A tous et à toutes bonne fête du travail !
J'aurai mis un temps infini pour vous présenter ce 8ème chapitre. Ceux qui me suivent sur twitter à SauleFelicis savent qu'il m'a donné du fil à retordre !
Mais le voici finalement =) J'espère qu'il vous plaira.
En remerciements cette fois je n'ai que mes bêtas readeuses car vous avez été avares de reviews !
Je ne mors par sachez-le =)
Bonne lecture
Chapitre 8 : A moi.
Il lui en voulait mais en même temps elle le fascinait. Elle était caractérielle, horriblement butée, mais extrêmement perspicace, intelligente et humaine.
Ce qui l'énervait le plus c'était de ne pas savoir, ou de ne pas comprendre ce qu'elle avait compris.
Il savait qu'elle avait travaillé son sujet, qu'elle avait mené son enquête. Et il savait qu'elle avait découvert quelque chose ! Mais rien ne lui dévorait plus les entrailles que de ne pas savoir quoi.
Elle le lui avait prouvé. Elle en savait trop. Il pensait par moment qu'elle lui avait même menti lorsqu'elle lui affirmait ne pas être la personne de la salle sur demande. Elle le comprenait trop bien, elle savait comment il fonctionnait.
Après ce passage éclair à l'infirmerie, Pomfresh l'avait mise dehors sans ménagement le laissant seul avec ses incertitudes et une profonde excitation. Oui il était en colère. Mais est-ce que cette chasse à l'information l'enivrait ? Surement plus que n'importe quelle quantité de whisky pur feu.
Si jusqu'alors Harry n'avait pour seul but viscéral que « rester en vie face à Voldemort ». Aujourd'hui il pouvait ajouter à la liste « faire de ma vie ce que je veux ». Il voulait savoir qui était cette personne mystérieuse, quelle était la place d'Hermione dans cette histoire et finalement, il voulait continuer à se découvrir. Il avait ouvert une porte devant son miroir. Il lui était impensable de la refermer. Elle lui donnait une nouvelle dimension.
Jusqu'à ses 11 ans il était Harry Potter l'orphelin. Puis Harry Potter le Sorcier. Harry Potter le Survivant. Tous ces adjectifs étaient si loin de lui et semblaient plus lui donner une dimension spirituelle, il aurait pu transposer n'importe qui à la place… même Rogue… Rien ne lui collait à la peau.
Bien que le terme puisse porter à confusion et qu'un gros titre dans ce genre l'aurait encore plus desservi que n'importe quel article de Rita Skeeter, il se voyait « Harry Potter le charnel ». La seule évocation de ce mot lui mordait les flancs et l'emplissait de fierté. Elle lui donnait des contours, des formes, de la texture
Finalement il avait passé le week-end complet à l'infirmerie à se broyer les méninges pour essayer de comprendre où elle voulait en venir. Mais il avait dû s'y résoudre il n'en savait vraiment rien. Il s'était donc concentré sur ses exercices.
C'était peut-être l'envie de sortir de là rapidement mais dès le lendemain il avait repris la totalité de ses facultés tactiles. Il pouvait jeter la balle plus loin que jamais, faire tourner sa baguette aussi rapidement qu'avant entre ses doigts et passer la chaine autour de son poignet sans y réfléchir. Mais madame Pomfresh ne l'avait pas laissé sortir avant le milieu d'après midi dimanche.
Elle avait insisté pour tester la réactivité de chaque centimètre carré de sa peau « Pour ne pas se retrouver avec un syndrome d'Achille ! »
Elle avait déplié un genre de U en fer et avait commencé à lui piquer le visage avec les deux extrémités. Il devait lui dire « un » ou « deux » selon qu'il sentait une ou deux piqures, et elle reportait scrupuleusement ses dires sur son carnet.
- Ça va durer encore longtemps ?! s'était-il agacé après 15 minutes passées sur son cou
- Il me faut faire l'intégralité de votre corps… répéta-t-elle une énième fois
Heureusement Strout s'était alors présentée toujours aussi étrangement et avait libéré cette dernière de sa tâche.
- Ça risque de brûler un peu Potter…
Elle lui avait alors jeté un sortilège et il avait frissonné de la tête au pied tandis qu'effectivement il transpirait abondamment comme après un coup de chaud.
