Hello ! Voici le chapitre 8 …
Toujours en espérant qu'il plaise. On est comme dans une partie qui "stagne", mais avance quand même, de l'histoire. Les changements vont se faire petit à petit :).
Bonne lecture !
Disclaimer : Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux sortis tout droit de mon imagination.
Chapitre 8 (19/02/16)
Aujourd'hui, c'était lundi. Jasper et Rosalie étaient en cours et Carlisle à l'hôpital. Il avait dû partir tôt, les quelques jours de congés qu'il avait pris pour gérer au mieux l'arrivée d'Edward ayant laissé le travail s'accumulé. Ne restait plus qu'Esmée et Edward à la maison. Il était encore relativement tôt. La fin de week-end s'était bien passée. Chacun avait vaqué à ses occupations : Jasper accroché à sa console, Rosalie à ses cours, Esmée à ses planches, Carlisle à son plateau d'échec, et enfin, Edward à sa lecture. Il avait voulu rejoindre le médecin mais n'avait pas osé l'aborder. Ce dernier l'avait bien remarqué mais attendait tout de même que le jeune homme fasse l'effort de venir lui demander. Bien que la situation soit délicate, l'adolescent les avait accepté. Il ne serait donc pas bon pour lui que chacun le ménage.
La maison était silencieuse. Esmée buvait son café dans la cuisine tout en lisant le journal du jour. Elle réfléchissait à la soirée qu'ils avaient passé samedi. Elle avait bien remarqué l'attitude d'Edward face au piano. Elle n'était pas dupe. L'envie du jeune homme semblait irradier par tous les pores de son être. Elle ne l'avait pas forcé, ne voulant pas le brusquer, mais une fois seule avec son mari, elle n'avait pas manqué de lui en toucher un mot.
« Et que comptes-tu faire, au juste ? » l'avait-il questionné en ouvrant la portière de la voiture.
Sur le coup, elle n'avait pas répondu, laissant le silence s'installer. Les enfants étaient ensuite arrivés et le sujet n'avait pas été approfondi. Cependant, cela ne l'avait pas empêché de se creuser les méninges. Puis soudain, elle avait eu comme une sorte de révélation. Ses enfants avaient pratiqué de la musique, étant plus petits. Ils ont désormais arrêté les cours mais continuent à pratiquer de temps en temps. Au sous-sol, juste à côté du garage, se trouvait une grande cave. Au sol avait été posée de la moquette et au mûr des surfaces anti bruits. La salle n'était pas ce qu'il y avait de plus joli, mais ce n'était qu'un sous-sol, comme le lui rappelait souvent son époux. Par ailleurs, ce dernier n'était pas encore au courant de l'idée qui trottait à l'intérieur de la tête de sa femme.
De toute façon, il ne pourra pas dire non ! se dit-elle, un air maléfique sur le visage.
Un bruit à l'étage la sortie de sa rêverie. Edward se levait. Elle finit donc sa tasse, la déposa dans l'évier puis se tourna vers le frigo afin de sortir le reste des pancakes du matin. Le jeune homme ne mangeait toujours pas énormément mais avait pris quelques petites habitudes que Carlisle et Esmée n'avaient pas manqué de remarquer. Elle sortit donc également la bouteille de lait qu'elle déposa sur la table avec un grand verre puis s'empara d'une banane. Alors qu'elle reposait son journal sur le portique à revue posé sur le plan de travail, Edward fit son apparition. Il la salua d'un timide sourire avant d'aller s'assoir.
« Comment vas-tu ce matin ? »
« Bien merci … Et vous ? »
« Très bien ! »
Un silence flotta pendant quelques instants dans la pièce. Esmée fixait le garçon qui lui faisait face. Elle ne savait pas trop comment aborder le sujet.
Et s'il se braquait ? lui fit sa petite voix n°1.
Qui ne tente rien n'a rien ! fit la seconde.
Esmée secoua la tête, comme pour chasser quelqu'un de son esprit, puis se lança :
« Au fait Edward, tu pratiquais une activité quelconque avant ? » demanda-t-elle, faisant mine de rien.
