Me voilà de retour après une très longue absence et j'en suis désolée. Ce chapitre ne me laisse pas totalement satisfaite mais je ne sais pas trop quoi changer. En tout cas bonne lecture et merci beaucoup aux revieweuses !

Mouche, la raclette avec des chips c'est pas trop mal –j'ai testé, même si c'est effectivement un peu bizarre

15. Une équipe de choc : les quatre fantastiques

Quelques jours plus tard

POV Rosalina

-J'en ai marre !, grogne Cassie en s'écroulant sur un fauteuil dans la salle commune.

Je lève les yeux de mon livre de Métamorphose et la dévisage, attendant la suite qui ne tarde pas à venir.

-Ca fait des jours que Tweedle-Dee et Tweedle-Dum enquêtent sur cet immonde Serpentard et elles n'ont toujours rien trouvé ! Je commence réellement à désespérer !

-Rien du tout ?, interroge-je, surprise. Ce n'est pas normal, lorsqu'il s'agit de secrets tu peux être sûre qu'elles sauront te dégoter quelque chose.

-Après tout il n'y a peut-être rien à trouver, intervient Bethany.

-Non, au contraire, contre-je. Si Elles n'ont rien trouvé, c'est qu'il cache un truc bien croustillant, au point qu'il n'en parle à personne, pas même à ses amis.

Cassie me lance un regard malicieux que je lui retourne sans hésitation.

-Il était temps que tu reprennes du service. Je trouve que tu commençais à t'adoucir, rit celle-ci.

-Dilana ? Un conseil quand à l'endroit où nous pourrions commencer nos recherches ?

-Il paraitrait que l'école possède le dossier personnel de chaque élève… Par contre l'Histoire de Poudlard ne dit rien quand à la localisation exacte de ces archives, répond Di.

-Mince… Et il n'existe pas des gens qui connaissent cette école comme leur poche ?, interroge Cassie en se tournant vers Lily.

-Quelqu'un parle de moi ?, demande Sirius avec un air séducteur en réquisitionnant un divan pour lui seul.

Les autres Maraudeurs suivent et je remarque que Bethany adresse un grand sourire à Pettigrew qui s'assoit à côté d'elle. Je fronce les sourcils mais n'ai pas le temps de m'interroger sur cette nouvelle relation que Cassie bombarde Black de questions à propos de ces mystérieuses archives.

-Des archives ? Je sais pas, qu'est-ce que j'y gagne, moi, dans cette affaire ?

-Tu évites de te prendre la correction la plus magistrale de toute ta misérable vie !, rétorque la brune.

-TssTss, ne m'attaque pas de la sorte où tu ne sauras jamais où elles se trouvent. Qu'est-ce que tu veux y faire ?

-Ca ne te regarde pas, fais-je remarquer froidement.

-Blackwood ! Ma si charmante et délicieuse cavalière ! Alors comme ça tu es dans le coup, toi aussi ? Fais attention, tu pourrais te casser un ongle !

-Rose, ce n'est pas le moment !, coupe Cassie alors que je m'apprête à répliquer. Qu'est-ce que tu veux en échange ?

-Rien !... Enfin pour le moment du moins ! Vous aurez toutes les six une dette envers moi ! C'est-à-dire que je pourrais vous demander ce que je veux, quand je veux !

-Hors de question !, s'écrie Lily.

-Je t'avoue que cette idée ne me plaît pas trop non plus, intervient Dilana.

-Ne t'en fais pas Petite Bigleuse, je n'abuserai jamais de toi, et ce de quelque manière que ce soit !

-Patmol ! Ca suffit, arrête de l'envoyer promener sans arrêt !, lance Lupin.

-Oui, écoute ton copain, ou sinon tu risques bien d'en perdre un autre…

Je ne peux m'empêcher de sourire à la menace à peine voilée. Potter blanchit instantanément, comprenant qu'il est concerné ainsi que le plan pour séduire Lily. Dilana commence à développer un certain sens de la répartie et ce n'est pas plus mal. Elle adresse un sourire tout ce qu'il y a de plus innocent alors que Black se renfrogne et que les filles, excepté la préfète, rient doucement et que Lupin lui-même ne peut s'empêcher de sourire devant la mine de ses amis.

