Hello hello, ici Momo =)
J'ai honte. Je suis en retard. J'aurais dû poster ça hier. Je suis désolée D= Sinon bah heu, hm... Voilà, quoi... LE chapitre qui apportera, normalement, la dernière grosse surprise de l'histoire... J'espère que ça vous plaira quand même. é_è
Ensuite, au niveau de l'histoire, eh bien... Sachez que je l'ai terminée, j'ai fini de l'écrire. ^^ Elle comptera donc en tout et pour tout 42 chapitres, plus un épilogue. C'est difficile de se dire que c'est bientôt terminé, bouh... *bam* Il m'aura fallu une année et une semaine (c'quoi ce chiffre pourri XD) pour l'écrire, en tout et pour tout. Maintenant, je corrige encore un peu, je me bats contre la couverture, et je passerai commande pour l'imprimer comme un véritable livre ^^
Merci à tous d'être encore là et j'espère, sincèrement, que ce chapitre vous plaira. =)
Chapitre 37 : Il paraît que les bonnes idées sont difficiles à réaliser
L'idée était née dans sa tête à peu près trois jours auparavant – et depuis lors, elle n'avait plus voulu quitter ses pensées.
Un peu comme un post-it épinglé dans un coin du tableau, elle était là mais ne prenait sa véritable importance que lorsqu'on y posait les yeux ; et plus on tentait de s'en éloigner, plus on essayait de l'éviter, plus sa simple vision faisait mal et rappelait que merde, à la fin, y'avait plus beaucoup de temps – et fallait qu'il agisse, qu'il agisse maintenant.
C'était le plan infaillible, en vérité ; basé sur ses propres réflexions, sur ses remarques, un peu celles d'Axel, et tout ce qu'il avait vécu ou vu ou entendu, sans aucun doute il parviendrait à faire changer d'avis au rouquin – du moins, Roxas l'espérait. Ne restait, en fait, qu'un seul souci dans l'histoire ; sa réalisation.
Appelant pour une fois un chat un chat, il pesta lorsqu'il se dit que bordel, bordel, quoi, il pourrait jamais faire ça. C'était une bonne idée, mais... C'était juste pas faisable, pas imaginable, pas même envisageable – et la chose jusque dans son essence-même lui posait problème, l'emmerdait plus que tout. C'était dérangeant rien que d'y penser, en vérité.
Alors, la veille, soudain, illuminé, il s'était dit que ça lui ferait peut-être du bien d'en parler, d'avoir un avis extérieur – et c'était ainsi qu'il se retrouvait, maintenant, planté immobilisé, comme un con chez Vanitas, juste sur le pallier. Sans oser sonner, sans oser entrer, bien qu'il possède la clé ; juste, il attendait. Il attendait quoi, exactement, d'ailleurs ? Il savait pas, peut-être la force peut-être le courage peut-être la conviction peut-être autre chose, mais en fin de compte ça n'importait pas vraiment.
Il avait juste pas les couilles de bouger et puis voilà, c'était foireux et c'était tout. Il pesta, encore une fois.
Là où il fut vachement, mais alors, vachement plus débile, encore plus con, imbécile qu'à son habitude, c'est qu'il n'envisagea pas que Vanitas puisse être dehors, à ce moment-là ; et, évidemment, ça ne manquait pas. Son pote n'était pas dans la maison, tout simplement, non – il était dehors, et le blond le réalisa d'un seul coup, comme une baffe dans sa gueule, au moment même où deux larges paumes s'abattirent avec autant de force que de douceur sur ses épaules fines.
« Bouh ! Lança-t-il, comme un gamin ; mais, étrangement, quelque chose dans sa voix sonnait faux et Roxas frémit, sitôt qu'il l'entendit. Alors, tu viens revoir ton pauvre vieux Vanitas ? »
Il disait ça sur le ton de la plaisanterie, avec cette espèce d'humour particulier qui lui était si propre et qui, jusqu'ici, était si bien passé – mais soudain, ce fut juste plus pareil. L'adolescent savait pas pourquoi, en vérité ; ça avait changé, et puis, c'était tout. Plus la même chose, non, plus le même ton dans ses appels joyeux mi-moqueurs mi-heureux, pas la même sensation lorsqu'il l'attrapait, l'attirait à lui, était près de lui simplement – bordel. Quelque chose avait changé, indéniablement.
