Coucou!
Et hop! Suite et fin!
Bonne lecture =)
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« Bien sûr, elles étaient de couleur lavande! Quelle autre couleur aurait-elle choisi? Pauvre Ginny, elle avait l'air encore plus affreuse que moi, au moins mes cheveux ne juraient pas. Et il y avait ces énormes arceaux partout et des manches de patte de mouton (ndt : bouffantes). En Juin! Je ressemblais à une parfaite idiote. »
« Pourtant, vous avez encore la robe, n'est-ce pas? »
« Ouais, je les ai toutes gardées. Celle de Ginny, de Lavande, de Cho, les saris de Parvati et de Padma, et je n'ai pas la moindre idée de la raison... Elles sont hideuses. Non, les saris étaient jolis, je les ai transformé en rideaux. »
Elle se retourna vers la grande baie vitrée à côté de la porte d'entrée. Trois chats roux les fixaient à travers la vitre.
« Oh! Ils sont là. Voilà Wynken, Blynken et Nod. Les responsables de mon statut de Veille Fille aux chats. » Ils étaient arrivés au pied des marches. Elle était réticente à mettre fin à la conversation. « Voulez-vous entrer? Je n'ai pas encore petit-déjeuner. Avez-vous faim? Vous aurez le droit de tout me dire sur vous et ce que vous avez fait jusqu'à aujourd'hui. Je vous ai dit tout ce qu'il y avait à savoir sur moi. »
Il lui lança un regard amusé à nouveau, mais recula.
« Il y a des choses dont je dois m'occuper. Peut-être une autre fois. Je vous remercie de votre aide, j'ai recueilli presque tout ce dont j'avais besoin grâce à vous. »
Hermione sentit son estomac se nouer et se fustigea mentalement.
« Oh, eh bien, je suis contente d'avoir pu aider. Pensez-vous vraiment que Lavande va bien? »
« Oui, Miss Granger. Je le pense. Je vous contacterai lundi. Je suppose que j'aurais les réponses à vos questions d'ici là. »
« Déjà? » Elle fut furieuse contre elle-même en se sentant si déçue. Le bien-être de Ron était infiniment plus important que son propre plaisir de la compagnie de Rogue. Vouloir prolonger l'enquête juste parce qu'elle aurait aimé lui parler plus était horrible.
« J'en suis convaincu. Je n'aimerais pas faire traîner les choses plus que nécessaire. Mes services sont très coûteux. »
« Oh. Oui, bien sûr. Voulez-vous utiliser mon appartement pour transplaner? Il n'y a pas vraiment de bons endroits pour se cacher par ici. »
« Ça ira. Je suis un peu nostalgique de ce que signifie agir en moldu, parfois. »
« Bon, ben alors ... Je suis impatiente d'avoir de vos nouvelles. »
« Naturellement. Bonne journée, Miss Granger. »
« Bonne journée également, M. Rogue. Profitez du reste de votre week-end. »
Il lui fit un signe de tête formel et s'en alla.
Elle se retourna et poussa la clé dans la serrure, se précipita vers son appartement où elle courut tout droit vers la fenêtre pour le regarder s'éloigner.
Rogue traversa la route. Ses longs cheveux battant lourdement au rythme de ses pas. Il dépassa une jolie femme qui se retourna sur lui et lui lança un regard ouvertement appréciateur qui fit grincer des dents Hermione. Une fois qu'il eut gagné le trottoir d'en face, il se retourna, levant brusquement le bras en agitant la main. Hermione sourit et commença à lever la main lorsqu'elle vit un taxi arriver et s'arrêter en face de lui. Rien dans son attitude ne montra qu'il l'avait vue. Elle se sentit vide lorsqu'elle le perdit de vue. Il allait vraiment falloir qu'elle se ressaisisse.
Il allait aussi vraiment falloir qu'elle se procure des lunettes.
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Hermione était plongée dans les archives quand une sonnerie retentit, lui rappelant qu'il était l'heure du déjeuner. Elle repoussa Traités avec les Centaures sur le côté, se leva et s'éloigna de la table où elle était assise. Elle cligna des yeux en regardant autour d'elle. Il y avait quelques personnes présentes quand elle était arrivée ce matin. Elle n'avait pas remarqué à quel moment ils étaient partis. Elle fronça les sourcils, déçue. Elle était souvent venue se perdre dans ses recherches, mais cette fois, elle avait voulu essayer de papoter avec l'une ou l'autre personne. Cela faisait partie de son plan. Celui qu'elle avait passé toute la journée de dimanche à mettre sur pied. Celui qui devait changer sa vie. Rogue lui avait dit que si elle était malheureuse alors elle devait changer. Ça avait eu l'air si simple dit comme ça. Mais il était évident qu'il n'avait pas pris en compte sa propre inaction.