-Bon, nous avons un deal, oui ou non ?, grogne Black, mécontent.

-Nous avons un deal, sourit Cassie en serrant la main qu'il lui tend.

Le soir, nous sommes les derniers encore présents dans la salle commune. Potter et Black se lèvent et se dirigent vers la sortie en nous faisant signe de les suivre.

-Bonne chance, nous encourage Dilana en levant les yeux de son livre.

Nous lui sourions en retour et rejoignons les garçons. Potter sort un tissu de son sac qu'il s'empresse de déplier.

-Alors, on a peur ?, demande Black avec un sourire en coin.

-Tu nous prends pour qui ?, réplique-je froidement. Ne me dis pas que c'est ce à quoi je pense ?, continue-je, stupéfaite.

-Si ce à quoi tu penses est bien la cape d'invisibilité, alors oui ! Enfin, tu nous prends pour qui ?, rétorque Black en m'imitant. Maintenant ma jolie, viens te serrer tout contre moi !

Il me lance un regard séducteur et joue des sourcils alors que je grimace et me glisse sous la cape en tâchant de mettre un maximum de distance entre lui et moi.

Nous avançons tout de même relativement vite, et, après un enchaînement de couloirs et d'escaliers, parvenons enfin devant une porte en bois foncée. Potter lance un simple Alohomora et celle-ci s'ouvre sans un bruit.

-C'est trop facile, sourit Black.

Une fois à l'intérieur, nous enlevons rapidement la cape et Cassie se précipite vers les casiers les plus proches.

-Bon je prends ceux-là, je propose que chacun se choisisse un secteur de recherche, impose-t-elle avec autorité.

-Ecoute chérie, nous, on vous a simplement amené ici, il n'était pas question qu'on vous aide à quoi que ce soit d'autres. En plus on ne sait même pas ce qu'on cherche !

-Tu as dis ''on'' Black, fais-je remarquer innocemment. Tu n'as qu'à chercher la date de votre arrivée à Poudlard et ensuite la lettre J.

Ce dernier me regarde sans un mot, puis finit par pousser un grognement et se mettre au travail.

Une heure plus tard, nous n'avons toujours rien trouvé. Celui qui a rangé ses dossiers devait avoir plus qu'un verre de Whisky Pur Feu dans le pif… Cassie a commencé à grogner cinq minutes à peine après que nous ayons commencé les recherches –la patience n'étant vraiment pas son fort, et elle n'a cessé de le faire à intervalles de temps régulier, bientôt suivie par Black qui s'est vite découragé. Potter est le seul à avoir tenu un peu plus longtemps, mais il commence également à en avoir marre.

Finalement je tombe par hasard sur le dossier recherché et je me redresse rapidement en poussant un cri de triomphe, qui se transforme vite en cri de douleur après que ma tête ait malencontreusement heurté le tiroir du dessus que j'avais oublié de refermer.

Cassie se précipite vers moi et me l'arrache des mains, souriant d'une manière un peu sadique, ne se souciant nullement de ma pauvre boite cranienne.

-Bon, maintenant que vous avez le fichier de Jedusor -ne me regarde pas comme ça Princesse, je ne suis pas aussi stupide que ce que tu penses, je propose que nous remettions tout en place et que nous regagnions nos dortoirs où je pourrais profiter d'une bonne nuit de sommeil bien méritée !

Potter acquiesce mais tous deux se figent soudainement.

-Oh merde… Vite sous la cape !, souffle le premier alors qu'il me semble avoir entendu le miaulement d'un chat.

-Qu'est-ce qu'il y a Miss Teigne ? Y aurait-il des intrus dans les archives ?, demande une voix grinçante.

-Il parle vraiment à son chat ?, pouffe Cassie.

-C'est pas le moment, siffle-je.

Nous nous déplaçons doucement le long du mur et faisons le tour de la pièce alors qu'un homme apparaît dans l'encadrement de la porte. Il jette un coup d'œil rapide dans la salle et s'apprête à repartir lorsqu'il aperçoit un tiroir non-refermé.

Black siffle et jure à voix basse alors que Potter nous presse d'avancer. Nous atteignons finalement la porte que nous franchissons sans nous faire repérer. Malheureusement je n'aperçois pas le chat qui monte la garde et trébuche dessus. L'animal feule et son maître rapplique tout de suite.

