Hello ? Euh… Y'a encore quelqu'un ? *se fait toute petite*. Tout d'abord, je tiens vraiment à m'excuser auprès de celles à qui j'ai promis par MP que ce chapitre serait publié plus tôt. La honte de ma vie. Si vous êtes encore là, je vous suis infiniment reconnaissante de ne pas avoir jeté mon histoire aux oubliettes. Merci à toutes celles qui m'ont lues et commentées, notamment les anonymes: Nodame608, Jen, Laurie, Lily et Miou21. Quant à celles qui ont des comptes, je vous ai envoyé un MP.
J'espère que cela vous plaira.
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Chapitre 8 :
Money Talk
Car tout a un prix
Voici celui de l'accalmie
Angela parlait beaucoup ces derniers temps… J'ignorais pourquoi elle ressentait soudain le besoin de combler nos silences par des mots que je trouvais parfois inutiles mais elle n'arrêtait pas de parler des partiels qui planaient déjà au dessus de nos tête, de sa mère qui comptait sur elle pour finir major de promotion ou encore, du fait qu'elle n'avait plus de vie en dehors de la fac. Je n'étais pas vraiment pratiquante du 'partage d'angoisses entre fille' mais je fis quand même des efforts pour l'écouter, acquiescer au bon moment et même émettre quelques commentaires agacés lorsque le sujet venait tourner autour des nos sadiques professeurs. Aussi anodines que nos conversations pouvaient être, cependant, je me surpris à apprécier de plus en plus la compagnie de cette fille. Elle était simple, facile à vivre et exceptionnellement gentille. Et surtout, je n'avais besoin de prendre ni pincette ni détours pour parler… Ou pour agir. Elle acceptait la différence avec tellement de décontraction que c'en était déroutant.
« Hum, Bella ? » Hésita Angela, me tirant de mes pensées. Je levai les yeux vers elle et vis qu'elle était en train de compulser son cellulaire, l'air concentré. « Je suis désolée, je ne pourrais pas prendre un nouveau locataire, finalement. Ma mère a décidé d'envoyer ma cousine à Seattle pour trouver du travail, je suppose que je vais devoir l'héberger le temps qu'elle retombe sur ses pied. »
Ah, oui… Deux semaines après ma petite escapade à Forks, j'ai décidé de prendre… Certaines choses en main. La situation trainait en longueur et je ne faisais que retarder les échéances en restant chez Carlisle. J'ai cru qu'il allait péter une durite lorsque je lui ai annoncé que je voulais prendre un appart'… Et peut-être aussi un petit boulot qui m'aiderait à subvenir à mes besoins. Croyant que je faisais une dépression suite à ce qu'il s'était passé avec Charlie, Carlisle avait alors fait quelques concessions avec son boulot afin de passer un peu plus de temps avec moi, à la maison. Ce qui était assez absurde vu qu'il finissait toujours par donner des instructions par téléphone avant de se précipiter sur ses clés après un « J'arrive tout de suite. »… Cela ne faisait que me conforter dans l'idée que je représentais un fardeau pour lui et que si je voulais que mes problèmes soient réglés, je devais surtout y mettre du mien. Et très vite.
« Non, ce n'est pas grave. Je n'ai qu'à continuer de chercher… De toute façon, je n'ai pas encore écumé tout Fremont. » Répondis je tranquillement.
« Tu pourras aussi voir du côté de Magnolia. J'y suis déjà allé, une fois… Plein d'étudiants de Pacific habitent là bas. »
« Ouais, je vais voir tout ça dès cet après midi… »
Elle acquiesça et commença à triturer ses doigts. « Et en attendant ? Tu ne m'as jamais dit où est ce que tu vivais. »
Je relevai une nouvelle fois les yeux vers elle et je vis qu'elle évitait soigneusement mon regard. Elle avait l'air embêtée… Mais il y avait de quoi. Je venais parfois à la fac avec Carlisle lorsqu'il devait donner des cours très tôt. Seuls quelques étudiants l'avaient vu descendre de la voiture avec moi mais bien sûr, c'était suffisant pour faire jaser tout Seattle Pacific et Angela a du en entendre parler. Je soupirai.
« J'habite à Montlake pour le moment. Chez le professeur Cullen. » Expliquai je. « C'est un ami de ma mère. » Ajoutai je sur un ton beaucoup trop défensif à mon gout.
« Donc… Tu vis avec un de tes professeurs. » Souffla t elle plus pour elle-même. « Mais n'est ce pas prohibé ? Je veux dire, est ce que ce n'est pas un peu… »
« Malsain ? Bizarre ? Non. Je le connais depuis des années. Il a toujours été comme un père pour moi. »
« Ah. Je vois. » Acquiesça t elle. « C'est bon alors. Je suis désolée si je t'ai donné l'impression de te juger, c'est juste que Jessica… »
« Ouais, c'est Jessica, quoi ! »
Nous rîmes de concert et continuâmes d'avancer vers le parking alors qu'elle se relançait sur un autre sujet beaucoup moins tendancieux. Nous n'avions pas cours cet après midi, ni demain matin d'ailleurs… Pour sa part, Angela prévoyait d'aller rendre visite à sa mère, à Tacoma, mais avant ça, elle voulait m'aider à trouver mon nouvel appart'.
Nous débouchions sur le parking et étions encore en train de rire à propos de tout et de rien lorsqu'Angela se figea légèrement à mes côtés, arborant subitement un petit sourire gêné sur les lèvres. Lorsque je relevai la tête, je compris pourquoi.
Garé à côté de la Volvo que j'empruntais régulièrement à Carlisle, je ne pouvais pas le rater et encore moins l'ignorer… Entre autre à cause de l'Aston Martin grise qu'il conduisait. Et aussi à cause du regard de braise avec lequel il nous fixait sans aucune gêne.
Edward.
Bras et jambes croisés, il était appuyé contre le flanc de sa voiture avec l'air de s'ennuyer ferme. Son corps longiligne était moulé dans ses éternels habits sombres, accentuant comme toujours sa pâleur tranchante et le cuivre de ses cheveux. Si l'on pouvait embouteiller le sex-appeal d'Edward, le flacon porterait sans doute le nom « Arrogance ». Ou tout simplement « Concentré de Phéromone ».
Un petit sourire condescendant étira ses lèvres lorsque nos regards s'accrochèrent et je ne sus pas trop pourquoi je lui souris en retour.
« Tu le connais ? » Couina Angela à mes côtés.
Mais je n'eus pas le temps de répondre car nous étions déjà arrivées à la hauteur d'Edward.
« Qu'est ce que tu fais ? Est-ce que tu me suis ? » Raillai je gentiment.
« Si seulement je n'avais que ça à faire, suivre de jolies filles ! » Soupira t il en un geste théâtral et je me retins d'éclater de rire.
« Hum, ouais. Angela, je te présente Edward, Edward, Angela. »
« Enchantée, Angela. » Roucoula t il tout en pulvérisant ma nouvelle amie avec un de ses sourires charmeurs. Et un ouragan de phéromone, un ! Je levai les yeux au ciel.
« Euh… De même. » Bégaya une Angela rubiconde.
« Alors… Je suppose que je me pointe au mauvais moment. Vous vous apprêtiez à avoir un après midi entre fille, je me trompe ? »
Je laissai Angela lui répondre car la question semblait plutôt s'adresser à elle.
« Oui, nous allons visiter quelques appart'… » Fit elle, toujours rougissante sous les yeux scrutateurs d'Edward. La pauvre. Je savais très bien quel effet ça faisait de rencontrer Edward Cullen pour la première fois, quand bien même je ne pouvais pas le voir en peinture.
