Auteur: Elbée

Rating: M

Warning: Slash HPxDM Lemon UA

Rythme de publication : Un dimanche sur deux

Et me revoilà pour le septième chapitre ! J'ai bien cru que je ne pourrais pas le mettre en ligne aujourd'hui, et puis je me suis dit que je ne pouvais vraiment pas vous faire ça :) Mais : je m'excuse par avance pour les fautes que vous pourrez trouver, j'ai eu à peine le temps de relire tout ça pour corriger donc bon... C'est pas le top !

Par contre je vous préviens, j'ai vraiment des doutes quant à la mise en ligne du prochain chapitre, et je crois bien que j'aurais une semaine de retard sur mon petit planning =( Je vais faire en sorte que ça ne se produise pas, mais c'est très difficile pour moi en ce moment.

Sinon je tiens à remercier tous les adorables reviewers qui ont pris de leur temps pour me laisser un commentaire, c'est super gentil =) Je pense avoir bien répondu à tout le monde, et pour les reviews anonymes, les réponses seront sur ma page profile soit un peu plus tard ce soir, soit demain !

J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira ! Je le trouve bien chargé en actions et en rebondissements... Et puis on approche de plus en plus au terme de cette fanfiction ! =)

À bientôt !


Plus Que Du Gris

Chapitre 7 : Révélations


La nuit tombait rapidement et Harry faisait les cents pas dans le salon, se sentant de plus en plus survolté. Toute la journée il s'était senti particulièrement agité et avait peine à tenir en place.

Pour la première fois de sa vie, il n'attendait pas la pleine lune avec impatience et bonheur, mais plutôt avec une sorte d'anxiété liée à l'incertitude de ce qui l'attendait dehors ce soir.

Le soleil avait déjà disparu depuis un bon moment à présent, mais la nuit prenait son temps à tomber, même si elle n'allait plus tarder à arriver désormais. Aller dans la forêt était bien-sûr hors de question, son statut de banni le lui interdisait. Son unique option était d'aller au Nord de Poudlard, du côté du Peak District. Ça n'était pas une solution idéale, mais il ne pouvait pas non plus simplement rester en ville, les conséquences auraient sûrement été désastreuses, et sa meute l'aurait mis vraiment en pièces s'il faisait quelques choses de stupide pendant sa période de bannissement.

Harry passa une main dans ses cheveux rebelles et cessa de faire les cent pas cela ne faisait que l'agiter inutilement. Il laissa courir ses yeux encore une fois le long de la pièce. Il avait été en ville ce jour là, plus pour faire quelque chose que par nécessité, et avait acheté du matériel de dessin, ce qui l'avait occupé durant quelques heures... Après tout il ne savait pas combien de temps il resterait loin de son véritable 'chez lui', et dessiner lui avait manqué... Il avait même réalisé une ébauche de modèle dont il était particulièrement satisfait.

Sans s'en rendre compte, il avait recommencé à trépigner, dansant d'un pied sur l'autre comme si ces jambes étaient prises de sortes de démangeaisons. Il fallait qu'il se mette en route bientôt. Il avait encore au moins une heure et sans doute plus avant que sa transformation forcée ne s'enclenche quoiqu'il veuille, mais ses instincts en lui ne lui laissaient aucun repos et il ressentait cette envie caractéristique de courir à en perdre haleine comme si tout son corps bouillonnait d'un surplus d'énergie.

Draco lui avait dit qu'il le conduirait, mais Harry commençait à se demander quand exactement le blond se réveillerait la dernière fois qu'il avait jeté un coup d'œil dans la chambre il avait toujours était plongé dans cet étrange sommeil de plomb qui le faisait paraître à un mort –ce qu'il n'aimait pas vraiment voir, il ne pouvait réprimait les désagréables frissons qui lui parcouraient l'échine quand une petite partie primaire de son être lui hurlait que son lié gisait mort, ce qui était partiellement vrai d'une certaine manière. Non vraiment il n'aimait pas trop y songer.

Comme si ces pensées s'étaient matérialisées subitement par le seul pouvoir de sa volonté, un craquement quasiment indiscernable le fit pivoter sur lui même, et il aperçut la silhouette de l'objet de ses songes dans l'encadrement de la porte du salon.

Le vampire avait l'air légèrement endormi, signe qu'il venait tout juste de se réveiller, mais même ainsi il ne perdait pas de cette classe innée qui semblait l'accompagner toujours. Même si Draco n'avait aucun moyen de se souvenir de son passé en temps qu'humain, Harry était prêt à parier sur le fait qu'il avait été un aristocrate de quelque sorte de son vivant.

-Ce soir, hm ? » Fit Draco en passant une main dans ses cheveux blonds presque blancs.

Harry cessa son trépignement inconscient et hocha la tête.

-Laisse moi prendre une douche et je te conduis. »

Ils s'étaient mis d'accord la veille qu'il serait plus pratique pour Harry que Draco le conduise. Il avait tout d'abord songé à prendre sa moto et à la laisser quelque part dans le Peak Distict durant la nuit, mais il devait avouer que ce n'était pas une solution qui l'enchantait certes l'endroit ne devait pas grouiller de monde durant la nuit, mais même avec un antivol, il n'avait guère confiance et puis Draco lui avait affirmé que le conduire ne le dérangeait pas le moins du monde, aussi Harry avait accepté son aide. Il devrait rentrer seul le lendemain matin, mais il avait connu pire.

Plongé dans ses pensées, Harry avait à peine remarqué que le blond s'était approché doucement de lui, jusqu'à ce qu'il fut à quelques centimètres de ses lèvres. Il répondit au baiser, d'abord pris de court puis confiant, avant que Draco ne se retourne et le laisse, se dirigeant vers la salle de bain.


-Wouah... » S'exclama Harry quand Draco ouvrit la porte de garage, révélant l'Audi noire aussi propre et brillante que neuve. « Elle est à toi ? »

-Non, à Blaise. » Répondit Draco en faisant un petit geste de la main pour inviter Harry à prendre siège.

Il démarra et le moteur sage et puissant se mit à ronronner doucement comme un tigre sous contrôle, et sortit du garage avant de prendre soin de refermer la porte de garage à distance.

-Hééé ! » S'écria Harry soudainement quand Draco lança la voiture dans la rue qui était vide de monde. « Pas la peine de foncer. »

Le véhicule roulait bien plus vite que nécessaire et bien trop vite pour la ville, mais Draco ne semblait pas l'avoir remarqué.

-Attend, tu as ton permis au moins ! »

Draco lui jeta un bref regard un coin, le visage sérieux, avant de regarder à nouveau devant lui au grand soulagement de Harry.

-Tu plaisantes...? Je n'ai même pas de carte d'identité. »

Harry ne pouvait s'empêcher de demeurer tendu, la vitesse à laquelle roulait Draco le rendant bien trop nerveux. Certes, lui-même avait tendance à exploser les limitations de vitesse, mais bizarrement la voiture, plus grosse, lui semblait plus dangereuse, et le fait qu'il n'était pas au volant ne faisait rien pour arranger les choses. C'était ridicule, bien-sûr, les réflexes de Draco étaient plus qu'excellents évidemment, ce qu'il prouva en évitant d'un cheveux une voiture qui surgit sur leur droite inopinément.

Le loup-garou avait pâli considérablement et le blond avait dû s'en apercevoir puisqu'il eut un léger sourire et fit :

-Je t'assures que mes réflexes sont largement à la hauteur de cette vitesse, Harry. Nous serons au Peak District en un temps record. »

-Oui bien j'aimerais autant y arriver vivant. » Répliqua Harry avec cynisme.

Il fut beaucoup plus à l'aise une fois qu'il furent sortis de la ville et que les dangers de chaque instant que constituaient les piétons et autres automobilistes ne furent plus, laissant place à une route droite beaucoup moins dangereuse.

Effectivement, ils atteignirent leur destination incroyablement vite, et il était à peine huit heure passées lorsque Draco arrêta la voiture sur le parking totalement vide destiné aux visiteurs du parc national. Ils sortirent et marchèrent un instant de manière à s'éloigner de la lumière blafarde que les lampadaires du parking diffusaient faiblement.

Installés un peu partout dans le parc, des sortes d'abris ouverts composés de trois murs en panneaux de bois et d'un toit avaient été construits. Harry décida de rejoindre celui placé en aval de la colline sur laquelle ils étaient Draco le suivit, comme incertain sur ce qu'il convenait de faire, et Harry se sentit désolé pour lui, un vampire tel que lui n'aurait en rien du se sentir mêlé à de telles histoires.

-Tu peux partir si tu veux, tu sais. » Lui dit Harry alors qu'ils atteignaient le petit abri destiné aux visiteurs qui souhaitaient s'abriter en cas de pluie trop forte.

