Disclaimer : Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux sortis tout droit de mon imagination.


Chapitre 5 (12/02/16)


Edward fût tellement surpris par la soudaine intervention qu'il sursauta et lâcha le livre qu'il avait dans ses mains. Il se retourna et vit un jeune garçon blond, grand, plutôt fin, mais qui lui paraissait assez musclé. A première vue, Edward dirait qu'il devait avoir le même âge que lui. Pris par l'observation qu'il portait à son vis à vis, il ne remarqua pas que celui-ci avançait doucement dans sa direction, avant de s'arrêter à seulement deux mètres. Tous deux se regardaient en chien de faïence.

« Tu ne réponds pas ? ». Le ton de Jasper n'était pas des plus amical.

« Et que veux-tu m'entendre dire ? ». Edward savait qu'il s'aventurait sur un terrain dangereux, mais il ne pouvait s'empêcher de répondre avec agressivité lorsqu'on en faisait de même avec lui.

« Qu'est-ce que tu fais là ? »

« Il me semble que c'est évident non ? Je cherche un livre. »

« Qu'est-ce que tu veux de ma famille ? »

Edward était perdu. Il ne comprenait pas le soucis de son interlocuteur et sentait qu'ils s'enlisaient dans une conversation dont l'issue ne lui disait rien qui vaille. Ne sachant que répondre, il préféra se taire.

« … »

« Ne joue pas à ce petit jeu avec moi ! »

« Et à quel jeu est-ce que je joue ? »

« A celui du pauvre petit orphelin qui profite d'une situation, qu'il sait provisoire, pour s'approprier ce qui ne lui appartient pas, peut-être ? »

« Je t'interdis de … »

« Et moi je t'interdis de t'approcher de ma famille, tu entends ?! »

Le ton montait. Edward sentait que la situation dérapait mais ne savais comment la gérer. Les paroles du blond le blessaient plus qu'elles ne l'énervaient. Katie lui avait pourtant affirmé avoir fait la demande de placement pour qu'il ait une nouvelle vie, qu'il puisse vivre normalement à nouveau, vivre avec son passé mais dans le futur. Elle lui aurait menti ? Rien ne se révèle si simple finalement … Les adultes sont tous les mêmes. Il allait retourner au centre. Il ne le voulait pas, mais une fois que Carlisle et Esmée seraient au courant, il ne pourrait plus rester ici. L'angoisse s'insinuait lentement mais sûrement en lui, se propageant à tout son être. Il tentait de se maitriser mais le résultat n'était pas concluant.

« Qu'est-ce qu'il se passe ici ? »

Le couple venait de faire son entrée dans le bureau. Rosalie observait la scène depuis le salon et fût guère rassurée lorsqu'elle vit que son père s'apprêtait à parler.

« Jasper, tu peux m'expliquer s'il te plait ? ». Son ton n'imposait aucune réplique.

« Rien. Que veux-tu qu'il y ait ? Tout va bien dans le meilleur des monde. » répliqua Jasper tout en entamant un mouvement pour quitter la pièce. Mais c'était sans compter sur son père, qui l'attrapa par le bras.

« Ne me prends pas pour un imbécile, veux-tu. Et n'utilises pas ce ton avec moi. Ton comportement en ce moment est plus qu'intolérable et tu commences vraiment par m'agacer. Alors tu vas monter dans ta chambre et je viendrai te parler tout à l'heure. Et si lorsque je monte tu n'y es pas, tu auras intérêt à être très bien caché, mon ami. »

Jasper se sentait acculé. Certes, il l'avait cherché. Mais voir son père dans un tel état de colère ne lui était pas si habituel que cela. D'ailleurs, en tout et pour tout, il avait dû le voir ainsi que cinq fois au grand maximum. Afin de ne pas aggraver son cas, il grimaça mais monta tout de même dans sa chambre.

Esmée s'approcha d'Edward et lui demanda si tout allait bien.

« Oui oui … Je m'excuse. »

« De quoi mon chéri ? »

Edward n'avait pas relevé la première fois qu'elle l'avait appelé ainsi, pensant avoir rêver. Mais maintenant qu'il entendait à nouveau ce surnom affectif, il ne put s'empêcher de laisser tomber une des nombreuse barrière qu'il avait érigé autour de son esprit depuis l'accident. Sa mère l'appelait aussi comme ça des fois … Cela faisait du bien … Il pourrait y prendre goût … Mais il ne le fallait pas. Ce n'était pas sa famille. Et d'après les dire de ce fameux Jasper et surtout après l'entretient qu'il allait avoir avec son père, elle ne pourrait jamais l'être.

