Et voici le chapitre n°9 !

J'ai remarqué que vous étiez de plus en plus à suivre cette histoire, ce qui me fait énormément plaisir !

Merci pour les reviews laissé ou même les messages privés envoyés … Tous gentils :)


Disclaimer : Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux sortis tout droit de mon imagination.


Chapitre 9 (21/02/16)


En sortant de sa chambre ce matin là, Edward avait un mauvais pressentiment. Il décida de ne pas s'en formaliser et de descendre déjeuner. Arrivé en bas des escaliers, il salua Rosalie et Jasper qui se préparaient à partir en cours, puis se dirigea dans la cuisine. Comme d'habitude, Esmée lui avait déjà préparé son repas. Il n'avait plus qu'à s'attabler et à déguster. Il attrapa au passage le journal. Certaines de ses habitudes réapparaissaient. Il avait toujours aimé lire pendant qu'il mangeait. Bien sûr, avant c'était sur son téléphone, mais là, il n'en avait pas. Il ne mangea pas beaucoup, restant légèrement perturbé.

« Edward ? Bonjour ! Excuse moi mais va falloir te presser … Le Docteur SNOW a un léger contretemps et a avancé l'heure du rendez-vous à 09h30. »

Le jeune homme tourna la tête dans le but de trouver l'heure et tomba sur le micro-ondes qui indiquait qu'il était 08h20.

Mince, déjà ?!

« Pour être à l'heure il faudrait qu'on parte dans quarante minutes. »

« Si tôt ? »

« Comme elle est un peu prise de court, elle m'a demandé s'il était possible de t'emmener au parc de Port Angeles ? Ca lui raccourci le trajet. Ca te dérange ? »

« … Non. »

Elle lui fit un large sourire puis partit se préparer.

Eviter d'y penser, éviter d'y penser, éviter d'y penser … se répéta-t-il tel un mantra.

Tranquillement, il rangea le bazar qu'il avait mis puis monta finir de faire sa toilette. Il lui restait une bonne demie heure à vaquer à ses occupations. Il décida donc de lire le livre qu'il avait depuis son arrivée ici. D'habitude, il finissait ses lectures en une poignée de jours à peine. Au bout de quelques minutes, il souffla un grand coup, posa le livre sur son bureau et sans aucune délicatesse, se laissa tomber dans le fauteuil près de sa fenêtre. Il n'arriverait à rien aujourd'hui, il le sentait. Il laissa donc le temps s'écouler, sans rien faire. Vint le moment ou Esmée l'appela. Il prit la veste que Jasper lui avait dit de garder et se rendit dans l'entrée. Là, il se chaussa puis attendit que la maitresse de maison soit prête. Cinq minutes plus tard, la berline démarrait et s'engageait sur le chemin de la villa. Le trajet ne fut pas très long mais étant dans l'heure où les gens allaient travailler ou bien acheter leur pain, la circulation n'était pas aisée et c'est juste à l'heure qu'ils arrivèrent au point de rendez-vous. Edward décida d'attendre sagement dans la voiture, perdu dans ses pensées. Il n'entendit même pas Esmée sortir du véhicule afin de saluer son médecin.

« Bonjour Katie ! »

« Esmée ! Comment ça va ? »

« Bien merci ! »

« Que fait Edward ? »

« Il vous attend dans la voiture. Il est un peu ailleurs ce matin, je vous préviens. »

« On va voir ça … Vous allez faire quoi en attendant ? »

« Je vais aller voir un collègue dans son cabinet d'architecture. J'ai quelques plans à lui soumettre. »

« Très bien ! Normalement, je discute une bonne heure avec lui. Mais selon comment il coopérera aujourd'hui, je vous tiendrai au courant … »

« J'attendrai de toute façon ! »

Katie lui sourit. Elle s'approcha du véhicule et frappa contre la vitre. Elle put effectivement constater que l'adolescent était perdu dans ses pensées quand elle le vit sursauter. Il la regarda quelques secondes avant de se recomposer un visage neutre et d'esquisser un geste pour sortir de l'auto.

« Bonjour Edward. »

Il ne lui répondit pas mais lui accorda un regard fuyant ainsi qu'un timide sourire.

