Hello les gens. Eh oui, une fois n'est pas coutume, je suis de retour assez tôt. Niahaha. Il faut dire que vos commentaires m'ont motivé à bloc (je crois que 19 reviews pour un chapitre, c'est mon record. Yay !). Alors, ce chapitre… Hum. Ce doit être le chapitre le plus court que j'ai jamais écrit (12 pages Word :p) mais c'est parce que j'ai envie d'avancer sans avoir l'air trop pressée et pour ça, il fallait bien créer une situation propice. J'ai des plans pour la suite et j'ai hâââââte de vous l'écrire.

En espérant que vous apprécierez (quand même). J'ai envoyé un MP à tout le monde (je crois) en remerciement.

Ah et merci aux anonymes: Alex16 (Rosalie apparaitra plus tard, j'espère que tu ne seras pas déçue), Vanessa (vu comme Carlisle a 46 ans, j'ai décidé qu'Edward en aurait 25 mais à cet âge, il n'y a pas forcément de comportement type -y'a qu'à rencontrer mon frère!), Souka (Aargr, j'espère que là, je suis dans les temps?), fan de twa (toi, chaque fois que je vois ton pseudo, j'ai un énorme sourire niais! Quant à ton appréhension... Eh bien, je crois que j'y répondrais plus tard. ;)).

~°o0o°~

Chapitre 9

Money Talk

Car tout a un prix

Voici celui des non dits.

Une fois n'était pas coutume, je me réveillai avec un sourire et une intense sensation de bienêtre après un bon sommeil réparateur. Ce devait être dû aux draps en tissu molletonné qu'Edward m'avait recommandé c'était vraiment confortable. A la fois frais et douillet. Ils me tenaient au chaud sans être étouffant. Je lissai la couverture d'une main et songeai à demander à Edward de me laisser emporter ces parures de lits lorsque je déménagerai.

Que de pensées futiles ! Mais je préférai ça. Pour la première fois depuis des lustres, je me sentais étrangement légère. Reposée. D'une humeur exceptionnelle. Tellement exceptionnelle d'ailleurs que je décidai de faire une folie.

Une folie communément appelée 'petit déjeuner copieux'.

La cuisine d'Edward était relativement étriquée, comparée à celle de Carlisle, mais elle était bien organisée et équipée de technologies dernier cri impliquant frigo, four, placard encastrés et lambrissés d'une espèce matériau froid et sombre rappelant vaguement l'aspect de la migmatite. Cela ne pouvait pas être de la vraie migmatite, si ?

J'haussai les épaules et continuai de m'affairer à la préparation des pancakes. Storytime de Nightwish résonnait dans mes écouteurs et je me dandinai légèrement sur le rythme symphonique; je ne dansai pas pour autant.

J'avais trouvé des œufs, du bacon et du jus d'orange dans le réfrigérateur mais c'était beaucoup trop simplet à mon goût. Simplet n'était d'ailleurs aucunement compatible à ma bonne humeur. J'avais envie de faire quelque chose de plus élaborée, de plus sophistiqué afin d'exsuder tout cet excès de bienêtre avant que je n'implose et devienne folle. Une thérapie culinaire pour la bonne humeur ! Si ça, ce n'était pas une première… Et pourtant, il ne s'était passé rien de particulier pour que je sois dans tous mes états.

A part le baiser d'Edward, me souffla une voix intérieure.

J'ignorai royalement cet argument –non valable- et continuai de cuisiner avec entrain. Le massala chai frémissait tranquillement dans une petite casserole, le bacon grillé refroidissait à côté et je mis le beurre à chauffer sur une poêle anti adhésive avant de commencer la cuisson de mes pancakes. Oui, ne riez pas, je m'apprête à associer le thé indien à du bacon canadien et à une recette de pancakes bien américaine -si l'on omettait la généreuse couche de Nutella qui les recouvrait. Mais que voulez vous ? La cuisine d'Edward était high tech et bien garnie. Elle devait d'ailleurs embaumer une drôle d'odeur, à présent, entre le beurre, le bacon et le girofle… Mais tant pis, Edward s'y fera.