Elle descendit à la cafétéria en suivant un groupe de gens, elle était trop fatiguée pour tenter de les rattraper. La porte se referma sur son nez. Elle saisit la poignée et tira, mais un bras vint atterrir sur son épaule et refermer la porte à nouveau.
« Venez avec moi, Granger. Vous ne voulez pas manger avec ces crétins de toute façon. »
Elle sentit un sourire éclatant fleurir sur son visage lorsqu'elle se tourna vers M. Rogue. C'était presque douloureux, car il y avait bien longtemps qu'elle n'avait souri ainsi. Son bras était encore contre la porte et il était donc très, très proche. Tout son être s'enflamma en prenant conscience de sa proximité.
Il sembla ne pas s'en rendre compte.
« J'ai quelque chose à vous montrer », dit-il d'un ton brusque alors qu'il s'éloignait de la porte pour se mettre en route.
Elle enferma ses pensées confuses dans une boîte et trottina derrière lui.
« Est-ce à propos de Lavande? » demanda-t-elle en atteignant l'ascenseur.
« Quelle autre raison y aurait-il? » répondit-il avec irritation.
Hermione garda le silence après ça. Elle se contenta de couiner quand il lui attrapa le bras et les fit transplaner tous les deux dans la ruelle derrière Au Royaume du Hibou.
« Seriez-vous intéressée par un bon curry? » demanda Rogue en jetant un œil à la ruelle avant de se diriger vers le mur du fond.
Hermione hocha la tête avant de réaliser qu'il ne pouvait pas la voir. « Ce serait agréable » répondit-elle. Elle ne savait absolument pas comment se comporter. Est-ce qu'il l'emmenait pour Lavande? Est-ce qu'il l'emmenait déjeuner? Il n'y avait pas de curry dans le monde magique. Et pourtant, ils étaient là, Chemin de Traverse. Peut-être qu'il allait lui montrer le secret de Lavande, puis l'emmener déjeuner? Est-ce que ça comptait pour un rancard? Elle tapota ses cheveux.
« Aujourd'hui, Miss Granger. Il me semble que vous ne prenez que quarante minutes pour déjeuner. » Hermione se retourna pour voir qu'il avait ouvert un passage dans le mur. Elle entra dans le tunnel sombre. Elle se hâta derrière lui, se demandant comment il savait qu'elle ne prenait que quarante minutes alors qu'elle avait droit à une heure.
Une fois à l'intérieur du tunnel, il tapa sur le mur et referma le passage derrière eux, les laissant dans l'obscurité la plus complète.
« Lumos! » il se tenait juste à côté d'elle à nouveau. Tout proche encore une fois. Son cœur se mit à battre sauvagement, soit à cause de l'obscurité soudaine, soit parce que - non, c'était à cause de l'obscurité soudaine. La lumière diffusée par sa baguette capta une étincelle dans ses yeux noirs et elle fut complètement captivée par eux. Par lui. Elle était vraiment un cas désespéré. Il l'étudia avec attention. Elle eut envie de l'embrasser. Elle le voulait tout à coup plus que tout au monde. Au lieu de cela, il se détourna et pointa sa baguette sur ce qui ressemblait à une armoire cabossée et abîmée appuyée contre un mur fissuré. Elle cligna des yeux rageusement en se dirigeant vers l'armoire pour examiner les vêtements qui y étaient soigneusement rangés.
« Certains de ces vêtements appartiennent à Lavande. Ginny lui a offert ce pull. Je ne reconnais pas les autres. »
« Ils sont tous à elle. Elle se change quand elle arrive ici le matin et avant de rentrer le soir à la maison. »
« Mais pourquoi? »
« Je vais vous montrer, mais d'abord je dois faire quelque chose, si vous le permettez. »
« Très bien, » dit-elle sans hésitation. Il s'approcha et agita sa baguette, annulant son Lumos. Elle sentit qu'il lui lançait un sort. Il répéta le sort sur lui-même. Quand il ralluma l'extrémité de sa baguette, elle eut un mouvement de recul jusqu'à ce qu'elle comprenne. Un glamour. Il lui en avait jeté un à elle aussi.
«Par ici, » dit-il, la conduisant vers une autre porte un peu plus loin dans le tunnel.
