite a l'abjecte personnage que je suis? »

Je reconnu tout de suite l'inflexion de cette voix. Mon corps se figea, et mon sang se glaça. Je tournai la tête, pour voir ce que je savais déjà. Will se tenait dans l'embrasure de la porte et me souriait narquoisement. Il s'assit près de moi et ajouta: « Alors Miss Bennet, que devenez vous? »

« Heu ... rien... enfin si ... »

Il rit, fier de l'effet qu'il avait produit sur ma petite personne.

Jane me demanda: « Quel est ton programme pour demain Lizzie? »

« Je pensais qu'on aurait pu visiter Paris tous les TROIS. »

Jane me regarda gênée, et marmonna: « Je suis désolée Lizzie, mais il se trouve que les parents de Charles sont a Paris en ce moment. Nous devons passer la journée avec eux demain. J'espère que cela ne te dérange pas. »

« Bien sur que non. Je visiterai donc Paris seule. Ne t'en fais pas pour moi. »

Jane, tout de même inquiète, se tourna vers Will et lui demanda: « Will si tu n'as rien de prévu, pourquoi n'accompagnerais tu pas Lizzie? »

Il parut troublé , mais ajouta : « Je me ferais de faire découvrir Paris a Miss Bennet. »

Aucun d'eux n'eut la présence d'esprit de me demander mon avis, et je n'eus donc pas mon mot a dire!! Nous dinâmes tous les quatre. Cela faisait longtemps que je n'avais pas vécu un tel calvaire. La tension était palpable, et même la bonne humeur de Charles n'y fit rien. Will et moi restions silencieux, tandis que Jane et Charles tentaient de combler les silences, et de parler pour quatre. Puis, une fois le repas terminé, (a mon plus grand soulagement), nous repartîmes chacun de notre coté.

Will vint me chercher très tôt le lendemain matin. Il me salua rapidement et sans plus attendre, il me dit: « Prête Miss Bennet? »

« Plus que jamais. »

« Que voulez vous voir? Je suis votre humble serviteur, je me plierai au moindre de vos exigences. »

Je souris, et répliqua: « Hum je ne sais pas. Après tout c'est toi le parisien Will. Je te suis. »

J'avais timidement prononcé son prénom, ce qui ne lui échappa pas. Il me sourit chaleureusement et ajouta: « Allons déjeuner Lizzie, nous échafauderons un plan autour d'un café et des croissants. »

Je le suivis docilement, et nous nous installâmes dans un charmant café. Will me fit alors le récit de sa vie parisienne, de ces rencontres, il me donna des nouvelles de Georgie. Je buvais chacune de ses paroles, et l'admirai sous toutes les coutures. Il n'avait pas changé, son charme restait intact, et mon cœur battait toujours la chamade. Puis, Nous passâmes le reste de la journée a visiter Paris. Will m'emmena voir la tour Eiffel, puis les champs elysees, l'arc de triomphe, le panthéon, ou encore les invalides. Ces mois d'absences et ces disputes incessantes semblaient avoir disparus. Notre journée se déroulait sous le signe de la complicité et de la bonne humeur. Paris semblait le mettre d'excellente humeur !

A la fin de la journée nous étions exténués. Will se proposa donc de me ramener. Enchantée, je m'empressai d'accepter sa proposition. Je n'avais jamais eu si peu envie de le quitter. Chaque seconde supplémentaires passées en sa compagnie était la bienvenue. Soudain, sans prévenir, Will me demanda : « Que dirais tu de passer chez moi? ».

Je ne sus quoi répondre, la proposition était si inespérée, si inattendue. Incapable de produire le moindre son, je me contentai de le dévisager. Devais-je prendre cette invitation comme une simple preuve de notre réconciliation ? Signifiait-elle plus ? J'étais troublée, perdue dans les méandres de ma pensée, oubliant même la présence de Will.

Celui-ci prit ce silence pour un refus. Déçu, il soupira mais n'insista pas. « Je te ramène a l'hôtel. » me dit-il.

Ma main agrippa alors sa chemise de son propre chef. Will s'arrêta net. Il se pencha vers moi, et me questionna du regard. Je balbutiai : « Allons chez toi Will. » Il se figea un instant. Incrédule, il me dit : « Pardon? »

« Allons chez toi Will. »

Sans plus attendre, il prit ma main, et n'ajouta plus un mot. Il me traina ainsi rapidement dans un taxi. Il était a mes cotes, plus tendu que jamais.

Le trajet fut silencieux, Will n'ouvrit pas une seule fois la bouche, se contentant de serrer fermement ma main. Il m'observait, guettant le moment ou je changerais d'avis.

Arrivés, au pied de son immeuble, Will se tourna enfin vers moi, d'une voix tremblante, il me demanda: « es tu sure de vouloir monter? »

« Oui ... »

« Réfléchis bien ... C'est ta dernière chance. »

J'acquiesçai en silence, et après un soupir de soulagement, Will m'emmena dans son appartement. A peine le seuil franchit, je su que mon avenir se jouerait entre ces quatre murs...

Chères lectrices, je suis désolée pour le précédent chapitre. Je n'aurais pas cru que cette dispute vous aurez si retournées. Ne vous en faites pas, la réconciliation est proche. (quoi que ...) Merci pour votre soutient et vos commentaires. A bientôt pour de nouvelles aventures.