-Bon, commence Black en se pinçant l'arrête du nez. Je crois qu'il ne nous reste plus qu'à… COURIR !

A ces mots, mon corps bondit instinctivement en avant et nous détalons tous en direction de la tour des Gryffondors, enlevant la cape qui nous gène plus qu'autre chose. Nous piquons un sprint assez impressionnant et je doute que le concierge parvienne à suivre notre rythme. Je remercie silencieusement mes parents qui m'ont obligée à faire du sport, parce qu'il faut ''un esprit sain dans un corps sain'' et l'école de Beauxbâtons pour ses cours de danse intensifs.

Nous arrivons finalement en vue du tableau et Potter hurle le mot de passe. La Grosse Dame s'apprête à répliquer mais elle remarque que nous ne ralentissons pas l'allure et s'ouvre avec empressement juste au moment où nous allions la heurter de plein fouet. Nous finissons par nous écrouler dans les fauteuils et après un court silence où nous nous regardons, hors d'haleine, nous éclatons de rire.

Au bout de quelques minutes nous nous calmons et Potter demande en désignant le dossier que Cassie tient toujours à la main :

-Alors qu'est-ce que tu attends pour l'ouvrir ?

Elle ne se fait pas prier et se précipite alors que je m'assois à ses côtés. Nous fixons le contenu, incrédules.

-Bon alors, qu'est-ce que ça dit ?, s'impatiente Black.

-Rien ! Il n'y a rien !, crie Cassie avec fureur.

-Quoi ? Fais voir !

Je leur tends le dossier vide alors que mon amie hurle de plus en plus fort.

-Tout ça pour rien ! On aurait pu se faire attraper, avoir des heures de retenues, des travaux supplémentaires, une lettre pour nos parents, et tout ça, pour rien !, finit-elle en soufflant et en s'enfonçant dans son fauteuil, abattue.

Comme si une heure de retenue lui avait déjà fait peur…

-Il doit forcément y avoir un sortilège, fais-je remarquer. Mon père en utilise pour ses dossiers confidentiels, il suffit juste de trouver lequel.

Elle relève la tête et me regarde avec une lueur d'espoir.

Le lendemain, au petit-déjeuner, nous discutons des possibles sortilèges qui pourraient avoir été utilisés.

-Peut-être que c'est un papier spécial qui ne se dévoile que si la bonne personne le touche, suggère Dilana.

-Et ce serait contournable ?, demande Evangéline.

-Ca dépend, mais si c'est Dumbledore qui s'est chargé de sécuriser cet endroit il y a peu de chances qu'on y parvienne…

-A-t-on besoin d'un sorcier aussi puissant comme directeur ?, rouspète Cassie.

-Au fait, tu as prévu quoi pour te venger ?

Elle se tourne vers moi avec un grand sourire.

-J'hésite encore, il faudrait que tu me donnes ton avis. J'ai deux ou trois plans qui pourraient convenir à merveille mais je n'arrive pas à me décider.

-Tu n'as qu'à tous les mettre en œuvre !

-Pourquoi pas ? Après tout il l'a bien mérité !

Nous échangeons un regard complice puis nous levons afin de rejoindre notre premier cours. J'entraîne Bethany un peu à l'écart du groupe et demande :

-Dis-moi, il se passe quoi entre Pettigrew et toi ?

-Rien, pourquoi ?

Je hausse un sourcil, pas convaincue du tout.

-On est juste amis, je ne vois pas où est le mal !

-Ce que je vais dire va peut-être te paraître bizarre venant de moi mais, s'il te plaît ne noie pas ton chagrin en sortant avec lui !

Elle me regarde en clignant des yeux, éberluée, avant d'éclater de rire.

-Tu n'es pas sérieuse ? Tu te rends compte du ridicule de cette phrase ?

-Je sais, j'ai honte, par pitié oublie ça !

-Rose ! Je te promets que je n'ai absolument pas l'intention de sortir avec lui ! On est juste amis, il m'a consolé quand j'étais mal à cause de Neville, c'était gentil.

-Tant mieux ! Je dois dire que ce gars remonte un peu dans mon estime !

