Disclaimer : Les personnages appartiennent bien sûr à Stephenie Meyer, seule cette pauvre fiction est à moi.
Titre : Money talk
Genre : Drama/Family/Romance, rated M pour langage cru et/ou plus, OOC Flagrant.
Résumé : L'argent. Le Sexe. L'argent. Le sexe. Et rien d'autre. Aurais je du comprendre ? Aurais je du l'accepter ? Peut être n'aurais je pas du ouvrir mon cœur pour qu'ils me poignardent et me saignent tour à tour… ? +18, langage cru et/ou plus.
Note de l'auteur:
Hey, hey, hey! Quoi de neuf mes cocottes? J'espère que vous allez bien parce que je vous offre aujourd'hui un nouveau chapitre, très long, très pleins de bons et de mauvais trucs (surtout de mauvais trucs en fait mais ne me tuez pas!). Un grand merci à toutes celles qui m'ont commenté, je crois que je vous ai tous répondu par MP. :) Merci aussi à celles qui me mettent en Alerte et favorite. Ne soyez pas timide car c'est tout qui nous motive, vous savez. :)
Réponse à Lily: Je suis heureuse que tu aimes la relation entre Bella et Carlisle. Je suis toujours pour le gentil docteur Cullen! Je déteste les fics qui l'avilissent... Carlisle est cool! Qui peut se vanter d'avoir un papa comme ça? Et oui, Bella devient une paria mais on n'a pas encore tout vu. Quant à tes questions pour Edward... Je pense que ce chapitre devrait d'éclairer un peu plus.
Bonne lecture les filles
~o0IMS0o~
Money Talk. Car tout a un prix.
Voici celui de l'impulsivité.
~o0IMS0o~
Chapitre 3
Il y avait certaines choses que je savais. Et d'autres que je ne savais pas. Mais tout ce que je savais en mettant un pied à l'appartement était que ça allait être… Une. Putain. De. Soirée.
Jenks !
Qu'est ce qu'il fout ici ?
« Tiens, t'as l'air surprise de me voir. » Me lança t il alors que je déboulais dans le salon.
« Surprise est un bien grand mot. » Marmonnai je avec mauvaise humeur.
Puis je me figeai en découvrant une autre tête à côté de l'avocat du diable. Une tête aux longs cheveux blonds.
« Oh. Bella… Je te présente mon fils, James. » Sourit mielleusement Jenks.
Le dit James se leva et me fit face. Il portait une chemise noire, un jean et des santiags. Histoire de faire décontracté, j'imagine ?
« Salut Bella. » Retentit la voix grave de Jenks Junior. « Mon père m'a beaucoup parlé de toi. »
Ses yeux bleus électriques parcoururent rapidement mon corps et je remarquai tout de suite ce même air concupiscent et pervers que Jenks Senior affichait à chacune de mes apparitions. Je dus me tenir sur le fauteuil devant moi pour ne pas aller lui arracher les couilles et les lui faire bouffer en l'obligeant à mâcher. Quelle bande de connards ! Quand bien même ses cheveux blonds soigneusement noués en catogan voulaient suggérer que c'était un gentleman, je pouvais voir clairement dans son jeu.
« Ah, chérie, tu es là ! » S'exclama ma mère en me serrant dans ses bras.
Moi, j'étais raide comme un piquet. Je fusillai Jenks et Jenks du regard.
« Alors. Nous avons pensé à une sortie à quatre. Qu'est ce que tu en dis, chérie ? » S'enthousiasma ma mère, habillée d'une robe rouge plutôt courte.
Je réagis enfin et lui jetai un regard écœuré. « Tu ne crois sérieusement pas que je vais sortir avec James ? » Crachai je, venimeuse.
Ma mère écarquilla les yeux et s'apprêta à me gronder pour mon ton impoli. Oh que non !
« Faites ce que vous avez à faire. De toute façon, j'ai autre chose de prévu. » La contrecarrai je rapidement.
« Hum. Oh ? Et qu'est ce que tu as prévu ? » Intervint Jenks père avec un sourire en coin.
Je me tournai vers lui en lui offrant mon regard le plus hostile que j'ai en réserve.
J'ai prévu… De t'arracher la tête avec une pince à épiler géante, de le donne à bouffer à ton imbécile fils, d'arracher ensuite la tête de ton fils avec la même pince à épiler géante et ainsi de suite jusqu'à la génération suivante. Voilà. Ce. Que. J'ai. Prévu.
« J'ai invité un ami à diner à la maison. » Dis je calmement.
« Oh. » Fit ma mère, un peu déçue. « Quel ami ? Mike ? »
« Mike n'est pas un ami. » Persifflai je.
Puis une idée germa dans mon esprit tordu… Enfin, ce n'était pas tellement une idée tordue étant donné que c'était tellement évident. J'allais être une putain de super salope avec eux mais cela en valait foutrement le coup…
« Mais si vous voulez, vous pouvez toujours vous joindre à nous. Je cuisinerai. » Souris je soudain, de la manière la plus innocente qui soit. Mon attitude était tellement fausse que ça ne marcherait qu'avec les débiles mentaux.
« Oh, mais c'est une excellente idée ! » S'extasia ma mère en tapant dans ses mains.
Vous voyez ?
« Mais… Bébé. Nous avons déjà réservé chez Harper, je crois qu'il serait vexé si nous annulions. » Protesta Jenks.
« Roh ! Qu'il aille se vexer en enfer, ce n'est pas tous les jours que Bella propose gentiment de faire la cuisine. Cela doit être un ami important, n'est ce pas, chérie ? »
Tu n'as même pas idée, Renée.