« Bon, je vous laisse ! A tout à l'heure ! ». Et elle partit.

Edward se retrouva donc seul avec Katie.

« On marche ? »

Il haussa des épaules. Ce qu'ils feraient lui importaient peu, en ce moment même, tout ce qui comptait était que cette journée se finisse le plus tôt possible.

« J'ai l'impression que quelque chose cloche, non ? »

« … Je sais pas trop … Je suis dans un de ces jours où on ne sait pas trop comment être. »

« Je vois. Tout est un peu un dilemme ? »

Il acquiesça vaguement de la tête.

« Raconte moi … »

« Je sais pas. J'ai juste un mauvais pressentiment. Ca doit pas être grand chose. Ce genre de truc c'est jamais très juste. »

Katie ne chercha pas à le forcer et changea de sujet.

« Alors, comment ça se passe chez les CULLEN ? »

« Plutôt bien. J'ai compris qu'ils seraient là pour moi. Et ça me fait du bien. »

« Je suis heureuse de l'entendre. Que fais-tu de tes journées ? Tu ne sors toujours pas ? »

« Si, l'autre coup je suis allé dans le jardin avec Rosalie. »

« Ah ? Raconte moi ! »

« Rien de bien excitant. On a regardé le couché de soleil. C'était beau. »

C'est vrai que ces moments là sont magnifiques, mais on a rarement le temps d'en profiter … »

« Mhh … »

« Et cette sortie au restaurant alors ? »

« Tu es au courant d'absolument tout ? »

« Edward, tu le savais que ça se passerait comme ça … »

« Oui mais quand même ! »

« Et en quoi est-ce que cela diffère de l'institut ? Là bas je te voyais tous les jours, j'étais au courant de tes moindres faits et gestes ! »

Edward ne répondit rien mais se rembrunit. Oui, au centre il était espionné en permanence. Mais quand même …

« Ecoute, la sortie au restaurant je suis au courant uniquement parce que Carlisle m'en a parlé. Il ne savait pas trop comment cette soirée ce passerait vis à vis de toi. »

« Je ne suis pas fou … »

Tu lui dis ça alors que tu te le répètes tout le temps ? Belle preuve de folie …

« Ce n'est pas ce que je dis … Et ce n'est pas le cas non plus. Mais comprends la situation. Tu venais d'arriver chez eux, la sortie incluait impérativement un trajet en voiture ainsi que de côtoyer du monde. »

« C'est bon, j'ai compris ! »

« Pourquoi tu es agressif ? »

« Je ne suis pas agressif ! » cria-t-il.

Le regard que Katie lui lança voulait tout dire …

Bon d'accord, il était peut-être sur les nerfs.

« Non mais … Faut me comprendre aussi ! D'un côté, on me fait confiance en me laissant sortir d'un centre pour débiles, mais d'un autre côté on me suit à la trace comme un chien le fait avec un chat. Ensuite on me fait croire que je suis réellement intégré dans une famille, famille qui me convient parfaitement, dans laquelle je m'y sens à ma place, qui me laisse un semblant de vie normale, et là on me montre à quel point je ne suis qu'un … Qu'un … RAH ! ». Il buta dans un caillou, l'envoyant valser à plusieurs mètres.

La psychologue ne releva pas la remarque du jeune homme à propos du centre, mais le garda dans un coin de la tête. Qu'Edward se diminue n'était pas bon. Elle attendrait de le voir faire réellement avant de lui expliquer que ce n'était pas le cas.

« Est-ce que tu te sens enfermé, Edward ? »

« Quoi ? Non ! »

« Dans ce cas, qu'est-ce qui ne va pas ? »

« Rien, mais … C'est que … J'ai juste envie d'avoir un semblant de normalité. »

« Ca ne peut pas se faire en deux minutes. »

« Je le sais, là n'est pas la question. Mais je n'ai pas envie de me sentir bien quelque part, pour finalement me rendre compte que je ne suis … Je sais même pas ! »

« Tu es perdu Edward, je le vois bien. »

« Non ! Jusqu'à ce matin, tout allait très bien. »

Katie le regarda.

« Vient, on va s'assoir un peu. »

Le jeune homme la suivit et ils s'installèrent à une table en bois. Le médecin était en face de son patient et l'observait.