Je lançai un pancake en l'air tout en grignotant un morceau bacon quand soudain, je vis quelque chose bouger dans ma vision périphérique. Je sursautai violemment.

« Putain, Edward ! » Sifflai je en reposant la poêle sur le plan de travail et retirant mes écouteurs. Mon putain de pancake était allée atterrir sur le volet d'un placard juste derrière moi, traçant un sillon dégoulinant de pâte crue avant de tomber par terre dans un « chpouik » peu ragoutant.

Je me retournai vers le responsable pour le fusiller du regard. Ce con se retenait visiblement de rire à gorge déployée.

« Bonjour à toi aussi, Isabella. Tu prends tes marques à ce que je vois. Heureusement que je t'ai dit de faire comme chez toi. » Fit il, sarcastique.

Pour une de raison qui m'échappa, sa dernière phrase me fit rougir comme une petite collégienne et je balbutiai une réponse pathétique comme « je voulais faire un petit déjeuner digne de ce nom. »

Ouais. Pathétique était bien comme mot. Cela aurait tout aussi bien pu être mon deuxième prénom, à cet instant. Où était donc passé la Bella garce aux répliques sanglantes et dévastatrices ?

Euh, étouffée par le baiser d'Edward ? Ricana une nouvelle fois ma conscience.

Ferme la, connasse !

Je secouai la tête avant de décider que nettoyer le bazar m'aiderait à faire taire cette foutue voix intérieure. Alors que je m'exécutai, Edward vint s'asseoir sur un des hauts tabourets derrière le bar, juste en face, et mit ses coudes sur la table en m'observant. Il me regardait tranquillement alors que j'étais en train de m'empêtrer à ramasser le pauvre pancake sinistré. Je lui lançai un regard exaspéré.

« Quoi ? » Fit il, flegmatique.

« Vas-tu me proposer ton aide ? »

« Non. » Rétorqua t il comme si c'était une évidence. Je levai les yeux au ciel.

« Comme c'est charmant ! »

Il chipa un morceau de bacon et l'enroula précautionneusement dans un pancake avant de l'avaler goulûment. Je n'avais jamais vu quelqu'un manger comme ça mais j'éprouvai une satisfaction intense lorsque je l'entendis gémir de plaisir.

« Contente que t'apprécies. » Ris je malgré moi.

Il s'arrêta de mâcher et m'adressa un regard mauvais. « Prends pas la grosse tête, Swan, j'aurais pu tout aussi bien être en train de m'étouffer avec ta pâte de farine pas cuite. »

« Mais oui, bien sûr. Critique encore ma cuisine et je te fais avaler mes pancakes par le nez. »

« Je suis sûr que mon nez s'en régalera. D'ailleurs… C'est quoi cette forte odeur d'épices ? »

« Du thé indien. » Répondis je, hautaine. « Girofle, cannelle, gingembre et autres ingrédients secrets que je te révélerais, peut être, si tu consens à faire la vaisselle pour le temps que je serais ici. »

« J'ai un lave-vaisselle, Isabella. »

« Très bien, alors j'emporterai ce secret dans ma tombe ! »

« Tu as pris les ingrédients dans ma cuisine, crois moi, ton secret n'en sera plus un dans pas longtemps. » Menaça t il mais une lueur espiègle et nouvelle dansait dans ses yeux verts forêts. « Bon, assez bavasser, femme ! Sers-moi une pile de pancakes au Nutella avec ton fameux thé indien. »

« Tu es chez toi, tu n'as qu'à te servir toi-même ! » Balançai je d'un ton guilleret.

« Hm. Petite effrontée ! »

« Feignasse ! »

« Mégère ! »

« Feignasse ! » Répétai je, satisfaite. Mais il se leva tout de même pour sortir les couverts et les sets de tables, pas du tout vexé pendant que je mettais les poêles et le grill à nettoyer dans un grand évier.