POV Dilana

Je me dirige en compagnie de Remus vers le cours d'Arithmancie, nous discutons des éventuels sortilèges qui permettraient de faire apparaître le contenu du dossier.

-Silence s'il vous plaît ! Bien, aujourd'hui je souhaite vous proposer un travail que vous effectuerez par groupe de deux. Vous devrez présenter oralement les propriétés magiques d'un chiffre que vous aurez tiré au sort. Toutes les heures de cours seront consacrées à ce projet, et si ce n'est pas suffisant, vous devrez poursuivre pendant votre temps libre.

Les élèves soupirent et râlent je dois bien avouer que je ne suis pas très enthousiaste non plus. Ce n'est pas tant l'idée de faire des recherches en dehors des cours, mais plutôt le fait que je ne sois absolument pas à l'aise à l'oral : je bafouille, je rougis, je m'emmêle dans mes feuilles, je bégaie, je fais tout tomber, enfin une véritable catastrophe quoi.

-Serais-ce de l'inquiétude que je lis sur ton visage ?, demande Remus, un sourire un peu moqueur aux lèvres. Est-ce seulement possible qu'un travail te fasse peur ?

Son rictus m'irrite profondément et j'ai bien envie de lui lancer une répartie cinglante à la figure mais rien ne vient…

-Je déteste parler en public, avoue-je finalement.

-Et que sommes-nous exactement en train de faire ?, rétorque-t-il, tentant de faire de l'humour.

-Sirius, sors de ce corps !, lance-je après quelques secondes de surprise.

-Mais c'est que tu serais presque drôle !, ricane-t-il.

-Je peux savoir ce qu'il t'arrive ?, interroge-je, ébahie par ce soudain changement de caractère.

Il me regarde quelques instants en silence. De grandes cernes violettes entourent ses yeux dont les pupilles sont à tel point dilatées qu'il ne reste presque plus rien des habituelles iris dorées. Je le fixe, hypnotisée et terrifiée à la fois. Au bout d'un moment, il finit par soupirer, puis il passe sa main devant son visage et se détourne.

-Excuse-moi, je crois bien que je me suis levé du mauvais pied…

J'hoche la tête dans le vide et reporte mon attention sur le professeur qui explique les différents points qu'elle s'attend à retrouver dans notre travail. Elle nous demande finalement de nous répartir en groupes et je me tourne vers mon voisin avec hésitation. Il me lance un pauvre sourire désolé :

-Tu sais, tu n'es pas obligée de travailler avec moi. Je peux comprendre…

-Non, non, ça ne me dérange pas !, le coupe-je en rougissant un peu.

Son sourire devient un peu plus sincère.

-Alors je t'en prie, honneur aux dames !

Je tends donc la main vers le petit panier où se trouvent les différents chiffres que le professeur nous propose d'étudier.

POV Bethany

Je me dirige sans entrain vers la salle de potion où Neville m'a donné rendez-vous. Je vais devoir passer deux heures à travailler avec lui à propos du projet que Slughorn nous a demandé de faire et je dois bien avouer que je m'y rends à reculons.

Peter m'a gentiment accompagné jusqu'à l'entrée et il me lance un sourire amical.

-Je suis sûr que tout se passera bien, tu verras !

Il me laisse après m'avoir souhaité bonne chance, et je pénètre en soupirant dans la pièce. Les autres filles ne sont guère plus enthousiastes que moi à l'idée de ce projet, à l'exception de Dilana qui adore travailler, et étrangement d'Evangéline. D'ailleurs je trouve qu'elle a changé depuis quelques temps, elle sourit 24 heures sur 24 et laisse de plus en plus souvent lâchés ses magnifiques cheveux de Vélane, attirant les regards appréciateurs de la plupart des garçons. Elle fait également plus attention à son apparence et il lui arrive de s'éclipser pendant quelques heures avant de revenir encore plus souriante. Rose et Cassie ont bien essayé de lui tirer les vers du nez mais à chaque fois elle se contente de rire puis de changer de sujet.

Neville se tourne vers moi, mal à l'aise, et je résiste à l'envie de partir en courant, me remémorant les paroles d'encouragement de Peter.

-Bonjour Neville.

-Bon-bonjour, Beth-any.