« Qu'aimerais-tu, Edward ? »

« Retrouvé ma vie d'avant. »

« Je comprends, mais c'est impossible. »

« Merci de me le rappeler ! »

« Cependant, il est possible pour toi de faire des choses que tu faisais avant. Ca ne te plairait pas ? »

Edward ne répondit pas de suite mais se calma sensiblement.

« Bah en fait … »

« Oui ? »

« Bah … A la maison, on va refaire une pièce. Elle est au sous-sol. Je l'ai dessiné hier avec Esmée. Il y aura un piano et un chevalet. »

« Et tu aimes le piano et dessiner ? »

« J'en faisais beaucoup avant … »

« C'est super ça ! Avoir des repères entre ta vie d'avant et celle qui t'ouvre ses bras est bon. Tu vas pouvoir concilier le passé et le futur. »

« J'ai hâte ! »

« Il ne faut cependant pas aller trop vite. Inconsciemment, tu pourrai faire un blocage, et ce n'est vraiment pas ce que l'on souhaite, n'est-ce pas ? »

« Non. » admit-il.

« Sinon, tu ne m'as toujours pas raconté ta soirée de samedi ? »

Edward leva les yeux au ciel, pensif, et sourit.

« C'était bien … J'ai rencontré quelqu'un. »

« Ah oui ? C'est bien ! Rencontrer de gens te permettra d'avoir une vie sociale en dehors de la maison. Cela te facilitera aussi les choses quand tu retourneras en cours ! »

« Parce que je vais y retourner ? »

« C'est évident. »

« Quand ? »

« Je ne sais pas Edward. Cela peut-être dans un mois comme dans trois, ou bien pour l'année scolaire prochaine. »

« Mais … »

« Ne me dis pas que tu vas perdre du temps, tu as déjà une année d'avance. Et puis il me semble qu'actuellement ce sont uniquement les cours de reprise, non ? La véritable rentrée est dans un mois. Laisse toi le temps, d'accord ? »

Il hocha de la tête.

« Et donc, cette personne ? »

« Elle s'appelle Bella. »

« Elle ? »

Edward rougit.

« Ah ah ! »

« Quoi ? »

« Edward … »

« Je ne la verrai probablement plus alors … »

« Pourquoi dis-tu ça ? »

« Et bien … Je ne vais pas en cours, je ne connais personne ici, et ce n'est qu'une amie à la copine de Jasper … »

« Et alors ? Je sais pas si tu as vu mais la taille de Forks est équivalente à celle d'un petit pois ! »

Edward rigola. Il aimait cette complicité naissante entre lui et la femme qui s'occupait de lui depuis la tragédie qui avait bouleversé sa vie. Ce qui était bien avec elle, c'est qu'elle le prendrait comme il est.

« Ne pars pas défaitiste, d'accord ? »

« Ouais … »

« Tu as l'air de bien t'entendre avec les CULLEN … »

« Oui ! Ils sont très gentils avec moi. J'ai du mal à cerner Jasper … »

« J'ai cru comprendre qu'il s'agissait d'une jeune personne assez proche de ses parents. Il va s'habituer, ne t'en fais pas. »

« Depuis notre toute première conversation il a été plutôt sympa avec moi. Il m'a prêté des vêtements. »

« C'est ce que je vois ! Il faudrait peut-être que tu investisses, non ? »

« Et comment ? »

« Peut-être serait-il bon d'en parler à Esmée et Carlisle ? »

Edward repensa à la conversation qu'il avait eu la veille.

« Laisse les adultes gérer » lui avait expliqué Carlisle.

« Je verrai … » lui sourit-il.

« On va rejoindre Esmée ? »

Ils se levèrent donc et cherchèrent le fameux cabinet de design.

« Je crois savoir où c'est, elle m'en a parlé en voiture. »

« Comment se passent tes trajets en voiture ? »

« Moins j'en fais, mieux je me porte. Mais ils font tout pour que ça se passe bien, je le vois. Et leurs efforts paient d'ailleurs ! »

« C'est bien … »

Après quelques minutes de marche, ils atterrirent enfin devant la petite boutique. Ils n'entrèrent pas, ne voulant pas déranger, et continuèrent de parler. A cet instant, Edward avait plus l'impression d'être face à quelqu'un qu'il pouvait considérer comme étant son amie que comme un médecin qui cherche à lui disséquer le cerveau dans tous les sens pour en connaitre les moindres recoins : tout de sa vie et de comprendre son fonctionnement. Il exagérait. Il le savait. Mais jusque là, il avait toujours eu une faible opinion du personnel mental. Esmée les rejoint dehors quelques minutes plus tard.