-Seulement si tu préfères rester seul. » Répondit Draco, l'air déterminé. « Je partirais tout à l'heure. Tu m'as dit que tes transformations de pleine lune étaient douloureuses, je ne veux pas que tu subisses ça tout seul... »

-Oh. » Fit simplement Harry, surpris et à la fois étrangement touché par l'empathie du blond, empathie qui n'était cependant pas nécessaire. « Pas pour longtemps. Et nous glorifions cette douleur qui symbolise notre appartenance à Gaïa... » Expliqua brièvement Harry d'une manière presque machinale, tant cette notion lui avait été inculquée depuis son plus jeune âge.

-Cinglés. » Marmonna Draco avec une petite exclamation incrédule qui laissait clairement entendre qu'il ne faisait que taquiner Harry comme si souvent.

Harry se contenta de lui jeter un regard amusé, puis entreprit de se déshabiller. Il comptait laisser ses affaires sous le toit de l'abri, préférant parer l'éventualité d'une averse cette nuit même si le ciel était clair pour l'instant.

-Alors, hm... Comment est-ce que ça se... passe ? » Demanda Draco avec une réelle curiosité.

Il n'était pas sans savoir qu'il allait être le témoins le plus improbable d'un spectacle que peu de son espèce devaient avoir vu par le passé, et il voyait en l'invitation à rester un privilège unique.

-Je ne peux pas contrôler le moment de ma transformation en loup supérieur » expliqua Harry tandis qu'il retirait sa veste et son tee-shirt. « C'est la forme que nous prenons malgré nous lors de la pleine lune. »

-Hm, alors tu dois attendre jusqu'à ce que la transformation se produise ? » Demanda Draco avec une moue dubitative et perplexe.

Généralement il ne s'intéressait guère aux coutumes des loup-garous et ne pressait jamais Harry de questions – beaucoup moins que le brun qui lui, au contraire, semblait toujours fasciné par les 'bizarreries', comme il disait, de la race de Draco.

-Non, je prend ma forme crinos ça rend la transition moins pénible. »

-Qu'est-ce que c'est ? » Demanda Draco qui vraiment ne connaissait rien aux loups-garous malgré le fait qu'il en côtoya un depuis plusieurs mois.

Harry venait de se débarrasser de son dernier vêtement, vêtements qui étaient à présent rassemblés dans le coin de l'abri, et il se tourna vers Draco avec un large sourire :

-Tu vas voir. »

Avec l'aisance de l'habitude, Harry donna l'impulsion nécessaire à son corps, et avec aisance ses os commencèrent à craquer, à se repositionner et à s'allonger, déformant totalement ses membres, tandis qu'une fourrure brillante et épaisse apparaissait sur tout son corps, le couvrant d'un manteau luisant noir-charbon. Sa mâchoire s'allongea et son crâne prit une forme plus allongée et canine, tandis que sa colonne vertébrale poussait démesurément jusqu'à former une queue touffue.

La métamorphose ne dura que quelques secondes à peine, mais elle laissa Draco bouche-bée. Ce qui était excusable. Il n'était pas donné à tous d'assister à la transformation d'un homme en une bête mi-humaine mi-loup, de presque deux mètres cinquante juste sous votre nez.

Draco avait déjà pu voir de telles créatures par le passé, et le désagréable souvenir de la manière dont il avait été attaqué par trois des semblables de Harry lui revint subitement en mémoire, le faisant frissonner de malaise.

Devant lui, le loup 'crinos' se tenait debout, comme un homme gigantesque, mais sa tête était celle d'un loup aux yeux verts, des yeux qu'il reconnaissait et qui n'avait rien de sauvage ou d'incontrôlable fort heureusement.

-Tu... peux me comprendre ? » Demanda le blond d'une voix moins assurée qu'il ne l'aurait voulu.

Oui, il savait que c'était Harry devant lui, mais bon sang, cette forme était tout de même intimidante. Il n'était pas sans avoir qu'un coup de griffe bien placé de la part du loup l'aurait tué ou du moins blessé

gravement en cet instant. Et bien qu'il lui fit confiance, il n'en demeurait pas moins qu'il restait conscient de ce fait, et qu'une petite partie primaire de sa nature vampirique lui hurlait de prendre ses jambes à son cou seule sa raison et sa foi en Harry lui permettait de garder son sang froid.

À sa question, un grand bruit qui ressemblait à une sorte d'aboiement tonitruant s'échappa de la gorge du loup, et Draco ne put s'empêcher de sursauter avant de comprendre qu'il riait. Même si le grognement n'avait pas vraiment grand chose en commun avec un véritable rire.

-Oui. Je suis la même personne. » Dit Harry d'une voix grave et profonde qui ne ressemblait en rien à celle que Draco lui connaissait.

Il prononçait les mots d'une façon déformée, sa gorge n'étant pas adaptée au langage, mais Draco parvint tout de même à le comprendre.

Harry tomba sur ses pattes avant et s'assit sur son arrière-train comme l'aurait fait un chien. Le vampire leva sa main droite et l'arrêta a mi-chemin.

-Je peux ? » Demanda t-il avec quelque chose dans la voix qui ressemblait à du respect mêlé à de l'appréhension.

La créature hocha du chef, et Draco posa sa main sur son museau, s'attirant un petit gémissement appréciateur, comme pour encourager son audace. Il caressa la fourrure noire soyeuse qui était incroyablement douce et épaisse, et Draco réalisa à quel point la situation était étrange.

Plusieurs minutes passèrent puis soudain, Harry se dégagea brutalement de sa main, faisant reculer Draco de surprise.

Le loup crinos émit un gémissement plaintif, tandis que tous ses muscles se crispaient et que les bruits de nouveaux craquements d'os emplissaient à nouveau l'air.

-Harry ? » Fit Draco un peu alarmé en prenant quelque pas de recul, avant de comprendre que cela devait être la transformation en loup 'supérieur' à laquelle Harry avait fait allusion.

Cette métamorphose prit d'avantage de temps que la première et était ponctuée de grognements de douleur de la part de Harry, recroquevillé au sol et parcouru de spasmes. Draco le regardait, impuissant, sachant qu'il n'y avait rien à faire sinon attendre.

Au bout de plusieurs minutes la transformation fut enfin achevée, et un énorme loup, qui ressemblait en tout point à un loup traditionnel si ce n'était sa taille gigantesque – probablement un mètre cinquante au garrot, jugea Draco – se leva et s'ébroua dans un ultime grognement.

-Wouah » Souffla Draco en plongeant ses yeux gris dans les émeraudes du loup géant qui avait tourné la tête en sa direction. La peur innée que ressentait Draco à la vue du loup-garou était largement supplantée par l'émerveillement qu'il éprouvait.

Harry regarda autour de lui et émit un petit couinement que Draco ne sut comment interpréter. Puis l'animal rejeta la tête en arrière et poussa un long hurlement qui déchira la nuit, un cri qui même aux oreilles de Draco parut triste et solitaire. Le long pleur dura presque une minutes entière, après quoi le loup tendit ses oreilles, semblant avide de détecter le moindre son aux alentours, pour finalement gratter le sol de ses pattes avant avec un nouveau couinement de dépit.

-Avec un peu chance, tu passeras la prochaine pleine lune en compagnie des tiens. » Le rassura Draco qui semblait comprendre l'autre malgré sa forme.

Il fit courir sa main dans la fourrure incroyablement douce le long du flan du loup, résistant l'envie d'y frotter son visage – ça n'aurait vraiment pas été un comportement digne d'un vampire.

Puis il décida qu'il était temps pour lui de retourner en ville, là où il appartenait, et de laisser Harry profiter de sa nuit de liberté. Il caressa doucement le dessus du museau du loup en signe d'au revoir, et accepta, un peu surpris, le cou de truffe humide dans son cou que lui rendit Harry avant de s'éloigner. Il jeta un dernier regard à la forme gracieuse et puissante du loup-garou qui s'était mis à courir vers un groupement d'arbres, et regagna le parking sans plus attendre. Il avait des choses à faire, et avait son propre lot d'exigences de la nuit à assouvir; il avait soif.


Harry reconnut enfin un bâtiment familier et poussa un soupir de soulagement. Il était déjà 9 heures et demi du matin et il avait regagné forme humaine depuis plusieurs heures. Si seulement il ne s'était pas perdu, il aurait pu déjà être entrain de dormir. Il bailla, se sentant incroyablement fatigué après cette nuit qu'il avait passé à courir après des lapins. La marche pour regagner Poudlard avait aussi pris du temps, et tout ce que voulait Harry à présent était une douche et un lit.

Heureusement il savait désormais où il se trouvait, et regagner l'appartement de Draco ne lui prit qu'un autre quart d'heure. Il avait le double de la clef d'appartement dans la poche de sa veste et entra d'un pas traînant, ayant l'impression que la fatigue l'avait pourvu de chaussures à semelles de plomb.

Il prit une rapide douche brûlante pour se laver de la terre collée à son corps, puis se coucha aux côtés de Draco, s'endormant profondément dès que ses paupières se fermèrent.


Quand il se réveilla il constata qu'il était désormais seul dans le lit double, et son premier réflexe fut de jeter un coup d'œil à sa montre qui était posée sur la table de chevet.