« Oh ? Ici, à Fremont ? Pourquoi pas Magnolia ? »
« C'est justement ce que j'avais proposé à Bella ! » S'exclama Angela en se tournant vers moi avec enthousiasme. « Mais bon, je suppose qu'elle voudrait surtout un appart' aux alentours de Pacific. »
A la dernière phrase, la tête d'Edward se tourna si brusquement vers moi que j'aurais juré avoir entendu ses os craquer.
« Tu déménages ? » Demanda t il abruptement. J'arquai un sourcil face à sa réaction assez… Brutale et inattendue. Savoir que j'aillais déménager l'affecterait il de quelques manières que ce soit ? Bien sûr que non ! Nous n'étions même pas amis… Les rares fois où je l'avais vu après notre voyage à Forks se résumaient aux brefs sauts qu'il faisait de temps à autres chez Carlisle. Il venait parfois pour récupérer quelques affaires ou pour travailler dans le bureau de son père mais il ne m'avait jamais vraiment calculé.
« Oui. Je ne vais tout de même pas abuser de l'hospitalité de Carlisle. »
« Ah. Eh bien, c'est dommage. Je comptais te proposer une toute autre activité… » Fit il, mystérieux.
« Quel genre d'activité ? » Me méfiai-je.
« Oh, rien spécial, vraiment. Carlisle m'a dit que tu n'aurais pas cours et… Je me suis dit que cela faisait longtemps que l'on n'a pas… Trainé ensemble. »
Je lui fis les gros yeux, totalement ahurie, tandis qu'il fixait un point invisible par-dessus mon épaule. Non, mais j'hallucine ! Trainer ensemble. Sérieusement, Edward ?
« Je vais devoir décliner, Edward. J'ai déjà promis à Angela ici présente de la raccompagner à la gare après notre sortie. »
« Oh. Eh bien, c'est dommage. » Répéta t il, un peu contrarié. « Vraiment dommage. J'imagine que… Je ne peux pas insister. » Il essaya de sourire mais le résultat fut une grimace crispée. Je lui adressai un nouveau regard incrédule. C'était quoi son problème ?
« Oh, vous savez, je peux zapper l'après midi et aller directement à la gare. Ma mère serait vraiment ravie de m'avoir un peu plus tôt à la maison. » Intervint Angela. Je me tournai vers elle, assez confuse et elle m'offrit un clin d'œil de connivence. Qu'est ce que… « Bella n'a qu'à me déposer chez moi et ensuite vous pourrez aller visiter des appart' ensemble ou faire vos… Autres activités. »
Oh. Est-ce qu'elle était en train d'imaginer ce que je crois qu'elle était en train d'imaginer ?
« Ah oui, ça ne te dérangerait pas ? » Fit doucement Edward et Angela secoua la tête. Mais moi, je restai méfiante. Il voulait un peu trop passer cet après midi avec moi pour que ce soit juste une simple invitation... « Bella ? »
« Euh, je… Angela, tu en es sûre ? »
« Certaine. » Acquiesça t elle avec aplomb. « Et puis, ce n'est que partie remise. Ce n'est pas comme si tu allais te décider et déménager en un seul après midi. »
Angela pense t elle vraiment que j'avais envie de passer du temps avec Edward plutôt qu'avec elle? Bon, d'accord, il se peut qu'Edward soit un peu plus agréable à l'œil mais cela ne voulait pas impérativement dire que je préférais passer du temps avec lui qu'avec une bonne copine. Et puis, lui et moi… Nous sommes toujours des inconnus l'un pour l'autre.
Oui, et alors ? Peut être qu'il serait temps de changer ça ?
Peut être. Mais en avais-je vraiment envie ? Et surtout, en avait-il vraiment envie ?
« Alors ? Qu'est ce que tu en penses, Bella ? » M'interpella une nouvelle fois Edward. Mais je n'avais pas beaucoup écouté.
« De quoi ? » Fis je.
« Eh bien, tu déposes Angela chez elle pendant que je ramène ma voiture à Montlake ? Tu viendras me chercher après. »
« Oh ! Ok. Je… On y va. »
Et sur ce, je me repris, montant rapidement dans la Volvo avec Angela. Alors que je bataillais pour mettre ma ceinture, je vis d'un coin de l'œil qu'Angela était encore en train de scruter les faits et gestes d'Edward. Comme une fan hystérique. Ha.
« La dernière fois que j'ai parlé avec un mec aussi canon, j'ai renversé du jus de mangue sur son pull en cachemire… » Dit elle d'une voix lointaine.
J'arquai un sourcil interrogateur face à l'incohérence de sa phrase.
Parce que : un, je savais qu'Angela n'aimait pas les mangues. De deux, un mec hétéro ne porte normalement pas du cachemire. Et trois… Même si je me complaisais à penser le contraire, je ne pense pas avoir déjà rencontré un mec aussi canon qu'Edward. Mais ça, c'est un secret que j'emporterai jusqu'à ma tombe.
« Il est assez impressionnant, je l'avoue. » Fut ma seule réponse.
« Assez impressionnant ? » S'offusqua t elle alors que je démarrai, suivant Edward de près. « Oh ! Je t'en montrerais moi, des mecs assez impressionnants ! Edward, lui, il est… Parfait ! Tu as vu ses cheveux ? Et ses yeux ? Je ne parle même pas de sa voix ou de son sourire… Nom de Dieu, il est… »
« Canon, je sais. » Soufflai je, assez exaspérée.
« Et gentil. » Souligna t elle comme si c'était fondamental.
« Il est surtout manipulateur, sarcastique, colérique et maniaque. Mais après, que tu aimes ou pas, ça dépend de tes principes philosophiques. » Ripostai je spontanément. Elle me fixa avec de gros yeux incrédules et légèrement… Déçus. « Quoi ? »
« Lui et toi, vous… Enfin, tu sais. »
« Quoi, lui et moi ?... Oh, non ! » M'esclaffai je bruyamment en voyant où elle voulait en venir. « Non, non. Je t'arrête tout de suite. Ça, c'est… Non. »
« Ah. Mais pourquoi est ce que tu… Est-ce qu'il est… Chasse gardé ? » Dit elle timidement et je fronçai les sourcils.
« Je n'en sais foutre rien. On se connait à peine ! Et puis, la seule raison pour laquelle j'arrive à le tolérer, c'est juste parce qu'il est le fils de Carlisle. » Mentis je ouvertement. La plupart du temps, je le tolérais surtout parce qu'il avait une gueule peu désagréable.
« C'est le fils du Docteur Cullen ? » S'étonna t elle et elle scruta un peu plus la voiture d'Edward qui roulait devant nous comme si elle espérait qu'il s'arrête afin qu'il puisse répondre à sa question. « Ils ne se ressemblent pas du tout. » Commenta t elle.
« Ouais, je sais, c'est parce qu'Edward est… » Adopté. Je ne sus pas pourquoi je n'arrivai pas à le dire. « Disons qu'il tient tout de sa mère. »
Je ne saurais jamais pourquoi j'avais eu besoin d'omettre la vérité mais je l'avais fait.
Vingt ans que je me foutais royalement de tout ce qui sortait de ma bouche ou de qui savait quoi à propos de qui et tout d'un coup… Je fais preuve d'un peu de respect. Envers Edward et sa vie de famille.
Sur le moment, cela me semblait si juste.
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« Alors ? Qu'est ce qu'il se passe ? » Questionnai je immédiatement dès que je me retrouvai seule à seul avec Edward. J'étais descendue de la voiture, franchement étonnée qu'il m'attende devant l'immeuble et non pas au sous sol.
Il avait l'air plus contrarié qu'il y a cinq minutes, une ridule traçant dangereusement entre ses sourcils.
« Montes côté passager ! » M'ordonna t il alors que lui-même s'installa derrière le volant. J'obtempérai, un peu confuse.
« On ne va pas visiter des appartements, pas vrai ? » Fis je alors qu'il démarrait.
