Auteur: Elbée

Rating: M

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Rythme de publication : Un dimanche sur deux

Et voilà un autre dimanche, un autre chapitre ! J'espère que ce sixième chapitre vous plaira ! Pas vraiment d'avancées majeures dans l'histoire -l'action ça sera pour le suivant ^^-, mais enfin, on avance tout doucement quand même! =)

MERCI à tout ceux qui ont pris le temps, ne serait-ce que deux petites secondes, de me le laisser une review, ça me fait incroyablement plaisir à chaque fois de lire vos encouragements et commentaires ! Vous êtes géniaux ! =)

Et bien-sûr comme d'habitude, les réponses aux reviews anonymes sont sur ma page profil !

Sur-ce je vous dis à dans dans semaines... Alors à très bientôt ! =)


Plus Que Du Gris

Chapitre 6 : Ensemble


Comme par habitude, ils s'étaient rapidement retrouvés allongés sur le lit double de Draco. Le vampire s'était réveillé seulement quelques heures auparavant et n'avait pas pris la peine de refaire le lit ou même d'ouvrir les rideaux.

Mi-assis mi-allongé sur un oreiller calé contre la tête de lit, Draco caressait distraitement de sa main droite les cheveux noirs de Harry qui avait posé sa tête contre son torse. Il baissa les yeux vers la forme recroquevillée de son amant et pinça ses lèvres, troublé et inquiet par le silence curieusement inhabituel de celui-ci.

Ils se tenaient ainsi depuis quelques minutes, mais Harry n'avait plus pipé mot depuis qu'il était arrivé et semblait content de broyer du noir, roulé en boule. Ça n'était pas que le silence était inconfortable, mais Draco s'inquiétait plutôt de l'état psychologique du loup-garou qui avait l'air d'avoir connu des jours plus heureux.

-Alors, que s'est-il passé ? » Demanda enfin le blond, décidant de rompre le silence dans lequel Harry semblait vouloir s'enfermer.

Le brun bougea et étira légèrement ses membres, tournant le cou de manière à voir le visage du vampire. Son regard était morose, mais c'était plus la lueur de désespoir qui brillait doucement derrière les émeraudes qui l'inquiétait cette expression perdue, même, aurait dit le blond en l'observant.

Harry resta muet de longues secondes, et Draco crut bien qu'il n'allait pas répondre du tout avant qu'il n'ouvre enfin la bouche, presque à contrecœur paraissait-il :

-J'ai dû tout leur dire, et ça n'a pas tardé à me retomber dessus, c'est tout... »

-Je suis désolé... » Murmura Draco doucement, qui se doutait déjà de toute façon de ce qui avait dû se produire.

S'excuser à tout bout de champ n'était vraiment pas son genre, mais une partie de lui-même se sentait réellement responsable des événements. S'il n'était pas allé dans la forêt comme un ahuri, rien de tout cela ne serait arrivé, et les choses auraient suivi leur cours habituel.

-Ce n'est pas de ta faute... » Dit Harry platement comme si rien n'avait plus vraiment d'importance désormais – et c'était le cas, ce qui était fait ne pouvait être changé.

-Qu'est-ce que tu comptes faire ? »

-Il faut que je parle à Sirius. Ils ne peuvent pas me bannir de la meute... »

Sa voix se serra vers la fin comme si la suite de sa pensée l'émouvait trop pour qu'il puisse poursuivre sa phrase à voix haute. Draco appuya sa caresse dans les cheveux charbon du loup comme pour le réconforter, ne pouvant pas se résoudre au mensonge usuel qui consistait à assurer que tout irait bien. Qu'en savait-il ? Sa connaissance du monde des lycanthropes se limitait à ce que Harry lui avait appris, et celui-ci paraissait sérieusement inquiet pour sa place au sein de sa meute.

Le regard du blond s'était fait flou, perdu en contemplations, mais un bref sourire et une vague exclamation amusée de la part de Harry le tira de sa rêverie.

-À quoi tu penses ? » Demanda le blond qui ne comprenait pas le sourire de l'autre compte tenu des événement pénibles.

Il pencha la tête sur le côté en signe d'interrogation tandis que sa main droite descendit furtivement sur la nuque du brun dans un geste apaisant destiné à tranquilliser son amant troublé.

Avec un sourire secret, Harry le regarda comme s'il se remémorait un souvenir particulièrement amusant, et Draco ne pût s'empêcher d'esquisser un sourire à son tour, car sourire était contagieux. Et la tristesse et l'angoisse ne convenaient pas au visage du jeune loup-garou.

-Si quelqu'un avait pu me dire, il y a quelques mois, que je serais ici à me faire consoler dans les bras d'un vampire, je lui aurais ri au nez ! » Lâcha Harry en reposant à nouveau sa tête sur l'estomac du blond, les paupières closes et un petit sourire toujours collé sur ses lèvres.

-J'ai bien peur que nous ne sommes pas partis du meilleur pied qui soit dès le départ, en effet... »Railla Draco.

-Tu ne peux pas savoir à quel point tu m'exaspérais à l'époque » Avoua Harry d'un ton léger.

C'était somme toute assez bizarre de revenir sur ce temps où ils s'étaient méprisés cordialement sans aucune ambiguïté. Étrangement, ils n'avaient jamais trop reparlé du passé, peut-être tout d'abord par gêne, mais à présent les choses semblaient si simples entre eux qu'évoquer leur ancienne animosité n'avait plus rien de délicat.

La vérité était qu'il était en fait assez difficile pour Harry que de se souvenir de cette époque où il aurait bien voulu arracher la tête au vampire si hautain et méprisant qui ne s'était jamais privé de le tourmenter à la moindre occasion.

-Oh, j'en ai une assez bonne idée, à vrai dire... »Répliqua le blond d'un ton léger. « Essayer de te faire sortir de tes gonds un peu plus chaque fois était un défi personnel que je prenais à cœur... »

Harry rouvrit les yeux pour le regarder et haussa un sourcil, lui jetant un regard faussement agacé.

-Sans rire ? Enfin, tu as de la chance que j'aie un calme à toute épreuve... »

Draco eut un petit rire, puisque tous deux savaient parfaitement que les dires de Harry étaient bien loin de la vérité. Celui-ci avait plutôt un caractère emporté qui était du genre à le faire foncer tête la première.

Penser qu'il y avait trois mois ils ne s'était pas accordés la moindre confiance était vraiment étrange autant pour l'un que que pour l'autre les choses avaient évoluées certes rapidement, mais surtout naturellement, et même si pour un œil extérieur leur situation demeurait inconcevable et contre-nature, eux avaient appris à s'accepter et prendre les choses comme elles venaient.

Il était dommage mais normal que les membres de la meute de Harry ne puissent voir les choses sous le même angle, mais comment l'auraient-ils pu ?

Ils discutèrent ainsi un long moment, évitant soigneusement le sujet sensible du bannissement de Harry jusqu'à ce qu'une question que venait de poser Draco ne resta dans le vide, ne recevant que pour unique réponse la respiration profonde et régulière du loup-garou qui avait fini par s'endormir comme une masse.

-Si je t'ennuies tu peux le dire... » Souffla Draco d'un ton railleur au dormeur inconscient.

La tête de Harry reposait confortablement sur l'estomac de Draco et celui-ci, bien installé et calé sur un oreiller n'avait pas le cœur à réveiller le loup-garou. Ils avaient discuté longuement et la nuit n'était plus si jeune, mais Draco se dit que ses affaires de ce soir n'étaient pas si urgentes et pourraient bien attendre le lendemain.