Une sorte de complicité semblait s'être installée entre lui et moi depuis hier soir et c'était assez déroutant vu comment nous n'arrêtions pas de nous disputer sur un oui ou un non. Ceci dit, cela me plaisait assez, c'était reposant, l'ambiance bonne enfant…

C'est fou, le pouvoir d'un petit baiser, n'est ce pas ? Susurra ma conscience une troisième fois.

Je croyais t'avoir dit de la fermer dit de la fermer !

Tu ne vas jamais l'admettre… ? Ce baiser t'a apaisé, qu'y a-t-il de mal à ça ?

Je soupirai bruyamment alors que je commençai à répartir les pancakes sur les deux assiettes qu'Edward me présentait. Ce n'était pas le baiser qui m'avait apaisé, c'était le fait de pouvoir mettre un nom sur mon étrange relation avec Edward.

En effet, j'avais finalement convenu que nous étions amis. C'était un qualificatif très juste et honnêtement, Edward était très doué pour se comporter comme tel. Il n'y avait que moi pour être asociale et parano…

Ma conscience s'esclaffa une nouvelle fois.

Oui, mais le hic, c'était que les amis ne scellent pas leur amitié avec un baiser aussi ambigu que celui qu'il t'a donné, hier, Bella.

C'était juste pour me réconforter ! Protestai je intérieurement.

Okay, il a cherché à te réconforter, c'est vrai. Mais en y repensant, tu ne crois pas qu'il aurait pu s'y prendre de mille et une façons : t'emmener faire un tour, te payer un verre ou mieux, te faire à manger. Mais non. Il a choisi de t'embrasser.

Eh bien, il a peut être réalisé que c'était quand même plus économique que les autres solutions.

Merde, qu'est ce que je raconte encore, comme conneries ?

« Délicieux, ce thé ! » Commenta Edward, me tirant de mes rêveries. « J'en connais une qui en raffolerait. »

« Ah oui, qui ça ? »

« Ma mère. » Répondit il tranquillement, comme si ce n'était pas grand-chose. Moi, pourtant, je sentis mon ventre se nouer. Je n'avais jamais vu la mère d'Edward que sur une photo mais rien que ça m'avait déjà donné une idée sur le genre de femme qu'elle devait être. Je me rappelai de son sourire gentil, de son regard chaleureux et de la complicité évidente qu'elle partageait avec son fils. Une mère parfaite et protectrice. Bref, le genre de femme qui ne m'apprécierait pas.

« Oh. Hum. Alors… Elle arrive demain, c'est ça ? » Feignis je en entamant mon petit déjeuner.

« En fin d'après midi, avec Alice. Rosalie va probablement passer aussi. »

« Oh. » Répétai je, l'évocation de leur arrivée imminente me coupant directement l'appétit. « Alors je dois trouver cet appart de toute urgence… »

Edward s'arrêta soudainement de manger et se raidit, le regard plein d'excuses non formulées.

« Ne t'en fais pas… Je vais… Demander à Angela de m'accueillir au cas où je… Je me débrouillerai. » J'hochai vigoureusement la tête, comme pour me redonner de l'entrain, et enfournai une grosse bouchée de pancake dans ma bouche. Mais Edward n'était pas dupe. Ma voix était bien trop étranglée pour être naturelle et il continua de me fixer avec son air désolé… Je l'embarrerais bien mais j'appréciai assez cette nouvelle complicité qui venait de s'installer entre nous. Alors nous continuâmes de manger en silence.

Après avoir terminé, je débarrassai le plan de travail tandis qu'il finissait le reste de son thé d'une traite. J'étais en train de lancer le lave-vaisselle lorsqu'il daigna enfin m'adresser la parole.

« Tu as cours aujourd'hui ? » Sa voix se voulait enthousiaste mais je sentis tout de même un peu de raideur. Mais je lui fus reconnaissante de changer de sujet.

« Seulement cet après-midi. »

« Ah. Tu… Tu as besoin que je t'accompagne ? »

« Non, ça va, je prendrai le métro. » Dis-je trop rapidement. Il fronça les sourcils, semblant être… Déçu ? Qu'est-ce que… « Je veux dire, merci… Mais je ne veux pas t'embêter. »

« Ça ne m'embête pas. »

« Oh… Ok. Alors… Cool. Mon premier cours commence à quatorze heures. »

Il hocha la tête et m'offrit un petit sourire timide avant de quitter la pièce. Je sentis tout d'un coup une gêne innommable monter en moi.