« Oui, c'est un… Très vieil ami. Mais ne vous dérangez pas pour moi. » Feignis je.
« Moi, j'aimerais bien rester et gouter la cuisine de Bella. » S'imposa Jenks fils.
Et j'eus bien l'impression qu'il n'y avait pas que ma cuisine qu'il avait envie de gouter…
Jenks Père eut l'air à la fois surpris et émerveillé.
« Parfait, dans ce cas ! » Céda t il en levant la main dans un geste de résignation. « Dinons avec Bella et son ami ! Nous n'aurons qu'à passer chez Harper en fin de soirée. Son fils vient de rentrer et il voulait fêter ça avec nous. »
« Oh ? Ah oui… Bella, tu viendrais avec nous ? Nous pourrions juste commander des desserts, non ? »
« Tant que l'on dine avec mon ami, tout me va. » Répliquai-je en ricanant intérieurement.
Je m'éloignai vers la cuisine pendant qu'ils discutaient et sortis du frigo de quoi préparer des lasagnes, ma spécialité. C'était vraiment dommage que je ne puisse pas empoisonner le repas sans risquer ma vie mais au moins, je savais que j'allais empoisonner cette soirée de merde !
Je m'attelai donc à ma tâche et râpai plus de fromage que nécessaire, priant de toutes mes forces pour que Jenks fils et Jenks père aient une intolérance au lactose, genre un truc vraiment mortel.
Je fus bien déçue lorsque Jenks Fils s'approcha du plan de travail pour prendre un morceau de gouda au cumin et le grignoter. Pas de suffocations. Pas de flatulence. Pas de renflement. Rien. Dommage.
Comme notre maison était d'un style américain classique, toute les pièces étaient presque en connexion, avec des arcades et des murs stratégiquement placés pour que je puisse apercevoir la salle à manger, le salon et même un petit bout du vestibule depuis la cuisine. Et en l'occurrence, j'étais obligé de voir Renée et Jenks se rouler une pelle monumentale sur le canapé du salon.
Je fus tirée de ce spectacle dégueulasse par un mouvement de James.
Quels parents pouvaient appeler leur enfant James Jenks, franchement ? Ce n'était pas un nom, c'était une punition !
« Mon père avait raison, t'as un joli p'tit cul. » Commenta James avec un sourire pervers.
J'en eus des frissons de dégoût mais je ne répondis pas. Il allait bientôt être foutu dehors de toute façon. Carlisle allait prendre la place de son père. Je ferai tout pour. Carlisle allait arriver. Il me sortira de ce guêpier.
« Il m'a aussi dit que t'as une grande gueule. » Continua t il tout en me détaillant. « Mais ça me dérange pas. C'est un caractère prometteur et puis, j'ai une muselière au cas où tu mords, quoi que je m'en plaindrai pas je suppose. »
« Tu ne veux pas aussi me demander en mariage, en passant ? » Crachai je en plongeant mes pâtes dans l'eau bouillante.
Il inclina la tête de côté et sourit narquoisement.
« J'ai entendu dire que tu te faisais baiser par le fils Newton depuis quelques semaines. C'est vrai ? »
Je me retournai si brusquement vers lui que j'entendis mon cou craquer sous le choc. Bordel de merde ! Il s'intéressait aux ragots d'une fac guindée maintenant ? Qui lui avait dit ça ?
« Oh n'ais pas l'air si offensée, chérie. Je suis récemment devenu l'avocat de la famille Newton et je suis comme un grand frère pour Mike. Il m'a tout dit sur toi. Et quand je dis tout, ça comporte aussi tes… Hum. Manière de catins. Tu l'as plaquée j'imagine ? »
Mike ! Il lui avait dit ! Il lui avait… Merde ! Ce mec allait se faire émasculer, demain ! Comment osait il ?
Je te signale que c'est toi qui a cherché à le séduire histoire de te protéger. Me souffla ma voix intérieure.
Ouais ben, merci Bella Culpabilité, maintenant passe moi Bella la Garce !
Je soupirai.
Merde. Putain. Et re-merde !
Mes doigts se crispaient alors que je préparai sauce tomate et la viande hachée précuite, les mettant à cuire dans une grande casserole.
Je n'avais pas envie d'entendre ce que Mike lui avait dit. Je savais que cela me blesserait. Quand bien même c'était moi qui était allé le chercher. Je ne voulais pas. Quelle fille apprécierait que son ex ait parlé d'elle derrière son dos et surtout d'une manière aussi dégradante?
Mais il me sembla que James remarqua ma détresse et il fit exactement l'opposé de ce que je souhaitai. Il se leva, se plaça derrière moi et se mit à me chuchoter à l'oreille.
« Mike a dit… Que tu avais une putain de chatte foutrement humide et serrée. »
Mes mâchoires se contractèrent violemment alors que j'essayai de rester stoïque à ces mots. Tant qu'il gardait une certaine distance… Je ne risquais rien. Il fallait que je reste calme. Pour Carlisle. Lorsque Carlisle sera là, tout ira bien. Tout ira mieux. Il sera tellement bien que ma mère ne verrait que lui. Et puis, il y aura quelqu'un pour veiller sur moi…
Carlisle sera là. Pour moi.
« Ce petit veinard a vraiment du prendre son pied avec toi. » Rit James à mon oreille. « Il m'a également dit… Que tu aimais chevaucher les grosses queues. »
Carlisle allait venir. D'une minute à l'autre.
« On pourrait s'y mettre dès ce soir si tu veux. T'en dis quoi ? »
Il n'y avait aucune raison de me sentir menacée. Carlisle était comme un père pour moi, et il liquidera Jenks Senior et Junior s'ils osent faire ou dire quoi que ce soit qui me blesserait. N'est ce pas ?