Ils sortirent d'un placard de service brillamment éclairé. Hermione resserra sa robe autour d'elle pour éviter de faire tomber les seaux et les balais empilés en équilibre précaire. Ce serait bien son genre alors qu'elle portait habituellement un pantalon et de faire tomber des choses avec les pans de sa robe. Elle capta son reflet sur la paroi du distributeur de serviettes en acier inoxydable et vit une femme d'affaires londonienne typique. Banale en tous points. Ses épaules s'affaissèrent un peu. Elle suivit l'homme quelconque aux cheveux blond clairsemés qui quittait la pièce.
Ils sortirent d'un ancien immeuble de bureaux situé dans une rue de côté et marchèrent jusqu'à ce qu'ils arrivent à un petit restaurant indien nommé Ustukhuddus des Patil. Ils s'assirent à une petite table du fond. Rogue avait expressément demandé cette table, même s'il y en avait de meilleures disponibles et Hermione était constamment dérangée par le personnel qui entrait et sortait de la cuisine.
Elle n'avait pas dit un mot depuis leur sortie du tunnel se contentant de le suivre confusément, mais elle savait qu'il lui dirait ce qu'il avait appris en temps voulu.
Elle avait du mal à le regarder. Il lui semblait physiquement repoussant et elle se demandait si cela avait avoir avec le glamour. Il parcourut le menu rapidement et le repoussa sur le côté pour observer la porte de la cuisine.
« Cet endroit semble assez récent à vue de nez, » dit-elle.
« Il l'est. Il a ouvert il y a quelques semaines. »
« Que me recommanderiez-vous? »
« Je n'en ai pas la moindre idée. Je ne suis encore jamais venu manger ici. »
« Comment en avez-vous entendu parler? Vous l'a-t-on recommandé? Ou aimez-vous simplement essayer de nouveaux endroits? »
« J'ai suivi leur gérante ce matin. Elle tourne aussi en cuisine quand c'est nécessaire. Dites, moi Miss Granger, avez-vous une idée de ce que signifie Ustukhuddus? » Elle secoua la tête. « Le mot est originaire d'Inde, mais il désigne une plante particulièrement parfumée. Des suggestions? »
L'intensité de son regard la scotcha. « Lavande. »
« Exact. »
Hermione cligna des yeux. «Voilà le grand mystère? Elle avait ouvert un restaurant? » Hermione regarda le nom estampé sur le menu à nouveau. « Patil. Laquelle? Padma ou Parvati? »
« Les deux. Elles sont toutes les deux ses associées. »
Hermione sentit un début de colère noire prendre le dessus sur la confusion. « C'était ça le fameux mystère? » répéta-t-elle. « Elle nous a fait vivre un enfer pour un foutu restaurant? Qu'est-ce qui ne va pas chez elle? » Hermione jeta le menu et se leva. Elle hésita entre faire irruption dans la cuisine ou se ruer dehors. Elle choisit cette dernière option.
Elle faisait les cent pas dans la rue enveloppée dans un nuage de colère. Elle ne s'était même pas rendue compte que le glamour avait été levé jusqu'à ce qu'elle réalise les regards détaillant la façon dont elle était habillée. Elle baissa les yeux et vit ses robes, simples et familières. Elle grogna.
Elle s'était tellement inquiété. Ron était dévasté. Harry et Ginny étaient malades de peur, et tout ça pour rien. Juste un stupide petit drame familial dont elle se serait aisément passée. Son estomac grogna de colère autant que de faim. Elle se dirigea vers un vendeur de chips. Elle s'était jurée de laisser tomber la graisse dans le cadre de son régime, mais au diable le régime. Et au diable son plan.
Elle attendit patiemment dans la file et quand son tour arriva elle commanda un Chips and cheese et un pudding aux pruneaux. Et un Coke Zero. Elle s'écarta en attendant son plat et entendit quelqu'un commander un fish and chips d'une voix familière. Elle soupira. Bien sûr, il était là. Il semblait toujours là à présent. Mais pas à la même distance que celle dont elle commençait, semblait-il, à devenir obsédée.
Elle fixa sa nourriture jusqu'à ce qu'elle soit cuite, puis ils se dirigèrent tous les deux vers une banquette dégoûtante où elle faillit laisser échapper son plateau en plastique et son verre. Rogue les rattrapa, sacrifiant par la même occasion sa manche toute blanche.
« Je me sens vraiment idiote. » dit-elle en se laissant tomber sur la banquette comme une marionnette à qui on aurait coupé ses fils. « Vous pensez probablement aussi que je suis une imbécile. »
« Pourquoi? Parce que vous vous souciez de votre amie? En quoi est-ce stupide? » Elle leva les yeux et lut un léger trouble dans son regard. « Vous devriez savoir qu'avec mon passé j'apprécie assez la fidélité. » Il baissa les yeux et arrangea ses plats sur la table avec des mouvements précis et mit ensuite son plateau sur la table derrière.