« Non. Non, on s'en va juste faire un tour. Loin d'ici. »
« Tu sais que c'est une réplique de serial killer, ça ? » L'informai je.
« Crois moi, Isabella… Lorsque tu comprendras, tu me remercieras de t'avoir tiré de là. » Fit il, imperturbable.
« Tiré de quoi ? »
« Je t'expliquerai plus tard. Pour l'instant, je veux que tu voies quelqu'un. »
Quoi ?
Okay. Stop. Rembobinage.
Non, il a bien dit : je veux que tu voies quelqu'un.
« Tu veux ? Qu'est ce que ça veut foutrement dire ? Que je dois me plier à ta putain de volonté maintenant ? » M'énervai je.
« Du calme, Isabella. »
« Du calme ? Du. Calme ?! Je te signale que tu es en train de m'emmener je ne sais où pour faire Dieu sait quoi avec Dieu sait qui ! Tout ça alors que nous ne nous connaissons toujours pas. » M'insurgeai je.
« Ah… Alors c'est ce que tu crois ? Que nous sommes encore des inconnus l'un pour l'autre ? » S'irrita t il à son tour.
« Et que veux tu que nous soyons d'autre ? Des cousins du second degré du côté de nos pères, peut être? Tu crois que nous avons joué au bac à sable, plus petit ? Oh mais où avais je la tête ! Voyons, c'est clair que nous deux, c'est le grand amour car nous aimons bien trainer ensemble ! Le seul hic de l'histoire, tu vois, c'est que moi, je n'étais pas du tout au courant de ça! Alors voilà ce que tu vas faire, tu vas arrêter cette putain de voiture, tu descends, je retourne à mes putains d'occupations et tout le monde est c-… »
La voiture s'arrêta brusquement dans un couinement sinistre, me projetant en avant. Je fus forcé de me cramponner à mon siège pour ne pas passer à travers le pare-brise. Tout air avait quitté mes poumons alors que mon pouls battait à mes oreilles, me figeant sur place. Putain de merde !
L'enculé !
« Bon, ça y est, t'as fini d'hystériser ? » Cracha t il en me fusillant du regard. Un regard noir que je lui rendis au centuple d'ailleurs. Je mourrais d'envie de lui asséner une putain de répartie bien placée mais j'avais foutrement perdu ma langue !
« Ecoute, Isabella. » Se reprit il, plus calme. « Aussi incroyable que cela puisse te paraitre, je ne tiens pas à te causer du tort, ok ? Ce que je te demande n'est pas si difficile, je veux juste que nous entrions dans cet immeuble et que… »
Au mot 'immeuble', je relevai les yeux pour regarder aux alentours et… Oh non.
« Pourquoi tu fais ça, Edward ? » Soufflai je, consternée.
« C'est dans l'intérêt de tout le monde. » Fit il tout simplement avant de descendre de la voiture.
Je n'avais pas vraiment prévu de parler à Renée de si tôt. Ou devrais je dire : je n'avais pas vraiment prévu de rouvrir le dossier 'Renée' de si tôt. Depuis mon retour de Forks, j'avais soigneusement mis une épaisse parenthèse sur ce qu'il s'était passé là bas et ce, quand bien même Carlisle avait cherché à savoir. Je ne lui en ai jamais touché un mot.
Je ne voulais pas en parler. Je ne voulais pas me prendre la tête. Point.
Mais apparemment, après trois semaines sans l'avoir revu, Edward choisissait toujours invariablement de faire la chose qui m'horripilait le plus. Et une fois de plus, il se mêlait de ce qui ne le regardait pas.
M'emmener chez Renée ! Comme si ce qu'il avait fait à Forks ne suffisait pas ! Dégoutée par la situation, je ruminai silencieusement mes idées noires tout en emboitant les pas de l'autre imbécile. Je voulais… Frapper son visage d'aristo hautain mais déjà, nous nous retrouvions devant la porte de mon ancien Penthouse. Edward sonna avant de se tourner vers moi avec un regard navré.
Comme s'il n'avait eu pas le choix.
Enfoiré !
« Je t'attends dans la voiture. » Dit il en s'apprêtant à tourner talons mais je l'arrêtai net.
« Parce que tu crois pouvoir t'en tirer comme ça ? » Putain d'enfoiré ! « Si nous sommes ici, c'est par ta faute alors tu vas foutrement expliquer à ma mère que je n'ai rien à lui dire et que c'est toi qui as… »
« Bella ? Edward ? Qu'est ce que vous faites ici ? »
Nous sursautâmes et nous tournâmes comme un seul homme vers le couloir. Cette voix, c'était… Eh merde. Là, au beau milieu du couloir, se tenaient Carlisle et Renée, bras dessus bras dessous. Je les fixai, complètement coïte, alors qu'une expression de colère pure peignait le visage d'Edward. Carlisle était pâle comme un linge mais vu le regard fuyant et la rougeur persistante qui colorait le visage de ma mère, ils avaient du bien s'amuser avant notre venue.
« Que se passe t il, ici ? » M'enquis je, croisant mes bras.
« Comme si on avait besoin de demander ! » Ricana froidement Edward. Carlisle baissa instantanément les yeux vers le visage de Renée et ils eurent cette espèce de conversation silencieuse qui faisait tellement partie des clichés de couple.
Clichés de couple.
Cliché. De. COUPLE.
Putain. De. Merde.
« Vous n'avez pas fait ça ! » Fis je dans un chuchotement horrifié. « Carlisle, tu… Dis moi que tu n'as pas ça ! Ce n'est qu'une… Merde ! Depuis quand ? »
« Bella » Intervint Renée, les yeux déjà humides. « Je ne pense pas que ce soit l'endroit idéal pour -… »
« Toi, tu te tais ! » Claquai je en la pointant du doigt. « Je ne veux pas de tes explications morbides ni de tes larmes de crocodiles ! Cela ne t'a pas suffi de gâcher ma vie, il faut aussi que tu gâches celle des autres ? A quoi est ce que tu joues, hein ? Tu te crois dans un cirque ? Passer d'un manège à l'autre sans temps d'arrêt et ce, sans payer le moindre centime? Il faut toujours que tu passes d'un homme à l'autre à chaque tournant de ta vie sans te soucier des conséquences? Tu… Ne peux-tu donc pas te débrouiller une seule putain de fois dans ta vie de merde ? »
« Bella ! Je ne te permets pas de parler comme ça à ta propre mère ! » S'insurgea Carlisle.
Quoi ? Sérieusement ? Etait ce une putain de camera cachée ? « Il faut bien que quelqu'un le fasse vu comment elle t'a enrôlé, toi aussi ! Tu étais au courant depuis quand ? » Grognai je en me tournant vers Edward.
« Il y a quelques jours. » Grinça t il entre ses dents sans lâcher son père des yeux.
« Eh bien, merveilleux. Tout est juste merveilleux ! Et vous comptiez me le dire quand ? »
« Bella… »
« Non, Carlisle. Que cela soit clair. Je t'apprécie, il n'y a pas de doute là-dessus. Mais tu es foutrement stupide de retourner t'envoyer en l'air avec cette… »
« Je te conseille de ne pas finir cette phrase, jeune fille ! Je ne te le conseille surtout pas parce que je ne te laisserais certainement pas briser le cœur de ta mère ! »
Le cœur de ma-… Putain, sérieusement ? « Quel cœur, putain ? Son cœur de vipère, peut être ? Ne me pousse foutrement pas à te prouver quel genre de salope elle peut-… »
« Ton langage, Bella ! Et arrête de faire l'enfant. Rentre à l'intérieur, nous allons discuter de tout ça calmement. »
« Waouh. Foutrement paternel, le ton, Carlisle, j'adore ! » Ris je amèrement. « Bienvenu dans la famille… Quoi que… N'oublie pas de faire un contrat de mariage en bonne et due forme si tu ne veux pas te retrouver à la rue dans deux mois. »
« Bella ! » Protesta Renée, presque suppliante, le regard blessé. Oui, blessée. Mais... Putain, rien à battre.
