Note de l'auteur : Yup ! Salute les filles ! Et surtout BONNE ET HEUREUSE ANNEE 2013 !
Alors voilà, sans plus de blablas, le chapitre 5. Je sais, je me fais attendre un peu, beaucoup des fois (et en plus, je n'ai même pas d'excuses valables) mais je crois que ce qui va suivre va vous plaire. Je crois hein !
Mais d'abord, réponses à
Guest : Ah, tsisy vaovao fa salama tsara, misaotra. ;) Eh ben... C'est la première fois que je retrouve des mots en malgache dans mes reviews, ça fait chaud au coeur, vraiment. :) Je suis contente que tu aimes cette fiction. J'avoue que pour le coup, j'espérais écrire quelque chose qui change…
~o0IMS0o~
Car tout a un prix
Voici celui de la Précipitation
~o0IMS0o~
Chapitre 5
On dit que la vie est simple mais qu'il n'y a que les humains pour la compliquer.
Je suis plutôt d'accord pour la seconde partie.
Blépharoplastie.
Sérieux, rien que l'existence de ce terme confirme à quel point nous voulons compliquer les choses et ce, à nos propres dépens. Souvent.
Cela fait à présent une semaine que je squatte gentiment l'appartement de Carlisle Cullen et aucun incident majeur n'est survenu jusque là. Un miracle, étant donné ma malchance presque maladive !
Pas d'enfant caché qui débarque sans prévenir, pas d'avocats pervers pour me harceler et surtout… Pas de mère garce qui crie de l'autre côté du mur pour m'empêcher de me concentrer sur mes devoirs. Bien sûr, Jasper Whitlock, l'avocat prodige, a su m'octroyer une coquette somme auprès de Jason Jenks et Fils suite à la petite affaire dont j'ai été la pauvre victime (rires sarcastiques) mais l'évènement n'avait rien de bien transcendant. Je n'ai même pas eu à me rendre au tribunal pour avoir le pactole car les Jenks ont vite craché juste après le coup de fil de mon avocat. Trouillards. Mon compte bancaire était maintenant blindé pour m'assurer une survie acceptable pour les quatre prochaines années. En attendant, je devais travailler dur en prévision de ma spécialisation. Que je n'ai pas encore choisie en passant.
Je soufflai. Encore.
J'étais confortablement installée sur un fauteuil, dans le bureau personnel de Carlisle (puisqu'il m'en a autorisé l'accès), un épais volume, traitant la chirurgie réparatrice, ouvert sur mes genoux. La nuit avait pointé son nez depuis déjà belles lurettes, il n'était pas loin de onze heure mais toujours pas de tête blonde ni de sourire amical à l'horizon. Carlisle était encore aux blocs opératoires et la solitude et l'ennui commençaient à me gaver. Lire n'était bien évidemment pas une solution mais au moins, j'avais quelque chose pour m'occuper l'esprit et palier mon insomnie.
A présent, je pouvais à peu près comprendre pourquoi la seconde femme de Carlisle, Esmée, s'était plainte au sujet des absences fréquentes de ce dernier. Leur fille non plus n'avait pas exagéré en disant qu'elle n'avait plus de père… La preuve ? Une semaine sous son toit et j'avais pratiquement l'impression de vivre toute seule, ne l'ayant vu qu'une ou deux fois seulement lorsque je me levais assez tôt pour l'apercevoir. Pas que cela me dérange. Bien au contraire, j'en avais la foutue habitude mais disons juste que c'est un peu différent… D'être seule chez soi et de l'être chez un ami. J'avais juste l'impression de ne pas appartenir à cet endroit, de ne pas être la bienvenue. Il faut vraiment que je me le trouve, ce nouvel appartement ! J'avais déjà sillonné –assez vaguement, je l'avoue- les petites annonces mais rien de bien prometteur encore.
Mon téléphone vibra dans la poche arrière de mon jean, annonçant un appel et je le sortis tant bien que mal, tout en continuant de lire.
Un numéro inconnu s'afficha sur mon écran. Fixe.
Je fronçai légèrement les sourcils mais décrochai quand même rapidement.
« Allo ? »
« Bonsoir. Puis je parler à Mademoiselle Swan, s'il vous plait ? » Dit une voix grave à l'autre bout de fil. Mon cœur rata un battement : le ton était dur, monotone et froidement professionnel. Cela ne présageait rien de bon.
« Euh. Oui. C'est moi. Que puis-je faire pour vous ? »
Pendant quelques secondes qui me parurent durer toute une éternité, je n'entendis qu'un souffle rapide, comme si mon interlocuteur était en train de courir un marathon. Il y avait également de vagues conversations en bruits de fond mais ce qui m'inquiéta le plus, c'était cette horde de sirènes sinistres qui voilaient presque la communication... Des ambulances ? Des voitures de patrouilles ?
« Qui est à l'appareil ? » M'angoissai je en criant presque.
« Hum. Officier Carl Richards. De la Police Municipale de Forks. Désolé de vous déranger aussi tard, Mademoiselle Swan mais c'est au sujet de votre père. »
Merde.
Merde. Merde. Merde. Merde !
Je n'étais pas particulièrement proche de Charlie mais bordel... C'était quand même mon père. Et ma main trembla involontairement lorsqu'un flot d'images et de souvenirs envahit mon esprit. Des flashs violents que j'ai longtemps réprimés au fin fond de mon esprit… Charlie mal à l'aise. Charlie maladroit. Charlie indifférent. Charlie qui essaye d'être un bon père mais qui échoue misérablement lorsqu'il s'agit de moi...