Il ferma les yeux et écouta le son apaisant de la respiration de Harry. Les minutes s'égrenèrent et plusieurs heures passèrent jusqu'à ce qu'une sensation désagréable et bien connue ne prenne Draco à la gorge. Le malaise avait été progressif, mais avait augmenté lentement et sûrement, grandissant peu à peu jusqu'à ce qu'il ne fut plus possible à ignorer.

Draco avait ouvert les yeux sous le léger choc qui avait envoyé une flèche de douleur dans son abdomen, puis referma calmement les yeux, décidé à contrôler ses pulsions.

Il inspira longuement, concentrant ses sens sur la sorte de boule oppressante qui brûlait dans sa gorge et dans son torse, comme une sorte de bête griffant le long de sa gorge pour se frayer un chemin dehors.

Sa gorge était sèche comme du papier de verre, mais Draco ignora son appel de détresse stoïquement. Ça n'était rien encore. Bientôt l'inconfort grandirait et deviendrait progressivement douloureux. Mais même s'il n'avait que peu d'expérience dans ce le domaine de la restriction, il savait qu'il pouvait tenir une nuit sans s'abreuver. Après tout il l'avait déjà fait le pire serait certainement le réveil du lendemain...

Harry dormait si bien qu'il ne voulait pas prendre le risque de le réveiller pour une sollicitation aussi triviale que celle-ci... Le mordre dans son sommeil était en revanche une possibilité attrayante, cependant, même s'il était à peu près certain que Harry n'y verrait aucune objection, il ne préférait pas courir le risque la confiance que lui donnait Harry était chère à ses yeux, le fait qu'il lui laissa son cou et son sang au goût unique sans attache aucune était un cadeau précieux que Draco ne voulait jamais perdre.

Et puis de toute façon, déjà dans quelques heures à peine, le soleil commencerait à se lever, et alors une douce léthargie inévitable envahirait le corps de Draco et le plongerait dans le sommeil le plus profond qui soit, et le rendrait du même coup insensible aux douleurs physiques ou mentales.

Dans cet état de sommeil profond il était particulièrement vulnérable, mais il savait que Harry ne lui ferait aucun mal bien-sûr. Même si la vie de Harry n'avait pas été de toute façon liée à la sienne par cet étrange enchaînement, une partie de lui faisait totalement confiance au brun.

Un nouveau pic de douleur zigzagua dans ses poumons tel un éclair fulgurant, le laissant haletant, et il serra les dents avec force pour garder les élancements cuisants sous contrôle. Lui et Harry étaient si confortablement installés. Pour une fois, une seule fois, sa soif ne pouvait-elle donc pas le laisser en paix ? N'avait-il donc pas le droit d'apprécier ce moment de paix comme il se devait, sans ressentir le besoin pressant et désespéré de s'abreuver de sang ?

Comme par ironie du cruel destin, un nouveau pic de douleur vint aussitôt réfuter sa pensée, et Draco se contenta de serrer à nouveau les dents. Quelques minutes plus tard, après de durs efforts pour garder sa soif sous contrôle, Draco réussit enfin à transformer le feu sauvage dans sa gorge jusqu'à ce que la soif ne fut plus que flammes contrôlées quoique toujours ardentes.

Il baissa les yeux et contempla la forme endormie de Harry, inconscient des combats intérieurs auxquels se livrait le vampire, et pour ce qui n'était pas la première fois, Draco songea qu'il aurait donné n'importe quoi pour pouvoir être humain. Ou même pour avoir une seule journée d'humanité.

Quelque chose en lui savait que rien ne devait pouvoir être mieux que la sensation d'être vivant. À quoi bon avoir la jeunesse éternelle et des pouvoir hors du commun si ça n'était que pour mener un demi-vie, dictée par une soif de sang inextinguible ?

Les rideaux étaient restés tirés, aussi Draco n'eut pas à se préoccuper de devoir les fermer tandis que le soleil se levait peu à peu derrière la fenêtre, inondant la ville de ses premier pâles rayons hivernaux. Ses pensées n'étaient guère réjouissantes tandis qu'une douce torpeur l'envahissait doucement et qu'il se sentait tomber dans ce sommeil profond qui prenait les vampires lorsque le jour se levait.

Sachant à quel point il était inutile de résister, Draco se laissa aller quand une douce vague paralysa progressivement ses membres puis son esprit, coupant la sensation de soif et l'entraînant dans une inconscience des plus agréables qu'il accueillit avec gratitude.


Harry se réveilla parfaitement reposé, enveloppé dans un cocon de douceur qui lui procurait une douce sensation de sécurité et de paix.

Durant les quelques minutes qui précédèrent son réveil, il ne pensa pas aux malheureux événements qui s'étaient produits la veille, se contentant uniquement de la félicité éprouvée sentiment qui, bien qu'il ne le savait pas, était provoqué par la proximité prolongée à ses côtés de son lié.

Il ouvrit les yeux, d'abord avec précaution puisqu'il s'attendait à ce que ses rétines entrent en contact avec les rayons agressifs de la lumière matinale, puis tout à fait lorsqu'il se rendit compte que la pièce était plongée dans l'obscurité totale.

Enfin, son cerveau parvint par assembler les pièces du puzzle, et il se rendit compte que ce lit n'était pas le sien, et que l'odeur de Draco n'était pas issue du rêve qu'il venait de faire mais était au contraire bien réelle.

Il chercha à tâtons l'interrupteur de la petite lampe de chevet qui se trouvait de son côté, puisque que même sa vue nocturne perçante avait du mal à distinguer quoi que ce soit dans le noir complet. Ses doigts finirent enfin par s'accrocher au petit boîtier de plastique, et aussitôt la pièce fut éclairée d'une lumière blanche plutôt faible qui lui permit enfin de voir.

Il se retourna immédiatement et son regard se posa naturellement sur la silhouette du vampire profondément endormi à l'autre bout du lit.

Un petit sourire glissa sur ses lèvres et il s'approcha du blond, levant la main pour caresser sa joue pâle du bout des doigts, comme incapable de restreindre son besoin de contact physique avec celui-ci.

Il fronça légèrement les sourcils. La peau sous ses doigts était étonnamment froide et maintenant qu'il regardait vraiment, elle était également plus blanche que d'ordinaire. Un étrange malaise le saisit à la gorge sans qu'il puisse déterminer au juste son origine, et il réprima l'envie de déglutir.

Soudain, il comprit pourquoi il se sentait ainsi mal à l'aise, et il ne put s'empêcher de serrer un peu les dents.

Draco ressemblait à un mort.

Pâle, froid et immobile, pas même le mouvement naturel de la respiration ne le faisait bouger. C'était une vision pour le moins dérangeante que Harry n'aimait pas du tout. Il devait constamment se répéter que tout allait bien et que le phénomène dont il était témoin était en fait parfaitement normal.

Draco lui avait déjà avoué par le passé que le sommeil diurne des vampires était si profond que leur corps sombrait dans une torpeur inébranlable, ce qui les rendait d'ailleurs particulièrement vulnérables puisqu'incapables de réagir à leur entourage.

Curieux, il donna de petits coups avec son index sur la joue de Draco, de plus en plus fort, comme pour le réveiller.

-Draco ? » Chuchota t-il, avant de réitérer, plus fort cette fois-ci : « Draco ! Debout ! »

Mais le vampire ne bougea pas d'un cheveux, ni ne donna la moindre indication qu'il avait entendu l'appel du brun ou qu'il sentait les pinçons que lui donnait à présent Harry à l'oreille.

-Dracoooo... » Minauda Harry d'une voix langoureuse dans le creux de l'oreille du blond qui ne fit toujours pas le moindre mouvement.