Se yeux s'écarquillèrent en voyant qu'il était vingt-deux heures passées, et aussitôt après il poussa un soupir de défaite. Il avait dormi pratiquement onze heures d'affilé, ce qui ne lui ressemblait pas, même si cette incartade pouvait être excusée puisqu'il pas dormi durant vingt-quatre heures après tout. Les transformations étaient de toute manière toujours épuisantes, mais d'ordinaire, Remus le réveillait toujours vers midi au plus tard...

À ce train là, il allait se transformer en oiseau de nuit comme Draco.

Il tourna la tête pour jeter un coup d'œil derrière lui. Pas de Draco en vue d'ailleurs. Il tendit l'oreille et ne percevant pas le moindre bruit, il en déduisit que le vampire devait être de sortie.

Il se leva et s'étira en tendant les bras au dessus de sa tête, grimaçant en sentant les légères courbatures qui griffaient ses muscles, derniers vestiges de la transformation en loup supérieur de la veille. Il était tard, mais l'habitude de prendre une douche au réveil ne pouvait être ignorée, et Harry resta un long moment sous le jet d'eau chaude, savourant la chaleur liquide sur ses membres courbaturés.

Il enfila des vêtements propres et frotta vigoureusement ses cheveux noirs dans la serviette de bain, ce qui eut pour effet de les dresser dans tous les sens, comme ils le faisaient toujours. Il passa un court instant à donner à un semblant d'apparence contrôlée à sa chevelure dissidente avant d'abandonner.

Il ouvrit la fenêtre de salle de bain style soupirail pour évacuer la vapeur d'eau qui embuait la petite pièce carrelée avant de sortir, décidant qu'un petit-déjeuner nocturne était de il aperçut une demi feuille de papier blanche sur laquelle on avait écrit quelque lignes. Supposant qu'il s'agissait d'un mot que lui avait laissé Draco il s'en saisit et sa bonne humeur se transforma en l'espace d'une seconde en une sourde colère.

Harry,

Je serais très probablement encore absent lorsque tu te réveilleras. Lord Voldemort m'a fait demandé chez lui et je ne sais pas quand je serais de retour.

Draco

Les deux lignes ne lui avait pas prit deux secondes à lire, mais Harry sentit son humeur descendre à des profondeurs. Tout ce à quoi Harry pouvait penser était ce soi-disant 'Lord' qui avait bu le sang de Draco et avait abusé de son pouvoir sur son lié, ce qui était une pensée tout à fait insupportable au jeune loup-garou tout récemment enchaîné.

Harry comprenait et acceptait le fait que les vampires aient des coutumes et des règles différentes, règles auxquelles Draco devait se plier, étant l'un des leur, mais imaginer Draco aux mains de cette sangsue le mettait dans une rage monstre. Draco était à lui, il était son lié Voldemort pouvait parfaitement s'en prendre à un autre vampire, ça n'était pas ça qui manquait à Poudlard où il devait bien y en avoir plusieurs douzaines.

L'idée de manger quoique ce soit complètement envolée de son esprit, Harry enfila ses chaussures et attrapa au vol son blouson, avant de quitter l'appartement en claquant la porte, aveuglé par le besoin de tirer son lié des mains de son concurrent – son rival !, lui hurlait le loup en lui. Personne ne devait avoir le droit de revendiquer le fait que Draco fut à lui.

Il ne savait pas où ce Lord Voldemort habitait, ni même si c'était vraiment là que Draco l'avait retrouvé, mais il n'avait pas besoin d'adresse, le lien profondément ancré en lui et relié à son vampire le guiderait mieux que n'importe quelle boussole.

Il enfourcha sa moto qu'il avait laissé dans le garage sous-sol de l'immeuble et démarra en trombe, concentré sur l'enchaînement comme jamais et absolument sûr de la direction à prendre.

Il ne lui fallut qu'une dizaine de minutes de conduite imprudente pour arriver à destination il n'avait aucun doute que Draco se trouvait dans cet immense maison, qui devait, de toute évidence, être la demeure du Lord des vampires.

Il apercevait le second étage et le toit de ce qui était un magnifique hôtel particulier du 19ème siècle, aux murs blancs et à la toiture sombre, couvert de belles et grandes fenêtres à garde-fous en fer forgé. S'il ne pouvait en voir d'avantage, c'était parce que tout le tour de la propriété était entouré d'un immense mur de deux mètres cinquante de haut, et Harry comprit qu'entrer n'aller pas être facile. Il y avait en outre des cameras de sécurité qui surveillaient les alentours, et plusieurs gardes étaient postés, faisant les cents pas le long du mur de garde.

Il aurait dû s'en douter, il n'allait pas tenter d'entrer par effraction chez n'importe qui, mais sa résolution ne baissa pas d'un cran. Il pouvait sentir, à travers le lien que Draco se trouvait dans cette maison, et il n'allait pas reculer pour un mur ou pour quelques caméras.

Il avait arrêté sa moto un peu plus loin et l'avait laissé au coin d'une rue adjacente à la maison. Tout occupé à penser à la manière de pénétrer dans l'enceinte de la propriété, il en oublia de mettre l'antivol sur sa moto.

Passer par dessus le haut mur se révéla finalement assez simple, et il n'eut même pas besoin de se transformer pour sauter, profitant d'un court moment où le garde le plus proche lui tournait le dos.

La nuit était fraîche mais peu sombre grâce à la luminosité ambiante de la ville, et les yeux de Harry n'avaient aucun mal à s'ajuster à la semi-pénombre environnante.

La double porte d'entrée était flanquée de deux gardes, et Harry jugea qu'il était plus sage de trouver une autre manière d'entrer. Il pouvait sentir de là où il se trouvait que les deux gardes étaient des vampires, et même s'il n'avait aucun doute quant à l'issue qu'aurait un éventuel affrontement entre lui et les deux vampires, il préférait tenter une intrusion furtive il n'avait pas réellement l'intention de se battre avec toute la maison et de se mettre à dos la moitié de la population vampire de Poudlard du même coup...

Il finit par trouver une fenêtre sur le côté droit de la maison qui, après un rapide coup d'œil à l'intérieur se révéla être les cuisines. La fenêtre était bien-sur fermée, et Harry décida de prendre le risque de briser un des petits carreaux de celle-ci pour pouvoir l'ouvrir de l'intérieur.

Il ramassa un gros caillou dans la cours gravelée autour de la résidence et retint son souffle avant de briser le carreau qui, lui parut-il, fit un raffut épouvantable. Il attendit une minute entière, s'attendant à voir surgir des vampires alarmés de tous les côtés mais, de manière plutôt incroyable jugea t-il, personne ne vint et seuls les bruits occasionnels de klaxon dans le lointain venaient briser le silence.

Il se redressa et passa son bras à travers le carreau brisé, en veillant à ne pas se couper sur le verre tranchant, et ses doigts se refermèrent sur la petite poignée de la fenêtre.

-Aaah ! » Gémit-il de douleur avant de retirer brusquement sa main et de fermer sa bouche afin de couper son cri.

Il avaient les dents serrées et luttait contre les vagues d'élancements que lui lançait sa main. Il ouvrit se doigts et constata que l'intérieur de la paume de sa main avait été comme brûlé, et était à présent d'un rouge vif douloureux.

Ses yeux se plissèrent et il murmura :

-De l'argent... Les salauds... »

Il tira sur la manche de son blouson et en recouvrit sa main avant de répéter l'opération, parvenant enfin à ouvrir la fenêtre sans anicroche.

Il savait que la blessure causée par le contact avec l'argent mettrait plusieurs heures avant qu'elle ne cesse de le faire souffrir et qu'elle finisse par guérir enfin, aussi la douleur cuisante lui donnait envie de taper dans un ou deux vampires.

Il sauta dans la cuisine vide et atterri souplement sur le sol immaculé tout carrelé de blanc. Il tendit l'oreille à nouveau, et ne détectant pas le moindre bruit, il se redressa et sortit prudemment de la cuisine. Il savait qu'il y avait très peu de chance qu'il ne reste incognito bien longtemps : son odeur finirait par le trahir, après tout un loup-garou ne pouvait pas exactement passer inaperçu au sein d'un nid de vampires.

À peine avait-il eut cette pensée qu'une voix le fit s'arrêter net.

-Hé toi ! Arrête toi !

Il fit volte face et aperçu une femme aux longs cheveux bruns bouclés et attachés en un chignon compliqué. Elle portait une longue robe de velours noir et son visage était joli quoiqu'émacié. Il y avait cependant dans son expression quelque chose de dérangeant, comme si elle n'avait pas toute sa tête.

Sans réfléchir, Harry se mit à courir dans la direction opposée à la femme brune et tourna à droite, s'engageant dans le couloir adjacent. Le couloir était large et recouvert d'un tapis vert et argent du meilleur goût qui devait probablement coûter une fortune. L' endroit était éclairé par des lampes murales en forme de chandelier qui donnaient à l'endroit un aspect d'hôtel de luxe. Il y avait en outre quelques meubles en bois ciré qui ne devaient pas rien coûter et qui étaient disposés le long du couloir. Mais présentement Harry n'avait pas franchement la tête à admirer la décoration.

