Ahem, heu... Bonsoir... Ici Momo...

Désolée, il y a quelques reviews auxquelles je n'ai pas encore répondu, je tâcherai de le faire demain, c'est promis é_è Sinon, bah... Heu... Que dire... Voici donc le dernier chapitre avant l'épilogue... Et honnêtement, je ne l'aime pas. Du tout. Je le déteste même. Je suis vraiment désolée T_T Il ne répondra probablement à aucune question, n'aidera rien au scénario, et puis bah... Voilà quoi... J'ose espérer quand même qu'il ne vous décevra pas trop, mais rien n'est moins sûr... Bwaah.

J'ai reçu mes livres, aussi. J'ai fait quelques photos, je mettrai les liens en postant l'épilogue que vous pouvez attendre (sans surprise je pense XD) pour le 13 août é.è

Et puis bah... Bonne lecture... xD (Lisez la note de la fin ? S'il vous plaît D:)


Chapitre 42 : Il paraît que la nature fait bien les choses

Épuisé, Axel soupira et se laissa mollement tomber sur le large canapé du salon, puis jeta un coup d'œil las à la montre à son poignet.

Dix-huit heures trente – il avait de l'avance. La nouvelle, bien qu'insignifiante, arracha un rapide sourire à son visage angoissé, un peu crispé ; ça lui faisait plaisir, de savoir qu'il n'était pas en retard, qu'à coup sûr tout serait prêt à temps, et qu'il pourrait même vérifier une dernière fois tout l'appartement avant qu'il ne soit l'heure.

Satisfait, donc, fier de lui, il décida de s'accorder quelques instants de repos et, aussitôt, se hâta de rejoindre la cage de ses hamsters, près de laquelle il s'agenouilla rapidement. Il savait, oui, que c'était con et certes, féminin, d'ainsi tout raconter à de misérables petits animaux, incapables de le comprendre, ni même de l'écouter – mais enfin, fallait lui laisser un peu de temps, quand même, il n'avait fait une croix sur le travestissement qu'un peu plus d'un mois auparavant, et il avait tout de même un peu de peine à s'y habituer.

Mais pour Roxas, il était prêt à faire ce genre d'efforts et au fond, c'était tout ce qui importait. Rapidement, une bestiole rejoignit ses doigts, la paume de sa main, comme un sourire apparaissait, doucement, sur son visage – il était heureux, comme ça. Heureux, de ce qu'il s'était passé, ce mois-ci, heureux, de la manière dont sa relation avec Roxas avait évolué, depuis peu, et heureux, oui, plus qu'heureux d'en être toujours autant amoureux.

C'était un putain de sentiment agréable qui le rendait tellement content que ça effaçait, d'un seul coup, à peu près tout ce qu'il avait pu vivre de chiant et d'insupportable, auparavant.

Ça n'empêchait pas, toutefois, qu'il soit stressé, et tout ça parce que, ce soir, le blond venait.

Il avait pas encore réussi à se faire à cette idée, d'ailleurs, mais ouais, pourtant, c'était le cas, et inexorablement ça s'approchait, indiscutablement ça arriverait – celui qu'il avait enfin la possibilité de désigner comme son petit ami viendrait, ce soir-là, et passerait la nuit chez lui, dans la chambre d'amis. C'était stupide, quand on y réfléchissait, fallait pas qu'il se prenne la tête ni rien, il aurait même pas dû angoisser tout court ; mais il pouvait pas, il pouvait juste pas s'en empêcher. Après tout, il s'était trop habitué à blesser Roxas même lorsqu'il n'avait l'intention que de bien faire, et il craignait plus que tout de le fâcher, encore une fois, de l'énerver, et simplement, de le décevoir.

Il soupira. Il aurait bien aimé, à vrai dire, être le copain parfait – et même s'il savait pertinemment qu'il ne le serait jamais, que personne au monde ne l'était, il s'interdisait toujours de faire le moindre faux pas, et vérifiait, revérifiait tout, chaque détail de cet endroit où il accueillerait le blond.

