Hello, tout le monde ! =) C'est encore moi. (Logique, aussi). Chapitre 41, donc.

Peu d'Axel cette fois-ci, malheureusement (désolée !), mais c'est le grand retour de Vanitas (youpi), de Cloud, et même de Zack... En espérant que ça vous plaise, huhu xP

J'en profite pour répondre à Darling Sue, aussi : encore une fois, merci beaucoup pour ta review ! xP C'est vrai qu'Axel a pas été hyper délicat sur ce point-là... Hm... Il aurait peut-être dû réfléchir XD *bam* 'fin, merci beaucoup. x3

Pour ce chapitre, sinon, bah... Honnêtement, c'est pas mon préféré. Mais ça fait un peu de douceur, encore un peu xD J'espère qu'il vous plaira même s'il n'est ni vraiment long, ni vraiment intéressant. Bonne lecture ^^


Chapitre 41 : Il paraît que le changement est progressif

Il est étonnant d'observer comment, toujours, l'habitude s'installe au fil des jours et des nuits, puis s'accroche et reste là, sans déranger pour autant – oh, certes, parfois, elle stagne tellement qu'elle en vient à serrer, serrer les cœurs, emprisonner les âmes, mais pour Roxas elle ne s'était pas encore changée en l'ennui et, visiblement, elle n'avait pas l'intention de le devenir de sitôt.

De toute manière, quiconque le connaissait un peu savait que c'était pas follement son truc, le changement ; du moins, pas quand ça le touchait lui, de près ou de loin. Que sa prof de classe change, par exemple, il s'en foutait – que son meilleur ami change, cependant, ça le dérangeait, et ça l'avait bien fait chier lorsque Vani avait commencé à se comporter presque comme une mère poule à son égard. Mais, il s'y était habitué. A force d'y vivre, d'y ressentir, d'y subir en pleine tronche, il en avait pris la coutume et maintenant, c'était quasiment normal, à ses yeux ; aussi était-ce logique, enfin, presque, qu'il n'ait toujours pas expliqué à son meilleur pote que, depuis quelques jours, bah, il sortait avec Axel.

Après tout, ce n'est normalement pas à sa mère que l'on raconte en premier sa vie amoureuse (si tant était qu'on pût vraiment parler d'amour, mais le rouquin aimait à dire que c'était bel et bien le cas, utilisant généralement les regards que lui lançait Roxas en guise de preuve « irréfutable » – prétendait-il). De même, Vanitas n'était pas non plus au courant des autres changements, plus récents, de la vie de son ami qui, soit dit en passant, ne s'y était pas forcément super bien habitué, justement parce qu'ils ne dataient pas de bien longtemps ; mais, depuis peu, le blond voyait souvent un certain ancien travelo, après les cours. Genre, encore plus souvent qu'avant. Il faisait semblant de rentrer chez lui, bifurquait dès qu'il le pouvait, puis se barrait aussi vite que possible jusqu'à l'appartement de son petit ami – par contre, il avait toujours de la peine à l'appeler comme ça, mine de rien, ça lui faisait bizarre et il se sentait bizarre quand il le disait, et il espérait sincèrement que ça lui passerait parce qu'il avait décidé, bordel, décidé que ça irait mieux, et qu'il poursuivrait cette relation, au moins encore un peu – ; ils discutaient beaucoup, tous les deux, quand même, papotaient des fois au point que le blond, ça l'effrayait, mais bon, fallait avouer qu'au moins, là-bas, il s'ennuyait jamais.

Axel, sa demeure, son esprit et son être au grand complet renfermaient encore des tonnes de secrets que l'adolescent crevait de hâte, d'envie et de besoin de découvrir – mais sa fierté, encore bien présente dans sa tête et dans son corps, l'empêchait généralement de s'y intéresser trop. Alors, il n'avait d'autre choix que de laisser les choses suivre leur cours, que d'écouter le rouquin, jour après jour, que de faire attention à ce qu'il disait, que d'enregistrer mentalement tout ce qu'il aimait – ainsi, seulement, il découvrait peu à peu les chanteurs qu'Axel appréciait, les noms des romans qu'il avait lus, parfois une facette de son caractère qu'il ignorait encore et, dans le fond, ça lui allait.

Ça lui suffisait, comme ça ; il avait pas besoin de plus et, de toute façon, son honneur n'en autoriserait pas plus. Aussi, il tâchait d'être content, comme ça – juste, super content, même.

