Chapitre 5 de Sensitiv' (enfin !) en ligne !
Je tiens tout d'abord à m'excuser de l'immense retard de publication de ce nouveau chapitre. J'ai trouvé du travail pour l'été et j'ai donc eu très très peu de temps pour avancer dessus. Il se trouve également que j'ai été malade et que mes 20 ans sont arrivés entre temps m'empêchant donc d'écrire régulièrement et consciencieusement...
Mais me revoilà plus fringant que jamais ! Je remercie une fois de plus mes reviewers et tous les lecteurs de leur fidélité.
Je vous annonce également la création d'un compte Twitter sur lequel vous pourrez dialoguer avec moi, me poser des questions ou me réprimander pour la trop longue attente ;-) Vous le trouverez sous le pseudo SauleFelicis ! J'espère ainsi vous faire partager la création de cette fiction ! Bonne lecture
PS : je poste le chapitre rapidement, il n'a pas été relu consciencieusement. Je m'en excuse d'avance et j'attends vos commentaires =)
Chapitre 5 : Parfois elle est là, parfois elle n'y est pas
La grande salle portait admirablement bien son nom lorsque les quatre grandes tables étaient enlevées pour laisser l'espace libre.
— Souvenez-vous ! dit une énième fois Tycross. Pour transplaner tout se résume à trois D ! Destination ! Détermination ! Décision ! A mon commandement, attention… Un… Deux…
Tandis que la majorité des élèves vacillaient bêtement face à leur cerceau, Harry concentrait tous ses efforts pour faire passer le mal de tête qui l'avait pris à force d'entendre la voix aigrelette de Tycross. Dans son cerveau martelaient les trois D. Et pourtant rien n'y faisait. L'atmosphère surchauffée de la salle n'arrangeait guère son état. Dans les cheminées ronflaient des flammes immenses soutenues par les éternelles bougies en lévitation, le tout pour compenser le climat toujours plus hostile de ce fin Février.
— Je vais finir par exploser ! dit Ron en fixant une fois de plus son cerceau les oreilles écarlates.
— Ron-Ron devrait peut-être se débarrasser du M-A-G-N-I-F-I-Q-U-E pull assorti à ses sourcils offert par sa non moins sublime petite amie…
Hermione était un peu à cran aujourd'hui, elle avait mal supporté une remarque de Malefoy selon laquelle il « préfèrerai[t] épouser le professeur Trelawney plutôt que fréquenter cette sang-de-bourbe de Granger ». Il avait proféré cela en arrivant dans la grande salle tandis qu'Harry aidait cette dernière à ramasser ses livres qui avait chu suite à une déchirure de son sac. Il avait sur le moment voulu lui lancer un maléfice mais il avait senti également que quelque chose en Hermione n'aurait pas voulu qu'il le fasse.
— Elle a au moins raison sur une chose ! Rajouta Harry en faisant passer son pull par-dessus sa tête et desserrant sa cravate
Ron ne tint compte d'aucune remarque et se contenta de pivoter rapidement sur place en espérant rejoindre son cerceau.
Hermione se lança également dans l'exercice, et en une fraction de seconde décollèrent et dans un crac elle réapparue deux mètres plus loin.
Après s'être palpée rapidement et avoir constaté qu'elle était encore en un seul morceau elle exulta en une série de petits bons sur place sous le rire béat d'Harry.
Elle essaya vite, tant bien que mal, de se redonner une contenance plus en raccord avec l'image que les autres pouvaient se faire d'elle avec un sourire gêné. Ron lui gisait sur le sol après s'être emmêlé les pieds. Ils ne purent pas vraiment célébrer l'instant présent, Tycross s'étant précipité pour congratulé leur amie, bientôt suivi par d'autres professeurs.
— La règle des trois D ! Personne n'a rien trouvé de mieux pour réussir à se déplacer d'un point A à un point B ! Même la poudre de Cheminette est moins rapide et elle a le désavantage de salir les plus belles cheminées !
