Disclaimer : Les personnages appartiennent bien sûr à Stephenie Meyer, seule cette pauvre fiction est à moi.
Titre : Money talk
Genre : Drama/Family/Romance, rated M pour langage cru et/ou plus, OOC Flagrant.
Résumé : L'argent. Le Sexe. L'argent. Le sexe. Et rien d'autre. Aurais je du comprendre ? Aurais je du l'accepter ? Peut être n'aurais je pas du ouvrir mon cœur pour qu'ils me poignardent et me saignent tour à tour… ? +18, langage cru et/ou plus.
Note de l'auteur: Bien le bonsoir, mes chéries. Je sais, mais oui, je suis en retard. Et j'ai pas encore répondu aux reviews. Mais j'espère que ce nouveau chapitre saura me faire pardonner. J'ai une petite panne d'inspiration pour « Permis de conduite » car c'est un POV Bella et donc, ça change tout d'un coup d'ambiance… Alors je me permets de mettre à jour cette fic. J'espère que vous ne m'en voudrez pas.
Réponses aux reviews
Ml: Merci d'avoir pris le temps de me laisser ces encouragement, je suis franchement très contente que cela te plaise. Voici la suite.
Lily: Salut celle qui des gouts de psychopathe! Ravie de te retrouver! :D Merci pour cette review... Oui, Bella est une rebelle mais une rebelle tendre tout de même. Faut pas exagérer non plus. :) Quant à la fac et la similarité avec un lycée... Hum. Je pense que ça se passe comme ça dans les instituts privés. Enfin, chez nous surtout... Ça change pas grand chose. ;) Merci encore pour ces mots.
Aux Guests: Merci beaucoup pour vos encouragement. Si Jenks père vous dégoute... On dit tel père tel fils. :p
Bonne lecture.
~o0IMS0o~
Money Talk. Car tout a un prix.
Voici celui de la frivolité.
~o0IMS0o~
Chapitre 2
Il y avait un certain inconvénient à avoir une mère frivole… Enfin, il y avait des tonnes d'inconvénients auxquels il fallait que je m'y fasse.
Un, je ne pouvais plus supporter les bruits.
Deux, je ne pouvais plus supporter les regards des autres sur moi.
Et trois… Je ne pouvais plus supporter Jenks.
Cela faisait à présent deux semaines depuis notre altercation et sa relation avec ma mère était toujours inébranlable. Une première ! Ma mère se stabilise et il a fallu que ce soit avec le gars le plus détestable de toute la planète. Il était plus qu'évident qu'ils n'ont pas parlé de moi, dernièrement… Je me demande parfois ce que Jenks pouvait bien lui raconter en dehors du lit.
C'était une autre de ces matinées merdiques que je commençai. Une douche chaude, un petit déjeuner sommaire, une sortie en silence et une promenade allongée à bord de mon coupé. La routine. La seule différence était… Que je n'étais plus accueillie comme une reine une fois arrivée au campus. Plus de Mike, plus de Jessica, plus de copains super riches et de copines super Gossip. Jessica avait bien profité de la brèche du à ma mauvaise humeur, faut croire ! Maintenant, elle se pavanait partout aux bras de Mike tout en répandant son venin. Oh, détrompez-vous, je ne suis en aucun cas jalouse de ça… Je me dis juste… Un trou de cul, deux trous de cul, qui se ressemblent s'assemblent.
Je fis donc le chemin vers le bâtiment Médecine toute seule, sous les regards moqueurs et significatifs des autres. En deux semaines, les nouvelles allaient vite, surtout lorsque Jessica tenait sous ses griffes des fanas de ragots… C'était comme si elle avait écrit le mot « Pute » en lettres écarlates sur mon front. Et si l'on ne m'avait pas encore jeté des tomates pourries aux visages jusqu'à présent, j'étais à quatre vint douze pour cent sûre que cela ne saurait plus tarder. Après tout, Mike le gentil Saint-Bernard s'est transformé en redoutable Pitbull envers moi, me fusillant du regard à chaque fois que l'on se croise… Peut être avait il enfin compris que je m'étais servi de lui ?
J'entrai dans ma classe d'Anatomie Humaine, la tête baissée, et heurtai violemment quelqu'un en plein fouet. Croyant d'abord avoir à faire à un de mes persécuteurs, je revêtis mon masque de froideur mais je me repris bien vite lorsque je découvris une silhouette frêle et fragile à mes pieds. J'avais fait tomber cette pauvre fille. D'habitude, c'était moi qui tombais dans les collisions !