Strout l'avait entraîné dans le cabinet de toilette où il avait dû se déshabiller et se rendre compte que sa peau toute entière avait pris une teinte cramoisie ! Elle l'avait alors examiné sommairement et était sortie en courant d'air. Il s'était alors rhabillé en vitesse incrédule. Il avait retrouvé une couleur normale en sortant. Strout s'était évanouie dans les airs entre temps et Pomfresh semblait avoir reçu des consignes de sa part.
Il était alors sorti en compagnie de Ron venu le voir vers 15h.
Ils avaient alors pu discuter un long moment… de la retenue de Ron. Apparemment il avait vraiment mis McGonagall en colère car ce cours était son favori, celui qu'elle attendait de donner chaque année.
- Elle m'a fait astiquer toute une collection d'animaux en verre ! Je ne savais pas d'où elle les sortait ! Je suis même sur qu'elle les fabriquait exprès !
- Oui Hermione me l'a dit…
- Et hier c'était pire encore…
Il ne l'écoutait même pas tandis qu'ils déambulaient pour rejoindre la tour de Gryffondor. Ron s'appesantissait niaisement sur « l'horrible » expérience qu'avait été sa retenue. Emphases et ton théâtral en prime. Il lui tapait sur le système profondément, il en avait bien des raisons de se plaindre lui ! Après tout on ne l'avait pas déconnecté de ses nerfs lui !
- Tu as surtout eu de la chance qu'elle décale tes retenus pour te laisser le Dimanche de libre… Lui dit-il lacement en passant le portrait de la grosse dame.
- Je ne sais pas comment j'aurais pu préparer le prochain cours de Rogue autrement.
Il bouillait de l'intérieur. « Il s'en fout vraiment ou ? »
La salle commune était pleine à craquer. Et une fois de plus tous les visages étaient tournés vers lui. Mais pour une fois il ne s'en moquait pas vraiment. Une petite vague de stress l'envahit mais il essaya de se comporter aussi normalement que possible pour rejoindre rapidement son dortoir. Il croisa du regard Ginny en grande conversation avec Hermione qui elle semblait ravie de ses cancans.
Ron sur ses talons il se jeta épaule contre la porte avant d'atterrir mollement sur son lit nez dans les couvertures. Elles étaient fraiches et sentaient le propre. Il respira profondément les yeux fermés et se laissa glisser au cœur du molleton. Les bras en croix les pieds dans le vide, totalement en transversal sur son matelas, les lunettes de travers lui pinçaient le nez et les oreilles. Mais au moins il était de retour, dans son entièreté.
Tandis qu'il sombrait lentement dans la léthargie, il entendait Ron continuer sa pénible litanie sur ô combien ses retenues étaient pénibles, ô combien elles n'étaient pas justifiées. Il ne l'écoutait pas vraiment mais il entendait un certain charabia, un brouhaha bourdonnant qui venait troubler le vide de ses pensées.
- Tu ne veux pas juste te taire ? le coupa-t-il
- Pardon ? s'étonna bêtement Ron
- Arrête de te plaindre s'il-te-plait. Dit-il en émergeant à contrecœur de sa torpeur Tu ne crois pas que ça serait plutôt à moi de me plaindre non ?
Ron s'arrêta un instant comme stupéfixé. Puis le rouge lui monta aux oreilles et il explosa en un instant. Il agitait bêtement les bras brassant les litres d'airs inutilement. Harry lui jeta son pull à la figure et replongea dans les volumes de son couvre lit et ne l'écoutait pas. Du moins il essayait de ne pas l'entendre. Mais c'était compliqué, il était parti dans une tirade incompréhensible et pompeuse pleine d'emphase et emprunte d'un ton romanesque digne d'un récit de chevalerie.
Du fond de son coma Harry ne bougeait plus. Ce qui du énervé son ami qui essaya de le secouer par les épaules.
Excédé, il le repoussa violemment en s'éjectant une fois de plus du confort de sa torpeur le tout en jurant grossièrement.
Ron toujours écarlate aurait pu exploser en vol s'il n'était pas consterné par son attitude. Harry tourna les talons et se dirigea rapidement vers la porte de la salle de bain. Rapidement suivit par un Ron bouillonnant. Sans lui lancer un regard il se pressa en lui fermant la porte au nez.
Il n'était pas seul, une des cabines était occupée et il s'en échappait de nombreuses volutes de vapeurs. Il se précipita dans la cabine adjacente qu'il verrouilla en un geste avant de se jeter sous le jet d'eau – glacée –.