Peu à peu, l'effervescence de ce premier exploit finit par retombée car aucun autre élève n'arrivait à décoller d'un millimètre.
— Non d'une bouse de dragon ! s'exclama Ron. J'en ai suffisamment fait !
— Tu n'as aucune patience ! Répliqua Hermione
— Il ne s'agit pas de patience ! Je suis sur que tu m'as lancé un sortilège…
— Et puis quoi encore ! Je serais bien aise d'empêcher monsieur Weasley de se déplacer. Il n'a besoin de personne en général. À moins que tu sois soudainement devenu impotent…
— Impo quoi ?
Sentant la tension monter Harry préféra se placer entre les deux protagonistes et essaya de calmer le jeu
— Et sinon la règle des trois D ?
La lueur dans le regard d'Hermione changea immédiatement et il comprit qu'elle était de nouveau attentive et prête à donner un cours accéléré.
— Tu te tiens très mal Harry ! Tiens-toi droit un peu !
Elle posa ses mains sur lui, une sur sa taille l'autre contre la peau de son cou et immédiatement il sentit se répandre en lui une onde électrique tiède, il s'efforça de ne pas se crisper mais un tressaillement sous les doigts fin de son amie tout contre sa nuque le trahit subrepticement. Elle n'en fit pas cas d'école mais Harry savait que Ron l'avait remarqué aussi. Il espérait juste qu'il prendrait cela pour un frisson.
— Quand vous aurez fini de vous tripotez tout les deux ! Je ne sais même pas à quoi vous jouez !
— Tu n'es qu'un jaloux ! Rétorqua-t-elle. Tu ferais mieux d'aller aider ta chère copine, elle à l'air d'avoir du mal à tenir sur ses pattes…
Un peu plus loin Lavande venait juste de trébucher, aussitôt rejointe par Ron
— Ils sont vraiment ensemble ses deux là ? Demanda Harry Toujours sous le feu des mains d'Hermione
— T'occupe ! Elle glissa les derniers mots à son oreille le faisant frissonner de la tête aux pieds. Le plus dur c'est « Détermination » pense à quelque chose que tu veux obtenir. À tout prix. Il est au centre du cerceau ! Tu dois le vouloir plus que tout. Tu vois de quoi je parle ?
— Oh que oui…
Elle relâcha son étreinte et s'éloigna de quelque pas.
Harry ferma les yeux et sa tête sembla s'élever comme tirée par un fil entrainant son corps, lui, pourtant bien lourd. Et après avoir été passé à l'essoreuse aérienne il réapparut dans un crac dans son cerceau. Mais alors qu'il s'attendait à voir Hermione rayonner de bonheur elle composait une mine apeurée. Il fut également étonné de voir qu'autour de lui personne ne bougeait mais tout le monde le fixait béat. Alors qu'il essaya de demander ce qu'il se passait, aucun son ne sortit de sa bouche et aucun des mots d'Hermione ne lui parvint. Seule une chaleur étrangement familière s'épandant sur sa poitrine.
Du sang.
Il s'épandait lentement, bu par sa chemise blanche. Il aurait voulu porter sa main à son cœur mais il bascula raide en arrière. Mais il ne frappa pas le sol et dans un Bang entouré de fumé violette il atterrit miraculeusement dans les bras de McGonagall qui ne semblait pas plus étonnée de la scène que Tycross.
— Premier désartibulement sanglant ! On remerciera monsieur Potter d'en être l'auteur. J'aurais enfin quelque chose à raconter au bureau tout à l'heure ! Le désartibulement, ou séparation de certaines parties du corps, se produit quand l'esprit n'est pas suffisamment déterminé. Vous devez vous concentrer continuellement sur votre destination et vous mettre en mouvement sans hâte mais avec décision !
— Est-ce-que ça va aller Potter ?
Les yeux dans le vague le souffle court il passait lentement ses doigts sur la tache écarlate qui maculait toujours sa chemise.