« Non ?… Oh, je vois… Tu veux du liquide comme ta mère, c'est ça ?... Hum… Mille dollars ? » Proposa t il. Je restai silencieuse. « Non ? Deux milles alors ? »
Je serrai très fort la cuiller en bois, faisant semblant de touiller le contenu de la casserole.
Pense à sa tête lorsqu'il se fera rétamer par Carlisle.
« Bon, on va pas y passer la soirée… Cinq mille dollars et je veux la totale. C'est assez? Mon père paye la moitié à ta mère après chaque nuit. »
« … »
Ma colère… Etait… Aveuglante.
Sans même m'en apercevoir, je compris une demi-seconde trop vite qu'il avait posé ses mains de part et d'autre de ma hanche, un râle, un frottement et la casserole brulante se retrouva sur sa main posée à ma gauche.
Il cria, tomba à terre et je renversai avec une joie malsaine la sauce tomate encore bouillante sur sa queue dressée.
Renée et Jenks accoururent mais il était déjà trop tard. James hurlait déjà de douleur, sur le sol de la cuisine, barbouillé de l'épaisse mixture rouge.
« Bella, mais qu'est ce que tu as fait ? » Hurla ma mère alors qu'elle se tenait la tête entre ses mains, complètement affolée.
Jenks père était penché sur son fils, livide, ne savait apparemment pas quoi faire. Finalement, il tira sur la boucle de ceinture de James et je compris qu'il allait le déshabiller. Beurk. Faut que je quitte les lieux.
« Oh, ne pense surtout pas que tu vas t'éclipser comme ça. Petite garce ! »
C'était Jenks Senior, et je ne l'avais pas vu se relever. Il tenait à présent fermement mon petit bras, me cassant presque les os, tellement sa poigne était serrée. Je grimaçai, les larmes aux bords des yeux, cherchant une quelconque échappatoire. Cela me faisait mal au-delà des mots mais la douleur physique ne fut rien comparée à ce que je ressentis lorsque je trouvai le regard de Renée. Elle avait l'air… Furieuse contre moi. Dégoutée. Honteuse. Déçue.
Putain.
Je recherchais une putain d'aide, un putain d'instinct maternel dans ses yeux parce que son imbécile d'amant me faisait mal et c'est tout ce à quoi j'ai droit ? De la déception ? Sérieusement ?
Non, je ne pleure pas de tristesse, je pleure de rage !
« Renée, appelle les urgences. » Ordonna froidement Jenks. « Moi et ta fille, on a des choses à se dire. »
« … »
Je pensais que Renée ne pourrais jamais me blesser plus qu'elle ne l'avait déjà fait.
Je pensais savoir où étaient ses limites.
Mais comme je le disais, il y avait certaines choses que je savais. D'autres que je ne savais pas. Et à l'instant, je ne savais pas à quel putain de point Renée avait regretté de m'avoir eu comme fille. Tous les bons souvenirs de ma mère partirent en fumée dès l'instant où elle me tourna le dos pour obéir à ce porc et sauver ce fils de pute.
Et cela me fit foutrement mal.
Jenks me jeta férocement sur le canapé du salon avant de me mitrailler du regard.
« Sale connasse, pourquoi tu n'as pas juste écarté les jambes à la demande, hein ? Tu te crois différente peut être mais laisse moi te dire une chose, ce que tu as fait, ce soir, cela ne restera pas sans conséquence et crois moi quand je te dis que je vais te pourrir la vie ! » Il saisit violemment mon menton, enfonçant ses doigts osseux dans ma peau. « Je crois que tu n'as pas encore réalisé que personne ne veut de toi ici, hum ? Regarde ta mère. Elle est quelque chose, et toi, t'es tellement rien. Et je vais définitivement te réduire à néant dès que James sera sur pieds. »
Je lui crachai instinctivement au visage et le coup partit tout seul.
Je n'avais jamais été frappé par un homme. Quand bien même mon père se fichait de moi, il n'avait jamais osé lever la main sur moi. Et cela fit juste l'effet que cela fit : une douleur atroce, l'impression que ma mâchoire allait valdinguer de l'autre côté de la pièce. Je me sentis sonnée, déséquilibrée. C'est sûr, je l'avais vraiment senti passer.
Où était ma mère ? N'était-elle pas censée être là ? Pour me défendre ? Pour m'éviter à endurer ça ? Où était ma putain de mère ?
« C'est ça, pleure salope ! Et estime toi heureuse que l'on ne soit pas seuls sinon, t'aurais pris plus cher que ça. »
Je ne réalisai même pas l'horreur de ses paroles. Tout ce que je voulais comprendre, c'était comment une mère pouvait laisser ça arriver à sa fille ? Comment une mère pouvait laisser un monstre pareil approcher de leur foyer ? Comment faisait-elle pour ne pas réagir à ces paroles ? L'argent était il si indispensable ? Étais-je supposée payer en nature pour tout ce confort que l'on m'offrait ? Pour tout ce que l'on nous offrait ?
Un cri suraigu interrompit le fil de mes pensées douloureuses.
Renée. Qu'est ce qu'il se passait ? Tout était flou devant moi et je devinai aisément que l'on ne m'avait pas frappé qu'une seule fois. J'étais comme plongée dans un brouillard intense et le cri de Renée m'avait réveillé. Oui, j'étais inquiète. Ma mère ne criait pas. Pas de cette façon, du moins. J'étais inquiète pour cette salope parce que putain, c'était encore ma mère dans ma petite cervelle de merde. J'allais me lever pour la retrouver mais je fus violemment happée et rejetée en arrière avant d'être traitée de salope une nouvelle fois.
