Auteur: Elbée

Rating: M

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Rythme de publication : Un dimanche sur deux

Voici le chapitre 8 sans retard =D Comme je le disais dans le chapitre précédent, j'avais un peu peur de ne pas pouvoir le mettre en ligne comme prévu, mais finalement j'ai réussi à trouver le temps de tout finir pour aujourd'hui ! Ouf ^^' Bon par contre du coup ce risque de petit retard est repoussé pour le chapitre suivant (qui sera d'ailleurs le tout dernier ! hé oui!) ;)

J'espère que ce dernier chapitre avant l'épilogue vous plaira ! Il n'était pas facile à écrire, mais j'espère avoir pu sortir quelque chose d'à peu près satisfaisant =))

En tout cas merci mille fois à tous les fantastiques reviewers qui m'ont laissé de gentils petits mots sur le denier chapitre:) Vous êtes les meilleurs ! =D -J'espère avoir bien répondu à tout le monde (les RAR anonymes sont toujours sur ma page profile ^^ -et au passage les reviewers non-enregistrés : pensez à prendre un pseudo au lieu d'un 'Guest' générique, sinon c'est pas simple pour s'y retrouver LOL)

Sur ce, bonne lecture et à bientôt tout le monde! =)


Plus Que Du Gris

Chapitre 8 : L'affrontement


Harry suivait Draco qui marchait devant lui dans la large rue sombre éclairée par des lampadaires jaunâtres autour desquels dansaient des insectes, leurs pas sur le macadam ne faisant pas le moindre bruit.

Il avait laissé sa moto non loin de là Draco lui avait assuré que Blaise habitait tout près et qu'il valait mieux arriver à pied. Le blond lui avait passé un coup de fil auparavant pour lui expliquer la situation et ne pensait pas que Harry aurait le moindre mal à entrer. Mais enfin : autant se faire le moins suspicieux possible.

Il tournèrent à l'angle de la rue et Harry vit enfin une grande maison derrière une large grille en fer forgé noir et gardée par deux individus aussi immobiles que des statues. La maison, quoique large, ne semblait pas singulièrement différente d'une autre, mais il y avait tout de même une étrange atmosphère qui l'entourait, comme si le bâtiment avait été une sorte de mausolée interdit et secret, caché dans l'ombre.

Ils s'approchèrent de la grille et en voyant arriver Draco, le garde de gauche hocha une fois la tête et plissa un instant les yeux en voyant Harry, avant de faire signe à l'autre d'ouvrir la grille. Harry garda sa meilleure expression de neutralité, et se retint de ne pas lancer un regard noir au garde qui le dévisageait avec un mépris évident, comme s'il était particulièrement mécontent que son chef lui ait ordonné de laisser rentrer un chien mouillé puant.

Il traversèrent la pelouse éclairée par des lampes de jardins plantées au sol, et Harry ignora les autres gardes qui les regardaient avec méfiance. Ils portaient tous un complet noir avec cravate, et le vampire qui se trouvait posté devant la porte d'entrée de la maison avait même un AK47 et l'air le plus patibulaire que Harry avait jamais vu. Il ne fallait probablement pas énerver ce type songea t-il en déglutissant.

-Tu es sûr que c'était vraiment une bonne idée ? » Souffla Harry à Draco qui n'avait pas l'air perturbé le moins du monde, comme si faire garder sa maison par un type armé d'une mitraillette était chose naturelle pour un honnête homme.

Ils continuaient de marcher vers la maison, et le brun tenta de garder une démarche naturelle qui ne laissait pas transparaître son incertitude. Harry reprit :

-Peut-être que ce Blaise Zabini est dans le coup avec Voldemort, ça pourrait être un piège... Après tout c'est un... »

Il s'arrêta au dernier moment et grimaça devant le sourire narquois que Draco lui offrit

-Un vampire ? Sale engeance ! » Ricana Draco qui ne semblait cependant pas du tout insulté par la façon dont Harry venait de dénigrer son espèce Il trouvait toujours amusant que Harry jugea normal d'insulter les vampires devant lui, comme s'il ne considérait pas Draco comme l'un des leurs. « Mais je dois dire que je suis d'accord avec toi. Les miens ne sont pas exactement réputés pour leur intégrité... »

Il eut un nouveau ricanement, comme si l'idée d'un vampire honnête était particulièrement loufoque, puis il reprit :

-Mais je fais confiance à Blaise. » Conclut-il comme si cela résolvait tout.

De toute façon ils étaient déjà à la porte et il était trop tard pour reculer. Le vampire à l'AK47 leur fit un petit signe du menton pour leur donner l'autorisation d'entrer, et Draco poussa la large double porte en bois doré vernis et décoré de vitraux sombres sur les panneaux supérieurs.

Ils pénétrèrent à l'intérieur et quand la porte se referma lourdement derrière, Harry eut comme l'impression que la trappe d'un piège venait de se refermer sur eux.

Comme lorsqu'il avait pénétré par effraction dans l'hôtel particulier qu'habitait Lord Voldemort, cet endroit-ci sentait aussi vampire et Harry ne put s'empêcher de ressentir qu'il n'était pas le bienvenu –et pour tout dire, il avait terriblement envie de quitter les lieux sur le champ.

Mais Draco posa une main sur son épaule, ayant probablement senti le trouble du brun, et Harry rassembla son courage. Après tout, le vampire avait dû subir une situation bien pire que celle-là en allant dans le village de Harry.

Je n'ai pas peur, pensa Harry avec force. Il refusait d'avoir peur d'une bande de vampires, aussi nombreux furent-ils.

Le hall d'entrée était vaste est relativement sombre, éclairé par des lampes halogènes qui diffusaient une lumière de faible intensité, probablement adaptée à la vue sensible des vampires. Un tapis rouge s'étalait sur le parquet vernis, et toute la décoration, meubles en bois laqué et miroirs aux encadrements somptueux laissait ostensiblement savoir que le propriétaire des lieux était aisé. Apparemment, montrer sa richesse et son pouvoir sembler être quelque chose que les vampires affectionnaient, songea Harry en se remémorant la demeure luxueuse du Lord.

Il y avait d'autres gardes, toujours vêtus de complets noirs, et Harry, qui n'avait bien-sûr jamais mis les pieds chez quelqu'un de la mafia, se dit que la sensation devait probablement être très similaire. En tout cas, l'impression dégagée n'était guère positive et très imposante.

Néanmoins, le nombre de gardes le surprenait, bien que Draco lui ait dit que Zabini était un vampire important. Attentait-on à sa vie régulièrement pour qu'il fasse preuve d'une paranoïa si évidente ? Ou laissait-il son pouvoir incarné par ses hommes de mains suffisamment apparent pour décourager les conspirateurs ?

D'autres vampires, qui n'étaient pas des vigiles, se trouvaient également dans le hall, et ils s'étaient tus lorsque lui et Draco étaient entrés. Harry détailla rapidement la femme qui se tenait près du grand escalier, une vampire au cheveux blonds ramenés en un haut chignon qui portait une longue robe de soirée vermeille en satin, et détourna son regard quand elle retroussa imperceptiblement ses lèvres sur ses crocs. D'accord, il n'était vraiment pas le bienvenu.

Il suivit Draco qui avait l'air de savoir parfaitement où il allait, jusqu'à ce qu'ils arrivent devant une porte noire à laquelle le blond toqua respectueusement. Deux gardes tous deux armés encadraient la porte, mais Draco ne cilla pas, et Harry ne put s'empêcher de songer à quel point toute cette situation était étrange.

« Entrez » Fit la voix depuis l'autre côté.

Ils pénétrèrent à l'intérieur et virent un vampire qui se trouvait assis derrière un large bureau. Celui-ci se leva en voyant qui ses visiteurs étaient.

-Draco ! » Dit-il avec un sourire et en lui serrant la main. « Et... Harry, je présume ? »

Le brun hocha la tête pour confirmer et le sourire de Blaise s'élargit, mais Harry ne trouva rien de réconfortant dans ce sourire carnassier.

Zabini continuait de l'observer avec intensité et avait approché son visage à une dizaine de centimètres du sien, comme s'il cherchait un éclat minuscule dans ses yeux. Harry sentit son malaise augmenter mais se tint immobile, subissant l'étrange inspection minutieuse du vampire.