« Quoi ? Cela t'étonne que je sois si au courant de ta mauvaise foi, Renée ? Tu crois que je ne sais pas quel genre de garce tu es ? »
« Ok, maintenant, ça suffit ! » Gronda à nouveau Carlisle.
Son regard était féroce et son expression, tellement dure qu'il en terroriserait plus d'un. Mais je n'en avais strictement rien à foutre.
Si j'appréciais Carlisle, c'était en tant qu'ami et si j'avais voulu qu'il se remette avec ma mère, c'était bien avant que je comprenne que Renée était incapable d'aimer sincèrement quelqu'un d'autre que sa petite personne. Foutue croqueuse de diamants, va… Elle allait juste pourrir la vie de Carlisle. Et de tout le monde.
Mais il n'y avait que moi pour en avoir conscience !
« Ouais. » Acquiesçai je, une boule dans ma gorge. « Ouais, t'as raison, ça suffit. »
Sur ce, je me barrai, passant à côté d'eux sans les regarder. Je fus dans l'ascenseur en un rien de temps et posai ma tête migraineuse contre la paroi froide de la cabine durant ma descente.
Toute cette histoire… Pourquoi cela partait toujours foutrement en vrille lorsque je m'y attendais le moins ? Ou lorsque je me sentais plutôt bien dans ma putain de routine ? Je n'ai été tranquille que trois semaines, finalement et tout ça… Avait jailli de nulle part sans que je ne me sois préparée.
Etait ce pour ça qu'Edward m'avait amené ici ? Pour me faire savoir à quel point ma mère était affreuse dans sa façon de faire ? Pour me faire comprendre que ma vie n'état pas encore prête à devenir un long fleuve tranquille ? Comme si je n'en savais pas déjà assez !
Je passai rapidement le couloir du rez-de-chaussée et claquai la porte derrière moi lorsque j'entendis des pas lourds se précipiter dans ma direction. Je me précipitai à mon tour, m'élançant aveuglement dans les rues de Belltown. Parce qu'il n'y avait foutrement pas moyen pour que je refasse la cosette à Carlisle ou à Renée, même si je n'avais nulle part où aller…
« Isabella ! »
Cette voix, pour quelque raison que j'ignore, eut le don de m'arrêter dans ma course. Je n'eus même pas besoin de me retourner. Edward. Bien sûr. Comment avais je pu penser que cela aurait pu être Renée ? Ou même Carlisle ? Carlisle ne me rattraperait jamais, surtout après la façon avec laquelle je venais de lui parler. Par ailleurs, Edward m'avait déjà recherché à Forks, après l'épisode Charlie… Cela n'aurait pas du me surprendre.
Ceci dit, je ne comprenais toujours pas pourquoi il se donnait la peine de venir me ramasser à la petite cuillère après que cela se soit mal passé pour moi.
J'exagère, bien sûr.
Je n'avais jamais eu besoin que l'on me ramasse à la petite cuillère et de toute façon, Edward m'engueulait plus qu'il ne me réconfortait à chaque fois que les choses devenaient ce qu'elles devaient devenir avec ma veine de merde.
« Tu as oublié quelque chose, Edward ? »
Okay. Je n'avais pas besoin d'être une garce. Mais je ne pouvais pas m'en empêcher.
« Tu as encore l'intention de fuir. » Constata t il.
« Tu as encore l'intention de me suivre ? » Fis je sans me retourner. Je voulais tout envoyer valser et poursuivre mon chemin mais quelque chose chez ce mec était en train de me planter sur place. C'était énervant.
« Je ne crois pas que je viendrais te chercher, cette fois, Bella. Il pourrait facilement y avoir des centaines de balançoires à Seattle. » J'émis un petit rire malgré moi et me retournai enfin pour lui faire face. Il était à moins d'un mètre de moi, son visage anormalement calme, toute hostilité l'ayant déserté.
« Pourquoi est ce que tu m'as amené chez elle, Edward ? » Fut ma seule réponse et ses sourcils se froncèrent légèrement à mon ton accusateur. Mais il s'attendait à quoi ? D'ailleurs, comment, par le diable, savait il où habitait ma mère ? Et comment avait il su pour eux quand moi, j'étais pratiquement paumée ?
« Hum. Je vais t'expliquer. » Fit il. « Mais pas au beau milieu de la rue. Viens, on va faire un tour. »
« Tu sais, la dernière fois que tu as dit ça, c'était i peine une demi-heure et j'ai découvert que ton père était en train de se refaire ma mère. » Il tressaillit à mes mots mais il ne releva pas. « Peut être que cette fois ci, je vais découvrir que tu es le fils caché de Charlie ? »
Il ria tout bas, ses épaules tressautant légèrement, alors qu'il rejetait sa tête en arrière. Par bien des façons, c'était foutrement sexy. « Pas mal, celle là. » Approuva t il. « Allez, amène toi… »
Il tourna les talons et se dirigea d'un pas sûr vers la voiture mais je ne le suivis pas pour autant.
« Tu me dis où, cette fois ? »
« Juste amène toi et tu verras. »
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« Sérieusement, Edward ? » M'indignai je alors que nous pénétrions dans un établissement guindé au possible avec des putains de tapis en velours rouges et des néons bleus italiques à son entrée. McCarthy cela s'appelait. Et c'était un bar.
« Quoi ? »
« Qu'est ce qu'on vient foutre dans un bar ? Il n'est que trois heures de l'après midi ! »
« Et alors ? Je croyais que t'aimais bien siffler des shooters. »
« Oui, mais pas aussi tôt dans la journée. »
« Pour une mauvaise journée, ce n'est pas si tôt. »
« Est-ce que tu es alcoolique ou quelque chose dans le genre ? » Sifflai je. Il se retourna et me fusilla du regard. « Non, parce que franchement, il faut me le dire pour que je puisse me casser avant que les choses ne tournent au vinaigre. »
« Je ne suis pas alcoolique mais j'ai besoin d'un remontant après cette… Longue journée. » Fit il en prenant une table. Bon, peut être que je ne devrais pas râler autant… Après tout, ce n'était pas vraiment un bar comme on en trouvait dans le Far West. En fait, c'était plus un bar lounge et c'était assez classe pour accueillir une star hollywoodienne. Mais la journée n'était pas encore foutrement terminée et la dernière chose dont j'avais besoin était de me saouler.
« Je ne suis pas encore en âge de boire, t'étais au courant ? » Fis je en scannant la foule tout autour de moi.
« Tu vas arrêter de te trouver des excuses ? »
« Tu vas arrêter d'ignorer mes protestations ? »
« Quoi ? T'as peur de te faire attraper ? »
« Je n'ai pas peur mais honnêtement, je n'ai pas très envie de me faire attraper, comme tu dis ! »
« Relaxe, Isabella. Septembre n'est que dans quelques mois de toute façon, je suis sûr que le barman ne te fera pas de scène sur ton âge. »
« Je sais mais je-… Quoi ? »
Je le fixai, la mâchoire pendante. Il… D'où est ce qu'il connait ma date de naissance ?
Il bougea inconfortablement sur sa chaise alors que sa bouche formait une fine ligne, comme s'il voulait s'empêcher de dire une autre bêtise.
Il ferma les yeux, assez exaspéré, lorsque je m'assis finalement face à lui.
Ouais, mon vieux, je veux des explications et tu n'y couperas pas.
Alors qu'il s'apprêtait à parler, un homme de la taille d'un orang-outan sorti de nulle part se planta devant notre table et nous flasha avec un sourire ultra-bright, nous montrant par la même occasion ses fossettes qui le rendaient… Ridiculement moins effrayant. Je clignai plusieurs fois des yeux pour discerner totalement son visage… Ses traits étaient étonnamment enfantins pour un homme de sa carrure, l'on aurait dit un grand bébé mais il avait un charme franc et positif.