Mais cette fois ci, quelqu'un réagit et il y eut beaucoup de vacarmes.
« Qu'est ce que tu lui as fait, sale fils de pute ? »
« Carlisle, je t'en supplie, ne te mêle pas de ça ! »
« Mais t'es qui toi, est ce qu'on t'a invité, loser ? »
Deux hommes étaient en face de moi, ils se fusillaient mutuellement du regard, les poings serrés, et Renée se tenaient entre eux. Carlisle était venu finalement. Pour moi.
Alors je fis la seule chose que je fus capable pour que Carlisle ne s'abaisse pas au niveau de Jenks : je me levai, trébuchai et atterris doucement sur un torse rassurant et des bras qui me soutinrent.
« Papa. » Murmurai je assez fort que ma mère devienne livide et que Jenks recule d'un pas.
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J'avais chaud. Je crevais foutrement de chaud et ce n'était pas normal. On ne pouvait pas crever de chaud à Seattle. Je me retournai et rencontrai une douleur atroce au niveau de ma poitrine. Putain. J'ai encore dormi avec mon soutien gorge !
Alors que je glissais ma main sous ma chemise pour me débarrasser de mon sous vêtement, je me sentis un peu à l'étroit… Je portais aussi un jean. Sérieusement ?
J'ouvris alors les yeux et ce fut un choc de rencontrer des murs gris, un lustre en cristal luxueux ainsi qu'une baie vitrée à mon réveil. Où étaient passés mes murs couleur saumon, mes rideaux blancs et ma putain de coiffeuse en bois de cerisier ?
Je me redressai sur ce qu'il me semblait être un lit king size tout en essayant de me rappeler les évènements de la veille.
Bon déjà, je n'avais pas bu. Mais cela restait à vérifier vu ma migraine atroce. Je passai machinalement une main sur mon visage et grimaçai en rencontrant une douleur incongrue au niveau de ma mâchoire.
Et ce fut le déclic… Jenks. James Jenks. Les chuchotis. La sauce tomate. Les insultes et les coups. Cela a vraiment eu lieu ? Tout ça… C'était vraiment arrivé ?
Et comme pour répondre à mes questions, la porte de ma supposée nouvelle chambre s'ouvrit doucement, laissant passer la tête blonde de Carlisle par l'entrebâillement. Son visage s'illumina d'un petit sourire et je sentis une boule dans ma gorge alors que j'essayai piteusement de lui rendre son sourire.
« Ça fait longtemps que tu es réveillée ? » Me demanda t il, légèrement inquiet.
« Non, il y a juste cinq minutes. Ne reste pas là, entre. » L'invitai je, comme si j'étais chez moi.
Clairement, j'étais chez Carlisle.
Il entra et vint s'asseoir aux rebords de mon lit avec une moue compatissante.
« J'espère que tu ne m'en voudras pas de t'avoir ramené chez moi, Bella. Je ne comptais pas… »
« C'est rien, Carlisle. » Le coupai je directement en voyant là où il voulait en venir. « Enfin, je veux dire, ce n'est pas rien. C'est beaucoup plus que tu n'aurais du faire. Je… Merci. Tu as fait ce qu'il fallait. »
Je triturais nerveusement la couette couleur argent au dessus de mes genoux tout en baissant le regard. Je n'aimais pas beaucoup me montrer vulnérable… A qui que ce soit. Car je ne l'étais pas. J'étais loin d'être fragile. Et personne n'était près de me briser.
« Bella. Ce qu'il s'est passé hier soir… »
« Je sais ce qu'il s'est passé, hier soir. » L'interrompis-je à nouveau. « Et ce n'est rien, je t'assure. Je vais bien. »
« Bella… » Soupira t il d'une voix douloureuse et pleine de compassion. « Bella, s'il te plait. Arrête ça une seconde. Tu n'as pas à jouer les femmes fortes… N'importe qui aurait été secoué après tout ça. »
Je ne voulais pas me montrer secouée, non plus. Je n'étais pas fragile.
« Je vais bien, Carlisle. » Répétai je. « Je voudrais juste… Est-ce que je peux rester un moment chez toi ? Je ne pense pas que ma mère aurait envie de me revoir après ce que j'ai fait à son pseudo couple. » Tentai je de plaisanter, les yeux toujours baissés.
Mais je savais que Carlisle allait réagir à ça. Il me prit les épaules, les pressa légèrement et me forçat à le regarder dans les yeux.
« Bella, comment peux tu songer une seule seconde à te culpabiliser pour ce qu'il t'est arrivé ? »
Ses yeux bleus profonds étaient remplis de colère, de douleur et d'incompréhension et je lui offris un pauvre sourire suivi d'un haussement d'épaules.
« Tu peux rester autant que tu le veux, chez moi. Jamais je ne permettrais à Renée de te faire du mal à nouveau comme ça. » Reprit il avec froideur.
Au nom de Renée, je me redressai vivement. Oh merde, oui, mon plan !
Putain, comment est ce que je pouvais encore penser à ça, je n'en sais rien mais je savais que je ne pourrais pas vivre éternellement en évitant ma mère.
« Tu as parlé avec Renée ? »
Il fronça ses sourcils face à mon intérêt soudain.
« Je lui ai dit ses quatre vérités entre autres choses, oui. » Répondit il, sceptique.
Mes épaules s'affaissèrent. « Quel genre de choses ? »
Il ouvrit la bouche, totalement incrédule puis secoua sa tête, comme s'il essayait de chasser une mauvaise pensée.