Le jeune homme s'immobilisa. Il leva la tête puis la fixa droit dans les yeux. Il se remit à mâcher puis avala. Il posa ses couverts et avoua :
« Pendant longtemps j'ai fait de la musique. » dit-il d'une voix lente et posée.
« Oh ! Et de quel instrument jouais-tu ? » questionna-t-elle, tentant d'incarner l'innocence ultime.
« Du piano. ». Il paraissait suspicieux.
« Et … Tu aimais ça ? »
« … Oui … Mon père aurait préféré que je fasse du tennis. »
« D'accord … Tu as pratiqué longtemps ? »
« … J'ai commencé à l'âge de 4 ans. J'en ai fait pendant 8 ans. J'ai arrêté les cours mais je continuais de pratiquer sur mon piano, à la maison. »
Esmée lui sourit. Elle se dit que le reste de ses questions attendraient un peu, le jeune homme paraissait suspicieux.
« Fini de manger, je vais vérifier quelque chose dans mon bureau. »
Edward acquiesça vaguement de la tête avant de reprendre une bouchée de sa banane et de boire son grand verre de lait.
Pendant ce temps, Esmée était montée à l'étage. Elle laissa la porte légèrement entre-ouverte, prit son téléphone, composa le numéro de son mari et attendit que ce dernier réponde en s'adossant à la baie vitrée. Alors qu'elle tentait pour la troisième fois consécutive de joindre Carlisle, ses pieds jouant avec le tapis, elle se demanda ce qu'elle allait dire à ce dernier. Concrètement parlant, bien entendu.
Quelque chose du genre « Hey mon Chéri ! Comment tu vas ? Dis moi, tu te souviens de cette fameuse pièce ? Ben j'aimerai la rénover … ! »
Elle sortie de ses pensées lorsque la personne au bout du fil décrocha.
« Carlisle ? »
« Quelque chose ne va pas ? »
« Non non … »
« Pourquoi tu m'appelles alors ? J'ai beaucoup de travail … »
« Oui oui je sais mais … Tu te souviens cette fameuse pièce … ? »
« … Celle du sous-sol ? »
« Oui ! Exactement ! »
« Et bien ? »
« Je veux la rénover. »
Ah bah oui, t'aurai pas pû préparer un peu mieux le terrain Esmée ? se fustigea-t-elle.
Oh et puis il me connait, il comprendra. Un homme un vrai, on ne le ménage pas !. Si elle avait pû, elle aurait levé son point en signe de revendication.
Calmons nous …
« Mais Esmée, elle sert plus à rien ! »
« Oui ben justement ! On a une grande maison, très belle, tout ça tout ça … Mais BAM. Voilà. En plein milieu, une pièce pas finie, grisounette, alors qu'elle pourrait abriter un magnifique piano mis en valeur ou bien … »
Alors qu'elle essayait de noyer le poisson, Carlisle la coupa.
« Et pourquoi tu voudrais faire ça ? Ca fait longtemps que les jumeaux n'y sont pas descendu … »
« Et bien c'est que … J'ai envie ? »
« Esmée … »
Et bien, mon projet de rénovation du manoir de Forks est bientôt terminé. Je vais m'ennuyer moi … »
« Mais encore ? »
Pourquoi faut-il qu'il soit si perspicace ? se lamenta-t-elle.
« Oui bon d'accord ! Pour Edward … »
« Comment ça ? »
« Ne fais pas l'innocent avec moi Carlisle CULLEN, tu sais tout aussi bien que moi de quoi je veux parler. Je t'ai observé samedi soir, ne nie pas je sais que tu as vu ce que j'ai vu. Et si je sais que tu sais, alors tout va bien. Nous savons, donc il est de notre devoir de faire en sorte que notre savoir soit mis à contribution ! »
« Ce que tu dis est complètement … Incompréhensible ! Mais enfin, je sais que je ne gagnerai pas … Alors soit, rénove le sous-sol … Mais je veux en faire parti hein ! »
« Promis ! Merci mon Coeur ! A ce soir ! ». Et sans plus de cérémonies, elle raccrocha.
Alors qu'elle se faisait déjà des plans dans sa tête, elle se souvint de la présence du jeune homme au rez-de-chaussée et décida donc de redescendre. Celui-ci était en train de finir son énième verre de laitage et se leva pour poser le tout dans le lave vaisselle.