Harry pencha la tête sur le côté, une petite moue expectative sur le visage. Son sommeil devait être vraiment très profond...

Saisit d'une idée, il s'approcha et pencha sa tête sur son torse, là où son cœur aurait dû battre et ferma les yeux, tentant d'entendre les battements réguliers. Il resta ainsi durant tout une minute jusqu'à ce qu'il ne dut déclarer forfait : il n'y avait pas plus de cœur qui battait dans cette poitrine que dans une pierre. Pourtant, durant la nuit son cœur battait, il en était certain... Étrange...

Il contempla les traits délicats et presque parfaits aurait-il dit du vampire qui dormait, inconscient de l'examen auquel il était soumis, et une expression amusée se glissa sur les lèvres du jeune loup-garou.

-Pourquoi Gaïa m'a t-elle enchaîné à quelqu'un d'aussi bizarre, c'est un mystère... » Sourit-il.

Il paressa un instant dans le lit jusqu'à ce qu'il ne décida de se lever pour prendre une douche. Il était déjà familier avec l'appartement de Draco, même si c'était bien la première fois qu'il restait pour dormir.

Quand il eut terminé et qu'il eut enfilé des vêtements propres, il était déjà neuf heure passées, et Harry se dit qu'il était temps qu'il ne cesse ses enfantillages et qu'il prenne le taureau par les cornes. Depuis qu'il avait été contraint à quitter le village, il s'était dit qu'il irait voir Sirius dans son garage dès que possible pour qu'ils puissent s'expliquer dans le calme.

Cette idée était cependant loin de lui plaire, car même s'il savait qu'il pouvait faire confiance à son parrain, il redoutait grandement le regard de déception et de jugement que lui porterait immanquablement l'homme plus âgé... Et cela serait très difficile à avaler l'opinion que portait Sirius à son égard comptait beaucoup pour lui...

Mais le risque en vaudrait peut-être la chandelle il fallait qu'il tente de convaincre Sirius que la meute devait le reprendre en son sein. Sirius avait de l'influence, et peut-être saurait-il faire pencher la balance en sa faveur... ? S'il lui expliquait toute la vérité et lui exposait les faits tels qu'ils s'étaient produits, sans détour ni ambiguïté, peut-être comprendraient-ils sa sincérité... C'était son unique chance... Il ne voulait pas devenir un loup-garou orphelin.

Sur ces résolutions, il enfila son manteau et prit les clefs de l'appartement laissées sur le meuble d'entrée, et sortit sans plus attendre.


Les battants des deux larges portes du garage de Sirius étaient ouvertes, et il ne faisait nul doute que son parrain était bien là. Inconsciemment, l'allure de son pas se ralentit, peu pressé d'affronter le regard de son parrain.

Il finit néanmoins par arriver devant le bâtiment, et rassembla son courage une ultime fois avant d'y pénétrer. Il faisait sombre à l'intérieur. La radio était allumée, et Freddie Mercury chantait Seven seas of Rhye.

-Harry ? »

Qu'il l'ait vu ou ait senti son odeur, son parrain l'avait immédiatement repéré. Plus de marche arrière possible à présent.

-Harry, entre s'il te plaît. Je suis content de te voir. » Fit Sirius en posant la clef anglaise qu'il tenait avant de se saisir d'un chiffon pour essuyer la graisse de ses mains. « Je me demandais si tu viendrais... »

-Hum, je me demandais si j'allais venir aussi... » Murmura Harry d'une voix faible, mais tout de même parfaitement audible aux oreilles de l'homme à quelques mètres de lui.

Sirius ne semblait pas en colère, ce qui au moins était un point rassurant mais si Harry s'était attendu à voir son parrain déçu et amère, c'était plutôt une expression d'intense fatigue et d'inquiétude qui était peinte sur son visage.

-Est-ce que ça va ? » Demanda t-il en reposant le chiffon et en prenant Harry doucement par les épaules, l'air sincèrement soucieux de l'état de son filleul.

-Oui, Sirius, ça va... Enfin autant que ça puisse aller avec tout ça... »

-Où as-tu passé la nuit ? Pas dehors j'espère... ? » Fit Sirius en hochant la tête sans perdre son expression préoccupée, et Harry fut touché de la compassion à son égard qu'avait son parrain, alors qu'il n'aurait pu voir que le traître à son peuple qu'il semblait être devenu.

-Non. » Fit Harry en s'éclaircissant la gorge, peu heureux de devoir aborder ce sujet si directement. « Chez Draco. »

La poigne de son parrain sur ses épaules se durcit un instant avant qu'il ne relâche sa prise. Son regard s'était imperceptiblement refroidi et si près de l'homme, Harry pouvait voir que sa mâchoire s'était également légèrement contractée.

-'Draco', c'est ça ? Le nom de cette... vermine... » Grinça Sirius d'un ton peu amène.

-Sirius ! Ne parle pas de lui comme ça ! Tu ne l'as même jamais rencontré ! » Cingla le plus jeune avec colère, frustré devant le verrouillage émotionnel de son parrain.

Sirius fronça les sourcils, visiblement lui aussi en colère.

Mince, songea Harry. Ça n'était pas ainsi qu'il avait prévu que les choses se passent. Il devait parler à Sirius avec calme et de manière cohérente. Ils n'étaient certes pas liés par le sang, mais lui et Sirius se ressemblaient sur de nombreux points, et ils avaient notamment le don de perdre patience et de s'emporter facilement.

-Est-ce que j'en ai vraiment besoin ? Ils sont tous pareil, Harry ! Tu devrais le savoir ! Comment... ? Tu... ? »Fit Sirius, son ton empreint de ressentiment mais surtout d'une incompréhension désemparée. « Au village, tout le monde dit que... Comment est-ce arrivé Harry ? Comment est-ce possible ? »

Mû par le bouleversement évident dans le ton de l'homme plus âgé, Harry sentit son propre courroux s'envoler et une tristesse nouvelle l'envahit.

-Je n'en sais rien. J'ai été enchaîné à Draco par l'unique volonté de Gaïa, c'est vrai que ça n'a aucun sens mais... voilà la situation, c'est définitif. Je ne sais pas ce que tu as entendu au village, mais je suis enchaîné, Sirius, c'est la vérité. »

Sirius cacha son visage dans sa main droite avant de refermer son poing, les dents serrées, les yeux hantés par des fantômes invisibles.

-Oh, Harry, je suis...désolé... ! »

Il inspira lentement et déglutit, son regard reprenant le courage qui semblait lui manquait, une fois n'est pas coutume puis il reprit :

-Je ne savais pas que c'était d'un enchaînement dont il est question, les choses n'étaient pas très claires hier, tu es parti précipitamment, et maintenant tout le monde raconte tout n'importe quoi, chacun à sa version enfin... Un enchaînement... je suppose que ça explique beaucoup... » Il fit une courte pause, et son regard se perdit comme s'il se remémorait un événement passé. « Ton père et ta mère, s'ils savaient... Ils me tueraient... »

À la mention de ses défunts parents, Harry ne put empêcher tout son corps de se raidir. Il aurait vraiment préféré que Sirius ne s'aventure pas dans cette direction. Plusieurs fois lui aussi avait pensé à la réaction que ses parents auraient eu s'ils avaient encore été de ce monde. Il allait interrompre son parrain, mais celui-ci continua de parler, d'une voix presque tremblante cette fois-ci, une voix qui avait perdu toute sa colère et qui trahissait la compassion sincère qu'il avait pour le plus jeune:

-Est-ce qu'il te fait du mal ? Est-ce que tu es en mesure de te défendre malgré le lien ? »

-Non ! » S'exclama Harry, horrifié par la conception erronée qu'il avait visiblement de la relation qu'il entretenait avec son lié. « Écoute, Sirius, ce n'est pas ce que tu crois. Je sais qu'il est un vampire, et que ça semble voué au désastre, mais Draco est... je ne sais pas, il est différent des autres vampires. »

Sirius lui jeta un regard dubitatif qui soulignait clairement le fait qu'il n'en croyait pas un mot. Il devait probablement croire que son filleul était sous l'effet d'un envoûtement lié à l'enchaînement, réalisa le brun. Certes, sans le lien rien de tout cela ne se serait jamais produit –Harry était trop terre-à-terre pour maintenir l'illusion du contraire– mais malgré cela, il savait que Draco était différent et que la manière dont il voyait le blond n'était pas entièrement justifiée par l'enchaînement.