« Désolée. » Dit elle péniblement en se relevant.
Et en plus, c'était elle qui s'excusait ! Je me secouai pour l'aider à se relever et ne pus m'empêcher de remarquer à quel point son bras était maigre.
« Euh, ça va ? » Lui demandai je, inquiète. Elle paraissait si… Fragile.
« Ouais, ça va. Je… M'en allais aux toilettes avant l'arrivée du professeur. »
Elle rajusta ses lunettes à monture blanche, regarda la salle avec inquiétude puis se décala pour passer. Je remarquai qu'elle boitait légèrement.
« Hum… Tu veux que je t'accompagne ? » Proposai je.
Elle me regarda comme si elle m'avait vu pour la première fois et secoua timidement la tête. J'haussai les épaules et tentai de me trouver une place… Chose difficile puisque tout le monde me regardait avec ce même air hostile. En deux semaines, tout le monde s'était mis en mode « Newton et Stanley détestent Isabella Swan, vomissons tous sur Isabella Swan ! ». Ouais, si seulement on pouvait vomir du regard ! On se croirait au lycée, putain !
Pour la première fois de toute ma vie, je m'installai donc aux premiers rangs, là où personne ne voulait être et là où tout le monde se fiche de votre gueule. Mais au point où j'en étais, cela n'avait plus aucune putain d'importance. Au moins, je n'avais pas à les regarder faire esclandre.
Esclandre ! Ha ! Je suis une pute qui parle bien, on dirait !
Quelques minutes plus tard, la fille que j'ai renversée se plaça à ma droite. Je n'avais même pas remarqué que son sac défait était déjà sur la table d'à côté, toute à l'heure.
« Hum… Je suis… Angela » Me lança t elle avec un sourire hésitant.
Je me tournai vers elle, lui souris maladroitement avant de me sentir coupable.
« Et je suis… Désolée de t'avoir renversé. »
Elle étouffa un rire. « C'est rien. Ca m'arrive tout le temps. Ravie de te connaitre… Bella. »
Nous rîmes ensemble et nous arrêtâmes lorsque la classe devint silencieuse. Le vieux professeur Gerandy faisait vraiment peur à tout le monde mais au moins, ses cours étaient clairs et très détaillés. Ceci dit, les pas légers et énergiques qui claquaient sur le plancher ne laissaient en aucun cas suggérer que c'était le même vieil homme claudiquant et grincheux que nous attendions.
Je me retournai, intriguée, et vis…
« Oh, putain ! » Soufflai je, blanche.
Et si tous les élèves le suivirent des yeux de façon à la fois incrédule et admirative (surtout les filles), moi, j'étais juste… Horrifiée.
Il y avait un autre inconvénient à avoir une mère aussi frivole que la mienne… Les moments de gênes comme celui-ci. Où je me retrouvai face à un de ses anciens amants qu'on a du fuir. Un de ses anciens amants que j'avais particulièrement apprécié. Un de ses anciens amants qui me… Eh bien, qui me troublait au point de me faire comporter comme une petite fille modèle en sa présence. Merde.
« Bonjour tout le monde. » Commença t il avec sa voix de velours.
J'entendis des gémissements hystériques de toute part lorsque les filles comprirent qu'il allait nous faire le cours d'aujourd'hui. Je regardai avec incrédulité ce visage angevin familier s'animer d'un sourire chaleureux alors qu'il se plaçait derrière le bureau professoral. Il me semble que le temps n'avait pas d'effets sur cet homme injustement séduisant malgré ses quarantaines bien tassés. Il n'avait pris ni ride, ni cheveux blancs ni rien du tout… Il était juste le même, sauf que maintenant, il m'enseignait l'Anatomie Humaine et il n'allait pas tarder à se décomposer lorsqu'il remarquera que je suis une de ses élèves. Une de ses détestables élèves !
« Oh, mon Dieu, si seulement on pouvait étudier son anatomie à lui. » Couina Angela à mes côté mais j'étais trop livide pour répondre quoi que ce soit.
Notre nouveau professeur était en train d'écrire son nom au tableau. Son nom que je connaissais parfaitement.
Carlisle putain de Cullen.