« Bella. Tu n'es vraiment pas cohérente. » Fit il remarquer. « Nous devrions sortir cet après midi. »
« Pour aller où ? »
« Chez une amie. Je pensais t'emmener à l'hôpital hier soir mais vu comme tes blessures n'étaient pas tellement physiques, je pensais qu'il serait plus sage que tu te réveilles dans un endroit moins… Froid. Mon amie saura t'aider. »
« Carlisle, es tu en train de me dire que je vais aller voir un psy ? » Rigolai-je presque, le faisant froncer les sourcils.
Peut être étais je folle après tout ? Ou perdue ? Traumatisée ? Mais dans un cas comme dans l'autre, je n'allais laisser personne me retourner le cerveau. J'étais encore assez lucide pour savoir où était mon nord, putain !
« C'est un mal nécessaire, Bella. Ensuite, nous irons voir un avocat pour… »
« Wow, wow, wow… WOW ! Carlisle, ralentis, tu veux ? »
Un avocat ? Un psy ? Mais il était malade ? Dois je lui signaler que je n'avais plus de maison pour vivre ? Plus de fric ? Que je n'avais même plus une putain de maman ? Et même si on allait voir ces gens, en quoi est ce que cela m'aiderait ? Ils feront tous les mêmes choses : m'interroger et douter de mes réponses jusqu'à ce que j'en pleure, alors merci mais non, merci !
« Carlisle. Je n'ai pas besoin de psy… Ni d'avocat. Je vais bien. » Dis je doucement mais sûrement.
Il me regarda de façon très douloureuse, une façon que seul un père aurait pu regarder sa fille et je m'en sentis reconnaissante. La présence de Carlisle, d'un véritable ami, valait toutes les thérapies au monde et je voulais qu'il le comprenne et l'accepte.
« Alors dis moi de quoi tu as besoin, Bella. Je déteste rester là sans rien faire… »
« Tu as déjà tout fait. Regarde. » Dis je en souriant sincèrement. « Mais puisque tu le demandes si gentiment… Je crois que j'aurais besoin d'une douche bien chaude et d'un bon petit déjeuner. »
Un petit rire le secoua les épaules de mon ami alors qu'il avait baissé la tête en signe de résignation.
« Pancakes aux chocolats ? »
« Pancakes aux chocolats ! » Acquiesçai je vivement.
Je ne pense pas me souvenir de la dernière fois où j'ai fait des pancakes. Ou que l'on m'ait fait des pancakes. Bien sûr, cela apportait son lot de tristes souvenirs mais cette idée me réjouissait. Carlisle n'en avait peut être pas l'air mais c'était un très bon cuisinier. Il avait expliqué ça en disant qu'il voulait être autonome, bien sûr, mais je savais que c'était par obligation. Tout homme célibataire de quarante ans devait savoir cuisiner. C'était une question de vie ou de mort.
« Ta nouvelle salle de bain privée est juste là. » Dit il en désignant une porte sur ma droite de son menton puis il grimaça.
« Quoi ? » M'enquis-je.
« Je vais aller récupérer tes affaires toute à l'heure. Je ne crois pas avoir de stilettos ou de manteau Chanel pour t'habiller. » Rit il.
« Wouah, Carlisle, tu fais des progrès en langage Prada ! »
« Je sais. Tu crois que tu pourras survivre à douze heures de plus dans cette même tenue ? »
Je fis semblant de sentir mes aisselles et grimaçai faussement. Nous rîmes ensemble et il m'ébouriffa les cheveux d'un geste taquin. « Allez, file sous la douche. Je vais te les préparer, tes pancakes ! »
« Oui, m'sieur ! »
« La buanderie est au fond du couloir à gauche si t'as envie de laver tes vêtements. Tu peux prendre un peignoir en attendant. »
J'hochai légèrement la tête et me levai doucement du lit. La douceur de la moquette à poils longs entra en contact avec mes pieds et je souris.
« T'as plutôt une belle vie, Carlisle. » Souris je.
« Hum. Oui, la chirurgie, ça paie plutôt bien. »
J'arquai un sourcil. « Et ça paie bien alors que tu n'es même pas en train de travailler? »
Il rit sincèrement et répondit : « Bella, tu devrais savoir que ton vieil ami est bien loin de sa réputation d'il y a trois ans maintenant. Je peux m'offrir le luxe d'attendre que l'on me bipe seulement si l'on a besoin de moi. Et puis, l'hôpital n'est qu'à deux pas d'ici. »
« Et à deux pas d'ici, ça veut dire où ? Nous ne sommes plus à Belltown, je suppose. »
« Montlake. Je sais, t'es passée loin. »
« Bien loin. Tu me prêteras ta voiture pour aller à la fac ? »
« Quoi ? Tu ne comptes tout de même pas y aller aujourd'hui ? » S'offusqua t il comme si je venais de lui adresser un doigt d'honneur.
Je cherchai le réveille-matin des yeux et remarquai qu'il n'était encore que sept heures et demi.
« J'ai encore le temps, j'ai neurologie, à neuf heures. » L'informai je.
« Bella. » M'avertit il.
« Quoi ? Tu ne penses tout de même pas qu'en plus de squatter chez toi, je vais faire ma grosse feignasse ? »
Ce fut à son tour de grimacer : « Un peu plus de filtre pour ton langage, s'il te plait. »
« Hey, je suis juste expressive. Ça prouve que je suis vive d'esprit. » M'esclaffai je.