Et maintenant, un de ses subordonnés qui m'appelait.
Une bien tragique manière de clore l'histoire.
Est ce que tous mes putains malheurs n'étaient pas censés se terminer avec la semaine précédente? N'avais je pas droit à un peu de tranquillité avant que la catastrophe suivante n'entre dans la chaine de causalité qui construisait presque le fil fragile de ma misérable vie ?
« Dites moi ? » Arrivais-je à dire après avoir dégluti.
« Il a eu un accident, sur la route d'Olympia. Assez grave. Un chauffard ivre a foncé droit sur lui et il a percuté un arbre en essayant de l'éviter. » Expliqua t il pendant que mon cœur s'accélérait au fur et à mesure qu'il parlait. « Il a eu une épaule démise, deux côtes brisés et un poumon perforé. Son état est stable selon les médecins mais il est encore inconscient en ce moment. C'est Sue qui m'a demandé de vous appeler. »
Je déglutis une nouvelle fois. Durement. Puis je parvins enfin à souffler de soulagement alors que je fermai les yeux, pressant violemment mes paupières pour effacer les images que j'avais encore en tête.
Charlie n'est pas mort.
Je forçai ces mots à s'infiltrer dans mon esprit avant de dire quoi que ce soit. Ce n'était qu'un simple moment de panique. Peut être était ce même une alarme pour me rappeler à l'ordre ?
Il est temps de rentrer aux bercails, Bella.
« J'arrive. Je passe juste quelques coups de fils et… J'arrive. »
« Dois-je informer Sue de votre venue ? » S'enquit l'officier.
Le dilemme. Sue Clearwater était la nouvelle femme de Charlie et j'ai passé mes étés à l'ignorer tout autant que Charlie ne faisait pas grand cas de ma présence. Si elle a d'ailleurs demandé à un officier de m'appeler, ce n'était que par formalité. Elle devait sans doute penser que je m'en fiche. Ce qui n'était pas le cas en passant, mais qui étais je pour lui en vouloir de penser comme ça ? Mes relations avec Charlie… Bref. L'informer de ma venue serait totalement inutile et j'aime autant ne pas importuner les autres. Qui plus est, j'ai déjà l'argent de l'affaire Jenks, prendre une chambre d'hôtel à Forks ne sera pas un problème pour moi.
« Non, non, cela ira. Je me débrouillerais. »
« Bien. »
Et l'agent raccrocha.
Avec une anxiété que je ne me connaissais pas, je commençai à remplir mon petit sac de voyage, allant et venant entre l'armoire que je venais récemment d'investir et le lit king size sur lequel j'avais posé mon sac. Je composai machinalement le numéro d'urgence de Carlisle tout en priant pour qu'il ne soit pas en bloc opératoire.
Dieu merci, il décrocha dès le premier bip.
« Bella ? »
« O-Oui, Carlisle. Euh… Je-J'ai une u-urgence… Je… Je dois aller à Forks… tout de suite. Un des officiers de police a appelé- Mon père a eu un accident de voiture e-et il est à l'hôpital, dans le coma… I-Ils disent que-qu'il est stable mais je préfère vérifier moi-même… »
« Chut calme-toi, Bella. » M'intima t il. Cela ne fit que m'énerver.
« Mais je suis calme ! C'est juste que je-je suis en train de… Remplir mon sac. Cela te dérange si j'utilise ta voiture ? »
« Quoi ? Bella, il est hors de question que tu prennes le volant à cette heure ci et surtout dans ton état. »
« Quel état ? Je vais parfaitement bien, je suis… J'ai juste besoin de la voiture, s'il te plait. »
« Non. Je ne crois pas que ça soit une bonne idée. »
« Mais que veux tu que je fasse, Carlisle ? » Hurlai-je presque au cellulaire alors que je refermai violemment le zip du sac de voyage. « C'est mon père. Il faut que j'y aille. »
En réalité, je n'avais jamais eu autant la sensation d'avoir un père comme qu'en ce moment même. Peut être était ce parce que j'étais en train de le perdre ? Non.
Non. Il valait mieux que je ne pense pas à ça.
« Ecoute. » Reprit Carlisle d'une voix lasse. « Attends demain matin pour conduire, d'accord ? Tu es bien trop agitée et bien trop fatiguée pour tenir la route et puis… »
« Carlisle, as-tu écouté un traitre mot de ce que je t'ai dit ? » M'impatientai je. « Bon, de toute façon, il faut que j'y aille. Avec ou sans ta permission. Je suis majeure, je peux aller où je veux ! »
« Attends ! » S'écria t il alors que je m'en allai pour raccrocher.
« Quoi ? »
« Je… » Il émit une pause et j'entendis une autre voix en bruit de fond. Il était peut être avec ses collègues, je n'en savais rien et je n'en avais rien à foutre. J'irai à Forks ce soir. Et je suis plutôt du genre bornée comme personne. Carlisle le sait mieux que quiconque.
Il me sembla que Carlisle entama une petite conversation avec son autre interlocuteur avant de revenir vers moi. « Voilà, Bella. Je suis en train de diner avec Edward et il demande… Enfin, je lui ai demandé s'il pouvait te raccompagner jusqu'à Forks. »
Quoi ?
Qu'est ce qu'il venait faire là dedans, lui ?
« Je ne suis pas une enfant qui a besoin d'être conduite partout, merci bien ! » Crachai-je sans vraiment le vouloir.