-Écoute, »fit Harry avec sérieux. «il faut que vous me réintégriez dans la meute... C'est important... »

Il y avait une note claire de désespoir empreinte dans sa voix, ce qui ne passa pas inaperçu aux oreilles du plus âgé qui secoua la tête, semblant à la fois impuissant et triste.

-Ça n'est pas possible, Harry... » Commença t-il avec ce ton que Harry ne connaissait que trop bien : il ne pourrait pas le faire changer d'avis.

-Mais la pleine lune est demain soir ! » S'exclama le jeune loup-garou, son souffle se faisant court en même temps que la panique montait en lui. « Je dois faire quoi ? La passer... seul ? »

Sirius baissa les yeux avec regret, un geste d'impuissance dont Harry n'avait était le témoin qu'en de très rares occasions.

-J'ai bien peur que oui, Harry. » Répondit-il lentement, et Harry ne put réprimer une exclamation étranglée d'incrédulité. « Tu sais bien que ça ne relève pas de ma décision. À part plaider en ta faveur auprès de Dumbledore, il n'y a pas grand chose que je puisse faire... Ils ne savent pas que tu es enchaîné à ce vampire... Le fait que ta trahison (à ce mot Harry se crispa notablement) ait été involontaire sera sûrement pris en compte, je leur dirais tout... »

Les épaules du plus jeune s'affaissèrent de dépit. Il se rendait bien compte que les conditions ne jouaient pas en sa faveur, et que récupérer l'affaire s'avérerait extrêmement difficile. Mais si Sirius parvenait à convaincre les autres... Peut-être que...

-Pourquoi avoir gardé tout ça secret pendant si longtemps ? » Demanda Sirius avec un reproche indéniable.

Harry ne put s'empêcher de ciller, incapable d'affronter la déception lisible dans le regard noir de son parrain. Il haussa les épaules :

-Vu comment ça tourne au vinaigre, j'ai du mal à regretter d'avoir voulu garder ça secret... »

L'autre poussa un long soupir. Puis, comme la chose la plus naturel du monde, il prit son filleul dans ses bras, le serrant fort et avec émotion.

Les muscles de Harry se relâchèrent après sa première réaction qui avait été de se tendre sous le coup de la surprise, et il étreignit l'autre en retour, sentant de dangereuses larmes monter dans ses yeux.

-Ça ira Harry, ça ira... » Lui assura t-il quand bien même tous deux savaient parfaitement qu'il n'avait aucun moyen d'appuyer ce qu'il lui promettait.

Peu de temps après, Harry décida qu'il était temps pour lui de partir. Tout avait été expliqué, et les choses s'étaient bien mieux passées qu'il ne l'avait prévu. Ce qui ne l'empêchait pas d'avoir une immense boule coincée dans la gorge malheureusement, comme à chaque fois qu'il imaginait la sentence de son exclusion définitive tomber.

La période n'aurait pu tomber plus mal non plus... Avec la pleine lune à moins de 48 heures, les choses ne pouvaient pas être pires aux yeux de Harry. Déjà, il ressentait cette agitation caractéristique qui bouillonnait dans son sang et qui le rendait hyperactif et fébrile.

Il passa devant une moyenne surface et décida d'acheter de quoi manger, puisque le frigo de Draco était entièrement vide. Ne pas avoir besoin manger devait considérablement réduire ses frais de vie, songea Harry en consultant son porte feuille peu garni. Ou sa non-vie, peu importe.

Il n'avait qu'une quinzaine de livres, aussi se contenta-il d'acheter les aliments de bases dont il avait besoin, ignorant la viande rouge qu'il avait souvent tendance à vouloir à l'approche de la pleine lune.

Il sortait tout juste du supermarché qu'une voix le héla :

-Harry ! Harry ! »

Il se retourna et vit Hannah Abbott lui faire de grands signes, ses longs cheveux blonds tirés en une haute queue de cheval qui dégageait son visage. Elle portait un simple jean et un manteau d'hiver noir, ainsi que des bottes à petits talons qui donnait à la jeune fille un air décontracté mais élégant, et elle semblait sincèrement heureuse de voir son ex-collègue.

-Harry, j'ai entendu pour le Moonbeam, c'est vraiment nul ! » Fit-elle en guise d'introduction, avec une petite moue compatissante.

-Ha oui, c'est vrai que j'avais un petit poussé le bouchon, c'était de ma faute... » Répondit-il avec une petite pointe de culpabilité. Il n'avait même pas contacté Hannah, qui était tout de même une connaissance de longue date, et qui lui avait valu ce job au Moonbeam après tout. « Désolé de ne pas t'avoir passé un coup de fil, il s'est passé un tas de trucs dernièrement, et... »

-Ah oui ? Je veux tout savoir ! » S'exclama t-elle avec avidité à un Harry qui pensa aussitôt pas l'ombre d'une chance. « Viens, je te paye un coup au Hare and Hounds. » Offrit-elle en gesticulant vers le pub de l'autre côté de la rue, avec un sourire qui ne permettait pas le refus.

Harry accepta de bon cœur, songeant que Hannah et ses babillages parviendraient sûrement à lui changer les idées et puis, ça n'était pas comme s'il avait autre chose à faire...


La journée avait passé avec une vitesse affolante. Après avoir vu Hannah, Harry était parti faire un tour en centre ville, et quand il regagna l'appartement de Draco il était déjà pratiquement sept heures, et le rideau noir de la nuit avait enveloppé l'Angleterre depuis plusieurs heures.

En entrant dans l'appartement, il sut immédiatement que Draco devait être réveillé de l'entrée il pouvait sentir l'odeur de son shampoing et la légère humidité dans l'air indiquait que quelqu'un venait de prendre une douche.

Il posa ses affaires sur la surface de cuisine et retira son manteau.

-Draco ? » Fit-il dans le silence de l'appartement, l'oreille tendue.

Seul le tic-tac régulier de l'horloge de cuisine lui répondit et le brun haussa un sourcil, intrigué. Il ne voyait ni n'entendait personne, mais ses instincts lui disaient qu'il y avait assurément quelqu'un d'autre dans l'appartement, et son sens accru de l'odorat identifiait la présence comme celle de Draco.

-Draco, c'est pas drôle... » Soupira Harry avec un sourire sur les lèvres qui contredisait ses paroles, ses yeux courant le long de la pièce comme s'il s'attendait à voir Draco surgir de derrière un fauteuil.

-Au contraire... » Souffla une voix à quelques millimètres de son oreille droite, si proche qu'il pouvait sentir le souffle contre sa peau.