Okay.

C'était quoi ça ?

.

.

.

Je ne l'avais pas vraiment réalisé lorsque j'avais accepté qu'Edward m'accompagne mais bon sang… Edward allait me conduire à l'école ! Merde, cela faisait tellement… Puéril ! Et comme si cela ne suffisait pas, il fallait qu'il conduise un petit break à papa. Une Volvo pour changer.

« Vous êtes tous abonnés chez Volvo ou quoi ? » Grognai-je d'une voix boudeuse, faisant rire Edward.

« Non. Mais j'évite autant que possible de me pavaner en ville avec mon autre voiture. Trop tape à l'œil. »

« Si tu ne voulais pas d'un truc tape à l'œil, t'avais qu'à pas l'acheter. » Crachai je avec mauvaise foi. Mais Edward ria de plus bel.

« Tu es vraiment acariâtre, Isabella. Mais pour ma défense, j'aime bien la vitesse, la puissance… Et comme je peux me l'accorder… »

« … Tu te l'achète en te foutant éperdument du réchauffement climatique. » Finis je avec sarcasme.

« Exactement. » Ria-t-il.

C'était… Frustrant. La manière dont il répondait à mes piques était juste… Frustrante. Mais je suppose que notre complicité naissante avait aussi ses revers.

Bella, faudrait décider, franchement…

Je soupirai rageusement… D'accord, j'aimais bien que l'on soit calme et zen, zéro animosité et tout… Mais là, je devais admettre que je préférais largement ses anciennes réparties pleines d'esprit plutôt que ces nouvelles répliques de couilles molles. L'ancien Edward, au moins, me permettait de faire abstraction de mes nerfs, vu qu'il s'arrangeait toujours pour me faire sortir de mes gonds. Lorsqu'on se disputait pour un rien, je me concentrais totalement et uniquement sur lui et la manière dont j'allais rabattre son caquet.

Mais là, à cause de son calme effarant, je ne pouvais arrêter de penser au fait que cela devenait franchement étrange entre nous, qu'il me traitait comme une gamine depuis peu mais aussi et surtout… Je n'étais toujours pas trop sûre de ce que le baiser signifiait… Oui, j'en étais toujours à ça.

Après ce qu'il me sembla être une éternité, nous arrivâmes enfin devant le grand portail de la fac. J'aurais du dire à Edward de me déposer là mais avant que je ne puisse dire un mot, nous étions déjà dans l'enceinte et Edward se gara là où j'avais l'habitude de me garer. Le coin réservé à Mike et ses acolytes. Que de nostalgie !

Nous entendîmes quelqu'un vint taper contre la vitre d'Edward et je priai pour ne pas avoir à faire à Mike et sa face de rat.

« Hé, mec, cette place est réservée ! » Protesta une voix masculine désagréable.

Mauvaise pioche. Même de l'autre côté d'une vitre insonorisé, sa voix était toujours aussi ennuyeuse.

Je soupirai lourdement alors qu'Edward me lançait un regard interrogateur, l'air de me demander si l'autre con était sérieux. J'hochai la tête et Edward abaissa sa vitre avant de répondre qu'il n'en avait pas pour longtemps.

« Je ne fais que déposer la damoiselle. » Se crut-il obligé de préciser sur un ton cavalier. Mike ria jaune.

« Ok, dans ce cas, si la damoiselle voulait bien se donner la peine de se bouger le c- Bella ?! »

Oui, p'tit merdeux, Bella, ton ex, celle que tu as décrite comme étant une petite catin à la chatte humide aux Jenks… Il fallait vraiment que je pense à lui faire payer ça, d'ailleurs.