Carlisle soupira, comme s'il avait anticipé ma réaction. « Bella, soit c'est ça, soit tu poses mes clés bien en évidence dans la vide poche. »
« Carlisle, es tu conscient de ce que tu es en train de faire ? » M'indignai je.
« Oui. J'essaye de préserver ta vie. »
« C'est mon père, Carlisle. » Serinai je.
« Et je suis sûr qu'il ne serait pas d'accord pour que tu prennes le volant maintenant… Ecoute. Si je pouvais, je t'aurais accompagné moi-même mais j'ai beaucoup de boulot qui m'attend. Et j'ai parlé à Edward et crois-le ou non, il comprend très bien ta situation, si c'est ça qui te dérange. »
Je soupirai d'exaspération. Carlisle et ses tics pour la sécurité. « Je ne compte pas y aller avec ton barge de fils, okay ? Sans vouloir t'offenser. »
« Bella, arrête de faire ta têtue et… »
« Passe la moi. » Intervint une autre voix et je me figeai. Aussi fou que cela puisse paraitre, je le reconnus tout de suite. Même si je ne l'avais rencontré qu'une seule fois. « Isabella ? »
Je frissonnai d'une façon incontrôlable et agaçante.
« Bella. » Corrigeai je pour me redonner contenance. « Et non, je ne compte pas te faire le plaisir de… »
« Oui, oui, je crois que je connais le refrain et le genre de personne têtue que tu es mais sache que j'ai des affaires à mener sur la réserve de La Push pour ce weekend. Crois moi, ce n'est pas par pure galanterie que je vais t'accompagner là bas. Alors range tes affaires et attends moi, j'arrive. »
« Mais je… »
Le fils de… Il a raccroché ! Il m'a foutrement raccroché au nez !
Je jetai mon cellulaire sur mon lit avec une violence inutile.
Pour une fois dans ma vie que je comptais faire un truc admirable et honnête, il fallait bien sûr qu'il y ait un con pour m'empêcher de faire ma BA plus rapidement! Il n'y avait pas de justice sur terre, juste un putain de karma qui allait là où bon lui semblait avant de tomber sur ma tête au moment fatidique !
Je dus attendre plus de trente minutes, à tourner en rond et à bouffer mes ongles, avant d'entendre enfin des coups frappés contre la porte d'entrée. Je me dépêchai de remonter mon sac sur mes épaules et d'attraper les clés avant de me diriger promptement vers la porte. Je l'ouvris à la volée et tombai bien sûr, comme prévu, sur Edward Cullen dans toute sa splendeur.
« SOS damoiselle en détresse, à votre service. » Blagua t il avec sa voix de velours, ses yeux verts pétillants de malice.
Je roulai des yeux mais ne répondit rien… Pour mieux cacher les effets néfastes que son sourire désarmant provoquait en moi. Ce n'était pas nécessaire de gonfler l'égo de qui que ce soit, ce soir, ni de jouer les cruches.
Après avoir refermé derrière moi, nous descendîmes les escaliers menant au parking du sous sol, lui, ouvrant la marche et moi, essayant de le suivre tout en masquant mon souffle rapide.
Une fois en bas cependant, Edward ne s'arrêta pas devant la voiture de son père –que je comptais bien conduire, en passant.
« Euh… Où est ce que tu vas ? La voiture est juste là ! » M'écriai je alors que je montrai la Volvo d'un geste de main plutôt ridicule.
Il regarda par-dessus son épaule sans s'arrêter et sourit avec un de ces sourires qui pourraient faire fondre un iceberg. Mouais. Je suis peut être en manque là. Tellement que je suis sensible à la moindre décharge de phéromone.
« Je ne sais pas toi mais je suis d'avis que l'on prenne ma voiture si l'on veut rallier Forks au plus vite. » Dit il énigmatique.
Je fronçai les sourcils. « Pourquoi ? T'as quoi comme voiture ? »
Et là, pour toute réponse, il appuya juste sur le bouton d'alarme, au bout de son set de clés. Une voiture grise sombre clinqua en réponse.
Nom. De. Dieu !
Vous ai-je déjà dit que j'étais une pétasse matérialiste ? Le genre de pétasse qui mouille devant un V12 pourvu de 573 chevaux et qui monte de zéro à cent en 4. 1 secondes ?
Non, je reformule de manière plus classe : vous ai-je déjà dit que j'étais une pétasse passionnée d'automobile ?
Je soupirai à m'en fendre l'âme devant ce chef d'œuvre féerique. Et Cullen fils, ayant certainement remarqué ma pâmoison, afficha un sourire suffisant avant de prendre mon sac pour le mettre dans le coffre. Je profitai du fait qu'il ne pouvait pas me voir pour caresser discrètement le flanc rutilant de la bête. Je sais, c'est stupide mais c'est ma première envie dès que je vois une voiture qui me plait plus que nécessaire. Et la nouvelle Aston Martin Vanquish me plaisait bien plus que nécessaire.
Pourquoi Edward ne pouvait il pas se contenter d'être seulement torride et de conduire la voiture à papa ?
Parce que sinon, ce serait pas drôle ! Et puis je parie qu'il pourrait encore te surprendre avec un autre de ses engins. Me souffla ma voix intérieure.
Ouais, non, j'ai pas envie de savoir.
« Euh… Tu fais quoi comme boulot déjà ? » Raillai je avec un petit sourire en coin.