-Draco ! » S'exclama le jeune loup-garou en se retournant d'un bond. « Tu veux que je fasse une crise cardiaque ou... »

Ses mots moururent dans la gorge quand son regard se planta dans celui rouge carmin de son amant qui le fixait d'une intensité dévorante. La passion qui y était lisible était sexuelle et affamée, et Harry sentit aussitôt son corps réagir en conséquence, une vague de chaleur montant dans son estomac.

-Peut-être que tu devrais mieux surveiller tes arrières, monsieur loup-garou... » Susurra Draco sans le quitter des yeux, toujours avec cette passion qui semblait le consumer de l'intérieur.

Il portait simplement un pantalon de jogging en sweat et une chemise, et ses cheveux blonds repoussés en arrière encore légèrement humide prouvait qu'il venait de prendre une douche.

À travers le désir qui commençait à le consumer à petit feu, Harry se souvint que Draco n'avait pas dû sortir la nuit dernière pour s'abreuver, ce qui expliquait en partie son comportement présent. Lorsqu'assoiffés, les vampires pouvaient se montrer extrêmement prédateurs et sexuels, et l'incroyable envie dans son regard rouge, son attitude prédatrice et la facilité avec laquelle il avait réussi à approcher silencieusement Harry étaient probablement le résultat de son abstinence de la veille, que Draco le sache ou non

Oh, ça risque d'être amusant, songea Harry, son regard s'assombrissant du même coup. En l'espace de quelques minutes, son désir pour Draco l'avait submergé, et il avait un intense besoin de faire le vampire sien.

Sous l'effet de la proximité de la pleine lune, l'enchaînement était particulièrement à vif, et son exigence se faisait absolument implacable.

-Oh vraiment ? Que risque t-il de m'arriver sinon ? » Demanda t-il avec une pointe de suffisance dans la voix qui n'était pas sans rappeler l'arrogance habituelle du blond, et Harry espéra que les manières exaspérantes de Draco n'étaient pas entrain de déteindre sur lui.

-Toute sorte de choses... » Murmura Draco qui s'était rapproché peu à peu.

Il réduisit encore d'avantage la distance entre eux jusqu'à ce qu'elle disparaisse complètement et que ses lèvres soient posées tout contre la carotide battante de Harry.

Le brun savait ce dont Draco avait besoin, et décida de ne pas le faire patienter d'avantage, comme il l'aurait fait en temps normal, puisque faire languir le blond avait aussi ses avantages. Ce soir en revanche, Harry savait que le vampire avait réellement besoin de boire rapidement, ou le manque commencerait sérieusement à provoquer ses effets néfastes.

Cependant, se faire mordre par Draco tandis qu'il se tenait debout n'était pas exactement une idée des meilleures... Après tout il savait très bien qu'il finissait toujours dans un état de béatitude extrême et le plaisir était souvent si intense que ses jambes semblaient comme oublier que leur rôle était de le soutenir.

-Draco... » Fit-il d'une voix étranglée alors qu'il avait déjà entrepris de lécher délicieusement la zone qu'il s'apprêtait à mordre, endormant de sa salive l'endroit. Harry frissonna d'anticipation et il lui coûta plus qu'il n'aurait voulu l'admettre de parler à nouveau : « Draco, attend... »

Mais le blond ne semblait pas du tout disposé à attendre, bien au contraire, et Harry crût ressentir un certain désespoir derrière la passion tandis que les doigts fins du vampire agrippèrent ses épaules.

-Harry, s'il te plaît... » Souffla Draco tout contre sa peau, les muscles de son cou tendus comme s'il lui coûtait une effort extrême de se retenir. Et Harry ne put s'empêcher de se sentir incroyablement chanceux du respect que lui témoignait Draco en attendant qu'il fut certain qu'il voulut réellement la morsure.

Se sentant subitement cruel pour faire attendre Draco plus que nécessaire, Harry leva simplement sa main gauche pour la poser doucement à l'arrière du crâne du blond dans une invitation qui se passait de mots.

-Oh bordel, merci... » Murmura Draco avec un son étranglé. « ça fait des heures... »

Et l'instant qui suivit fut perçu par Harry comme cette explosion caractéristique des sens, qui le laissait immanquablement pantelant et étourdi. Malgré la fréquence avec laquelle il offrait à Draco son sang, il ne pouvait s'habituer à la déferlante de sensation qui accompagnait inlassablement les morsures. En fait, il était désormais certain, à mesure que les tissus de sa peau guérissaient, ceux-ci gagnaient en sensitivité, et il aurait pu jurer que les morsures étaient en fait de plus en plus jouissives.

Draco venait tout juste de planter ses canines effilées dans sa carotide qu'un long gémissement franchit les lèvres de Harry qui tenta aussitôt de réprimer le son. Son manque de contrôle était embarrassant, même si Draco lui disait souvent à quel point il aimait entendre Harry perdre la tête quand il le mordait. Malgré tout Harry ne pouvait s'empêcher de penser que de se retrouver réduit à l'état de loque gémissante avait quelque chose de gênant sa fierté lycanthrope en prenait un sacré coup, c'était certain.

Il dût à nouveau se mordre la lèvre inférieure pour étouffer le gémissement dans sa gorge quand Draco commença enfin à aspirer son sang, jusqu'à ce que le plaisir fut trop fort et qu'il n'en soit réduit à murmurer un flots de mots incohérents qui ne visaient pour la plupart qu'à encourager Draco dans sa tâche. Le plaisir prévalait largement sur la gêne, et pour rien au monde Harry n'aurait voulu que le blond s'arrête en cet instant.

Comme il l'avait prévu, ses jambes commencèrent à flageoler sous lui, heureusement le bras fort de Draco s'était pas enroulé autour de sa taille, lui évitant un moment embarrassant.

Le blond buvait à présent plus lentement, l'urgence de son besoin enfin apaisé et il continuait de boire plus par plaisir que par nécessité désormais, déglutissant chaque gorgée en prenant délibérément son temps et apparemment résolu à rendre le loup-garou complètement fou.

Il retira sa prise du cou hâlé, laissant à peine le temps à Harry d'échapper un soupir déçu, avant de le remordre fermement, fermant les yeux de plaisir sous la sensation exquise de la peau tendre sous ses lèvre et du sang épais dans sa bouche. Le sang de Harry n'avait pas son pareil, et Draco savait qu'il était bel et bien devenu dépendant mais c'était une concession qu'il était tout prêt à faire.

-Draco... ! »Cria Harry avec une passion dans la voix qui laissait Draco tremblant de désir.

Le brun n'en menait pas large non plus, et sa respiration s'échappait d'entre ses lèvres en courtes bouffées saccadées, comme si le simple fait de respirer devenait une action trop compliquée pour son cerveau embrumé.

Sa main gauche était toujours enfouie dans les cheveux blonds du vampire, et celle-ci semblait désormais plutôt destinée à s'assurer que Draco ne puisse s'arrêter.

Son besoin de faire le vampire entièrement sien était écrasant, et il était plus dur que jamais, la bosse dans son pantalon quasi douloureuse sous l'intensité de son envie. Il s'était collé tout contre le blond qui était lui-même passablement excité, et il décida de les entraîner vers le canapé qui, bien que se trouvant à quelques mètres d'eux, semblait inatteignable cependant il s'agissait d'une option plus viable que la chambre à coucher.

Ils atteignirent le canapé gris clair, et c'est le moment que Draco choisit pour le mordre à nouveau, faisant crier Harry qui perdit prématurément l'équilibre, les entraînant dans une chute, heureusement amortie par le canapé moelleux.

Après ces multiples morsures, son cou devait être dans un sale état, jugea Harry, bonne chose qu'il ne devait pas retourner chez Sirius et Remus en fin de soirée.