D'ailleurs, il lui semblait que ça s'appelait le bonheur, cette espèce d'état un peu secondaire, où il se sentait toujours à quelques kilomètres de la Terre, paumé entre les étoiles et le soleil qui menaçait de le cramer tout entier ; mais il était pas sûr, alors, il préférait se taire. C'était pas comme si c'était vachement important à savoir, de toute façon.

Ce qui était plus important, par contre, c'était un détail – étonnant, non ? Un détail, important ; c'était possible. C'était possible, oui, en partie parce que c'était Roxas, d'ailleurs, mais c'était possible – c'était petit, comme truc, voire minuscule, difficile à remarquer, mais Axel l'avait noté, tandis que, chose étrange, le jeune homme à ses côtés ne l'avait toujours pas remarqué. Bon, ça tenait en presque rien, aussi ; le maquillage sur les yeux, moins foncé qu'à son habitude, parfois absent, de plus en plus souvent, un pull noir troqué soudain contre un blanc, et puis ses pantalons qui se faisaient plus courts au fur et à mesure que le temps changeait, sa veste qui parfois s'envolait, sa peau laiteuse brièvement exposée au soleil et au regard, le sourire qui, fourbe, naissait toujours à ses lèvres lorsqu'on n'était pas attentif – c'était pas grand-chose, en fin de compte, non, mais ça, Axel l'avait vu, remarqué, observé, examiné, et apprécié.

Ça lui faisait un bien fou, de savoir que son copain allait bien, dans le fond. Qu'il était heureux, grâce à lui – d'accord, pas forcément grâce à lui, mais au moins, avec lui, qu'il ne le rendait pas triste, quoi –, qu'il était content, et que leur relation le satisfaisait. Parce que, c'était vrai – autre détail, insignifiant au premier abord, mais tellement important en réalité – ; Roxas avait promis qu'il essaierait, il l'avait effectivement fait, mais jamais il n'avait exprimé le moindre désir qu'ils se séparent un jour et ça, putain, ça le rendait vachement, vachement, vachement heureux et fier.

Restait quand même le fait, non, le problème majeur que Roxas peinait à accepter, à réaliser seulement ses propres changements, et que Vanitas, dans tout ça, eh bien, on ne lui avait fait part d'à peu près rien. Oh, certes, il avait revu son pote, à l'école et brièvement, les rares fois où ils y avaient foutu les pieds en même temps depuis leur dernière rencontre – mais le blond était resté discret, ne lui avait pas causé d'Axel, et son meilleur ami n'avait pas cherché à en savoir plus, par respect, probablement.

Par conséquent, le jour où Roxas décida, une bonne fois pour toutes, de se pointer chez lui et de le mettre au courant de tout, de le remercier et de l'informer du même coup, il était stressé et ils étaient stressés – l'un, parce qu'il ne savait pas comment formuler, l'autre, parce qu'il ne savait pas à quoi s'attendre, cette fois.

« Vani, je sors avec Axel. »

Quelques mots sympas, échangés à l'entrée, une tape dans le dos, amicale quoiqu'un peu retenue, et la tension palpable entre eux deux durant toute la demi-heure qu'ils avaient passée à dévorer un quelconque goûter ; puis, quelques banalités, deux-trois paroles sans importance, les remerciements que Roxas devait depuis si longtemps à ce garçon, en face de lui, et c'était là qu'ils étaient arrivés – d'un seul coup, comme ça. Ils s'étaient lancés comme ça dans une conversation débile et inutile à laquelle ils ne comprenaient rien, vraiment, et le blond avait sorti ça, quoi. Ça : ce truc-là, précisément. Cet élément dont Vanitas s'était douté, pourtant, mais qui quand même lui fit un peu mal, mal au cœur, mal à la tête, et il détourna automatiquement les yeux du jeune homme lorsqu'il en parla.
Alors comme ça, Roxas sortait avec Axel, hein – après tant de temps, on en était arrivé là, visiblement. Vani soupira et, un sourcil relevé, dévisagea son pote, de la tête aux pieds.