« Eh bien, Ed ! Si je m'attendais à ça ! Je croyais qu'aucun Cullen ne foutrait plus jamais les pieds chez moi ! » Dit il bruyamment avant de se tourner vers moi. « Et qu'est ce que tu m'amène là ? »
Euh… C'est moi ou il vient de dire « qu'est ce que tu m'amènes là » comme si j'étais un putain de morceau de viande fraichement livré?
Edward roula des yeux. « Isabella, je te présente Emmett. Emmett, voici Isabella. »
Ledit Emmett me jaugea encore une fois avant de regarder Edward, puis, il hocha la tête avec ce que je crois être un sourire appréciateur. C'est quoi ce bordel ? « Enchanté, Isa. Je suis le beau frère d'Edward. Content qu'il ait finalement choisi une vraie fille pour sortir avec lui. »
« Je ne suis pas sa copine. » M'indignai je.
« Tu n'es pas mon beau frère. » Ajouta Edward, irrité.
« Et vous venez tout juste de ruiner le moment. » Fit il en levant les bras dans un geste de défaite. « Mec ! Je croyais que t'étais enfin passé à autre chose ! »
Il bouda comme un enfant, croisant ses bras énormes sur sa poitrine bombée alors qu'il tapait des pieds. Ce qui était foutrement hilarant vu sa taille.
« Je suis passé à autre chose puisque je suis ici. Et Rose aussi, d'ailleurs. »
Au prénom de Rose, Emmett se redressa, alerte. Il ressemblait à un ours qui aurait vu un banquet de poisson lui passer sous le nez.
« Rose est ici ? » Fit il avec une voix anormalement aigüe.
« C'est tout ce que tu as retenu, mec ? » Railla Edward.
« Putain, ne joue pas avec ça, face de gland, j'ai failli avoir une attaque cardiaque! » Se plaignit-il en fusillant Edward du regard.
« Désolé, vieux… Bon. Ce n'est pas tout ça mais nous sommes ici pour quelque chose alors si tu pouvais te secouer un peu et nous faire un de tes stupides Manhattan, ce serait bien. »
Quelque chose me dit que ce n'était pas le genre de chose à dire à un Grand Ours furax.
« Bouge ton cul toi-même et va chercher ta stupide boisson. Je suis pas ton putain de sous-fifre. » Grogna Emmett avant de tourner les talons.
« La qualité de services reste à désirer, dans ce bar. » Dit Edward assez fort pour que tout les clients et Emmett –que je devinais être le proprio, désormais- entendent.
« Va te faire foutre, Ed ! »
Et il disparut derrière une porte qu'il claqua bruyamment. Edward ria tout bas.
« Il ne m'a jamais beaucoup aimé. » Expliqua t il.
« Pourquoi ? Il a le béguin pour ta sœur et tu as cru bon de lui faire savoir qu'il ne serait jamais assez bien pour elle? »
Il releva la tête vers moi et haussa un sourcil. « D'où est ce que tu sors ça ? Il est sorti avec ma sœur il y a des années ! Cela s'est très mal terminé pour Emmett. Ce n'est pas de ma faute s'il ressent toujours le besoin de rejeter la faute sur quelqu'un. Remarque… Je suis toujours à portée de main lorsqu'il est furax. »
« Alors pourquoi est ce que tu m'as emmené ici, dans ce cas ? » M'enquis je avec éloquence.
Il gigota à nouveau sur sa chaise et marmonna un truc comme 'question de sécurité.' Mais j'avais du mal entendre.
« Quoi ? »
« Je t'ai emmené ici parce que c'est chez Emmett. Au moins, je suis sûr qu'aucun Cullen ne débarquera à l'improviste. Ce qui pourrait arriver avec ta malchance. Je vais chercher nos boissons. »
Et sans plus d'explication, il se leva et se dirigea vers le bar. J'étais légèrement vexée qu'il me fasse remarquer ma malchance légendaire mais j'étais trop occupé à étudier ses dires pour l'engueuler… Aucun Cullen ne débarquerait ici… Qu'étais je censée comprendre ? Je voyais mal Carlisle entrer dans un établissement de ce genre, Carlisle ne boit pas. Quoique Renée pourrait très bien l'y conduire. Elle, je sais très bien comment elle boit… J'ai en quelques sortes appris d'elle d'ailleurs.
Aucun Cullen ne débarquera ici…
Cela n'avait aucun sens, à moins que…
« Je t'ai pris un Blue Lagoon. » Fit il en déposant le cocktail bleu devant moi. « Je crois que je vais être banni d'ici durant quelques mois, le barman a failli mettre du cyanure dans mon verre pour mon petit commentaire. »
« Ta famille est ici ? A Seattle ? »
Et la question fit tilt puisqu'Edward sembla une fois de plus mal à l'aise.
« Seulement Rosalie. Alice et ma mère ne reviennent de la Californie que vendredi. »
Cette nouvelle me rendit tout d'un coup nerveuse, mon corps s'était quelque peu… Glacé. Et mes mains étaient foutrement moites. Pourquoi ? Ce n'était pas comme si j'allais foutrement les rencontrer.
Merde, les rencontrer… Ce serait probablement la pire chose qui pourrait arriver en ce moment.
Et là… Une putain lampe s'éclaira au dessus de ma stupide tête.
« C'est pour ça que tu es venu me chercher à la fac ! » Le pointai je avec un doigt accusateur. « Tu ne voulais pas que ta sœur ait vent de mon existence ! »
Nos regards s'affrontèrent en quelques secondes avant qu'il n'admette.
« … Et que voulais tu que je fasse d'autre, Isabella ? Tu te rappelles de notre première rencontre ? » Fit il, les dents serrées. Oh, je me rappelais très bien de notre première rencontre. « Eh bien, laisse moi te dire qu'avec Rosalie, ce sera mille fois pire ! Elle ne fera qu'une bouchée de toi une fois qu'elle saura qui tu es ! »
Triple enfoiré ! Qu'est ce qu'il voulait dire par là ?
« Excuse moi ? Et qu'est ce que je suis exactement ? »
« Là n'est pas la question. Demande toi juste si tu as envie que quelqu'un te pourrisse la vie pendant les dix prochaines années et si la réponse est non, prends un putain d'appartement ! » S'emporta t il.
C'est quoi ce bordel ? Est ce qu'il était foutrement en train d'essayer de me faire peur avec sa marginale de sœur ?
Ou peut être est il juste en train d'essayer de te protéger ?
Ferme la, putain de conscience à deux balles.
« Tu veux me foutre dehors de chez ton père ? »
« Je ne voulais pas le dire comme ça mais oui. Ce serait préférable. »
Je lâchai un petit rire nerveux alors que je jouais avec le rebord de mon verre. « Tu ne manques vraiment pas d'air. Tu sais que je n'ai peur de personne, Edward ? »
« Je sais. Tu n'as peur de rien. Et c'est vrai. » Admit il sans me regarder dans les yeux mais je pouvais voir le demi sourire qu'il s'empressa de cacher derrière son verre.
« Waouh, un putain de compliment ! Je pourrais presque en rougir. » Ricanai je et il m'adressa un regard mauvais.
« T'es vraiment obligé de parler comme ça ? »
Non mais c'était préférable. Le fait qu'il admette ouvertement que j'étais courageuse faisait déjà de drôles de choses à mon estomac. Des palpitations pas vraiment agréables dont je me serais bien passé.