Draco l'avait mordu uniquement pour le plaisir de la sensation que l'acte engendrait, car il ne buvait plus, sa soif apparemment comblée, et probablement conscient du fait que Harry finirait par s'affaiblir s'il continuait à le vider de son sang ainsi.

Il défit sa prise du cou du brun et s'appliqua à recueillir les ultimes gouttes rouges qui s'échappait paresseusement des petits jumeaux jumeaux dans sa jugulaire. Harry qui sortait progressivement de la brume délicieuse dans laquelle son cerveau errait, parvint à retrouver suffisamment de sa raison pour ouvrir fébrilement la chemise immaculé que portait le vampire, impatient de sentir sous ses doigts la peau douce et pâle, qui déjà commençait à perdre de sa fraîcheur de pierre pour se réchauffer lentement, le sang ingéré aidant.

Draco délaissa finalement son cou et se redressa légèrement pour venir chercher ses lèvres dans un baiser passionné, mêlant crocs et lèvres dans un ballet embrasé.

Il rompit le baiser, expirant violemment sous la sensation de la main du brun qui venait de s'enrouler autour de son érection. Plus d'une fois, Harry était parvenu à le débarrasser de ses vêtements sans qu'il ne se rende compte, et avait fait de cette technique dont lui seul avait le secret, un véritable art.

-Ha... Harry... » Souffla t-il dans un râle, comme s'il venait de courir un long moment, tandis que la main du jeune loup-garou s'activait sur son membre en un rythme impitoyable – Il semblait que Harry était décidé à lui rendre la pareil et était déterminé à lui faire perdre la tête.

Les yeux du blond étaient tintés de rouge et ses crocs ne s'étaient pas entièrement rétractés, et s'il avait était avec un amant humain, il aurait tenté de se contrôler et de se redonner une apparence plus humaine mais pas avec Harry. Harry n'avait jamais exprimé une quelconque trace de peur ou de dégoût même lorsque Draco se montrait sous son jour le plus primitif et naturel.

Et pour cela, Draco lui en était infiniment reconnaissant, même s'il n'aurait jamais pu exprimer cette émotion à haute voix. Draco aurait voulu qu'en retour Harry n'ait crainte de se laisser aller un peu plus à sa nature lycanthrope. En cet instant, il pouvait voir que le brun luttait de tout son être contre lui-même pour repousser le loup en lui qui devait rugir, d'autant plus que la pleine lune était toute proche.

Bien-sûr, la chose était considérablement différente pour Harry, puisqu'il était indéniable que ses crocs ou ses griffes, s'il les laissait sortir, pouvaient causer un tort irréparable à Draco, puisque son organisme serait incapable de réparer les dommages infligés. Mais néanmoins, Draco aurait voulu que Harry sache qu'il ne le craignait pas, même si, en tout logique, il aurait dû.

Il débarrassa Harry entièrement de son tee-shirt et l'embrassa à nouveau, avec une certaine tendresse cette fois-ci, caressant ses cheveux d'une main, comme pour le rassurer.

-Tu as le contrôle, Harry. Tu ne me feras pas de mal. »

Les yeux du brun était cependant ceux du loup, deux orbes vertes ornant une perle d'ébène à l'éclat vif, qui trahissaient tout aussi facilement le désir contenu que les yeux habituels de Harry.

Le brun était à présent assis dans le canapé, la respiration saccadée, tandis que Draco se tenait au dessus de lui, agenouillé à ses côtés.

Il l'embrassa à nouveau, et ce faisant il entreprit de défaire la ceinture de son pantalon d'une main, l'autre passée derrière son cou, avant de retourner à Harry les mêmes caresses qu'il lui avait prodigué un peu plus tôt.

-Dracooo... » Soupira le loup-garou, à son tour prisonnier du plaisir qui le possédait.

Le blond laissa un sourire glisser sur ses lèvres, et sans plus attendre il débarrassa complètement l'autre de son pantalon et sous-vêtement, s'agenouillant au sol entre ses jambes écartées, à hauteur de vue de sa virilité dressée.

Il fit courir ses doigts un instant le long de l'intérieur des cuisses délicieusement musclées de son amant, quand Harry rouvrit ses paupières qu'il avait fermé, révélant une intensité et un besoin impérieux qui rendit Draco incapable d'attendre plus longtemps.

Il prit le membre dur entre ses lèvres, l'accueillant tout entier dans la profondeur chaude et moite de sa bouche, et fut aussitôt récompensé par un long gémissement qui envoya un pic de désir irrésistible vers son propre entrejambe qui le suppliait pour une miette d'attention.

Mais en cet instant, il voulait uniquement donner du plaisir à Harry jusqu'à ce qu'il en devienne fou.

Il s'appliqua à sucer le sexe avec ferveur, caressant de sa main libre le dessous de ses bourses, buvant avec délices les petits cris et autre bruits délicieux qu'émettait Harry.

Agenouillé entre ses jambes, il avait une vue imprenable sur le magnifique spectacle qu'offrait le loup-garou, l'image même de la tentation et de la débauche, même si Harry aurait pu soutenir que la tête blonde affairée à le sucer avec ce regard complètement impudique de gourmandise était tout aussi indécente.

Harry déglutit difficilement, hypnotisé par la vue de son membre allant et venant dans la bouche incroyablement talentueuse, apercevant de temps en temps l'éclat d'une paire de canine pointues la manœuvre aurait dû être périlleuse, mais Draco semblait particulièrement habile dans l'exercice.

La chaleur dans son bas ventre montait graduellement tandis que le souffle qui s'échappait d'entre ses lèvre se faisait de plus en plus laborieux, et Harry savait que bientôt le plaisir le submergerait tel un tsunami.

Cependant, Draco semblait avoir une autre idée en tête, puisqu'il s'arrêta avant que le plaisir ne deviennent trop fort, faisant sourde oreille au gémissement déçu du brun.

Il remonta, s'asseyant sur les genoux de Harry, et l'embrassa avec force, agrippant durement ses cheveux. Ses crocs étaient complètement sortis et il avait une furieuse envie de mordre à nouveau Harry, et il ne se réprima que très difficilement, sachant que cela serait sans doute suffisant à faire partir le brun.

Harry vint chercher une nouvelle fois ses lèvres, frissonnant tandis que Draco balançait légèrement ses hanches de haut en bas, frottant son fessier contre la virilité tendue derrière ses fesses.

Finalement, il se leva et se repositionna jusqu'à ce qu'il puisse sentir le gland humide tout contre son entrée, et avec un soupir satisfait, il s'empala lentement sur le membre, la tête rejetée en arrière et les lèvres entrouvertes, émettant parfois quelques grognements inintelligibles.

Harry força ses hanches à rester en place, luttant contre l'envie intense de s'enfoncer brutalement dans le corps offert, sachant que la douleur aurait été trop forte pour Draco s'il avait cédé à la tentation.

Au bout d'un instant, Draco remua son bassin, visiblement lui non plus peu disposé à attendre, et Harry répondit de même, haletant de plaisir tandis qu'il se perdait dans l'étroitesse accueillante du vampire, ses mains sur ses hanches pour guider son rythme.

Le blond laissa un cri d'extase franchir ses lèvre, et Harry sut qu'il avait réussi à trouver ce point si sensible en Draco qui ne manquait jamais de le mettre dans un état d'abandon total.

Parfois, Harry songeait au passé, quand cette incroyable relation qu'ils avaient n'avait pas semblait si naturelle et qu'ils avaient tous deux étaient incertains du comportement à adopter envers l'un l'autre. En quelques mois, les choses avaient bien changé, et Harry ne pouvait pas croire sa chance quand il pensait à la manière dont les choses auraient pu tourner. Qui aurait pu croire qu'un vampire et un loup-garou puisse être dans un tel état de symbiose ? Pas même lui. Et pourtant, la vérité était là, peinte sur le visage de son amant.