« Au fait Edward ! J'ai cru comprendre que tu étais doué en dessin ? »
« Euh oui ? »
« Tu sais déjà ce que tu aimerai faire plus tard ? »
« Oh ben … Vaguement … J'aime bien l'architecture, mais ce n'est qu'une idée … »
« Et … Ca te dirait d'être, pendant une journée, dans la peau d'un architecte d'intérieur ? »
« Oui, pourquoi pas ! ».
Bien qu'il ne le montrait pas spécialement, l'idée l'enchantait. Premièrement, il aimait vraiment beaucoup la mère de famille, deuxièmement, ça l'empêcherait de s'ennuyer ferme, troisièmement … Il y en avait pas mais ça sonnait mieux dans sa tête.
« Bien ! Tu es prêt jeune apprenti ? » lui demande-t-elle, un sourire au lèvre et un regard … il ne savait pas ce que ce regard voulait dire, mais passons.
« Tout à fait ! » se dérida-t-il un peu.
Ils montèrent donc tous les deux au premier étage. Sur le trajet, Esmée tenta de lui expliquer la base du métier : ce qu'elle devait faire, comment elle s'y prenait, les connaissances primordiales à avoir, etc … Edward l'écoutait attentivement, buvant son savoir. Cela ne faisait qu'une dizaine de minutes qu'il tentait de comprendre ce qu'Esmée lui disait, qu'il était déjà comme passionné.
« Et les matériaux, comment tu fais pour les choisir ? »
Esmée fût ravie qu'il ose poser une question.
« Cela dépend de la demande du client. Si rien n'est définit, tu peux choisir. Il faut faire attention à la pièce concernée, l'utilisation dont elle va faire l'objet, le rendu souhaité, s'il est primordial d'allier le confort à l'esthétique, des choses comme ça … Par exemple, la moquette donne une impression de cocon. C'est agréable lorsque tu marches dessus et le rendu est très bien réalisé de nos jours. Cependant, il est moins facile de nettoyer ce type de sol et c'est allergène. Le moindre détail est à prendre en compte. »
« Ca fait beaucoup … »
« Je te l'accorde ! Cependant, le client remplit un dossier qui est sensé te simplifier la tâche. S'il a des exigences, tu te poses moins la questions des avantages et des inconvénients. Bien sûr, s'il s'attend à ce que tu fasses tout de A à Z, tu auras forcément des matériaux privilégiés. »
« Ouais … »
Les yeux d'Edward étaient légèrement écarquillés. Même si ça faisait beaucoup, ça pouvait être sympa …
« Bien ! J'ai une petite idée … Je vais te dessiner une salle et tu vas tenter d'en faire le design. Mon critère sera que cet endroit devra ressembler à la pièce que tu souhaiterai le plus avoir. Compris ? »
Le jeune homme hocha la tête. Il se demandait pourquoi la pièce devait représenter l'endroit qu'il désirerait le plus avoir, mais laissa couler … Peut-être était-ce une sorte de test psychologique que Katie leur avait conseillé de faire pour en apprendre plus sur ses goûts et voir si ses idées étaient noires. Il avait déjà vu ça à la télé. Des gens laissaient des enfants ou des adolescents dessiner. Parfois, beaucoup de noir remplissait l'oeuvre. Dans ce cas, la personne était considérée comme ayant un problème, dépressive ou encore suicidaire.
Il s'assit au bureau d'Esmée. Celle-ci déposa une feuille de papier blanc sur laquelle quelques traits de critérium avaient été tracés. Il se mit alors au travail. Il remarqua que quelques objets étaient déjà placés dans la pièce. Il décida de ne pas les bouger mais de simplement remplir l'espace. Le jeune homme se fit la réflexion que la femme avait été plutôt rapide à dessiner au vu du fait que certes, une seule pièce était représentée, mais chaque angle de vue de cette dernière avait été dessinés. Une fois fini, il donna son rendu à la brune. Celle-ci l'observa d'un oeil critique. La pièce était dans les tons blancs, gris et bleus. Le piano se situait au centre de l'espace, face à la fenêtre, posé sur un tapis bleu ciel, dont les poils ressortaient. Dans les quatre coins de la pièce étaient disposés des colonnes blanches de taille moyenne, toutes surmontées par un vase gris. Des rideaux bleus avaient sommairement été dessinés aux extrémités de la baie vitrée. Sur le second plan, la baie vitrée était située à gauche. Le mûr parallèle au piano était blanc mais habillé de nombreuses peintures, placées à des hauteurs différentes. Le fait que les largeurs des tableaux ainsi que les hauteurs n'étaient pas identiques pour chacun donnait un aspect 'bataille'. Vers le milieu du mûr était placé un chevalet. En ce qui concernait le dernier plan de vue, on voyait la porte. Cette dernière n'était pas blanche, comme on pourrait le croire, mais boisée et vitrée. Elle coulissait dans le mûr à l'aide d'un mécanisme roulant.