Et Roxas, quoiqu'il dise, quoiqu'il fasse, ne pouvait s'empêcher d'avoir l'impression que quelque chose s'était brisé. Fendu. Cassé. Tordu. Rouillé. Perdu, aussi, peut-être – le genre de truc qu'il avait eu, qu'il avait refoulé, qui maintenant n'était plus, et qu'il fallait oublier.
« Ah, oui, heu... »
La douleur nouvelle dans sa poitrine l'empêcha de s'exprimer correctement et, tandis que son meilleur pote le quittait pour leur ouvrir leur porte, il ne parvint qu'à le suivre du regard, comme hébété. Le monde, tout à coup, était devenu comme l'enchaînement de secondes, de minutes et de jours qui tournaient, roulaient et fonçaient trop vite pour qu'il puisse les suivre, et ce, quelle que soit sa vitesse, quelle que soit sa monture, quelles que soient ses décisions et sa force, sa sagesse ; la preuve était, un machin s'était foutu en l'air, bousillé entre son meilleur pote et lui et, trop plongé au fond de ses réflexions à la con, il l'avait même pas senti arriver.
Même pas vu avoir lieu. Même pas réalisé s'être passé.
« Je t'offre un truc à boire ? » Demanda alors Vani, calme, détendu, mais plus froid, plus distant que d'habitude – parce que, d'habitude, ouais, d'ordinaire, il aurait dit, pas ça mais, il aurait dit, quelque chose comme, allez mec, viens par là, j'te file un truc, et-
Et les pupilles dorées fuyaient un peu les siennes, le regard filait de biais à chaque fois qu'il le pouvait, et les yeux ne le regardaient pas, plus, jamais, couraient de tous les côtés sans jamais s'arrêter sur lui, se poser seulement, l'effleurer même – putain. Sans trop y réfléchir, il accepta l'invitation, suivit Vani, continua, arriva, à cette table qu'ils avaient si souvent partagée, ne s'assit pas ; sa tête était ailleurs, là.
L'éloignement, la foutue distance de merde qu'il commençait à deviner entre son meilleur pote et lui lui plaisait pas du tout, et il avait la sale impression qu'il allait devoir faire quelque chose à ce sujet – et puis, au fond de lui, une petite voix à la con lui soufflait que peut-être il dramatisait, peut-être y'avait rien du tout, peut-être il s'inquiétait pour que dalle parce que son idée le stressait, mais-
Mais comment être sûr, en fin de compte, hein ?
« Tu t'assieds pas ? Demanda Vani, un sourcil relevé en guise d'interrogation.
– Heu, en fait, bredouilla alors le blond, je vais pas rester, merci... Dis, ça va, toi ? »
Oh, putain.
Non, franchement – il avait pas pire, comme question, hein, pendant qu'il y était ? Mais bordel, c'était quoi ça, là, ce qu'il foutait ? Voilà la réponse, du n'importe quoi ; il ressassait à tout en même temps, avait tout dans la tête, plus de place pour trois pensées sensées, évidemment, et son plan débile affrontait la peur de la distance avec Vanitas comme celui-ci lui balançait en face que si quelqu'un avait l'air de pas aller bien, c'était pas lui mais Roxas lui-même – eh merde, eh merde, il se dit alors, il savait plus quoi répondre et plus quoi penser, maintenant.
« Hm, agréa Vani, l'air d'en avoir à peu près rien à foutre, et il jeta au blond un regard inquisiteur. Toi ?