Ils se faisaient confiance c'était comme si en dépit de ce qui aurait du être le bon sens le plus minime, ils avaient décidé de passer outre les coutumes racistes de leurs peuples pour apprendre à connaître l'être qui existait au delà de l'espèce.

-Harry... Plus... plus vite... » Demanda Draco entre deux halètements, son ton à la fois suppliant et exigeant.

Celui-ci obtempéra immédiatement, les yeux voilés par le désir de combler son lié et de le voir si manifestement béat. Le loup en lui aurait ronronné s'il l'avait pu.

Harry ignorait si le sexe était normalement aussi bon avec d'autres personnes, n'ayant eu que pour seule autre expérience Ginny, qui avait été une relation peu concluante, mais il en doutait fortement.

Étant un vampire, Draco n'avait rien d'une prude et n'hésitait pas à suivre ses envies – ce à quoi Harry n'avait jamais rien eu à redire. Il n'y avait pas de dominant à proprement parler dans leur couple, tous deux étant de toute façon bien trop affirmés pour accepter de se voire imposer une quelconque notion de soumission. Au lieu de cela, ils suivaient leurs envies de l'instant, au moment où elles venaient, et Harry pouvait dire qu'il aimait tout autant être en Draco qu'il adorait le recevoir en lui aussi.

En cet instant, ce dernier semblait en effet apprécier grandement les sensations que Harry lui donnait, gémissement à chacun de ses coups de butoir, sa main gauche toujours enfouie dans les cheveux noirs tandis que l'autre griffait faiblement le dos du brun sans réfléchir.

Puis Harry se retira de lui, et la sensation de perte lui fit rouvrir les paupières, ses yeux gris embrumés pareil à un ciel orageux lançant des éclairs frustrés.

Il ouvrit la bouche pour protester, ou pour supplier même, si c'était le prix à payer, mais avant qu'il ne puisse prononcer un mot, Harry s'était déjà levé et l'avait retourné, le ventre contre le large accoudoir du canapé et les fesses à l'air.

Ses protestation non formulées moururent dans sa gorge et sortit à la place un pleur de satisfaction quand Harry entra à nouveau en lui, plus profondément grâce à la position nouvelle, heurtant avec délice sa prostate déjà malmenée, et envoyant du même coup une vague brûlante qui embrasa chacune de ses terminaisons nerveuses.

Oui, Harry le rendait vivant. C'était un euphémisme, même, Harry faisait bien plus que cela. Entre ses bras, Draco se sentait unique et incroyablement satisfait, et peu lui importait que le concept eut été ridicule ou que Harry fut un loup-garou : jamais il ne voulait le perdre.

-Draco...! » Cria le brun dont le rythme saccadé s'était intensifié, prouvant que lui aussi atteignait les limites de son contrôle.

Apparemment désireux de donner d'avantage de plaisir au blond, Harry fit basculer Draco qui finit par s'asseoir sur le bord de l'accoudoir, haletant à chaque fois que le brun tapait directement dans cet endroit en lui qui lui faisait voir des étoiles.

Le rythme du loup-garou se faisait de plus en plus rapide, et Draco sut qu'il arrivait lui aussi au bout de son pouvoir de contrôle. Et quand Harry se libéra finalement en criant le prénom du vampire de la plus exquise des manière, le blond en question le suivit aussitôt, la main de Harry sur son sexe tendu combiné à la vue des traits tirés par l'orgasme de son amant se révélant une combinaison bien trop puissante pour qu'il puisse se retenir n'eut-ce été qu'une seconde de plus.

Ils demeurèrent un instant ainsi, à bout de souffle et savourant les vagues chaudes de l'orgasme qui venaient de les emporter, enlacés dans les bras de l'un l'autre.

Harry se mit à embrasser avec tendresse et adoration l'épaule d'un blanc crémeux qu'il avait présentement sous les lèvres, goûtant au léger goût salé de la fine couche de transpiration produite par l'effort.

Draco avait lui aussi sa tête posée dans le creux de l'épaule de Harry qui lui portait toujours sa chemise entrouverte.

-Enlève ta chemise. » Demanda Draco.

Harry obtempéra bien l'alanguissement post-orgasmique qui s'était saisi de son corps ne faisait rien pour l'aider à bouger, mais le blond dût voir la lueur interrogatrice qui luisait dans ses yeux, puisqu'il expliqua avec un sourire légèrement moqueur :

-Tu sens comme cette fille... »

-Cette fille ? Demanda Harry sans comprendre.

-Au Moonbeam... »

-Hannah ! » S'écria le brun en comprenant soudain.

Sans savoir vraiment trop pourquoi puisqu'il n'avait strictement rien à se reprocher une légère rougeur vint colorer ses joues tandis qu'une petite part de son cerveau s'étonnait du sens incroyable de l'odorat de Draco –même après toutes ces semaines en sa compagnie, ses capacités l'impressionnaient toujours lui-même n'avait certainement pas de sens si développés sous sa forme humaine, mais il fallait dire que l'apparence du blond était faite pour être trompeuse.

-Aurais-je là matière à préoccupation ? » S'enquit Draco de sa voix traînante que Harry détestait tant, celle-là même qu'il utilisait à chaque fois qu'il voulait ennuyer le loup-garou même si en cet instant il était clair qu'il n'était pas sérieux et qu'il ne pensait pas réellement que Harry ait pu faire quoi que ce soit de suspicieux, surtout avec Hannah Abbot.

Harry tenta de se débarrasser de ce sentiment inattendu de gêne, se sentant comme un enfant pris la main au sac, et adopta plutôt une expression éhontée et suffisante, arme bien plus efficace contre Draco.

-Jaloux ? » Demanda Harry en levant un sourcil faussement railleurs. « Je dois dire que je suis un homme très apprécié de ces dames, Draco... »

-Oh ça je n'en doute pas... » Répliqua lentement le blond d'une voix basse et prédatrice qui fit frissonner Harry.

Son regard s'était à nouveau assombri et ils savaient tous deux que la soirée était loin d'être finie.


Draco épousseta une dernière fois la veste de son complet gris qui lui donnait à ses yeux, l'air d'un trafiquant de la mafia ce qui, toute réflexion faite, n'était pas si loin de la vérité : une fois encore Blaise avait fait appel à son assistance pour une transaction importante d'argent qui devait se faire en main propre ce soir, et Blaise mettait un point d'honneur à ce que ses 'hommes de main' soient toujours présentables, d'où le costume.

Il mit ses chaussures noires et un coup d'œil vers l'horloge murale lui indiqua qu'il était deux heures et demi du matin, le milieu de la nuit parfait.

Il jeta un ultime regard vers la forme endormie de Harry roulé en boule sur le canapé. Un sourire glissa sur ses lèvres. Il s'était endormi une heure auparavant après qu'ils se soient donnés à l'autre de nombreuses fois, et Draco qui n'avait pas eut le courage de le tirer de son profond sommeil, l'avait enveloppé d'une couverture.

La pièce était présentement baignée dans le noir, Draco n'avait pas rallumé la lumière par égard pour Harry, et n'éprouvait pas la moindre difficulté à voir dans l'obscurité quasi totale de la nuit à vrai dire, il préférait souvent les ombres noires à une la lumière électrique qui agressait ses pupilles délicates.