Esmée était subjuguée par tant de détails. Elle ne s'attendait pas à ce que le jeune homme fasse preuve d'une telle description et d'un tel goût. La disposition des objets n'avait pas été touchée, cependant il avait fait en sorte d'utiliser des couleurs qui s'harmonisaient parfaitement afin que la pièce ne paraisse pas exiguë et impraticable.
« C'est du très bon travail Edward ! » le félicita-t-elle, un grand sourire aux lèvres.
« Merci … » rougit-il.
« Qui t'as appris à dessiner comme ça ? »
« J'ai toujours aimé dessiner, je me suis formé tout seul, en quelque sorte … »
« Viens, j'ai quelque chose à te montrer. »
Elle le prit par la main et tous deux sortirent du bureau. Ils descendirent les escaliers et au grand étonnement d'Edward, en redescendirent d'autres.
« Nous ne t'avions pas montré cette partie de la maison au début car nous n'y avions pas pensé. »
Elle ouvrit une porte et le laissa pénétrer à l'intérieur.
« Mais … C'est la même disposition que sur le papier. »
« Exact. Tu viens de refaire la décoration de cette pièce. »
« Vous allez l'utiliser ?! »
« Et bien … J'aimerai beaucoup … Nous avons compris, samedi soir, que faire du piano te manquait. Les enfants ne descendent presque plus ici, mais je t'avoue que de savoir cette pièce à l'abandon et … moche … appelons un chat un chat, me fend le coeur. » avoua-t-elle, en exagérant légèrement. Sa tête devait être à mourir de rire car Edward ne se gêna pas.
« Si tu es d'accord avec moi, quand Carlisle et les jumeaux rentrerons, j'aimerai leur montrer ta planche. Cela pourrait devenir ta pièce … »
« Mais … Nous ne savons même pas si je vais rester ici … »
« Edward … Nous ne sommes pas dupes … »
Le jeune homme réfléchit à la proposition de la brune mais également à la portée de ses paroles. Sous-entendait-elle qu'il allait rester ?
Ne te fais pas trop d'espoir mon vieux, les meilleures situations ne sont toujours qu'éphémères. C'est comme les filles : les belles sont rarement libres et les libres, rarement belles ! Prend exemple sur Bella ! pensa-t-il.
« Je ne peux pas … »
« Pourquoi ? »
« Je ne suis pas de cette famille. Si cette pièce doit appartenir à quelqu'un c'est à Rosalie et Jasper mais moi je ne suis qu'un détail ici. »
« Je t'interdis de dire cela, tu m'entends ?! »
Esmée ne voulait pas être brute avec lui. Mais sur le moment, il lui avait sorti de telles sottises, que le flot de parole lui avait échappé.
« Tu n'es pas qu'un détail. Ne te considère pas comme tel. Je te l'interdis. Certes, je ne suis pas ta mère. Mais je suis la femme chez qui tu habites. Je suis la femme en charge de ta santé, de ton bonheur, de ton avenir. Tu as la chance de pouvoir te reconstruire. Je ne te demande pas d'oublier tes parents. La situation est très complexe, je comprends que tu sois confus, mais je ne comprends pas qu'avec les avancées que tu as fait depuis trois semaines tu puisses encore penser que tu te considère comme n'étant qu'un détail. Tu ne nous connais pas très bien, je le conçois. Mais … Edward … Si tu t'en donnes la peine et si tu nous acceptes, il te sera possible d'avoir une seconde famille … ! »
Le jeune homme la regardait comme si Pluton lui était tombée sur les pieds. Il mesurait l'ampleur de ce qu'elle venait de lui dire. Quoi qu'il puisse en penser, il était sûr d'une chose : Esmée n'avait pas dit cela à la légère.