« Vous avez fini ? »

« Effectivement. Je dois vous laisser, l'institut m'attend … Pour une prochaine séance, j'aimerai qu'on se revoit jeudi ? »

« Ca me convient. » déclara Esmée.

« Edward ? »

« C'est pas comme si j'avais quelque chose de prévu de toute façon. »

« Parfait ! A jeudi alors … Encore merci du déplacement Esmée. »

« C'est normal. » lui sourit-elle.

Ils se séparèrent donc.

« Bien ! Est-ce que ça te dérange si on passe au supermarché en rentrant ? J'ai quelques affaire à acheter … » lui demanda-t-elle.

« Allons-y. »

Ils repartirent donc en direction de la voiture. Alors qu'ils y arrivaient, ils aperçurent Katie quitter son stationnement. Sur le chemin, la voiture fut silencieuse. Seule la musique venait perturber la tranquillité de l'habitacle. Le supermarché était à mi chemin entre la maison et Port Angeles.

« Si tu as besoin de quelque chose, n'hésite pas, d'accord ? »

Il lui sourit simplement.

En entrant dans le magasin, Edward se sentit quelque peu étouffé.

Personne ne travaille, ou bien ?! pesta-t-il.

Il décida donc de rester près d'Esmée. Cette dernière se rendit compte du malaise qui habitait le jeune homme et tenta de le détendre le plus possible en lui parlant de tout et de rien. Finalement, elle l'emmena au rayon lecture, regardant ce que le magasin proposait.

« Est-ce que tu le veux ? »

Plongé dans la lecture du résumé d'un livre qu'il avait dans les mains, Edward n'avait pas fait attention au fait qu'Esmée soit revenue vers lui. Il sursauta donc et faillit lâcher le livre.

« Excuse moi … » lui dit-elle.

Il lui sourit pour la rassurer.

« Alors ? »

« Et bien … »

Esmée n'en attendit pas plus et prit l'ouvrage de ses mains afin de le poser dans son sac de courses. Elle le regarda avec des yeux pétillants et lui demanda s'il avait besoin d'autre chose.

« Est-ce que vous avez un carnet à la maison ? Katie m'a demandé d'écrire … »

« Je pense que Rosalie ou Jasper doivent en avoir un, mais dans le doute, on va t'en acheter un ! »

« Oh, non, ce n'est pas nécéssaire ! »

« Edward … Je sais pertinemment que tu dis cela parce que c'est moi qui vais l'acheter. Je t'ai à ma charge, je te dois le gite et le couvert. S'il te faut quelque chose, dis le moi, ça ne me dérange pas ! »

Le jeune homme ne répondit rien.

Lorsqu'ils sortirent du magasin, le repas du midi acheté ainsi que quelques fournitures, Edward ne manqua pas de remercier pour la centième fois la jeune femme.

En rentrant, la maison était calme. Carlisle ne serait pas présent avant tard le soir, Rosalie et Jasper dormait chez des amis. Enfin, des amis … C'est ce qu'ils avaient dit devant leur père, mais Esmée n'était pas dupe. Ces amis s'appelaient sans aucun doute Emmett et Alice.

« Je dois travailler un peu, cet après-midi. Tu sauras t'occuper seul ? »

« J'ai de la lecture ! »

Elle lui sourit et s'en alla dans la cuisine réchauffer le repas du midi.
Edward se fit la remarque qu'Esmée souriait tout le temps, mais si elle venait à ne pas le faire, cela lui manquerait.