Il ria mais ne répondit pas, se contentant seulement de monter dans la voiture et de m'inciter à faire pareil. Lorsque j'ouvris la portière cependant, je fus complètement soufflée par l'intérieur illuminé par un puissant éclairage dont je n'arrivais pas à repérer la source. Les sièges, la console centrale et le tableau de bord étaient recouvert de cuir blanc et la moquette du sol était encore plus immaculée. On aurait dit un de ces super-cars réservés aux salons automobiles. Edward devait être foutrement maniaque !
A cette pensée, j'hésitai à monter à bord, jetant un coup d'œil dubitatif à mes vieux sneakers élimés (les premières chaussures confortables qui m'étaient tombées sous la main mais sinon, je ne suis pas encore une crève la faim, merci bien).
« Hum. Tu comptes rester plantée là à regarder mon départ ? » S'enquit Edward depuis le siège conducteur, penchant légèrement la tête pour pouvoir m'observer. Il souriait narquoisement, sans doute conscient de l'effet que sa voiture me faisait.
Et juste comme ça, je m'engouffrai abruptement dans l'habitacle, salissant au passage sa jolie petite moquette. Nah !
« Tu sais que tu es complètement puérile, comme fille ? » Nargua t il en bouclant sa ceinture.
« Démarre, Cullen. » Boudai-je tout simplement.
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La conduite d'Edward Cullen était fluide, quoi qu'un peu plus rapide que la mienne. Il était également très silencieux depuis que nous avions quitté Seattle, il ne me parla jamais et n'avait mis aucune musique non plus. Surprenant mais ça allait. J'aimais bien entendre l'hululement sourd que poussait la V12 au fur et à mesure que cet Adonis qui me servait de chauffeur accélérait.
A mon avis, nous serons à Forks en un rien de temps alors je me blottis plus confortablement dans mon siège tout en espérant que le sommeil réparateur m'emporte. J'avais la sensation que, lorsque je serais à l'hôpital, cela n'allait pas être de tout repos.
Après quelques kilomètres, alors que je commençais à roupiller tranquillement, je sentis la voiture faire une petite embardée, me faisant sursauter dans mon sommeil léger. Sieur Edward s'était apparemment garé sur le bas côté de la route.
« Qu'est ce qu'il se passe ? » Demandai je, la voix éraillée par le sommeil, alors que je me retournai vers lui. Il alluma l'éclairage intérieur et je grimaçai sous le coup, étrécissant mes yeux agressés.
Je le vis se passer main sur le visage. Il avait l'air fatigué. « J'ai besoin de me rafraichir. » Avoua t il d'une voix rauque avant d'ouvrir la boite à gant pour en sortir une bouteille d'eau. « Je reviens tout de suite. »
Il sortit du véhicule et se rafraîchit le visage à grande giclée d'eau. Je me sentis un peu coupable sur le coup… Mais seulement parce que le voyage a été plus agréable pour moi que ce à quoi je m'attendais.
Il revint dans l'habitacle, requinqué, et soupira. « C'est reparti. » Fit il en éteignant les lumières intérieures. Je décidai de me redresser et par la même occasion de renoncer à mon sommeil. Je savais par expérience que conduire de nuit avec une personne somnolente à côté avait tendance à… Endormir.
« Où sommes-nous ? » Demandai je en étirant discrètement mes jambes.
« On vient d'entrer dans la comté de Grays Harbor. »
« Ah, on est tout près alors. Ça t'ennuierait de mettre de la musique ? »
« Quel genre de musique ? » Se méfia t il en me regardant de biais. Quoi ? Il avait peur que je demande les Spice Girls ?
« Tout ce que tu veux, tant que ça te maintient éveillé. » Haussai je des épaules.
Il fronça les sourcils. « Isabella… »
« Bella. » Le coupai je. « Et c'est pas la peine de jouer les héros. Je sais que me voir dormir fait l'effet d'un vrai somnifère. »
Il secoua la tête en riant. « Très bien, Bella. Puisque tu y tiens. »
Il alluma d'un simple coup de pouce sa stéréo et des notes de guitares électriques, puissantes et rapides, emplirent l'habitacle. La chanson était déjà bien entamée et les paroles me surprirent lorsque le chanteur les chanta d'une voix rauque et plaintive:
Tell my mother, tell my father
I've done the best I can
To make them realize
This is my life
I hope they understand
I'm not angry
I'm just saying
Sometimes goodbye's the second chance (1)
Je me mordis les lèvres et éteignis brusquement la radio.
Edward me lança un regard que je devinai interrogateur.
« Tout compte fait, je préfère le silence. » Dis je tout simplement en m'abîmant dans la contemplation du paysage. Ou du paysage que les phares pouvaient illuminer.
Mais il me sembla que mon chauffeur n'était pas du même avis que moi.
« Très bien, alors, dans ce cas, parlons. » Rétorqua t il.
« Euh… T'as pas capté ce que je viens de dire ou quoi ? » Fis je, irritée.
« Si. »
« Alors quoi ? Et puis de toute façon, pourquoi est ce qu'on parlerait ? »
« Comme tu l'as si bien dit toute à l'heure : pour me maintenir éveillé. » Répondit il avec éloquence. Et arrogance. Il savait que je m'étais pris dans ma propre suggestion. Génial.
« Bon très bien, de quoi tu veux parler ? » Cédai je à contre cœur.
Il souffla, me jeta un coup d'œil puis : « Tu as un problème avec tes parents ? » Attaqua t il directement.
Je passai rageusement la main dans mes cheveux…
« Comment t'as deviné ça ? » Il allait répondre mais je l'interrompis : « C'était du sarcasme, Edward, question suivante. »
« Réponds d'abord à celle là. »
« Question suivante ! » Répétai je, devenant presque agressive. Presque.