Chaque centimètre de sa peau se mit à hurler, chaque poil ou cheveux se hérissa quitte à s'en déraciner. Des torrents de lave gelée le scarifiaient du sommet du crâne jusqu'aux orteils. D'innombrables décharges électriques convergeaient vers sa poitrine. Il se sentait à la fois oppressé, comprimé et totalement évaporé par la superficialité gelée de son épiderme.
Il commençait à manquer de souffle, épuisé par le carcan corrosif qu'était son enveloppe charnelle. Une épaisse sensation de pesanteur l'envahissait peu à peu trahissant les moindres frissons de chacun de ses muscles.
D'un geste salvateur Harry rétablie le courant d'eau chaude et sentit enfin l'atmosphère se réchauffer et les torrents d'eau venir lui caresser le visage.
Il se débarrassa tant bien que mal de ses vêtements collants et humides en se maudissant lui-même de s'être précipiter bêtement sous une cascade frigorifiée une fois de plus.
Se défaire de l'épaisse prison de tissu humide s'avéra une épreuve tant son jean le serrait. Il était lourd, rêche et refusait catégoriquement de passer ses chevilles alors même qu'il forçait comme un bœuf et que le sang battait furieusement contre ses tempes.
Cette épreuve passée, son T-shirt et ses sous-vêtements n'étaient qu'un maigre défi. Il jeta tout en boulle le plus loin possible du jet d'eau. Et se laissa glisser pour s'asseoir doucement contre les parois carrelées ruisselantes et chaudes. L'eau tombait en pluie chaude et avait un effet apaisant, il sentait tous les nœuds de stress se défaire les uns après les autres.
Dans sa tête vinrent tourner les différentes images de ces dernières semaines. Les plus marquantes étant celles de ces derniers jours où tout avait changé. Rien n'avait jamais changer fondamentalement, les choses avaient juste pris une nouvelle dimension ces derniers temps. Son ventre se tordait quand il repensait à tout ce qu'Hermione avait fait pour lui, et il lui semblait pouvoir ressentir la vague de chaleur instantanée l'envahir à nouveau comme lors de la séance de transplanage. Il s'en voulait un peu d'avoir vu en elle la mystérieuse apparition de la salle sur demande et son estomac fit un nouveau nœud lorsqu'il pensa à ce qu'elle avait dû imaginer à ce moment-là.
La mystérieuse apparition revenait sans cesse dans ses pensées, et faisait déferler en lui des vagues de frissons malgré l'eau tiède qui continuait de l'envelopper. Et cette phrase tournait dans sa tête « Tu es un artiste ».
- Un artiste mon œil ! Marmonna-t-il
Si c'était une allusion au cours de McGonagall, Harry se doutait bien que les perspectives étaient réduites et que seule une Gryffondor ou une Serdaigle de son année aurait pu savoir pour son cygne de cristal. Il y avait donc : Les sœurs Patil mais il ne s'imaginait pas Parvati ou Padma faire ce genre de chose. Par ailleurs il se demanda pourquoi elles avaient permis à Ron et lui de les accompagner au Bal du tournoi des trois sorciers.
Lavande Brown – rien que l'idée lui hérissait le poil. « Je la laisse à Ron »
Hermione mais c'était exclu « vraiment ? »
Et les Serdaigles qui lui étaient toutes plus inconnues les unes que les autres.
« Pourquoi tu cherches ?! – Ironisa une petite voix dans sa tête – Aussi bien c'était une hallucination, tu ne la rêveras jamais ou alors dans tes rêves ! Te voilà réduit aux rêves »
Il sentit son cœur se serrer en pensant à comment les autres filles le voyaient. Hermione était la seule vraiment honnête avec lui. Les autres étaient méfiantes ou fan du personnage de Harry Potter le survivant et il faut dire que finalement il s'était bâtit un mur, un filtre épais avec la gente féminine. Les seules relations dignes de ce nom étaient des relations sportives avec les membres de l'équipe de Quiddich, et la relation « de réparation » avec Cho. Cho… Parkinson avait une fois persifflé dans son dos disant qu'il n'y avait vu qu'un challenge, celui de ravir la jeune petite amie de l'élève le plus populaire.