– Ce... Ça va, réussit-il tout de même à bafouiller. J'ai pas l'habitude, mais ma vieille fait des efforts, et... Sérieux, ça s'améliore... »
Il disait de la merde, en vérité – oh, pas que ce soit tout à fait faux, non, mais c'était pas intéressant, simplement, et c'était juste pas ça qui le préoccupait, dans l'immédiat, quoi. Il avait autre chose, tellement d'autres choses en tête en cet instant même : ça commençait par sa mère, bien sûr, mais ça tournait plutôt autour de la robe de cette vieille peau, et puis y'avait Axel, ensuite, et le plan, l'idée qu'il avait eue pour le détourner de l'opération et même, du travestissement, et puis tout ça, en général, cet ensemble d'événements et de réflexions dont il avait vachement, vraiment envie de faire part à Vanitas – il le ferait pas, cependant.
Il savait pas pourquoi, mais sa poitrine devenait étroite et sa gorge se serrait, à chaque fois qu'il ouvrait la bouche dans l'intention d'aborder ce sujet.
« Okay, mec, lâcha alors Vanitas, abandonnant visiblement l'idée de lui faire avouer quoi que ce soit, et une partie du blond lui en fut reconnaissant. Ça me va, si t'es heureux comme ça. Mais au moindre souci, hésite pas à revenir, d'accord ? »
Roxas ne parvint rien à faire sinon acquiescer bêtement – mais Vani ne sembla pas, ne voulut pas, ne préféra pas remarquer son comportement étrange, ne le releva pas du moins, et sans que ni l'un ni l'autre ne comprenne trop pourquoi ni comment, moins d'un quart d'heure après, le blond était dehors. Dans le sens, dans la rue, au pied de l'immeuble ; hors de l'appartement et hors du bâtiment, à l'extérieur et bêtement, dehors.
L'air frais dans sa gueule et son cœur qui le bousillait, à l'intérieur. Le stress rien qu'à l'idée de parler à Vanitas de son plan avant tendu ses poings serrés à l'extrême et la tension devait bien se lire sur son putain de visage, là – cependant, son meilleur pote avait accepté. Et sincèrement, il savait pas du tout dans quel sens il devait le prendre. Bien ? Mal ?
C'était si réducteur, dit comme ça.
Mais fallait pas déconner, fallait pas se leurrer non plus – soit Vani acceptait bêtement la moindre de ses décisions, maintenant, sous prétexte qu'il vivait plus chez lui, et il était redescendu à l'état de simple pote, tel qu'il l'avait été avant qu'ils n'emménagent ensemble, soit il était vexé pour une raison plus ou moins obscure et du coup, de Roxas, il s'en foutait pas mal.
Lorsqu'il quitta finalement le quartier de son ami, toutefois, Roxas se prit à prier une quelconque chimère pour que la vérité ne réside pas en ce dernier cas.
Ce jour-là faisait partie, incontestablement, des rares jours que Cloud s'autorisait encore à surnommer de l'abruti sobriquet qu'était le mot « vacances » ; et force était d'avouer que, peu importe combien il les critiquait parfois, c'était pas si mal, en fin de compte, ces jours-là. Certes, on foutait à peu près rien, certes, on avançait pas, et certes, aucun boulot ne se voyait terminé, complété, achevé et classé pendant ce temps – mais au fond, c'était pas plus mal que ça, de pouvoir se reposer un peu, enfin.
Assis sur le canapé, donc, il laissait ses yeux fatigués circuler, mollement, de la télévision allumée sur une quelconque série policière, à la bande dessinée fantastique qu'il gardait ouverte entre ses mains – à côté de lui, sur le sofa, un petit paquet de chips accueillait régulièrement sa main droite, et bientôt il bâilla, las de n'avoir rien fait de sa journée entière.
Il n'était que dix-sept heures, dix-huit heures peut-être, il savait pas trop, mais c'était décidé, dans trois-quatre heures, il irait se coucher. En attendant, peut-être pouvait-il faire autre chose à manger, ou bien, sortir se promener, sur sa moto par exemple, ou encore, appeler un ami ou un autre, et- Et ce fut l'instant que choisi son téléphone pour sonner, surtout.