Il posa alors son regard sur Carlisle.

« Ne soyez pas trop dur envers lui s'il vous plait, il n'a rien fait. »

« Et bien s'il n'a rien fait Edward, que s'est-il passé ? »

Edward stressait. Un débat avait pris place à l'intérieur de sa tête. S'il disait la vérité, Jasper se retrouverait dans une situation délicate. Mais s'il mentait, c'était la sienne qui allait le devenir. Il ne pouvait leur mentir. Il avait promis à Katie que tout se passerait bien.

« Il … J'ai pas fait exprès ! Il m'a surpris, j'ai lâché le livre. Je suis désolé Docteur CULLEN. Ensuite il m'a demandé ce que je faisais ici, je ne comprenais pas tout, il s'est énervé. Mais moi aussi j'étais énervé et … »

« Edward ! »

Le ton brusque le fit relever les yeux et fermer la bouche. Ca y était. La sentence allait tomber.

« Calme toi. Ecoute, tu n'as rien fait de mal, d'accord ? Détends toi maintenant. ». Carlisle ne souhaitait pas une crise de panique dès le premier jour d'arrivée du garçon.

Edward, quant à lui, ne comprenait pas. Alors, il n'allait pas le virer de chez eux ? Il se sentait bête. Bête d'avoir cru cela, mais bête aussi car en ce moment, il passait d'un état à l'autre sans lui même s'en apercevoir et avec une vitesse déconcertante. Il faudrait qu'il règle ça le plus vite possible.

« Bien, je vais aller voir Jasper, d'accord ? Ne t'en fais pas ! ». Le médecin lui souriait avec indulgence.

Esmée posa une main sur son épaule et lui sourit doucement.

« Tu veux boire quelque chose Edward ? »

« Euh … Oui oui … Enfin je veux dire … »

La mère de famille sourit plus largement devant son bafouillage et l'encouragea à exprimer son souhait.

« Vous avez du lait ? »

« Du lait ? A cette heure ci ? Et bien, c'est pas commun ! Mais oui nous en avons. Viens avec moi, je vais te servir un verre. »

Alors qu'ils sortaient de la pièce, Esmée s'aperçut de la présence de sa fille.

« Oh Rosalie ! Edward, voici Rosalie, la jumelle de Jasper. »

« Enchantée ! »

Edward se relaxa immédiatement. La jeune fille était tout aussi blonde que son frère, plus petite, mais fine également. Elle lui paraissait surtout plus accueillante. Il lui rendit la politesse, et c'est tous les trois qu'ils se rendirent dans la cuisine. Le repas allait être servi.


Jasper était monté dans sa chambre sous l'ordre de son père. Comme l'avait prédit ce dernier quelques minutes auparavant dans son sermon, il avait effectivement pensé à fuir, mais cela n'aurait fait qu'empirer les choses, et c'était vraiment pas ce qu'il souhaitait. Il se posta devant la baie vitrée de sa chambre. Il ne savait pas ce qu'il lui arrivait en ce moment. Enfin si, il le savait. Mais il ne savait pas pourquoi il ressentait ce besoin, qui en devenait presque vital à certains moments, d'être agressif, renfermé, froid … Il savait que cela faisait souffrir son entourage, mais il n'arrivait pas à s'en empêcher. Il entendit sa porte s'ouvrir mais ne se retourna pas.

« Que se passe-t-il Jasper ? »

« Rien. »

« Bien sûr, prends moi pour un lapin de deux semaines … »

Un silence pesant s'installa dans la chambre. Carlisle réfléchissait. Rares étaient les occasions où son fils se comportait ainsi.

« Assieds toi s'il te plait. »

Jasper lui obéit. Ils étaient maintenant tous les deux assis au bout du lit. Carlisle avait les coudes posés sur ses genoux, les mains liées, tandis que Jasper était affalé sur lui même.

« Ecoute Jasper, il faut que tu me dises ce qui ne va pas. La situation est pesante et ta mère se pose de plus en plus de questions. Et moi aussi d'ailleurs. Tu t'es toujours ouvert à nous. Pourquoi est-ce que ça changerait ? ». Carlisle laissa flotter pendant quelques secondes, avant de reprendre. « Je veux bien que l'arrivée d'Edward te dérange, ou du moins te perturbe, mais ne me fait pas croire qu'il n'y a que ça parce que je ne te croirai pas. C'est quoi : un caprice ? Un manque de notre part ? Un … »

« Non stop, t'y es pas du tout ! ». Jasper s'était levé. En entendant les paroles de son père, il s'était d'abord dit qu'il ne servait à rien de s'énerver. Mais ses suppositions le blessaient et l'agaçaient au plus haut point. « C'est pas du tout ça ! Je n'ai plus 10 ans, si je veux quelque chose, je me le paie. Et ce n'est pas non plus un manque de votre part. Ou peut-être que si. Je n'en sais rien, ok ? Je n'en sais rien moi même. Mais il y a trop de choses en ce moment, et je n'arrive pas à tout gérer. Entre l'école, vous, l'arrivée de l'autre, et cette fille là … »

« Une fille ? Quelle fille ? ». Carlisle avait un sourire niais. Alors là, il s'y attendait pas !