Enfin, il avait vérifié, une première fois, une deuxième aussi ; quant à la troisième, il s'en chargerait lorsque, enfin, il se serait un peu relaxé. Pour le moment, il avait ses hamsters, et ça suffisait, à peu près – et il savait que c'était con, que c'était complètement absurde et débile, et que ça faisait femme et il savait pas tout quoi, mais il avait trois tonnes de choses à leur raconter et il n'imaginait pas ne pas le faire, là.

« Alors, comment ça va ? Demanda-t-il à mi-voix, l'air attendri par la petite bête, pelotonnée au creux de sa paume. Ça faisait longtemps, hein... »

Longtemps, étonnamment longtemps qu'il ne leur avait plus parlé, à ses petits chéris – et pour cause, il avait depuis peu un autre chéri qui, malheureusement pour eux, lui prenait une bonne majorité de son temps libre. Cette pensée le fit sourire, et il replaça doucement l'animal dans sa cage.

« Figurez-vous que Roxas devient de plus en plus gentil, souffla-t-il alors, l'air heureux. La semaine dernière, il m'a... Forcé, plus ou moins... A aller voir maman... »

Sa voix s'était faite plus grave, soudain, plus indécise – c'était pas le genre de trucs qu'il raconterait à quelqu'un d'autre que ses hamsters, ça, par exemple. Il voulait dire, la manière dont Roxas lui avait déclaré, un beau jour, qu'il était grand temps qu'il foute sa mère au placard et qu'il pense à lui, à son blond, à eux deux ; qu'il oublie, qu'il zappe pour de vrai la moindre trace d'intention de devenir une vraie fille, ou même, qu'il efface toute ombre d'idée de revenir au travestissement, qu'il puisse enfin et sans honte foutre loin tous ses vieux vêtements et s'habiller correctement – sans quoi, bien sûr, l'adolescent l'avait menacé de, tout bêtement, ne plus jamais s'afficher en public à ses côtés, et ça, c'était pas vraiment un truc qu'il voulait, en fait.

Alors, il avait accepté et puis, bien que difficilement, rempli sa part du marché.

Il se souvenait à merveille des battements de son cœur, de l'agitation et du bordel indescriptible dans sa poitrine, au moment même où il s'était retrouvé devant la porte de la chambre, à l'hôpital, Roxas à ses côtés – et puis le stress, la peur, la crainte horrible et intenable de ce que maman pourrait lui dire, l'envie qu'il avait depuis toujours de ne jamais, jamais la contrarier, jamais, jamais la décevoir, tout ce bazar s'était mêlé et le mélange affreux lui avait fait mal, tellement mal qu'il était resté planté ça, sans pouvoir bouger. Les yeux fixes et fixés sur la porte blanche, immaculée ; les mains sans son dos, ou bien, dans ses poches, cherchant à triturer, à tripoter, à s'occuper ; les pensées évadées, perdues, enfuies ; les émotions diverses, variées, désagréables ; l'angoisse, toujours là, toujours plus forte, de seconde en seconde ; et puis, finalement, Roxas avait soupiré et ouvert la porte.

Il avait dit qu'il fallait faire une croix sur toutes ces conneries, parce qu'Axel était un homme, maintenant, parce qu'il s'habillait comme tel et qu'il était superbe tel quel, et il avait attrapé sa main pour l'attirer à l'intérieur.

« Sincèrement... Je pense que, sans lui, je serais rentré, j'aurais remis des fringues de fille, et j'y serais retourné comme ça, pour m'excuser. D'ailleurs, en fait, sans lui, j'aurais carrément cessé d'être travesti, et j'aurais fait cette opération, j'me serais pas arrêté, et... »

La sensation douce et réconfortante de la paume tiède, petite de Roxas contre la sienne lui revint en mémoire et l'emplit d'une chaleur étrange dont il ne chercha toutefois pas l'origine. Comme le hamster avec lequel il jouait alors se mettait à lui mordiller le doigt, doucement, il ne put réprimer un léger sourire.

