Auteur: Elbée
Rating: M
Warning: Slash HpxDM Lemon UA
Et me revoilà avec le troisième chapitre ! :)
MERCI et RE-MERCIIII à ceux qui ont laissé une review sur le chapitre précédent ! =D Quand j'ai un coup de mou, je relis vos messages et ça me rappelle à quel point vous êtes cools ! ;) Et pour ceux que j'ai perdu en cours de route, j'espère que ce nouveau chapitre saura vous re-conquérire huhu =P
Les réponses aux reviews anonymes sont sur mon profil (cliquez sur mon pseudo!)... Je pense avoir bien répondu par PM à toutes reviews signées, mais si j'ai oublié quelqu'un venez me taper sur les doigts ;)
Sur ce, j'espère que ce nouveau chapitre sera à la hauteur de vos attentes =D À dans 15 jours !
Plus Que Du Gris
Chapitre 3 : Incertitudes
Harry repoussa les draps roulés en boule au pied de son lit, les bras repliés derrière la tête et une expression soucieuse peinte sur son visage. Voilà pratiquement deux jours qu'il n'avait rien fait si ce n'était rester enfermé dans sa chambre ou vagabonder seul de la forêt sous sa forme canine. Parfois il restait des heures durant dehors, courant à toute allure pour se changer les idées et s'allongeant parfois près d'un ruisseau pour contempler pensivement le cours de l'eau paisible, demeurant taciturne et se refusant tout contact avec les autres.
Il avait déjà refusé à plusieurs reprises les invitations des jumeaux et de Ron et Hermione qui lui avaient demandé de se joindre à eux dans l'après-midi pour traîner ensemble, prétendant se sentir fatigué.
Plus tôt aujourd'hui, Remus était même venu toquer à la porte de sa chambre, pour lui demander s'il y avait quelque chose qui n'allait pas, de son ton légèrement inquiet qui faisait toujours fondre Harry. Durant les quelques minutes avec Remus assis sur le bord de son lit qui le couvait d'un regard attentif et bienveillant, Harry avait été fortement tenté de tout lui avouer.
Son enchaînement, la morsure, la douleur qu'il éprouvait dans la poitrine vis-à-vis du manque... Tout.
Puis il s'était retenu, se rappelant ce qu'il n'avait cessé de se répéter durant les dernières 48 heures. Il ne pouvait le dire à personne. Personne, personne, ne devait savoir qu'il était désormais enchaîné à un vampire... Cette race que tous ceux de son espèce méprisaient avec passion. S'il l'avouait, il était fichu. Il allait même très probablement se faire excommunier de la meute, et ça c'était hors de question. La meute était sa famille, sa vie, elle coulait dans son sang. Sans elle il finirait par dépérir, il en était sûr.
Harry déplia son bras et fit tourner son poignet pour jeter un coup d'œil à sa montre. Oui, il était temps d'y aller. Qu'attendait-il donc ?
Il était déjà habillé pour une nouvelle nuit de travail au Moonbeam et sa moto l'attendait en bas devant la maison. Alors pourquoi ne bougeait-il pas ?
Harry le savait. Il restait là, allongé sur son lit comme un être amorphe parce qu'il avait peur de ce qu'il pourrait se produire ce soir s'il revoyait Draco. Son oh si cher FOUTU lié !
Le regard se Harry se fit plus dur.
Non, en fait c'était faux, se corrigea mentalement Harry. Et c'était ça le pire. Si encore il avait justement eu la décence de redouter l'inévitable rencontre avec le vampire blond... Mais au contraire, il ne pouvait ignorer cette excitation malsaine qui faisait palpiter son cœur, ses instincts se réjouissant déjà de la potentielle prochaine rencontre avec son lié, la morsure et les sensations qui en avaient découlé repassant en boucle dans sa tête comme un vieux vinyle usé... Pathétique.
Il était complètement minable, pensa t-il en serrant les dents. Le vampire s'était simplement servi de lui comme d'un simple jouet : évidemment ! Que pensait-il donc ? Le blond avait sauté sur une occasion unique et hautement improbable, et avait dû d'ailleurs s'en vanter auprès de ses potes sangsues toute la nuit. Il l'imaginait déjà, se marrant du pathétique chiot en mal d'amour qu'il avait utilisé, et avec sa bénédiction en plus !
Harry se força à desserrer les poings. Il fallait qu'il se calme.
Comme s'il avait reçu un coup de fouet, Harry décida soudain de se lever.
Gaïa n'avait pas été particulièrement tendre avec lui en l'enchaînant de la sorte, mais il saurait rester fort. Il était hors de question qu'il se replie sur lui-même et se cache d'un imbécile de vampire, lié ou pas. Ce soir il irait travailler comme il le faisait tous les dimanches soirs. Si ça tombe, le vampire ne viendrait même pas. Et s'il venait... Hé bien, il aviserait.
Bien-sûr, Draco n'avait pas pu s'empêcher de venir. Il avait été un peu incertain quant à la présence du loup-garou au Moonbeam ce soir, mais cette incertitude avait été balayée à la seconde où il était entré dans la boîte dont les lumières sombres ne parvenaient pas à gêner sa vue perçante. Avant même que l'odeur particulière et canine de Harry n'atteigne ses narines, Draco avait de toute manière déjà détecté sa présence proche grâce au faible lien du sang qu'il partageait avec l'autre.
Le lien était très faible et ne tarderait pas à se dégrader s'il n'était pas renouvelé bien-sûr, c'était toujours la même chose lorsqu'il s'abreuvait à la gorge d'un vivant percevoir la présence de quelqu'un à l'intérieur de soi-même était une sensation parfois dérangeante, mais Draco s'y était fait facilement.
Son regard se posa aussitôt sur le loup-garou affairé derrière le comptoir d'inox brillant. À en croire la tension dans ses épaules et la manière très peu naturelle de laquelle il venait de se figer, le brun venait également de se rendre compte de sa présence...
Draco le scruta une minute de plus, sang bouger, se demandant si l'autre lèverait les yeux vers lui ou s'il irait même jusqu'à faire un signe pour montrer qu'il l'avait vu, mais non. Sans le regarder, le brun continua comme si de rien était, sauf que ses gestes étaient beaucoup trop brusques pour être totalement naturels.
La vérité était que Draco était plutôt embêté parce qu'il ne savait que faire. Il était totalement incertain quant à la méthode à adopter pour approcher le brun. Harry n'était pas un simple humain qui se contenterait d'un sourire et d'une aura charmeuse pour tomber à son cou –enfin le but était que lui, Draco, tombe à son cou, bien-sûr, se corrigea t-il en s'autorisant un petit sourire d'auto-complaisance.
Le blond s'avança tranquillement vers le bar et se laissa tomber nonchalamment sur un des hauts tabourets pile devant Harry qui semblait présentement hautement concentré à servir un verre de Strongbow pression. Comme celui-ci ne semblait pas lui prêter attention, même une fois qu'il eut servi l'homme à côté de lui, Draco lui adressa la parole :
-Salut. »
Harry sembla enfin se résoudre à le regarder et lui accorda un petit signe de tête, visiblement peu enclin à la discussion. Il avait une sorte de lueur méfiante dans les yeux, et ses épaules ne se relâchaient pas.
-He bien quoi, tu as perdu ta voix ? » Demanda Draco avec malice, un petit sourire se dessinant à présent sur ses lèvres – taquiner le loup-garou était un terrain familier, et avec ça il était a l'aise. « Je dois dire que le service-client laisse à désirer ici... »
Cela sembla faire effet, car le jeune loup-garou lui lança aussitôt un regard noir et rétorqua d'un ton sec :
-Arrête de te foutre de ma gueule. Nous savons parfaitement pourquoi tu es ici. »
Draco haussa un sourcil à cela, penchant légèrement la tête sur le côté dans une expression perplexe. Vraiment ? Alors il aurait été véritablement enchanté que le loup-garou le laisse dans la confidence dans ce cas, car lui-même se demandait franchement ce qu'il pouvait bien foutre ici, entrain de tenter par tous les diables de convaincre un loup-garou de lui laisser boire son sang quand la ville étaient remplie de centaines de millier d'humains qu'il aurait pu séduire en un clin d'œil.
Néanmoins, rien qu'en voyant le brun devant lui, il comprenait pourquoi il était venu. La simple vue de son cou le rendait extatique et impatient, faisait pulser ses canines douloureusement dans ses gencives et décuplait son aura, bien que celle-ci n'eut malheureusement aucun effet sur la constitution non-humaine du jeune homme. Une morsure : c'était tout ce qu'il lui avait fallu pour devenir accro à son sang.
Harry n'était bien évidemment pas aveugle et ne restait pas insensible à l'affichage de désir plus qu'ostensible du blond, et malgré tout son self-control et sa volonté de fer, il se sentait faiblir.