« Tu … Tu le penses vraiment ? Non parce que souvent les gens disent des choses mais les regrettent ensuite. Tu peux me l'avouer, je ne t'en voudrai pas … ! »
« Tu te rends compte de l'énormité que tu viens de me sortir ? Je ne regrette rien. Edward … Je te considère déjà comme mon fils. J'ai tendance à beaucoup m'attacher aux gens, mais tu es quelqu'un d'exceptionnel et tu mérite de vivre à nouveau … Tu comprends ? »
« Je ne suis pas certain que Carlisle pense la même chose … Après tout, il est médecin, il ne fait que son travail. En plus, je suis ici car on lui a demandé ! »
« Oui, mais crois moi que si nous n'avions pas réfléchis sincèrement au cas et que si nous ne nous étions pas sentis capables de t'accueillir, tu ne serai pas là à l'heure actuelle. »
Elle le regardait. Il se tenait là, devant elle, droit comme un 'i'. Elle voyait bien qu'il se retenait de pleurer. Son menton tremblait et ses yeux étaient rouges. Doucement, elle s'approcha de lui. Il fit le reste du chemin et plongea sa tête dans son cou. Bien qu'elle fût surprise du mouvement de l'adolescent, elle referma ses bras sur lui. Il avait beau être plus grand qu'elle, à cet instant, il était comme un petit oiseau fragile que l'on venait de ramasser pour mieux le faire s'envoler. Les sanglots étaient intarissables. Ils en vinrent à se laisser glisser le long de la porte afin de se retrouver assis sur le sol. Là, elle resserra encore plus son emprise sur lui, ce qu'il lui rendit comme s'il s'accrochait à une bouée de sauvetage, désespéré. Il fallut une bonne quinzaine de minutes avant que le jeune homme ne parvienne à se calmer. Esmée continua cependant de lui caresser le cuir chevelu tout en lui chuchotant de doux mots.
Comme le faisait maman … pensa-t-il.
« Désolé … » croassa-t-il.
« Tu es sûr d'avoir bien dormi cette nuit ? Tu sors un flot de bêtises impressionnant aujourd'hui ! » le sermonna-t-elle doucement.
Il rit un peu. Il se sentait plus léger, comme si un poids avait disparu de ses épaules. La petite boule de nerf formée depuis la mort de ses parents semblait se dénouer légèrement.
« Laisse toi aller, d'accord ? »
Il hocha de la tête, incapable de dire quoi que ce soit d'autre.
« Viens, on va remonter. Tu vas te passer un coup d'eau sur le visage et t'allonger quelques instants. »
Edward la suivit. Elle l'accompagna jusqu'à la petite salle d'eau, humidifia un gant de toilette et le lui passa sur le visage, tout comme elle le faisait avec Jasper ou Rosalie lorsqu'une grosse crise de larme avait éclaté. Le froid fit du bien à Edward. Une fois fini, elle l'accompagna au salon ou elle le fit allongé sur le divan avant de le recouvrir d'un plaid. Elle resta assise à côté de lui.
« Tu as besoin de te reposer un peu … Tu es sur les nerfs et ce n'est pas bon pour toi ! Je vais aller faire un gâteau pour le gouter en attendant. Tu aimes le mélange banane chocolat ? »
« J'adore ça … »
« Bien ! »
Alors qu'elle se levait, il se redressa légèrement et lui attrapa la main.
« Quelque chose ne va pas ? »
« Non … C'était juste pour te dire que … Que je suis d'accord pour la planche … »
Esmée ne répondit rien mais lui renvoya un sourire resplendissant.
—
Quand il se réveilla, la lumière qui filtrait dans le salon lui indiqua que la fin d'après-midi était proche. En tentant de se lever, il se rendit compte que quelqu'un était assis à l'autre bout du canapé et que se pieds reposaient sur les genoux de la personne. Il s'agissait de Carlisle.