L'air blasé, il abandonna chips et bande dessinée pour aller décrocher le combiné, glissant au passage une main dans ses cheveux, comme pour les arranger – ce qui, en soi, était profondément inutile, étant donné que son visiteur lui parlerait au téléphone et ne le verrait donc pas, l'entendrait seulement.
« Hm ? Grommela-t-il plus ou moins clairement en amenant l'appareil au niveau de son oreille.
– Cloud ? Hé, salut. C'est Vanitas. Ça fait une paye, hein ? »
Il resta silencieux.
Vanitas ? Le prénom grimpa de ses tympans à son cerveau et ses neurones s'évertuèrent alors à rechercher où il avait bien pu entendre un nom pareil – ah, oui, se souvint-il d'un seul coup, le meilleur ami de son frère. Évidemment. Celui à qui il avait dû parler deux, trois fois dans sa vie et dont il se demandait, en fait, comment il avait réussi à avoir son numéro de téléphone, que même sa mère ne connaissait pas ; et puis, il se rappela que Roxas avait vécu avec ce type-là et que, du coup, c'était peut-être pas si important que ça.
« Écoute, reprit soudain le jeune homme à l'autre bout du fil, je sais qu'on se parle pas des masses, toi et moi, mais là, c'est un truc sérieux... »
Cloud ne répondit pas. La voix grésillait dans le combiné et le côté métallique que lui ajoutait le téléphone avait quelque chose d'un peu désagréable, d'un peu dérangeant. Ça sonnait bizarre, en vérité.
« Roxas est venu me voir, tout à l'heure, et je l'ai trouvé vachement, mais alors, vachement bizarre. Tu saurais pas ce qu'il a, par hasard ?
– Non. »
La réponse avait jailli de ses lèvres comme une évidence absolue et le silence de l'autre côté de la ligne semblait traduire, témoigner de la surprise de son interlocuteur. En même temps, il ne connaissait rien de son frère cadet, lui – il s'était imaginé quoi, ce Vanitas, aussi ? Que Roxas lui disait tout ? Qu'ils étaient aussi fusionnels et soudés que deux sœurs jumelles à la naissance ? La vérité était, le blond venait dans son appartement quand ça l'arrangeait, pour lui parler de ce qu'il voulait, et ils discutaient de temps en temps mais se voyaient généralement peu et non, non, et re-non, ne se disaient pas tout.
A la limite, ce Vani avait sans doute plus de chance de connaître l'adolescent que lui ; et d'ailleurs, cette réflexion lui fit penser à une discussion qu'il avait eue avec son frère, au sujet de ce même type qui lui parlait en ce moment-même, là, au téléphone. Une question lui traversa l'esprit et, froid comme jamais, il ne put s'empêcher de la poser, toutefois.
« Il se passe quoi entre Roxas et toi, exactement ? »
Le ton, la voix du blond s'était fait plus dur, un peu, plus cassant, sûrement – comme une lame, jusqu'ici émoussée, qu'on avait soudain rendue à l'armurier, et qui, tout à coup, ressortait du magasin belle, brillante, sûre d'elle et bien aiguisée. Une fois de plus, l'ami du cadet ne répondit pas tout de suite, comme s'il attendait que le silence installé rapidement – au contraire de Roxas, Cloud n'avait rien contre ce silence et ne le trouvait pas dérangeant – lui inspire les bribes d'une réponse plausible, intelligente.
« Je suppose qu'il pense que j'en pince pour lui ? »
La réponse avait su se faire attendre mais, sur le coup, elle égala sûrement en pointe et en précision le ton employé par l'aîné, juste avant – mais putain, comment, comment ce gars-là avait-il pu se douter de ce que pensait Roxas, de ce que Roxas n'avait dit qu'à son grand frère d'ailleurs, probablement ? Cloud garda les lèvres serrées, tout contre ses dents, comme il se disait que ce type n'inspirait pas confiance, décidément.