La femme n'était plus juste derrière lui, mais elle ne devait pas être loin, et elle ne devait plus être seule non plus si il en jugeait par le raffut qu'il pouvait entendre. Il il y avait une porte à sa gauche et il l'ouvrit violemment et se brûla à nouveau la paume droite lorsqu'il se saisit à pleine main de la poignée recouverte d'argent. Il réprima un juron avant d'y entrer et de la fermer le plus silencieusement possible en couvrant sa main dans sa manche. Il se colla dos à la porte et retint son souffle, écoutant avec soulagement les bruits de pas précipités passer devant la porte et s'éloigner.

Seulement là se rendit-il compte de l'odeur tout à fait inattendu qui parvenait jusqu'à ses narines. Pas celle d'un autre vampire, mais celle d'un loup-garou De plusieurs loups-garous peut-être même.

En entrant, il s'était attendu une autre pièce, mais la porte avait en fait révélé un escalier descendant vers ce qui devait être le sous-sol. Harry savait qu'il aurait dû se contenter de repartir vers le couloir et pour trouver Draco rapidement – il savait que le blond ne se trouvait pas en-bas, le lien le tirait vers la direction opposée –, mais quelque chose dans ses instincts lui disaient qu'il fallait qu'il descende.

Il resta indécis durant quelques secondes avant de décider de descendre. L'odeur de loup-garou en bas était bien trop étrange et il fallait qu'il tire ça au clair. Pouvait-il y avoir d'autre loup-garous ici ?

Si le cerveau de Harry n'avait pas été pratiquement entièrement focalisé sur Draco en cet instant, peut-être serait-il parvenu à faire le rapprochement et aurait-il pu se douter de la vérité mais ce fut totalement oublieux qu'il descendit, s'enfonçant sous la terre. Il arriva dans une minuscule pièce qui devait faire office de débarras. Elle était emplie d'étagères et de cartons, de boîtes et de dossiers poussiéreux. Il y avait une porte au fond et Harry se mordit les lèvres, décidant d'y entrer en dépit de tout bon sens.

Il prit cette fois-ci bien garde à la poignée argentée qui, il n'en doutait pas, devait probablement être recouverte d'une couche d'argent nocive aux loup-garous et poussa la porte avant de jeter un regard à l'intérieur. Son cœur fit un bond dans sa poitrine.

-Hagrid ! » S'exclama t-il à haute voix sans pourvoir s'en empêcher.

L'homme, attaché au mur par de lourdes chaînes était inconscient et ne répondit pas à l'appel de son nom.

Sans y croire ses yeux, Harry avança d'un pas, et vit que Hagrid n'était pas seul : Sturgis Podmore, un autre homme de sa meute porté disparu il y avait plusieurs mois de cela se trouvait là également, ainsi que trois autres personnes : deux hommes et une femme que Harry ne connaissait pas bien mais qui étaient des loup-garous de la meute des Serdaigle.

-Hagrid ! Sturgis ! » S'exclama t-il en se précipitant sur l'homme à la large carrure, décidé à arracher les chaînes.

Pour la troisième fois en moins d'une heure il se brûla cruellement les mains et ne put empêcher un cri de souffrance échapper de ses lèvres.

Une rage blanche s'éleva en lui, et son sang se mit à bouillonner : il était absolument furieux, et il se sentait sur le point de laisser place à sa forme crinos qui exigeait le sang de ceux qui avaient abusé ainsi des membres de sa propre race et même de sa propre meute.

-Hagrid ! » Cria t-il à nouveau, en secouant l'homme par les épaules, espérant que cela suffirait à le réveiller.

Seulement là se rendit-il compte qu'une aiguille de seringue était plantée à la base du cou de l'homme, probablement afin de diffuser une drogue quelconque qui le maintenait dans cet état.

Il inspira profondément, tentant de décider quelle pouvait être la manière d'agir la plus raisonnée. S'énerver et tout casser autour de lui ne résoudrait rien. Il tourna la tête vers les autres prisonniers et constata qu'au moins ils semblaient tous vivants : tous respiraient. Mais son soulagement se mua en horreur quand il constata que la plupart d'entre eux semblait être les objets d'expérimentations grotesques et horrifiantes.

La femme que Harry ne connaissait pas : une jeune femme rousse à la peau pâle avait la bouche ouverte et lui on avait, semblait-il, arraché toutes les dents. Elle avait du sang sur le menton et les gencives en lambeaux, et comme tous les autres elle était maintenant contre le mur au moyen de lourdes chaînes recouvertes d'argent. L'homme à côté d'elle était torse nu et avait une large plaie béante en travers de son torse dans laquelle on avait planté une large lame acérée, et Harry du détourner les yeux de la vue, se sentant sur le point de vomir.

Il allait s'approcher de l'homme dans le but de retirer la lame de la plaie, quand il entendit une porte s'ouvrir, et l'odeur de deux vampires parvint jusqu'à lui. Il fit volte-face à se figea en voyant deux vampires de haute taille le regarder avec stupeur.

Le vampire de droite dégaina aussitôt une arme et fit :

-Ne bouge pas. »

-Ça ne me tuera pas » Gronda Harry, une sourde colère dans la voix, en sentant ses muscles se tirer et ses os craquer.

Le vampire changea de stratégie et visa plutôt la tête immobile de Hagrid.

-Peut-être pas, mais dans son état lui en mourra sûrement. » Répliqua t-il avec un sang froid admirable.

Harry se figea à nouveau, et grogna sourdement avec une férocité qui aurait fait trembler n'importe qui.

Puis un nouveau bruit se fit entendre, et Harry comprit que quelqu'un descendait les escaliers qu'il avait emprunté un peu plus tôt. La femme à l'air dingue qui l'avait poursuit quelques minutes auparavant entra à son tour dans la pièce, l'air plus folle que jamais, et en le voyant elle eut un sourire démentiel, ce qui confirmait plutôt son insanité puisqu'il fallait vraiment être anormal pour avoir envie de sourire en voyant Harry qui paraissait sur le point de tuer tout ceux autour de lui.

-Toi ! » S'exclama t-elle en pointant son index, comme s'il y avait pu avoir le moindre doute à qui elle faisait référence. « Le Maître veut te voir. »

La surprise repoussa un peu la colère, et Harry fronça les sourcils.

-Pourquoi ? Il ne me connaît pas. » Fit-il avec une hostilité plus qu'évidente.

-Le Maître sait tout. » Répliqua t-elle avec passion comme si elle parlait d'un Dieu quelconque.

Harry resta silencieux, réfléchissant à ses chances de les tuer tous les trois sans qu'ils ne puissent faire de mal aux cinq loup-garous inconscients. Elles étaient plutôt maigres.

-Suis-nous et aucun mal ne leur sera fait. » Fit-elle avec un nouveau sourire affamé qui n'était pas fait pour rassurer.

L'expression de Harry se ferma et il serra les dents avant d'incliner une fois la tête pour marquer son acceptation. Elle s'écarta de la porte et lui fit signe de passer, visiblement peu encline à présenter son dos à un loup-garou. Elle était peut-être folle mais pas stupide.

Harry sortit, suivit de la femme aux cheveux bouclés, et l'homme qui avait toujours le revolver au poing les accompagna. Ils remontèrent l'escalier qui débouchait sur le couloir, et la vampire se mit à caqueter :

-Oh le Seigneur va être content. Oui, très satisfait. » Ricana t-elle en faisant signe à Harry de marcher.

-Tais-toi Bellatrix. » La coupa l'homme qui avait une voix très grave. « Si tu ne l'avais pas laissé courir dans toute la propriété en premier lieu... »

Elle poussa une exclamation d'indignation mais ne fit pas d'autre commentaires, et ils marchèrent en silence, graissèrent un escalier double monumental qui aurait sûrement eu sa place dans un château, jusqu'à ce qu'il n'arrivent devant une imposante double porte en bois blanc.

-Tu ne bouges pas. » Le mit en garde avec férocité la dénommée Bellatrix avec un regard meurtrier, avant de toquer trois fois à la porte.

Une voix les invita à entrer, et elle ouvrit la large porte, faisant un signe de tête à Harry pour qu'il entre. Le brun pénétra à l'intérieur, tout d'abord récalcitrant, avant qu'il ne sente l'odeur de son lié. Draco était là.

La pièce était très grande, agréablement meublée, et le sol était couvert de parquet si bien ciré qu'il en brillait. Les murs couleur crème était agréablement décorés d'œuvres d'art de goût, et en face de lui, il y avait une baie vitrée qui donnait une agréable vue sur Poudlard où l'on pouvait voir les lumières de la ville briller dans la nuit. L'endroit qui aurait pu laisser penser qu'il s'agissait du le salon d'une personne distinguée de la haute société et non pas d'un monstre buveur de sang.

