Et voici le chapitre suivant !

D'après vous, je suis sadique ... Ahah ! :)

Enjoy \o/


Disclaimer : Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, sauf ceux sortis tout droit de mon imagination.


Chapitre 20 (01/04/16)


« … Carlisle ? »

« Papa ! »

Edward se réveilla en sursaut. Il était dégoulinant de sueur, ses draps éparpillés autour de lui, la respiration haletante. Un cauchemar. Ce n'était qu'un cauchemar … Toujours le même. Depuis que c'était arrivé, il ne revoyait que ces images horribles en boucle. Avant, c'était ses parents. Maintenant, c'était Carlisle, ensanglanté, qui ne lui répondait pas alors qu'il l'appelait. Ca faisait désormais cinq jours … Cinq jours pendant lesquels Carlisle ne s'était pas réveillé, ne manifestant pas un seul signe de réveil. Edward se sentait affreusement mal. Il avait honte de lui. Si tout cela était arrivé, c'était uniquement parce qu'il était là. Esmée avait deviné ses pensées, il y a quelques jours, et l'avait sermonné pour oser penser des choses pareilles. Elle l'avait rassuré, comme à son habitude, mais Edward ne pouvait s'empêcher de se sentir coupable. D'un autre côté, il avait l'impression de perdre à nouveau son père … Il s'était énormément rapproché de cette famille à laquelle il n'appartenait pas. Du moins, au début.

Esmée était l'ombre d'elle même. Pour Jasper, Rosalie et lui, elle restait souriante et positive, mais les nuits qu'elle passait dans son lit était rare, elle ne cuisinait plus mais faisait livrer depuis le traiteur, ne parlait pas beaucoup sauf si elle en était obligée, et refusait le moindre contact. Bien sûr, si l'un de ses enfants voulait s'approcher d'elle, elle ne le repoussait pas. Mais elle préférait éviter tout de même, sachant pertinemment qu'elle se mettrait à pleurer comme une madeleine. Pour faire de l'humour, elle avait tenté de cacher son désespoir derrière le fait qu'elle pourrait fondre en larmes comme elle l'avait fait devant Rox et Rouky lorsqu'elle et Carlisle avaient été au cinéma le voir. Mon dieu, quel souvenir … Elle s'en souvenait comme si c'était hier … Carlisle voulait absolument l'emmener quelque part. C'était au début de leur relation. Enfin, 'début', si elle se souvenait bien, ça faisait quand même un an et demi qu'ils sortaient ensemble … Pour le taquiner, elle lui avait donc proposé d'aller voir le dessin animé. Se prêtant au jeu, Carlisle avait accepté. Esmée ne savait alors pas si elle devait se sentir contrite ou blasée. Et bien en ce moment, c'était un peu pareil. Elle savait que Carlisle allait se réveiller … Lorsqu'ils s'étaient mariés, il lui avait promis de toujours être à ses côtés. Il ne pouvait pas partir. Pas maintenant. Il était trop jeune. Elle aussi. Et il ne pouvait partir de cette façon.

En ce moment, la famille CULLEN au complet était bouleversée. La raison en était évidente et compréhensible. Rosalie était très touchée par les récents évènements, mais savait qu'elle se devait d'être là pour son jumeau, beaucoup plus sensible qu'elle sur le plan affectif. Cela ne voulait pas dire qu'elle n'était pas touchée par les évènements actuels, mais son frère avait toujours moins bien géré les choses qu'elle. Lorsqu'il était contrarié, en colère, ou soumis à un autre sentiment qu'il ne comprenait pas ou bien ne voyait pas l'origine du problème, il se mettait facilement en colère. Il arrivait désormais à savoir quand il était dans une mauvaise période et tentait de réguler au mieux ses accès de colère. Souvent, il se rendait au sport. Jasper était malheureux de faire subir cela à ses parents, surtout qu'ils ne le méritent pas et ont toujours tout fait pour lui. Ce sont ses parents. Pas biologiques, mais cela lui importait peu. Il se disait souvent qu'il devait grandir, arrêter d'être aussi problématique pour les autres … Son père avait dès le début compris ses paroles, ses pensées, ses agissements … Et avait su lui remettre les pendules à l'heure. Il était son père, mais aussi son mentor. Il représentait, ainsi qu'Esmée, sa ligne de conduite. Le fait que ce dernier soit actuellement dans un coma dont personne ne savait quand il allait se réveiller le perturbait.