« Vous saviez qu'elle venait ici et avait trouvé un emploi depuis le début, n'est-ce pas? »
« Je m'en doutais. Vous écouter parler samedi à confirmé mes soupçons. »
« Quelle espèce d'imbécile. Elle a presque ruiné son mariage avec ses secrets. »
« Pour une femme qui a fui deux fois un foyer, je suis un peu surpris par votre attitude. Un homme intuitif pourrait même en déduire que vous êtes un peu jalouse de sa vie et en colère qu'elle ait risqué de la sacrifier. »
Hermione ne trouva rien à répondre à cette pique bien placée. Elle se plongea dans sa nourriture.
« Je pense que vous seriez peut-être plus compréhensive si vous saviez pourquoi elle a fait ce qu'elle a fait. »
« Vous savez? Vous lui avez déjà parlé ? »
« Non, mais je suis un homme intuitif. La réponse est évidente. C'est vous-même qui me l'avez donnée. Elle manquait simplement d'un but dans la vie. Mme Weasley aurait été contente d'être une femme au foyer à temps plein et une mère. Utiliser sa créativité pour trouver une nouvelle façon de préparer le rôti du dimanche ou aider ses enfants pour leurs devoirs. Elle était ce que vous pourriez bien ne jamais être. Facilement satisfaite. Mais une grande partie de ses projets lui a été volée par le destin. Elle avait besoin de plus que le rôti du dimanche et de sentir qu'elle avait sa place dans cet univers. Weasley vous a dit qu'elle était tout à coup heureuse. Tout comme avant. Elle a trouvé un moyen d'utiliser cette part d'elle pour remplir le vide. »
« Mais pourquoi tous ces secrets? Pourquoi ne pas simplement lui dire? »
« Pourquoi vous et Weasley vous êtes-vous séparés après la guerre? »
Il ne lui fallut qu'un instant pour comprendre.
« Parce que Ron avait besoin de porter la culotte et ne voulait pas que je travaille »
« Je doute qu'il ait changé son fusil d'épaule depuis. Il a juste trouvé une femme qui partageait sa philosophie rigide jusqu'à ce qu'elle n'en ait plus eu envie. Mais elle a essayé de ménager la chèvre et le chou. Elle voulait le protéger de sa vérité. A savoir qu'elle avait simplement besoin de plus. »
Hermione ferma les yeux et sentit sa colère se dissiper.
« Vous semblez en savoir beaucoup sur les gens. Je suppose que vous avez vu cette même histoire se jouer de bien des façons dans votre métier. »
Il acquiesça. « En effet. J'ai appris à décrypter les gens pour survivre pendant la guerre. Comprendre les êtres humains est venu de concert. Ça rend mon travail presque ennuyeusement simple. Cela et mes capacités à rôder avec mon prodigieux cerveau. » Elle leva les yeux pour voir son regard amusé associé à ce qui aurait pu presque être un sourire. Presque. Elle rit.
« Et vous êtes modeste avec ça? »
« Pourquoi devrais-je l'être? L'arrogance m'a fortement desservi. Mais l'humilité ne m'a pas été plus favorable. M'en tenir à la vérité sur moi-même semble avoir fonctionné. »
Ils restèrent tous deux silencieux pendant un long moment après ça. Le silence lui fit l'impression d'un poids qui l'oppressait. Elle se creusa la tête pour trouver un autre sujet de discussion.
« Alors, comment êtes-vous devenu détective privé? » Il sembla également reconnaissant pour le changement de sujet.
« Après avoir récupéré de ce maudit serpent, le Ministère m'a donné comme tâche de traquer mes anciens camarades. Au début, ça faisait partie de ma liberté conditionnelle. Après la première année, ils ont commencé à me payer. Ils le font encore. Beaucoup. Il y a toujours quelqu'un pour commettre un délit ou un misérable bandit qui tente prendre un nouveau départ dans un autre pays. Lorsque les Aurors sont limités par leur règlement, ils louent mes services. Des cas comme le vôtre sont juste de petits boulots pour arrondir les fins de mois. » Elle sourit alors qu'elle le regardait finir sa boisson. Rogue buvant à la paille était plutôt charmant et surtout adéquat et correct.
« Vous êtes-vous déjà renseigné sur l'elfe de maison? »
« Non, mais il y avait une tanière d'elfe dans ce tunnel abandonné. Je soupçonne qu'elle l'y ait trouvé. Nous n'en saurons pas plus, à moins de lui demander. »
« Alors, que pensez-vous qu'il va se passer maintenant? » demanda-t-elle en faisant glisser un doigt dans le sel restant dans son assiette.