Son regard se posa tout d'abord sur le blond qui avait l'air d'une souris encerclée par de gros chats affamés et qui semblait très surpris -et inquiet- de voir Harry ici. Le brun se tourna vers la deuxième présence dans la salle pour lui jeter un regard féroce qui signifiait clairement 'je vais te faire la peau'.

Il écarquilla légèrement les yeux de surprise en constatant que le visage du vampire était défiguré. L'homme avait les cheveux noirs – presque aussi noirs que les siens – et les traits de son visage étaient fins et réguliers; il aurait été sûrement incroyablement beau si une énorme cicatrice n'avait pas balafré tout le côté droit de son visage, s'étirant de son front jusqu'à la pointe de sa mâchoire

Il portait un complet noir et une cravate d'un bleu profond, et il y avait une aura de puissance et de pouvoir qui l'entourait et qui imposait le respect, ou du moins la crainte.

Harry plissa les yeux et cracha :

-C'est vous 'Lord Voldemort' ? »

Le vampire eut un sourire indulgent, comme l'aurait fait un adulte envers un enfant naïf.

-Bellatrix, Macnair, vous pouvez partir. » Fit le vampire aux deux autres qui étaient restés près de la porte.

-Mais, Maître... » Fit la femme, visiblement dépitée, avant de se taire, coupée court par le regard défiant toute désobéissance.

Ils sortirent en silence en fermant la porte, et Harry reporta son attention sur l'homme qui avait l'air étrangement détendu.

-Je sais que tu ne me feras pas de mal, Harry. » Fit-il en insistant tout particulièrement sur le prénom, comme s'il en savourait la prononciation.

-Ah oui ? Hé bien vous ne devriez pas en être si sûr. » Gronda Harry, sans se demander comment l'autre pouvait bien savoir son prénom, sentant simplement la colère revenir au galop.

C'était lui, le vampire qui avait abusé de son pouvoir sur son lié et qui avait bu son sang et c'était lui, le responsable des disparitions qui avaient eu dans sa meute et dans la meute voisine.

Harry serra les poings, incroyablement désireux de les coller dans le visage du 'Lord'.

-Hagird, Sturgis et les autres ! Pourquoi avez-vous fait cela ? » S'écria t-il, même si aucune réponse n'aurait pu de toute manière le satisfaire.

-Ah oui. Tu n'étais pas censé voir cela. Draco n'en savait rien non plus, ce sont des petites... recherches... que je conduis à titre personnel, vois-tu ? » Il avait dit tout cela d'un ton léger, mais Harry commençait à voir au delà du masque.

Le vampire était fou, dément même. Et il avait une aura de meurtrier, encore plus intense qu'un vampire normal.

-Mais je sais que tu ne tenteras rien contre moi, Harry, car je sais que tu tiens trop à notre cher Draco ici présent. » Fit Voldemort avec un sourire plus large cette fois-ci, comme s'il savait qu'il tenait le loup-garou en échec et mat.

Harry fronça les sourcils, ressentant quelque chose proche à de la haine pour le vampire en face de lui. Draco avait une expression horrifiée sur le visage et semblait incapable de faire quoique ce soit il n'y avait effectivement rien à faire.

Mais Harry refusait de courber l'échine. Voldemort méjugeait sa réaction. Il ne risquerait certes pas la vie de Draco, mais il ne roulerait pas sur son dos en signe de soumission non plus.

-Je crois que vous me sous-estimez » Siffla Harry. « Je suppose que vous aviez aussi sous-estimé le loup-garou qui vous a fait ça ? » Demanda t-il froidement avec un petit mouvement du menton pour designer la longue cicatrice sur son visage.

Le sourire de Voldemort disparu aussitôt. Il ne devait pas être habitué à ce qu'on faire référence à son défigurement de manière si directe et si impolie. Il dût comprendre que l'heure de jouer avait passé et il fit :

-Je le fais à regret, j'avais des plans bien intéressants pour toi, Harry. Mais tu en as trop vu ici ce soir. Tu vas devoir rester parmi nous. »

En un éclair, d'un mouvement à peine visible pour l'œil humain, il sortit un revolver de l'intérieur de sa veste et pointa le canon avant d'appuyer sur la détente.

Seuls les réflexes sur-humains de Harry le sauvèrent, et il esquiva d'un cheveux la balle qui érafla sa joue. L'éraflure brûlait bien plus qu'elle ne l'aurait dû, et Harry sut que le revolver avait été chargé avec des balles en argent. Si cette balle l'avait atteint à la tête, il aurait eu du mal à se relever. Beaucoup de mal même. Surtout dans cette forme.

Il fit un bond sur la gauche afin d'éviter un nouveau coup de feu. Il avait besoin de quelques secondes de répit pour qu'il puisse se transformer. Voldemort ne lui laissait pas pas le moindre instant cependant. Il évita de peu une nouvelle balle qui faillit se ficher dans son épaule, et qui l'aurait sans doute atteint si Draco ne s'était pas jeté sur le vampire plus âgé pour dévier son arme.

-Draco, que fais-tu ! Traître ! Traître à ta propre espèce ! Je t'arracherais les crocs et te tuerais de mes mains ! » Siffla avec rage le vampire qui avait refermé sa main gauche sur la gorge du blond qui gémissait à présent de douleur tandis que les doigts puissants broyaient sa trachée.

Sa main droite brandissait toujours l'arme redoutable sur Harry, mais son attention avait baissé, et Harry bondit sur le côté tout en donnant l'impulsion nécessaire à son organisme pour qu'il prenne sa forme crinos. Quand il toucha le sol il avait doublé de taille et de volume, ses mains et ses pieds étaient à présent d'énormes pattes griffues, et il possédait désormais une gueule aux mâchoires puissantes et aux crocs redoutables

Ses vêtements avaient bien-sûr pratiquement tous éclatés au cours de la métamorphose, et il ne lui restait plus que son pantalon dont la taille s'était déchirée également. Mais il avait l'avantage désormais. Sous cette forme, il était plus puissant, plus fort, plus rapide et plus destructeur.

Il était bien décidé à ajouter une nouvelle balafre à l'autre côté du visage de Voldemort pour le faire regretter de s'en être pris ainsi à son lié, quand la porte s'ouvrit en grand fracas et que quatre vampires entrèrent en trombe.

Harry poussa un grognement sauvage d'animal enragé, et Voldemort envoya Draco voler à travers la pièce comme s'il n'était qu'une vulgaire poupée de chiffon, avant de lancer un regard haineux à Harry, le fixant de ses pupilles désormais rouge sang comme s'il avait pu le tuer du regard.

Voldemort était un vampire très âgé et extrêmement puissant, qui avait acquis au fil des ans des pouvoirs que les autres vampires ne possédaient pas. Harry savait qu'il ne devait pas non plus sous-estimer son adversaire.

Il jeta un coup d'œil à Draco qui s'était relevé, et constata que les quatre vampires qui étaient entrés avaient été rejoins par un nouveau groupe, armé cette fois-ci.

Décidant à contre-cœur que rester ici pour se battre était bien trop dangereux, il se saisit de Draco en un bond rapide. Ils n'avaient pas l'avantage ici, et tout aurait pu très facilement tourner au vinaigre. S'il était à son tour capturé, il ne serait d'aucune aide à Hagrid, Sturgis et les autres, et Draco serait en bien mauvaise posture également.

Il fonça dans la baie vitrée qui se brisa en mille morceaux sous la force et la masse de sa forme, et atterrit dans la cour, Draco toujours dans ses bras puissants. Aussitôt une dizaine de gardes accoururent vers lui, criant des ordres inaudibles, mais Harry ne leur laissa pas le temps d'arriver jusqu'à lui. D'un bond puissant il sauta par dessus le mur et se retrouva dans la rue déserte.

Il posa le vampire au sol, et se reprit sa forme humaine, ce qui lui pris moins de deux secondes, puis cria à Draco en le tirant par la manche :

-Viens ! Vite, dépêche-toi ! »

Il courut à toute allure en direction de la rue où il avait laissé sa moto, Draco sur ses talons, priant pour qu'elle y fut toujours. Il plongea la main dans la poche de son jean défoncé qui avait à peine survécu et en sortit les clefs avant de démarrer le moteur et d'enfourcher l'engin, ne laissant que le temps à Draco de monter derrière lui avant de partir en trombes, laissant derrière eux les hommes de Voldemort qui déjà s'élançaient à leurs trousses.


Ils filaient à toute allure sur la route depuis une bonne vingtaine de minutes, et même si Harry avait réduit un peu sa vitesse depuis qu'il avait quitté Poudlard, ils roulaient toujours bien plus vite que la prudence l'aurait conseillé, mais ce n'était pas cela qui inquiétait Draco.

C'était plutôt la direction qu'ils prenaient qui ne lui plaisait pas.

Quand il s'était rendu compte qu'il filait au sud de Poudlard son sang n'avait fait qu'un tour. Il avait crié à Harry de s'arrêter quand il s'était engagé sur la route qui menait à son village et que ses doutes s'étaient confirmés, mais celui-ci avait fait la sourde oreille puisqu'il était impossible qu'il ne l'ait pas entendu malgré le vent qui sifflait.