Ses instincts liés à ce fichu enchaînement étaient si puissants. Le raz-de-marée de sensations qu'il éprouvait à la vue de son lié et du clair désir que celui-ci éprouvait pour lui –ou plutôt pour son sang, mais ça, son enchaînement semblait s'en contre-foutre – suffisait à lui donner la puissante envie de finaliser le lien avec le vampire. Il s'en voulait tellement, parce qu'il savait que malgré toutes ses bonnes résolutions il allait abandonner, comme un lâche. Il allait faire honte à toute sa race et s'offrir à nouveau au blond, parce que c'était ce que son corps et le loup en lui désirait plus que tout en cet instant. Il en avait besoin, bordel. Tellement besoin.
Il ferma les yeux avec force, comme s'il allait se réveiller de ce cauchemar.
-Harry ? »
Oh Gaïa, rien que sa voix. Sa voix. Elle aurait suffit à le rendre fou. Depuis deux jours il n'avait fait rien d'autre que de songer à lui, ses instincts le poussant à le retrouver contre toute logique pour s'assurer qu'il allait bien.
Le brun rouvrit les yeux et regarda le blond qui semblait intrigué, visiblement lui aussi perdu, mais pas pour les même raisons. C'est sûr que le comportement du loup-garou devait lui sembler plus qu'étrange... Mais les vampires pensaient déjà qu'ils étaient tous déséquilibrés de toute façon, non ?
Harry contourna le comptoir en soulevant la petite bar de fer qui séparait l'espace pour le public de celui des employés, et passa de l'autre côté.
-Harry, où est-ce que tu vas ! » S'écria Hannah en le voyant saisir le poignet du blond et le tirer vers la sortie.
Harry ne lui prêta pas la moindre attention et continua d'entraîner le blond dans son sillage. Draco se ressaisit après quelques secondes et se défit de la prise du loup-garou sur son poignet, tentant de calmer les sonnettes d'alarme qui avaient retenti dans sa tête lorsque l'autre l'avait agrippé d'un telle manière, associant le geste automatiquement à une attaque –on effaçait pas en quelques jours des automatismes innés vieux de plusieurs milliers d'années.
En à peine quelques secondes, ils étaient à nouveau dans cette allée sombre, lugubre mais suffisamment éloignée de l'agitation pour qu'ils soient tranquilles.
Harry marchait d'un pas vif et semblait perturbé, un mélange d'angoisse et de colère sur ses traits.
Il fit volte face, et tira sur le col de sa chemise impeccable, faisant sauter les premiers boutons du col sous la force de sa poigne.
-C'est mon sang que tu veux ! » Demanda t-il, le souffle court sous le coup de la rancœur et de l'adrénaline. « Alors vas-y, sers toi, je ne te retiens pas ! » Et il ajouta à voix basse « Non pas que je pourrais... »
Les yeux de Draco virèrent instantanément au rouge, bien qu'il sut qu'il fallait qu'il parle au brun avant, qu'il tire cela au clair -il y avait clairement un problème, quelque chose ne tournait pas rond, n'importe quel idiot l'aurait compris le loup garou n'agissait pas de manière normale.
Mais au moment où il avait ces pensées, Draco se rendit compte que ses lèvres se trouvaient déjà tout contre la gorge chaude du loup-garou, son pouls battant contre sa langue avide, tandis que ses mains délicates étaient venues enserrer les poignets forts du jeune lycanthrope qui paraissait résigné. Ses crocs aiguisés au possible éraflaient déjà doucement la peau au goût de miel du brun, et Draco savait qu'il ne pourrait pas se retenir bien longtemps. Et pourquoi de toute façon ? Il y avait quelque chose, quelque chose qui aurait dû l'arrêter, un problème... Mais il ne savait plus quoi maintenant, il n'arrivait plus à penser.
Le rythme cardiaque et la respiration de Harry s'accélérèrent nettement tandis que le souffle du vampire balayait sa carotide et que deux canines pointues se pressaient contre sa peau, sans assez de force pour percer, mais assez pour lui faire perdre la tête.
-Oh Gaïa, pourquoi... Pourquoi... ? » Murmura Harry avec un sanglot étranglé, entre le désespoir et l'extase.
Tout son corps se cambra puissamment contre le blond quand les canines percèrent enfin sa gorge avec une lenteur exquise, lançant des feux d'artifice dans ses terminaisons nerveuses à vif. Il recula d'un pas et son dos rencontra le mur derrière, sur lequel Draco le poussa un peu plus pour coller son corps contre lui d'avantage.
À travers le délicieux nuage de délice qui embrumait son cerveau, Harry était parfaitement conscient du désir qui pulsait dans des régions inférieures de son anatomie, mais il ne parvenait pas à s'en vouloir, surtout que le blond était dans le même état que lui, son membre engorgé se frottant doucement contre son aine tandis qu'il buvait à longues gorgées.
Harry leva une de ses mains pour la poser dans les cheveux blonds, et se délecta de leur douceur encore plus agréable que ce qu'il avait imaginé. Il pencha d'avantage la tête et donna une légère pression contre l'arrière du crâne de son lié. C'était si bon, il aurait voulu qu'il ne s'arrête jamais. Draco poussa un léger grognement d'extase, plongeant sa propre main fébrile dans les cheveux rebelles du loup-garou.
Suivant ses envies sans y réfléchir à deux fois, Harry descendit son autre main sous la chemise grise que portait ce soir là le vampire et l'ouvrit d'un coup sec, dévoilant son corps à ses doigts affamés qui parcoururent avec délice le ventre finement musclé de l'autre, avant de s'attarder sur ses tétons dressés. Il retira sa main gauche des cheveux du vampire et la laissa tomber sur le devant de son jean, caressant un instant la bosse dure qui le déformait, avant d'ouvrir sans autre préambule pour prolonger de manière plus directe ses caresses.
Sous le coup de la double sensation, Draco ne put s'empêcher de déloger ses canines quand un glapissement de surprise et de plaisir franchit ses lèvres. Il mordit sa lèvre inférieure, tentant de faire taire le gémissement lascif qui passa néanmoins. D'ordinaire, c'était plutôt lui qui entreprenait les activités sexuelles avec ses victimes après qu'il ait bu aussi, cela était plutôt inhabituel quoique très plaisant. Il était très rare pour lui de ne pas avoir le contrôle sur ce genre de choses –sauf lorsqu'il couchait avec Pansy, avec elle, impossible qu'elle ne domine pas.
L'agressivité et l'empressement que montrait Harry excitait également Draco qui ne put s'empêcher de rejeter légèrement sa tête en arrière lorsque la main du brun se mit à s'activer d'une bonne cadence sur son membre brûlant et déjà humide. La fièvre qu'il éprouvait après l'ingestion de sang, ou plus exactement de ce sang, ne faisait qu'augmenter l'ivresse qu'il éprouvait.
Oui, oui... Il ne s'était pas trompé quand il disait qu'il se sentait vivant ainsi. Boire le sang des humains quelconques n'avait peut-être plus vraiment d'effet sur lui, mais en cet instant, Draco jugea que c'était un prix qu'il était prêt à payer si cela signifiait qu'il pouvait se sentir aussi en vie dans les bras du loup-garou. Son sang, son odeur, son étreinte, ses mains sur lui, c'était plus enivrant que tout ce qu'il avait jamais ressenti jusque lors il était perdu, jamais plus il ne pourrait s'en passer c'était certain.
Alors que la main du brun exerçait un présent une délicieuse cadence sur son membre dur, Draco se sentit partir dans un râle, des étoiles dansant devant ses yeux gris cerclés de rouge.
-Oui, oui... Oh Harry... » Gémit t-il sans retenu.
Le loup en Harry jubilait de combler de manière si évidente son lié, et Harry se sentait intensément satisfait. Néanmoins, toujours impérieux, le besoin de finaliser le lien ne le quittait pas, et sans lui laisser le temps de se remettre complètement de l'orgasme dévastateur que le blond venait d'éprouver, Harry fit un demi-tour en entraînant le blond avec lui. Le vampire était à présent celui dos au mur et Harry celui qui se pressait contre lui.
Harry baissa entièrement le pantalon du vampire qui partit descendre à ses chevilles.
Il posa ses lèvres contre le lobe de l'oreille du vampire devant lui et le mordilla délicatement, tandis que ses mains caressaient à présent le dos et le bas ventre de l'autre d'une manière lascive mais puissante. Ses hanches bougeaient comme de leur propre accord, frottant son membre contre la peau crémeuse du vampire d'une manière désespérée.