Lorsque, juste comme maintenant, il réfléchissait à ce que lui avait enlevé et, d'un autre côté, apporté ce choix-là, il n'arrivait plus qu'à réaliser à quel point il avait été con de ne pas prendre cette décision bien plus tôt et s'en voulait, vachement. C'était vrai, après tout ; certes, en devenant femme, il se serait senti plus sûr de lui qu'en travesti, sûrement, et certes, maman aurait été bien plus, beaucoup plus contente, infiniment plus heureuse que jamais – mais il aurait perdu Roxas, il aurait paumé toute chance d'un jour lui reparler et merde, finalement, il l'aurait pas supporté, probablement. Parce qu'en préférant le blond à sa propre mère, en choisissant de rester garçon, non, de redevenir homme à part entière, il avait gagné tellement, tellement plus qu'il ne l'aurait imaginé – chaque jour qui passait, maintenant, était presque comme un rêve, et il se sentait juste super heureux, tout le temps. Ça lui faisait un bien fou.

Surtout qu'il ne s'en était pas douté un seul instant, mais qu'il avait parlé, Roxas – il s'était pointé, dans cette chambre d'hôpital blanche et vide et triste et flippante, et il l'avait vue, sa mère clouée au lit, et il lui avait causé, une bonne fois pour toutes, de ce ton à la fois si chiant et tellement touchant, tellement séduisant aux yeux du rouquin. Il lui avait dit, plus ou moins, Axel n'est pas une fille ; et tandis qu'elle le regardait, tandis qu'elle ne comprenait pas, tandis que ses yeux s'écarquillaient, il s'était assis et, son petit ami dans son dos, il s'était présenté, avait expliqué, raconté, argumenté – persuadé, convaincu.

Oui, c'était ça ; convaincu. Axel ne savait toujours pas comment, d'ailleurs, mais le blond, avec ses mots à lui, son vocabulaire si particulier, ses maladresses et ses étourderies, les rougeurs à ses joues lorsqu'il en venait à parler de leur relation, les insultes ou la colère sur son visage à chaque fois qu'elle l'indignait, l'ignorait, ne l'écoutait pas, avait réussi, bordel, réussi à faire valoir son opinion – et à lui rentrer dans le crâne, visiblement, que son fils, putain, c'était pas une fille, mais bel et bien un garçon.

« Allez savoir comment, maman l'a cru. Au début, elle était dans la lune, et elle l'écoutait pas, mais il lui a gueulé dessus, et... »

Axel rigola un peu sitôt qu'une drôle de réflexion lui traversa l'esprit.

« Et il l'a convaincue de me laisser un peu tranquille, je crois. Quand je pense qu'il a limite fait pareil avec moi... Ça doit être un truc de famille. Les méthodes de Rox' doivent être super efficaces contre nous, je pense. »

Il avait dit ça sur le ton de la plaisanterie mais, mine de rien, ça donnait toujours un peu à réfléchir – de se dire, comme ça, qu'il avait peut-être bien des points communs avec sa mère, en fin de compte. Qu'elle aimait les mêmes choses que lui, ou qu'il aimait les mêmes choses qu'elle, et qu'elle s'était laissée séduire par ce petit bout d'homme blond, tout comme il avait offert son amour et toute sa tête à ce même garçon ; il sourit.

Lorsque Roxas s'était tu, ce jour-là, maman l'avait regardé, Axel s'était approché. Il avait, tendrement, glissé une main dans les cheveux de son copain, peut-être pour le féliciter, le remercier, peut-être pour s'encourager lui-même ; et maman, avec un sourire, avait murmuré, « mignon ».

Probablement ne saurait-il jamais si elle avait parlé de Roxas, de lui, ou du couple qu'ils formaient alors, mais c'était pas franchement important, au fond. Le seul souvenir de cet instant le fit sourire et il ferma la cage des bestioles, attendri.

« Quant aux papiers officiels et à l'annuaire, j'ai décidé de faire modifier mon prénom. »

Adieu, ainsi, toute la connerie qu'était le nom qu'il portait depuis sa naissance – adieu, ces deux saloperies de lettres en trop, à la fin, de caractères dont il n'avait pas besoin. Axelle n'existerait bientôt plus, quel que soit le registre qu'on fouillerait, et tout le monde ne le connaîtrait plus que comme Axel, un type tout ce qu'il y avait de plus normal, à l'exception peut-être qu'il était gay et qu'il sortait avec un garçon particulier à bien des abords ; mais ça, à la limite, c'était pas si étrange que ça, encore.