Le repas passé, Esmée partit dans son bureau, dont elle ne ferma pas la porte complètement, tout en lui disant qu'il ne devait pas hésiter à venir la rejoindre. Edward s'en alla dans sa chambre avec la ferme intention de finir le livre commencé la semaine précédente. Il s'installa sur son lit, assis en tailleur, et commença à lire. Au bout de deux heures de lecture, il arriva enfin à la fin du récit. C'est soulagé qu'il ferma le livre. Il était un peu sceptique quant à la fin de l'histoire mais le livre en lui même lui avait bien plu. Tout en allant dans l'office de Carlisle pour ranger l'ouvrage, il fit un passage express par la cuisine afin de se servir un verre de lait. Une fois rassasié, il remonta. En passant devant le bureau d'Esmée, il l'observa travailler quelques instants. Il n'aimait pas la voir seule. Peut-être pourrait-il venir lire avec elle ? Sa résolution prise, il retourna dans sa chambre, s'empara de son nouveau bien et retourna vers le bureau. Il toqua légèrement à la porte et la brune releva la tête. Une fois de plus elle lui sourit gentiment et Edward n'hésita pas à lui demander s'il pouvait rester avec elle pour lire.

« Bien entendu ! »

Alors qu'elle reprit son travail, il s'assit sur le transat d'intérieur présent vers la baie vitrée. A côté était disposée une table basse sur laquelle un petit bol transparent laissait apparaitre des sucreries. En tendant le coup il put voir qu'il s'agissait d'Arlequins.

Mince … J'adore ça …

Ne résistant pas à la tentation, il tendit la main et en prit un. La sucrerie au goût de banane commença à fondre dans sa bouche. Il adorait ça … Il commença donc sa lecture. Le livre le passionna vite, mais cela ne l'empêcha pas de s'endormir.

Lorsqu'il se réveilla, il faisait sombre. Son livre avait été posé sur la table basse et il était recouvert d'un plaid. Il se leva et plia ce dernier. Alors qu'il allait ranger son livre dans sa chambre, la sonnette de la maison retentit. Il entendit vaguement Esmée aller ouvrir. Voulant la rejoindre, il se figea cependant en haut des escaliers. Dans l'entrée se tenaient deux agents de police.

Que veulent-ils ?

Il se força à ne pas céder à la panique.

Ca ne servirait à rien.

Quand il vit Esmée porter sa main à sa bouche et se tourner vers lui, il sut que quelque chose n'allait pas. Elle indiqua la direction du salon aux deux agents et le rejoint.

« Edward mon Chéri, tout va bien aller, d'accord ? »

« Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qu'ils veulent ? »

« Ils souhaiteraient te poser des question à propos … A propos de l'accident … »

« Quoi ? Mais pourquoi ? J'ai déjà répondu à l'hôpital. »

« Calme toi, ce n'est sûrement pas grand chose. Il ne faut pas tirer de conclusions hâtives. Je vais appeler Carlisle et il va rentrer. Nous aviserons ensuite. ».

Elle lui serra légèrement la main avant de redescendre pour passer son coup de téléphone.

Il continua son chemin et se retrouva devant le salon.

« Edward MASEN ? » lui demande le premier policier.

Il hocha simplement la tête.

« Nous aurions quelques questions pour vous. »

« J'ai déjà répondu deux fois. »

« Oui, mais ce coup-ci, nous avons des raisons de croire que ce n'était pas un accident. »

Ce fût la douche froide. Edward resta là, stoïque. Les yeux écarquillés au possible, il peinait à continuer de respirer calmement.

« Expliquez-vous ! ». Sa voix était faible.

« De quoi vous souvenez-vous ? »

« J'ai déjà tout raconté ! »

« S'il vous plait, répondez … »

« On roulait. Un chauffard a griller le feu rouge et nous a foncé dessus. Fin de l'histoire. Je ne vois pas ce que vous voulez savoir de plus ! » s'agaça-t-il.

Alertée par le bruit, Esmée revint.

« Que se passe-t-il ? »

« Madame, nous avons absolument besoin de savoir ce qu'il s'est passé ce soir là, avec le plus de détails possible. »

« Mais pourquoi ? »

« Il ne s'agissait peut-être pas d'un accident. »

Esmée fût choquée.

« Edward, Carlisle est en chemin. Ca va aller, d'accord ? »

Il était perdu. Elle le voyait bien et le comprenait surtout.