Celui-ci était grand, plus grand que Harry, et avait la peau couleur chocolat, les cheveux et les yeux noirs charbon. Il dégageait une certaine aura de puissance, et même s'il n'avait pas cette grâce aristocratique que Draco maîtrisait à la perfection, tout dans sa manière de se déplacer et de se tenir criait qu'il était un vampire puissant et sophistiqué.

Finalement il se recula un peu et reporta son attention sur le blond.

-Draco, Draco... » Murmura t-il.

Il retourna derrière son bureau et étendit une main pour désigner les deux fauteuils en cuir destinés à ses visiteurs.

-Asseyez-vous, je vous en prie. » Les invita t-il. « Draco, tu m'as l'air... fatigué. Puis-je t'offrir quelque chose à boire ? »

Le blond comprenait dans la formulation de la question qu'il ne lui proposait pas un simple rafraîchissement, mais ce dont il avait vraiment besoin. Il accepta et Blaise prit deux verres dans le cabinet près de la porte qu'il posa sur le bureau. Il ouvrit un petit placard en dessous d'une table qui se révéla être un réfrigérateur miniature, et en sortit une carafe de cristal dont il vida le contenu dans les deux verres à pied.

-J'ai bien peur que je reçois un loup-garou pour la première fois, Harry. Mais peut-être puis-je te proposer un whisky ? Ou un verre de vin ? J'ai d'excellentes bouteilles... »

Harry refusa poliment en regardant avec une fascination morbide Blaise verser le liquide rouge bordeaux.

-Je croyais que les vampires se partageaient un verre d'hémoglobine uniquement dans les films...» Ne put-il s'empêcher de commenter avec un petit rictus sardonique. « C'est d'un cliché... »

Blaise eut à nouveau un sourire à faire froid dans le dos, comme si c'était l'audace de Harry qui l'amusait, et au lieu de répondre directement il s'assit et sa voix changea de ton, se faisant plus tranchée et directe. Il était temps de passer aux choses sérieuses.

-Bien. Draco, tu m'as expliqué brièvement au téléphone ce dont il était question, mais je pense que quelques explications sont de mise... »

Draco hocha la tête et lui résuma la situation en n'omettant aucun détail : ce qu'il s'était passé chez Lord Voldemort, ses petites 'expériences' dont Harry avait été le témoin, le courroux des loups-garous et leur envie de faire payer cher à Voldemort pour son crime. Très cher.

Blaise parut se délecter du projet de meurtre, mais son attention était également fixée sur une autre question :

-Il y a un point qui continue de m'échapper Draco... » Souffla t-il en laissant couler son regard du loup-garou au blond, et Draco se tendit imperceptiblement comme s'il savait déjà ce que le vampire plus vieux aller lui demander. « Quelle est la teneur de ta relation avec notre... ami... ici présent ? Cette alliance est pour le moins... déconcertante, je dirais? »

Draco remua légèrement dans son fauteuil, et fronça les sourcils. Il jeta un coup d'œil à Harry, et ce dernier décida de prendre les choses en main et d'expliquer la situation lui-même :

-Je suis enchaîné à Draco. » Fit-il simplement, comme si ça n'était pas grand chose.

Blaise en savait visiblement assez sur les mœurs des loup-garous, puisqu'il haussa les sourcils et ses yeux s'écarquillèrent légèrement de surprise.

-Hé bien, hé bien... » Murmura t-il en les regardant à tour de rôle. « Draco, si j'avais su que tu te révélerais utile à ce point et si tôt... »

Harry trouvait la réaction de Blaise pour le peu étrange, mais il ne s'en formalisa pas.

-Mais tout de même... Je ne suis pas si jeune, et pourtant jamais je n'ai entendu parler d'un loup-garou enchaîné à un vampire... »

Il eut un nouveau ricanement, comme si l'ironie lui était délicieuse, et Harry se dit qu'il n'était pas certain d'aimer beaucoup ce Blaise Zabini.

-Bien. Je suppose qu'une alliance temporaire entre nos deux espèces nous serait profitable à tous deux. » Déclara le vampire plus âgé en inclinant son dos dans le large fauteuil en cuir. « Il se trouve que je ne porte pas Voldemort dans mon cœur. »

-Mon chef de meute souhaiterait également que des accords soient passés par la suite pour que ce genre de crimes ne se répète jamais dans le futur. » Dit Harry avec un profond sérieux.

Il était important que Zabini comprenne que Harry était venu en tant qu'ambassadeur et que les intérêts de ceux de sa race était son seul objectif. Il savait que Dumbledore était conscient que Blaise restait un vampire, et qu'il fallait demeurer prudent en s'associant à lui.

Dumbledore avait était quelque peu hésitant à envoyer Harry seul avec Draco pour s'entretenir avec Blaise, et ses deux parrains avaient été carrément contre, considérant qu'envoyer leur filleul dans un nid de serpents auraient été une idée plus raisonnable. Mais Harry avait maintenu qu'il était le mieux placé pour argumenter leur cas. Dumbledore avait proposé d'envoyer plusieurs loups-garous pour conclure une alliance temporaire, mais Draco avait avancé, à juste titre, que cela pourrait paraître plutôt menaçant.

Mais à présent, devant ce puissant vampire habillé en complet gris, il se sentait incroyablement jeune et aurait préféré se trouver n'importe où que dans ce grand bureau luxueux qui sentait le vampire dans ses moindres recoins.

-Nous voulons attaquer demain soir sans attendre. » Dit Harry en soutenant le regard charbon de son interlocuteur, et durant quelques secondes ce fut comme si chacun jugeait la force de l'autre dans un duel silencieux.

-C'est trop tôt... » Fit Blaise lentement. « Il nous faut organiser l'attaque et en planifier chaque étape... »

Cette fois ce fut Draco qui l'interrompit avec une faible exclamation de dérision:

-Je n'ai pas vraiment l'impression que les loups-garous sont de grands adeptes de l'organisation et de la planification, Blaise... »

-Hmmm... » Sourit t-il en frottant son menton du dos de son index comme plongé dans une attitude pensive. « Draco notre nouvel expert sur les ca... » Il jeta un rapide coup d'œil à Harry comme s'il avait momentanément oublié sa race et continua avec un sourire goguenard « ... sur les loups-garous. Intéressant. »

Le brun fit comme s'il n'était pas conscient que Blaise l'avait presque appelé 'cabot' devant lui –après tout, les relations entre vampires et loups-garous étant ce qu'elles étaient, il s'agissait à peine d'une insulte, vraiment.

-C'est entendu. » Déclara finalement le vampire à la peau ébène avec un claquement de langue. « Demain soir, Poudlard comptera un Sang-Pur de moins et aura enfin le dirigeant qu'elle mérite. »

Au même moment quelqu'un frappa à la porte et Blaise invita le nouveau venu à entrer.

Un vampire grand et tout vêtu de noir fit son apparition et il entra silencieusement dans la porte sans refermer la porte.

-Désolé de te déranger, Blaise. » S'excusa t-il, une expression impassible sur le visage. « Tu avais dit de te prévenir dès que l'information nous serait parvenue... »

Il déposa sur le bureau un chemise plastique qui devait contenir les informations en question, et Blaise le remercia avec un hochement de tête.

L'homme avait des cheveux noirs qui s'arrêtaient au niveau de la mâchoire et il ne semblait pas être du genre à sourire souvent. Harry l'observait discrètement, mais soudain l'homme braqua ses prunelles noires sur lui et Harry eut du mal à ne pas détourner les yeux sous le poids de son regard perçant. Le vampire plissa les yeux et fronça imperceptiblement le nez comme si Harry dégageait une odeur particulièrement déplaisante, ou comme si la simple vue de son existence lui déplaisait profondément. D'accord, il ne l'aimait pas beaucoup.

-Severus, je te présente Harry. » Fit Blaise avec un amusement perceptible dans la voix. Apparemment il aimait beaucoup cette situation inconfortable pour tout le monde.

-Enchanté. » Répondit le vampire en continuant de fixer Harry de ses yeux noirs qui lançaient désormais des éclairs.

Rectification, Severus le détestait.

-Harry allait justement partir... » Reprit Blaise comme si de rien n'était. « Aurais-tu l'amabilité de le reconduire jusqu'à la porte, Severus ? »

-Certainement. » Dit-il en relevant le menton comme dégoûté de la tâche qui lui incombait.

Harry adressa une grimace à Draco qui lui répondit par un haussement d'épaule impuissant.