Satisfait de la dizaine de minutes, vingtaine peut-être, qu'il venait de passer à se relaxer, comme il disait, il se releva rapidement et sa montre lui apprit que l'invité qu'il attendait tant arriverait, normalement, d'ici trente à quarante-cinq minutes, s'il était à l'heure ; il avait donc le temps, somme toute. Le temps de courir en cuisine, par exemple, vérifier pour la troisième fois qu'il avait bien commencé à préparer le repas qu'il prévoyait, allumé le four aussi, que la viande cuisait correctement et qu'il ne manquait à ses armoires ni sel, ni sucre, ni poivre, déjà. Puis, le temps de se hâter jusque dans la chambre d'amis, épousseter une dernière fois les couvertures du lit, observer le matelas, le trouver ni trop mou ni trop dur, chercher un ou deux coussins supplémentaires ; et enfin, le temps d'examiner l'appartement dans son ensemble, d'en passer chaque recoin au peigne le plus fin possible, d'y ranger tout objet qui pourrait encore y traîner, et de le rendre tout bonnement, tout simplement parfait.

Une fois que cela fut fait, il songea à s'asseoir quelques instants sur le canapé, en attendant, mais à peine avait-il soupiré, à peine avait-il tenté – en vain – de se calmer, que déjà la porte d'entrée l'appelait d'un cri strident et le faisait sursauter, stresser à nouveau, encore plus qu'auparavant. Ça sonnait, on sonnait, et sûrement, Roxas sonnait. En effet, moins d'une minute plus tard, son blond favori entrait dans l'appartement ; en guise de salutations, il autorisa en silence Axel à l'embrasser tendrement, sur la joue toutefois, puis il retira ses chaussures, sa veste, et attendit, laissant le champ libre à son hôte pour la soirée. Le rouquin avait envie de l'enlacer, à dire vrai, de l'embrasser peut-être, de le serrer contre lui et de l'aimer en bonne et due forme, simplement – mais il savait qu'il faudrait du temps au blond, un sacré temps d'adaptation, même, jusqu'à ce qu'il accepte de lui faire un peu de place dans son espace personnel, dans sa bulle à laquelle il tenait tant.

Axel retint un léger soupir de découragement qu'il attribua aussitôt à son stress grandissant, et osa poser une main timide à l'épaule de son petit ami, qu'il guida alors vers le salon.

« Hm, tu veux... quelque chose à boire ? Demanda-t-il, un peu angoissé, sitôt que son camarade eut pris place sur le canapé. J'ai de l'ice tea, si tu veux, ou du coca-cola, du jus d'orange, du jus de pomme, j'dois même avoir du jus de raisin, sinon du thé, ou bien du café, ou- »

Roxas, de son côté, s'était assis, avait relevé les yeux sur lui, et le regard bleu, calme et pénétrant, un peu froid mais pas meurtrier, plus maintenant, semblait lui faire perdre ses moyens – il détourna la tête, s'arrêta au milieu de sa phrase, chercha autre chose à dire et ne trouva pas, abandonna. L'air gêné, il n'osa pas s'asseoir à côté de son ami, et se mit à nerveusement triturer ses cheveux, sans savoir trop quoi faire, quoi dire, comment se tirer d'affaire, comment s'en sortir. Le blond ne comprit pas, lui ; en même temps, fallait dire qu'il était bien assez occupé à essayer de ne pas montrer, bordel, de pas laisser voir toute l'angoisse dans sa tête, toute la peur dans son cœur – mais merde, il allait passer la nuit chez Axel, quoi. Bon, chez lui, dans la chambre d'amis – c'était chez lui quand même, et ça le stressait juste à mort.