Tout le monde essayait de s'occuper. Sauf Edward qui était constamment fatigué, et qui n'avait goût à rien. Ils avaient tous déjà rendu visite au père de famille. La première fois qu'ils étaient entrés dans la petite pièce qui servait de chambre au médecin, ils avaient eut un choc. Il était allongé, dans un lit qui paraissait, à première vue confortable, mais que seuls ceux ayant déjà vécu un séjour à l'hôpital pouvaient savoir que c'était en réalité tout le contraire, relié à une machine l'aidant à respirer, et à plusieurs perfusions. L'image en elle même était effrayante. Mais ils avaient surpassé cela. Car Carlisle restait le père, l'époux, de cette famille. Ils lui avaient tenu, chacun leur tour, la main, qui était tiède. Les médecins leur avaient expliqué qu'il était dans un profond sommeil, mais rien d'irréversible. La balle ayant touché le blond non loin d'un des deux poumons, ils avaient dû le mettre sous respirateur afin que celui n'ait pas trop mal en respirant, et surtout qu'il n'oublie pas ou n'arrive plus à respirer, bien que cette dernière hypothèse soit quasiment nulle.

Chacun essayait de s'occuper du mieux qu'il le pouvait, s'efforçant de ne pas penser à la situation dans laquelle il était, involontairement, plongé.


POV Jasper

J'étais fatigué … Je ne sais pas pourquoi, mais je pense que cette foutue tête fait exprès de guérir le plus lentement possible. En plus, je crois que je suis en train de chopper une bonne vieille crève des familles … Oui, je sais, on est en été. Et alors ? Il n'y a pas de saison pour tomber malade …

Et voilà … Je recommençais à divaguer. Ca m'arrivait souvent en ce moment. Je pensais à beaucoup de choses, et en même temps à trop peu. Trop, dans le sens où tout se bousculait dans ma tête, et pas assez dans le sens où mon père restait le point central de mes pensées. Les médecins avaient beau nous assurer qu'il allait bien, que sa blessure cicatrisait normalement, qu'il n'y aurait pas de séquelle s'il obtenait un bon repos … Mais, si tout allait bien, pourquoi il ne se réveillait pas, bon sang ?! Tous des charlatans, ces médecins … Bravo Jasper, tu dis ça mais ton propre père en est un ! Ah, et maintenant, je me parle tout seul …

« Jasper, tu recommences … » dit doucement Alice.

« Hein ? » sursautais-je.

« Tu divagues, Lapin … » souffla-t-elle.

Nous étions allongés sur son lit. Je n'en pouvais plus d'être à la maison. Cela pouvait paraitre lâche, surtout vis à vis de ma mère, mais je ne supportais pas de rester enfermé dans cette maison alors que je sais pertinemment que le soir, mon père ne passera pas le pas de la porte, même tard, comme il le fait chaque fois qu'il rentre de sa garde à l'hôpital.

« Lapin ? » demandais-je, la regardant étrangement. « Tu as fumé, Alice ? »

« Non, je trouvais ça mignon ! Aller, arrête … ! »

« Mais j'ai fait quoi ? »

« Arrête de serrer le point comme ça … Regarde ce que tu fais ! Tu vas te faire mal avec tes ongles … »

Je regardais alors ma main, ne m'étant pas rendu compte de ce que je faisais. Je détendis donc mon membre. Je sentis le sang reprendre une circulation normale et en ressentis presque des fourmis.

« Excuse moi, Alice … »

Elle ne répondit rien.

« Tu aimes passer du temps avec moi ? »

« Tu es mon Lapin, alors vaut mieux ! »

Je souris.

« Mais, je ne dois pas être de très bonne compagnie … » soufflais-je.

« Tu te poses trop de questions Jasper. On est ensemble, il donc normal que je sois là pour toi quand ça va pas, même si on passe pas les meilleurs moments. Pour moi, tu restes toujours le même, celui que j'aime et celui pour qui je veux être présente … » affirma-t-elle avec véhémence.

« … Tu … Tu m'aimes ? » repris-je, les yeux écarquillés.

« Je … Evidemment ! » rougit-elle.

Je souris et la serrais fort dans mes bras. Elle était à moitié allongée sur moi, mais j'appréciais l'instant à sa juste valeur.

« Moi aussi … Ma Lapinette ! » lançais-je, le sourire dans la voix.

« Si c'est une référence à 'Alice au Pays des Merveilles' elle est pas fine ! »

« C'est toi qui as commencé ! »


POV Rosalie

« C'est dingue ce que tu peux être détachée … » me dit Emmett.

Su le coup, je vis rouge. C'est vrai quoi, j'essayais de faire du mieux que je pouvais, et je m'en prenais plein la gueule de tous les côtés !