Il ria un moment puis se dirigea vers la porte : « Non sérieusement, Bella. Je veux que tu restes à la maison. Au moins pour la matinée. Tu as besoin de te reposer. J'écrirai ton motif d'absence moi même, s'il le faut. »
Je me grattai le menton, un peu hésitante, puis j'haussai les épaules. « Après tout, pourquoi pas ? Tant que tu ne m'obliges pas à aller voir le psy. »
« Pas de psy, dans ce cas. Mais l'avocat, tu n'y couperas pas ! »
Je riais jaune avant de me glisser dans la salle de bain.
Eh bien… Le mode de vie de Carlisle s'est vachement amélioré dit donc ! La salle de bain était vraiment spacieuse, les murs étaient d'un bleu roi intense, découpés par les sanitaires, les meubles et les différents décors couleurs ivoire l'énorme baignoire occupait presque le tiers de la pièce et un mur entier était consacré au lavabo et aux miroirs. Bien sûr, cela n'avait rien de comparable à mon ancien jacuzzi à douze vannes mais c'était tout aussi bien. En fait, la baignoire semblait avoir été taillée pour un demi-géant, genre Hagrid, dans Harry Potter, car elle semblait vraiment profonde et très large. Ça aurait pu accueillir quatre autres filles comme moi mais j'abandonnai tout de suite toute idée de partouze dans la baignoire de Carlisle... Trop bizarre.
J'inspectai scrupuleusement les produits qui trainaient aux rebords du lavabo pour trouver de quoi me faire un bain moussant et tombai sur un flacon rouge plutôt engageant. J'ouvris la bouteille et sentis avec délectation l'odeur presque comestible de fruits rouges. Fraise. Framboise. Cerise. Peut être aussi une pointe d'agrume. Exactement le genre de parfum qui me ressemble.
Je me demande si Carlisle… Beurk.
Bella, glisse dans ton bain, un point c'est tout !
Ce ne fut qu'après une demi-heure que je parvins enfin à quitter mon bain. Purée, ça fait un bien fou ! Après m'être enveloppé les cheveux dans une serviette, je pris le peignoir de bain que j'avais déjà préparé et me glissai dedans. C'était comme se blottir contre un nuage, tellement le tissu était doux. La poitrine était brodé d'un C bleu et je ne pus m'empêcher de rouler des yeux : c'est bon Carlisle, on sait que t'as les moyens !
Je ramassai mes vêtements, les roulai en boule avant de sortir de là.
La sortie de la chambre donnait directement sur un salon sobre dans les tons noir et blancs avec un canapé en L et des fauteuils en cuir noir. Les pieds et les accoudoirs chromés faisaient un peu penser à l'ambiance d'un hôpital et je suppose que c'était voulu. Il ne manquait plus que les magazines rangés par ordre alphabétique sur la table basse et l'on se croirait chez Docteur Jekyll. Mais l'on était bien chez Carlisle. Et la délicieuse odeur de chocolat chaud qui embaumait tout l'appartement le prouvait. Je décidai d'abord de mettre mes vêtements dans la machine avant d'aller manger.
« Carlisle ? » Hélai je en repassant par le salon.
« Par ici, Bella. » Cria t il de l'autre côté de la pièce.
Une arcade menait vers une cuisine luxueuse, je sautai presque sur mes pieds en suivant l'odeur appétissante. Je fus cependant déçue lorsque je vis Carlisle déjà tout habillé de son costume, buvant son café à une vitesse ahurissante, assis devant son ordinateur.
« Tu vas au boulot ? » C'était plus une constatation dépitée qu'une question mais bon, laissons couler.
« Oui, si je veux prendre mon après midi avec toi, je dois y aller maintenant. »
« Oh. » La déception était audible, je peux vous l'assurer.
Carlisle leva les yeux vers moi et me sourit légèrement.
« Harper a accepté de nous recevoir, vers quatorze heure et demi. » Déclara t il.
Harper ? Harper ? Pourquoi est ce que ce nom me disait quelque chose ?
« C'est un ami très proche, nous avons fait le lycée ensemble. Avant qu'il ne s'enlise dans le droit. »
Droit. Harper. Ami. Lycée. Pourquoi est ce que ce nom m'était horriblement familier, je ne connaissais pas d'avocat qui…
« Merde ! » Soufflai je.
« Quoi ? »
« Harper est un ami de Jenks. Carlisle, on s'apprêtait à aller manger avec lui et sa famille au restaurant, hier ! » Me souvins je. Et je fus plus horrifiée encore. Ma mère aussi semblait bien connaitre Harper. Après tout, elle a bien dit, et je cite : « Qu'il aille se vexer en enfer ! »
Qui irez vous envoyer se vexer en enfer si ce n'était une de vos connaissances les plus proches ?
« Non, non, ne t'inquiète pas, Bella. Nous allons juste prendre quelques conseils auprès de lui. Il est possible qu'il connaisse effectivement Jenks vu que c'est l'avocat le plus en vogue de tout Seattle mais Harper n'est pas aussi crapuleux que lui. Crois-moi. Je connais Harper. »
Je soupirai, fermai les yeux et tentai de ne pas paniquer. C'était bon. Carlisle savait s'occuper de ma sécurité. Je pouvais compter sur lui. Pas comme avec certain(e)s…
Il ferma le clapet de son ordinateur portable et se leva du haut tabouret sur lequel il était perché.
« Bon, c'est l'heure. Tes pancakes sont dans la microonde et le frigo est plein. Sers toi. Je serais de retour avant treize heures avec tes affaires donc surtout… Restes là et repose-toi. » Me dit il doucement avant de déposer un baiser sur mon front.
« Passe une bonne journée, Carlisle. »
« Toi aussi. Oh et, il y a des livres dans mon bureau si tu t'ennuies. Je compte sur toi et ton sens de l'orientation pour trouver la pièce. » Ricana t il.