« Ce... C'est égal, bredouilla-t-il donc, et il reporta son regard sur ses mains, ses doigts qui s'entrelaçaient s'embrouillaient se démêlaient contre ses genoux, qui tremblaient un peu. Je... J'vais prendre la même chose que toi, j'crois, ça ira, comme ça. »

Le rouquin acquiesça brièvement et disparut dans la cuisine – l'adolescent, resté seul, soupira d'une espèce de soulagement, le genre de connerie qui n'avait même pas lieu d'être, normalement, mais sérieux, s'il arrivait pas à se détendre pour de vrai, là, il était sacrément dans la merde, en fait. Pas besoin d'être hyper intelligent pour savoir que, s'il sortait avec Axel, il était censé se sentir bien en compagnie de son petit copain – et pas stresser comme un abruti, pas angoisser pour une foutue nuit, juste comme il était en train de le faire. Putain, il s'en voulait, pour ça ; il s'en voulait, parce qu'il angoissait, et parce qu'il arrivait pas à être normal, simplement.

Il avait été normal, face à la mère d'Axel, pourtant. Certes, il avait un peu angoissé, par moments ; certes, il avait un peu tremblé, de temps en temps ; mais rien de cela ne l'avait empêché de parler, rien de cela ne l'avait empêché d'atteindre son but, non plus, et il avait bien réussi, finalement, à la convaincre, à la persuader que tout allait très bien, que tout irait encore mieux entre son fils et lui, si elle finissait par accepter qu'Axel était un homme et non une fille. Bon, il était pas super sûr d'avoir réussi – mais au moins, ils étaient sortis de là-bas le sourire aux lèvres, et... Et Axel l'avait remercié. Enlacé, puis remercié. Murmuré quelques mots, à l'oreille – enlacé, remercié. Embrassé sur le front, sur la joue – enlacé, remercié. Encore maintenant, il en était heureux, et le simple fait de se rappeler ces instants-là le fit sourire, le rassura.

Bordel, il aurait pas dû, non, il devait pas l'aimer comme ça, ce mec-là, c'était pas logique, bizarre et anormal ; mais maman avait donné son accord, Vanitas lui-même avait donné son aval, Cloud n'avait fait aucune remarque désobligeante et peut-être qu'on s'en fichait un peu, finalement, que ce soit normal ou pas. Lui, en tout cas, ça le dégoûtait plus, ça le dégoûtait pas, il s'en voulait pas pour ça, il se dépréciait pas pour ça et, même s'il était difficile d'être vraiment proche d'Axel, de le laisser l'enlacer le toucher l'embrasser l'avoir pour lui, le posséder tout entier, l'aimer tout simplement, il savait que les sentiments, eh bien, il les ressentait – là, maintenant, pour de vrai.

Lorsqu'Axel se rassit à ses côtés, il n'en fut que plus certain et, tout à coup plus calme, esquissa un rapide sourire à son attention.

« J'ai pris plusieurs trucs, avoua l'autre, embarrassé, en indiquant le plateau posé sur la petite table, à leurs pieds. J-Je... Enfin, prends ce que tu veux, d'accord ? »

Ce faisant, il avait tourné la tête dans sa direction – l'inattention de Roxas dont les yeux se paumaient un peu partout, au hasard, les fit bientôt croiser le regard, et le blond ne sut plus que répondre à ça. D'un seul coup, il eut l'impression de réaliser, de comprendre enfin un truc qu'il aurait dû piger déjà des semaines auparavant et dont le sens, soudain, tombait du ciel, chutait jusqu'à lui et lui démolissait la face, le frappant avec toute la force de toute la surprise du monde – ça, là, dans les yeux d'Axel.

Beaucoup de vert merveilleux, enchanteur, autour de la pupille noire, et des reflets, des couleurs. Des variantes, du variable – ça changeait, tout le temps. Vert foncé puis clair puis émeraude puis jade et ça recommençait ; mais surtout, plus important, les émotions, les sentiments. Tout ce qu'il pensait, tout ce qu'il ressentait, tout ce qu'il voyait se lisait dans son regard tellement, tellement expressif – mais il le voyait lui, il le regardait lui, l'observait lui, n'avait d'yeux que pour lui, faisait tout pour lui, et les sensations, les réflexions étaient toutes pour lui – voire, à cause de lui.