-Je ne suis pas cruel au point de te renvoyer chez les loups-garous, Draco. » Ajouta Blaise avec un rire plus franc cette fois-ci. « Tu peux rester ici, tu seras à l'abri du Lord. »

-Et si vous tenez pas cette promesse, je vous tuerais de mes propres mains. » Lâcha Harry froidement.

-Harry ! » S'exclama Draco éberlué par sa bravade qui n'était rien moins qu'une menace.

Le jeune loup-garou ignora le blond et Severus qui le regardait comme s'il allait commettre un meurtre, et continua de fixer Zabini afin qu'il comprenne qu'il était absolument sérieux. Draco était son lié, et il lui coûtait de le laisser seul en sachant qu'un vampire de Sang-Pur désirait le voir mort.

-Laisse, Draco. » Le fit taire Blaise en levant la main en signe de paix. « Harry peut me faire confiance. »

Le brun eut une expression qui signifiait qu'il ne valait mieux pas qu'il s'attende à sa confiance de si tôt, mais il resta silencieux, et après avoir échangé ses au-revoirs avec Draco il suivit Severus et quitta le bureau.

-Merci, de me laisser rester... » Dit Draco.

-Tu ne pouvais pas retourner là-bas tout de même. » Répondit-il comme si l'idée lui semblait sincèrement horrible. « Mais peut-être suis-je celui qui devrait te remercier, Draco... »

-J'étais sûr que tu prendrais cela pour une bonne opportunité... »

-Une occasion en or, oui ! » S'exclama le vampire plus âgé avec un clin d'œil inquiétant. « Je me débarrasse de ce cher Voldie et je me fais bien voir par les loup-garous... Que demander de plus ? »

Draco eut un petit rire avant de se lever, comprenant que la conversation était finie et qu'il était temps pour lui de se retirer.

-Tu peux prendre la chambre libre à l'étage... » Lui dit Blaise d'un ton distrait, s'étant saisi du dossier qu'avait laissé pour lui Severus, et apparemment songeant déjà à autre chose. Il était sans cesse occupé, et sa position de maître officieux de Poudlard s'était acquise à force d'un travail sans relâche.

Draco était devant la porte et s'apprêtait à tourner la poignée pour sortir, quand quelque chose le retint. Une question était sur le bout de ses lèvres, et bien qu'il n'était pas sûr qu'il ne fut pas déplacé pour lui de la poser à Blaise, il en avait terriblement envie. Il ne connaissait que très peu de vampires plus âgés avec qui il était en bons termes, et il ne voyait pas à qui d'autre il aurait pu s'adresser.

-Blaise, est-ce que je peux te poser une question ? À titre personnel ? »

Le vampire à la peau noire leva les yeux du dossier, la curiosité le tirant de sa lecture. Il leva les sourcils pour inviter Draco à lui demander ce qu'il avait en tête.

Le blond s'efforça de prendre un ton parfaitement naturel et décontracté et demanda :

-Qu'est-ce qu'un calice ?

Cette fois-ci l'expression de surprise de Blaise fut si vive qu'elle en fut presque comique, tant elle paraissait déplacée le visage aux expressions toujours calmes et contrôlées de celui-ci. Il avait ouvert la bouche d'étonnement, et ses yeux s'étaient écarquillés. Il s'essuya la bouche de sa main droite et quelques secondes passèrent avant qu'il ne demande :

-Tu n'y songes tout de même pas ? »

-Évidement pas, je ne sais même pas de quoi il est question. » S'impatienta Draco.

Il n'aimait pas ne pas comprendre, et espérait que Blaise allait se montrer plus obligeant que Pansy. Ce dernier le regarda un instant, et reprit son air impassible habituel :

-Un calice est le fruit d'un lien du sang volontaire et incroyablement puissant. Le procédé est simple, et les avantages certes nombreux mais, Draco... Je ne te le recommande pas. Ta dépendance serait éternelle et... Tu ne pourrais plus que te nourrir du sang de ton calice... »

Draco réprima l'envie de rétorquer qu'il était déjà pris au piège de toute façon. Plus aucun autre sang si ce n'était celui de Harry ne savait le combler, et quand il buvait autre chose, ça lui semblait toujours fade, comme s'il ne s'agissait que d'un vulgaire palliatif jusqu'à sa prochaine 'vraie' dose.

Blaise haussa les épaules comme pour dire que ce n'était pas ses affaires de toute façon.

-Je n'ai jamais entendu parler d'un calice non-humain cependant... » Glissa t-il avec un regard en coin car ils savaient tous deux que c'était bien de Harry qu'il était question.

-Je me demandais simplement de quoi il s'agissait, c'est tout... » Lâcha le blond en levant les yeux au ciel, mais Blaise n'était pas dupe par son regard fuyant.

Il lui jeta un regard impénétrable que Draco ne sut interpréter, et ce dernier finit par s'excuser, et quitta enfin le bureau. Quand il ferma la porte derrière lui il ne put empêcher un petit soupir de soulagement. Il passa une main dans ses cheveux blonds et se dit que finalement tout s'était à peu près bien passé.


-On y est ? » Demanda Harry à Mr Weasley qui était au volant du pick-up.

Mr Weasley répondit par l'affirmative et s'engagea dans la rue où devait se trouver l'entrepôt qui était le point de rendez-vous.

Sa femme et sa fille étaient restées au village avec d'autres pour prendre soin des plus jeunes, mais tous ses fils étaient venus et se trouvaient sur la plate-forme arrière du pick-up avec Harry et Hermione. La tension était montée considérablement, et au fur et à mesure qu'ils approchaient de leur destination, une excitation fébrile s'était emparé d'eux.

Mr Weasley arrêta la voiture derrière un van qui était des leurs aussi, et ils sautèrent à terre. La plupart des autres étaient déjà arrivés, comme en témoignaient les différents véhicules dans la rue.

Ils marchèrent jusqu'à l'entrepôt, un grand bâtiment carré qui avait dû être peint en blanc par le passé mais qui était aujourd'hui d'un gris sale. Le nom, 'Whittlebury & Co' était écrit en grosses lettres bleu foncé sur la devanture mais était en si mauvais état que n'importe qui pouvait voir que l'endroit était désaffecté.

Mais apparemment, l'endroit était en fait la propriété de Zabini, et leur choix comme point de rendez-vous s'était naturellement porté ici puisque l'entrepôt se trouvait à seulement deux rues de l'hôtel particulier dans lequel se trouvait Lord Voldemort – une position idéale donc.

Le petit groupe composé majoritairement de têtes rousses pénétra par la porte arrière, une veille porte en fer qui devait bien peser deux tonnes. Ron donna un coup de coude à Harry et fit un signe du menton en direction du groupe qui se trouvait dans le fond.

C'était assez insolite que de voir cette assemblée composée indistinctement de vampires et de loups-garous. Chacun semblait néanmoins rester de son côté, mais au milieu, un groupuscule de loups-garous et de vampires semblait plongé en grande conversation, et Harry reconnut les dirigeants de sa meute et de celle des Serdaigles parler avec Blaise et quelques autres. Severus se trouvait là également, et comme s'il était doté d'un don surnaturel, celui-ci leva les yeux et jeta un regard dur à Harry qui fronça les sourcils en retour.

-Viens, vieux. » Lui fit Ron en le tirant par la manche derrière Hermione et ses frères.

-Qu'est-ce qu'il se passe ? Est-ce qu'on va attendre longtemps ? »

Le rouquin n'en savait pas plus que lui et il haussa les épaules. La plupart des loups-garous qui étaient venus étaient ceux qui se trouvaient dans la force de l'âge et étaient plein d'énergie pour le combat en tout, les deux meutes réunies, Harry estima qu'il devait bien y avoir une bonne trentaine de loups-garous. Les vampires semblaient un peu moins nombreux, et il jugea qu'ils devaient être une vingtaine.

Harry sentit l'adrénaline battre dans ses veines en songeant au combat qui les attendait, et il se dit qu'ils avaient toutes les chances de l'emporter sur Voldemort. Ils étaient nombreux, et Sang-Pur ou pas, ce 'Lord' allait payer pour ce qu'il avait fait.

La sensation familière de chatouillement dans sa nuque se fit sentir subitement, et Harry tourna aussitôt la tête, voyant Draco marcher d'un pas rapide vers lui. Ron s'écarta légèrement et lança un regard louche à Draco, mais Harry ne le vit même pas, son attention entièrement dirigé vers le blond.