« Cela dépend de ce que vous préférez. Voulez-vous que je le dise à Weasley? Ou voulez-vous que je vous en laisse les honneurs? »
« Je pense que je préférerais que vous lui disiez, mais je serai derrière vous. » Rogue lui jeta un regard étrange.
« Pensez-vous vraiment que j'ai besoin d'avoir 'quelqu'un derrière moi' »? demanda-t-il.
« Non, mais je vais probablement avoir très envie d'être derrière vous quand vous mettrez un coup de pied dans la fourmilière », répondit-elle franchement.
Il fronça les sourcils. « Quand êtes-vous devenue lâche, Granger? »
Piquée au vif, elle recula dans la douleur et la colère qu'elle venait à peine de quitter. « Quand j'ai compris à quel point la vie pouvait faire mal, Rogue. » Elle entassa son bordel sur le plateau et se leva. « Je prendrai contact avec votre bureau après avoir parlé à Harry. Je vous ferai savoir où et quand pour l'annoncer à Ron. Peut-être qu'Harry sera volontaire et vous épargnera de le faire. Si tel était le cas, alors vous pourrez clôturer votre facture et me la faire parvenir. » Elle jeta ses déchets dans la poubelle et déposa son plateau sur le dessus de la pile avant de se tourner vers lui. Il avait un un air fermé, presque méfiant, sur le visage. « Merci pour ce que vous avez fait. Je suis très reconnaissante. Et je vais aller de l'avant et me dire que j'ai apprécié nos diverses conversations et que j'espère voir nos chemins se croiser à nouveau. Bonne journée, M. Rogue. »
Il ne répondit pas. Il la regarda simplement avec étonnement. Elle se retourna et partit. Elle sentit ses yeux dans son dos jusqu'à ce qu'elle soit hors de vue.
Elle transplana jusqu'au Ministère. Quand elle fut de retour parmi ses piles de dossiers, elle s'assit à sa table habituelle et fondit en larmes. Elle fut pour la première fois de sa vie incapable d'expliquer exactement pourquoi elle pleurait.
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Ginny était assise à la gauche de Lavande lui tenant la main, tandis que Ron, en pleurs, se serrait contre elle à sa droite, son bras passé autour d'elle. Harry était accroupi devant elle, une main sur son genou, hochant la tête pour l'encourager alors qu'elle parlait. Hermione se tenait à l'écart et M. Rogue se tenait au milieu de leur salon attendant que les dernières réponses arrivent.
Ses hypothèses se révélèrent être tout à fait justes. Les changements de vêtements, c'était pour l'empêcher de ramener l'odeur du restaurant à la maison après que Ron ait commencé à avoir des soupçons. Les chaussures sur le toit, c'était quand elle s'était trompée et portait la mauvaise paire de chaussures à son retour à la maison et les y avait jetées, prise de panique. Seules les dernières pièces du puzzle étaient manquantes, mais Lavande était en train d'y venir.
« J'ai craqué un jour où je faisais du shopping. J'ai commencé à pleurer et je ne pouvais plus m'arrêter. Les gens me regardaient. Je suis tombée sur cette ruelle et m'y suis cachée. La douleur était intolérable. Je sentais que je mourrais si je continuais à vivre comme une moitié de femme plus longtemps. J'ai commencé à taper sur les murs. Puis la porte dérobée s'est ouverte. Ça ressemblait à un endroit idéal pour se cacher, alors je me suis précipitée à l'intérieur. C'est là que j'ai trouvé Iggy. »
L'elfe de maison en question gémit légèrement et baissa les oreilles en se balançant d'avant en arrière.
« Il était là depuis une éternité. Sa famille s'était cachée dans le tunnel pendant le Blitz (ndt : Bombardement éclair de Londres en septembre 1940). Ils auraient été capturés dans le Londres moldu et attendaient là de retourner sur le Chemin de Traverse. Iggy avait créé une nouvelle porte, mais ils se sont faits bombarder. Ils sont tous morts. Sauf Iggy. Il est resté là tout ce temps se sentant bon à rien. Ça le rendait cinglé.
Elle regarda l'elfe, puis fit un geste. Il rampa sur le tapis en poussant des borborygmes et en ronronnant et quand Harry se recula il vint pratiquement se fondre dans les jambes de Lavande.