« Elle peut parler » pensa-t-il. Elle qui aurait vendu son âme pour un baiser de ce crétin de Malefoy.
Quant à Romilda, elle n'était pas dépourvue de charme mais elle le laissait totalement indifférent, il éprouvait même un certain rejet en repensant qu'elle avait mis plus bas que terre Neville et Luna dans le train en début d'année.
Il laissa son esprit vagabonder ensuite un long moment en pensant à la sensation qu'il avait ressenti lors de ce baiser imprévu, l'estomac noué comme par une famine immense, l'envie irrépressible d'en avoir plus, toujours plus, l'envie de la serrer contre lui encore plus fort.
- Putain Harry sort de là ou je fais sauter la porte !
Ron avait vraiment le chic pour débarquer quand il ne fallait pas. Il devait être là depuis un moment à vrai dire.
- Fous moi la paix j'me douche !
- J'attendrai le temps qu'il faut !
Harry jura une fois de plus coupa l'eau et s'essuya rapidement chassant du même coup ses idées charnelles. Il attrapa ses affaires roulées en boule et se maudit alors d'avoir laissé sa baguette sur son lit. Tout étant trempé et glacé. Il se ceignit la taille d'une serviette propre et déverrouilla la cabine à contrecœur.
Il tomba alors nez à nez avec un Ron visiblement furieux les yeux écarquillés les oreilles écarlates et les bras en croix devant lui. Avant qu'il n'ait pu dire quoi que ce soit il intervint en lui mettant deux doigts sous le nez le laissant totalement hébété.
- Deux minutes s'il-te-plait !
Il catapulta ses affaires dans le panier de linge sale et se dirigea vers le dortoir « heureusement » pensa-t-il vide.
Il se réfugia derrière les rideaux de son baldaquin et passa le bas de son pyjama quand Ron tira furieusement les rideaux.
- Vas-y ! Répondit Harry en s'asseyant en tailleur
- Qu… quoi ?
- Ben tu veux me dire quelque chose il me semble non ?
- Je… heu… Non enfin oui ! Mais je sais plus je suis énervé !
- Et quelle est la raison de cet énervement qui te pousse à vouloir me sortir de sous la douche ?
- T'as pas bientôt fini de jouer au con ?
- Excuse-moi ?! S'exclama-t-il mi outré mi goguenard
- Je suis là moi aussi !
- Ya un problème ? Répondit-il calmement. Si tu as quelque chose à dire surtout ne te gêne pas. Crache le morceau !
- J'ai compris ! Je vous ai vu toutes ces fois ! Hermione et toi ! Je suis toujours de trop, j'ai toujours été de trop mais c'est pas grave !
- Mais t'es complètement à l'Ouest mon vieux !
- Je vous ai vu ! Elle est tout le temps avec toi quand je ne suis pas là
- C'est aussi peut-être parce que tu as passé ta semaine en colle ou pendu aux lèvres de Lavande !
Harry commençait à sentir le sang battre contre ses tempes et les veines de ses bras saillirent fortement.
- Tu es juste en train d'essayer de l'avoir pour toi tous seul parce que tu es le seul à la mériter ! Ah ça oui elle, elle te comprend alors que moi je m'en cogne ! Mais à moi tu ne me dis rien.
- Mais c'est parce que tu n'entends rien ! Et arrête de te faire des films ! Je n'essaye d'avoir personne !
- Elle n'est pas à toi elle ne t'appartient pas !
- Qui ?
- HERMIONE ! hurla-t-il
Mais le petit « Qui ? » ne venait pas de Harry mais d'Hermione dans l'encadrement de la porte. Elle serrait Pattenrond dans ses bras et semblait pétrifiée les yeux remplis de larmes.
Elle était dans le dos de Ron mais il se retourna en voyant le regard terrifié d'Harry.
- Depuis combien de temps tu es là ? Dit-il paniqué
- Depuis combien de temps penses-tu ça de moi ?
- Qu.. Quoi ?
- Je ne suis pas un objet Ron.
Elle laissa échapper Pattenrond qui se jeta mollement sur le lit de Harry pour aller se lover contre un oreiller.
Ron jura et se dirigea furieux vers la porte et Hermione. Il la bouscula en passant sans la regarder. Il disparut ensuite dans les escaliers
Une poignée de secondes interminables s'écoulèrent par la suite durant lesquelles Harry resta prostré à regarder son amie.