-Alors, tu as déjà réfléchis à une potion que nous pourrions préparer ?, demande-je poliment.

Il bafouille, rougit, re-bafouille, re-rougit, ouvre son livre, le fait tomber, se baisse pour le ramasser, se relève, se cogne la tête contre la table, laisse tomber le livre, se frotte la tête en gémissant.

Je le regarde faire, interdite et très peu disposée à lui venir en aide, puis finit par éclater de rire. Il me lance un regard peiné, et je me sens honteuse. J'ai toujours veillé à ne pas me moquer de lui, par sympathie.

Pour me rattraper je ramasse le livre et le pose entre nous deux. Nous feuilletons les pages du manuel avant de finalement nous mettre d'accord sur la potion de chance, le Felix Felicis.

POV Rosalina

-Je me disais, commence Dilana en nous rejoignant à la table des Gryffondor. Que si jamais la page est bien protégée par un sort qui empêche quiconque de voir son contenu exceptée la bonne personne, peut-être qu'en utilisant du Polynectar vous arriveriez à le contourner ?

Je dois bien avouer que je suis littéralement scotchée !

-Je savais bien que ton intelligence nous servirait un jour à quelque chose d'utile !, s'exclame Cassie avec enthousiasme.

Dilana fronce légèrement les sourcils puis finit par hausser les épaules et se désintéresser de la conversation pour plonger dans un livre.

-On est en train d'en préparer pour le projet de potion avec Jedusor ! Il devrait être prêt dans un mois normalement !

-Quel paradoxe, il t'aide à trouver ses propres faiblesses, fait remarquer Evangéline. C'est diabolique.

-Je sais mais c'est ce qui est encore plus génial !

-Et ton plan pour te venger, ça avance ?, demande-je.

-Pas vraiment. Les méthodes habituelles comme le faire tomber dans les escaliers, changer sa couleur de cheveux, répandre une horrible rumeur ou d'autres choses du même style ne l'affecteraient pas. Alors je ne sais pas…

Elle s'arrête brusquement de parler et semble réfléchir, puis :

-Tu sais quoi ? On va y aller en free-style, pénétrer dans son dortoir et improviser ! Aller, lève-toi, on y va !

Elle m'entraine vers le Hall d'entrée et alpague deux filles de Beauxbatons.

-Charlotte, Marie ! On doit parler ! Maintenant !

Elles suivent sans protester, de toute façon personne n'aurait même jamais l'idée de contester un ordre de Cassie.

Je comprends enfin où elle veut en venir lorsque je remarque la couleur de leurs écussons.

-Donnez-nous vos vestes, vos cravates et le mot de passe de votre salle commune.

-Oui, bien sûr ! Quoi d'autres ?, demande Charlotte avec sarcasme –après tout elles ne sont pas à Serpentard pour rien.

-Ou alors on peut aller voir Madame Maxime pour lui parler d'un certain incident impliquant vos personnes, une bouteille de Whisky Pur Feu volée à un professeur et des garçons de dernière année, lance-je avec décontraction, me délectant de leur mine défaite.

Nous finissons par dupliquer leur uniforme puis nous récupérons le mot de passe ''Les Sangs-Purs vaincront''.

-Rien que ça !, grogne Cassie dont les parents sont Moldus. Il n'y a absolument pas de discrimination ! Et pourquoi pas ''A mort les Sangs de Bourbe'' pendant qu'on y est ?

-Les professeurs et Dumbledore n'exercent aucun contrôle sur ces phrases ?, demande-je, surprise.

Les deux filles haussent les épaules et finissent par s'éloigner.

Nous prenons donc la direction des cachots dans lesquels nous finissons malheureusement par nous perdre. Bien évidemment Cassie commence à pester et à insulter la terre entière ce qui n'aide pas.

-Tiens, tiens mais que vois-je ? Deux petites Serpentardes égarées !

Je soupire d'exaspération, il ne manquait plus que lui !

-Cassiopée, Rosalina ?

Et en plus il n'est pas seul ! Youhou ! Je vois déjà venir leurs questions.

-Potter, Black !, m'exclame-je avec un sourire contraint en me tournant vers eux.

-Y aurait-il une fête costumée à laquelle nous n'aurions pas été invités et dont le thème serait ''Habille-toi comme ton pire ennemi ?'', demande Black avec ironie en détaillant nos uniformes.