« Je suis Carlisle Cullen. Je remplace ce bon vieux Gerandy jusqu'à la fin de l'année. Il faut croire… Que vous l'avez terrifié. Il a pris une retraite anticipée, sans aucun préavis. » Tout me monde rit à son entrée en matière, sauf moi. Je sentais que mes oreilles chauffaient. Gêne, angoisse… Malaise.
Carlisle avait fréquenté ma mère du temps où l'on était encore à San Diego, il y a trois ans. Bien sûr, je lui avais réservé mes attitudes de petite fille rebelle dès l'instant où je l'ai vu mais il ne s'en était pas formalisé. Contrairement aux autres amants de Renée, il ne me considérait pas comme une gêne dans leur relation. Il ne me regardait pas comme s'il était mon potentiel méchant beau père mais plutôt comme s'il était… Mon ami. Il me faisait de vraies conversations, de vraies plaisanteries et parfois même de vrais repas… J'avais rapidement été sous le charme mais Renée trouvait qu'il n'était pas assez riche pour songer au long terme. Lorsque j'ai protesté, elle a tout de suite décidé que l'on devait quitter la ville et que moi, je devais aller voir mon vrai père. Elle pensait sans doute que j'avais besoin d'affection paternelle…
Aujourd'hui, avec du recul, je savais qu'elle avait raison.
« Eh bien, quelqu'un veut il me résumer ce que vous avez appris ces deux derniers mois? »
Je vis presque la totalité des filles lever la main, voulant attirer l'attention de notre nouveau professeur et je me tassai sur ma chaise. Je n'imagine vraiment pas sa tête s'il en venait à croiser mon regard… Ma mère et moi… Etions parties si subitement, sans même lui dire au revoir (enfin, moi, je n'ai pas eu le temps de lui dire au revoir). Nous avons du lui laisser un souvenir bien amer.
Angela m'interrogea du regard mais comme elle vit que je n'étais pas disposée à expliquer, elle ne me dérangea plus le restant du cours.
Heureusement pour moi, le cours d'Anatomie Humaine était le cours le plus suivi de Pacific University, ce qui faisait donc que nous avions une salle en formation gradin remplie d'à peu près une centaine de personnes. Carlisle ne regarda jamais aux premiers rangs et j'en fus soulagée.
Lorsque le cours prit fin, je ne me rendis pas compte que je fus la première à me lever et évidemment… C'était une faute stratégique plutôt… Non stratégique.
« Isabella? » J'étais déjà dos à lui mais je devinai aisément son air incrédule, son froncement de sourcils.
Ce fut comme si le temps s'était arrêté. Mon cœur battait la chamade et j'avais fermé les yeux alors que j'hésitai entre deux marches.
Qu'étais-je censée dire ? Qu'étais-je censée faire ? Faire la sourde oreille ? Tout le monde l'avait entendu m'appeler !
Cette dernière constatation me fit grimacer et je rouvris les yeux… Pour m'apercevoir que tout le monde me regardait. Nom d'un chien !
« Euh… Mh. Oui, professeur Cullen ? » Bredouillai je en me retournant vers lui, serrant mon classeur contre ma poitrine.
Je savais que la pointe d'indifférence dans ma voix devait le choquer car il était tout sauf un étranger pour moi.
Je me souvins soudain d'un après midi à la plage, derrière la maison. Carlisle avait prévu d'emmener Renée au centre commercial mais celle-ci avait eu un empêchement de dernière minute. Il m'avait vu toute seule au bord de la mer alors nous avons discuté… Je lui avais avoué que je n'avais jamais fait de château de sable avec un vrai ami alors nous en avions fabriqué un avant de courir partout comme des gosses. Ce que j'avais omis de dire, c'était le fait que je n'avais jamais fait ça avec aucun de mes parents, non plus. Et en l'espace de cet après midi, j'étais juste… Retombée dans une enfance qui n'avait jamais été mienne.
« Il y a encore les polycopiés à distribuer, retournez à votre place, s'il vous plait. »
Je le regardais fixement en obtempérant… Il fronçait toujours les sourcils mais semblait s'être remis de sa surprise. Il distribua les polycopiés et je pus enfin sortir, non sans qu'il me lance des regards interrogateurs...
J'avais besoin de m'exprimer, de me confier, de parler tout simplement mais je ne savais pas à qui. Ma mère ferait une crise cardiaque si je lui disais que j'ai revu son ancien amant que j'adorais.