L'once d'angoisse, par exemple, c'était à cause de lui, parce qu'il venait ce soir-là et qu'il restait ; l'ombre d'inquiétude, tout au fond, c'était à cause de lui, parce qu'il était là et qu'Axel stressait, voulait que tout lui semble parfait. Et puis, et puis, la tendresse, d'un autre côté, c'était pour lui, parce qu'il était arrivé à l'heure et qu'il s'était assis, qu'il ne criait pas, obéissait, se montrait tellement plus gentil qu'habituellement ; et puis, et puis, l'affection, aussi, c'était pour lui, parce que sans réfléchir il avait glissé ses doigts contre, entre, au milieu de ceux de son petit ami.

Il avait causé l'embarras mais chassé l'inquiétude, remplacé l'angoisse bousillée par l'attirance, l'amour peut-être, et au moindre changement qu'il opérait dans la tête, non, dans le cœur d'Axel, ses yeux le traduisaient, le trahissaient même – plus la peine d'y cacher, maintenant, aucun intérêt d'y retenir, mieux valait seulement y ressentir et qu'il laisse, enfin, qu'il laisse tout aller, couler, se déverser et l'inonder, une bonne fois pour toutes.

L'espace d'un instant, Roxas se demanda si ses propres émotions influençaient aussi son regard, à lui – la seconde d'après, Axel s'était un peu penché et il en déduisit que oui.

Il en déduisit que oui parce que son cœur battait dans tous les sens, sa tête avait cessé de réfléchir, ses neurones n'interagissaient plus et plus rien, plus rien, dans son corps entier, ne pouvait plus ne serait-ce qu'essayer de retenir l'émotion qui, lentement, le submergeait, le noyait ; mais, c'était agréable, tout compte fait. La chaleur en lui, dans sa poitrine, à son visage, détonait du frisson qui parcourut ses épaules en un temps éclair, et bientôt il ne sentit plus même les doigts d'Axel contre les siens – parce qu'il y avait autre chose.

Il y avait autre chose, ailleurs, un autre contact, déjà vécu et en même temps tellement nouveau, une autre tendresse et une autre passion qu'il ne savait plus trop à quelle émotion relier. C'était comme avant, au niveau du toucher, comme avec Vanitas, l'indignation et la surprise en moins, parce qu'après tout ce temps, ça devait bien finir par arriver – mais sans savoir trop pourquoi, il était comme certain que ça aurait des conséquences bien différentes, cette fois-ci.

Lorsqu'Axel, finalement, rompit leur baiser, il souriait – non, ils souriaient tous les deux. Ça avait été léger, ça avait été rapide, ça avait été agréable et tendre ; ça suffisait, pour le moment. Pas besoin de plus, non, pas besoin d'autre chose, de quoi que ce soit de différent, c'était bien ainsi et la sensation s'en alla vite, ne laissant derrière elle qu'une espèce de joie douce, rassurante, calme et omniprésente. Sans trop y réfléchir vraiment, Roxas laissa Axel entourer ses épaules d'un bras et, heureux, simplement heureux, se pelotonna aussitôt contre lui. Le silence qui s'ensuivit fut appréciable, leur fit du bien à tous les deux ; et le blond n'avait rien dans la tête, mais pour une fois, c'était pas grave. C'était pas un problème si là, maintenant, tout de suite, il réfléchissait pas, parce que ça allait, ça allait même vachement bien, et c'était tout ce qui comptait.

« Roxas ? »

La voix du roux, finalement, résonna dans la vaste pièce, et l'interpellé releva vers lui une paire d'yeux curieux.

« Je pense que je vais refaire la déco de l'appartement, lâcha-t-il alors, souriant mais sérieux.
– Hm, bonne idée. Je t'aiderai à trouver un truc potable, alors... »

Attendri, touché de l'attention, de la bonne intention même, Axel se pencha sur ce blond garçon, blotti dans ses bras, et déposa un rapide baiser au milieu de sa crinière dorée. Ses cheveux, longs toujours, bien qu'attachés, glissaient dans son cou et Roxas, soudain, en attrapa une mèche, à portée de sa main ; il l'examina d'un œil expert puis soupira, doucement, chatouillant son camarade du même coup.

« Faut vraiment que tu te coupes les cheveux, aussi. »

Axel rit doucement.