-Si ça avait été le cas, j'aurai gardé mon uniforme de Gryffondor et j'aurai arboré un air suffisant, réplique-je.

-Rosie, on se calme. Messieurs, c'est toujours un plaisir !, intervient Cassie. Maintenant si vous voulez bien nous excuser, nous avons à faire.

Elle m'attrape le bras et m'entraîne de force en direction du couloir à notre gauche.

-La salle commune des Serpentards c'est de ce côté, nous lance Black en désignant un escalier.

-Tu sais où elle est ?, demande Cassie avec un air un poil trop intéressé.

-Bien sûr, vous descendez, ensuite vous tournez à droite puis deux fois à gauche, vous remontez par l'escalier de gauche puis c'est tout droit pendant une cinquantaine de pas. Vous prenez ensuite le couloir à votre droite, vous descendez et vous y êtes !, explique Potter avec un sourire moqueur.

-Ou alors on peut vous servir de guides, propose son ami avec une fausse amabilité.

Je vois bien que Cassiopée est prête à accepter et je lui lance un regard noir.

-Tu crois vraiment que si nous débarquons avec les deux élèves de Poudlard qui ne manquent pas une occasion de ridiculiser les Serpentards, devant l'entrée de la salle commune de ces susnommées personnes, ils ne vont pas nous laisser entrer ?

-C'est effectivement un risque.

-Nous pourrions vous servir de guet, propose Potter.

-Pourquoi cette envie soudaine de nous aider ?, demande-je, de plus en plus suspicieuse.

-Et bien nous avons quelques petites… choses à faire chez les Serpentards. Nous pouvons nous entraider, poursuit-il.

-Vous n'arriverez jamais à entrer, contre-je après un moment de silence.

-Il suffit que nous dupliquions nos écussons et nos cravates, déclare Cassie qui a décidé de réfléchir pour une fois. Et il suffit de les teindre en blonds et de transformer ses lunettes.

Je ne peux que m'incliner face à la justesse de ses propos et m'approche avec résignation de Black qui me lance un sourire séducteur. Je colore rapidement ses cheveux et ses sourcils, puis lui tend une réplique de ma cravate.

-Tu peux m'aider ? Je ne sais pas la nouer, déclare-t-il le plus innocemment du monde.

-C'est ça, fiche-toi de moi !

-Mais c'est la stricte vérité ! J'ai un elfe pour me le faire !, réplique-t-il avec un air indigné.

Je l'observe un moment, mi-figue mi-raisin, puis finis par lui arracher le tissus des mains et à le lui passer autour du cou.

-Continue de sourire comme un idiot et je t'étrangle, siffle-je devant son rictus arrogant.

-Tu as les mains douces, déclare-t-il sans se soucier de ma remarque.

-Si tu n'arrêtes pas ce genre de remarque, tu vas finir par avoir la marque d'une de mes mains douces sur ton insolent visage.

Il se tait donc et se contente d'afficher un insupportable rictus.

-Mais alors, comment tu fais tous les matins ? Ton elfe transplane ici ?, demande Cassie après un instant de réflexion.

Je comprends alors qu'il s'est fichu de moi et colore rageusement ses cheveux d'une couleur jaune pipi absolument immonde. J'ajoute également un petit effet gras et métamorphose un de mes élastiques en une ''magnifique'' paire de lunettes qui le font loucher et que je lui impose de force sur le nez. Le résultat est saisissant, jamais on ne pourrait croire que ce type est Sirius Black.

-Comme quoi, la popularité se joue à peu de choses, commente Cassie avec un air de dégoût. Boutonne ta chemise jusqu'au col, ça fera encore mieux.

Potter est également méconnaissable avec ses cheveux châtains plaqués sur son crâne et quelques boutons d'acné. Cassie a fait du bon boulot.

Nous nous mettons finalement en marche et les deux garçons –un même air boudeur collé au visage, nous ouvrent la voix jusqu'à la gargouille qui garde l'entrée de la salle commune des verts et argents.

Elle nous dévisage de haut en bas, sceptique.

-Je ne vous ai jamais vu dans le coin, grogne-t-elle.