« Ce … C'est tout ce que t'as retenu ?! »

« Jasper, calme toi, je suis ton père je te rappelle. Ce n'est pas tout ce que j'ai retenu, mais il faut bien commencer par un point, tu ne crois pas ? »

Jasper se calma. La discussion allait être houleuse.

« C'est rien. »

« Ah non ! Maintenant que tu as commencé, tu vas tout me dire ! SI tu ne veux pas me parler de ça pour commencer, soit, mais il faut qu'on crève l'abcès, et nous ne sortirons pas de cette pièce avant de l'avoir fait complètement ! »

« Ca fera treize ans la semaine prochaine. » Son ton était plat, son regard dans le vague, mais Carlisle comprit de suite.

« Je sais. Tu croyais qu'on allait l'oublier ?»

« Vous auriez pu ! C'est pas comme s'il se passait rien en ce moment à la maison … »

« Jasper … Comment tu peux dire ça ? Même quand tu seras adulte, que tu vivras loin, on s'en souviendra. »

« Je ne vivrai jamais loin … Je pourrai pas … »

« Tu dis ça maintenant, mais … »

« Tu veux te débarrasser de moi, ou quoi ? »

« Rah, Jasper, tu confonds tout ! Tu es notre fils ! Et tu le seras toujours, quoi qu'il se passe ! Ce n'est pas parce qu'on accueille quelqu'un qu'il va te remplacer ! La situation n'est pas la même qu'elle l'a été pour ta soeur et toi. Pour l'instant, je ne fais que mon travail. En plus, tu pourrai très bien t'entendre avec lui. Mais bon, pour cela, il faudrait d'abord que tu y mettes du tien … »

« Ah, donc ça va être de ma faute si on vient à ne pas s'entendre ?! »

« Ce n'est pas ce que je dis ! Mais admets quand même que vu comment les choses ont démarré, on peut en douter ! »

« J'ai simplement peur de vous perde ! »

Jasper voulu immédiatement revenir en arrière. Il avait laissé échapper le fond du problème alors qu'il ne le voulait pas. Il ne le pouvait pas. Sa respiration s'accéléra.

« … Quoi ? ». La voix du médecin n'était pas sûre d'elle.

« … »

« Mon dieu Jasper … Mais ça n'arrivera pas ! Laisse toi aller un peu ! Lèves toi le matin, va à l'école, vois tes amis, rentre, discute avec nous si ça ne va pas, reste proche de ta soeur, mais arrête de te poser des questions, tu te tortures pour rien. »

Ils étaient maintenant debout, l'un en face de l'autre. Jasper n'en menait pas large et Carlisle voyait bien qu'il se retenait de craquer. Alors doucement, il s'approcha de lui, et l'enlaça. Son fils se laissa alors aller, bien calé dans ses bras. Il ne savait combien de temps ils restèrent là, mais il n'en avait cure. Même lorsque le jeune homme fut calmé, ils ne bougèrent pas.

« Et cette histoire de fille alors ? »

Cette réplique eu le mérite de faire rire Jasper. Carlisle sourit, heureux d'entendre ce son. Il ne souhaitait pas retombé dans le passé et plus particulièrement dans la période qu'ils avaient traversé il y a quatre ans.


Flash Back

« Ca fait combien de temps maintenant ? »

« Deux semaines. »

« Il ont dit qu'au bout d'une semaine et demie c'était généralement improbable d'espérer un retour. »

La phrase avait été prononcée d'une voix cassée et suivie de lourds sanglots.

« Esmée, ne dis pas ça … »

« Et que veux-tu que je dises Carlisle ?! »

Alors qu'il allait la prendre dans ses bras, le téléphone sonna. Il regarda sa femme tenter de se reprendre, et décrocha.

« Résidence CULLEN. »

« Monsieur CULLEN, ici le poste de police de Forks. »

« Oui ? Vous avez des nouvelles ? »

A ces paroles, Esmée se retourna soudainement vers lui, sa main portée à sa bouche alors que ses yeux exprimaient tout l'espoir encore possible.