« Va t'assoir. Quelqu'un veut boire quelque chose ? »

Personne ne pipa mot. Elle repartit donc en cuisine où elle s'affaira à préparer un chocolat chaud pour le jeune homme et deux cafés pour les agents. Quand elle angoissait, elle cuisinait. C'était aussi simple que ça. Et puis à ce moment, elle pensait à Edward.

Comme s'il avait besoin de ça maintenant …

A son retour au salon, rien n'avait changer. Elle déposa les boissons sur la table basse et s'assit à côté d'Edward, lui tenant la main.

« Raconte leur Edward … Plus vite ce sera fait, plus vite tu pourras être tranquille … »

Elle ne savait pas vraiment comment s'y prendre, mais dans tous les cas le policiers ne partiraient pas avant d'avoir eu leurs réponses. Et même si tel était le cas, ils recevraient une convocation dans les jours suivant pour des explications en bonne et due forme au poste.

« Je ne me rappelle pas de tout … ». Son regard était rivé sur autre chose que le personnes présentent dans la pièce.

« Le plus détaillé possible nous ira. »

« Nous rentrions de courses. On était au carrefour de Main Street, peu avant l'autoroute. Le feu était vert pour nous. Il y a eu des klaxons, des gens qui hurlaient. La voiture a fait une brusque embardée sur le côté, tentant d'éviter une collision. Seulement, on a quand même été touchés. Une voiture fonçait droit sur nous. Il faisait noir, je ne voyais pas bien, les phares m'éblouissaient. Je sais que c'était une voiture de marque. Jaguar peut-être. Le crash eu lieu, et je ne me souviens plus de rien avant mon réveil à l'hôpital. »

« Peux-tu essayer de te souvenir de la couleur de la voiture ? »

« Il faisait nuit … Il me semble que c'était assez foncé … Bleu peut-être, je ne saurai dire. »

« Foncée … »

Le second policier n'intervenait jamais, mais les fixait. On aurait dit qu'il les passait au crible afin de déceler le moindre mensonge. C'était plutôt déroutant …

Aucune autre question ne put être posée, quelqu'un pénétrait dans la maison.

« Esmée ?! »

« Nous sommes au salon. »

Carlisle entra dans la pièce. Il paraissait essoufflé.

« … Bonsoir … Je peux savoir ce qu'il se passe ? »

« Nous avons besoin d'interroger ce jeune homme pour l'enquête sur la mort de ses parents. »

« Vous pourriez pas être un peu plus délicat ? » railla le médecin.

« J'ai besoin de réponses. »

« Oui, et ce jeune homme a besoin de stabilité. »

« Nous avons fini. »

« Attendez ! » intervint Edward. « Je veux savoir ce qu'il se passe. »

« Nous pensons qu'il ne s'agit pas simplement d'un accident mais d'un homicide volontaire. »

L'ambiance de la pièce de figea. Carlisle se statufia, Esmée arrêta de respirer et Edward perdit pieds.

« Pardon ?! Vous vous … Vous vous fouttez de moi … ?! »

Personne ne répondit.

Edward se leva et commença à faire les cents pas.

« Assassinés ? … Comment est-ce possible … Qui ? »

« Nous ne savons pas encore. Mais votre témoignage nous permettra de réduire le chant de recherche. »

« Oh mon dieu … Oh mon dieu … »

« Edward … »

« Tués … On a voulu nous tuer … Tous nous tuer … »

« Messieurs je crois qu'il serait mieux que vous partiez. » leur demanda Esmée alors que Carlisle tentait de calmer le jeune homme.

« Edward écoute moi … »

« Qui ? Qui a bien pu faire ça ? »

« Edward ! »

Le jeune homme sortit de sa transe.

« Ecoute moi ! »

Son regard se fixa à celui de Carlisle.

« Ce n'est qu'une supposition pour l'instant, ils n'en sont pas certains. Donc avant de paniquer, on va relativiser. »

« Pourquoi ils en parlent alors ? Et si c'est faux ? Je ne veux pas en entendre parler ! Je veux pas ! »

« Chut … Calme toi … » Carlisle s'approcha et l'emprisonna dans une étreinte serrée.