« Pardon ! »
« Du calme Edward … Je ne vais pas te manger ! » plaisanta le médecin, lui souriant de manière rassurante. « C'est moi qui t'ai placé comme ça. Tu allais tombé … »
Edward rougit.
« Oh … Merci … »
« Alors, comment était ta journée ? »
« Bien ! Esmée m'a montré son travail … »
« Et tu aimes ? »
« Beaucoup. J'ai toujours aimé dessiné. »
« Et il est très doué ! » intervint Esmée en entrant dans le salon.
« Tenez … »
Elle leur tendit un chocolat chaud chacun. Quelques guimauves avaient été plantées à l'intérieur, apportant un petit côté moelleux à la boisson.
« Edward … Esmée m'a raconté ce qu'il s'est passé … »
Et bien, niveau délicatesse mon cher, tu repasseras ! pensa Esmée.
Edward ne répondit rien, gardant son regard obstinément fixé sur sa tasse.
« Tu sais, elle a raison quand elle te dit que si tu n'avais pas dû être là, tu ne le serai pas … Je désirais tout autant qu'elle ta présence ici ! Je m'excuse si tu as l'impression que je n'ai pas fait d'efforts pour que tu te sentes à cent pour cent à l'aise chez nous, mais j'attendais que tu fasses toi même le pas. Par exemple, je t'ai vu hier, quand tu me regardais jouer aux échecs. Rien ne t'empêchais de me rejoindre, j'aurai joué avec toi ! »
« J'ai pas osé … »
« Ce n'est pas grave. Il faut aussi y aller à ton rythme ! Ca ne sert à rien de brusquer les choses et qu'au final tu sois braqué. »
Ils restèrent assis là, en silence, sirotant tranquillement leur boisson sucrée.
« Oh, et dernière chose … ! Maintenant que tu sais que tu as ta place ici … Vis ta vie, d'accord ? Occupe toi de choses d'adolescent et laisse le adultes gérer le reste ! Ok ? »
« Pourquoi ? J'ai fais quelque chose de mal ? » s'alarma-t-il ?
Mon cher et tendre … A défaut de devoir aller aux alcooliques anonymes tu devrai faire un tour aux abonnés 'Délicatesse et Finesse' … se lamenta la mère de famille.
« Non, bien sûr que non ! C'est juste pour te faire comprendre que quoi qu'il arrive nous serons là pour toi et que tu n'as pas besoin de tout gérer. Nous sommes là pour ça. Nous sommes là pour te rappeler que demain tu as un rendez-vous, qu'il est tard et qu'il faut aller te coucher, de ne pas trop boire … »
« Ah oui je vois … ! »
Carlisle lui sourit en retour.
« Alors, on se la fait cette partie ?! »
Edward lui sourit et acquiesça. Le médecin sortit alors son plateau de jeu et le posa sur la petite table basse. Edward s'assit par terre, toujours couvert par la fine couverture, laissant le divan au blond. Commença alors une partie endiablée …
—
« C'est nous ! » s'écria Rosalie.
« Mon dieu ! Ca sent le gâteau au chocolat et à la banane … » bava Jasper.
Il s'imaginait déjà une belle part, disposée dans son assiette, attendant son triste sort avec dignité. Le chocolat moelleux à souhait. La banane fondante … Dont le goût serait exacerbé par la chaleur encore présente à l'intérieur de la pâtisserie …
« Hey Blondinet, ferme la bouche, t'es pas sexy là ! » ne put s'empêcher de le charrier sa soeur.
« Ferme la toi ! » se renfrogna-t-il.
« Pas de vulgarité dans ma maison ! » le disputa Esmée.
Jasper se vengea donc de sa jumelle en lui tirant la tresse en épie de blé qu'elle s'était faite le matin même.
« Sale gosse ! »
« Si je suis un sale gosse, théoriquement, t'es pas mieux … » déclara-t-il, fière de lui.
Rosalie soupira mais décida de ne pas répondre. Elle déposa un baiser sur la joue de sa mère et en profita pour lui souffler à l'oreille que son fils était un gnome puant des montagnes. Certes, l'insulte ne payait pas de mine dite comme ça, mais la jeune fille en était quand même contente d'elle. Sa mère leva les yeux aux ciel et lui demanda comment s'était passée sa journée.