Ses coup de reins plus bas commençaient à s'accélérer, et il savait qu'il ne pourrait plus se retenir bien longtemps avant qu'il clame le corps gracieux sous lui comme sien, il fallait qu'il se débarrasse de son pantalon. Il se frottait toujours contre l'aine de son lié dont la virilité commençait à se réveiller peu à peu pour la seconde fois, poussant de faible grognements et gémissements incohérents de plaisir.
Harry détourna la tête du vampire, se forçant à cesser les mordillements qu'il exerçait son l'oreille de l'autre quand une furieuse impulsion de le mordre dans le creux de l'épaule le prit. L'accouplement chez les loup-garou était généralement plutôt violent, ceux-ci ayant tendance à se livrer à leur loup intérieur tandis qu'ils se laissaient aller au plaisir de l'union, sauf que là, Harry le savait, il ne pouvait se laisser aller de la sorte avec Draco. Si la mâchoire de Harry se métamorphosait et qu'il le mordait de ses crocs aiguisés de loup, la morsure serait irréparable et resterait pour toujours sur la peau du blond, les vampires étant incapables de guérir totalement d'une morsure de loup-garou.
Son trouble se dispersa lorsqu'il sentit à nouveau la langue chaude du vampire tracer la carotide de sa gorge qu'il lui montrait à présent. Peut-être Draco avait-il perçu ce geste comme une offre, après tout chez les vampires, présenter son cou à autrui signifiait une invitation explicite à la morsure en tout cas, lorsque Harry sentit à nouveau les deux canines contre sa peau, il n'aurait pu trouver matière à s'en plaindre. Il se demanda fugitivement comment quelque chose d'aussi étrange qu'une morsure, un acte bestial qui aurait du être très douloureux, pouvait lui être aussi intensément bon. Peut-être y avait-il quelque chose qui ne tournait pas rond chez lui, ça ne pouvait être normal, si ?
C'était la deuxième fois qu'il s'abreuvait à sa gorge, et Draco prenait garde de ne pas boire trop rapidement afin d'éviter à Harry de désagréables vertiges dus à une crise d'hypovolémie.
Tandis que Draco s'abreuvait toujours à son cou, Harry fit glisser sa main droite le long de la cuisse de Draco, qui était toujours dos au mur, profitant de sa position pour relever sa jambe à l'aide de son genou qu'il avait immiscé entre ses cuisses. Draco était désormais nu en dessous de la ceinture, son pantalon à terre et ne portant guère plus que sa chemise entre-ouverte. Néanmoins, il ne semblait pas s'en soucier le moins du monde, gémissant à nouveau alors que l'une des mains de Harry agrippa ses cheveux avec force tandis que l'autre caressait sa hanche dans une sorte de torture exquise.
La désir montait et allait atteindre son apogée quand Draco décida de débarrasser le brun de son encombrant pantalon. Qui avait bien besoin d'un pantalon ? Songea t-il hâtivement, toujours affairé à sa gorge tandis que ses mains expertes ouvraient sans préambule la ceinture de l'autre. Et qui avait besoin d'une foutue ceinture? Pensa t-il avec impatience et contrariété lorsque ses doigts manquèrent la boucle et qu'il dut recommencer.
À la deuxième fois, il parvint enfin à libérer Harry de sa ceinture, de son pantalon et du reste, qui partirent rejoindre le sol. Le jeune loup-garou s'en débarrassa d'un geste empressé de la cheville, profitant que Draco ait relâché sa prise sur sa gorge pour coller son érection enfin libre contre la sienne, ne pouvant réprimer un léger grognement d'intense plaisir mêlé à un certain soulagement tandis que leurs désirs mutuels se touchaient, s'entre-choquaient et se caressaient sans qu'aucun tissu n'entrave leur contact.
Draco frissonna légèrement en entendant le grognement légèrement animal que venait de pousser son presque amant. Malgré l'épais nuage de plaisir qui enfumait son cerveau et coulait dans ses veines, une partie de lui-même reconnaissait le caractère hautement dangereux de la situation. Oui, le loup-garou aurait pu disposer de lui d'un simple coup de crocs en cet instant. Et il aurait même eu une excuse valide à présenter : après tout Draco l'avait mordu, non ? Il pourrait toujours dire qu'il l'avait attaqué... Oui, c'était dangereux. Très dangereux même. Alors pourquoi Draco ne faisait-il rien, et se contentait de rester ainsi avec le loup, plaqué au mur à gémir doucement d'un plaisir plus intense qu'il n'avait jamais eu l'occasion de ressentir? Sûrement parce qu'il pouvait bien crever sur place et qu'il n'en avait cure. Ces quelques minutes de vie valaient bien toutes les prises de risque du monde.
Oui, décida t-il tandis que le brun caressait doucement l'intérieur de sa cuisse relevée, et le reste du monde pouvait attendre.
Draco sentit à peine la douleur lorsque Harry entra enfin en lui, bien qu'il ne l'eut pas préparé. À vrai dire, Draco aurait été surpris si l'autre avait pris le temps de le préparer à la pénétration ses gestes étaient fébriles et empressés comme s'il était physiquement incapable d'attendre d'avantage– et puis, ils étaient au beau milieu d'une foutue ruelle – le décor ne se prêtait guère à la dentelle. Cependant Draco s'était sentit si prêt et si désireux que la douleur ne fut que brève et minime. Ce n'était certes pas la première fois qu'il faisait ce genre de choses, même si généralement il était plutôt celui qui dominait l'acte.
Draco se rendait compte qu'il y avait là quelque chose qui aurait pu être perçu comme insultant. Un vampire qui se faisait prendre ainsi par un simple loup-garou. Oui, ça n'était probablement pas une chose que nombre de vampire auraient vu d'un bon œil. Mais à présent c'était trop tard de toute façon, et c'était si bon qu'il n'arrivait pas à culpabiliser. Ni même à raisonner à vrai dire. Le plaisir intense occultait tout le reste, et son corps n'était plus qu'une masse d'extase à l'état pur penser lui était tout simple impossible.
Harry s'immobilisa un instant lorsqu'il fut enfin à l'intérieur de son lié, tremblant légèrement tant les sensations éprouvées étaient fortes. Le besoin de s'accoupler avec celui à qui il était enchaîné était incroyablement puissant, mais une part de Harry voulait profiter de ce moment. Ses doutes, colères et peurs s'étaient envolées, et plus rien d'autre ne comptait à ses yeux en cet instant que Draco. Son lié. À lui. En ce moment, il n'avait que faire que Draco fut un vampire, que tout jusqu'à leur race les séparait et qu'il aurait sûrement été rejeté par les siens s'ils avaient eu vent de l'acte qu'il commettait. Ce qui comptait était le fait qu'il ne faisait plus qu'un avec son lié, et que jamais, jamais il n'avait autant désiré un autre être.
Leurs ébats étaient brutaux mais passionnés, et malgré la force et la violence de leur coups de hanche de plus en plus rapides et désordonnés, il y avait une étrange douceur, avide et presque désespérée entre eux.
L'arrière du crâne de Draco reposait à présent contre le mur derrière lui, la tête relevée et les yeux clos, sa respiration sifflante et haletante sortant laborieusement de ses lèvres rougies et entrouvertes.
Les yeux brumeux de Harry parcoururent un instant le visage du blond, le trouvant magnifiquement beau, quand son regard s'attarda sur la commissure des lèvres fines. À vrai dire, la propreté presque surnaturelle dont avait fait preuve Draco en buvant son sang était très surprenante pour Harry – il avait toujours pensé que les vampires s'abreuvaient dans un bain de sang après tout mordre la jugulaire de quelqu'un pour le vider ou presque de son sang n'avait pas exactement l'air d'une tâche propre et soignée. Néanmoins, il avait eu tort, car à part une fine rigole de sang qui avait séché au coin de la bouche du vampire, et s'il ignorait les deux trous qu'il devait avoir sur le côté de sa gorge, rien n'aurait pu laisser penser qu'il venait de se faire mordre.
Cédant à la brusque impulsion qui le saisit tout à coup, Harry se pencha et lécha le sang – son sang – dans le pli de la lèvre du blond. Comme il s'y attendait, son sang n'avait aucun goût particulier. Draco ne parut pas se soucier de son acte impulsif, mais il rouvrit ses yeux embrumés pour lui jeter un coup d'œil étrange, comme s'il s'amusait de quelque chose que lui seul pouvait comprendre.
Les mouvements de leur bassins se faisaient de plus en plus rapides, et la main de Harry à nouveau sur la virilité du vampire ne lui laissait aucun répit. Harry sentit soudain les ongles de Draco s'enfoncer dans la chair de ses épaules tandis qu'il partait dans un râle, et il ne mit que quelques minutes de plus avant de trouver lui-même la libération dans un ultime coup de rein.
Harry posa son front sur l'épaule devant lui, écoutant le mélange de son souffle haletant à celui de Draco dont la respiration était toujours rapide et saccadée, son corps se remettant doucement de l'orgasme dévastateur qu'il venait de connaître.