Après un moment de silence où je savourais mon cocktail bleu –qui était un délice en passant-, Edward parla à nouveau : « Ecoute, Isabella… »
« Bella. » Rectifiai je avant d'avoir pu me retenir. Il arqua un sourcil étonné. « Tout le monde trouve ça plus pratique. Pourquoi tu ne fais tout simplement pas comme tout le monde ? »
« Isabella est aussi ton prénom, je ne vois pas pourquoi tu en fais des tonnes pour chercher à me corriger à chaque fois. »
Et voilà, maintenant, j'avais l'impression d'être une espèce de mégalo qui voulait se faire appeler par un nom flatteur. Parfait. « Est-ce que tu boudes ? » Rigola Edward.
Il éclata de rire lorsque je lui lançai un regard noir. « Tu n'avais pas quelque chose à dire? »
Il ria encore mais finit tout de même par se calmer avant de prendre une gorgée de son Manhattan. « Mouais. Hum… Je ne voulais vraiment pas être… Aussi dur à propos de cette affaire de déménagement mais il fallait juste que tu saches… Que ni Rosalie, ni Alice, ni même ma mère ne tolèrerait aucun écart de conduite de la part de Carlisle. »
Je riais sombrement. « C'est assez ironique après ce qu'il s'est passé, tu ne trouves pas ? »
« Oui. Et voilà justement pourquoi je t'ai amené chez ta mère. »
« Tu voulais que je retournes vivre avec elle ? D'ailleurs, comment se fait il que tu saches où elle habite ? C'est dingue ! »
« Je suis allé la voir un bon nombre de fois depuis que... » Il s'arrêta abruptement au beau milieu de sa phrase et contracta sa mâchoire, regardant ailleurs.
Je fronçai les sourcils. « Depuis que quoi, Edward ? »
Il réfléchit un moment puis soupira : « Depuis que nous sommes revenus de Forks. » Mais j'avais la nette impression que ce n'était pas ce qu'il s'était apprêté à dire. Je ne fis aucun commentaire, cependant, car il y avait autre chose qui me turlupinait.
« Et de quoi avez-vous parlé exactement ? »
« Je… J'ai essayé de la raisonner, disons. De lui faire comprendre… Ce qui était le plus important. Elle semblait… vouloir écouter ce que j'avais à lui dire mais j'ignorais alors qu'elle voyait déjà Carlisle et qu'elle cherchait juste à faire bonne figure auprès de moi. » Il fit une pause et soupira à nouveau, contrarié. « Lorsque Carlisle m'a parlé de toi et de ta mère juste après que tu ais déménagé, j'ai eu du mal à croire qu'elle ait vraiment osé… Avec ce Jenks. » Je fus surprise lorsque ses lèvres se retroussèrent de colère en prononçant le nom de Jenks. Il le disait à peu près de la même façon que moi. « Et maintenant, elle est avec Carlisle et je me demande si ses manière de s-… Hum. Je suis désolé. Je ne devrais pas dire du mal d'elle devant toi, elle est ta mère, avant tout. »
« Nan, c'est ok. Je n'en pense pas moins, de toute façon. » Balayai je d'un geste de la main. « Et donc, tout en sachant tout ça, tu veux quand même que j'aille retourner vivre avec elle ? »
« Je… Tu te souviens lorsque je t'ai dit qu'il fallait que tu lui pardonnes ? » J'acquiesçai. Bien sûr que je m'en souvenais foutrement ! « Eh bien, malgré ce qu'il s'est passé, j'ai pensé… Que c'était ce dont elle avait besoin pour se calmer et arrêter de… Fréquenter Carlisle. Je suppose que c'était stupide comme idée mais cela valait la peine d'essayer. Mais jamais je ne te demanderais de retourner habiter avec elle si ce n'est pas ce que tu veux. Je comprends que tu ais beaucoup de mal à te remettre de ce qu'il s'est passé dans cette maison mais tu ne peux pas non plus rester chez Carlisle. »
Alors que je l'écoutais parler, je découvris une nouvelle facette d'Edward : il se préoccupait beaucoup des histoires de familles. Pas juste la sienne, mais de la mienne aussi. Il avait l'air… Inquiet. Pour moi.
Était-il comme ça avec tout le monde ? Etrangement, je savais déjà que la réponse était non… Et savoir ça me réchauffait le cœur d'une manière inattendue. Parce que maintenant, j'en étais sûre… Le fait qu'il m'ait conduit à Forks, le fait qu'il m'ait sorti d'une fusillade, le fait qu'il ait attendu à l'hôpital avec moi, le fait qu'il m'ait cherché partout après, le fait qu'il m'ait hébergé au Quileute Resort, le fait qu'il m'ait fait boire lorsque j'étais mal en point… Je réalisai enfin qu'il n'avait jamais fait que m'aider et me protéger. Même quand je m'entêtais à me conduire comme une véritable garce, complètement imbuvable.
« Pour la énième fois, Edward, pourquoi est ce que tu fais ça ? » Fis je doucement.
« Et pourquoi pas ? A-t-on vraiment besoin d'excuses pour aider quelqu'un ? »
« Mais tu… On ne se connait pas. »
« Eh bien, peut être que j'ai envie de changer ça. » Répondit il, le regard fuyant.
Mon cœur fit un raté à ses mots, pour une raison ou une autre. Et un autre million de 'pourquoi' surgirent dans ma tête. Sa gentillesse, son comportement abrupt, la violence de ses mots, son indifférence, sa volonté de bien faire… Tout chez Edward n'était que contradiction et pourtant, il était là à prêcher la bonne parole pour mon bien. Il était là à vouloir me connaitre. Moi, la petite garce qu'il avait pris pour une amante de son père.
Cela avait il le moindre sens ?
« Tu m'égares, Edward. Sincèrement, je… »
« Cette histoire va mal tourner, Isabella. » Dit il en plantant ses prunelles dans les miennes. « Et je ne veux surtout pas que tu te retrouves au beau milieu de tout ça. »
Je n'avais jamais été fan des clichés et encore moins des livres ou des films dégoulinant d'effets papillons et d'arc-en-ciel mais là, maintenant, tout de suite, sous le regard intense et la sensation de sécurité qu'Edward m'offrait… J'étais prête à croire que mes os étaient foutrement en train de se liquéfier.
Terrain miné, Isabella. Reprends toi !
« Je… O-Ok. On va… Visiter des appartements et je… Je dormirai à l'hôtel dès ce soir. » Bégayai je misérablement.
Il secoua doucement la tête et j'arrêtai carrément de respirer lorsqu'il posa sa main sur la mienne.
Son toucher… Electrique.
Terrain. Foutrement. Miné.
« Tu n'as pas à t'inquiéter de ça pour le moment, je peux t'héberger jusqu'à vendredi. »
« Mais… Ta sœur… »
« Ma sœur a son propre appartement… Elle reste de temps en temps chez Carlisle mais elle vient rarement me rendre visite alors… »
Chez Carlisle… Merde ! « Mes affaires sont toujours chez lui ! » M'exclamai-je en me levant abruptement.
« Calme toi, Bella. » M'arrêta t il. « Rosalie n'est pas vraiment ce que l'on peut appeler une fouineuse. Et puis, même si c'était le cas, j'ai rangé tes affaires dans mes armoires, durant la matinée. Je suis sûr qu'elle n'y touchera pas. Je peux les récupérer plus tard dans la soirée, si tu veux. »
Je fronçai légèrement les sourcils face à son… Efficacité ? « N'est ce pas un peu psychopathe d'agir comme ça ? »
Il eut un petit rire amusé. « Je préfère… Ne pas avoir de surprise. » Dit il d'une voix trainante. « En attendant, comme tu ne peux pas retourner à Belltown et encore moins rester éternellement chez moi, je te propose qu'on aille les visiter, ces appartements. »
Il finit son verre d'une seule traite et juste comme ça, la tension retomba. Plus d'ambiance lourde, de questions sans réponses, d'électricités ou d'engueulades en tout genre… Jusqu'à la prochaine fois, devinai je.