« J'ai trouvé mon chemin jusqu'au côté moldu et je suis tombée sur ce petit restaurant qui venait juste de couler. J'ai décidé que c'était le destin. J'allais pouvoir donner un but à Iggy et par la même occasion m'en trouver un à moi aussi. J'ai entraîné Padma et Parvati là-dedans. » Des larmes silencieuses coulaient le long de son joli visage. « Je suis tellement désolée, Ron. Je sais que je t'aies déçu. J'aurais dû été heureuse avec ce que nous avions. Ça aurait dû être suffisant. »
« Non! Non, Lav'. Ca ne l'était pas. Ca ne pouvait pas l'être. Je suis désolé. Je suis désolé, c'est ma faute si tu as pensé que tu ne pouvais pas me le dire. Tout va bien. Je suis heureux. Je suis si heureux. Je pensais que tu avais trouvé un autre mec. » Hermione se tassa sur elle-même lorsqu'elle le vit commencer à sangloter et que Lavande lui assura frénétiquement qu'il était son seul vrai amour. Harry tira Ginny du canapé et la tint serrée dans ses bras. Tout avait été pardonné. Happy end pour tout le monde. Hermione les maudit tous pour leur bonheur. Elle se maudit pour sa mesquinerie. Elle voulait tellement connaître ça mais savait que ce n'était pas pour elle. Elle s'avança et serra l'épaule de Lavande.
« Lavande, je suis très heureuse que tu n'aies pas été en danger. Je sais que maintenant que tout a été mis à plat, vous trouverez tous les deux un nouveau et plus profond bonheur ensemble. Je vais m'en aller maintenant et vous laisser un peu d'intimité. »
Elle dut subir trois rounds de câlins et de déclarations d'amitiés éternelles et promettre de les inviter à venir manger dans son nouvel appart' avant de pouvoir enfin partir. Elle se tourna vers Rogue et hocha la tête vers lui en guise d'adieu et il lui rendit un petit signe de tête en retour avant de commencer à faire ses propres au revoir. Elle ne resta pas pour vérifier si quelqu'un avait le courage de l'embrasser.
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Hermione était assise dans la taverne obscure à regarder les gens derrière elle dans le miroir terni derrière le bar. Elle jouait avec son vieux galion de l'AD en terminant son verre. Quand elle arriva à attirer l'attention de l'horrible barman au Gobelin se cachant dans sa lignée, elle lui fit signe qu'elle désirait un autre verre. Il lui fit un signe du menton qu'il avait enregistré la commande et retourna à sa conversation.
C'était un endroit horrible, plein de gens horribles. Mais c'était là qu'il avait voulu la rencontrer la première fois et elle avait trouvé l'endroit adapté à son humeur mélancolique. Et ici, personne ne la dérangerait, et c'était ce dont elle avait besoin.
Elle fit tourner la pièce de monnaie sur le comptoir. Toute cette folie avait commencé avec cette pièce. Ce fichu souvenir de son effrayante jeunesse. Tout le monde glorifiait ce passé. Tout le monde était un héros et tout le monde avait combattu pour la bonne cause. Personne ne semblait se rappeler que tout le monde n'avait pas survécu. Ou que les gens comme elle et Rogue avaient été contraints de faire des choses terribles et survivre à de terribles douleurs. Elle était censée l'oublier et le sacrifier sur l'autel du vivre-heureux-pour-toujours-après-ça. Elle ne pouvait pas. Elle ne le voulait pas. Elle aurait voulu ce qu'ils avaient tous. Mais elle ne pouvait pas se mentir à elle-même plus longtemps.
Le barman lui apporta un nouveau verre de Whiskey pur feu et elle prit une décision soudaine et douloureuse. Elle poussa son vieux galion sur le bar pour payer sa boisson. Alors que l'homme allait lui prendre des mains, une chaude et douce main aux longs doigts fins se referma sur la sienne et recouvrit la pièce.
« Vous ne voulez pas faire cela. »
« Non, mais je dois vraiment,» répondit-elle en fixant le bois poli. Rogue fouilla dans sa poche et paya pour sa boisson. Elle grogna.
« Vous ne devriez vraiment pas. La pièce n'est pas un véritable galion et elle appartient en partie aux gobelins. A moins que vous ne teniez pas à vos fesses, vous devriez reconsidérer votre choix. »
Hermione fulmina. Elle se retourna et arracha violemment les épingles de ses cheveux et passa ses mains dedans tout en continuant à fulminer.
« Pourquoi devez-vous toujours faire cela? » lui dit-elle sèchement dans un excès de colère.
« Pourquoi dois-je toujours faire quoi? »
« Pourquoi persistez-vous avec vos petites attentions qui semblent à un moment trop romantiques pour être appropriées et retombez dans le prosaïsme l'instant qui suivant? »
Ses sourcils firent un bon jusqu'à la racine de ses cheveux.
« Vous pensez que je suis romantique? Pourquoi? »
Elle fit un bruit qui ressemblait à un croisement entre un cri et un grognement.