Et au final, je me retrouvai assise toute seule au starbuck, à ruminer ce fait : je n'avais pas eu de vrais amis depuis Carlisle. Comment avais-je fait exactement ? Avais-je oublié comment c'était ? M'étais je habitué à ces amis passagers ? Ces amis objets ?
Je soupirai, me passai nerveusement la main dans les cheveux… J'allais parfaitement bien. Avec ou sans amis, j'étais en bonne et due forme. Pas comblée, certes mais je me sentais… Bien.
« Je peux m'asseoir… ? Bella ? »
Je relevai la tête et vis Carlisle, tout souriant, dans son petit costume noir. Je fus surprise de revoir ce sourire chaleureux fendre ce visage si familier. Celui de mon vieil ami, dans tous les sens du terme.
Je ne pus m'empêcher de sourire à mon tour.
« Ce café est réservé aux étudiants, professeur Cullen ! » Protestai je faussement alors qu'il s'asseyait en face de moi.
Il haussa les épaules.
« Ce n'était pas spécifié à l'entrée. Cet endroit paraissait juste réservé aux gens cools et j'en fais partie. N'est ce pas ? »
Je pouffai de rire, la glace avait si facilement céder. « Pas mal, celle là ! »
« Merci. Alors ?» Il se frotta avidement les mains puis prit le menu. « Qu'est ce qu'on a là ? Hum… Tu devrais prendre une salade composée, un jus de fruit sans sucre, du poisson frit et… Tu auras droit à une coupe de glace, en dessert.»
Il me fit un sourire éclatant et je ne pus m'empêcher de le trouver beau. Cela m'avait dérangé, un temps, d'admettre que Carlisle était particulièrement bien foutu, vu comment il était vieux. Mais plus maintenant… J'avais appris à voir les choses comme elles l'étaient. A accepter les choses comme elles l'étaient. Et la beauté de Carlisle était un fait indiscutable.
« Désolée, le diététicien, j'ai déjà commandé un sandwich au poulet et un coca. » Repris je calmement.
« Je suis le médecin, Bella, tu devrais m'écouter. »
« Oui mais je ne suis pas malade alors… »
A ce moment là, la serveuse apporta ma commande et je lui souris en mordant dans mon sandwich. Ou dans mon moitié de sandwich.
« Tu devrais manger plus que ça, Bella… » Plaida t il en fronçant le nez. « Le Docteur Gerandy ne vous a pas enseigné l'utilité des apports nutritionnels, en classe ? »
« Le Docteur Gerandy est un fana de l'étiquette sociale, pourquoi est ce que je l'écouterais ? »
« Ah oui, c'est vrai » Concéda t il avec un sourire en coin. « Et toi, tu es une adolescente rebelle. »
« J'ai vingt ans, Carlisle. » Lui fis je remarquer.
« Bien sûr, bien sûr. »
Je souris à son ton paternaliste. C'était tellement Carlisle. Pas la peine d'avoir un débat argumenté avec lui… Je me contentai alors de finir mon sandwich et lorsque la dernière bouchée fut avalée, il me fixa avec insistance. Je me sentis un peu…
« Tu as faim. » Commença t il avec une voix grave que je connaissais parfaitement.
Et merde !
« Tu as faim et tu as besoin de commander quelque chose de bon. Steak. Frite. Pâtes. Fromage. Crevettes. Lasagnes. Mousse au chocolat. Sundae. »
…
« Tu veux manger et c'est ce que tu vas faire. »
Carlisle me tapota la main et voilà ! J'avais faim ! Il était impossible avec ça !
« Faudrait que tu me dises comment marche ton machin hypnotique, un jour ! » Bougonnai je en rappelant la serveuse.
« Je ne t'hypnotise pas, Bella. Je te prouve juste que tu as besoin de manger. » Sourit il.
« Ha ! Alors tu avoues que tu as fait quelque chose ! »
« Tu veux autre chose, Bella ? » Demanda la serveuse qui commençait à bien me connaitre.
Oui, je voulais beaucoup de chose maintenant, je mourais de faim… Merci à Carlisle et son don hypnotique.
« Ouais, euh, je voudrais une salade mexicaine, un milkshake banane, un steak cuit à point... »
« Non, un poisson frit. » Intervint Carlisle. Je lui lançai un regard mauvais.
« … Et un Sundae Fraise. » Ajoutai je. Carlisle roula des yeux.