« T'as vraiment un sale caractère ! » Râla t il.
« J'ai de qui tenir. » Souris-je amèrement en songeant à Charlie. Lui, avait vraiment un très sale caractère.
« Je ne te demandais pas de jouer à questions-réponses, Bella… Juste… Hum. Laisse tomber. » Abdiqua t il.
Nous observâmes le silence pendant un long moment, lui surveillant la route et moi, le surveillant pour pas qu'il s'endorme. Ouais, on veille l'un sur l'autre à notre façon mais nous étions deux inconnus coincés dans une voiture étriquée après tout.
Lorsqu'il s'arrêta à une station essence, je me rendis compte qu'il n'y avait vraiment plus que quelques kilomètres avant que l'on arrive sur Forks alors je sortis de la voiture pour me dégourdir. Je voulais me sentir le moins fatigué possible une fois arrivée. Je devrais peut être aussi grignoter un petit quelque chose ? Je regardai Edward vérifier la bouche de son réservoir avec attention : quelques gouttes de fuel avaient débordé de la pompe et s'étalait à présent sur la carrosserie, juste au dessus des pneus arrières. Il sortit un mouchoir de sa poche et l'essuya en grimaçant.
Ouais, j'avais clairement pas intérêt à grignoter dans la voiture.
« Je vais à l'intérieur, tu veux quelque chose ? » Lançai je, déjà à mi chemin.
Il releva les yeux vers moi puis regarda le magasin miteux d'un œil mauvais. « Non. Je viens avec toi. »
J'arquai un sourcil narquois. « Quoi ? Tu veux laisser ton ''250-000-dollars-sur-quatre-roues'' pour m'accompagner dans un magasin pourris ? Oh ! C'est trop chevaleresque de ta part, Cullen ! » Charriai je.
« Tu sauras que l'Aston, c'est la voiture des gentlemen. » Sourit il. Une nouvelle fois ce sourire à faire fondre les petites culottes.
Nom de Dieu ! J'ai vraiment besoin de sommeil, moi !
Il déplaça la voiture de façon à ce qu'elle soit plus proche de l'entrée du magasin puis la verrouilla en prenant bien soin de mettre l'alarme. Maniaque. Et parano avec ça !
Il m'accompagna à l'intérieur et je sursautai violemment lorsqu'il posa une main au creux de mes reins. Je me retournai vers lui pour le fusiller du regard mais remarquai aussitôt qu'il avait un air très hostile sur le visage. Ce même air hostile qu'il m'avait réservé à notre première rencontre mais là, il était nettement plus effrayant que sexy.
« Je peux vous aider, les amoureux ? » Parla une voix grasse depuis un comptoir en bois tout crasseux. C'était un homme entre deux âges avec une grande barbe brune, une grosse bedaine et un enchevêtrement de tatouages colorés sur son bras dévoilé par son gilet en cuir. Mais ce n'était pas ce qu'Edward semblait dédaigner du regard. A ma gauche, il y avait un type qui observait avec beaucoup trop d'intérêt une bouteille de Pine-sol qu'il tenait dans la main tandis que son autre main était enfouie dans la poche de sa veste… Il était grand, brun, très proche du genre ténébreux avec une belle peau tannée. Mais il avait l'air dangereux. Très dangereux. Et la scène, avec la lampe à néon qui grésillait au fond du magasin, lui donnait des airs de serial killer. Sentant sûrement mon regard insistant sur lui, il me dévisagea à mon tour et son expression à cet instant fut remplie d'une telle concupiscence qu'elle aurait pu faire fuir toutes les filles du continent américain en un battement de cil.
« Non, on se débrouillera. Merci. » Répondit Edward d'une voix dure et assurée, sans quitter le type du regard.
Doucement, il enroula son bras autour de ma hanche et se pencha à mon oreille. Son souffle chaud me fit frissonner de la tête aux pieds. « Dépêche toi, ma puce, je t'attends ici. » Me souffla t il d'une voix étrangement tendre avant de déposer un petit baiser sur le coin de ma mâchoire. Je me mordis fortement la lèvre inférieure pour m'empêcher de gémir. La situation n'était foutrement pas appropriée. Je sais même pas ce qu'il me prenait, je n'étais pas aussi… Sensible, d'habitude.
J'ai vraiment, vraiment besoin de sommeil.
Lorsqu'il me poussa à avancer vers l'allée, je me rendis compte que j'avais été complètement tétanisée par sa proximité. Je lançai un regard hésitant vers le vendeur et je vis qu'il me souriait de façon moqueuse… Il avait du entendre ce qu'Edward m'avait chuchoté. Ou prétendu chuchoté. Merde, c'était une mise en scène.
Le gars au Pine-sol me suivit du regard mais ne bougea pas d'un pouce car il était surveillé de près par Edward. Je me faufilai maladroitement à travers les étagères, toujours un peu confuse, avant de me trouver devant les frigos. Je pris rapidement une cannette de Redbull. Puis pensai à Edward et en pris une autre. Je regardai avec envie les paquets de Hot-Pocket au rayon surgelé mais quelque chose me disait qu'Edward n'aimerait pas s'attarder ici à réchauffer ça alors je pris deux yaourts aux fruits et deux paquets d'Oreos sur l'étagère le plus proche avant de revenir sur mes pas.