La preuve en arriva à la seconde suivante précisément : sans raison, Vanitas éclata de rire. Tout simplement, tout bêtement. A l'autre bout du fil. Comme ça. Sans justification, ni rien. Une, deux, dix, trente secondes – puis, il se calma, ne gardant qu'un souffle d'ironie, de moquerie dans sa voix grave.
« Cloud, ton frère, il me fait rêver, sérieux. »
La tonalité caractéristique du raccroché empêcha l'adulte de répondre à cette déclaration et l'abandonna, aussitôt, à ses propres réflexions.
Il eut beau réfléchir, toutefois, il ne trouva pas d'explication à ce qu'avait dit cet homme, et s'endormit soucieux de savoir ce qu'il ressentait vraiment pour Roxas, en fin de compte.
Jamais encore Roxas n'avait eu, dans sa vie entière, à faire face à pareille situation – et ça, putain, il en était certain, juste à fond, quoi.
C'était compliqué à expliquer, en fait, compliqué à définir, aussi, encore plus compliqué à décrire, à justifier, à présenter, et finalement tout ce qui tournait autour de ça n'était que bordel indéfini, indescriptible, injustifiable et in-plein d'autres choses diverses et variées – et jamais, jamais, franchement, jamais il ne s'était retrouvé dans une merde pareille, simplement.
Il s'était pointé chez Vanitas, quelques jours auparavant, pour simplement s'entendre dire qu'il pouvait revenir s'il le voulait, mais rien des habituelles questions, rien de l'angoisse à laquelle son meilleur pote l'avait accoutumé, et rien de ces putains de gestes à la fois tellement trop cons, tellement trop inutiles, et tellement trop bons, tellement trop rassurants qui, en deux secondes et demie, savaient le rassurer mieux que tous les mots du monde – bordel, c'était une perte, et ça le stressait.
Ça le stressait, oui, de savoir que son meilleur ami et lui s'éloignaient, inexorablement ; ça le stressait, clair, d'avoir deviné jusque dans ses gestes et son regard fuyant qu'ils se séparaient, vraiment. Ça le stressait, aussi, d'avoir observé ce même regard, ces mêmes yeux l'évitant, sans cesse, comme s'il était porteur de peste ou d'on-ne-savait-trop-quelle maladie ; et puis, il y avait eu Cloud, Cloud qui l'avait appelé, comme ça, en fin de soirée, sans raison apparente, pour prendre de ses nouvelles, mais sa voix n'étaient pas normale à l'autre bout du fil et-
Et ça le stressait, d'avoir conscience qu'il existait un problème, un souci vis-à-vis de Cloud, mais ça le stressait, de ne pas réussir à mettre le doigt sur cet ennui, précis, de ne pas pouvoir simplement le résoudre et l'effacer et se rendre utile à son aîné, comme il avait dans l'intention de le faire depuis si longtemps – alors oui, ça le stressait, quoi.
Mais tout ça, toutes ces choses, toutes ces putains d'emmerdes qui arrivaient comme toujours au mauvais moment, non, au pire moment envisageable dans sa ligne du temps, eh bien, en fin de compte, tout bien calculé réfléchi envisagé, c'était peut-être pas si grave que ça – parce qu'en dehors de ce bordel indéfini et indéfinissable, infini de mille et un problèmes différents auquel le blond ne comprenait plus rien, y'avait encore pire. Ouais, voilà, pire, c'était le mot ; six, dix, cent fois pire, et beaucoup, beaucoup plus douloureux.
En silence, le blond se promit qu'une fois que son plan aurait fonctionné, il ferait payer Axel pour tout le stress engendré – et il lui rendrait la douleur au centuple, pour sûr.
Mais pour l'instant, fallait surtout qu'il se concentre, qu'il ait le courage, et-
Et qu'il le fasse, merde. Qu'il s'empare de son téléphone, qu'il fouille dans le répertoire, qu'il appelle Axel. Qu'il lui parle – maintenant. Et qu'il lui dise, lui transmette, lui fasse part.