« Eh bien, tu as de l'appétit, aujourd'hui ! » Commenta ma serveuse, tout en notant ma commande, un petit sourire aux lèvres. « Vous voulez le poisson frit, professeur ? »
Mince ! C'est vrai que Carlisle était mon professeur. Je déjeunais avec un professeur ! C'était interdit de sortir avec son prof, tout le monde sait ça… En plus, j'étais une garce matérialiste qui venait de plaquer Mike Newton. Merde ! Ma putain de tête était mise à prix !
« Oui, avec un smoothie mangue-fraise-orange. » Répondit Carlisle. « Avec un peu de chance, elle préférera ça à la place du steak et du milkshake. »
La serveuse sourit et partit derrière le comptoir. L'angoisse avait pris le dessus sur ma faim provoquée.
« Carlisle, tu te rends compte que tu es mon professeur ? » Lui reprochai je.
« Je l'ai toujours été, il me semble. » Il haussa les épaules. « Mais je suis surpris que tu ais choisi la médecine. Tu ne m'en avais jamais parlé. »
Je baissai les yeux, rougissant légèrement… Je vous avais dit que j'étais une putain de petite princesse avec lui. Mais je n'avais surtout pas envie d'avoir à lui expliquer pourquoi j'avais choisi de faire médecine. Je ne l'avais jamais dit à personne.
« Oui mais, là n'est pas le problème. » Répliquai je.
« Alors où il est ? »
« Eh bien… Tu sais que c'est interdit de… »
« De quoi ? » Reprit il nonchalamment.
« Quoi, quoi ? Tu ne peux pas être bête à ce point ? Regarde toi, regarde moi ! » Fis je avec un geste de la main un peu hystérique.
Il obtempéra et arqua un sourcil. « Et qu'est ce que ça veut dire ? Tu as l'âge d'être ma fille. Où est le problème ? »
Je lui fis les gros yeux, ahurie qu'il n'ait pas encore percuté.
« Tu ne devrais pas être là. » Lâchai je brusquement.
« Oh » Souffla t il incrédule. « Merci, moi aussi, je suis content de te revoir. »
Je soupirai. « Carlisle… Etudiante… Professeur… Interdit. » Lui expliquai je en nous pointant du doigt tour à tour.
« Et alors ? On s'en fout ! Toi et moi, on sait bien qu'on est amis. » Coupa t il, agacé.
« Mais les autres… »
« Les autres ? » S'exclama t il, outré. « Depuis quand est ce que Bella Swan se préoccupe de ce que disent les autres ? »
Je pouffai de rire malgré moi… Ouais… Depuis quand est ce que Bella Swan se préoccupe de ce que disent les autres ? …
« Depuis qu'elle n'est plus un adolescente rebelle ? » Souris je.
Il pouffa de rire et je ne pus m'empêcher de me sentir soulagée. C'était complètement dingue de retrouver Carlisle après trois ans et se parler comme ça comme si de rien n'était… J'ai du changer, je suppose mais lui, il était toujours le même. En fait, de nous deux, il était sûrement l'adolescent rebelle… Celui qui ne vieillissait jamais.
Nos commandes arrivèrent à notre table et je lorgnai légèrement sur son smoothie.
« Alors, ma belle ? Dis moi ce que tu deviens ? » Sourit Carlisle en mettant les avant bras en appui sur la table. « J'ai failli ne pas te reconnaitre sans tes teeshirt noirs et tes bracelets à clous. »
« Oh, la ferme. Je n'en ai jamais porté et tu le sais. » Dis je en roulant des yeux.
« Tu écoutes toujours les Guns and Roses ? »
« Je n'ai jamais écouté Guns and Roses. »
« AC/DC alors ? »
« Tu sais que commence à parler comme un vieux, Carlisle. » Me moquai je.
« Oh, attends, j'ai d'autres références… Les Kill it in cage! »
J'éclatai franchement de rire.
« Bien essayé, mon vieux, mais ce sont les Killswitch Engage. »
« Argh, j'étais pourtant sûr que je l'avais ! »
Nous rîmes encore une fois et je m'attaquai sans m'apercevoir à mon steak. Je devais vraiment mourir de faim dans mon subconscient !
« Hum… Je vois que tu vas dévorer ton plat. Et si je te posais des questions à réponse rapide. Comme ça, tu ne seras pas en retard pour ton prochain cours et tu pourras tout finir. »
J'acquiesçai vivement, la bouche plein de nourriture, le faisant rire.