« Vraiment ? »

Une telle réaction surprit le blond, à vrai dire ; parce qu'il l'avait préparé, son coup, il savait quoi lui dire, à peu près, mais surtout, il avait prévu, envisagé, pris en compte toutes les réponses que son pote aurait pu lui balancer ça, sauf celle-ci, quoi. Il s'était attendu à une engueulade, dans le pire des cas, quelques félicitations, avec un peu de chance, peut-être une satisfaction – ou, une déception – mêlée d'un soupir léger, d'un gramme d'indifférence, mais ça...

Mais ça, c'était rien de ce qu'il avait pensé recevoir et, sur le coup, ça le faisait quand même un peu flipper. Et y'avait de quoi – là, Vanitas le prenait pas mal, Vanitas le prenait pas bien non plus, il le prenait juste pas du tout et rien, ni sur son visage, ni dans son expression, ne laissait la moindre possibilité ne fût-ce que de supposer ce qu'il en pensait réellement.

« Bah, heu..., bredouilla alors Roxas, un peu paumé, une fois de plus. O-Oui... Pas depuis longtemps, mais ouais, quoi...
– Répète-le, une fois. »

Alors là, décidément, il le comprenait plus.
Répéter ? Mais répéter quoi ? Qu'il sortait avec le rouquin ? Bordel, il espérait sincèrement que c'était pas ça, parce que la première fois il l'avait balancé d'une seule traite et sincèrement il se voyait pas le redire, là, ça le gênait et la simple idée de le faire l'embarrassait ; et puis, d'ailleurs, pourquoi il voulait entendre ça, ce gars, hein, ça lui apportait quoi, exactement ? Le ton de son meilleur ami n'avait été ni lassé, ni agaçant, ni apeuré ou stressé, d'ailleurs, encore moins menaçant – à peine indifférent, sérieux, juste calme et posé, comme s'il demandait un truc parfaitement normal auquel l'adolescent ne pouvait pas dire non sous peine de passer pour un alien en puissance.

« Je..., il tenta alors. Je... Sors avec Axel, là... »

Voilà, c'était fait, c'était dit, et Roxas sentit ses joues chauffer méchamment, au point qu'il les insulta, intérieurement – Vanitas, de son côté, ne parut pas satisfait, toutefois, et se leva du fauteuil où il s'était affalé pour rejoindre Roxas, jusqu'alors assis sur le canapé. Là, il l'examina, une fois de plus, le dévisagea, comme pour lire dans son apparence une quelconque information qu'il peinait à y trouver ; et puis, seulement, il posa une main sur son épaule. Sa paume était un peu tiède, un peu tendre, son geste doux, et le regard qu'il lui lança, peu rassuré, à coup sûr.

« T'as pas l'air très sûr de toi, fit-il alors remarquer, l'air grave, sérieux. Ça va vraiment aller, avec ce type ?
– Je... »

Il paraissait inquiet – merde, c'était troublant. Et bordel, bordel, il devait dire quoi, là ? Lui raconter comment ça se passait, lui déballer tout ce qu'il ressentait, même s'il en avait pas la moindre idée précise, ou bien, simplement confirmer, lui ôter tous ses doutes, dire de la merde quitte à mentir, le rassurer d'abord, se rassurer lui-même ? Ça rimait à quoi, en fin de compte ? Okay, okay, il était avec Axel et pour le moment ça allait bien, mais la question de Vani venait de lui foutre le doute le plus désagréable de toute sa vie et il savait pas trop qu'en penser, qu'en déduire – merde.

C'était vrai, ça, après tout : ça allait vraiment aller, avec le rouquin, maintenant qu'ils sortaient ensemble, pour de bon, qu'ils s'appréciaient et peut-être, qu'ils s'aimaient ? A cette idée, Roxas frémit et détourna la tête, regarda ailleurs.

« Roxas, l'appela alors son pote, doucement, mais sereinement. Je suis pas en train de te demander si tu l'aimes ou quoi que ce soit, ça me regarde pas, d'accord ? »

Il marqua une pause et sa main découvrit un rapide chemin, de l'épaule à la chevelure blonde où elle emmêla ses doigts, gentiment – presque tendrement. Maternellement, même ; mais pour une fois, non, pour cette fois, c'était pas si désagréable que ça, peut-être. Du moins, ça le dérangeait pas.