Je soupirai intérieurement. Notre collocation n'allait pas être simple mais heureusement, elle ne durerait que deux jours et deux nuits. Je pouvais gérer ça. Et puis, je savais désormais qu'il était possible d'apaiser les tumultes, ne serait ce que pour quelques instants.
Un court lapse de temps qui pourrait m'éviter de craquer. Dans tous les sens du terme.
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Je suis… Epuisée. Physiquement. Mentalement. Emotionnellement. Tellement épuisée d'ailleurs que je ne me suis même pas donné la peine d'examiner l'appartement d'Edward sous toutes les coutures. J'avais juste remarqué qu'il y avait beaucoup de blanc, de verres et de gris entre le vestibule et ce que je devinai être le salon mais à la minute où il m'avait désigné mes quartiers, je m'y étais précipitée pour m'effondrer sur le lit.
Voilà à présent plus de deux heures que j'étais là, complètement amorphe et blasée. J'avais entendu Edward claque la porte d'entrée il y a un moment déjà. Il devait être parti chez Carlisle récupérer sa voiture. Et avec un peu de chance, mes affaires. Je soupirai un bon coup et il y avait vraiment de quoi : cette journée de merde était enfin terminée et l'on peut dire qu'elle ne m'avait vraiment pas épargnée !
Oui, car la partie emmerdante ne s'était pas contenté de se limiter aux mauvaises nouvelles concernant Renée et Carlisle. Cela aurait été trop beau pour être vrai… En effet, aussi incroyable que cela puisse paraitre, Edward –après avoir vanté ses qualités (douteuses) en tant que hôte- s'était débrouillé pour étendre le cauchemar jusqu'en fin d'après midi. Le rêve.
Car voyez vous, mesdames, il y avait une chose qu'il fallait savoir sur Edward Cullen : Monsieur se connaissait en immobilier. C'était son boulot et en tant que tel, Edward se devait d'étaler toute son expertise en la matière sans que personne ne lui ait demandé. Cela m'a énervé. Beaucoup. Mais que pouvais je faire à part le tolérer et avaler un Doliprane une fois rentrée.
Après ce qu'il me semblait être des heures, la porte d'entrée claqua à nouveau et je grognai contre l'oreiller dans laquelle ma tête était enfoncée. J'aurais préféré qu'il ne manifeste pas sa présence mais comme s'il avait entendu mes pensées, il fit exactement le contraire et commença à faire du bruit en sortant ce que je devinai être des couverts en porcelaine. Ô joie !
Et comme je m'y attendais, au bout de quelques minutes, la voix étouffée de mon tortionnaire m'annonça que le diner était servi.
« M'en fous. » Marmonnai je contre l'oreiller plus pour moi-même que pour lui.
Aujourd'hui, j'ai eu une overdose d'Edward et c'était peu dire. Hors de question qu'il me resserve avec ses discours consuméristes de si tôt. Mais il ne semblait pas en avoir conscience et vint tambouriner contre ma porte.
« Isabella ! On mange. »
Mon ventre gargouilla en réponse mais je l'ignorai royalement. Je préférai crever de faim que de migraine et de dégoût à force de rester trop longtemps à quelques mètres d'Edward, de sa condescendance et de ses sauts d'humeurs.
« Isabella ! » Insista t il pour la énième fois.
Je devais au moins lui reconnaitre qu'il avait la politesse de-…
« Okay, là, tu me saoules ! » Rugit il en entrant bruyamment dans ma nouvelle chambre. Sans avoir été invité et en arrachant la porte de ses gonds. Ouais. Je retire ce que j'ai dit à propos de la politesse. « Tu vas venir manger avec moi et je m'en moque que je doive te tirer par ta tignasse pour ça. »
Je me redressai du lit, rouge de fureur qu'il ose encore me donner des ordres –et des menaces- à ce stade.
« Fous-moi la paix, Edward. » Grommelai je. Je ne sus pas pourquoi j'eus besoin de lui balancer un oreiller au passage. Si cela l'irrita, cela n'aggrava pas son humeur. Mais cela ne le calma pas non plus.
Manipulateur, sarcastique, colérique, maniaque et paradoxalement constant dans ses humeurs. Je me demandai brièvement si cette dernière était une bonne nouvelle ou pas puis, je réalisai que je m'en foutais. Enfin, un peu. J'allais quand même vivre sous son toit jusqu'à vendredi. Mais je pouvais aussi l'envoyer paitre quand je le voulais. Accepter qu'il m'héberge… Je ne faisais ça que par commodité, vraiment… J'aurais pu facilement me prendre une chambre à l'hôtel jusqu'à ce que je trouve un appart simple que j'aurais choisi moi-même. Sans lui pour dire que le mur était trop blanc, le sol de traviole, les plaques trop fragiles ou encore, que les tuyauteries ne suivaient pas la norme internationale. Le tout copieusement arrosé de blagues douteuses à propos de mon excès de mauvais gout !
« C'est encore à propos des apparts ? Si c'est pour ça, je n'ai fait que des constats ! » Argumenta t il, les bras croisés sur son torse. Bien sûr, ce n'était ni une excuse ni une stratégie de défense. A croire qu'il n'était jamais en position de faiblesse… Qu'il n'avait jamais tort. Cela m'excéda, une fois de plus.
« Bien sûr que c'est à propos des apparts, Edward ! J'avais besoin de tout sauf de… De ça ! Qui se fiche que le parquet grince ou que le système de ventilation ne soit pas encore opérationnelle, vraiment ? Je voulais un truc simple. Un truc que je peux me payer et qui me ressemble. Pas une suite nuptiale avec vue sur l'Océan. Ce sera mon appart, Edward, pas le tien ! Cette simple idée t'a t elle effleuré l'esprit, ne serait-ce qu'une seule seconde, durant ton monologue barbant sur les peintures craquelées ? »
« Des peintures craquelées ? Je n'ai jamais parlé de –… »
« Je me fiche de qui a dit quoi, putain ! Peut être que dans ton monde, les gens apprécient que tu leur donnes des ordres ou tes avis irréfutables mais ce n'est pas mon cas alors je te prierais de la fermer lorsqu'il s'agit de mes choix ! »
« Tes choix ? Est-ce que vivre dans un taudis en ferait partie, Isabella ? » S'écria t il, les veines de son cou à présent saillantes que cela aurait pu être flippant. Mais comme d'habitude, je m'en branlais.
« Et quand bien même, hein ? » Criai je plus fort. « Ce n'est pas parce que je fréquente sa putain de Seigneurie que je dois également me mettre au luxe ! »
J'ignorai pourquoi on s'engueulait ainsi. Mais j'en avais un peu besoin… A vrai dire, cela me soulageait de passer mes nerfs sur quelqu'un.
« En plus » Repris je sans lui laisser le temps d'en placer une. « Qu'est ce que c'est que cette putain d'obsession à vouloir me suivre partout tout en me critiquant, hein ? Lorsqu'on ne t'invite pas, Edward, ou même lorsqu'on t'invite, fais attention à ce qui sort de ta putain de bouche ! »
« Ah ouais ? Première nouvelle, Isabella : tu devrais commencer à suivre tes propres conseils ! » Cracha t il.
Je sentis mes narines se dilater sous l'insinuation mais je voulais les lui faire dire. Ces mots qui rendraient ma journée infiniment foutue de A à Z. « Qu'est ce que c'est censé vouloir dire ? »
« C'est censé vouloir dire que si tu veux rester sous mon toit, tu ferais mieux de -… »
Je ne le laissai pas finir sa phrase… Dès le mot 'si', j'avais déjà attrapé mon petit sac à dos et ma veste, tourné les talons et quitté la chambre en claquant la porte, l'adrénaline montant facilement en moi. Avant de redescendre brutalement.