« Je ne sais pas, Rogue. C'est vous l'expert en psychologie. Dites-le moi? Pourquoi devrais-je penser que vous êtes capable de gestes romantiques? Peut-être que je me berce d'illusions? » Elle but son verre d'une traite, puis le fit claquer sur le comptoir et sauta de son tabouret pour lui faire face. « Pourquoi êtes-vous ici, Rogue? »
Il se déplaça légèrement.
« Nous n'avons pas réglé la question de mon paiement, » dit-il. Il la regarda comme si elle était une énigme particulièrement intrigante.
« Très bien. Bien sûr. Votre argent. Je vous ai dit ce matin que vous pouviez m'envoyer la facture. » Elle se détourna, mais il attrapa son bras.
« Miss Granger, êtes-vous sûr que vous ne voulez pas rester et discuter? Vous semblez bouleversée. »
« Non, je pense que je devrais y aller. Je ne suis pas prête pour une conversation et je suis certaine que plus je passerais de temps proche de vous, moins je serai cohérente. Bonne nuit, M. Rogue. Envoyez-moi votre facture demain dans la matinée. »
Il lâcha son bras et recula. Elle se retourna et s'enfuit du bar.
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Elle remontait la rue où se trouvait son appartement. La nuit pleine des bruits de la ville l'apaisait. Les Moldus étaient toujours en train de faire quelque chose et être parmi eux la faisait toujours se sentir ancrée dans leur monde, même si elle passait la plupart de son temps dans le monde des sorciers.
Elle aurait pu transplaner directement à son appartement, mais elle avait besoin de marcher pour se vider la tête. Elle avait réussi à mettre de l'ordre dans ses pensées au sujet de Ron et Lavande et à voir clair sur ses réactions face à la jalousie et l'envie qu'ils lui causaient. Il était temps de passer à autre chose et de cesser de punir ses amis parce qu'ils s'étaient montrés plus résistants qu'elle ne l'était. Si elle était malheureuse, elle avait besoin de changement. Elle essaierait à nouveau demain.
Elle s'arrêta à quelques pas de son immeuble et fixa l'homme qui la regardait assis sur les marches. Elle laissa échapper un long et douloureux soupir et se dirigea vers lui. Il se leva et se rapprocha d'elle. Elle pouvait sentir son après-rasage. Elle était à peu près sûre que c'était de l'après-rasage.
« Que faites-vous ici? Votre contrat est terminé, M. Rogue. »
« Oui. Il l'est. Vous n'êtes plus ma cliente. Je suis à court de raisons rationnelles pour discuter avec vous. »
Elle haleta, soudain consciente de la façon dont il était tout proche d'elle, il était là à nouveau. Son stupide cœur commença à s'emballer, encore, comme s'il n'avait pas appris la leçon de ces derniers jours.
« Pourquoi vous tenez-vous toujours si près de moi? »
« Parce que je ne peux pas supporter être plus loin. »
« Pourquoi? »
« Parce que vous êtes belle. Hermione, puis-je vous embrasser? »
« Oh, Merlin ... »
« Je vais prendre ça pour un oui. »
Il passa un bras autour de ses épaules et l'attira étroitement avant d'incliner son menton vers le haut du bout de son doigt chaud. Il se pencha lentement, lui donnant suffisamment de temps pour protester. Elle ne le fit pas. Elle n'aurait pas pu, même s'il elle l'avait voulu. Elle était presque paralysée. Elle regarda simplement son visage s'approcher lentement jusqu'à ce que finalement leurs lèvres se rencontrent.
Elles étaient douces et chaudes elles aussi. Oh, tellement chaudes. Elle l'embrassa avec fougue. Lorsque leurs langues s'enchevêtrèrent enfin, il dut la retenir parce que ses jambes devinrent du coton et commencèrent à fléchir. Un léger soupir lui échappa et il rompit le baiser en l'attirant contre lui, caressant doucement sa tempe de sa joue. Définitivement de l'après rasage. Il haletait et savoir qu'elle en était la cause l'étourdit. Elle le serra un peu plus.
« Pourquoi ne m'avoir rien dit avant cela? Pourquoi m'avoir laissée dans la confusion? » demanda-t-elle dans un souffle.
« Parce que vous êtes si belle,» murmura-t-il d'une voix rauque. « Vous m'intimidiez. »
Elle aboya un rire incrédule. « Je vous intimidais? Vous plaisantez! Je me suis allègrement couverte de ridicule devant vous ces derniers jours. C'était loin d'être de l'intimidation. »
« Je ne vous ai pas trouvée stupide. Je n'ai rien vu d'autre que votre bienveillance habituelle. Je ne savais pas ce que vous ressentiez. »
Hermione leva les yeux au ciel. « Comment avez-vous pu manquer ça? Je vous ai suivi partout comme un stupide toutou! »
« Hermione, je suis tristement célèbre pour ne pas savoir reconnaître quand une femme ne s'intéresse pas à moi. Pourquoi auriez-vous pensé que je sois plus apte à voir quand une femme s'intéresse à moi? Je suis désolé, mais vous auriez dû être un peu plus directe.»