Je me présentai rapidement devant la caisse et remarquai que le gars flippant était toujours là. Je soufflai de soulagement en voyant qu'Edward m'attendait toujours au même endroit. Dès que j'arrivai, il se colla à moi, plaçant à nouveau un bras possessif autour de ma taille.
« Ça fera dix huit dollars quarante cinq. » M'annonça le vendeur en sortant un sac en plastique pour emballer mes acquisitions. J'allais sortir mon porte monnaie mais Edward bloqua ma main et tendis un billet de vingt.
Pendant que le gros vendeur cherchai la monnaie, Edward me fila ses clés et me chuchota de façon à ce que je sois la seule à entendre: « Démarre la voiture et tiens toi prête à foncer. »
J'acquiesçai nerveusement et me rendis compte… Que le putain de karma avait encore frappé ! Je me figeai en entendant un mouvement derrière moi. Je me retournai prudemment vers le type louche. C'était bien ma putain de veine ! Une main dans la poche de la veste, j'aurais du trouver ça bizarre ! Les mecs préfèrent la poche de leur pantalon. Les mecs non armés !
Merde !
Je récupérai mes choses et Edward fit semblant de s'attarder sur un paquet de cigarette au comptoir alors que sa main me poussai, me faisant signe de sortir.
Je m'exécutai nerveusement, trébuchant sur mes propres pieds, tellement j'avais les jambes en coton. Une fois dehors, je désactivai l'alarme de la voiture. J'entrai côté conducteur, posai les provisions sur la petite plage arrière derrière les repose-têtes puis j'ajustai rapidement le siège –Edward devait vraiment avoir de longues jambes pour s'asseoir aussi loin du volant. Je soufflai et démarrai. Le V12 rugit avec cette légère explosion annonciatrice de puissance imminente mais je n'avais pas vraiment la tête à ça en ce moment, l'angoisse et l'attente faisant virevolter mes pensées. Je songeai à boucler ma ceinture mais d'abord, j'entrouvris la porte du côté passager en me penchant au maximum sur la droite. Juste au cas où Edward…
Bang ! Bang !
Oh putain de bordel de merde !
« Fonce ! » Rugit Edward alors qu'il venait de sauter sur le siège avant.
J'obtempérai, l'esprit en vrac et le véhicule fonça. Je fus reconnaissante d'avoir été une petite délinquante à bord de mon ancien Camaro parce que si cela n'avait pas été le cas, j'aurais été terrifiée par la puissance de cette voiture. La Vanquish accélérait à une vitesse hallucinante alors que les pneus commençaient à couiner contre l'asphalte, adhérant au sol malgré ma conduite désordonnée. Mon pied était enfoncé sur le champignon mais lorsque nous fûmes suffisamment éloignés de cette station maudite, je relâchai doucement l'accélérateur.
Mon adrénaline décéléra considérablement avec la vitesse… Alors, seulement je commençai à sentir mes doigts trembler sur le volant, la moiteur de mes paumes couvrant le cuir sous mes mains. Je me garai aussitôt sur la bas côté de la route. Je ne voulais pas hyper ventiler, là, alors que je conduisais cette voiture de rêve.
« Au-Aussi incroyable que soit t-ta voiture, je-je… » Bégayai je.
« Ok. Descends, je vais conduire. » Comprit il.
Je déglutis durement et acquiesçai, reconnaissante. Nous échangeâmes nos places et rapidement, il remit le bolide en route. Je soufflai de soulagement… Je n'étais pas taillée pour conduire une V12 pour ce soir. Le V de la vitesse pourrait vite tourner en V de la victime.
« Oh mon Dieu. Il était armé ! » M'horrifiai je, après quelques minutes, les mains partout sur mon visage.
« Oui, je sais. Ça va, toi ? » Dit il calmement. Je le regardai, ahurie.
« Moi ? C'est à moi de te poser cette question ! Tu étais à l'intérieur lorsqu'il a ouvert le feu ! »
« Je vais bien… Je crois que je n'ai jamais couru aussi vite de toute ma vie. »
« E-Et le vendeur… Est-ce qu'il a été touché ? »
« Je… » Il hésita, me jeta un coup d'œil puis : « Je n'en sais rien. Tout ce que je sais, c'est qu'il avait aussi un fusil et qu'il l'attendait de pied ferme. »
Un silence lourd s'installa puis il poursuivit : « Désolé pour la petite scène, c'était pour lui faire comprendre qu'il y passera s'il ose… Mettre la main sur toi. Je veux dire… Nous étions en supériorité numérique et je savais qu'il voulait aussi la voiture, il a du nous cibler lorsque nous sommes… »
« Oui. Non, c'est bon… Je comprends, Edward. » L'interrompis je, sentant l'angoisse se dissiper.
Son froncement de sourcil fut éclairé par les feux de la voiture que nous venions de croiser.
« Quoi ? » M'enquis je en voyant son visage si… Crispé.
« Rien… Tu n'es pas censée être complètement hystérique, là ? » Dit il, sincèrement choqué. Pourtant, je me sentais déjà hystérique. Mais je ne devais pas vraiment donner cette impression.
« Euh. J'en sais rien. » Répondis je honnêtement. « Je sais que l'adrénaline est redescendue mais je crois que je n'ai pas encore toute ma tête. »
« Non, je ne parle pas de ça ! Juste… Tu n'es pas censée être complètement choquée et dire des trucs, je sais pas, genre : 'Tu aurais pu faire quelque chose ?'»
Je le regardai, incrédule : « Quoi ? Qu'est ce que tu aurais pu faire ? » Lançai je vivement. Et avec évidence.