-Harry ! Nous attendons le signal, mais ça pourrait être n'importe quand à présent... »

-Le signal ? »

Il y avait une lueur brillante et inhabituelle dans les yeux gris du vampire, et Harry comprit qu'il ressentait lui aussi cette agitation et cette excitation fébrile qui précédait l'attaque qui était sur le point de commencer. Les vampires avaient cela de commun avec les loups-garous : ils étaient tous des prédateurs, et leur nature animale trépignait à l'approche de la bataille.

-Oui, Blaise a envoyé quelques hommes sous couverture pour nous rendre la tâche plus facile, et nous attendons leur signal... » Expliqua le blond en jetant un coup d'œil en direction de Zabini qui affichait un air sérieux tandis qu'il parlait à Nimphadora Tonks, la chef de meute des Serdaigle. « D'après lui le début devrait être relativement aisé, mais les choses devraient se corser une fois que les renforts de Voldemort arriveront. Il faut que nous profitions de l'effet de surprise un maximum. »

-Harry ! » Héla Sirius, les interrompant du même coup.

Il avait quitté Dumbledore et s'approcha de son filleul, posant une main sur son épaule. Il salua rapidement Draco d'un signe de tête, et s'adressa au brun :

-Harry, écoute, nous avons besoin de toi pour trouver ceux que Voldemort a fait prisonnier. Est-ce que tu te souviens de l'endroit où ils étaient ? Est-ce que tu pourrais y retourner facilement ? »

-Oui, bien-sûr, je... »

Mais il s'arrêta quand plusieurs se mirent à crier et que tous se mirent en mouvement. Apparemment, il était déjà temps. Sirius fronça les sourcils et entraîna Harry à sa suite, le tenant toujours par l'épaule.

-Je vais venir avec toi, d'accord ? »

-Nous venons aussi ! » S'écrièrent en cœur Ron et Hermione, et Harry ne put s'empêcher de sourire.

-Allez, dépêchez-vous ! » Fit Sirius.

Le moment était venu.


Draco sauta sur le dessus du haut mur qui protégeait la propriété avec l'aisance d'un grand félin et leur fit signe de sauter à leur tour.

Harry prit son élan et franchit le mur sans difficulté bien qu'il fut encore sous sa forme humaine. Il atterrit de l'autre côté dans l'herbe légèrement humide, aussitôt rejoint par Hermione, Ron et Sirius, puis Draco qui tomba silencieusement sur ses pieds à côté d'eux. L'heure n'était cependant pas vraiment à la discrétion puisque les adeptes de Voldemort étaient déjà au courant de l'attaque et n'étaient certainement pas restés aveugles aux dizaines de loups-garous et de vampires ennemis qui arrivaient comme une vague ravageuse.

-Il vaut mieux passer par l'arrière de la maison si vous voulez entrer rapidement ! » Leur cria Draco par dessus le bruit de combats qui déjà commençait à s'élever autours d'eux. « Par ici, suivez-moi ! »

Sa connaissance de la demeure de Voldemort était partielle, mais il était à peu près sûr qu'il y avait une véranda à l'arrière qui serait probablement moins occupée vu que la plupart d'entre eux était arrivée par le devant.

Effectivement, une partie de l'arrière de la demeure était agrémentée d'une grande véranda aux larges vitres dont les encadrements peints en blanc égayaient et éclairaient l'arrière-cour. Celle-ci demeurait néanmoins plongée dans la pénombre malgré les lanternes suspendus en haut de piliers en fer forgés ça et là dans le jardin bien entretenu. Les lumières de la véranda n'avaient pas été allumées, mais son intérieur était tout de même bercé par les lueurs qui parvenaient depuis la porte entrouverte conduisant à l'intérieur de la propriété.

C'était une véritable chance qu'il n'y ait encore personne de ce côté ci, et Draco s'engouffra dans la véranda, les autres à sa suite. D'ici quelques minutes – secondes peut-être même – quelqu'un allait s'apercevoir de leur présence, et si pour l'instant la plupart des partisans de Voldemort devait se concentrer sur l'attaque frontale qu'ils subissaient, il ne valait mieux pas qu'ils comptent trop longtemps sur la chance qui semblait leur être favorable jusqu'à présent.

Ils entrèrent enfin et arrivèrent dans un salon dont les murs tapissés d'un vert profond étaient partiellement recouverts de boiseries sombres qui donnaient un aspect inquiétant à la pièce plongée dans la semi-pénombre. Tous étaient sur le qui-vive, essayant de détecter une éventuelle présence ennemie, mais la pièce était vide.

-Par ici, dépêchons-nous tant qu'il n'y a personne dans les parages. » Les pressa Draco en entrouvrant la double porte qui menait vers le centre de la propriété.

Il jeta un coup d'œil suspicieux dans le couloir par prudence, s'assurant que l'endroit était tout aussi désert que le salon vert. Il pouvait bien-sût entendre parfaitement les exclamations, les coups de feu, les rugissements et les grands bruits provoqués par les vampires et les loup-garous qui se battaient dehors, mais il avait beau tendre l'oreille, il était à peu près certain qu'il n'y avait personne d'autre à proximité.

Il allait franchir l'encadrement quand l'appel de son nom le retint :

-Draco... » Avait fait Sirius derrière eux.

Le blond se retourna et lui lança un regard aigu qui aurait déstabilisé plus d'une personne.

-Merci. » Fit simplement Sirius avec une gravité qui lui été peu coutumière.

Draco haussa un sourcil et eut une sorte de rictus indéchiffrable :

-Gardez les remerciements pour lorsque vous serez loin d'ici... » »

-Chut ! » L'interrompit brusquement Harry. « Vous avez entendu ça ? »

Draco fronça les sourcils et franchit la porte, suivi par les autres qui étaient toute ouïe, en quête du moindre bruissement audible.

-Je reconnais cet endroit ! » Murmura Harry, ses yeux s'écarquillant légèrement.

Il se souvenait être brièvement passé le long de ce couloir lorsque la bande de vampires peu amènes qui lui était tombée dessus l'avait conduit à leur soi-disant Maître ils ne pouvaient être bien loin.

Soudain, surgit de ce qui semblait être nul part, un bruit strident de feulement de bête enragée se fit entendre, et tous firent volte-face à temps pour voir une grande silhouette s'abattre sur Sirius qui se trouvait à la fin de leur petit cortège. Le vampire était vêtu d'un complet bleu marine, mais malgré sa forme humaine, ses traits déformés par la furie qui semblait le consumer, les yeux rouges sang et les crocs protubérants le faisaient ressembler d'avantage à une bête enragée qu'à un être humain.

La force avec laquelle il s'abattit sur Sirius combinée à l'effet de surprise qui était en sa faveur fit qu'il envoya l'homme valser contre le mur sans effort apparent.

-Sirius ! » S'exclamèrent Harry, Ron et Hermione d'une même voix tandis que le lambris craqua sèchement sous le poids le loup-garou plus âgé qui venait de se faire propulser avec violence.

Sirius se releva néanmoins bien vite, sans blessure apparente si ce n'était une légère rigole de sang d'une blessure probablement superficielle au dessus de l'arcade. Il serra les poings et les dents, jetant un regard noir au vampire qui l'avait attaqué, un regard furieux qui signalait clairement qu'il allait passer un mauvais quart d'heure.

Le vampire, qui devait avoir une part d'âme suicidaire semblait peu impressionné, et toujours sifflant comme un possédé, se jeta sur Sirius qui esquiva l'attaque avant de se transformer, prenant en quelques secondes la forme puissante de son loup crinos. Mesurant à présent presque trois mètres, il se dressa devant le vampire et poussa un puissant hurlement, dévoilant une rangée de crocs qui parvint enfin à faire reculer d'un pas le vampire qui semblait déstabilisé par l'effrayante vision.

Harry était sur le point de se transformer à son tour en voyant que le vampire avait repris ses attaques. Il ne se faisait pas de soucis pour son parrain, mais ce vampire bougeait incroyablement vite et ne semblait pas éprouver la peur que la plupart de ses congénères ressentaient à la vue d'un loup-garou en colère. Ron semblait également tiraillé par l'envie de se métamorphoser, mais Sirius leur cria de s'en aller sans lui sans perdre d'avantage de temps.