Lorsque, pour la sixième fois consécutive en deux jours, il leva son iPhone à hauteur de ses yeux, Roxas remarqua qu'aujourd'hui encore ses doigts tressaillaient, son corps tremblait, et sa paume semblait étonnamment moite contre la dureté fraîche de son bel iPhone.
Aucun des essais effectués jusqu'ici n'avait encore abouti, à vrai dire – un coup, il avait passé bien dix minutes à regarder son putain de téléphone en espérant qu'il composerait, appellerait tout seul, la fois suivante, il avait tapé deux chiffres avant d'abandonner, et ça avait continué, bordel ; trois chiffres, six, l'abandon, la peur et la colère en même temps, contre lui-même et de lui-même, de ses propres putains de faiblesses, et une fois il avait appuyé, mais raccroché en remarquant qu'il s'était trompé et merde, à la fin, il avait peur de foirer, une fois de plus.
Maudit plan, bordel. Maudite idée. Maudite imagination et maudites convictions – parce qu'après tout, quelles preuves il avait, hein, que ça fonctionnerait ? Eh bien ? Il en avait pas, merde, il basait toute sa putain de théorie sur ses propres interprétations et ça craignait, ça craignait un max', et il arriverait à rien, s'il continuait, et puis c'était grave quand même, à ce point !
Las, il se laissa tomber sur son lit, assis, mais n'osa pas s'étendre ni regarder le plafond et inspira-expira contre l'appareil qui se teinta de buée, encore une fois. Le numéro à l'écran s'y dévoila tout comme la chaleur la vapeur s'en allait, s'évadait – il le relut, le vérifia, s'en assura, et oui, finalement, c'était bien le numéro d'Axel, qu'il avait réussi à taper, afficher, simplement observer, regarder voir. Juste là.
Une touche et il entrerait en contact – enfin. Une touche. Une seule putain de pression sur une seule putain de touche, et son plan démarrerait, tout s'enchaînerait sûrement, rien ne s'emmêlerait, et les choses couleraient, naturellement, les unes après les autres dans la suite logique de leur accomplissement ; finalement.
Il respira à fond, ferma les yeux, se concentra comme il pouvait, porta le combiné à son oreille, sentit l'écran froid effleurer son doigt, et puis soudain, d'un seul coup, d'une seule pression, forte et décidée, appuya.
Silence.
Le silence l'attrapa droit à la gorge et la serra si fort qu'il se sentit presque étouffer – alors, la première tonalité le fit sursauter. Tressaillir. Trembler – et l'iPhone, à vrai dire, il manqua de peu de le lâcher. Merde. Merde, merde, merde et re-merde, il était censé faire quoi, là, exactement ? Attendre qu'Axel décroche ? Oui ça bon d'accord, okay, mais ensuite, et après ? Lui parler ? Lui causer, ouais, lui dire quoi, en fait, quels mots quelles phrases quelles paroles précises, et comment formuler tout ce qu'il avait à balancer, là ?
La poigne de fer de l'angoisse serrait son cou si fort qu'il ne parvenait plus à respirer et il était sûr, maintenant, il était sûr qu'il allait foirer, qu'aucun son ne sortirait s'il essayait seulement de parler - et c'était pas bon, non, c'était pourri, même, parce que s'il parlait pas, s'il disait rien, Axel comprendrait pas et raccrocherait et se poserait des questions et réfléchirait et lui poserait des questions et s'en irait reviendrait s'étonnerait partirait foncerait droit le dans tas arriverait à l'hôpital courrait à l'opération deviendrait une stupide fille cesserait d'être un garçon.
Son cœur faisait un bruit d'Enfer et le batteur fou dans sa poitrine alignait vingt rythmes différents à la fois, comme s'il avait été dotés de huit dix quinze bras, rien qu'histoire de frapper de cogner plus fort, sans s'arrêter encore et encore – alors seulement, Roxas réalisa qu'il en pouvait plus, non, qu'il en pouvait juste pas, et sans attendre une seconde de plus, sans même prêter attention à ce qui arrivait au loin contre ses oreilles fermées à la raison, sans non plus ne serait-ce qu'écouter si le roux lui avait ou non répondu, il abandonna abdiqua s'écroula et raccrocha – juste, comme ça.