« Nous verrons, d'accord ? Demain j'appellerai le Shérif. Ok ? »

Il sentit Edward hoché de la tête. Lorsqu'Esmée s'approcha, il lui chuchota :

« Appelle Katie et préviens la. Je vais le monter en haut. »

« Et le repas ? »

« Il n'avalera rien. Prépare nous un petit encas, il faut rester avec lui. »

Sa femme partit et il entraina Edward dans les escaliers. Le jeune homme était effondré. Le faible équilibre qu'il avait réussi à construire jusque là se fissurait.

« Edward ? Edward j'ai besoin que tu te mettes en pyjama. »

Il s'écarta légèrement de lui. Son visage était rouge, quelques veines ressortaient au niveau des tempes, signe de la grande tension qu'habitait l'adolescent. Carlisle l'aida à enfiler son ensemble et se dirigea dans sa propre chambre. Il récupéra au passage la peluche que le garçon avait tenté de dissimuler quelques jours plus tôt, sans succès. Il l'allongea dans son lit. Les draps frais le firent frissonner. Il lui donna son lapin et attendit que sa femme ne monte. A l'arrivée de celle-ci, il lui demanda de rester avec lui et s'en alla dans son bureau. Il récupéra son nécéssaire médical puis s'empressa de remonter. Il prit au passage son téléphone portable. Il faudrait prévenir Rosalie et Jasper. Dans la chambre, Esmée rassurait tant bien que mal le jeune homme. Elle l'avait installé dans ses bras, la tête nichée dans son précieux, sa main faisant des cercles dans ses cheveux. Carlisle profita de la position d'Edward pour l'ausculter.

« Sa tension est élevée, il faut qu'il se détende. »

« Edward ? Edward regarde moi. » tenta-t-il d'attirer son attention.

« Tu as mal à la tête ? »

Ce dernier haussa les épaules. Carlisle soupira mais remarqua que ses yeux étaient brillants.

« Tiens, prends ça, ça va t'aider à te relaxer et faire passer ta migraine. »

« Je suppose que tu n'as pas faim, mon Chéri ? »

Pour toute réponse, il tourna encore plus la tête et ferma les yeux.

« Va te changer Carlisle, je reste avec lui. »

Et il fit ce qu'elle lui dit. Quand Esmée l'avait appelé, il était en train de remplir des dossiers à l'accueil. C'était le directeur de l'hôpital en personne qui était venu le prévenir que sa femme tentait de l'appeler et qu'il s'agissait d'une urgence. Une fois qu'il eut mis au courant les gens l'entourant, ces derniers lui avaient dit de ne pas s'inquiéter et d'aller s'occuper de la situation. La présence des deux policiers lui avaient fait froid dans le dos. Une fois de plus, il se revoyait à l'époque où Jasper avait fugué. Inconsciemment, il avait eu peur. Il se passa un coup d'eau froide pour chasser ses souvenirs sombres et s'en alla rejoindre sa chambre. En entrant, il vit que le jeune homme s'était endormi. Le cachet qu'il lui avait donné servait également de léger sédatif. Sa femme put se dégager tranquillement. Il prit sa place alors que celle-ci allait se changer à son tour. Au retour de cette dernière, qui fut d'ailleurs rapide, ils mangèrent ce qui avait été préparé.

« Qu'allons-nous faire Carlisle ? »

« Etre là pour lui … Il n'y a que ça à faire ! »

« Le pauvre … Comme s'il avait besoin de ça … »

« Ne t'inquiète pas, ça va aller. D'accord ? »

Esmée vit qu'il essayait aussi de se rassurer, mais ses paroles l'aidèrent tout de même. Alors qu'elle posait le plateau repas par terre, elle éteignit la lumière. Elle vit Carlisle se lever, et posa un regard interrogateur sur lui. Il fouilla dans un tiroir et en sortit une petite veilleuse.

« Sait-on jamais … »

Son épouse lui sourit et s'installa correctement.

Ils passèrent ainsi la nuit, chacun entourant Edward, et rassemblant tout son courage et aplomb pour épauler l'adolescent dans cette nouvelle épreuve.

La journée avait pourtant bien commencé …


Et voilà !

Comme d'habitude, j'espère que cela vous aura plu … N'hésitez pas à laisser un commentaire !

Ma rentrée est demain matin, donc le prochain chapitre arrivera Vendredi !

Passez une bonne semaine ;)

A bientôt

Kwycky