Harry parut hésiter un instant, visiblement déchiré entre l'envie d'aider son parrain et la logique qui lui disait que Sirius ne courait pas de véritable risque lors d'un affrontement physique face à un seul vampire désarmé qui plus était... Finalement, il hocha la tête et fit signe aux trois autres de le suivre, s'élançant dans le couloir sans plus tarder. Ils avaient expressivement été chargés de retrouver les prisonniers, et ils ne pouvaient se permettre de traîner.

Ils dévalèrent jusqu'au bout du couloir et Harry ne put s'empêcher de pousser une exclamation triomphante à la vue de la porte qui, il en était certain, menait à l'étage inférieur, au dessous du sol, où il avait trouvé Hagrid et les autres la dernière fois.

-C'est i – AAH ! » Cria t-il en enserrant avec force sa main meurtrie de sa main valide.

Il s'était saisit à pleine main de la poignée traîtresse, bien qu'il ait déjà commis cette même erreur il y avait à peine quelques jours de cela.

-Harry, ça va ? » S'enquit Hermione en posant une main sur son épaule, ses yeux noisette s'écarquillant de peur pour son ami.

-La poignée est recouverte d'argent... » Souffla Draco en l'ouvrant lui-même, ses doigts fins tournant le bouton de porte son problème aucun pour sa part.

La porte s'ouvrit facilement, sans grincement, révélant une volée de marche plongées dans une obscurité quasi totale.

-Heu, Harry, tu es sûr que c'était bien là ? » Demanda Ron en regardant d'un air incertain ce qui semblait être l'accès vers un enfer sous-terrain.

Mais aussitôt après qu'il eut posé la question, celle-ci devint obsolète, l'odeur distincte de loup parvenant jusqu'à eux et ne laissant plus la place au doute.

-Allez. » Fit Harry en poussant l'interrupteur, avant de de commencer à descendre l'escalier.

Il avait envie de dévaler les marches, mais quelque chose en lui lui disait de se montrer prudent. L'odeur de vampire régnait partout dans la demeure, aussi il lui était impossible de dire si des présences ennemies les attendaient en bas.

Ils traversèrent rapidement le petit débarras éclairé d'une seule ampoule nue au bout d'un fil. Les étagères de bureau en aluminium débordaient de documents poussiéreux, et Ron manqua d'en renverser une pile de carton en se glissant entre deux armoires, stabilisant la tourelle au dernier instant.

Harry marcha jusqu'au fond de la remise et ouvrit précautionneusement la porte, priant pour que les loups-garous s'y trouvent toujours.

-Oh par la lune ! » S'écria Hermione qui était juste derrière lui lorsqu'elle aperçut les prisonniers dans la pièce.

Elle se précipita vers Hagrid et Harry l'arrêta juste à temps pour la prévenir :

-Les chaînes sont couvertes d'argent ! »

Hagrid, Strugis et le trois autres loups-garous de la meute de Serdaigle avaient tous été attachés au mur par de lourdes chaînes. La peau qui était directement en contact avec les chaînes était rougie et brûlée, comme si le métal avait été chauffé à vif au préalable. La douleur aurait sûrement dû être assez intense pour qu'ils hurlent, mais tous étaient inconscients, des aiguilles plantées au cou sur chacun d'entre eux, des perfusions de toute évidence destinées à les maintenir à convenance dans un état drogué et impuissant.

Hermione se rua vers les prisonniers et entreprit de retirer les aiguilles de leurs cous.

-Hermione, tu penses que c'est ce qu'il faut faire ? Ils vont souffrir horriblement en reprenant connaissance... » Fit Ron, une grimace peinée sur le visage en contemplant la Serdaigle, une jeune femme rousse à qui on avait arraché toutes les dents sans y aller avec des pincettes.

-Nous ne pouvons pas les laisser comme ça... » Dit Hermione soudain incertaine, en s'arrêtant un instant devant le loup-garou torse nu qui arborait une horrible blessure au torse blessure qui restait ouverte à cause d'une large lame d'argent qui y avait été plantée sans la moindre pitié.

Si elle ne retirait pas la lame, l'homme n'aurait jamais la moindre chance de guérir –pas tant que cette chose serait plantée dans sa poitrine... Elle effleura des doigts la lame et retira promptement sa main, aussitôt brûlée par l'argent.

Draco s'était approché et s'occupa de retirer la lame, la tirant d'une geste vif, avant de jeter un coup d'œil aux anneaux vissés dans le murs qui retenaient les chaînes couvertes d'argent. Ils étaient massifs, et il tira dessus deux fois comme pour tester leur résistance, avant de serrer les dents et de les arracher avec force, démolissant au passage une partie du béton autour.

Il répéta la manœuvre avec les quatre autres attaches, laissant à Harry et ses amis la tâche de s'occuper des prisonniers qui s'affaissaient mollement, toujours inconscients mais enfin libres.

La femme fut la première à reprendre connaissance, et elle se mit à sangloter de douleur, gémissant et

délirant à travers ce qui devait être l'horrible torture d'avoir les dents arrachées et une partie de la mâchoire en lambeaux. Le produit qui avait dû être injecté dans ses veines empêchait visiblement les capacités régénératrices propres à ceux de son espèce, et Harry commença à sentir une pointe de panique s'élever en lui, lorsque Hagrid s'éveilla à son tour, criant de douleur. Jamais Harry ne l'avait vu ainsi, lui qui était toujours fort, et il ne savait que faire.

-Hermione, Ron... » Commença Harry, sans lâcher des yeux Hagrid. « Vous deux restez ici, moi et Draco nous allons chercher de l'aide. »

-Non ! » Répliqua Hermione dont le sang-froid pourtant légendaire semblait l'avoir quitté. « Nous devons rester ensemble ! »

-Ça ne servira pas à grand chose ! Nous avons besoin de quelqu'un, et vite ! » Rétorqua Harry et jetant un coup d'œil inquisiteur à Draco, comme pour lui demander s'il acceptait de venir avec lui.

Le blond haussa légèrement les épaules, apparemment décidé à suivre Harry dans ce qu'il pensait être la bonne chose à faire.

Hermione expira bruyamment, et Harry sut que cela signifiait qu'elle lui donnait son accord.

-Dépêchez-vous ! »

Harry fit un signe de main à Draco pour l'inviter à le suivre, et il sortit de la pièce, suivit du blond. Ils traversèrent en sens inverse le débarras de bureau et remontèrent l'escalier en courant.

-Tu sais qui tu cherches au moins ? » Lui demanda Draco qui semblait étrangement calme malgré la situation.

Maintenant qu'ils étaient remontés au niveau du sol, les bruits de combats, les coups de feu et les cris s'étaient fait beaucoup plus forts, et Harry sentit une brusque poussée d'adrénaline brûler en lui. Les bruits étaient très proches et il n'y avait aucun doute que des gens se battaient juste derrière la porte.

-Non, pas vraiment... »

Il se retourna et jeta un coup d'œil à Draco, qui semblait être l'image même du sang-froid, avant de se décider à ouvrir la porte à la volée, sautant aussitôt sur le côté pour éviter une balle perdue, dans une démonstration de réflexes inouïs.

-Viens ! » S'exclama Harry et se faufilant par derrière deux loup crinos et quelques vampires dont certains devaient être des hommes de Blaise.

Les partisans de Voldemort tiraient dans tous les sens, et Harry aperçut même un d'entre eux muni d'une mitraillette.

Ils parvinrent à s'écarter sans trop de problème, mais ils sortaient à peine du long couloir encombré de batailles que les choses se compliquèrent soudainement. Face à eux se trouvait un petit groupe de vampires à l'air très peu content. Draco reconnut bien-sûr aussitôt Flint, Crabbe, Goyle, Nott et Bulstrode, menés par Pansy qui lui décrocha un sourire cruel lorsqu'elle aperçut le blond. Draco fronça les sourcils et ses yeux foudroyèrent la vampire qui ne parut pas se démonter pour si peu. Au contraire, elle semblait éprouver une joie perverse de voir Draco, comme si l'idée de lui faire passer un sale quart d'heure ne pouvait l'enchanter d'avantage.

-Oh, une charmante réunion entre amis! » S'exclama Pansy avec un sourire mauvais, découvrant légèrement ses dents.