« Mais je sais comment tu es, reprit-il alors. Enfin, j'sais comment t'étais avant de le rencontrer, en tout cas... »

La remarque lui fit un peu mal, bizarrement, comme une petite aiguille, enfoncée dans sa peau laiteuse, pas très profond, juste assez pour blesser, faire couler une goutte de sang rouge – parce que, selon son meilleur pote du moins, il avait changé et ça, ça, merde, ça lui plaisait qu'à moitié. Bon, c'était pas qu'il aimait plus que tout ce qu'il avait été – ce qu'il avait toujours semblé être – avant de faire connaissance avec Axel, avant de le voir de plus en plus souvent, de s'engueuler avec lui, de se réconcilier, et finalement d'accepter d'être son petit ami, mais... Mais, fallait l'avouer, il avait assez peur de ce qu'il avait pu devenir, mine de rien.

« Alors, j'me demande... T'as pas peur d'être avec un autre mec ? Ça t'embêtera pas ? Surtout que ton beau-père, là, ou j'sais pas quoi, il te croyait gay et-
– On peut aussi être bi ! »

Merde. Merde – merde, pourquoi il avait dit ça, au juste ? Hein, pourquoi ? D'un seul coup, à l'évocation de Kévin, de ce qu'on penserait de lui lorsqu'on saurait qu'il sortait avec un autre gars, de ce qu'on dirait de lui aussi, de ce qu'on le croirait gay, comme il se faisait de dire, une certaine conversation avec Cloud lui était revenue à l'esprit – et oui, oui, oui encore, son frère lui-même l'avait dit, pas besoin qu'il soit gay pour apprécier plus qu'en ami cher quelqu'un du même genre que lui, il pouvait aussi aimer les deux et être bi. Enfin, il croyait.

A vrai dire, il n'avait pas encore montré assez d'attirance envers une quelconque femme pour prouver ses dires, mais ça ne saurait tarder ; du moins, il l'espérait, parce que sinon, ça craignait grave. Et puis, en même temps, aimer une fille signifierait laisser tomber Axel pour elle et non, merde, il arrivait pas à se le représenter, ça, à l'imaginer tout court. Il secoua la tête, un peu, comme pour chasser la chaleur de son visage, et baissa les yeux. Vanitas, à côté de lui, étouffa un ricanement léger, et lui sourit – un peu moqueur, un peu sympa, les deux à la fois.

« Je sais, mec, t'inquiète. 'fin, de toute manière, c'est pas franchement important, hein... C'était pour toi, pas que tu te sentes mal, tu vois ? Après ça, j'pense que, que ce soit ta mère, ton frère ou moi, que tu sois gay ou pas, on s'en fout un peu... J't'aimerai toujours pareil. »

Vani avait dit ça avec un large sourire qui, étrangement, le déstabilisa quelque peu – ah ? Il l'aimerait toujours pareil ? Il l'apprécierait toujours ? Même s'il sortait avec Axel ? Même s'il passait moins le voir, même s'il était paumé comme ça, et même si au final il ne venait jamais que quémander son aide ? Il frissonna – il était égoïste comme ça, merde, et pourtant Vanitas, là, il l'aimerait quand même, et toujours pareil ?

Putain ; soudain, Roxas réalisa à quel point son meilleur pote était génial, et dut se retenir de lui sourire en retour. Maman poule, trop collant, chiant, foutaises, c'était que de la merde, tout ce qu'il avait pensé jusque là ; et puis, amoureux de lui ou pas, Vani l'acceptait tel qu'il voulait être aussi bien que tel qu'il était pour de vrai, et... Et, bordel, ça lui faisait un bien fou, en fait. Un rapide sourire naquit au coin de ses lèvres, et il se sentit reconnaissant – il le remercia, rapidement.

« J'suis content que ça aille pour toi, conclut alors Vani, sincère. J'me pose juste une dernière question... Je sais, je sais, ça doit être un peu chiant à force, mais je peux pas m'empêcher d'être en souci : sérieux, t'es sûr que t'oseras être vraiment en couple avec ce type ?
– Heu, eh bien... »

Roxas réfléchit à toute vitesse – trouver un truc, là, maintenant, à dire, pour rassurer. Tout de suite.