« Je te demande pardon ? »

« Rose, t'essaies trop d'être là pour les autres. Je pense qu'actuellement, c'est toi qui a besoin de quelqu'un ! » ajoute-t-il, un rictus sur les lèvres.

« Emmett … Mon frère à … »

« Ton frère … » me coupe-t-il. « Je comprends, qu'il ait des soucis. Je comprends totalement. Mais je ne pense pas qu'il t'ait demandé de faire ça, si ? Je veux dire, c'est admirable, ne te méprends pas, mais tu as aussi besoin de gérer la situation pour que toi, tu ailles bien. »

Je ne répondis rien. Il avait raison. Je le savais. Mais je ne pouvais m'empêcher d'agir ainsi. Voire maman dans cet état, même si elle tentait de toutes ses forces de paraitre normale, de faire comme si tout allait bien, ce qui était louable, ce n'était pas évident pour elle, encore moins d'ailleurs que pour nous … Et Jasper … Je savais que je le maternais de trop. Mais là aussi, c'était plus fort que moi, il fallait que je fasse de mon mieux pour lui. Je connaissais Jasper, je savais comment il fonctionnait. Je ne voulais pas qu'il rechute comme il y a quelques années. Même si j'en doutais, je ne pouvais pas m'en empêcher. Et puis au fond, ça ne me gênait pas. C'était juste plus exacerbé en ce moment au vue de la situation …

« Rose ? Excuse moi … »

« Non, tu as raison … C'est juste que … »

« Je sais … » souffle-t-il vers mon oreille.

« Je crois que t'as besoin d'un petit remontant ! »

« Emmett … Pas maintenant … »

« Ah, je crois que tu te méprends sur mes intentions ! Suis moi. »

Ma curiosité piquée au vif, je le suis. Nous atterrissons dans son jardin. Il fonce dans la cabane au fond et en sort tout un attirail de sport. J'écarquille alors les yeux, fais demi-tour et tente de partir discrètement. Mais ça, c'était mon plan sans compter sur la surveillance d'Emmett.

« Tu croyais sincèrement que je pensais que tu allais venir comme ça ? » se marre-t-il, comme un gamin.

« L'espoir fait vivre ! »

« A ce qu'il parait … » rigole-t-il deux fois plus.

J'attends ainsi patiemment qu'il se calme avant d'enchainer.

« Je vais aller me mettre dans le transat, là bas, comme ça je pourrai admirer ton corps d'athlète s'entrainer ! » fis-je, mine de rien.

« Ah non non belle blonde, c'est pour toi tout ça. »

Alors évidemment, je plongeais les pieds dans le plat …

« Non mais Emmett, tu sais que je suis nulle en sport … »

« Ben non, justement je sais pas, je t'ai jamais vu en faire ! »

« Et c'est pas grave du tout ! »

« Aller … Viens là … » dit-il en tenant de m'attraper par la taille. En passant, il me chatouille, ce qui me fait exploser de rire. Rire qu'il n'avait pas entendu depuis quelque temps maintenant …

« Aller Rose, je vais te montrer ! Et l'essentiel, c'est que tu te défoules ! Je suis le maitre, tu es l'élève ! »

« Ouais, ben fais gaffe que l'élève ne dépasse pas le maitre … » lui dis-je en lui lançant un clin d'oeil.

« De quel élève parles-tu ? » ajoute-t-il, un air goguenard au visage.

Je lève les yeux devant sa réplique tout à fait masculine.

Je me place donc comme il me l'indique et commence à frapper. Je ne sais pas pourquoi, mais bizarrement, je me sens mieux. Je ne comprends plus rien de ce qui se passe autour de moi, je suis simplement focalisée sur Emmett, ses instructions, et sur les coups que je donne, tentant de les réfréner afin de ne pas avoir un geste malheureux. Très vite, je suis en sueur. Ce n'est pas mon genre de transpirer à grosse goutte, de plus, je n'ai pas une transpiration accrue, mais là, je crois que mon corps en avait besoin. Finalement, c'est pas si mal que ça le sport … Mince, il va me rendre comme ces gens qui commencent le sport et ne peuvent plus s'arrêter … Il va me rendre comme lui ! Enfin si ce n'est que ça … Mais mon frère aussi est comme ça ! Ah non hein, déjà qu'on est jumeaux, si en plus on a une ressemblance de plus … Han, mais Rosalie avec des biscottos … Han, sexy Rosalie ! Même si je pense que j'aurai plus des biscottes, mais bon …

Si Emmett ne m'avait pas ordonné de m'arrêter pour m'hydrater un coup, j'aurai continué jusqu'à épuisement total. Et j'imagine déjà la tête de mon père, quand ce serait mon petit-copain qui me ramènerait à la maison, complètement déshydratée …

Oui … Sauf que personne ne serait là, quand je rentrerai …

Sans comprendre le comment du pourquoi, j'éclatais en sanglot. Je tentais de me reprendre, mais plus je faisais d'effort moins ça allait. Je me collais donc contre Emmett, qui s'était approché de moi, et pour une fois depuis longtemps, me laissais aller.