Il n'avait pas peur du sang, mais en un bref instant il avait senti le morceau de chair désartibulé s'extraire furieusement de sa poitrine, déchirer les muscles, arracher les nerfs sans ménagement. Le pire étant la sensation de découpe qu'il avait alors expérimentait sur le moment. Comme si une lame fine et tranchante venait ciseler chaque attache vivante. Il n'en ressentirait la douleur que plus tard.
Il sentit lentement une flamme commencer à lui ronger les intestins et se dégagea du professeur McGonagall un peu brutalement mais elle ne sembla pas s'en offusquer. Hermione non loin de là observait la scène et paraissait anxieuse.
Tout en lui commençait à nouveau à vaciller, sa tête commençait à tourner. Il n'attendit pas que Tycross ai fini de renvoyer les élèves à la leçon de la semaine prochaine pour attraper d'un geste nerveux ses affaires et disparaître à nouveau dans les étages.
Aujourd'hui les escaliers n'en faisaient qu'à leur tête rendant l'ascension d'Harry toujours plus périlleuse. Il disparut rapidement dans un angle quand l'un d'eux pivota brusquement. Il ne vit pas et n'entendit pas Hermione sortir en trombe de la grande salle et appeler son nom pour la seconde fois en deux jours. Lorsqu'il posa le pied sur un perron solide il fut frappé à la nuque par un objet lourd le faisant tomber en avant. En un instant sa vue se troubla pour ne laisser apparaître qu'un voile blanc laiteux entravant le moindre de ses mouvements
— Peeves ! Hurla-t-il
Pour seul réponse il entendit s'éloigner un caquètement strident.
Sa tête lui faisait de plus en plus mal et la pression sur ses yeux l'empêchait de voir quoi que ce soit.
Tout en lui bourdonnait, crissait, grinçait et claquait. Un goût métallique dans la bouche il réussit à se relever en s'appuyant contre un mur. La respiration difficile et saccadée il était en sueur et il sentait que s'il tenait debout ce n'était pas par force mais par volonté car il tremblait dangereusement
— Je dois me calmer. Pensa-t-il entre deux pulsations de ses tempes
Bientôt sa vision s'obscurcit et il sentit son esprit s'envoler petit à petit comme aspirer vers le ciel. Il ne sentait plus rien si ce n'était les lames qui lui sciaient le cerveau.
— Calme-toi ! S'ordonna-t-il
Et alors qu'il sentait qu'il allait défaillir, le mur céda sous ses mains et il se retrouva à plat ventre allongé contre le sol. Il sentit ce dernier se déplacer lentement et un courant d'air le frôler rapidement avant de se retrouver immobile, les yeux clos dans un lieu inconnu et silencieux.
Il avait l'impression de flotter dans les airs. L'atmosphère était tiède. À tâtons le visage contre terre il sentait que sous lui ce n'était pas les habituelles pierres fortes et froides du château. Le sol était légèrement tendre et sa surface était lisse et souple. Il se retourna tant bien que mal sur le dos et ouvrit les yeux.
Toujours dans le noir.
Il resta étendu là, seul durant un moment écoutant son cœur battre et les lointains échos de son souffle.
Seule une volute bleue apparue dans sa vision sans qu'il puisse dire s'il s'agissait d'une hallucination où d'une apparition magique. Toujours est-il que le songe lancinait sous ses pupilles au rythme des coups de tambours qui lui vrillaient toujours les neurones.
Son corps était apaisé mais son esprit le torturait toujours plus, il était incapable de dire où il était et depuis combien de temps ni même de décrire le parcours qu'il avait emprunté pour en venir ici. Peut-être était-il tombé au travers d'une des nombreuses dalles piégées du château, peut-être était-il perdu dans un cachot oublié, allongé sur une armée de Snargalouf en fleur.