La réalité les rattrapa néanmoins peu à peu, brisant le moment unique et irréel qui venait de les envelopper, leur rappelant qu'ils se trouvaient au beau milieu d'un ruelle ouverte.
Bien qu'il prenait doucement conscience de ce qui venait exactement de se produire tandis qu'il se rhabillait rapidement, Harry demeurait calme, ce qui, même à lui-même, lui semblait plutôt étrange en effet il se serait attendu à paniquer une fois la drogue de la passion retombée. Il jeta un coup d'œil au vampire qui s'était rhabillé en clin d'œil grâce à sa vitesse hors du commun – faculté qui ne lui épargnait cependant pas une chemise froissée aux boutons arrachés. Ses yeux gris brillaient toujours, mais d'une lueur bien différente que celle de la soif de sang, et ses cheveux décoiffés retombaient sur sa tempe en mèches rebelles.
Il ne paraissait pas troublé, comme si ce qui venait de se passer était la chose la plus naturelle du monde et n'avait rien d'anormal. Ses yeux gris le transperçaient à présent d'un regard vif, lui lançant un message indéchiffrable et muet.
Ses yeux se détournèrent enfin des siens, et avec un dernier geste de la main, comme un vague salut, il s'éloigna du brun, d'un pas nonchalant qui donna à Harry la nette impression que le vampire blond était définitivement un petit con des plus sexy.
-Harry, vieux, il y a quelque chose qui va pas ? » Demanda à Harry son meilleur ami, assis sur une souche d'arbre, une tige d'herbe sauvage entre les dents. « Tu n'as pratiquement rien dit de toute la journée... »
Harry, qui jouait distraitement avec une châtaigne qu'il faisait rebondir dans sa paume et rattrapait au dernier moment avant qu'elle ne tombe au sol, releva la tête et considéra le rouquin qui le regardait d'un air embêté. Le domaine psychologique n'était pas vraiment le fort de Ron, mais il se faisait du soucis pour son meilleur ami qui avait été inhabituellement silencieux au cours des deux derniers jours. Non pas que Harry fut un bavard de première -c'était plutôt Seamus, ça-, mais son mutisme n'était pas tout à fait normal.
Hermione était un peu plus loin, un sac de bonne taille à la main, occupée à ramasser les châtaignes fraîchement tombées. Tous les ans, au tout début du mois de Novembre, Mrs Weasley les envoyait à la cueillette, et l'après-midi se finissait invariablement avec leurs familles réunies autour d'un poêle ronflant et d'une montagne de châtaignes grillées. D'ordinaire, la perspective ne manquait jamais de réjouir Harry, mais aujourd'hui il avait été plongé dans ses pensées, se remémorant les événements de la veille, en espérant décoder enfin le comportement du vampire lorsqu'il était parti.
-Désolé, Ron » Répondit Harry avec un sourire sincère et gêné. « J'ai eu une longue nuit hier, au boulot. » Expliqua t-il.
Non pas que ce fut tout à fait un mensonge, songea t-il. Un petit maquillage de la vérité par omission n'avait jamais fait de mal à personne, n'est-ce pas ?
C'était idiot, et surtout très inutile, mais il n'avait pu s'empêcher de repasser en boucle dans son cerveau le moment où Draco était parti, hier, l'air blasé et indiffèrent, comme si rien n'avait d'importance. Draco l'avait-il mordu par simple jeu ? Après tout pourquoi ne l'aurait-il pas fait ? Harry avait eu l'impression d'avoir vécu quelque chose d'intensément spécial avec le vampire, la veille, mais peut-être l'autre ne l'avait-il pas perçu de la même manière... Après tout il n'était pas enchaîné, lui; et ceci pouvant expliquer cela : il était un vampire. Le sexe et le sang étaient monnaie courante chez eux.
Harry poussa un faible soupir. Même s'il ne pouvait pas vraiment regretter ce qui s'était passé la veille – comment l'aurait-il pu ? –, il ne pouvait s'empêcher de se trouver quelque peu idiot... Le pauvre petit loup-garou éprouvant le besoin de faire le beau devant un vampire... Sûrement il y avait là matière à se sentir stupide. D'ailleurs, il avait déjà décidé qu'il n'irait pas au Moonbeam ce soir... Et tant pis pour les conséquences de ses absences répétées au travail...
Et bien-sûr, tout cela n'était pas la seule chose qui inquiétait Harry. Il y avait aussi le fait que l'enchaînement était désormais quasiment tangible dans son esprit depuis qu'il l'avait 'finalisé' avec son lié, comme si un véritable lien s'était noué en lui pour le relier au vampire qui se trouvait à des kilomètres de là.
Si Harry se concentrait très fort, il pouvait ressentir de faibles émotions étrangères, qui étaient sans aucun doute celles du blond. Cette étrange sensation était néanmoins relativement facile à ignorer grâce à la distance qui le séparait présentement du vampire. Mais il n'empêchait que tout cela était très nouveau est très effrayant pour Harry qui n'avait que son inexpérience et sa réticence pour le guider.
-Harry ! » S'écria Ron, le sortant à nouveau de ses pensées. « Et voilà que tu repars dans les nuages ! Tu peux pas t'en empêcher ! »
Harry ébouriffa ses cheveux dans un geste caractéristique montrant sa nervosité. Pour lui qui avait toujours absolument tout confié à ses deux meilleurs amis, leur cacher un secret de cette taille était incroyablement difficile.
-Ok, ok, désolé, Ron... » Fit-il en se levant, bien décidé à ne plus accorder la moindre pensée aux événements de la veille. « On a pas assez de châtaignes maintenant, de toute manière ? »
-Si c'est bon, je pense. » Répondit Hermione à sa place qui était revenue, exhibant le sac rempli ils y avaient passé pratiquement toute l'après-midi.
Elle lui adressa un sourire rassurant. Elle aussi avait bien entendu perçu que quelque chose troublait son ami. Elle le connaissait pour ainsi dire par cœur et étaient très intelligente. Néanmoins elle ne le pressait pas de questions, et pour cela, Harry lui était reconnaissant.
Ils se remirent en marche vers le village, bavardant de tout et de rien, et cette fois Harry fit bien attention de participer à la conversation. Ils étaient venus sous leur forme homidée, cueillette oblige, et même s'ils ne se déplaçaient pas aussi vite dans leurs corps humain que sous le forme crinos ou lupus, ils appréciaient tous l'agréable ballade dans la forêt, assombrie par la ramure des hauts pins, riche en senteurs de la terre et aux sons clairs des oiseaux. La nature était leur élément, et Harry s'y sentait toujours chez lui.
Le reste de l'après-midi se passa sans surprise chez les Weasley, dans la cuisine qui étaient encore plus bondée que d'ordinaire puisqu'elle réunissait la famille Weasley au grand complet, les parents d'Hermione ainsi que Sirius et Remus.
Les discussions allaient bon train et l'humeur était bavarde et joyeuse. Harry s'amusait tellement des pitreries des jumeaux Fred et George tout en savourant les délicieuses châtaignes grillées qu'il en oublia presque un instant ses tourments, quand soudain Hermione demanda quelque chose à Sirius qui donna un tournant plus sérieux à l'ambiance :
-Est-ce que Dumbledore a parlé à Nimphadora Tonks au sujet des.. disparations ? »
Tous tournèrent la tête vers Hermione et Sirius, l'air très intéressé. Sirirus était souvent aux côtés du chef, et l'on pouvait compter sur lui pour apporter des nouvelles fraîches. Harry s'en voulu un peu de ne pas avoir pensé à demander lui même ce qu'il en était – à vrai dire ses pensées avaient été plutôt ailleurs ces derniers temps, mais il n'empêchait pas que les disparitions au sein de la meute ne le laissaient pas de marbre, bien au contraire.
C'était un sujet sensible qui peinait tous les siens, et malgré l'apparente impasse dans laquelle ils se trouvaient, l'affaire peinant à avancer, Harry ne pouvait s'empêcher d'espérer que les choses ne tarderaient plus à s'arranger et que le mystère sur ces disparitions se dissiperait bientôt, avec à la clef le retour des disparus au sein de la meute. La large silhouette de Hagrid lui manquait vraiment...
-Non... J'ai encore essayé de convaincre Albus qu'un chasseur pourrait se cacher là-dessous, mais il semble s'en remettre au jugement de Fol-Œil et de Kinglsey... » Maugréa t-il, l'air visiblement mécontent.
Fol-Œil et Kinsgley étaient bien-sûr deux loups guerriers aguerris, et Sirius ne pouvait pas vraiment en vouloir à Dumbledore.
-Il faudrait qu'on fasse quelque chose ! On devrait aller le trouver nous-même ce chasseur. » S'écria George, aussitôt approuvé par son frère jumeau.