« Rien de bien palpitant … La moitié des professeurs n'étaient pas là. »
« Quoi ?! Comment ça se fait que vous rentriez si tard ?! »
« En ce qui concerne ta blondasse de fille maman, la réponse se présente sous forme d'ours brun des montagnes dont le prénom est Emmett. »
Rosalie foudroya son frère du regard. Heureusement que ses yeux n'étaient pas des mitraillettes, sinon il serait déjà à terre.
« Et celle de ton macaque de fils est un nain surexcité qui s'appelle Alice ! »
« Langage bon sang ! »
—
Le repas du soir fut simple mais délicieux. Esmée avait cuisiné une bolée de pâtes qu'elle avait laissé baigner dans un bouillon de poule, auquel elle avait ajouté quelques boulettes de viande hachée et des tomates cerises qu'elle avait coupé en deux. Ils étaient tranquillement en train de digérer devant la télévision lorsqu'Esmée se leva avant de revenir quelques minutes plus tard dans le salon. Elle éteignit le poste et déclara avoir quelque chose à montrer.
« Alors voilà ! On a décidé de rénover le sous-sol ! »
« Pourquoi faire ? On y va presque plus … » répliqua lentement Jasper.
« Oui mais ce n'est pas pour autant que ça doit rester comme ça ! Donc cette après-midi, Edward et moi avons travaillé sur le projet. Voici les planches conçues. »
Elles les déposa sur la tale basse, de manière à ce que tout le monde puisse voir.
« C'est super ! » s'enthousiasma Rosalie.
« J'aime bien aussi. » avoua Jasper.
« Edward tu es vraiment doué ! » surenchérit Carlisle, étonné du résultat.
« C'est toi qui l'a fait ? » demanda la blonde.
« Oui … » rougit-il.
« Cela servirait donc de salle de dessin, de musique et accessoirement de sport. » expliqua la mère de famille.
« Ah moi, je suis pour ! » déclara Rosalie.
« Et toi Jasper ? » demande Carlisle.
« Oui, pourquoi pas … Ca va peut-être me faire rejouer de la musique, qui sait ? »
« Parfait ! Emballé c'est pesé ! »
Edward ne pensait pas que les choses se passeraient aussi bien. En ce qui concerne Rosalie, il savait qu'il n'y aurait pas trop de problème, quelque soit la réponse de la jeune fille. Mais en ce qui concernait son jumeau, il avait eu quelques doutes. Il avait encore du mal à cerner ce dernier. Ses intentions étaient elles réellement pacifiques ? Il en doutait … Mais peut-être se trompait-il ! En tout cas, il était heureux. Il allait pouvoir rejouer du piano !
—
Tandis que le couple parental se glissait dans ses draps, quelqu'un frappa à la porte.
« Jasper ? »
Je peux venir ? »
« Bien sûr … Que se passe-t-il ? »
« Rien … J'aimerai dormir avec vous … »
« Un grand dâdet de dix-sept ans comme toi ? » se moqua gentiment son père.
Jasper rougit donc, prêt à repartir.
« Mais non, je plaisantais … Viens par là ! »
Le jeune homme ne se le fit pas redire à deux fois et rejoignit ses parents dans leur lit. Il savait pertinemment que ce n'était plus de son âge mais c'était comme ça … Il se mit au milieu du lit, la tête à cheval sur les deux oreillers. Il se cala contre sa mère de telle manière qu'il ne la gêne pas mais puisse entendre légèrement son coeur, et cola ses pieds aux jambes de son père. En à peine cinq minutes, il s'endormit, sans donner plus d'explications à ses parents. Ces derniers se regardèrent, perplexes, mais ne s'alarmèrent pas du cas de leur garçon, sachant que de temps en temps, celui ci avait besoin de ça. Chacun éteignit sa lumière de chevet avant de s'installer correctement. Ils se souhaitèrent une bonne nuit et s'endormirent comme des masses, le sourire aux lèvres.
Et voilà ...
Comme d'habitude, ne pas hésiter à me laisser un commentaire ! :)
Le prochain chapitre verra le retour de Katie. Retour qui déclenchera pas mal de changements … Retournement de situation ahah !
A bientôt
Kwycky