Il ria, un de ces rires nerveux que l'on a lorsqu'on est passé pas très loin de la mort. Je crois qu'il est bien plus hystérique que moi… Et beaucoup moins logique aussi. « C'est dingue ! Tu n'es pas sidérée que j'ai laissé ce vendeur faire face seul à un braqueur armé ? »
Je ne voyais vraiment pas où est ce qu'il voulait en venir. « Il était armé aussi ! Edward… Tu es sûr que tu ne veux pas te garer pour reprendre tes esprits? Tu es… Bizarre. »
« Qui? Moi? Ce n'est pas moi qui suis bizarre! C'est toi et… Ta réaction. » Fit il en me désignant d'un geste de la main.
« Hein ? En quoi est ce bizarre de fuir lorsqu'on est sans défense face à un… » Et ce fut là que je compris ce qu'il voulait dire : je ne réagissais pas comme les autres filles. D'autres auraient crié, pleuré, n'auraient pas pu démarrer la voiture, se serrait jeté dans la falaise… Ou l'auraient tout simplement accusé.
« Donc… Tu n'es pas une de ces filles qui espèrent que l'homme qui les accompagne soit un… Super héro non déclaré ? » Il avait l'air… Sceptique. Mais sérieux.
Je roulai des yeux. « Je ne suis pas une petite fille, Edward, je ne crois ni au super héro et sa cape volante ni au prince charmant et son cheval blanc. »
Jolie façon de parler à quelqu'un qui vient tout juste de me sauver la vie… Pff.
« Oh. » Il semblait surpris. Et encore plus perturbé. « Et en quoi est ce que tu crois alors ? »
Je souris. C'était l'occasion pour le remercier. Discrètement. « Eh bien… Peut être au gentleman et son Aston Martin. »
Mais une fois les mots sortis, je me mordis furieusement la lèvre inférieure… Merde. Je viens de dire avec une bien trop grande ferveur que je crois en lui. Franchement, bravo, Bella. Tu fais fort dans le sentimentalisme en ce moment.
Sûrement encore le manque de sommeil qui frappe.
Heureusement pour moi –et mon petit égo-, Edward ne fit aucun commentaire, se contentant juste d'émettre un petit sourire énigmatique.
L'atmosphère était de plus en plus détendue entre nous alors que dépassions enfin le panneau annonçant notre arrivée imminente sur Forks. Et je me rappelai soudain la hargne qu'Edward avait eue à mon égard lors de notre première rencontre. Je fronçai les sourcils en me rendant compte que durant tous ces kilomètres enfermés avec moi, il semblait tout à fait à l'aise, presque amical et avait même essayé de me faire la conversation. Est-ce que toute sa méprise envers moi a vraiment disparu, juste comme ça ? Est-ce qu'il comprenait maintenant que je ne profitais pas vraiment de son père ? Est-ce qu'il me voyait à présent différemment que la garce qu'il croyait que j'étais ?
C'était un peu rapide, voire suspect mais je n'avais aucune envie de m'y attarder. Aussi, je me contentai juste d'haussze les épaules en baillant… Carlisle a sûrement du lui expliquer ma situation dans les détails. Et même si j'avais horreur d'être prise en pitié, je savais que mes conditions étaient plutôt tristes. Ouais. Même le plus impassible des rochers fondrait en larmes devant mon histoire tragique… Ouais, bon, j'exagère encore mais tout ça pour dire que… On s'en fiche ! On m'a offert un voyage sans accroc à bord d'un coupé chimérique, je n'allais certainement pas faire ma salope et me plaindre.
Je grimaçai légèrement lorsque la fine pluie maudite de Forks nous accueillit, recouvrant lentement mais sûrement le bitume et le pare-brise.
Bon retour à la maison, bébé.
Ressentant un petit creux (certainement du aux récents évènements), je me retournai et farfouillai dans le sac contenant ma petite course. J'en sortis un paquet d'Oreos et un yaourt.
« Ah non ! » Protesta Edward. J'aurais du m'en douter.
« Quoi ? Je peux pas manger dans la voiture ? » Raillai je. Cool. Mon sarcasme est de nouveau fonctionnel.
« Non. » Dit il avec évidence.
Je soupirai. « T'es lourd ! Et si je meurs de faim ? »
« Je… C'est… Y'a une cantine à l'hôpital ! » Argumenta t il.
« Tu veux rire ? On y mange que de la merde ! Et puis… Bon, d'accord, je n'ouvre pas les biscuits, je vais juste boire mon yaourt. Ça te va ? C'est ce qu'on appelle un compromis, non ? »
« Non. » S'obstina t il.
Comme si ça allait m'arrêter.
Tant pis. J'ouvris quand même ma bouteille et bus le laitage sous ses yeux noirs de colère. Il se mettait vraiment en rogne pour un rien mais putain… Qu'il était sexy lorsqu'il était…
A cette pensée déplacée, j'avalai de travers et m'étouffai royalement avec l'épaisse mixture… Avant de tousser bruyamment et d'en recracher un peu sur la console centrale. Oh oh !
« Putain, Bella ! »
Et il se gara sans aucune douceur avant de me gueuler dessus pendant quinze bonnes minutes.
La nuit allait être foutrement longue.
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« Suivez moi, s'il vous plait. » Nous pria une infirmière minuscule après que je me sois présentée à l'accueil.
L'hôpital de Forks avait pas mal évolué depuis ma dernière visite… Maintenant, au lieu de ce blanc glacial auquel j'étais presque habituée (car j'étais douée pour me casser un truc), les murs arboraient désormais un bleu pastel, léger et apaisant, nettement plus accueillant.