Elle jeta à peine un regard à Harry et avec le petit geste de la main d'une maîtresse à ses servants elle fit :

-Vous autres, occupez vous de l'animal, je me charge de Draco... Il a une leçon de loyauté à apprendre... »

Elle s'élança sur Draco comme une bête furieuse, et celui-ci l'évita de peu. Son regard vola rapidement vers Harry, et il eut le temps voir la fin de sa transformation à présent c'était un loup crinos gigantesque tout en muscle et en puissance qui se battait contre cinq vampires, et même si l'image forte du loup rassurait Draco, il craignait que Harry ne fasse pas long feu contre tant d'adversaires à la fois. Il fallait qu'il se débarrasse de Pansy rapidement, mais c'était plus vite dit que fait.

À vrai dire, il n'avait jamais pensé être capable de battre Pansy, elle était beaucoup plus âgée et puissante que lui. Elle se jeta à nouveau sur lui, et Draco ne lui échappa que grâce à sa rapidité et son agilité qui étaient hors-normes, même pour un vampire. Pansy, aveuglée par la rage et entièrement focalisée sur le blond, ne fut pas assez rapide à se rendre compte que Harry avait levé une énorme patte sur elle, et il l'envoya valser de l'autre côté de la pièce comme si elle ne pesait pas plus lourd qu'une vulgaire poupée de chiffon.

Mais les autres vampires étaient toujours là, et Harry poussa un hurlement quand une balle d'argent vint se loger directement dans sa cuisse gauche. Il fit volte-face et rugit au nez de Flint qui esquiva de peu un coup de croc pourtant mérité. Draco vint à sa rescousse, et décocha un coup de poing dans la mâchoire de Nott qui produisit un craquement sonore des plus agréables, et rapidement une bataille féroce entre lui, Harry et leur six adversaires débuta.

Ils n'avaient pas l'avantage, et s'ils s'en sortaient plutôt bien au début, la pluie d'attaques et de coups de feu répétés commença bientôt à avoir raison d'eux, et il perdirent peu à peu du terrain.

Autour d'eux, il semblait y avoir de plus en plus de vampires ennemis et de loup-garous qui s'affrontaient, mais tous étaient trop occupés pour pouvoir venir en aide à Harry et Draco qui se démenaient comme des beaux diables.

Lorsqu'une troisième balle en argent vint se ficher dans son épaule, Harry sentit une vague de vertige le heurter de plein fouet, et il commença à prendre conscience que ses forces avaient considérablement diminué et qu'il n'allait pas être capable de conserver un rythme similaire bien plus longtemps.

Du sang coulait à présent à flot de sa blessure à l'épaule, et les deux balles qu'il avait reçu dans la jambe gauche le faisait souffrir le martyr. À cause de leur revêtement d'argent pur, les blessures ne pouvaient guérir.

Il vit Draco se faire presque assommer par Flint qui l'avait frappé à la tête à l'aide d'un pied de lampe en bronze massif, et la vision réveilla automatiquement en lui le besoin de protéger et de mettre en sécurité son lié. Voyant Draco chanceler et tomber à genoux, plus rien d'autre ne compta : ni sa propre douleur ni sa fatigue. Protéger Draco était son unique priorité.

Il fit un mouvement pour se rapprocher du blond, mais au même moment Flint, Nott, Crabbe et Goyle lui tombèrent dessus comme un seul homme, et avec une panique insidieuse, Harry comprit enfin que lui et Draco étaient entrain de perdre.


Draco entendit le cri que poussa Harry, un rugissement animal puisqu'il était toujours dans sa forme crinos et il tourna automatiquement la tête, assez tôt pour le voir tomber à genoux, luttant de toutes ses forces contre ses quatre assaillants qui ne lui laissaient pas une seconde de répit.

Draco s'en voulu incroyablement, incapable de lui venir en aide, se sentant ridiculement faible. Déjà il était trop tard, Pansy le tenait fermement par le cou et il crachait du sang. Ses poumons étaient très probablement perforés, ainsi que plusieurs de ses côtes, et il avait la tête qui tournait, comme si au moindre effort il allait perdre connaissance.

-Qu'est-ce que tu veux ? » Lui demanda t-il en essayant de maîtriser sa voix faible qui râpait douloureusement sa gorge.

Il sentait un filet de son propre sang chaud couler de sa bouche le long de son menton, et les doigts forts de Pansy qui enserraient sa gorge d'une main de fer, détruisant presque sa trachée, le faisaient incroyablement souffrir.

Il se serait attendu à ce qu'elle ait déjà arraché son cœur hors de sa cage thoracique et ait mis fin à sa vie, aussi ne comprenait-il pas qu'il fut toujours vivant. L'envie de le voir souffrir jusqu'au bout peut-être ? Pas une bonne chose... Il aurait préféré qu'elle en finisse rapidement.

Il se reprit. Non. Non, il ne pouvait pas abandonner. Harry avait besoin de lui.

Il leva les yeux et fixa les orbes noires de Pansy avec colère, ce qui n'eut que pour unique réaction que de la faire sourire. Elle n'était pas indemne, mais était en bien meilleur état que Draco, et affirmer sa supériorité physique sur le vampire plus jeune était pour elle un véritable délice.

-Il se trouve que le Lord veut te voir... Tu sais comme il aime s'occuper des traîtres lui-même. »

Draco demeura coi, ses yeux gris toujours fixés dans ceux charbon de Pansy, et ils se livrèrent une bataille silencieuse du regard. Comment en étaient-ils arrivé là si rapidement ? Eux qui, à défaut d'avoir été jamais 'amis', s'étaient autrefois vu comme des alliés ? Pansy avait été sa maîtresse et son mentor... Et à présent elle le regardait comme si rien n'aurait pu lui faire d'avantage plaisir que de le voir mourir dans d'atroces souffrances...

À force de vivre avec Harry, il avait dû s'adoucir et se ramollir, songea Draco, peut-être Pansy n'avait-elle pas tout à fait tord sur ce sujet. Avait-il oublié à quel point ceux de sa race se délectaient du plaisir primaire et animal de faire souffrir autrui, et comment la force dominait irrémédiablement sur la morale ? Il n'aurait pas du être surpris du comportement de Pansy. Après tout elle ne l'appréciait pas vraiment : elle ne pouvait pas ressentir ce genre d'émotions, elles la rendaient faible lui avait-elle dit un jour.

-Allez ! » Le somma t-elle en tirant une pleine poignée de ses cheveux blonds pour le forcer à se remettre debout, malgré la douleur qui l'irradiait de toutes parts.

Sa main droite alla directement enserrer sa nuque, ses ongles durs comme le diamant bien enfoncés dans sa jugulaire comme pour lui rappeler que d'un mouvement elle pouvait désormais lui arracher la tête.

Draco tenta de jeter un dernier coup d'œil à Harry mais sans succès : les forces lui manquaient déjà pour marcher correctement, et il n'était hélas plus en état de résister à la poigne de Pansy qui le poussait en avant.

Elle le mena vers la double porte que Draco connaissait bien, celle qui menait au vaste salon-bureau du Lord. Le blond avait l'impression qu'il voyait flou et qu'il avait du coton dans les oreilles. Il avait dû perdre beaucoup de sang, et son corps peinait à réparer les dégâts que le combat lui avait infligé. Cela faisait un mal de chien aussi.

Sur leur chemin des vampires mêlés à des loup-garous se battaient dans un fracas de cris et de rugissements, mais c'était à peine si Draco y prêtait attention. Son cerveau fonctionnait au ralenti, et le goût de son propre sang dans sa bouche ne lui avait jamais paru aussi amer. Il n'entendit que lointainement Pansy ordonner aux trois gigantesques vampires qui gardaient la porte de se pousser de son chemin comme s'ils n'avaient été rien de plus que des petits garçons égarés. Il sentit cependant parfaitement la douleur et la honte lorsqu'elle le jeta comme une vulgaire poupée de chiffon contre le riche tapis qui décorait une partie du salon de Voldemort.

Serrant les dents, il se remit tout d'abord à genoux, faisant fi de l'envie de demeurer à terre et de succomber au besoin de s'évanouir.

Voldemort n'était pas seul dans son immense bureau : de nombreux autres vampires, sa garde rapprochée d'agents de sécurité y étaient également, tenant des armes de poing pour la plupart, et quelques sabres ou armes à feu plus dangereuses pour quelques autres.

-Draco ! » Cracha Voldemort avec venin en se rapprochant du blond à une vitesse défiant toute norme.