-Allons, calmez-vous donc un peu ! » Coupa court Molly Weasley, en assénant un léger coup de spatule sur la tête rousse de son fils. « Ce sont des histoires de grandes personnes. »
-Hein ? Mais maman on a plus cinq ans je te rappelle... » Protesta Fred tandis que George frottait son crâne d'un air outré.
-Alors arrêtez de dire autant de sottises. » Conclut la mère Weasley.
-Mais... » Commença George, dépité.
-Votre mère a raison. » Interrompit Remus qui était resté silencieux jusque là, l'air pensif. « Il n'y a rien que nous puissions faire pour l'instant de toute façon. »
À vrai dire, Remus ne pensait pas non plus que les disparitions soient le fait de chasseurs, sur ce point il était d'accord avec Maugrey et Kingsley, bien que cela ne plut guère à Sirius. Cette méthode d'agir ne leur ressemblait pas. Ils comprenaient les plus téméraires d'entre eux, néanmoins : l'envie de foncer tête baissée contre un ennemi était forte, car avancer à tâtons dans le noir contre l'inconnu était bien plus effrayant, c'était certain.
-Et si c'était un vampire qui faisait tout ça ? Cette vermine en serait bien capable ! » S'écria Ron a personne en particulier.
Harry ne put s'empêcher de se tendre imperceptiblement au mot 'vampire', bien que, par chance, personne ne s'en aperçut. C'était ridicule, bien-sûr, et il se força à se détendre, il était vraiment bien trop à cran.
-Ron, tu sais bien que nous avons passé des accords avec eux... » Fit Hermione, en levant les yeux au ciel comme elle le faisait souvent quand elle jugeait que Ron venait de dire quelque chose de particulièrement idiot.
Ron bougonna quelque chose d'inintelligible, comme s'il ne pensait pas que des soit-disant 'accords' passés avec des êtres aussi répugnants pouvaient valoir quoi que ce soit.
-Oui, ça serait très improbable, Ron » Fit Arthur avec patience. « Et de plus, battre un des notre physiquement serait tâche impossible pour un vampire seul – dans l'hypothèse où ces enlèvements seraient l'agissement d'un vampire fou. »
La conversation mourut petit à petit. Hermione regretta un peu d'avoir lancé le sujet. Elle était tellement avide d'informations, parfois... elle ne pouvait s'empêcher...
-Tu ne devais pas aller au travail ce soir, Harry? » Lui demanda t-elle dans l'espoir de changer le ton dans la cuisine.
Il faisait déjà noir dehors. Harry jeta un coup d'œil à sa montrer et soupira. Il n'avait vraiment pas envie d'y retourner, et serait bien resté d'avantage dans la cuisine des Weasley, mais s'il décidait de rester sans donner l'explication du pourquoi, ils se douteraient tous qu'il y avait anguille sous roche. Après tout, Harry n'avait encore jamais manqué le travail.
-Oui, tu as raison, je vais y aller. » Décida t-il soudain, presque impulsivement en se levant de sa chaise.
Il remercia chaudement la mère de son meilleur ami avant de saluer tous les autres qui déjà semblaient avoir repris leur entrain, leur adressant un dernier sourire innocent avant de quitter la demeure familiale des Weasley. Il ne vit pas le petit regard inquiet que Hermione lui lança. Son masque de normalité avait beau être presque parfait, le regard vif de la brune pouvait voir à travers les failles.
Comme il l'avait décidé, Harry n'alla pas au Moonbeam une fois arrivé en ville, l'idée ne l'effleura même pas à vrai dire. Au lieu de cela, il alla directement au seul endroit qu'il appréciait vraiment dans cette ville : le garage de Sirius, dans lequel il avait passé plus d'heures qu'il ne pouvait en compter, à retaper des motos et à aider son parrain avec les réparations et le fonctionnement du garage.
De nuit, l'endroit semblait bien diffèrent qu'il ne l'était de jour, baigné d'ombre aux formes grotesques, mais Harry connaissait si parfaitement les lieux qu'il y aurait presque pu y marcher les yeux fermés. La porte de devant était bien-sur verrouillée, et comme Harry n'avait que la clef de cadenas qui fermait la porte de la cour arrière, il décida de sauter par dessus le grillage.
Il jeta un rapide coup d'œil à droite et à gauche afin de s'assurer qu'aucun humain ne s'apprêtait à être le témoin de ce qu'il allait faire – quoiqu'il aurait été de toute façon difficile de voir quoique ce soit pour quiconque n'était pas nyctalope – avant de sauter prodigieusement par dessus le grillage haut d'un bon deux mètres cinquante.
Le tout n'avait duré que quelques secondes, et lorsqu'il tomba de l'autre côté du grillage il se hâta de traverser l'arrière-cour du garage.
Dans la cour étaient entreposées quelques pièces détachées vielles et sans valeur, que Sirius ne craignait pas d'être volées, et traînaient ça et là quelques outils que Harry reconnaissait comme les siens. Venir bricoler au garage était toujours un bon moyen pour lui de se changer les idées, et il avait bon espoir que ce soir ne serait pas diffèrent de d'habitude, car Gaïa savait qu'il avait besoin de penser à autre chose.
Il entra sans encombre à l'intérieur du hangar où étaient entreposées quelques voitures qui attendaient d'être réparées ou qui venaient de l'être et que les propriétaires passeraient prendre bientôt. Harry décida de s'accorder le luxe d'un peu de lumière, et poussa l'interrupteur, illuminant aussitôt le garage désordonné mais propre, quoique poussiéreux. C'était un garage dans un hangar en béton très simple, de taille moyenne, mais qui évoquait à Harry nombre de moments heureux passés avec son parrain.
Il fit quelques pas, ne s'occupant même pas de fermer convenablement la porte de l'arrière cour derrière lui, et s'avança vers la petite moto qu'il avait commencé à réparer quelques mois auparavant. Elle avait été dans un sale état quand il avait racheté les restes, une épave même. Mais après des mois de dur travail, elle était presque finie et Harry était plutôt fier du résultat. La peinture était à refaire, et il y avait pas mal de détails à fignoler, bien-sûr, et même si Harry aurait presque voulu pouvoir travailler dessus à jamais, il n'était pas fâché de voir son petit bijou si resplendissant.
Sirius disait qu'il pouvait en tirer un bon prix s'il la revendait –Sirius connaissait suffisamment de gens dans le milieu pour lui trouver un bon acheteur – mais Harry comptait la garder, bien qu'il eut déjà sa propre moto. Et puis, il pourrait toujours la revendre un jour, s'il avait besoin d'argent pour... aller à l'université, ou quelque chose comme ça...
Le regard de Harry était à présent fixé sur la selle de la moto qu'il caressait doucement du bout des doigts d'un geste distrait, mais ses yeux ne voyaient rien, tant il était plongé dans ses pensées. Oui, peut-être pourrait-il aller à l'université, ou dans une école, histoire de faire quelque chose... Il aimait le garage et la mécanique, mais en fin de compte, il ne pensait pas vouloir faire cela toute sa vie... Il n'avait jamais véritablement pensé à l'avenir, à son avenir. Il voyait le futur au sein de la meute, entouré d'amis et d'une famille. Mais maintenant... Depuis l'enchaînement... Tout était diffèrent...
Harry secoua la tête, une expression contrariée peinte sur son visage, et il poussa un léger grognement de frustration. Il était venu ici pour se penser à autre chose, pas pour ressasser les même idées noires comme un serpent qui se mord la queue.
Il tira à lui le tabouret rangé sous l'établi et s'y laissa choir, bien décidé à se concentrer sur sa tâche. Sur la table en bois de travail, sa table de travail en fait – Sirius n'y touchait jamais- se trouvaient les pièces détachées du tableau de bord de la moto, qu'il avait commencé à remonter une semaine auparavant, lorsque sa vie avait encore été tout à fait normale et qu'un certain vampire ne harcelait pas ses pensées sans cesse.
Remonter le tableau de bord avec toutes ses petites visses était un travail de précision, mais les doigts de Harry volaient comme ceux d'un couturière avertie, pour l'avoir fait de nombreuses fois auparavant. Aussitôt qu'il eut commencé, sa tête se vida peu à peu pour se concentrer sur la tâche qui requérait toute son attention, lui accordant quelques instants bénis de plénitude.
Blaise ne le regardait pas, ses yeux savourant la robe dorée du whisky qui ondulait comme une mer de soie tandis qu'il faisait tourner le verre entre ses doigts fins et agiles, les deux glaçons heurtant de temps à autres le verre dans un petit bruit mat très satisfaisant.
-Et est-ce qu'il a dit autre chose après cela ? » Demanda Blaise à Draco qui était assis en face de lui, de l'autre côté de son imposant bureau en verre et dont la surface supérieure était recouverte de cuir naturel.