Soudain pris d'une quinte de toux violente il cracha sur le côté ce qu'il pensait être le sang qui lui coulait le long de la gorge. Sa poitrine s'élevait doucement tandis qu'il se rallongeait sur le dos. La lueur avait disparue mais il était toujours plongé dans le noir. Sur sa langue roulaient les gouttes métalliques et tièdes qui n'avaient pas été chassées plus tôt. Cela glissait sans mal étalant des arômes amers et corsés, sous le fort parfum de fer se cachait un bouquet subtil de fragrances alléchantes. C'était quelque chose de minuscule, d'à peine perceptible, infime et pourtant bien réel qui s'évaporait lentement, une sensation si différente mais pourtant tellement familière. Cela devait être familier car c'était son propre sang. Celui qui chaque jour coulait dans ses veines. Mais si loin de lui car jamais ce sang ne transfigurait vers l'extérieur si ce n'était pour empourprer la peau. Dans ces gouttes luisaient son âme, le lui profond bien enchâssé derrière des barrières de peau, de muscles, de tendons, de viscères et d'os.
Du bout d'un doigt il appuya sous l'angle de sa mâchoire en repoussant lentement la peau sous l'os à l'angle mousse pour alors sentir sous son index circuler par intermittence des lancées de sang le long de l'artère et de la veine sous-jacente.
Il resta là. Allongé un doigt pointé sur son pouls en respirant lentement les yeux fermés. Ces derniers n'ayant toujours pas recouvré la vue. Combien de temps ce passa-t-il ? Il n'en avait pas la moindre idée. Sous ses doigts défilèrent un très grand nombre de pulsation toutes dissemblables les unes des autres à un rythme discordant mais immuable. Il faisait chaud dans cette pièce. L'air était chaud, le sol était chaud et Harry sentait de temps à autre une perle de sueur perler dans sa nuque à la naissance de ses cheveux. L'ambiance de la pièce tranchait très nettement avec celle qui régnait dans le parc. De sa main libre il déboutonna sa chemise qui commençait à coller à la peau de son torse.
Un souffle d'air vint alors enlever la moiteur qui collait le tissu à son poitrail.
Un mince filet continu qui venait déposer un nuage de fraicheur sur le haut de son pectoral et qui à mesure faisait frétillé le tissu. Concentré sur ce seul endroit Harry sentait sa peau réagir comme attirée par le souffle. Parcouru d'un léger frisson il entrouvrit les lèvres pour respirer fortement. Dans un sursaut il retira la main de son cou et fut pris d'un moment de panique lorsqu'il sentit une main étrangère le saisir doucement par le poignet et poser son pouce au creux de sa main en épousant les volumes de sa paume. Il ouvrit alors les yeux de stupeur mais il ne put constater que des formes très effacées imprécises et incolores. Il était incapable de dire qui se tenait près de lui sa main dans la sienne. La présence était jeune et féminine au peu qu'il pouvait en juger.
Il s'apprêta à ouvrir la bouche pour demander qui était là mais la mystérieuse apparition posa délicatement son index sur sa bouche en signe d'apaisement.
Sur ses lèvres il sentit la chaleur sucrée de la peau et ses discrètes aspérités.
Puis la main vint se poser sur le côté de son visage enveloppant tendrement sa joue et de son autre main apposa délicatement celle d'Harry par-dessus.
La sensation de chaleur douce apaisait lentement ce dernier et il se sentit basculer dans l'expectative la plus totale. Fébrile il laissa mollement retomber son bras quand les mains de la mystérieuse rencontre vinrent à le quitter pour un bref instant seulement aussitôt elles se plaquèrent sur ses pectoraux et crochetèrent les pans de sa chemise pour la lui retirer le laissant torse nu et palpitant malgré la tétanie qui s'emparait de lui.
Les yeux écarquillés dans le flou, le souffle court il était perdu dans un tourbillon de sensations discordantes entre l'ébullition de son sang et les chocs électriques de sa peau si soudainement exposée. Et pour rajouter à son supplice il sentit que la personne était à présent agenouillée à califourchon au dessus de lui. Il crut que son cœur allait fausser compagnie à son corps quand un léger souffle d'air vint de nouveau affleurer la pointe de son sternum. Les lèvres à quelques centimètres de sa peau, elle soufflait lentement rendant la zone bien plus sensible.