Pansy s'écarta d'un pas, et s'il ne le vit pas, Draco put aisément imaginer le sourire narquois qui devait orner ses lèvres carmines.

Le lord l'agrippa par la gorge et le leva facilement de plusieurs centimètres au dessus du sol comme s'il ne pesait que quelques kilos, et Draco n'avait aucun doute qu'il aurait pu le tuer simplement en le lançant suffisamment fort à travers le salon.

Sa gorge lui semblait comme broyée et il ne put empêcher le gargouillis sanglant qui s'échappa de ses lèvres contre sa volonté. Ses yeux devaient être particulièrement vitreux car Voldemort sembla douter un instant qu'il fut encore véritablement conscient :

-Draco... Tu m'entends mon cher enfant... ? » Lui susurra t-il d'une voix mielleuse. « Tout ceci est de ta faute. »

Il planta ses yeux rouges dans ceux de Draco qui tenta de garder toute la dignité qui lui restait, mais le Lord dû parvenir à y lire la peur qu'il ressentait tout de même car il eut un sourire cruel qui trahissait la folie qui habitait son cerveau malade.

-Et même si ça ne l'est pas, la justice est partiale tu goûteras le regret de t'être associé à des loups-garous et à cet imbécile de Zabini ! »

Comme si le fait d'avoir mentionné son nom suffisait à le faire apparaître, le dit Zabini fit irruption dans le salon, comme un héros de film au minutage parfaitement étudié.

Son costume sombre était à présent maculé de sang et ses yeux brûlaient d'un éclat de la même couleur.

Voldemort relâcha le blond qui alla s'écrouler au sol, concentrant à présent toute son attention sur le nouveau venu avec l'attention d'un félin qui se sent menacé.

Le blond déguerpit rapidement de leur chemin, faisant quelques pas mal assurés avant de s'appuyer contre le mur sur lequel il laissa les traces de ses mains ensanglantées comme quelque œuvre d'art morbide.

-Zabini... Je t'attendais... » Fit doucement le Lord, l'air faussement désinvolte comme s'il tentait de tromper son adversaire avec une légèreté apparente.

Blaise lui sourit, dévoilant ses canines allongées avec affront.

-C'est pour cela que tu te plaisais à te terrer dans ton salon... Tu te rabats sur des vampires jeune-nés et tu te caches ? » Répondit-il avec un petit mouvement du menton pour désigner Draco qui devait toujours s'aider du mur comme appui pour rester à peu près debout.

Blaise n'était pas arrivé seul, et Draco reconnut plusieurs de ses agents, dont Severus qui ne paraissait pas perturbé le moins de monde malgré toutes les armes qui étaient pointées sur eux.

Draco jugea que le moment n'était pas aux actes héroïques et décida de se faire le plus petit possible. Il était dans un tel état qu'à part se faire tuer il n'aurait pas été capable de grand chose. Autant laisser la cour des grands aux grands. Face à tant de vieux vampires aux hauts pouvoirs, jamais sa juvénilité ne lui était apparue aussi flagrante. Il saurait bien se frayer un passage vers la sortie. Il fallait absolument qu'il retrouve Harry.

À la pensée du loup-garou, son cœur se serra. Il avait laissé le brun seul face à quatre vampires.

Puis tout à coup Blaise attaqua de front Lord Voldemort, utilisant sa force vampirique si rapidement que même les yeux de Draco ne virent qu'une traînée floue se déplacer à travers la pièce. Ce fut le signal déclencheur, et tous ceux qui s'étaient tenus immobiles, prêts à recevoir leurs ordres, se mirent soudainement en action, décidés à éliminer les membres de la partie adversaire.

Le blond esquiva un balle perdu qui vint de ficher dans le mur derrière lui, et l'adrénaline lui redonna des forces, le sommant à bouger s'il ne voulait pas mourir.

Évitant de son mieux les attaques et balles, il se faufila rapidement jusqu'à la porte qui n'était à présent plus gardée, quand plusieurs loups-garous firent leur apparition, et Draco reconnut Harry avec un incroyable soulagement. Il s'était, semblait-il, débarrassé de Flint, Nott, Crabbe et Goyle. Mais à quel prix ? se demanda t-il en constatant à quel point il avait l'air mal en point. Sa jambe postérieure gauche révélait une large et profonde entaille qui partait du haut de sa cuisse jusqu'à son jarret, et sa fourrure noire brillait de reflets rouge sombre, preuve qu'il avait dû recevoir de nombreuses balles.

Il était tout proche de Harry, quand subitement Pansy se plaça devant lui, visiblement prête à lui régler elle-même son compte maintenant que Lord Voldemort avait clairement d'autres chats à fouetter, et Draco sentit un nouvelle vague de force venir en lui, décidé plus que jamais à se débarrasser de Pansy. Plus tôt cela serait fait, plus tôt lui et Harry pourrait souffler un instant.

Mais malgré sa résolution, Pansy gardait la main forte, et il lui était difficile de rivaliser avec sa vitesse et sa force qui semblaient presque inépuisables. De plus elle s'était procurée une dague qu'avait laissé derrière lui un vampire mort, la rendant encore plus redoutable. Après une dizaine de minutes d'attaques et de parades acharnées, le blond fit une erreur cruciale. Il ne s'en rendit compte que lorsque Pansy fondit sur elle, une expression mauvaise et animale peinte sur son beau visage. Mais alors qu'elle allait abattre son poignard pour lui donner un coup au cœur qui serait cette fois destiné à le tuer, la forme massive de Harry la heurta de plein fouet, l'écrasant de tout son poids contre le mur derrière dont l'enduis s'effrita pour le coup.

Tout se passa très vite. Le reflet argenté de la dague, un cri rauque, Harry s'effondra par terre et Draco s'entendit crier comme le spectateur impuissant d'un drame.

Malgré l'arme plantée jusqu'à la garde dans son flanc, Harry décocha un puissant coup de patte à Pansy qui l'atteignit directement dans le visage, démettant sa mâchoire et l'envoyant voler de l'autre côté de la pièce.

Draco n'eut pas un regard pour Pansy qui venait de s'évanouir plus loin, et se précipita vers Harry qui était toujours sous sa forme crinos et qui tremblait d'épuisement. Il était à présent à genoux et devait s'aider d'une main au sol pour se maintenir à peu près debout, visiblement au bout de ses forces. Il paraissait sur le point de s'évanouir, et quand il regarda Draco qui s'était agenouillé précipitamment auprès de lui, ce fut d'un regard vague et vitreux des plus inquiétants.

Le blond mordit légèrement sa lèvre inférieure et jeta un coup d'œil circulaire, comme en quête d'une solution. Son regard tomba sur la baie vitrée qui avait été réparée depuis leur dernier passage où Harry l'avait complètement détruite en passant a travers.

Draco posa une main sur l'épaule douce de l'énorme homme-loup et la serra doucement comme plus lui transmettre un peu de courage et de soutien.

-Harry, transforme toi, il le faut. »

Harry tourna sa tête vers lui et son regard vert empli de l'intense douleur qu'il ressentait le rencontra.

-Il va falloir me faire confiance. » Répondit Draco doucement, mais avec tout de même une pointe d'urgence. Leurs minutes leur étaient comptées. À tout moment, quelqu'un de mal intentionné pouvait décider de s'occuper d'eux, et alors Draco ne savait pas s'ils pourraient s'en sortir seuls. « Tu me fais confiance ? »

Comme si la question représentait un défi qui avait blessé l'honneur de Harry, celui-ci engagea aussitôt le processus de transformation, qui fit craquer ses os et le laissa bientôt sous sa forme humaine.

-Allez. » L'encouragea Draco en le recouvrant rapidement d'un long manteau noir qui appartenait à un vampire agonisant qui n'allait de toute manière pas tarder à finir en poussière.

Une chance que Harry ait été encore suffisamment conscient pour se métamorphoser à nouveau, car jamais il n'aurait pu déplacer le loup crinos autrement.

Draco prit Harry dans ses bras et sauta par la baie vitrée ouverte après avoir jeté un ultime coup d'œil à Blaise qui semblait gagner le combat haut la main, tout comme Severus qui était entrain de régler leur compte à MacNair et Bellatrix sans trop se fatiguer.