Draco secoua la tête, un air sérieux sur le visage, mais sa posture néanmoins détendue Blaise était content de lui, et sa petite 'mission' de la veille s'était passée à merveille.
-Non. » Affirma le blond d'une voix égale. « Oggiano m'a supplié de te faire savoir qu'il regrettait profondément les événements du mois passé. »
Le regard de Blaise se détacha enfin de son verre qu'il reposa sur le bureau, et ses yeux aussi noirs que le charbon se posèrent enfin à nouveau sur la silhouette de Draco, une expression satisfaite sur le visage.
La veille au soir, après que Draco ait... 'rencontré' Harry, le blond avait décidé de mener à bien la mission que Blaise lui avait confié. Cela avait était simple, à vrai dire, le but avait été d'aller rendre visite à un certain Oggiano, un Italien nouveau venu en ville qui s'était fait un nom rapidement et qui dirigeait une fabrique importante de meth, cette drogue qui faisait des ravages dans le monde à l'heure actuelle.
Le pauvre Oggiano avait quelque peu outrepassé ses limites, et avait cru bon de prendre le pouvoir qu'il pensait lui revenir, décidant de garder tout l'argent pour lui. Blaise, qui ne tolérait pas que l'on remette en doute sa souveraineté sur les bas fonds illicites de Poudlard avait décidé de rappeler à l'italien qu'on ne lui tenait pas tête sans conséquence.
Bien sur, le fait qu'Oggiano et ses sous-fifres soient humains arrangeait bien les choses, et Draco avait été largement de taille pour s'occuper à lui seul de ces imbéciles. Ils n'étaient pas près de recommencer une telle chose, Draco leur avait collé la frousse de leur vie, il pouvait presque revoir la tête qu'avait tiré Oggiano quand il s'était rendu compte que le coup de revolver qu'il venait de tirer sur lui n'avait presque pas fait broncher Draco.
Le blond s'était néanmoins contenté de donner la peur de sa vie à l'italien, sans trop faire démonstration de ses capacités inhumaines, Mascarade oblige. Quoique l'avantage avec les brigands de l'espèce d'Oggiano était qu'on pouvait être sûr qu'ils n'iraient pas au commissariat le plus proche pour tout raconter à la police.
Blaise prit l'épaisse enveloppe pleine de grosses coupures qu'avait déposé sur son bureau Draco et se saisit de quelques billets qu'il tendit à Draco afin de le remercier de ses services, comme il le faisait généralement. Draco ne se servait jamais lui-même, et Blaise le savait. Blaise faisait confiance au blond, et Draco le respectait avec humilité, c'était ainsi que les choses fonctionnaient entre eux. Jamais Draco n'aurait voulu détruire la confiance que Blaise lui portait. Il devait beaucoup au vampire plus vieux, après tout. C'était lui qui lui avait donné ce travail et l'avait aidé lorsqu'il en avait eu besoin. Draco n'était un vampire que depuis quelques mois, et les débuts étaient toujours difficiles pour ceux de son espèce dans leur monde hostile.
Le blond accepta l'argent avec un petit hochement de tête et se leva, comprenant que l'entretien était désormais terminé. Il marcha vers la porte et ses doigts allaient tourner la poignée, quand la voix de Blaise le retint dans son élan.
-Est-ce que tout va bien, Draco ? » Lui demanda t-il d'une voix un peu soucieuse, comme s'il détectait qu'il y avait quelque chose d'anormal dans le comportement du jeune vampire. « Est-ce que tu t'es nourri ? »
Draco tressaillit très légèrement, mais cela ne passa pas inaperçu au regard perçant de l'autre. Le blond se retourna et planta son regard gris perle dans les orbes noires du vampire plus vieux. Le peau de Blaise était aussi foncée que celle de Draco était blanche, et ses cheveux aussi noirs que ceux de Draco étaient blonds. À un simple humain, Blaise aurait semblé être plus ou moins du même âge que Draco, avec son visage de jeune homme et sa peau lisse de toute imperfection, mais n'importe quel vampire aurait aussitôt détecté la puissante aura qui se dégageait de sa personne, vieille de plusieurs siècles.
-Non, je ne me suis pas encore nourri. » Répondit Draco en saisissant la perche que Blaise venait de lui tendre, profitant de l'excuse facile qui lui évitait d'avoir à répondre à la question directement. « Bonne nuit, Blaise. » Conclut Draco avec un dernier salut du chef avant de sortir silencieusement du bureau.
Blaise acquiesça sans un mot, décidé à ne pas poser plus de questions que Draco ne voulait en entendre. Chacun avait ses secrets, Dieu merci, lui même avait sa propre part, et les affaires de son jeune exécuteur ne le regardait pas. Il avait côtoyé suffisamment de vampires durant sa longue vie pour voir qu'il y avait quelque chose qui troublait Draco, et même s'il savait que ça n'était pas ses affaires, il aurait bien voulu l'aider, considérant un peu celui-ci comme son protégé.
Blaise haussa les épaules, et prit une petite gorgée de son scotch.
Quelques heures plus tard, Draco se retrouvait à errer dans les rues, déambulant sans apparemment aucun but, les mains dans les poches et son visage sans expression. Il avait été au Moonbeam, mais il n'avait pas tardé à constater que Harry ne s'y trouvait pas, bien qu'il aurait dû travailler cette nuit là. Mais Draco n'avait pas été vraiment surpris de ne pas le trouver. En effet le faible lien du sang qui le reliait à Harry l'avait tiré dans une autre direction qui n'était pas du tout celle du Moonbeam mais qui semblait au contraire se situer au bord de la ville, plus loin du centre.
Le lien du sang n'avait pas vraiment été une surprise, Draco s'était attendu à en avoir un avec le loup-garou lorsqu'il s'était abreuvé à sa gorge pour la deuxième fois consécutive. Il en avait déjà eu un avec un humain qu'il avait bu à plusieurs reprises il y avait des mois de cela, même si aujourd'hui le lien avait complètement disparu.
C'était chose naturelle pour un vampire que d'avoir un lien avec les victimes qu'il choisissait comme source permanente ou du moins durable de sang, lui avait expliqué Pansy. Le lien de sang, lui avait-elle également expliqué, se créait uniquement entre un humain et un vampire, il ne se produisait jamais entre deux vampires, ce qui était une chance d'ailleurs, avait pensé Draco qui n'avait nullement eu envie de partager un lien qui lui aurait sans cesse indiqué où se trouvait Pansy, pour avoir goûté à sa gorge de nombreuses fois par le passé.
Enfin, Pansy n'avait sûrement pas su qu'un lien de sang pouvait également se créer entre un vampire et un loup-garou, songea t-il avec un petit sourire ironique sur les lèvres. Il aurait bien voulu voir sa tête s'il lui révélait cette information...
Il avait l'estomac vide, mais la Soif n'était pas encore présente, bien qu'il sut qu'elle ne tarderait pas à se manifester s'il ne trouvait pas de quoi boire d'ici l'aube, mais la nuit était encore jeune, et Draco savait qu'il avait amplement le temps. Sans savoir s'il prenait la bonne décision, Draco avait décidé de suivre le lien qui le tirait faiblement là où Harry devait se trouver, faisant confiance à son instinct pour savoir que ses pas le portaient dans la bonne direction.
Il regarda autour de lui avec circonspection. Les rues étaient grises et sales, ce qui était plutôt normal pour Poudlard, mais peut-être était-ce à cause de la lumière blafarde que projetaient les lampadaire dans les rues vides ou bien les clôtures de barbelé rouillé qui entouraient les jardins abandonnés, mais en tout cas l'endroit dégageait un sentiment intense de malaise général des plus désagréables.
Bon dieu, qu'est-ce que le loup-garou pouvait bien faire dans un coin pareil ?
Draco savait pour sûr que les lycanthropes vivaient dans la forêt, aussi ne pensait-il pas que Harry pouvait vivre dans ce quartier. À moins qu'il ne soit entrain de rendre visite à quelqu'un ? Il avait encore du chemin à parcourir avant que le lien ne l'amène enfin au brun, mais il pouvait sentir néanmoins qu'il n'était plus très loin.
Et si Harry n'était pas seul, qu'allait-il lui dire ?
Enfin, songea t-il en se renfrognant, même si le loup-garou était seul : qu'allait-il lui dire ? Si Harry n'était pas allé au Moonbeam, c'était évidemment parce qu'il voulait qu'on le laisse tranquille, non ? Draco pouvait être stupide, parfois...