La tension, d'un seul coup, retomba, et il se sentit con.
Assis sur son lit, il reprenait son souffle, fatigué éreinté, trop rapide erratique – dans sa tête, les émotions avaient cessé de combattre et les réflexions, doucement, reprenaient leur place. Bordel, qu'il était con. Putain, mais quel abruti. Sérieux, franchement – quel triple idiot d'enfoiré de merde, bon à jeter inutile détestable imbécile. Raccrocher, comme ça ; il avait raccroché, comme ça.
Alors qu'enfin, il avait osé appeler, quoi.
Évidemment, du coup, évidemment, qu'Axel avait reçu son coup de fil, avait vu son portable vibrer, l'avait entendu sonner, et avait voulu répondre – il l'espérait – ; mais bien sûr, aussi, bien sûr, qu'il avait pas eu le temps de le faire, et qu'il s'interrogeait maintenant, qu'il ne comprenait plus vraiment, et que sans aucun doute bientôt il chercherait à le rappeler.
Roxas pesta et serra les poings jusqu'à ce que ses ongles fins marquent de sang la paume de sa main, dans l'espoir que ça l'aiderait à vite, trouver une idée.
Le réveille-matin, tranquille immobile sur la table de chevet, n'indiquait pas moins d'une heure et demie du matin.
Merde fut sa première pensée – le fait que ça ait sonné, dans le combiné, devint toutefois rapidement la seconde. Ça avait sonné donc le portable d'Axel était allumé donc normalement il l'entendrait ; donc normalement il se questionnerait donc normalement il rappellerait.
Mais force était d'avouer que Roxas ne se sentait pas en état d'entendre sa voix, là - genre, absolument pas du tout. Heureusement pour lui, l'idée qui lui traversa l'esprit comme un éclair un jour de pluie lui sauva la mise et l'honneur du même coup ; en deux, quelques-unes, moins de dix minutes ce fut réglé et il n'en parla plus - n'y songea plus, deux-trois instants durant.
En lieu et place de l'appel il avait envoyé un SMS et il espérait de tout son cœur que le rouquin le verrait avant même d'avoir l'idée de lui téléphoner à son tour. L'avis de réception poussa l'appareil à émettre un son quelconque ; moins d'une seconde après, il sonnait et le prénom, le nom fictif d'Axel s'affichaient à l'écran mais Roxas se contenta de soupirer, trop épuisé pour batailler encore – il l'avait eu, son message, de toute façon, maintenant.
« Rendez-vous au parc dans une demi-heure. »
Un nouveau soupir, inspire-expire, et le blond décida que soit il suivrait, soit il suivrait pas – et dans ce dernier cas, eh bien, il aviserait. Merde, ça le stressait, l'idée qu'Axel puisse refuser ; mais en même temps, mais en même temps, quoi, ils étaient réconciliés, quasiment, quoiqu'un peu de nouveau fâchés, mais le rouquin l'aimait et merde, merde, il espérait plus que tout au monde qu'il pouvait encore une fois compter sur cet amour qu'il lui portait pour obtenir de lui ce qu'il désirait parce que ça devenait primordial, là.
Les mains tremblant toujours, il parvint finalement à éteindre son iPhone et le fourra dans la sacoche qui se heurtait contre sa hanche, à chaque fois qu'il marchait.
Allez, le moment était arrivé, maintenant – il allait devoir se lever, marcher, avancer, y aller, arriver, et affronter. Mais sincèrement, il savait pas du tout s'il aurait le courage de le faire.
Ainsi drapé plus qu'habillé de la robe jolie qu'il avait tout juste achetée, il se sentait tellement différent – mais bordel, de son plein gré.
Et voilà... :3
En priant pour que vous ne soyez pas traumatisé(e)s par mes idées bizarres D: J'espère vous retrouver pour la suite qui sera, je pense, plus intéressante ! ^^