Il atterrit dans la pelouse deux étages plus bas avec légèreté, accusant parfaitement le double poids bien que ses blessures le firent souffrir. Harry semblait tout près des portes de l'inconscience, et Draco pouvait sentir l'odeur de son sang. Mais cette odeur qui l'aurait rendu fou de désir en temps normal ne faisait que grandir son inquiétude en ce moment. Le brun perdait beaucoup de sang, et il commençait à se demander si le fait de lui avoir demander de se reprendre sa forme homidée n'avait pas d'ailleurs accélérer ce fait.

Une ombre large les recouvrit soudain, et Draco perçu subitement l'odeur d'un loup-garou étranger tout près de lui. Instinctivement, il se tendit et serra Harry contre lui, détectant automatiquement la présence comme une menace. Il fit un bond en arrière et regarda aussitôt la tête du loup qui se tenait debout

Il n'avait jamais vu ce loup auparavant, du moins le croyait-il, même si c'était difficile à dire. Lire l'expression du lycan était impossible pour Draco, mais cependant celui-ci ne tira pas de mauvaises conclusions en voyant un vampire tenir un loup-garou, et quand le blond comprit 'Remus' parmi les grognements que l'animal émettait, il réalisa qu'il devait s'agir de son parrain. Celui-ci lui fit signe de lui donner Harry et Draco obtempéra. Il craignait pour la vie du brun, et son impuissance à pouvoir l'aider le contrariait.

Puis une immense explosion les fit tous sursauter et des bruits de cris se firent entendre.

Comme un seul homme, tous se tournèrent vers l'origine de la détonation. Sans s'en rendre compte, Draco entre-ouvrit la bouche de stupéfaction. Deux étages plus haut, Blaise avait fait exploser la baie vitrée, et il se tenait parfaitement droit, faisant face aux vampires des deux camps et aux loup-garous mélangés sur le parterre de pelouse un peu plus bas. De sa main gauche il maintenait en l'air par le cou le corps sans vie de Lord Voldemort qui n'allait pas tarder à devenir poussière, tandis que sa main droite était refermée sur le cœur sanglant qu'il avait arraché de la poitrine du défunt seigneur.

Il était couvert de sang et ses yeux brillaient d'un éclat rouge vif. Tout dans sa posture et dans son aura donnait envie à Draco de baisser les yeux et de le reconnaître comme supérieur, et un rapide coup d'œil autour de lui suffit à lui montrer que c'était d'ailleurs ce que beaucoup faisaient, y compris ceux dont l'allégeance été allée à Voldemort quelques minutes plus tôt.

Ses yeux se reportèrent rapidement sur Blaise qui venait de placer le cœur de Voldemort dans le bouche de ce dernier avant de le jeter du haut des deux étages. Il était clair qu'il défiait quiconque de le provoquer d'une manière ou d'une autre.

Mais les vampires étaient bien différents des loups-garous sur ce point. Contrairement à ces derniers ils ne reconnaissaient pas outre mesure la loyauté, et étaient plus prompts à s'incliner devant la loi du plus fort. En tuant Lord Voldemort, Blaise venait de prendre sa place, et même si cela n'allait pas manquer de faire du remous, sa position ne serait pas contestée, du moins pas de si tôt.

Draco poussa un soupir de soulagement, sentant toute sa fatigue le rattraper subitement, et jeta un coup d'œil inquiet à Harry qui avait finalement perdu connaissance dans les bras de Remus. Les choses ne pourraient qu'aller en s'arrangeant à présent. Du moins il l'espérait.


Et pour une fois, la chance avait été en leur faveur. À présent, pratiquement vingt-quatre heures après cette nuit qui avait semblé durer plusieurs jours, ils pouvaient affirmer sans crainte que le plus dur était derrière eux.

-C'est idiot de ta part d'être sorti, Harry. Tu devrais être au lit » Fit Draco au brun qui était allongé près de lui dans l'herbe fraîche couleur d'encre dans la nuit noire.

Cette fois Harry resta silencieux, sachant parfaitement qu'une nouvelle dénégation ne marcherait pas d'avantage au bout de la dixième fois. Il eut un sourire silencieux et garda les yeux grand ouverts, plongés dans le ciel d'encre parsemé d'étoiles. Il n'avait plus vraiment mal, et se sentait simplement fatigué.

Mais Draco avait sans doute raison, bien que Harry lui ait affirmé qu'il sous-estimait l'efficacité de ses capacités de guérison. Le fait était bel et bien qu'il avait reçu plusieurs balles -dont deux en argents-, ainsi qu'un coup de couteau plutôt profond la nuit passée. Il pouvait s'estimer tout même chanceux, puisqu'aucune des balles n'avaient touché d'organes vitaux –la blessure la plus grave restant celle infligée par Pansy et son poignard.

Le vampire avait lui aussi reçu de nombreuses blessures quelques heures auparavant, mais le blond avait avoué à Harry s'être abreuvé de sang tout son saoul entre temps, et ses blessures avaient ainsi quasiment toutes disparu. À l'évidence le vampirisme n'avait pas que des inconvénients. Harry n'avait pas demandé où il était allé boire et s'il se souvenait de la personne qu'il avait sans doute dû séduire, il n'en avait pas eut le cœur – après tout à quoi bon, certaines choses ne pouvaient être changées. Et puis Harry avait été dans un bien trop mauvais état pour fournir à Draco le sang dont il avait eu crucialement besoin.

-Tu penses qu'ils ont bientôt fini ? » Demanda Harry en faisant un petit signe de tête vers le pub des Trois Balais.

Le blond haussa les épaules.

-Probablement, ça fait des heures qu'ils sont là-dedans. »

Dans le pub de Mme Rosemerta, qui avait été choisi comme 'endroit neutre' s'étaient réunis Dumbledore et son conseil face à Blaise Zabini et quelques uns de ses hommes de confiance dans le but de créer un nouvel accord entre leurs deux espèces. C'était Zabini qui avait évoqué le besoin de former une alliance durable, qualifiant ce qu'il s'était passé avec feu Voldemort comme une situation absolument intolérable qui faisait honte à la population vampire toute entière.

Harry semblait tout à fait enthousiaste devant une telle idée, et Draco hésitait à lui dire que c'était certainement son intérêt personnel qui attirait Blaise, et non pas un altruisme inter-racial récemment découvert. Maintenant qu'il dirigeait Poudlard, s'associer à des loups-garous le rendrait célèbre et redouté... Enfin, cela pouvait potentiellement être bénéfique pour tous après tout. Si les choses se passaient bien, peut-être d'autres en prendraient de la graine, et les relations entre les loups-garous et les vampires s'amélioreraient tout doucement de manière durable. Même si Draco doutaient que l'on puisse effacer des millénaire de haine avec un simple accord.

En cet instant, Draco et Harry s'étaient allongés dehors à la lisière de la forêt, à quelques dizaines de mètres du pub, savourant la tranquillité et la fraîcheur de la nuit. La nuit passée paraissait s'être déroulée il y avait des années de cela, et tout deux avaient comme la certitude que rien ne pourrait plus se mettre dans leur chemin à présent.

Harry réprima un bâillement, sentant sa fatigue le rattraper. Finalement Draco avait peut-être eu raison... il avait besoin de dormir et la soirée était déjà avancée.

Draco se suréleva sur un coude et considéra le visage de Harry qui brillait doucement dans la pâle lueur de la lune.

-Qu'est-ce que tu comptes faire maintenant ? » Lui demanda t-il en repoussant quelques mèches brunes de son front.

Ce geste lui semblait incroyablement familier et naturel. Voir à quel point lui et Harry s'étaient rapprochés rapidement était effrayant et exaltant le futur lui apparaissait sous un jour meilleur, bien qu'il fut encore baigné dans le flou de l'incertitude.

-Dormir... » Murmura Harry en fermant les yeux, son sourire toujours sur les lèvres.

Draco ressentit la puissante envie de l'embrasser, et ne voyant rien qui puisse l'en empêcher, il se baissa et caressa de ses lèvres celles de Harry dont la peau bien plus chaude que la sienne le fit frisonner de plaisir.

Ils s'embrassèrent un instant dans la nuit silencieuse, puis gardèrent leurs fronts collés l'un à l'autre, leurs regards mêlés et n'ayant plus besoin de mots pour se comprendre.

Bien-sûr chacun ils savaient tout deux ce qu'ils allaient faire à présent. C'était clair comme de l'eau de roche.

Ca n'allait pas être facile ça ne l'avait jamais été, et ça ne le serait jamais.

Ils seraient ensembles.


À suivre...