-Alors là vous m'offensez !, s'exclame Cassie en imitant à la perfection l'accent français. Cela fait déjà quelques bonnes semaines que nous sommes là et vous ne vous rappelez toujours pas de nous ? Enfin, c'est insensé !, déclare-t-elle, faussement outrée, en se tournant vers moi.

-Que veux-tu, ce n'est qu'une gargouille après tout ! Ces anglais manquent vraiment de classe ! Cela ne viendrait jamais à l'idée de notre directrice de faire garder l'entrée de nos résidences à Beauxbâtons par une… vulgaire pierre parlante sans la moindre mémoire !, poursuive-je avec dédain.

-Très bien, très bien ! Veuillez m'excuser ! Seulement pour entrer il va falloir me donner le bon mot de passe, rétorque la gargouille avec un rictus mauvais.

C'est là que tout va se jouer, soit les filles se sont fichues de nous et elles vont passer un mauvais quart d'heure, soit elles nous ont dit la vérité et on va pouvoir entrer.

-Les Sang-Purs vaincront !, lance Cassie sans la moindre hésitation apparente. C'est d'une facilité déconcertante ! A Beauxbâtons nous n'avons pas de…

-C'est bon, allez-y !, la coupe brusquement la statue avec un air maussade.

Nous pénétrons finalement dans la salle commune des Serpentards en échangeant un regard victorieux. Les deux garçons nous regardent avec une certaine admiration dans les yeux. Quoique ce soit assez difficile d'en être sûre étant donné que je ne sais pas vraiment dans quelle direction regarde vraiment Black…

Ils nous entrainent vers un escalier situé dans un coin et je traverse la pièce en retenant mon souffle, priant pour que personne ne nous reconnaisse. Fort heureusement tous sont occupés à faire leurs devoirs, à jouer aux échecs sorciers ou encore à converser tranquillement au coin du feu –comme des gens normaux en fait, et nul ne fait attention à nous.

-Je dois dire que je ne m'attendais pas à ça, souffle Cassie.

-Tu pensais qu'ils seraient tous en train de faire de la magie noire et qu'ils auraient des cercueils en guise de lit ?, ricane Potter.

-Un truc dans le genre, avoue-t-elle.

Les deux garçons rigolent en tachant de ne pas faire trop de bruit.

-La chambre de Jedusor est là, déclare finalement Black en nous désignant une porte. On va régler nos petites affaires et on reviendra faire le guet devant la porte. Si jamais quelqu'un vient, on aboiera.

-Vous aboierez ?, répète-je sceptique.

-Tu verras, réplique Potter.

-Je préfèrerai qu'on n'ait pas l'occasion d'entendre vos formidables talents d'aboyeur, réplique Cassie. Maintenant on y va.

Nous nous faufilons jusqu'à la porte que nous entrebâillons discrètement, histoire de vérifier qu'il n'y a personne. La voix semble libre et nous pénétrons rapidement à l'intérieur avant de refermer derrière nous. Je disperse quelques petits morceaux de verres sur le seuil qui nous avertirons si quelqu'un rentre.

-Tu en as vraiment toujours sur toi ?, s'étonne Cassie en souriant.

-Toujours ! Et je ne fais pas vraiment confiance à leurs ''aboiements'', explique-je.

Elle hoche la tête puis se met en quête du lit de Jedusor alors que je farfouille dans leur armoire.

-Rien, rien et encore rien !, m'exclame-je avec désespoir au bout d'un moment. Il n'y a que des vêtements pliés et rangés avec soin. Finalement les Serpentards sont plus civilisés que les Gryffondors, parce que quand on compare avec le joyeux bordel que les Maraudeurs fichent dans notre salle de bain…

-Et rien non plus dans sa valise : aucune photo de famille, d'objets de valeur matérielle ou sentimentale, et même pas de livre non scolaire ou de magazine de charme !

Je souris à sa remarque puis m'affaisse par terre en soupirant.

-Qu'est-ce qui pourrait bien l'atteindre ?, demande-je en réfléchissant tout haut. Tout ce que nous savons c'est qu'il est très fier d'être à Serpentard et qu'il se revendique Sang-Pur. A part ça…

-Rosie ! Tu es brillante ! Je sais exactement ce qu'on va faire.