Ils arrivèrent enfin au milieu d'un hameau de chalets, une vingtaine environ aurait dit Draco, et dès que Harry ralentit la moto, le vampire sauta à terre, les sens en alerte, et une véritable expression d'inquiétude sur le visage.

-Ça n'est vraiment pas une bonne idée, Harry. Vraiment, vraiment pas... »

Il sentait la panique monter peu à peu. Il se trouvait dans un village de loup-garou, ce qui allait à l'encontre de toutes leurs lois. S'ils le décidaient, il était mort.

-Au contraire. » Répliqua Harry, l'air déterminé. « Je ne les laisserais pas te toucher, et il hors de question que tu rentres tranquillement chez toi avec l'autre cinglé. Et puis, il faut qu'ils sachent la vérité au sujet des petites 'expériences' de cet enfoiré. »

-Harry ? » Fit une voix derrière eux.

Ils se retournèrent et Draco vit un homme de petite taille et aux cheveux grisonnants qui les regardait bouche-bée.

-HARRY A RAMENÉ UN VAMPIRE ! » Se mit-il à hurler une fois qu'il fut sortit de son état de stupeur.

-Mondigus, ferme-la, imbécile ! » Cria Harry avec colère.

-UN VAMPIRE ! UN VAMPIRE PARMI NOUS ! » Se remit à brailler le dénommé Mondingus.

-Oh merde... » Souffla Draco alors que quelques portes de maisons s'ouvraient à la volée.

S'il courait maintenant il avait encore de bonnes chances de s'en sortir, jugea t-il alors que la panique montait en lui.

-Tiens-toi tranquille, ils ne te toucheront pas, j'en fais le serment. » Promis Harry avec un regard grave, semblant avoir perçu le malaise grandissant de Draco.

Alertés par les beuglements de Mondingus, une bonne vingtaine de personnes, hommes et femmes confondus accourent pour être témoins de l'impossible : Harry, qui pourtant était banni, était de retour malgré la stricte interdiction, et plus encore : il revenait accompagné d'un vampire.

Bientôt ils furent encerclés d'un petit groupe qui jetait des regards abasourdis à Harry et des coups d'œil meurtriers plein de haine à Draco qui s'était rapproché du brun s'en même s'en apercevoir.

-Harry, qu'est-ce que c'est que ce cirque ? » S'écria un homme au cheveux noirs et au visage séduisant qui arrivait en courant vers eux, aussitôt reprit en cœur par un rouquin :

-Harry, qu'est-ce qu'il se passe ! »

-Sirius, il fallait absolument que... » Commença Harry avant de se faire interrompre par une voix plus grave qui portait le léger accent de la vieillesse :

-Tu n'étais pas en droit de revenir, Harry. Et tu as commis une faute grave en le ramenant parmi nous. » Fit un autre homme au cheveux et à la barbe argentée à quelques mètres d'eux.

Le cercle humain se brisa pour laisser passer l'homme qui les regardait avec sévérité, baissant la tête à son passage. Draco comprit qu'il était le chef.

-Monsieur, je suis venu parce que je n'avais pas d'autre choix. » Dit Harry. « J'ai découvert où Hagrid, Sturgis et les trois Serdaigle sont retenus captifs. »

Un murmure incrédule passa dans la petite foule agitée, et le chef de la meute ramena le silence en élevant la voix et les mains :

-Allons, silence ! Harry, que s'est-il passé ? »

En quelques minutes, il expliqua du mieux qu'il put les événements incroyables qui avaient prit place cette nuit : la découverte des prisonniers, et la manière dont Voldemort l'avait menacé, lui et Draco.

-Je sais que je n'avais pas le droit de revenir, mais la situation était urgente. Et je ne pouvais pas laisser Draco derrière. Comme vous le savez je suis enchaîné à lui. »

Il avait prononcé cette dernière phrase en retenant sa respiration. S'exposer ainsi aux yeux de tous, avouer ce secret qu'il avait si longtemps gardé pour lui et que les autres voyaient comme un horrible défaut était comme de se mettre à nu. Le regard des siens lui fut soudain insupportable, et il se contenta de fixer Dumbledore qui le regardait d'un air grave et pensif.

-J'étais sûr que les vampires étaient responsables de ces disparition ! » S'exclama une homme qui devait avoir une quarantaine d'année et qui jeta à Draco un regard de pure haine, comme si le blond était le responsable. « Cette sale vermine... Je me ferais un plaisir de les déchiqueter un par un. » Gronda l'homme, aussitôt approuvé par plusieurs autres derrière lui, et soudain Draco se sentit très peu confiant en la capacité de Harry à tenir la promesse qu'il venait de lui faire.

-À commencer par celui-là, qu'est-ce qu'il fait ici ? » Siffla un homme brun plus jeune que l'autre en s'approchant dangereusement de Draco, brisant le petit cercle d'espace personnel que lui et Harry avait réussi à conserver jusque là. « Il est peut-être dans le coup. » Déclara t-il férocement, n'ayant visiblement rien comprit à l'histoire, et probablement plus désireux de se focaliser sur les éléments qui l'intéressaient.

Les yeux de l'homme s'étaient transformés en deux orbes jaunes fendues de noir, et il révéla dans un grondement une rangées de crocs acérés qui n'avait guère rien d'humain.

Le blond eut un sursaut et siffla sauvagement, découvrant ses propres crocs, se tassant sur lui-même tel un animal piégé près à se battre jusqu'à la mort. Se retrouver subitement dans la position de la proie avait quelque chose de particulièrement terrifiant pour lui qui était d'ordinaire le prédateur.

Draco savait qu'il n'avait aucune chance, mais il ne partirait pas sans un combat. Bien qu'il sut que provoquer la meute de loup-garou était la chose la plus stupide à faire, il ne put réprimer le nouveau sifflement qui sortit de sa gorge quand un femme derrière se mit à gronder à son tour, et lança au cercle de loup un regard rouge sang qui les défiait de s'approcher d'avantage.

L'homme qui avait présenté ses crocs à Draco semblait brûler d'envie de relever le défi, mais quand il fit un pas de plus, les poings serrés, Harry bondit entre lui et son lié, tous crocs dehors et une expression sauvage déformant ses traits.

Un grondement sourd sortit de sa gorge et il lança un regard circulaire à la petite foule qui parut battre en retraite, du moins pour l'instant.

-Si un seul d'entre vous ne pose ne serait-ce qu'une patte sur lui, je lui ouvre le ventre moi-même » gronda le brun d'un ton autoritaire qui forçait le respect et que Draco ne lui connaissait pas.

Il avait l'air si furieux que Draco ne douta pas un seul instant qu'il pensait vraiment ce qu'il venait de dire, et visiblement les autres loups-garous semblaient également comprendre que menacer le lié de Harry ne serait pas sans conséquences, vampire ou non.

Dumbledore leva la main droite, ce qui eut pour effet de calmer un peu la trentaine d'individus survoltés et soupira profondément, apparemment dépassé par la situation improbable avant de trancher :

-Il est très tard, – et effectivement la nuit commençait doucement à s'éclaircir – nous nous réunions demain à la première heure, et déciderons de ce qu'il convient de faire à tête reposée. En attendant que chacun rentre chez soi, il n'y a plus rien à faire ici. »

Le groupe ne paraissait pas enchanté par l'idée, mais devant un ordre direct de leur chef, ils finirent par s'éloigner et à partir peu à peu, visiblement à contrecœur. L'homme brun qui avait quasiment attaqué le vampire un peu plus tôt jeta un ultime regard noir à Draco qui dû garder tout son froid pour réprimer l'envie de découvrir ses canines à nouveau. Il avait eu chaud, et avait bien cru qu'il ne passerait pas la nuit.

Finalement, Dumbledore finit par partir à son tour avec un dernier hochement de tête à Harry et aux deux hommes qui étaient restés auprès de Harry, probablement ses parrains comprit Draco.

-Sirius, Remus, je... »

Sirius leva une main pour l'interrompre.

-Je pense que tu as fais ce qu'il fallait faire, Harry. » Dit-il, s'attirant le soupir soulagé de son filleul.

Puis Sirius se tourna vers Draco et lui adressa un regard dur et scrutateur avant de faire :

-Alors je suppose que c'est toi qui est entré dans mon garage ? »

Draco se raidit, se souvenant de cette soirée où Harry l'avait effectivement invité à entrer dans le garage de son parrain. Ils se connaissaient à peine alors. Il jeta un regard méfiant à l'homme, se demandant s'il allait s'énerver.

Mais contre tout attente, Sirius se mit à rire sous cape comme si la nervosité apparente du vampire l'amusait grandement.

-Sirius, arrête... » Fit Lupin qui se tenait à sa côté.

-Le jour ne va plus tellement tarder à arriver, » Dit Harry. « Il faut que Draco puisse s'abriter du soleil... »

Sirius regagna son sérieux et observa le blond d'un regard transperçant.