« Alors… Depuis combien de temps tu es ici ? »
« Trois mois. » Répondis je en deux cuillérées (ça se dit fourchettées ? Je mange la salade).
« Tu te plais ici ? »
« Non. »
Il grogna.
« T'as été où avant ? »
« Phoenix puis Denver. »
« La raison du déménagement de Phoenix ? »
« Renée. »
Il tressaillit légèrement à son prénom et je lui offris un regard d'excuse. Apparemment, il ne voulait pas en parler. C'était pourtant un sujet inévitable, selon moi.
« Et Denver ? »
« Même chose. »
«T'as une voiture ? »
« Chevrolet Camaro 2010. » Souris-je en buvant un peu de mon milkshake.
« Excellent modèle… Tu as un chien ? »
« T'fous pas de ma gueule ! »
« Désolé. » S'esclaffa t il. « Euhm… Un petit ami alors ? »
« Plaqué. »
C'est fou ce que Carlisle avait du mal à dissocier les chiens des petits amis. Cela me rappelle quelqu'un…
« Des amis proches ? »
« Toi. Les livres. Mes écouteurs. »
« Tu m'envois flatté… Et quelque peu déçu. »
« Quoi ? Tu n'aimes pas que je fréquente des vieux ? » Me moquai je. J'avais fini la salade et la moitié de mon steak.
« Non, ça te fait vivre comme une vieille. »
« Les vieilles n'ont pas d'écouteurs, Carlisle. »
Il grimaça, pas très convaincu…
« Très bien, Très bien. Qu'est ce que j'ai raté d'autres en trois ans ? Fais moi un résumé, comme ça, je saurais tout. » Reprit il.
« Pas grand-chose. J'ai pris deux centimètres, trois kilos… »
« Faux. T'es plus maigre »
Je roulai des yeux.
« J'ai arrêté les cours de guitare, me suis enfin percé les oreilles et… Euh… J'ai un tatouage. »
« Tu quoi ? » S'étrangla t il. « M-Montre moi ça ! »
Je fronçai les sourcils face à sa réaction. Il avait l'air… Paniqué.
« Hors de question. Je ne le montre qu'aux gens cools et ton attitude prouve clairement que tu ne l'es pas, alors… »
« Bella, qu'est ce qu'il t'a pris de faire ça ? Tu sais que c'est dangereux ? » Me sermonna t il.
« J'ai fait ça dans un institut très clean, t'inquiète. Ca m'a couté au moins cinq cent dollars pour me le faire faire, l'aiguille était à usage unique, l'encre ne contenait pas de plombs et on m'a carrément faire prendre une douche à l'alcool. » Plaisantai je. « Je ne le regrette pas. » Repris je plus sérieusement
« Pas encore. » Gronda t il. « Où se trouve ce tatouage? »
Je soupirai. Carlisle était un trop bon médecin pour être un ami super cool alors je n'allais tout simplement pas lui faire faire une crise cardiaque. Je croisai mes bras devant ma poitrine et le regardai sévèrement. Il céda le premier.
« D'accord, Bella… Passons. Je suppose qu'un coup de laser s'imposera dans cinq ou six ans…»
« Hey, j'ai un tatouage et il n'est pas sans signification ! » Me plaignis je, vexée.
« Ah oui ? Alors dis-moi au moins à quoi ça ressemble ? »
« C'est… Un petit symbole celte avec… Mon prénom. » Bredouillai je, surprise par sa réponse.
Carlisle parut étonné. Mais il s'attendait à quoi ? Un dragon dessiné sur mon bras gauche ? Un papillon sur le bas de mon dos ? Un kanji sur les fesses ?
« Je suppose donc que c'est un petit cercle à arabesque ? » Devina t il avec un sourire léger.
« Avec mon prénom, je l'ai dessiné moi même. Mais ne compte pas sur moi pour te le montrer. » Lui dis je plus sèchement que je ne le voulais. Automatiquement, ma main alla rejoindre l'emplacement du tatouage : derrière ma nuque.