« Ouais, je suppose.
– Si tu l'fais pas, tu vas encore ressembler à une meuf, et j'veux pas. »

Axel ne répondit pas, ne contredit pas et le blond, satisfait, sourit. Bientôt, plus de rose dans l'appartement, parce qu'il s'arrangerait pour pousser son petit ami à le refaire selon ses goûts à lui ; et puis, bientôt, plus de longs cheveux roux, trop fins, trop doux, qui faisaient fille plus que tout, parce qu'il les lui ferait couper courts, ou bien mi-longs, il déciderait en l'accompagnant chez le coiffeur, et comme ça, son Axel serait parfait – juste parfait, exactement comme il le voulait.

Le même visage, le même caractère, le même personnage qui l'avait séduit, avec juste l'apparence plus proche de ce qu'il était, en somme.

« Attends, dit-il soudain, et ça le surprit, je vais te montrer un truc. »

Étonné, Roxas le laissa s'éloigner de lui, pour le voir disparaître quelques instants plus tard dans une pièce annexe, dont il ressortit bientôt, un carnet à dessins entre les mains. L'air étonné de son invité le fit sourire et rapidement, il se rassit à ses côtés, plaça le bloc sur ses genoux, saisit correctement son crayon et, sans un mot, commença à dessiner. Sa main, doucement, glissait avec technique contre la feuille blanche, et les mouvements répétés de son poignet créaient petit à petit comme un second univers au bout de son crayon – seconde après seconde, minute après minute, l'adolescent se sentait plus que captivé par le trait qui naissait après le passage de la mine, s'affirmait au fil des frottements parfaitement organisés, et le croquis rapide qu'il traçait prenait une forme toute particulière, surprenante et indescriptible, comme celle d'un-

D'un zombie ?

Les yeux bleus s'ouvrirent grand sur la vision de la chair en décomposition, du cadavre debout et vivant qu'Axel dessinait peu à peu dans ses moindres détails, et il manqua de peu de défaillir tant l'effarement qui l'agressa aussitôt était grand. Axel. Dessinait. Un zombie – non. C'était juste pas possible, quoi ; pas possible, jamais, que cet ancien travelo ne dessine pas comme une fille mais sache produire autre chose que des fleurs, des cœurs et des poneys arc-en-ciel – ça paraissait complètement illogique, insensé, impossible, pas comme lui, quoi, pas assez rose et surtout, surtout, tellement pas dans l'idée que Roxas s'en était fait, de son petit ami !

« M-mais, s'étrangla-t-il donc, ce... c'est pas un dessin de meuf ! »

Axel, à ses côtés, s'arrêta de dessiner un instant et rigola, tournant la tête dans sa direction.

« Non, en effet, affirma-t-il, le sourire aux lèvres. Mais c'est mon travail, cela dit.
– C-Comment ça ?
– Hm, eh bien... C'est moi qui m'occupe des graphismes de certains jeux vidéo, tu vois ? »

Si la surprise pouvait terrasser, sans aucun doute alors Roxas serait-il tombé, se serait-il écroulé sous ses assauts incessants et répétés ; heureusement pour lui, elle était sans danger sinon celui que son cœur s'était mis à battre plus fort, et moins d'un instant après, il se retrouva à genoux sur le canapé, à observer au-dessus de l'épaule du rouquin le dessin dans la conception duquel il s'était relancé.

« J'arrive juste pas à y croire..., murmura-t-il, admiratif, en prenant appui sur l'épaule de son camarade. T'es vraiment infographiste, sérieux ? »

Un sourire, un mouvement rapide de la tête lui répondirent – et puis, sans trop qu'il ne sache pourquoi, il se sentit heureux. Il aimait les jeux vidéo, il aimait leurs dessins, leurs graphismes magnifiques parfois, et savoir qu'Axel travaillait dans ce domaine-là le remplissait d'une joie presque sans précédent et il osa, par conséquent, déposer un léger baiser sur la joue de son compagnon, qui se contenta de l'enlacer en retour.