PDV Esmée

Mes journées se résumaient à peu de choses. Je me levais, me préparais, faisais à manger pour les enfants, et faisais semblant. Bien que je sache que cela ne servait pas à grand chose, vu que personne n'était dupe. Mais j'en avais besoin, c'est ce qui me permettait de tenir. J'imagine déjà de loin le sermon que Carlisle pourrait me faire … D'ailleurs, chaque jours je me rendait à son chevet, étant de moins en moins présente auprès de mes adolescents. Ils avaient besoin d'évacuer, je le savais. Seul Edward restait beaucoup avec moi. La situation n'est pas simple pour lui. Je l'avais entendu appeler Carlisle « Papa », et je dois avouer que ça m'avait fait un sacré coup. J'étais heureuse, réellement, mais j'étais également blessée. Non pas pour moi, mais pour ce jeune homme à qui mon époux et moi voulions offrir une famille, un nouveau départ, une chance de revivre …

Comme tous les jours, je me dirigeais vers l'hôpital dans le but de rendre visite à l'amour de ma vie. J'avais acheté des fleurs aujourd'hui, car celles posées il y a cinq jours de cela n'étaient plus franchement en état. Carlisle étant réputé et attentionné, les médecins et infirmières s'occupaient bien de lui. C'est ce qui me permettais d'être sereine le soir en le quittant, rejoignant notre lit pour m'endormir avant de le retrouver le lendemain matin à la première heure.

Aujourd'hui ne dérogeait pas à la règle. Je me garais toujours à la même place, c'est-à-dire sur celle réservée à Carlisle … Sortais de la voiture, entrais dans l'établissement, saluais tout le monde, toquais à la porte de la chambre de mon mari avant d'y entrer sans attendre de réponse, bien qu'aucune ne soit à espérer. Je remarquais qu'il avait quelque peu repris des couleurs. Avant de l'embrasser sur le front pour lui montrer que je suis là et serai toujours là, je posais les fleurs dans le vase à côté de son lit, posé sur une table de chevet. Les anciennes avaient été retirées. Sûrement une infirmière … Je caressais ses cheveux blond. Ils étaient doux. J'avais acheté son shampoing préféré. Généralement, c'est moi qui lui faisais sa toilette. Par respect mais également parce que j'avais le temps. Je passais mes visites à le regarder, lui parler de tout et de rien, comme s'il m'entendait.

Je m'assis sur la chaise positionnée à côté de son lit, l'approchais suffisamment pour voir continuer à lui tenir la main, et l'observais. Sans m'en rendre compte je m'endormis, le manque de sommeil de ces derniers jours me rattrapant à grands pas. Je fus réveillé par un bruit que je ne connaissais pas. Je me rendis compte que pendant ma sieste j'avais bougé, ce qui m'arrive vraiment rarement, et me retrouvais donc la tête appuyée sur la main que je tenais toujours. Je me redressais, le dos en compote. Je réalisais alors que le bruit persistait. Relevant la tête, je vis la poitrine de Carlisle agitée. Il toussait. J'appuyais sur le bouton d'appel et tentait de le calmer. Je le voyais lutter pour ouvrir les yeux. Mes paroles devaient le rassurer car il se calma légèrement. Du personnel entra dans la chambre en même temps qu'il ouvrit les yeux. Ce fut comme un signal pour mon corps qui lâcha tout. Les vannes de mes yeux s'ouvrirent, gouttant sur mon visage. Tant pis pour le maquillage ! Je m'écartais un peu en retrait le temps qu'ils fassent leur travail. Carlisle suivait leurs indications, essayant de se débattre le moins possible contre l'intubation. Il connaissait les gestes, mais les mettre en application alors qu'à l'habitude on se trouve de l'autre côté, ce n'était pas facile. En quelques minutes il fut débarrassé de tout ce qui était gênant pour lui. Ils lui mirent tout de même une canule. Ils sortirent tous et je me rapprochais de lui, n'y croyant que moyennement. Il ouvrit les yeux, sentant surement ma présence. Je ne faisais que le fixer. Il souleva légèrement sa main que je m'empressais d'attraper. Il me fit signe qu'il voulait boire, j'attrapais donc le gobelet ainsi que la carafe laissés à cet effet, lui servit la moitié du contenant, et le lui fit avaler grâce à une paille.