Carlisle sourit encore et je sus qu'il avait deviné…
J'avais fini mon plat. Il n'avait pas touché au sien. Un silence gênant s'installa alors entre nous. Je regardai instinctivement ma montre… Il était encore tôt. Trop tôt pour que je fuis ce nouvel atmosphère mais Carlisle semblait à cours de questions et je n'étais pas sûre d'avoir des choses à lui demander. Je n'avais jamais eu à faire à un ami revenu d'entre les morts, encore moins à un ami de quarante six ans qui parlait comme un ado. Bien sûr, je pouvais parler des raisons de notre départ mais je n'étais pas sûre que parler de ma mère lui ferait du bien. Il était ici en tant que mon ami. Pas en tant que mon ex-futur-beau-père.
« Tu vas le manger, ça ? » Lui dis je finalement en indiquant son poisson intact.
« Tu as assez mangé pour deux, je crois. » Sourit il.
« Ouais, ben, tu ne penses pas que je devrais manger plus au cas où tu ne me verrais pas dans les prochains jours ? » Plaisantai je.
« Bella, pourquoi est ce que tu ne m'as jamais recontacté ? » Demanda t il de but en blanc.
Je baissai les yeux, perturbée. Je ne pensais pas qu'il allait aborder ça de manière si… Brutale.
« Je… »
« Si c'est parce que Renée a rompu avec moi, ce n'est pas une excuse. »
« Si, c'en est une. » Marmonnai je dans une barbe que je n'avais pas.
C'en était une parce qu'elle n'aimait pas que je m'attache à quelqu'un comme Carlisle et à son compte bancaire qui n'avait pas assez de zéro! Mais j'ai été bête… J'avais la carte de visite du Docteur Cullen bien enfoui dans ma boite à souvenirs marqué « San Diego », sous mon lit.
« Bella, je croyais que nous étions amis ! » S'offusqua t il. « Pour ma part, tu étais déjà comme ma fille. J'étais mort d'inquiétude à ton sujet et je ne sais pas combien de fois j'ai du agacé Renée pour avoir de tes nouvelles ! »
Je grimaçai puis déglutis difficilement, à la fois touchée et choquée de sa confession. Bien sûr que Renée ne m'a rien dit. Je ne devais pas m'attacher à Carlisle. Mais je suis tout de même surprise qu'il ait eut l'audace de recontacter la pour moi. Savoir qu'il me considérait comme sa fille me déstabilisa un peu, beaucoup… Et lorsque je relevai les yeux vers lui, je pus voir à travers son masque de froideur qu'il était en colère. Carlisle paraissait tellement adulte lorsqu'il se fâchait… Je devrais peut être le considérer comme tel, de temps en temps.
« Je sais, Carlisle… C'est juste… »
« J'aimais ta mère. Elle te l'avait dit ? » M'interrompit il, le regard douloureux.
« Quoi ? » Fut tout ce que je trouvais à dire.
Il sourit légèrement mais il exprimait plus d'amertume que de joie.
C'était quoi ce bordel ?
« J'ai… Je suppose que j'ai mérité qu'elle ne te l'ait pas dit, à l'époque. Elle avait fui à cause de moi et c'était compréhensible. »
Ma bouche s'ouvrit grand, prête à contester cette horrible profanation mais il me prit de court en expliquant tout de suite :
« J'avais beaucoup de problèmes lorsque j'ai rencontré ta mère, tu sais. Je n'ai… Pas toujours été comme je le suis à présent. »
« Peut être mais cette garce ne te mérite pas ! » M'indignai je.
« S'il te plait, ne parle pas comme ça de ta mère. » Soupira t il, las.
« Mais, tu ne sais même pas ce qu'elle avait en tête lorsque… »
« Je sais ce qui l'intéresse, Bella, ce qui la motive et je ne peux pas lui en vouloir. Ta mère est juste… Ambitieuse. »
« Dire qu'elle est juste ambitieuse est un euphémisme. » Grommelai je. Je détestais qu'il prenne cette voix toute douce pour parler de Renée comme si elle était… Enfin, peu importe !
Un rire amer secoua Carlisle alors qu'il fronçait les sourcils.
« Qui voit-elle en ce moment ? » S'enquit-il, le regard fixé sur le plastique laminé de la table.
« Jenks. » Crachai je, acide.
« Je vois que ce n'est pas un de tes meilleurs amis. »
« Il croit que l'Escherichia coli est un nouveau groupe de rock. » Lui appris je avec un regard mauvais.