« Effectivement. Nous avons attrapé votre fils Jasper. Il était à la frontière du domaine Quileute, dans la forêt. »

« Dieux merci … Il va bien ? »

« Ca peut aller. Il est un peu amoché, mais rien de très grave à première vue. C'est vous le doc' ! »

Carlisle n'entendait plus rien … Ni les paroles du shérif, ni les sanglots de sa femme.

« … vous voir. »

« Hein ? »

« Il aimerait vous voir. Vous pourriez venir quand ? »

« Immédiatement. Oui, on arrive immédiatement. »

Il posa le téléphone sur son socle avant de sourire à sa femme. Cette dernière avait user tous les paquets de mouchoirs de la maison et alla donc se refaire une beauté dans la salle de bain, avant de partir chercher son fils avec son mari.

« Tu es sûr de vouloir venir chérie ? »

« C'est mon fils Carlisle ! Il est parti mais je ne l'abandonnerai pas ! »

Il avait sourit et était sorti de la maison. Lorsqu'ils avaient pénétré dans le commissariat, ils avaient tout de suite vu Jasper. Il avait une mine absolument affreuse. Ses vêtements étaient sales, il avait des coupures par ci par là, des cernes tellement grandes que l'on se demandait si son visage était pourvu de joues, et avait maigri. Il ne remarqua leur présence que lorsqu'Esmée se précipita pour le prendre dans ses bras. Carlisle les rejoignit. Tout allait bien aller maintenant, Jasper était de retour.

Les jours suivant son retour, il purent voir son état s'améliorer. Aussi bien physiquement que moralement. Leur fille avait passé un savon mémorable à son frère, mais ils ne l'en avaient pas empêché. Dans l'ensemble, tout allait mieux.

Oui, tout allait bien. Et tout irait bien. Quoi qu'il arrive.

Fin Flash Back


Revenant à lui, Carlisle se rendit compte qu'ils étaient ainsi depuis dix minutes, et que les autres devaient les attendre pour le repas en bas.

« Aller viens, on va manger. »

« J'ai pas faim … »

« Oui, mais tu n'as pas le choix. A moins que tu veuilles que je me charge de ton cas ? »

« Non, non non ça va aller. J'arrive. »

Carlisle rigola puis s'engagea dans les escaliers. Arrivé en bas, il eut la surprise de voir qu'une certaine gaieté régnait. En effet, sa femme entretenait une discussion avec Edward et Rosalie. Edward buvait un verre de lait tandis que Rosalie rigolait. Avançant dans la pièce, il alla s'assoir à table. Il remarqua alors la brique de lait posée négligemment sur la poubelle. Il haussa un sourcil en direction de sa femme.

« Il en est à la moitié de la seconde ! »

Ils rirent tous devant la gêne évidente du jeune homme.


Edward allait entrer dans son lit lorsque quelqu'un frappa à sa porte. Il donna l'autorisation d'entrer à la personne. Il se figea lorsqu'il vit qu'il s'agissait de Jasper.

« Euh … Salut. »

« Salut. »

L'échange promettait …

« Je suis venu m'excuser … »

« Ah … »

« Ouais … Bon ben, désolé. »

« T'inquiète pas. »

« Non vraiment, j'ai pas été sympa. »

« C'est vrai. Mais je peux te comprendre. »

« Est-ce qu'on pourrait tout oublier ? »

« Comment ? »

« Ben … Mon dieu ce que ça fait cliché … »

Edward rigola. Il était plutôt d'accord. Il décida d'arrêter de le faire pédaler dans la semoule.

« Moi c'est Edward. »

Jasper fut surpris. Il ne s'attendait pas à ce que l'adolescent lui facilite les choses ainsi, mais ne laissa pas passer sa chance. Il serra alors la main qui lui était tendue.

« Jasper. »

Le silence repris place dans la pièce.

« Bon euh … Bonne nuit ! »

Sans plus de cérémonies, Jasper parti rejoindre sa chambre.

Edward pensa que c'était une situation normale entre frère. Bien qu'il n'ait pas de frère. Il devrait peut-être parler de tout ça à Katie … Bien qu'il savait qu'elle lui poserait la question d'elle même.

C'est rasséréné qu'il se coucha. Carlisle lui avait donné des cachets pour dormir tranquillement. Il soupçonnait sa psychologue d'avoir raconté ses crises nocturnes aux CULLEN. Enfin, il verrait !

Autant qu'ils sachent avec quel fou ils vivent pensa-t-il en s'endormant.


Voilà voilà …

Chapitre un peu plus long que les autres !

A bientôt (probablement dimanche ?)

Kwycky