L'après-midi se passa calmement. Personne ne parla. Premièrement parce que Carlisle était trop fatigué pour le faire, mais également parce que nous n'avions pas besoin de parler pour converser. Il s'endormit à plusieurs reprises mais je restais à côté de lui.

En rentrant le soir, j'avais bien fait attention qu'il soit endormi pour de bon, et avais repris la route sereinement. J'avais hâte d'annoncer la nouvelle !

Comme je m'y attendais, la maison aurait pu devenir une piscine tellement le soulagement fut intense. Cette nuit là, nous dormîmes tous ensemble.


PDV Edward

Hier, Carlisle s'était réveillé. Le soulagement avait été tel que je m'étais complètement laissé aller. La nuit, j'avais bien dormi. Je me retrouvais donc maintenant devant l'hôpital. Je détestais vraiment mettre les pieds dans un lieu médicalisé, mais mon envie de voir Carlisle était trop forte. Nous étions au milieu de l'après midi et le soleil chauffait pas mal. Rosalie et Jasper y étaient déjà allés. De ce que j'avais compris, leur réaction avait été très … Sentimentale. Mais je ne pouvais les blâmer, je les comprenais, et m'attendais même à avoir la même. Esmée était partie voir une amie, Carlisle lui ayant intimer l'ordre de passer l'après-midi à l'extérieur, arguant que de toute façon il était fatigué et ne souhaitait pas être vu plus que nécéssaire ainsi. Bien évidemment, il savait que cela n'éloignerait Esmée que pour la durée de la moitié de la journée, mais vu son état, il souhaitait qu'elle lui revienne en meilleure forme.

Je me rendis donc devant la porte que les jumeaux m'avaient indiquée un peu plus tôt, et frappais. J'attendis d'être invité avant d'entrer.

En me voyant entrer, Carlisle eut un large sourire. Il devait penser que je ne viendrais pas … Je m'approchais doucement de lui, souriant. Comme escompté, mes yeux laissèrent glisser quelques larmes traîtresses. Je m'asseyais sur le fauteuil à sa gauche. Il me fixait toujours.

« Comme tu vas, fiston ? » me demanda-t-il en souriant.

Malgré les cernes plus que prononcées sous ses yeux, il restait avenant, toujours gentil. Je mis quelques minutes à me rendre compte de ce qu'il venait de dire.

« … Fiston … » répétais-je, les yeux écarquillés.

« Je pense que c'est de rigueur maintenant … »

« Tu as entendu … »

« Oui … »

Je lui souris.

« Carlisle je … Voulais m'excuser … »

« De quoi ? » demanda-t-il doucement.

« Si … Si tu t'es fait tirer dessus c'est … C'est parce que j'étais là et que … »

« Edward. » me coupe-t-il, alors que je parlais de manière hachée. Il ne finit pas sa phrase immédiatement, se redressant sur ses oreillers. Je l'aidais, voyant que ce n'était pas chose facile pour lui.

Il me remercia avant de reprendre.

« Ce n'est pas de ta faute, ok … ? »

« Mais … »

« Laisse moi finir, s'il te plait. » me sourit-il.

« Nous avons été avertis par Charlie, que ton oncle était là bas. On a sautés en voiture et t'avons rejoint. Je suis arrivé au bon moment, je dirais. »

« Mais … Tu t'es fais tirer dessus ! »

Je devais paraitre minable. Les yeux rouges embués de larmes, le visage pareil …

« Et tu es en vie. Et moi aussi. Et je ne regrette rien … »

Je ne répondis pas mais me contenta de m'assoir sur le bord de son lit et de déposer, délicatement, ma tête au creux de son cou. Il eut assez de force pour soulever son bras et venir me caresser les cheveux. Je me détendis considérablement, toute la tension de ces derniers jours redescendant d'un coup.

« Et … Je … » commença-t-il. Me doutant du sujet qu'il allait aborder, je ne me redressais pas, et il continua d'ailleurs ses doux gestes.

« Tu sais … Ca ne me dérangerai pas, d'être ton père … »

Ses paroles étaient maladroites mais me touchaient énormément. Je ne m'attendais pas à un tel dénouement. Mes larmes recommencèrent à couler d'elles-même.

« Merci … » soufflais-je doucement, la voix rauque.


Et voilà ...

Comme vous pouvez le constater, on est désormais proche du dénouement de cette histoire ... Bien qu'il reste encore, je dirai (à vue de nez, comme ça) une dizaine de chapitre (?)

A bientôt

Kwycky o/