Il sortit de l'appartement et prit soin de bien fermer la porte à clef derrière lui. Très peu de vampires connaissaient l'adresse de cet appartement qu'il avait acheté sans rien dire à personne, ce qui était évidemment une excellente chose. Il avait toujours aimé gardé son intimité à l'abri des regards de ses semblables qui pouvaient souvent se montrer incroyablement fouineurs si besoin il y avait mais à présent, avec Harry chez lui à temps-complet, le besoin de discrétion était absolument indispensable.

Il jeta un coup d'œil à la lune quasiment ronde dans le ciel, ce qui lui rappela ce qui attendait Harry la nuit prochaine. Il marcha jusqu'au garage qu'il louait à quelques minutes du bâtiment dans lequel il vivait, et aller s'installer au volant de sa voiture quand une voix raisonna :

-Bonsoir, Draco. »

Il laissa tomber la main qu'il avait levé pour ouvrir la portière droite et se tourna pour faire face à Pansy qui se tenait juste à l'extérieur de la porte de garage à quelques mètres de lui, et il se demanda comment sa présence avait pu lui échapper – il ne pouvait se permettre d'être distrait, surtout pour le travail qu'il s'apprêtait à faire ce soir au compte de Blaise. Dans son 'métier' quelques secondes d'inattention pouvait se terminer avec un pieu dans le cœur ou un chargeur de revolver dans le crâne.

-Pansy. Quelle... Bonne surprise. » Fit Draco, son regard gris aussi froid qu'un iceberg fixé désormais sur la vampire qui se tenait là, toujours aussi gracieuse et détachée qu'à l'ordinaire.

Toujours fidèle à son indémodable style des années vingt, elle portait ce soir là un long manteau de vraie fourrure de vison qui lui tombait aux genoux et laissait entrevoir ses jambes interminables, fines et blanches au pieds chaussés de talons noirs. Elle était coiffée d'un chapeau cloche en feutre sombre qui couvrait son carré, et son visage était dans l'ombre. Mais Draco n'avait pas besoin de voir son expression pour sentir qu'elle n'était pas de très bonne humeur. L'aura était quelque chose que tout vampire détectait de manière innée, et le fait que Pansy fut une vampire beaucoup plus âgée que lui faisait que sa présence écrasait l'aura de Draco.

-Je n'ai pas beaucoup de temps Pansy... » Commença Draco, même s'il avait qu'il ne débarrasserait pas aussi facilement de la jeune femme.

-Pourquoi ? Tu dois aller lécher les bottes de cette vermine de Zabini ? » Cracha t-elle avec un dédain presque palpable.

Pansy était l'une des adeptes de Voldemort, et avait forcement dû entendre dire que Draco avait tendance à s'affilier avec l'autre parti ces temps-ci.

-Tu es venu pour me donner un tract ? » Se moqua Draco, qui pourtant savait bien qu'il n'aurait pas du provoquer Pansy si délibérément et aurait dû au contraire affirmer sa dévotion pour le Lord comme il le faisait toujours à trop jouer avec le feu on risquait de se brûler un jour ou l'autre.

Elle pinça les lèvres, comme pour réprimer une réplique cinglante, puis fit :

-Non, je ne suis pas venue pour tenter de te remettre les idées en place, Draco d'ailleurs ma visite n'a aucun rapport avec notre Seigneur. », puis elle fit une courte pause. « On entend toutes sortes de rumeurs à ton sujet. »

Draco se tint silencieux et fit un léger mouvement de tête pour l'intimer à poursuivre, toujours sur ses gardes mais gardant une apparence décontractée.

-Ce loup-garou, qu'en est-il ? »

La posture de Draco se raidit et son regard se fit perçant et calculateur. Cela parut être suffisant aux yeux de Pansy.

-Alors c'est vrai, n'est-ce pas ? On dit que tu le manipules pour le compte du maître, mais je te connais, Draco ! » Cracha -elle avec ce qui semblait être un dégoût mêlé d'une certaine rancœur. « Tu ne le garderais pas chez toi si c'était vraiment le cas. »

Draco se rendit compte qu'il grinçait des dents, et il maudit le jour où il avait jugé sans danger de révéler à Pansy qu'il avait un second appartement dans ce quartier.

-Tu m'a espionné, c'est ça ? » Demanda t-il avec froideur. « On pourrait s'interroger sur ce zèle qui n'est pas nécessaire puisque le Lord me fait confiance... » poursuivit-il d'une voix traînante. « Qu'est-ce qu'il y a ? Tu as perdu ton joujou et tu ne trouves personne d'autre pour te baiser ? »

La vulgarité de ses mots était évidemment faite pour blesser Pansy : il fallait qu'il change de sujet. Cependant, il y avait une certaine vérité dans ce qu'il venait de dire, il avait toujours ressenti quelque part qu'il n'était que le jouet de la brune qui semblait heureuse de le manipuler comme un vulgaire pantin au gré de ses caprices.

-Tu oublies à qui tu parles, Draco. »Siffla t-elle en découvrant légèrement ses crocs comme pour lui rappeler qui avait plus de pouvoir ici. « Que fais-tu avec un loup-garou ? Une bête sans raison ni honneur... » Poursuivit-elle froidement avec dédain. « Tu ne t'es tout de même pas... attaché à cet animal ?» Demanda t-elle incrédule, comme si la pensée était à peine concevable.

-Arrête Pansy. Tais-toi. » Ordonna Draco d'une voix dure.

Il ne voulait pas se mettre dans une position difficile en défendant Harry – se peindre une cible dans le dos aurait été tout aussi intelligent – , mais Pansy testait véritablement ses nerfs, et il lui fallait tout son self-contrôle pour ne pas se jeter à sa gorge.

-Oh mais c'est cela, n'est-ce pas ? J'ai touché un point sensible... » Susurra t-elle, son ton suintant la moquerie et la pitié mêlé de mépris. « Tu es faible, Draco, je l'ai toujours su... Que vas-tu faire de lui ? Tu en vas en faire ton calice sur un coup de tête aussi ? »

Draco tiqua et il eut comme l'impression que Pansy venait de soulever quelque chose d'intéressant.

-Calice ? Qu'est-ce que c'est ? Demanda t-il en maudissant sa jeunesse dans le monde vampirique et son ignorance sur nombre de sujets.

Les yeux noirs de Pansy se réduisirent à deux fentes, comme si le fait que Draco y semble intéressé plutôt qu'outré qu'elle en parle la mettait hors d'elle.

-Ton ignorance prouve ta jeunesse et ton imbécillité, Draco. » Répliqua t-elle d'un ton qui disait qu'elle n'avait nullement l'intention de lui dire quoi que ce soit. « Si le Lord ordonne ta mort, je me joindrais à la partie avec plaisir. »

Puis elle lui tourna le dos et s'en fut sans un mot, sans un dernier regard derrière elle, laissant un Draco tout à fait incrédule.

Certes, il avait toujours su que son 'alliance' avec Pansy n'avait jamais été qu'un échange de bons procédés et de faveurs qui leur profitait à tous deux, mais tout de même...

Puis il eut un petit gloussement railleur. Pansy était jalouse.

Hé bien qu'elle aille au diable. Il n'était pas son petit jouet, et elle pouvait aller pleurer ailleurs. Le seul problème serait, bien-sûr, l'éventualité dans laquelle elle parviendrait avec toutes ses histoires à planter une graine de doute dans le cerveau de Lord Voldemort...

Il soupira brièvement avant de se dire qu'il n'y avait pas grand chose à faire maintenant que les dés avait été lancés, et ouvrit la portière avant de s'installer au volant de son Audi noire.

Seul le temps lui dirait ce que l'avenir avait en réserve pour lui.


À suivre...