Merde, quoi, il était heureux, là – chez Axel, avec Axel, entre les bras d'Axel, même, et toute la soirée à la suite de ce moment se déroula beaucoup, beaucoup, beaucoup trop vite pour qu'il puisse l'apprécier vraiment, pour qu'il en ait le temps. C'était dommage, d'un côté, quand même ; et puis, de l'autre, pas une seconde il ne s'ennuya et ça, franchement, c'était le pied. Il aida, tout d'abord, le propriétaire des lieux à terminer le repas, découvrit sa cuisine et ses assiettes, mangea en sa compagnie, discuta avec lui de tout ce qu'ils ne s'étaient pas déjà dit une fois, lui raconta sa journée, critiqua la chemise qu'il avait décidée d'enfiler – et puis, ensemble, ils jouèrent aux cartes, un moment, regardèrent la télévision, se disputèrent lorsqu'il fallut choisir un film pour la soirée, et finalement, l'heure d'aller se coucher arriva bien trop tôt, du moins selon l'avis du blond garçon.

Le DVD qu'ils avaient regardé s'était terminé depuis plusieurs minutes déjà, et Axel avait zappé sans faire attention sur l'une ou l'autre de ces séries policières un peu violentes qui passaient le soir, de temps à autres ; Roxas, lui, avachi plus qu'appuyé contre lui, les yeux mi-clos, se sentait fatigué mais franchement, sérieux, il avait pas envie du tout d'aller se coucher et sur le coup, il savait plus trop quoi dire.

« Allez, viens, fit finalement le rouquin, on va se coucher, t'en dis quoi ?
– Pas envie », maugréa-t-il, et il ne bougea pas.

Axel, de son côté, soupira et l'embrassa contre la tempe.

« T'en fais pas, je serai là demain pour te réveiller. »

Le coup de poing qu'il reçut dans la côte, étrangement, le fit rigoler – un peu.

« Et si je promets de t'emmener déjeuner là où tu voudras ?
– Hm. »

Peut-être était-ce, quelque part, une nouvelle manière de protester, de se montrer résigné, de bouder – mais peut-être aussi cette simple onomatopée signifiait-elle qu'il acceptait, finalement, qu'il abdiquait, et qu'il était d'accord, qu'il obéirait. Honnêtement, Axel préférait cette seconde interprétation à la première, et il se leva rapidement, suivi par Roxas, fatigué – une quinzaine de minutes plus tard, tout au plus, ils seraient prêts, tous deux, face à face pour un dernier au revoir, un dernier « bonne nuit » tellement banal et pourtant, si difficile à prononcer, qu'aucun d'eux deux n'aurait le courage de le dire en premier.

Axel, finalement, au bout de plusieurs minutes, prendrait les devants, comme il l'avait toujours fait, s'approcherait, l'enlacerait doucement, le lui murmurerait et puis – l'embrasserait, tendrement.

Ça suffirait. Ça serait assez – ça irait, pour l'instant.
Alors, le rouquin s'en irait avec un sourire, que Roxas ne lui rendrait qu'une fois qu'il aurait tourné le dos, serait parti ; et puis, une porte se fermerait, la deuxième s'ouvrirait, happerait le blond et ce serait le silence, le calme le plus parfait. L'adolescent, dans la chambre d'amis, réfléchirait encore – Axel, dans sa chambre à lui, se glisserait entre ses draps et s'endormirait, satisfait.

Il ne se douterait pas encore, à ce moment-là, qu'au milieu de la nuit Roxas oserait se relever, frapper à sa porte, le réveiller, et lui demander de dormir avec lui – juste, dormir. Ensemble. Mais il ne dirait pas non, de toute façon.
Parce qu'après tout, il n'avait jamais rien refusé et ne refuserait jamais rien à ce garçon-là.


Argh, eh bah...

Je suis désolée ? =/ Je sais, ça n'aide à rien du tout, et en le relisant en fait, je l'ai trouvé tellement naze (mais aussi, tellement pas améliorable... la haine, quoi...) que j'ai décidé d'écrire un tout dernier chapitre, qui sera plutôt une sorte de bonus et dans lequel je tâcherai de répondre aux éventuelles questions qui pourraient encore se poser... C'est pourquoi, si vous voulez savoir quelque chose de plus, demandez-le, j'essaierai d'y répondre dans ce chapitre-là ! D8

... Et voilà, quoi. Bouuh. Je suis vraiment désolée. T.T