-Lorsque tu es invité, l'invitation n'est pas révocable n'est-ce pas ? » Demanda Sirius à Draco, visiblement très peu enthousiaste à l'idée de laisser le libre-accès chez lui à un vampire.

Draco hocha la tête pour confirmer il était inutile de mentir après tout, mais Harry avait raison : le soleil ne tarderait plus avant de montrer ses premiers rayons, et rester sans abri n'était pas une option. Sa vulnérabilité le mettait extrêmement mal à l'aise, et il aurait donné cher pour ne plus jamais se trouver dans une telle position de faiblesse, visiblement dépendant de quelques loups-garous qui semblaient avoir très envie de le voir finir carbonisé au soleil.

-Un vampire ne mettra jamais les pieds chez moi de mon vivant... » Grommela Sirius.

Il était évident que Sirius tentait de faire des efforts: le fait qu'il resta relativement civil envers Draco le prouvait, mais il ne fallait pas trop lui en demander d'ailleurs la réaction de l'homme était plutôt attendue.

-Mais... » Commença Harry avec un soupir désespéré.

Remus qui n'avait pas beaucoup parlé depuis le début l'interrompit :

-Sirius a raison, Harry. Je sais que tu es enchaîné à Draco, mais il reste un vampire... »

Draco leva les yeux aux ciel malgré lui, ennuyé que l'on parle de lui comme s'il n'était même là, et lassé d'être traité comme une sorte de pestiféré. Pour n'avoir jamais été que le témoin du mépris qu'avait les vampires envers les loups-garous, se retrouver subitement la cible de cette aversion était vraiment dérangeant.

Harry avait ouvert à nouveau la bouche, visiblement sur le point de répliquer, et il semblait s'énerver peu à peu.

-Ça n'est pas grave. » Dit subitement Draco, en prenant de vitesse le jeune loup-garou. Il ne voulait pas que Harry se dispute à nouveau avec sa famille tout ça pour une stupide histoire d'abri. « J'ai simplement besoin d'un endroit pour me protéger du soleil... Une cabane de jardin ou quelque chose du genre ferait parfaitement l'affaire... »

-Il y a le rangement à outil du potager... » fit lentement Remus d'un ton hésitant.

-Excellent. » Trancha Draco, pressé d'en finir.

Il n'aimait vraiment pas se sentir dans une telle position de faiblesse, et de plus le ciel qui s'éclaircissait le rendait de plus en plus nerveux. Un instinct plus vieux que le monde lui faisait savoir qu'il était temps pour lui de trouver un refuge à l'abri du soleil, et ne le laisserait pas en paix tant qu'il ne serait pas en sûreté parmi les ombres protectrices.

Harry haussa les épaules comme pour marquer sa défaite et fit signe à Draco de le suivre. Le blond regarda vraiment pour la première fois autour de lui, et observa les maisons en bois qui ressemblaient à des chalets de montagne. Ils s'approchèrent de la maison de Harry qui paraissaient grande avec ses deux étages et son porche devant l'entrée.

Ils contournèrent la maison et Draco aperçut la cabane de jardin palissée de planches vernie. Ça aurait pu être pire, au moins elle ne semblait pas trop petite.

-Vas-y entre » Lui fit Harry en ouvrant la porte. « Essaye de ne pas trop salir, tu veux ? » Fit t-il d'un ton railleur en frottant du bout de son pied un tas de poussière à côté de la porte.

-Ça va être difficile de dormir, je ne suis pas habitué à tant de luxe. » répliqua Draco en bougeant une pelle en travers du sol.

La surface au sol devait environ faire neuf mètre-carrés, mais l'endroit était plutôt encombré, aussi durent-ils dégager quelques outils et cartons afin qu'il y ait suffisamment d'espace pour qu'une personne puisse s'allonger.

Le seul problème restait la petite fenêtre, qui était plus décorative qu'autre chose mais qui laissait néanmoins passer la lumière du jour. Le soleil était quasiment levé à présent, et Draco jeta un regard noir à la petite embrasure.

-Je vais te chercher des couvertures et quelque chose pour la fenêtre » Fit Harry qui avait suivit son regard.

Harry sortit, et Draco s'assit dans un coin, à l'abri de la lumière qui déjà filtrait à travers la fenêtre et entoura ses genoux de ses bras, attendant patiemment le retour du brun.

Il pouvait sentir en lui monter une torpeur douce et progressive qu'il connaissait bien. Avec l'arrivée du jour, il se sentait invariablement las et entrait dans une sorte de léthargie qui finissait toujours par le plonger dans le plus profond des sommeils jusqu'à la nuit suivante.

C'était un processus qu'il ne pouvait empêcher, et même en cet instant, malgré tous ses efforts pour se maintenir éveillé, il luttait déjà pour garder les yeux ouverts.

Il était difficile d'avoir une idée précise du temps qui passait dans son état de somnolence, mais Harry devait être parti depuis un bon moment puisqu'à présent un rayon de soleil matinal éclatant lui passait sous le nez à une cinquantaine de centimètres de lui. La torpeur qui s'emparait de ses membres engourdissait également son esprit, et il ne ressentait pas l'horreur qu'il aurait dû éprouver à la vue de la lumière du soleil si proche de son espace vital, mais plutôt une sorte d'intérêt détaché, comme s'il considérait la scène en tant que simple spectateur.

La lumière dansante l'hypnotisait, et Draco la trouvait absolument magnifique. Le soleil inspirait toujours chez lui une peur profonde, mais représentait également un attrait presque saint le soleil restait quelque chose qu'il ne pourrait jamais avoir, ne pourrait jamais toucher et ne pourrait jamais qu'observer depuis les ombres.

Il leva une main et l'arrêta à quelques millimètres du rayon pur qui passait à travers la fenêtre, le bout de ses doigts touchant presque le faisceau étincelant dans lequel dansaient des particules de poussière dorées.

Incapable de résister à la tentation qui était à la fois envoûtante et horrifiante, il avança sa main et le faisceau lumineux tomba directement sur sa peau pâle.

-Aaah ! » Cria t-il en ouvrant grand la bouche, retirant aussitôt sa main sans que son cerveau n'ait même à le lui ordonner.

Le soleil l'avait brûlé comme si c'était au feu qu'il avait mis sa main, et de sombres volutes de fumée s'étaient élevées au contact de sa peau.

Il avait ramené instinctivement sa main blessée contre son torse dans un geste protecteur, et il la rabaissa, regardant avec ébahissement ses doigts et le dos de sa main cramoisi. Le contact au soleil n'avait pas été assez long pour que la brûlure fut profonde, mais le fait que la peau le démangea autant alors que la lumière ne l'avait touché qu'à peine une seconde était particulièrement effrayant. Il ne faudrait probablement guère plus qu'une minute d'exposition au grand jour pour que son existence finisse dans un tas de centre.

Un frisson lui parcourut l'échine.

Le fait qu'il fut un très jeune vampire devait jouer également : avec le temps, les vampires centenaires devenaient plus résistants au soleil, du moins c'est ce que l'on disait.

Dormir ici, dans une simple cabane de jardin au beau milieu d'un village de loups-garous le rendait extrêmement nerveux et le mettait mal à l'aise. Il savait que Harry avait promis qu'il ne laisserait rien lui arriver, mais une petite voix lui répétait qu'il n'était pas en sécurité, et qu'il aurait suffit à n'importe qui d'ouvrir suffisamment la porte pour qu'il se désintègre en l'espace de quelques secondes à la lumière du jour. Ce n'était pas pour rien que les vampires protégeaient le secret de l'endroit où ils dormaient durant la journée : c'était bien là, inconscients et sans-défense qu'ils étaient le plus vulnérable.

Il jeta un nouveau coup d'œil au faisceau de lumière dorée devant lui, mais avec méfiance cette fois-ci. Soudain il perçut le bruit de quelqu'un qui courait dehors, et sentit l'odeur de Harry se rapprocher :

-Draco ! Draco, ça va ? » Fit le brun avec une petite pointe de panique dans la voix. « Qu'est-ce qu'il s'est passé ? »

Il venait d'ouvrir la porte, et se précipita sur le blond assis par terre, jetant au sol les couvertures qui avait dans les bras.

Draco avait un peu de mal à réfléchir à cause de la douce torpeur qui continuait de gagner ses membres à mesure que le temps passait, mais il eut comme un déclic : il avait momentanément oublié que Harry pouvait percevoir les émotions fortes qu'il ressentait, y compris la douleur.

-Oui, désolé, je ne voulais pas t'inquiéter... » Murmura Draco en mangeant ses mots d'un façon tout à fait inhabituelle apparemment la torpeur agissait non seulement sur sa capacité à penser de façon cohérente, mais aussi sur sa faculté à parler. « Je ne sais pas ce qui m'est passé par la tête... »

Il pris sa main blessée dans son autre main avec une petite grimace de douleur, et il ne fallut que quelque secondes à Harry pour deviner ce qui avait dû se produire. Il soupira en secouant légèrement la tête avant de prendre une couverture et de se diriger vers la petite fenêtre responsable de l'accident.