« Moi qui pensais que vous étiez ce grand lecteur du langage corporel. »
« Je ne suis pas infaillible. J'ai appris à me méfier de ce que semblait trop beau pour être vrai. D'ailleurs, j'ai perdu le sommeil depuis notre première rencontre vendredi soir. »
« Oh? »
Il acquiesça. « Je suis resté éveillé chaque nuit à essayer de trouver la moindre raison pour laquelle une jeune femme aussi brillante, belle et intelligente que vous serait intéressée par moi. La conclusion à laquelle je suis arrivé était que si je me rapprochais de vous, alors je grandirais dans votre estime. »
« Excellent. Bien joué. Même si je pense que j'étais déjà passablement éprise en rentrant chez moi le vendredi. »
Il sourit. Un vrai sourire. Okay, il avait seulement utilisé sa bouche et ses yeux, ses joues n'avaient qu'à peine bougé. Mais ce fut un sourire magnifique quand même.
« Voulez-vous venir et rencontrer mes chats? »
« L'offre pour le petit-déjeuner tient toujours? »
« Oui, mais la cuisine est fermée jusqu'au matin », dit-elle avec un regard timide.
« Je peux certainement trouver quelque chose à faire en attendant. »
Il pencha la tête et l'embrassa à nouveau. Quand ils se séparèrent, elle soupira et appuya sa tête contre son épaule.
« Je sens qu'attendre ne va pas me poser de problème,» murmura-t-elle.
« J'espère bien. »
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*fin*
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ooOOoo
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Note de DaPlok : Merci à toi d'avoir traduit cette petite fiction au goût guimauve bien agréable ^^. Aurette s'est trouvée une traductrice attitrée qui lui fait honneur, elle en a, de la chance !
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Note de Sevy4eveR : Ahaha, je dirais même dégoulinante de guimauve, hein ! Mais je la trouvais sympa ^^ Roooh ! Merci, merci, merciiii ! Mais sans ton œil aiguisé, elle aurait été nettement moins veinarde Aurette :p Merci encore pour ta relecture et tes conseils avisés !
Et voilà, c'est fini ! Merci d'avoir lu ! J'espère que ça vous a plu, quoi qu'il en soit, vous savez ce qui vous reste à faire pour me faire plaisir, hein ! =)
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Note tout court :p :
Et sinon, pour ceux qui seraient intéressés de le savoir : Les noms des chats d'Hermione sont inspirés d'un poème d'Eugene Field (il y a aussi un dessin animé Disney) : Trois bébés nommés Wynken, Blynken et Nod s'envolent dans la nuit étoilée dans leur sabot-voilier. Amarrés à un nuage, ils essayent d'attraper une étoile-poisson mais s'accrochent eux-mêmes avec les hameçons de leur canne à pêche. Une comète les approche de très près et en revenant les percutent. Le bateau-sabot fonce dans un énorme nuage endormi qui en se réveillant le pousse d'une douce brise vers un autre nuage. Ainsi de suite, la brise devient tempête qui renvoie les bébés sur terre, le voilier devenant un berceau. Les bébés redeviennent alors un seul bébé endormi dans son berceau.
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Les p'tites annotations rigolotes de DaPlok !
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Tout proche encore une fois. Son cœur se mit à battre sauvagement, soit à cause de l'obscurité soudaine, soit parce que - non, c'était à cause de l'obscurité soudaine. *$* Quoi d'autre, hein ? *$* Sev4 : En effet, y a peu de chance que ça soit à cause d'un sombre et sexy sorcier… L'obscurité soudaine, c'est teeeeellement plus crédible :p
« Et vous êtes modeste avec ça? » *$* Quel horrible adjectif. *$*
Les chaussures sur le toit, c'était quand elle s'était trompée et portait la mauvaise paire de chaussures à son retour à la maison et les y avait jetées, *$* Et donc Ron n'est pas capable de différencier une taille de chaussure féminine d'une masculine. *$* Sev4 : Faudrait quand même voir à pas trop lui en demander, hein… c'est Ron, quoi ! XD
. Elle se retourna et arracha violemment les épingles de ses cheveux et passa ses mains dedans tout en continuant à fulminer. *$* Très moldu le coup de la femme l'Oréal. *$* Sev4 : XD