En fait Draco n'était pas vraiment certain de la raison qui l'avait poussé à partir à la recherche du brun. Au début il avait été un peu inquiet, se demandant si c'était peut-être sa morsure qui avait été néfaste sur la santé du loup – après tout, c'était contre-nature – ce qui l'avait énervé : il ne voulait pas s'inquiéter de l'état de santé du chiot, non. Mais il ne pouvait s'en empêcher. Le fait était qu'il se demandait réellement ce qui avait bien pu arriver au brun.
De toute façon il était trop tard pour Draco pour qu'il ne revienne sur sa décision. Il marchait depuis quelques heures déjà, et il pouvait sentir en lui, grâce au faible lien qui lui indiquait Harry comme une boussole indique le nord, que le loup-garou devait se trouver dans ce hangar qui semblait être... hé bien, un garage. Insolite, pour le moins.
Draco examina la porte d'entrée, et se rendit compte rapidement qu'elle était fermée solidement à clef. Peu enclin à briser le verrou – tout casser ne serait sûrement pas une bonne manière de mettre le loup-garou de bonne humeur –, il décida de contourner le bâtiment pour voir s'il pouvait entrer par l'arrière, marchant comme le plus silencieux des félins, ne causant pas le moindre bruit tandis que ses pieds foulaient le bitume.
Il se demanda brièvement si l'autre avait déjà perçu son odeur, ce qui n'était pas impossible, quoiqu'il ignorait si les lycanthropes possédaient un odorat aussi développé que le leur.
Une haute palissade entourait ce qui semblait être l'arrière cour du garage, et Draco décida de sauter par dessus, ce qu'il parvint à faire sans encombre, rapidement et agilement, atterrissant de l'autre côté sans le moindre bruit avec la souplesse d'une panthère. Son regard se posa immédiatement sur la petite porte du hangar entre-ouverte à l'autre bout de la cour et il ne put empêcher un petit sourire de glisser sur ses lèvres. Bingo.
Preuve que sa méthode pour penser à autre chose était efficace, Harry était tellement absorbé par son travail sur le tableau de bord qu'il ne détecta même pas la présence proche de son lié dans les parages, et ce malgré l'enchaînement qui le tiraillait et essayait de le faire bouger pour qu'il aille à la rencontre du vampire.
Seul un petit toussotement le réveilla enfin de son état de concentration avancé, le faisant légèrement sursauter, un tournevis dans la main droite et les yeux hagards. Seulement là se rendit-il compte des pulsations qui allaient en vagues dans son corps et de la sensation étrange et piquante dans ses narines. Il se tourna aussitôt vers le son et aperçut, sans surprise, la silhouette élancée du vampire blond qui se tenait dans l'encadrement de la porte, une épaule adossée dans l'encadrement. Celui-ci l'observait depuis l'entrée de la porte qui menait à l'arrière-cour, les bras croisés sur sa poitrine et ses yeux gris posés sagement sur le loup-garou qui avait l'air un peu sous le choc de la brusque apparition du vampire.
Comme d'une politesse peu coutumière, Draco demeurait dans l'encadrement de la porte, sur le pas, et Harry se demanda une courte seconde pourquoi Draco n'était pas tout simplement entré, lui qui avait l'air de généralement s'accorder ce qu'il voulait. Aussitôt cette pensée l'avait effleuré qu'elle disparut et Harry se souvint que les vampires étaient réputés pour être physiquement incapables de franchir un seuil sans avoir été invités à l'intérieur par le propriétaire des lieux au préalable.
Harry s'était longtemps demandé si cela était vrai, tant cette règle semblait ridicule, et s'il ne s'agissait pas tout simplement d'une autre légende qu'on ajoutait sur le compte des vampires.
-Salut. » Fit simplement Draco en guise d'introduction.
Harry l'observa un instant sans rien dire, toujours assis sur son tabouret, avant de se rendre compte qu'il tenait toujours à la main son fichu tournevis et qu'il devait avoir l'air ridicule.
-Heu salut... » Répondit Harry sans grande éloquence en reposant hâtivement l'outil sur la table.
Draco pencha légèrement la tête sur le côté et finit par demander :
-Tu me laisses entrer ? »
Harry se leva enfin de son tabouret et marcha jusqu'à la porte où se trouvait Draco qui l'observait avec une lueur incertaine dans le regard, comme s'il se demandait ce que le loup-garou allait bien faire ensuite et s'il allait simplement lui claquer la porte au nez.
-Hum, je ne suis pas le propriétaire d'ici... » Expliqua Harry en se grattant la nuque d'un air presque embarrassé que Draco jugea hilarant.
La bouche du vampire s'étira en un large sourire qui ne manqua pas de révéler ses canines blanches et pointues que Harry nota immédiatement.
-Ça n'est pas un problème. » Assura le blond, son sourire toujours sur les lèvres, comme s'il trouvait que ce que venait de dire Harry était soit ridicule soit très amusant. « Du moment que tu as le droit de m'inviter ça ne change rien. »
Harry fronça légèrement les sourcils à cela.
-Ça n'a aucun sens, comment est-ce que tu sais si je peux ou pas ? » S'enquit Harry qui ne voyait pas la logique de tout ça.
Est-ce que le vampire ne pouvait-il pas entrer si bon lui semblait ? À quoi rimait tout cela ?
Draco qui semblait assez ennuyé haussa les épaules pour montrer son ignorance.
-Et si je ne t'invite pas, qu'est-ce que ça fait ? » Demanda Harry avec une véritable curiosité dans les yeux. Tout ça était bien plus drôle qu'il ne l'aurait pensé.
Draco haussa un sourcil. Le jeune loup-garou ne semblait pas vraiment vouloir lui refuser l'entrée mais semblait plutôt réellement curieux de savoir. C'était étonnant pour Draco que de se rendre compte que Harry ne savait rien des choses qui lui semblaient si évidentes, comme la mécanique de l'invitation par exemple.
-Hé ben, je ne peux pas entrer, c'est tout. » Répondit piteusement Draco.
Harry avait l'air abasourdi et curieux en même temps.
-Essaye quand même ! » Le pressa t-il, avide de voir ce qu'il se produirait.
Une part de lui était certaine que le vampire pourrait tout de même entrer et franchir l'encadrement de la porte. Bon sang, il n'y avait rien après tout : juste de l'air. Rien que n'empêchait personne de faire un pas en avant !
Draco eut une grimace, mais décida de céder à la demande du brun. Voilà qu'il jouait les bêtes de foire pour distraire un loup-garou à présent, magnifique.
Il approcha ses doigts et tenta de les faire passer de l'autre côté de l'embrasure mais, sans surprise, une force invisible repoussait sa main, comme s'il y avait eu une sorte de champ magnétique invisible qui le forçait à rester dehors. Ça faisait bien longtemps que Draco n'avait plus essayé d'entrer nul part sans invitation. Quelques mois auparavant, vampire nouveau-né, il avait essayé à maintes reprises de le faire sans qu'aucune de ses tentatives ne soient couronnées de succès, et il avait fini par se faire une raison. Non pas que la sensation soit particulièrement désagréable, mais l'opération était juste tout simplement inutile.
Il regarda à nouveau Harry qui semblait vivement intéressé, et Draco ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel.
-Bon, alors tu me laisses entrer maintenant ? » Demanda t-il avec une petite pointe d'impatience, comme si le brun était quelqu'un de très lent à qui il fallait tout expliquer. Quelle histoire pour entrer !
-Ok, ok... » Céda Harry. « Tu peux entrer. »
Draco put enfin franchir l'encadrement de la porte sous le regard incompréhensif du brun.
-Alors c'est à qui ce garage ? » Demanda t-il dans le but de faire un peu de conversation, comme si sa présence ici était parfaitement normale et qu'il passait simplement visite à un ami de longue date.
Harry haussa un sourcil surpris et s'assit sur la table, les jambes pendant dans le vide et les mains agrippées au rebord.
-À mon parrain. » Répondit-il simplement, peu désireux de s'encombrer avec les détails. « Qu'est-ce que tu fais ici ? »
Bonne question, songea Draco.
-Et toi, donc ? » Retourna t-il, évitant habilement la question. « Tu devrais être au travail. »
Harry eut un faible rictus.
-Allons bon, voilà que j'ai une nouvelle nounou maintenant ? » Demanda t-il d'une voix railleuse. « De toute façon ils m'ont fichu à la porte... » Ajouta t-il à voix basse, le regard sombre.
Il avait reçu un appel de son patron, quelques heures après que sa période de travail de cette nuit n'ait commencé pour lui annoncer pas très poliment que le Moonbeam se passerait de lui désormais. Non pas que Harry ne s'en était pas douté, après tout par deux fois il leur avait fait faux bond, se sauvant sans revenir en plein milieu de son temps de travail, et voilà qu'à présent il ne venait plus du tout... Il l'avait cherché. Il avait juste espéré que son licenciement aurait pris un peu plus de temps, maintenant il n'avait plus de boulot. En plus, il l'avait bien aimé son job...