« Il a arrêté de s'habiller comme une nana, balança-t-il sur un coup de tête.
– C'est pas ça que je voulais dire, en fait.
– A-Ah ?
–T'oseras, j'sais pas, te promener avec lui dans la rue ? Lui dire que tu l'aimes ? A tout hasard, l'embrasser ? »

Heu...
Ah, merde. Merde, putain de bordel de merde. Tout ça, là, ces trucs de couple, au-delà d'être gentil, sympa et appréciable, tous ces réflexes à la con, cette attitude générale que Vanitas venait de lui présenter, cet aspect d'une relation sur lequel il avait mis l'accent, Roxas y avait simplement et surtout, bêtement, juste pas pensé, en fait. Pas même envisagé, pas même soupçonné – il avait accepté, comme un abruti, de sortir avec le roux, sans même avoir idée que ce genre de trucs pouvaient l'attendre.

« B-Bah, heu..., bredouilla-t-il, histoire de ne pas laisser voir qu'il savait absolument pas quoi répondre. Je... J'ai jamais embrassé personne, en fait, mais... »

A ces mots – non, à ce mot, jamais, l'expression sérieuse de son ami se mua en une espèce de sourire étrange, un peu mélancolique, un peu amusé, aussi. Un mélange de deux, trois émotions, peut-être plus encore, sur le visage habituellement si froid, à peine narquois de l'homme en face de lui ; et dès lors, Roxas ne comprit plus, ne sut même plus ce qu'il lui arrivait, ce qu'il lui arriva.

En un rien de temps, l'étreinte de Vanitas au milieu de sa chevelure s'était faite plus forte et plus dure, et le visage du blond s'était retrouvé attiré, non, simplement tiré en avant, sans qu'il ne puisse dire ou faire quoi que ce soit, ni réagir ni réfléchir – et puis, moins d'un instant après, le contact étrange contre ses lèvres le fit frémir. Tressaillir. Sursauter, surpris – sans comprendre. A vrai dire, son camarade se fut même éloigné, s'en fut même séparé, avant même que l'adolescent n'ait commencé à réaliser ; mais bordel, bordel, il rêvait pas, Vanitas venait bien de l'embrasser, là.
Et le pire, dans tout ça, c'était qu'il avait même pas trouvé ce baiser, comme on disait, si désagréable que ça ; c'était juste... Ça faisait juste bizarre, un peu, tout d'abord, et puis plus rien, oublié déjà, sorti de sa mémoire, et s'il en avait pour ça voulu un peu à son ami, il le lui avait déjà pardonné, maintenant.

« Tu vois, t'es pas mort », lança-t-il alors.

Il rigola doucement, visiblement très fier de son idée à la con – pour la forme, Roxas lui balança un coup de poing entre les côtes. Il geignit, mais ça sonnait faux, parce que c'était faux, il faisait le con, l'abruti, une fois de plus, et le blond pouvait pas lui en vouloir ; alors, il se laissa aller à rire, lui aussi, à se marrer, un peu, et à accepter qu'au fond, c'était pas si grave que ça, un baiser.

Après tout, Vani avait plus que raison, sur ce coup-là ; il l'avait fait, et il en était pas mort, c'était tout ce qui comptait. En dehors de ça, qu'il ait à le faire avec son meilleur ami ou bien son nouveau copain, dans le fond, ça changeait pratiquement rien – il avait juste plus de peine, plus de gêne à s'imaginer laisser Axel l'embrasser mais, si la sensation était la même, ça devrait pas trop lui poser de problème.
Bizarrement, pour cela, il se sentit presque reconnaissant à l'égard de Vanitas, et il sourit, timidement.

« Et surtout, hésite pas à venir me voir si un truc ne va pas, okay ? »

La proposition en elle-même lui fit plaisir, et Roxas acquiesça aussitôt, sans vraiment y réfléchir. De toute manière, il en était certain, maintenant : si un jour il avait un problème, un souci quel qu'il soit, si un jour l'ancien travesti osait seulement lui faire du mal, il pourrait toujours, toujours, toujours se tourner vers Vanitas.
Alors, finalement, peut-être bien que son meilleur ami l'aimait, avait des sentiments pour lui ; mais il avait compris, au fond, qu'il fallait laisser Roxas à cet Axel sorti de nulle part, et il l'acceptait, simplement. Parce que ça leur allait mieux, ainsi – à tous les deux.


Cloud soupira, à l'instant même où il plongea une énième fois sa cuillère dans la coupe de verre.