Je m'arrêtai un instant, réalisant que cette dispute ne m'avait pas fait tant de bien qu'aux premiers abords car mon cœur semblait s'être alourdi dans ma poitrine. Une étrange sensation de défaite et d'amertume persistait sans que je n'en connaisse la raison. Un pincement plus douloureux que je ne l'aurais pensé et je me rendis soudainement compte… Je voulais rester chez Edward. Malgré mon comportement ignoble. Malgré son caractère de merde. Malgré notre dispute stupide. Je ne pensais vraiment que la moitié de ce que j'avais dit. J'avais bien conscience que rester chez Edward m'offrait un semblant de sécurité et de confort que je n'aurais sans doute pas en marchant seule à travers tout Seattle, à la recherche d'un motel au prix abordable où je crasherais sans pouvoir fermer l'œil de la nuit.
Et bien sûr, j'ai foutu en l'air toute chance de rester ici. Avec une stupide dispute en plus. J'aurais pu juste l'écouter m'engueuler sans broncher jusqu'à ce qu'il se calme et m'en tirer indemne avec un diner chaud et un endroit confortable pour dormir. J'aurais pu, oui. Mais je ne l'ai pas fait parce que j'étais trop effrontée, trop garce, trop épuisée par les évènements. Encore une fois, le sentiment de défaite m'accabla. Comme si le fait de ne pouvoir rester chez Edward plus de dix minutes constituait un échec cuisant en soit. Je le ressentais ainsi mais je savais que ce n'était pas tout à fait ça. C'était juste… Cette journée. L'enchainement des évènements. Un trop plein d'émotion que je n'avais aucunement cherché à évacuer depuis que j'étais partie de chez Renée. Je suppose que cela me rattrape à présent. La défaite en question, avait l'air d'une liste dans ma tête.
Charlie. Renée. Carlisle… Et maintenant Edward que je connaissais à peine… J'avais épuisé la liste des personnes pouvant m'accueillir, m'accepter… J'avais l'impression d'être quelqu'un d'invivable. Ou particulièrement malchanceuse, au choix. Mais aucun qualificatif ne me convenait.
Une défaite.
Moi contre la sale journée. Et la sale journée l'emporta.
Une goutte salée coula sur ma joue lorsque j'agrippai le poignet de la porte principale. Mais à peine l'ouvris je qu'elle claqua péniblement, le poignet en métal glissant échappant de mes mains moites. Mon cœur ne fit aucun sursaut mais il me semblait un tantinet plus léger. J'étais... Soulagée? Le corps était si près du mien que je pouvais deviner le mouvement de sa poitrine au rythme de sa respiration. Il était si proche que je me sentis toute petite sous ses bras, sa stature et ce, tout en étant dos à lui.
« Où est ce que tu comptes aller comme ça, Isabella ? » Susurra Edward, sa voix rauque et courroucée tout près de mon oreille. J'aurais pu en être déstabilisée mais, étonnamment, il n'en fut rien. Peut être parce que j'étais trop fatiguée de nos joutes verbales et de cet air saturé en électricité qui nous entourait en permanence. J'étais juste… Défaite. Alors je répondis tout simplement par la première phrase qui me passa par la tête :
« Loin de toi. »
Un silence mortuaire s'abattit entre nous alors que je sentais la respiration d'Edward se faire plus difficile. A cause de la colère sûrement. Mais je m'en foutais. Je ne pouvais rester une minute de plus si c'était pour m'enliser un peu plus dans nos querelles stupides et sans fin.
D'une prise féroce sur mon bras, il me fit pivoter, me forçant à faire face à son visage dur et froid avant qu'il ne se décompose soudainement en horreur… Et en tristesse.
« Tu pleures. » Constata t il avec une voix douloureuse que je ne lui connaissais pas. Je sentis un nouveau pincement incompréhensible dans mon estomac. J'avais senti une larme m'échapper mais je n'avais pas réalisé que mes yeux étaient si humides.
« C'est rien. » Balayai je rapidement tout en essuyant d'un geste de la main mes larmes traitresses.
Putain, je n'avais pas réalisé qu'elles coulaient autant. Quelle merde !
Alors que je bataillai à essuyer mes yeux humides avec la manche de mon teeshirt, Edward attrapa doucement ma main avant de poser la sienne sur ma joue. Et bien qu'elle fut un peu calleuse, sa paume chaude se révéla étonnamment réconfortante contre ma peau sensible. Et c'était ce qu'il faisait : il me réconfortait tout simplement. Alors je devais le prendre au second degré si son toucher provoquait de délicieux frissons le long de ma colonne vertébrale. Je devais le prendre au second degré si l'intensité de son regard donnait à mes jambes la consistance d'une gelée. Ou si la proximité de son corps apaisait toutes les tumultes présentes dans mon esprit.
Et surtout, je devais le prendre au millième degré si la seconde d'après, il pencha sa tête pour frôler mon nez avec le sien. Son souffle régulier et mentholé chatouilla ma peau avant qu'il n'appose doucement ses lèvres chaudes et douces sur les miennes, m'électrisant pour de bon.
A cet instant, je savais que quelques neurones avaient déconnecter dans ma pauvre tête. J'étais statufiée, incapable d'expliquer son acte, de répondre à son baiser et encore moins de réfléchir mais je m'efforçai tout de même à analyser ce qu'il faisait. Ce que je ressentais. Et c'était clair que son baiser n'était ni sensuel, ni affectueux, ni fougueux. Je n'avais jamais rien expérimenté de tel. Et je ne parlais pas en matière de vertige. Car ses lèvres se mouvaient doucement contre les miennes, presque précautionneusement, comme s'il ne voulait pas me donner de fausses idées. C'était comme si… Comme s'il n'attendait aucune réponse. Comme si le fait que je sois immobile lui convenait parfaitement alors que son pouce caressait doucement ma mâchoire. Pour la première fois, j'expérimentai un baiser où douceur prenait le pas sur le désir et l'excitation. Le baiser resta chaste tout en étant tendre. Agréable. M'arrachant tout de même des frissons de plaisir lorsqu'il aspira ma lèvre inférieure entre ses dents. Un dosage convenant parfaitement à notre étrange relation. Mais cela n'expliquait toujours pas son geste.
Lorsqu'il se recula, le souffle légèrement saccadé, je compris enfin. La signification du baiser, de son regard intense, de sa caresse innocente sur ma mâchoire… Il voulait me réconforter. Comme lorsqu'il m'avait emmené à Forks, comme lorsqu'il était parti me chercher, comme lorsqu'il me faisait boire de l'alcool…
Il me réconfortait… Et cela fonctionnait.
« Merci. » Soufflai je, profondément reconnaissante.
« Reste. » Dit il en même temps que moi.
Nous rîmes d'un même chef et en une seconde –et un petit baiser-, je sus que je venais de briser une barrière entre Edward et moi. C'était plutôt dangereux de ma part… Mais au point où j'en étais, me lier d'amitié avec le fils de l'amant de ma mère n'était pas la pire chose qui aurait pu m'arriver.
~°o0o°~
Bon, alors, pour résumer : Carlisle et Renée sont maintenant en couple, Bella est devenue SDF mais heureusement, notre Edward national est là, offrant toit, conseils immobiliers et baiser de réconfort à notre héroïne même si elle est toujours aussi… Acariâtre. Mais que voulez vous, mesdames ? C'est ça d'avoir un Edward tenace et manipulateur dans les parages. *soupirs* Ce n'est pas un pas de géant mais je pense que l'on avance pas mal avec ce baiser d'amitié. Ahem. Quelques révélations sur la famille Cullen. Une nouvelle cohabitation, bien que courte (faut pas pousser non plus). Hum.
Verdict donc ? … Si vous êtes encore là, toutefois.
A bientôt,
Areka.