Se doutant de la raison pour laquelle le brun avait était mis à la porte, Draco ne put s'empêcher de se sentir un peu responsable, même si ça n'était de sa faute qu'indirectement.
-Désolé... » Fit le blond à voix basse.
Harry fit un geste vague de la main pour signifier que c'était sans importance avant qu'il ne redresse rapidement la tête comme s'il venait de se souvenir de quelque chose de fondamental et qu'il ne lui demande soudain :
-Comment m'as-tu trouvé ? »
Ce n'était pas comme si le garage de Sirius était l'endroit le plus évident au monde lorsqu'on cherchait quelqu'un... Impossible qu'il n'ait pu s'agir que d'un simple coup de chance non plus, la coïncidence aurait été bien trop improbable.
-C'est, hum... » Commença lentement Draco en passant un main dans ses cheveux, remettant en place quelques mèches d'un geste qui sembla presque gêné à Harry. « À cause du lien du sang. » Finit-il simplement, se doutant néanmoins que le loup-garou n'aurait pas la moindre traître idée de ce dont il parlait.
Effectivement, Harry haussa un sourcil inquisiteur, l'intimant à poursuivre.
-C'est un lien qui se développe si je bois régulièrement le sang de quelqu'un. » Expliqua t-il succinctement. « Il est très faible pour l'instant, bien-sûr » Ajouta t-il précipitamment, comme s'il craignait que l'autre ne s'offusque qu'il ait un lien quelconque avec lui.
-Pour l'instant, hmh ? » Releva Harry.
Visiblement le blond ne doutait pas un instant qu'il se nourrirait de son sang à nouveau dans le futur, et Harry était incertain quant à ce qu'il devait en penser. Une stupide partie de lui ne pouvait s'empêcher de se réjouir du fait que son lié désire boire son sang, tandis que l'autre se demandait si cela ne soulignait tout simplement pas le fait qu'il fut une proie facile et rapide pour le vampire – après tout il ne lui avait jamais trop montré de résistance.
-C'est pour ça que tu continues à me coller ? » Demanda un peu froidement Harry, sans pouvoir s'en empêcher.
Mais à quoi s'attendait-il ? Il aurait déjà du être heureux que son lié ne le fuyait pas comme la peste, compte tenu du fait qu'il demeure malgré tout un loup-garou et lui un vampire. Mais il n'empêchait que le fait de n'être rien d'autre qu'une énième proie, un énième jeu pour le vampire laissait un goût amère dans la bouche de Harry.
Draco eut une légère grimace au ton froid et presque accusateur du jeune loup-garou qui le fixait de ses yeux intensément verts. Ça aurait été effectivement bien plus facile à accepter pour Draco si l'unique raison pour laquelle il recherchait constamment le brun avait été pour le sang, son sang qui était d'ailleurs si incontestablement délicieux. Mais Draco le savait, et se le cacher aurait été comme de se voiler la face, ça n'était pas que du sang. Il y avait surtout cette incroyable sensation indescriptible d'être vivant lorsqu'il buvait et était réuni avec le brun qui était plus addictive que tout ce qu'il avait jamais connu.
Draco secoua la tête en signe de dénégation à Harry, pour marquer son désaccord. Mais comment expliquer une telle chose à un être qui était déjà vivant et qui ne connaissait rien à l'extase des plaisirs vampiriques ?
-Non... » Commença Draco, décidé à lui faire comprendre ce qu'il ressentait sans savoir comment s'y prendre. « Mais ton sang est... le meilleur que j'ai jamais bu... il est parfait... » Continua t-il d'une voix lente, son regard tombant automatiquement sur le cou lisse à la peau légèrement bronzée qui le narguait.
Harry ne put empêcher un frissonnement parcourir son épine dorsale devant le regard affamé et prédateur du blond sur sa gorge. Un étrange désir le parcouru, un désir avec lequel il devenait plus ou moins familier : celui d'être mordu. Le vampire venait de lui faire le plus bizarre des compliments, mais qui réchauffait un tant soit peu le cœur de Harry. Ainsi il avait au moins quelque chose de spécial aux yeux de l'autre – s'il disait la vérité, bien-sûr.
Draco se rendait bien compte que sa manière d'agir n'allait pas vraiment en sa faveur s'il comptait montrer à l'autre que son sang n'était pas la seule chose qu'il désirait, mais c'était plus fort que lui. Contre sa volonté, il pouvait déjà sentir ses canines s'allonger imperceptiblement, sortant sans difficulté de leur gencive protectrice, et Draco se doutait que son regard avait du prendre une teinte carmine. Il en avait tellement envie...
Draco releva les yeux sur le loup-garou toujours assis sur la table, dans une requête intense et presque suppliante. Si Harry lui disait non, il savait pas ce qu'il allait faire. Devenir fou semblait une option probable.
Harry déglutit légèrement, observant, presque dans une transe, la manière dont les orbes grises du vampire viraient doucement au rouge, brûlant comme des volutes rubis. Les deux autres fois où Draco avait bu son sang avaient été différentes, plus brutales et sauvages. Draco n'avait alors pas pris le temps de s'assurer de son consentement, tant ils étaient tous deux consumés par un besoin différent mais égal en intensité.
Mais devant le regard de profond besoin que lui adressait Draco, Harry savait qu'il était perdu et que jamais il n'aurait pu repousser le blond. L'enchaînement en lui ronronnait, apaisé et heureux d'être si proche et si désiré de son lié, et refuser quoique ce soit au vampire semblait être un concept qui n'était pas même pas envisageable, tant il était ridicule.
Harry hocha la tête légèrement, tournant le menton presque imperceptiblement mais assez ostensiblement pour le vampire qui comprit la permission muette que lui accordait le brun.
Doucement, comme l'on s'approche d'un oiseau effrayé, Draco s'avança vers le brun et porta sa main droite sur la mâchoire de l'autre, ses doigts frôlant plus que caressant la peau du loup-garou qui restait aussi figé qu'une statue, ayant même arrêté de respirer.
-Détend toi » Murmura t-il avec un faible sourire amusé mais dépourvu de moquerie, laissant ses doigts tomber et se promener contre sa carotide.
Il s'approcha encore d'avantage de lui jusqu'à ce qu'il soit entre ses jambes et que sa bouche soit toute proche de la gorge du loup-garou qui tentait de suivre son conseil et de relâcher ses muscles tendus contre sa volonté.
Il savait parfaitement que ce qui allait suivre n'allait être que plaisir et non souffrance... Alors pourquoi les jointures de ses doigts serrés sur le rebord de la table étaient-elles si blanches ?
Malgré le fait que Harry fut toujours assis sur la table, ils avaient à peu près la même taille, et le souffle de Draco tombait à présent pile dans le creux de son épaule, saccadé tant il peinait à se contrôler. Il aurait tellement voulu enfoncer ses crocs sans préambule dans la chair douce du brun et sentir enfin le goût de son sang qui lui faisait perdre la tête dès la première gorgée... Mais il sentait l'autre nerveux et ne voulait pas le mordre comme un sauvage, Harry lui offrait son sang et méritait mieux que ça, loup-garou ou non.
Draco fit glisser sa main derrière le dos du brun et goûta de sa langue la peau de son cou. Les marques de morsures qu'il y avait laissé la veille avaient déjà complètement cicatrisé et disparu, ce qui n'était pas surprenant si l'on prenait en compte la capacité régénératrice hors-norme des loup-garous, mais ce qui ne plaisait guère à Draco. Les vampires aimaient pouvoir marquer ce qu'ils considéraient comme leur, et aussi inconsciemment qu'instinctivement c'était ce que Draco désirait faire. Il voulait que le sang de Harry lui soit exclusif aucun autre vampire n'aurait pu le boire, il ne l'aurait jamais toléré, et il voulait que ce soit clair pour tous en marquant le brun de sa morsure.
Sa peau avait un goût très plaisant, et Draco se mit à lécher la zone qu'il s'apprêtait à mordre avec une attention sans faille, dans le but de détendre Harry dont les muscles se relâchaient peu à peu.
Après quelques minutes à lécher, sucer et mordiller la peau à présent rougie sous ses lèvres, Draco entendit un faible son d'envie et d'impatience couler dans la gorge du brun ce qui lui suffit pour le convaincre que l'autre était plus que prêt.
Ouvrant sa bouche d'avantage, le blond laissa ses crocs aiguisés percer et s'enfoncer avec aisance dans le cou consentant de Harry qui ne put réprimer un râle de délice. Il aspira lentement, son autre main allant se perdre dans la masse désordonnée de cheveux noirs du loup-garou, et aussitôt la première gorgée d'extase liquide dans son palais, Draco comprit enfin, tel une claque en pleine figure, qu'il était devenu irrémédiablement dépendant.
À suivre...