L'infirmière nous dirigea vers la salle de réanimation tandis qu'Edward, toujours renfrogné, me suivait de près. J'ignore vraiment pourquoi il tenait à me suivre mais ce n'était pas comme si j'avais un argument pour l'empêcher de venir aussi.
Les battantes de la porte de la réa s'ouvrirent devant moi et déjà, l'odeur médicamenteuse me monta à la tête. Je n'étais pas dégoutée (eh oh, je vous rappelle que je suis étudiante en médecine), c'est juste que c'était… Horriblement familier.
De hauts rideaux séparaient chaque lit pour donner de l'intimité aux patients mais je trouvais que cela ne servait pas vraiment à grand-chose vu que l'endroit était très silencieux. Normal, il n'était pas loin de quatre heures du matin… D'ailleurs, à ce sujet, ils ont bien sûr failli me refuser l'accès mais ils ont goûté à ma version personnalisée de 'pétasse-furieuse-qui-veut-son-papa' et n'ont pu que se plier. Que voulez vous ? On ne se refait pas !
L'infirmière qui, d'après son badge, s'appelait Patty ouvrit le pan du rideau du fond et nous donna l'accès en s'écartant. Je jetai un regard par-dessus mon épaule pour voir si Edward comptait toujours m'accompagner à l'intérieur… Et je retrouvai aussitôt cette Patty-Pute en train d'enrouler une mèche de cheveux autour de son doigt, tout en essayant de charmer et de baiser mon homme du regard…
Euh…
Mon homme ?
Ouais. Le manque de sommeil et les troubles post-traumatiques sûrement.
Je respirai profondément pour me concentrer sur le vieil homme qui était allongé sur le lit tandis qu'Edward refermait le rideau derrière lui.
Charlie avait l'air… Inchangé. Malgré le pansement sur son front et les tubes qui l'assaillaient, c'était toujours le même Charlie. Même dans son sommeil, il avait toujours cet air revêche, renfrogné, prêt à vous grogner dessus à n'importe quel occasion. Ouais, mon père m'a manqué… Je ne l'ai plus revu depuis quoi ? Un an et demi ?
Je soupirai puis l'étudiante en médecine que j'étais commença à émerger et je pris avidement les notes accrochées au pied du lit. Je lus attentivement les doses de médicaments qu'il a reçus ainsi que les notes particulières du médecin. Edward lut par-dessus mon épaule et chuchota : « Est-ce que tu lis ça parce que tu veux t'occuper les mains ou parce que tu cherches quelque chose de particulier ? »
Je fronçai es sourcils. « Qu'est ce que tu veux dire par là ? »
« On dirait des gribouillages d'un enfant… Sérieux, les médecins n'ont ils jamais appris à écrire dans leurs écoles? »
C'était quoi cette remarque à la noix ?
« Oh ho ! Excellente idée, Edward ! Tiens, comme j'étudie la médecine, je pourrais peut être en toucher un mot au doyen et lui suggérer d'intégrer la calligraphie dans nos matières principales ! Oh, une ordonnance présentable ! Dommage que le médecin ait mis deux heures à la rédiger et que le patient soit justement mort d'impatience. » Crachai je à voix basse.
« Hey ! Ce n'était qu'une simple remarque ! Pourquoi tu t'énerves comme ça? » S'énerva t il. Aha !
« Je ne m'énerve pas, ça, c'est ton truc, on dirait. »
« Quoi, tu veux dire que mon engueulade de toute à l'heure n'était pas justifiée ? Bella, tu as vomi dans ma voiture alors que je t'avais prévenu que je ne voulais pas que tu mange à l'intérieur. »
Je levai les yeux au ciel. « Seigneur ! Edward, je n'ai pas vomi sur tes… Trucs. J'ai juste recraché ce que j'avais dans la bouche. Un peu. »
« Un peu ? Y'en avait partout. » Fit il dégouté.
« Ce n'était que du yaourt. » Me défendis je. « C'était blanc, ton intérieur est tout blanc, ça se marie très bien ! »
« Y'avait des morceaux de framboises ! » Pesta t il.
Est-ce qu'il était foutrement sérieux ? Allait il continuer de me parler d'yaourt aux framboises alors que mon père était allongé comme un légume juste sous mes yeux ?
Je soupirai pour la énième fois et décidai de l'ignorer pour le restant de la nuit. Ou de la matinée dans le cas présent. J'investis rapidement le seul fauteuil disponible de l'espace cloisonné et déposai mon sac à mes pieds.
Et je fixai Charlie sans ciller, attendant qu'il se réveille.
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~o0IMS0o~
(1) Shinedown – Second Chance : Chanson que j'adore et qui correspond beaucoup à Bella je trouve. C'était aussi ma source d'inspiration pour ce chapitre.
Alors, oui, Edward. Je sais que vous l'attendiez toutes au tournant. J'espère que les évènements ont été révélateurs pour vous. Sinon, ne vous inquiétez pas, leur petit voyage est loooin d'être terminé (et l'on n'a touché qu'au yaourt aux framboises !) !
Allez ! Au prochain chapitre, vous aurez le plaisir de rencontrer Charlie et peut être encore plus de Bella/Edward. :B
A présent, je me retire avec ma gueule de bois presque permanente.
Oh et…Un review et Edward vous laisse grignoter dans sa voiture ! :p
A bientôt les amies.
Areka.