Les bras ballants, statique et immobile. Sa respiration se fit haletante et elle commença à sangloter faiblement.
Harry se précipita et la tira de la porte qu'il ferma d'un coup d'épaule. Elle sanglotait toujours et était parcourue de spasmes respiratoires.
Il la prit dans ses bras et la serra doucement contre lui en tentant de maitriser sa propre respiration. Il sentait le ventre de son amie se contracter au rythme de ses sanglots qui s'intensifiaient et quelques larmes chaudes rouler sur son épaule nue.
De sa main gauche il soutenait sa tête contre son épaule, ses doigts effleurant ses lèvres. Sa main droite dans le creux de son dos épousait la totalité de sa largeur et il la pressait doucement pour la garder contre lui.
Elle, avait mes mains contre ses omoplates et enfonçait ses ongles dans sa peau.
Son visage dans ses cheveux, Harry respirait doucement et sentait la chaleur mélangée aux différents parfums discrets de sa peau. Ses cheveux contre son visage caressaient jusqu'à ces cils.
Hermione resserra un peu plus son étreinte de sorte qu'ils étaient tout à fait l'un contre l'autre leurs bustes collés sans le moindre espace. Il replongea alors son visage dans les cheveux tombant de son amie et se sentit tous proche de son cou. Elle continuait à sangloter doucement la respiration saccadée.
Il déposa ses lèvres contre sa peau dans un creux à la jointure de son cou et son épaule et fit un timide et chaste baiser.
Un frisson remonta directement le long de sa colonne vertébrale au même moment et il resserra également son étreinte.
La scène aurait pu durer une éternité qu'elle n'en aurait paru que quelques secondes.
Tout le décor avait été aspiré dans le néant, ne restait alors que leur étreinte.
Harry se souvint pourtant qu'ils finirent par se retrouver allongés sur son lit, les rideaux tirés. Sur le flancs les visages a quelques centimètres, les yeux plongés dans leurs regards.
Elle avait les yeux noisettes, ça il le savait depuis longtemps.
Mais c'était plus compliqué que ça.
Un iris ce n'est pas régulier. Il voyait une multitude de creux, comme un immense réseau de filins dessinait les contrastes de son œil. Ils n'étaient pas noisette mais composés de nombreuses couleurs pastelles, du blanc au gris en passant par l'orange, le jaune et bien évidement le marron. Au centre un immense puits obscur et insondable dans lequel semblait pouvoir s'anéantir toute la lumière.
Peu à peu les images se perdirent dans sa tête, elles se dédoublaient et s'estompaient. Il sombra finalement dans le sommeil.
Quand il se réveilla il était sur le dos toujours torse nu sur les couvertures. Hermione aussi était là, recroquevillée contre lui comme si elle n'avait pas bougé de la nuit. Elle respirait doucement et semblait toujours dormir.
Il dégagea précautionneusement son bras engourdi par son étreinte. La montre au poignet de son amie indiquait 5h50. Dans un peu plus de trente minutes, le dortoir n'allait pas tarder à s'éveiller.
Il continua cependant à l'observer un moment. Il ne voulait pas la déranger dans sa quiétude si belle. Mais comme si son regard avait pesé sur elle, elle s'éveilla doucement. Elle se frotta les yeux et s'étira. En se rasseyant elle se retrouva nez à nez avec Harry et parut interloquée quelques secondes. Puis le rouge lui monta aux joues. Il ne put alors s'empêcher d'esquisser un sourire malin qui aurait pu se terminer en véritable crise de rire si elle n'avait pas posé sa main sur sa bouche au bon moment.
- Il faut qu'on soit D-I-S-C-R-E-T ! Lui dit-elle tout bas un mélange de malice et de peur dans les yeux
Il passa sa main entre le rideau et le lit pour atteindre sa cape d'invisibilité pliée et placée astucieusement entre le matelas et le sommier.
Il la lui glissa entre les mains mais une fois de plus elle lui articula tout bas
- Tu viens avec moi !
Le ton de sa voix lui indiquait clairement qu'aucune protestation ne serait de mise.
Ils s'enveloppèrent ensemble sous la cape et s'éclipsèrent aussi discrètement que possible du dortoir toujours profondément endormi.
Ils descendirent une vingtaine de marche avant qu'Hermione ne retire la cape d'invisibilité et la lui fourre en boule dans les mains.