« Vu le labyrinthe que t'as, je serais perdu dans le lave-linge avant que tu ne reviennes. »
« A plus, ma belle ! » s'esclaffa t il en désertant l'appartement.
Eh bien. Voilà qui était dit !
Je pris mon petit déjeuner en toute tranquillité, dégustant un maximum les pancakes qu'il m'a laissé avec un verre de lait. Ouais, ma mère pouvait toujours courir pour atteindre le niveau de Carlisle en art culinaire. Sérieux. Il cuisinait mieux qu'une grand-mère étouffante et trop affectueuse sur les bords. C'était tellement improbable qu'il n'ait pas de femme. Comment est ce qu'il avait fini par divorcer d'avec sa précédente épouse ? D'après les bribes de conversations que j'ai entendu entre Renée et lui, il avait eu des enfants avec cette femme. Alors quoi ? Il ne savait pas encore faire des pancakes à l'époque ? Ou cette femme était juste ce que ma mère était, une garce ? Ou pire ?... Ouais, Carlisle était bien le genre d'homme à tomber amoureux de la mauvaise personne.
Je me demande à quoi ressemblent ses filles. On n'en a jamais parlé. Mais il était fort probable qu'elles aient le même âge que moi. Est-ce qu'elles s'entendraient avec moi ? Si elles adoraient Carlisle, cela ne faisait aucun doute que oui. Néanmoins, je ne devrais pas trop espérer rencontrer ses enfants… Je ne sais même pas encore ce qu'il allait advenir de ma petite personne après ce merdier. Je pouvais me chercher un petit boulot et me trouver un petit appartement dans pas longtemps. Je ne suis pas sûre de pouvoir profiter indéfiniment de l'hospitalité de Carlisle, surtout si j'étais amené à voir ses filles. J'aurais peut être l'air de celle qui leur aurait volé leur papounet.
Je riais toute seule à ma blague stupide.
Non, je ne pouvais pas rester longtemps. Quatre, cinq jours grand max…
Lorsque j'eus fini de manger, je fis la vaisselle et rangeai un peu puis je retournai dans ''ma chambre''. Je sais bien que Carlisle m'a dit de me mettre à l'aise et c'était certainement ce que j'aurais fait si les circonstances n'étaient pas ce qu'elles étaient en ce moment mais le fait était… Que les circonstances étaient bien là. Et à cet instant plus que jamais, je n'irais jamais fouiller dans les affaires personnelles de Carlisle.
Bon, peut être dans la commode pour me chercher un short et un teeshirt mais rien de plus.
J'ouvris le premier tiroir et tombai tout de suite sur une pile de teeshirts fraichement lavés. Ok, il ne m'en voudrait pas si j'en prenais un, pas vrai ?
Je sortis ce qu'il me semblait être un maillot de foot blanc et rouge où il était écrit « Cullen » et un énorme 6 au dos. J'arquai un sourcil : les médecins ne jouaient pas au foot à la fac, si ? Et puis, le maillot semblait suivre des standards modernes. Carlisle a déjà fini ses études depuis belles lurettes.
Pfff… Ce doit être un autre trip de Carlisle pour passer du statut de vieux garçon à celui du mec cool.
J'haussai les épaules avec un sourire et enfila le teeshirt. Je me mis devant le miroir et c'était… Plutôt pas mal. Le tissus était léger, doux, cela me retombait jusqu'à mi-cuisse et tranchait assez fabuleusement avec ma peau laiteuse. Ceci étant, il était hors de question que je me pavane comme ça, les courants d'air allaient faire qu'une bouchée de moi et de mes fesses nues. Il fallait que je trouve un bas.
Je continuai à farfouiller dans la commode jusqu'à ce que je trouve un boxer noir. Ça m'aurait fait un shorty parfait si je n'étais pas à nouveau prise dans mes réflexions débiles : allais je oui ou non empaqueter mon cul dans un sous vêtement de Carlisle ? Dit comme ça, je n'avais qu'une envie : enterrer le boxer six pieds sous terre et errer cul-nu dans tout l'appartement. Mais non... C'est hors de question. Alors je fermai les yeux et enfilai le boxer à la quatrième vitesse, pas sûre de vouloir penser à ce que j'étais en train de faire.
Bon, après, j'ai qu'à lui dire que je voulais garder son teeshirt. Carlisle était médecin, bordel. C'était la charité incarnée. Et le roi de la propreté aussi. Aucun risque de morpions ou autres. Et il n'allait tout de même pas me refuser un putain de vieux teeshirt (et un boxer)…
Nom d'un chien, faites moi taire !
Je sortis de la chambre pour me diriger vers la buanderie et vérifier mon linge avant de m'installer sur le canapé en cuir.
Putain. Le cuir était froid !
Je me levai d'un bond puis me dirigeai vers les étagères, scrutant avec attention la chaine hifi de Carlisle avant de l'allumer. Une musique douce s'éleva et j'arquai un sourcil moqueur. Porgi Amor des Noces de Figaro par Mozart. Sérieusement Carlisle ?
Je rigolai doucement à ses dépens. J'allais tellement charrier le vieux Carlisle avec ça.
Je décidai alors d'examiner un peu plus sa discographie histoire de pouvoir enfoncer un peu plus le clou et je ne fus pas déçue.
Scarlatti. Vivaldi. Beethoven. Bach. C'est clair qu'il avait un faible pour les compositeurs du XVIIIème siècle. Et excusez-moi d'être inculte mais putain, même mon grand père n'écoutait pas ça. Je suppose que ça compense un peu de son attitude cool. Ouais, ça compensait même trop !