Il aurait voulu émettre le moindre son qu'il en aurait été totalement incapable. Totalement englouti sous les gerbes d'étincelles que produisait chacune de ses terminaisons nerveuses. Comme tétanisé sous les tendres assauts d'oxygènes il sentait chaque pore de sa peau s'offrir à la nouvelle apparition, les muscles se tendaient pour affleurer comme aspirés vers la source de torture. Chaque capillaire sanguin s'engorgeait plus que raison entrainant des frissons éclairs aussi nombreux que saisissants d'allégresse.
Une immense sensation de plénitude s'étendait de la mince zone effleurée par le souffle sur le reste de son torse. S'il avait pu faire le moindre geste, Harry savait pertinemment que le premier aurait été d'enlacer vigoureusement la si délicate apparition, de la presser contre lui, de sentir sous ses mains ses formes et volumes, de s'emplir de toute l'âme du moment comme pour fusionner en un géant moment d'alacrité si rare pour lui.
Dans un sursaut de conscience il commença à se redresser, sa chemise finissant alors de lui glisser des épaules, sa vue devenait plus nette sans toutefois lui permette de dire qui se tenait face à lui. Les traits étaient fins, les cheveux longs et détachés. Mais ce monde sans couleur ne lui donnait pas plus de détail.
Il s'apprêtait à balbutier quelques mots quand un choc électrique le cloua de nouveau au sol. Des cheveux en cascades lui tombaient sur les yeux tandis que sur ses lèvres venaient de se poser celles de la mystérieuse étrangère.
En un instant tout ce qui se trouvait autour de lui avait disparu et il n'était plus que sensation. Sur ses lèvres il sentait la chaleur sucrée de celles sa partenaire, les milliards d'aspérités que représentaient la surface de chacune d'entre elles posaient tout autant de liens entre eux. Un véritable lien. Ils n'étaient plus que flux d'énergie se déversant l'un vers l'autre. Jamais Harry ne s'était senti aussi bien, du moins aussi loin qu'il s'en souvienne. C'était comme si ce moment était celui qu'il fallait pour ouvrir quelque chose en lui. Du fond de son estomac un véritable brasier avait transformé chaque goutte de son sang en pur frisson. Il manqua de souffle rapidement mais il put le reprendre lorsque de ces bras il la serra contre lui perdant sa main dans les cheveux de cette dernière. Les lèvres ouvertes, le cœur en feu, et le sang flamboyant il n'était que pur bonheur et pure énergie et tandis qu'il cherchait toujours le souffle de sa partenaire une petite piqûre vint le faire tressaillir juste sous son pectoral gauche à la limite avec son sternum.
La source de toute cette inspiration stoppa alors son étreinte au grand désarroi d'Harry mais du bout de son doigt elle pointa exactement l'endroit qui le tiraillait et décrivit une ligne suivant une bandelette musculaire tendue.
— Tu es un artiste…
Ces quelques mots soufflés tout bas dans son oreille le sonnèrent un court instant durant lequel la personne s'éclipsa aussi vite qu'un coup de vent.
Harry resta un instant pantelant, en prise avec les restes des effluves de passions lui courant le long artères, veines, nerfs, os, muscles… Tout son corps n'était que pur flux d'énergie.
Quand il se releva rapidement et secoua la tête, sa vision redevenu claire lui permit de se rendre compte qu'il était dans une salle qu'il ne connaissait pas du tout. Elle ne devait pas être plus grande qu'un dortoir et au sol une épaisse moquette rouge sang semblait frémir doucement. Contre le mur du fond trônait une imposante cheminée qui diffusait une douce chaleur dans toute la pièce. Le long d'un des murs était posé un large miroir en pied où auraient pu se mirer une dizaine de personne en mêle temps. Harry s'y mira un instant, sa peau était rougie par les quelques minutes qu'il venait de passer en chaude compagnie. Il remarqua un détail inhabituel dans le miroir. Il se voyait parfaitement de la tête aux pieds mais il se voyait également de dos. Dans un sursaut il se retourna mais ne vit derrière lui qu'un autre immense miroir sur le mur d'en face. En fait la salle entière été couverte de surfaces réfléchissante. Partout où il posait les yeux il pouvait y croiser son reflet sous les moindres coutures. Il remarqua d'ailleurs qu'une fine ciselure rougeâtre dessinait la ligne entre son pectoral gauche et son sternum. Et en apercevant sa chemise restée au sol tachée du sang de son désartibulement un immense frisson s'éleva en lui.