Il éclata d'un rire franc et l'évidence me frappa immédiatement: le plan anti-Jenks… Il était juste devant moi ! C'était… Un coup du destin ! Putain, pourquoi n'y avais je pas penser dès que je l'ai vu ? On est super potes, il est trop canon pour ma mère et il est…
« Et si tu me disais ce que moi, j'ai raté en trois ans ? »
Genre… As-tu finalement obtenu une voiture pour tes randonnées, un coupé pour tes promenades en ville, une berline pour aller à ton boulot ?
As-tu obtenu deux zéros de plus sur ton compte bancaire ou un truc dans le genre ?
T'aurais encore envie de ma mère ?
Ouais, j'étais une salope entremetteuse très chère payée !
« Les vieilles personnes ne se plaignent pas aux plus jeunes, Bella. Et puis, à dix sept ans, t'as déjà raté une bonne partie de mon histoire. C'est assez compliqué. » Répondit il calmement.
Ca, c'est vrai. Je savais juste qu'il était divorcé et qu'il avait d'autres enfants… Deux filles, d'après ce que j'ai entendu de ses conversations avec Renée. Mais je ne savais rien d'autre. Et je comptais bien y remédier.
« Accepterais-tu alors de diner avec moi pour me raconter l'intégralité de ton histoire ? » Lui proposai je.
« Ce serait avec plaisir. »
« Ce soir ? » Insistai je.
« Tu as peur que je m'enfuis ? » Railla t il.
« Aïe. »
« Ce soir, d'accord. Où veux-tu diner, Bella ? »
« Comme je t'ai invité et que je ne suis pas capable de te payer un repas à quatre cent dollars le plat, je pensais plutôt à chez moi. » Répliquai je sur un ton calculateur.
Il me fixa, suspicieux. Carlisle était peut être un adulte presque 'has been' mas il était loin d'être bête.
« Avec Renée. » Fit il. Ce n'était même pas une question, c'était une constatation…
« Ouais. Tu ne veux pas la revoir, je suppose. » Dis je avec une fausse moue boudeuse.
« Elle ne veux pas me revoir. Si elle est partie de la ville, il y a une raison, tu sais. Et je n'ai pas tellement envie de me montrer persistant ou autre… Tu vois, c'est… Hm. Tu comprendras… »
Ce. Mec. Est. Complètement. Accro. A. Ma. Mère.
Comment avais je fais pour ne pas le voir ? Quel genre d'homme adorerait parler autant avec la fille de sa maitresse ? Etais je aussi bête à dix sept ans ?
Tu étais trop obsédée par l'idée de faire ton premier château de sable, c'est tout !
« C'est juste… Un diner entre amis. Je vais lui en parler d'abord et si elle ne veut pas… Eh bien, elle ne sera pas là. » Lui promis je.
« Bella. » Souffla t il, peiné.
« Je l'appellerai d'abord. » Répétai je, insistante.
Il soupira, se saisit l'arête de son nez puis me regarda franchement dans les yeux.
« Est-ce que quelqu'un t'a déjà dit non lorsque tu l'invite à diner ? » Se moqua t il.
« Tu serais bien le premier, Carlisle. » Riais je.
« Bon, très bien. Donnes moi juste ton adresse et… Je viendrais aussitôt que j'aurais terminé mes services. »
« Oh ? Tu travaille à l'hôpital ? » M'enquis je, étonnée.
« Faut bien que je pratique si je ne veux pas perdre la main. » Sourit il.
Quelques minutes plus tard, j'écrivis mon adresse sur un papier et le lui donnai. Et après lui avoir assuré une dernière fois que j'appellerais ma mère pour demander son avis, je courus pour rejoindre mon cours de l'après midi.
Bien sûr, il était hors de question que je prévienne Renée.
~o0IMS0o~
Hum… Je sais pas vous mais moi j'adore Carlisle ! x)
Alors... Je vois déjà d'ici les « Où est Edward ? » écrits sur vos panneaux fluorescents… Oh mais où est Edward? Bon. Je me tais pour laisser un faux suspens, même si je sais que plus de la moitié d'entre vous a déjà deviné où il est. :D Et alors... Et alors j'ai décidé que dans pas longtemps (Chapitre 3 ou 4, ça dépend de comment je vais finir le 3.), j'ai décidé que l'on verrait Edward. Sa gueule d'ange et tout. Mmmmh... Faut que je me dépêche d'écrire ça. Et aussi d'écrire le chapitre 7 de "Permis de conduite". Encore désolé pour ce retard.
Reviews?
A bientôt mes cocos.
Areka