Les glaces d'ici étaient délicieuses mais n'avaient pas le même goût, lorsqu'il les dévorait en compagnie de son frère, que lorsqu'il avait à les dégustait face à celui de ses amis qu'on appelait Zack, malheureusement. La personne qui partageait son repas devait influencer la qualité, le côté agréable de l'activité, fallait croire. Or, pour le moment, ce grand idiot en face de lui ne l'enchantait pas plus que ça – surtout que, une fois de plus, il parlait, parlait, parlait...

Déjà dix, non, quinze minutes qu'ils se trouvaient là, ensemble, séparés d'une table décorée de deux bols de glace, d'une cuillère pour chacun et d'une petite carte du restaurant, et pas encore le blond n'avait-il eu l'opportunité de placer le moindre mot dans la conversation. Bon, d'accord, il était pas du genre bavard, c'était plus que vrai, mais à force, ça commençait à le saouler – et ce, plutôt parce qu'il en avait un peu marre, d'écouter Zack lui raconter une vie qui n'était même pas la sienne. En effet, celle de Zack, Cloud la connaissait déjà en long, en large, en travers et même, à reculons ; mais là n'était pas du tout le sujet de leur discussion, et c'était sûrement le seul point positif qu'il avait pu noter jusqu'ici.

Vanitas et Roxas, donc – le frère de l'un et celui de l'autre, au centre de ce que son ami racontait, de ce que Cloud écoutait, ou plutôt, entendait. Oh, c'était pas que ça l'intéressait pas, bien sûr ; mais il avait toujours jugé Roxas assez grand pour se débrouiller seul, et gérer lui-même ses emmerdes, et de toute manière, sa porte restait toujours ouverte à l'entrée éventuelle du petit blond, alors, le jeune homme estimait ne pas avoir à vraiment savoir ce que son cadet ne lui expliquait pas. Et puis, ça lui était pas franchement utile, fallait dire.
Zack, tout à son contraire, paraissait trouver les histoires de Vani particulièrement intéressantes, et voici qu'il en était presque à faire un exposé sur la vie de son petit frère.

« Et donc, déclara-t-il, je sais vaguement qu'il a, plus ou moins, un truc pour ton frère à toi, tu vois ?
– Hm. Cool. »

Une fois de plus, c'était pas qu'il s'en fichait – simplement, ça le regardait pas. Après, toutefois, y'avait quand même bien un détail qu'il aurait été curieux d'apprendre ; parce qu'il le savait depuis longtemps, ça, que Vanitas en pinçait plus ou moins pour son cadet à lui, mais il se rappelait encore bien la conversation téléphonique qu'il avait eue brièvement avec le jeune homme – d'ailleurs, il aurait à engueuler Zack pour avoir refilé à son cadet son numéro de portable –, et les quelques mots qui avaient bien dû le marquer pour pas mal de temps – Cloud, ton frère, il me fait rêver, sérieux. Problématique, quand on savait que ledit frère sortait depuis peu avec un certain Axel, presque inconnu au bataillon ; mais ça, encore, c'était un truc que Cloud avait appris via Zack, non de la bouche de Roxas, et il était partagé entre l'envie d'en douter et le mal être, la sale impression d'être au courant d'un truc qu'il était pas censé savoir.
Pensif, le blond avala une autre cuillerée de crème glacée, puis releva les yeux sur Zack qui, un peu déçu, semblait attendre une réponse un tantinet plus consistante que celle à laquelle il avait eu droit.

« Mais sinon, ça ira, lui ? Demanda-t-il alors. J'veux dire, puisqu'il semblerait que mon frère soit pas intéressé...
– Oh, t'en fais pas pour lui, répondit Zack, presque du tac-au-tac, et il lui sourit franchement. Il s'en remettra vite. Et puis, s'il s'ennuie, il doit bien avoir, allez, entre cinq et six autres personnes à aller draguer, alors... »

Il soupira, amusé, et s'attaqua de nouveau à sa glace, comme Cloud, un peu rassuré – quoiqu'il n'eût jamais été vraiment inquiet, à proprement parler –, terminait rapidement la sienne.
Visiblement, y'avait pas à se soucier trop de ce que faisait son frère, une fois de plus ; il gérait, et si jamais il avait un jour un problème, sûrement qu'il viendrait – mais pour l'instant, tout se passait bien et, sincèrement, le blond n'allait pas s'en plaindre.


Et voilà =)

Rendez-vous la semaine prochaine ! ^^ En espérant que ça vous ait plu. =)