Il l'avait laissé partir sans savoir qui elle était, ou plutôt il savait que c'était ELLE ! Harry jura et se précipita vers la porte, il déboula dans le couloir en criant
— Attend moi ! Attend moi s'il-te-plaît !
Mais rien ne lui répondait et il continuait sa course. Il tourna à l'angle d'un couloir devant la tapisserie de Barnabas le Follet et percuta violement quelque chose qui lui fit perdre l'équilibre et tomber en arrière douloureusement sur les coudes les écorchant au passage.
— Tu ne peux pas regarder où tu vas crétin !
En face de lui Malefoy était également au sol et se frottait les yeux des deux poings, son sac à dos s'était envolé un peu plus loin et de l'encre s'en échappait.
— Où est-elle Malefoy ?! hurla-t-il
— Potter ! c'est donc là que tu te cachais ! Ou plutôt que tu cherchais à t'exhiber. Qui cherches-tu à séduire en te baladant à moitié nu dans les couloirs ? Je te rassure ta sang-de-bourbe de copine n'est pas dans les parages
— TA GUEULE MALEFOY ! hurla-t-il
Il se moquait bien de savoir qu'il était torse-nu et sans sa baguette, une vague de haine se déversa en lui en un instant et il se jeta violemment sur le Serpentard qui ne put réagir assez vite et se retrouva cloué au sol. Dominé par Harry, Drago n'avait que ces bras pour se protéger des assauts de ce dernier.
Dans un accès de rage Harry abattait ses poings de toute sa force sur le visage cireux de Malefoy. Chaque fois il cognait plus fort et chaque fois sa colère se faisait plus grande. Il buttait parfois sur les bras ou le poignet de ce dernier mais il ne ressentait absolument rien. Dans ses veines coulaient de l'acide qui anesthésiait totalement la douleur. Quand il arrivait à atteindre le visage de son ennemi il sentait la peau froide de ce dernier se déformer sous ses coups, les vaisseaux sanguins éclater et les os encaisser les chocs les plus rudes en ployant avec dangerosité. Il frappait sans distinction, la mâchoire, le nez, les pommettes, le front sans discontinuer. La rage coulait en lui et se déversait par ses poings. Malefoy suppliait et gémissait tandis que lui hurlait et jurait plus que jamais. Sous la fureur ses phalanges se faisaient acier et ses muscles se distordaient chaque fois plus pour expédier toute la rage de l'instant dans la face à présent bouffie d'ecchymoses et d'hématomes de Drago.
Dans sa tête c'était comme si un violent orage c'était déchainé et que des centaines d'éclairs frappaient au travers de tempes. Dans un râle violent, il plaça un poing juste au coin de l'arrête du nez de Malefoy qui céda en un bruit sec. Sous ses doigts il pouvait sentir la frêle cloison de cartilage se disloquer et les vaisseaux se rompre en laissant échapper des flots ininterrompus de sang.
Harry était en sueur et ruisselait de ses cheveux d'innombrables perles d'eau qui vinrent peu à peu brouiller sa vision. Il ne vit donc pas immédiatement qui le sépara de son ennemi en le tirant fortement par les épaules et le ceinturant à la taille pendant qu'il se débattait et devinait Malefoy ramassant son sac à dos en vitesse avant de filer à toutes jambes.
J'espère que ce chapitre vous aura plu autant que j'ai aimé l'écrire. Je ne vous donne pas de délai quant à la publication du sixième car je ne suis pas sur de pouvoir le tenir. Mais je mettrai à jour mon compte Twitter régulièrement ! N'hésitez pas à me suivre SauleFelicis je ne mords pas ! J'attend vos reviews =)