Alors que je scrutais encore l'étagère dans l'espoir de trouver un vieux disque à quarante tours, j'entendis quelqu'un frapper à la porte. Je fronçai les sourcils. Carlisle ne m'avait pas dit qu'il était censé recevoir une visite. Dois je ouvrir ?
Le visiteur se fit plus insistant de l'autre côté de la porte et j'avoue que pendant un instant, je paniquai.
Mais puisque Carlisle n'était pas là, l'appartement était supposé être vide, non ?
Alors, c'est décidé, je reste là où je suis.
...
Toctoctoctoctoctoc.
Hey, t'as pas compris qu'il y a personne ?
Toctoctoctoctoc… BAM!
Oh, merde!
« Carlisle! Je sais que t'es là, ta chaine est allumée! » Grogna une voix masculine, à moitié étouffée, de l'autre côté de la porte.
Boouuuuh… Je ne suis qu'un fantôme, visiteur, et j'adore les concertos de Scarlatti.
Brillant, Bells.
« Carlisle ! » S'impatienta le visiteur.
Bon, c'était clair que Carlisle avait amélioré son mode de vie. Donc en toute logique, nous étions dans un appartement très sécurisé, n'est ce pas ? Genre, personne ne pouvait entrer sans avoir présenté sa carte d'identité. De quoi est ce que j'avais peur exactement ?
Mue par un courage survenu de nulle part, j'alignai les pas un à un jusqu'à me retrouver devant la porte d'entrée puis j'inspirai vivement avant d'ouvrir le battant d'un coup sec.
« Car… lisle ? »
Mon souffle se coupa, mes yeux s'écarquillèrent et je sus que...
Putain! Appelle moi comme tu veux mais prends moi contre la porte...
« Salut. » Haletai je presque.
Mais c'était plus qu'un banal salut…
Ces cheveux, ces mâchoires, ces lèvres, ce torse… Et putain, ces yeux.
Oh bon sang ! J'avais l'impression de l'avoir salué avec les deux autres lèvres de mon corps. Même mes pointes lui faisaient un signe de la main.
Respire, Bella. C'est pas le moment d'être une salope.
« Hum. T'es qui toi, exactement ? » Plaqua t il alors que ses yeux émeraudes parcourraient vivement mon corps, de mes pieds nus à mes cheveux encore humides, s'attardant un peu sur ma poitrine.
Son ton était glacial et je suis sûr d'en avoir eu la chair de poule, tant son attitude était réfrigérant, en contradiction totale avec son corps torride et ses yeux verts forêt qui me reluquaient sans aucune gêne.
« Hm. Je suis Isabella. Et toi ? » Répondis je, peu sûre de moi.
Pour toute réponse, il me dévisagea un peu plus avant de me bousculer légèrement et entrer de force dans l'appartement.
« Et bien, je t'en prie, entre, fais comme chez toi. » Marmonnai je, sarcastique.
Mais il se trouve qu'il m'avait entendu. Il se planta devant moi et me fixa –non, me poignarda de son regard assassin… Bon sang.
« Je suis chez moi, Isabella. » Persiffla t il, les mâchoires serrées. « Où est-il ? »
Mon équilibre vacilla légèrement alors qu'il me toisa méchamment. « Euhm… Qui ? »
Son regard devint encore plus noir, si possible et je reculai instinctivement. Ce mec… Etait effrayant.
« Fais pas la gourde. Où est Carlisle ? »
Merde ! Il chercher Carlisle!
Idiote, bien sûr qu'il chercher Carlisle!
Mais j'aurais peut être pas du lui ouvrir ? Et si Carlisle avait des problèmes avec lui?
Mon corps trembla sans mon autorisation et il dut le voir puisqu'il fronça les sourcils.
« Carlisle est parti travailler. » Répondis je comme une automate.
Il sembla se détendre un peu. Mais juste un tout petit peu avant de revenir à la charge, me regardant avec une colère déplacée. Qu'est ce que je lui ai fait exactement ?
« Bon, tu vas me dire qui tu es ou tu vas rester planté là ? » M'agaçai je à ma plus grande surprise.
On ne me regardait pas comme ça, moi, mais apparemment il recommence de plus bel. Merde, c'était quoi son putain de problème ?
Je jetai un coup d'œil vers la cuisine, calculant mentalement la distance que je devrais parcourir pour pouvoir me saisir d'un couteau…
« T'es une de ses étudiantes, hum ? » S'enquit il soudain.
J'arquai un sourcil. Son changement de ton ne présageait rien de bon. Je pris enfin la peine de scruter son visage à la recherche d'une émotion quelconque mais échouai misérablement.
« Ouais mais je ne crois pas te connaitre alors si tu foutais le camp, ça serait bien. » Lui crachai je.
La fureur reprit place dans ses prunelles vertes et je compris que j'ai dit quelque chose de vraiment, vraiment inappropriée.
« Bien sûr que tu ne me connais pas, p'tite garce, sinon, t'aurais préféré mon pieu à celui de mon père. »
~o0IMS0o~
Avouez que Bella a quand même son lot de connards à gérer dans ce chapitre. *hoche la tête de gauche à droite* Vive Carlisle! \o/ Le seul non-connard de ce chapitre!
Alors, vu comme le site bug comme l'enfer en ce moment, je ne sais pas trop quand est ce que je pourrais re-publier correctement. Hier, j'ai eu droit à une page blanche alors que je devais encore apporter quelques modifications...
Merci de m'avoir lue. J'aimerais beaucoup connaitre vos avis sur cet Edward (même si j'en dis peu, j'aime beaucoup recevoir les pronostics!).
A bientôt!
Areka