Il ne savait pas trop bien à quoi s'attendre. Comment allait-elle percevoir la situation, serait-elle embarrassée. Après tout ils n'avaient fait que dormir ! Mais si quelqu'un les avait vus, des bruits terribles auraient alors couru dans tout le château !
Elle était là plantée deux marches en dessous de lui.
- Et… Et maintenant ? parvint-il à articulé un nœud au creux de l'estomac
- Et maintenant ? je ne sais pas toi mais personnellement je vais essayer de retourner dans mon dortoir le plus discrètement possible et espérer que personne n'ai remarqué mon absence – au même titre que ma présence dans ton dortoir –.
- Et Ron ?
- Et bien si je le trouve soit je l'évite. Soit je ne peux pas et je le change en statue de sel…
- Tu sais faire ça toi ?!
- Ne jamais sous-estimer une sorcière en colère.
Elle se dressa sur la pointe des pieds et vint lui déposer un baiser sur la joue ce qui provoqua chez lui un énième déferlement électrique.
- Merci pour finir. dit-elle doucement.
- Tu rigoles… répondit-il gêné.
Elle le regardait avec un sourire amusé
- Tu as la chair de poule idiot ! S'amusa-t-elle
Sur ces mots elle commença à redescendre les escaliers
- Oh ! et propinquus radere ! Rajouta-t-elle en disparaissant
S'il n'avait pas été seul tout son corps aurait repris une teinte rouge pivoine. Il était à moitié nu (une fois de plus) dans les escaliers face à Hermione. Et la seule chose qu'il avait réussi à faire c'était de s'embarrasser une fois de plus.
Il se passa rapidement la main sur le visage et remarqua qu'elle avait raison. Il se recouvrit à nouveau de la cape et finit par remonter dans son dortoir pour y attendre le réveil des autres.
Il ne retrouva qu'Hermione et Ginny en bas des escaliers ce matin là.
- Ron n'est pas là ? demanda sa sœur
- Je ne l'ai pas vu depuis hier soir. Lui répondit-il en essayant de rester aimable
- Il parait que vous vous êtes disputés…
- On dit beaucoup de choses dans ce château ! Coupa Hermione. Je meurs de faim ! On y va ?
La grande salle était comme à son habitude grouillante de bruits et d'élèves. Mais toujours pas de trace de Ron.
- Lavande n'est pas là non plus. Glissa Ginny à Harry. Ceci explique peut être cela !
Il ne put s'empêcher de sourire. Hermione juste en face retournait pensivement ses œufs brouillés.
- Tu ne mange pas ? Lui demanda-t-il
- Oh ! Heu… Si ! si pardon j'étais ailleurs !
- Je peux m'asseoir ici ? demanda une petite voix
- Oh oui bien sur Luna avec plaisir !
Luna dans sa vaporeuse présence s'était glissée juste à côté d'Hermione.
- Les nuages sont absents ce matin.
Harry la fixa bêtement
- Le ciel magique Harry…
Effectivement le plafond de la grande salle gris depuis Noël laissait entrevoir un bleu éclatant
- Et les perce-neige n'auront bientôt plus rien à percer !
- Il fait aussi météo le journal de ton père ? Demanda Ginny
- Non… il y a bien une rubrique qui prévoit le temps mais il s'agit du temps qui passe. Croyez-le ou non mais depuis quelques années les heures passent plus vite ! C'est un coup des Vélanes de Croatie. On ne sait pas comment elles font mais un détective de mon père dit qu'elles y sont pour quelque chose.
Cela le réjouissait un peu de penser que les beaux jours n'allaient pas tarder. Le Quiddich par la même occasion. Et même si il fallait pour cela essayer d'être aimable avec Ron il le ferait.
- Tu penses au Quiddich Harry… Dit Luna
- Co…comment tu sais ça ?!
- Oh pas besoin d'être devin tu viens de rouler en boule une tranche de pain de mie et tu la serre comme si c'était un vif d'or…
J'espère que ce chapitre vous a plu !
Les choses se font et se défont sous mes yeux c'est a ce demander qui commande dans cette histoire ^^
Pour plus d'infos sur la date de parution du chapitre 9 suivez moi sur Twitter à SauleFelicis où sous le hashtag #Sensitiv !
Je travaille également sur une séquelle très sérieuse.
J'attends vos reviews et commentaires =)