Il prit soin de couvrir entièrement la vitre de manière à bloquer totalement la lumière, et quand il eut fini l'intérieur de la cabane était plongé dans le noir, uniquement éclairé par la porte d'entrée entrebâillée.

-Tiens, tu dormiras mieux comme ça. » Dit Harry en lui tendant les couvertures.

Draco leva le bras avec peine pour s'en saisir, et voyant sa difficulté à bouger, Harry s'agenouilla près de lui pour l'aider à mieux s'installer. Ses yeux gris perle étaient voilés et son regard flou semblait traverser Harry comme s'il ne le voyait pas.

-Tu es sûr que ça va ? » Lui demanda le brun avec une once d'inquiétude. « C'est normal ? »

Le vampire eut un sourire et hocha la tête faiblement. Il gardait les paupières ouvertes grâce à une force de volonté qui lui semblait surhumaine, dans le seul but de ne pas inquiéter Harry. Mais dieu savait qu'il voulait simplement fermer yeux et plonger dans cet état de presque coma qui l'appelait comme le chant d'une sirène.

-Toujours... comme ça... »Murmura t-il avant de laisser sa tête tomber doucement sur l'épaule de Harry qui se tenait juste à côté de lui.

-Je n'aime pas te voir 'dormir' comme ça... tu as l'air presque... mort. » Avoua Harry sans trop savoir pourquoi. « Et franchement Draco, je n'ai pas besoin d'ajouter 'nécrophile' à mon profil... » Ajouta t-il d''un ton plus léger.

Il entendit le blond émettre un grognement amusé et le sentit sourire contre son épaule :

-Je fais bien dans la zoophilie, alors... »

Harry lui donna une légère tape sur la tête, qui se transforma en caresse, et il sourit à son tour tandis que ses doigts se perdaient dans la sensation délicieuse des cheveux blonds soyeux.

Quelque secondes plus tard, Draco avait définitivement sombré dans le profond état de sommeil habituel, et en le voyant si vulnérable, une vague protectrice submergea le brun qui se promit de veiller sur lui. Il ne laisserait pas un seul loup-garou s'approcher de son lié.


Quand Draco reprit conscience, il lui fallut plusieurs secondes avant qu'il ne se souvienne des événements de la veille. La sensation de se réveiller dans un endroit inconnu était assez effrayante, mais il sentait l'odeur de Harry partout dans l'abri de jardin, et en l'inspirant il se sentit étrangement rassuré par sa familiarité.

Le lourd drap qui couvrait la fenêtre n'était plus éclairci, et la nuit devait être tombée depuis un petit moment.

Il se releva et se mit en position assise, percevant soudain des bruits de voix qui venaient de l'extérieur. Il tendit l'oreille et reconnu la voix de Harry.

Il se mit debout et sortit de la cabane de jardin, les voix se taisant aussitôt.

-Salut ! »Lui dit Harry avec un sourire.

Le brun se tenait à quelques mètres de l'abri, et était accompagné par deux autres qui devaient avoir à peu près le même âge que lui : un grand rouquin qui le regardait d'un air soupçonneux, comme s'il était un serpent à sonnettes dont il fallait se méfier, et une fille dont la masse de cheveux bruns était plutôt impressionnante.

-Heu, hum, Draco je te présente Ron et Hermione. »

Draco leur adressa un hochement de tête poli mais prudent, qu'ils lui rendirent. Le rouquin, Ron, l'observait toujours avec cette air contrarié, mais la fille paraissait plus détendue et amène, ce qui paradoxalement irrita quelque peu Draco.

Le fait qu'il apprécia Harry ne voulait pas dire qu'il était devenu l'ami des loups-garous et plus ils se trouvait loin d'eux, mieux il se porterait. Harry était l'exception à la règle bien-sûr.

-Désolé pour l'autre soir... » Marmonna dans sa barbe Ron avec une certaine réticence dans la voix, comme si s'excuser envers un vampire ne l'enthousiasmait vraiment pas.

-L'autre soir... ?...Quoi c'était vous qui m'êtes tombés dessus dans cette forêt ? » S'exclama Draco avec une expression horrifiée, se rappelant des trois énormes loups crinos qui l'avaient attaqué.

Ron eut un petit ricanement comme s'il repensait à un souvenir plaisant, et Hermione lui donna un coup de coude dans les côtes.

-Nous ne savions pas que Harry était enchaîné à toi... » Expliqua t-elle avec un petit haussement d'épaule en signe d'excuse.

-Hum... » Fit Draco en décidant de garder ses distances.

Il reporta son regard sur Harry et refoula la vague d'envie sexuelle qui le saisit en le voyant les bras croisés sur son torse, le regardant d'un air calme et ses cheveux noir de jais brillant légèrement sous la lumière pâle de la lune. Il fut également soudainement rappelé que la soif de sang était revenue, bien qu'elle fut encore sage, soufflant comme un dragon endormi à l'arrière de sa gorge brûlante elle devrait être étanchée ce soir.

Harry lui expliqua que Dumbledore, le chef de la meute, et plusieurs autres loups qui composaient le conseil désiraient le voir, et Draco céda à contre cœur à la demande. Il avait juste hâte de quitter ce village qui lui donnait l'impression d'être un agneau égaré.

Il suivit Harry et ses amis jusqu'à une maison à quelques minutes de là et Draco dut attendre dehors avec Harry le temps que Ron et Hermione aillent chercher les loups-garous qui se trouvaient à l'intérieur. Visiblement, ce n'était pas demain la veille que Draco se ferait inviter dans la demeure d'un lycanthrope. Leur méfiance était irritante, mais Draco savait que ça n'était que de bonne guerre : les vampires étaient eux-même souvent bien moins civils envers les loups-garous qu'ils pouvaient rencontrer.

Dans la place qui regroupait plusieurs maisons, des hommes et des femmes les observaient de loin, durement ou avec méfiance, et Draco fit comme s'il ne les voyait pas, bien décidé à ne pas se laisser impressionner malgré sa position de faiblesse.

Finalement, au bout de cinq minutes, l'homme à la barbe argentée que Draco avait vu la veille sortit du chalet, suivit de quatre hommes et deux femmes, et le blond sentit la nervosité s'emparer à nouveau de lui alors qu'ils se rapprochaient d'eux. Il s'en voulut pour son manque de courage, et redressa les épaules.

Le chef de la meute le salua d'un signe de tête courtois avant de lui poser quelques questions sur ce qu'il s'était passé la veille, même si Draco n'avait guère plus à ajouter à ce qu'il ne savait déjà, puisque Harry leur avait apparemment déjà tout expliqué en détail. Puis ils lui posèrent quelques questions concernant la sécurité de la demeure de Lord Voldemort et le nombre de vampires généralement présents dans le bâtiment, ce qui laissa Draco pensif quant à leurs intentions.

-Vous comptez attaquer Voldemort de front ? » Demanda t-il avec hésitation, tant l'idée lui semblait grotesque : Voldemort était le vampire le plus puissant de cette ville après tout, il semblait quasiment indestructible. Mais enfin, ils étaient des loups-garous et étaient loin d'être faibles.

-En s'attaquant aux membres de notre meute et à celle de la meute voisine, il est allé bien trop loin. » Fit gravement Dumbledore avec un regard perçant qui mit Draco mal à l'aise.

-Le vaincre et mettre hors-jeu ses partisans sera très difficile... » Dit lentement le blond avec prudence, sans savoir si ce commentaire pourrait les vexer.

Mais Dumbledore ne s'offensa pas et au contraire il hocha la tête toujours avec cet air grave, qui fit comprendre à Draco qu'il était absolument sérieux et qu'il ne sous-estimait pas son ennemi.

Puis Draco eut soudain une idée et il ne put empêcher un regard retors tandis qu'un sourire se glissait sur ses lèvres :

-Mais je connais quelqu'un qui pourrait peut-être vous être utile... »

Il leur expliqua ce à quoi il pensait, et il ne lui fallut pas longtemps pour les convaincre de l'avantage d'une alliance avec un vampire puissant et de ses partisans qui aspiraient aussi à la chute de Voldemort, malgré leur réticence à s'associer à un vampire. Ccomme il leur répéta, tous les vampires ne souhaitaient pas que Voldemort resta au pouvoir, bien au contraire, et certains auraient été plus qu'heureux de le poignarder dans le dos. Les vampires ne connaissaient pas la loyauté que les loups-garous éprouvaient envers leur chef.

Finalement, après qu'il aient accepté d'unir leur force le temps d'une nuit, Draco prit son téléphone portable et composa un numéro qu'il connaissait par cœur. Il se sentait un peu fébrile, et avait le sentiment que quelque chose d'extrêmement important allait incessamment se produire. L'appareil sonna trois fois avant qu'un déclic ne l'informe que son interlocuteur avait décroché.

-Allô, Blaise ? »


À suivre...