« Mike. » Répondis-je froidement. « Tu permets ? Je dois encore discuter de certaines choses avec mon ami. »

« Ton ami ? » S'esclaffa t il comme si c'était la meilleure blague du siècle avant de toiser Edward méchamment. Ce dernier resta complètement impassible, un léger sourire énigmatique flottant sur ses lèvres. « Oh, Bella. Rien qu'à sa gueule, on sait déjà qu'il te paye pour te baiser comme tout le monde l'aurait fait. »

Instantanément, je vis rouge. Tout le monde ? Qu'est ce qu'il voulait dire par là ? N'était-il pas en train de me confondre avec sa pétasse de Jessica? Je m'apprêtai à sortir du véhicule pour aller lui arracher les couilles mais comme si Edward avait lu dans mes pensées, sa grande main pâle se posa doucement sur ma cuisse, me paralysant sur place.

« Tu finis à quelle heure, bébé ? » Susurra la voix de velours d'Edward, juste assez fort pour que Mike entende.

Merde. Maintenant, Edward ? Tu t'y sens vraiment obligé ?

« Euh… Je… Dix neuf heures ? » Parvins je à croasser dans ma stupeur.

« D'accord. Je viendrai te chercher. J'aimerais t'emmener diner, après. »

Un nouveau sourire énigmatique flotta sur ses lèvres parfaites avant qu'il ne se penche vers moi, d'une façon presque naturelle. Trop naturelle. Je vis les yeux écarquillés de Mike en arrière-plan alors que les lèvres d'Edward commencèrent à effleurer les miennes d'une douce caresse. J'étais pétrifiée. Complètement immobile. Exactement comme hier soir. J'avais l'impression atroce de revivre en flashback notre premier baiser mais à un détail près. Cette fois ci, Edward prit bien soin de mettre une bonne distance de sécurité entre nous. Le baiser était léger, furtif. Ses lèvres me touchaient sans vraiment m'embrasser. A la fois rassurant et frustrant mais qui s'en foutrait, franchement ? Nous étions tout simplement en train de nous donner en spectacle.

« A ce soir, bébé. » Souffla-t-il, son front posé contre le mien, mais Mike n'était plus là pour l'entendre, ce qui me rendit un tantinet fébrile.

Il fallait vraiment que l'on ait une discussion sérieuse à propos de cette… Manie qu'il avait à me rendre service sans que je lui ai demandé de la faire. Mais sur le moment, je me sentais trop lâche et trop troublée par la situation pour entamer la moindre conversation. Je me contentai juste de sortir de l'habitacle, sans mot dire, avant de me diriger d'un pas gauche vers mon prochain cours.

Je trébuchais. Beaucoup. Et ce ne fut qu'après avoir franchi les battantes de ma salle de classe que je réalisai : mes jambes étaient toutes flageolantes.

.

.

.

« Et donc… Edward ? » Fit Angela avec une moue suggestive et je ne pus m'empêcher de rouler des yeux. Nous sortions de notre dernier cours durant lequel j'avais fait la sourde oreille face aux inquisitions d'Angela. Elle était tellement obsédée par Edward que c'en devenait ridicule.

« Quoi, Edward ? » Il a juste une belle gueule, il n'y a pas de quoi en faire un plat. Avais je envie d'ajouter mais je me ravisai. Ma voix intérieure ricana : Bien sûr ! Il a aussi un corps à damner un saint, une fortune que tu n'as pas encore eu l'occasion d'estimer, un charisme foudroyant et étonnamment, il aime bien s'occuper de toi, t'accompagner partout, t'embrasser… Vraiment pas de quoi en faire un plat, Bella !

Je fermai les yeux, contrite, en sentant une migraine poindre. Il fallait vraiment que je discute avec Edward.

« Eh bien, vous deux, vous… Vous avez fait quoi, hier ? »

Oh, il m'a embrassé après m'avoir engueulé… Je me renfrognai davantage à ce souvenir.

« Rien de spécial. Nous n'avons pas réussi à trouver l'appart' de mes rêves. »

« Oh. Dommage. Alors… Hum. Tu comptes rester chez le docteur Cullen jusqu'à ce que tu trouve ton appart' ? » Fit elle d'une voix nerveuse mais je sentis la pointe de désapprobation. Je voulais la corriger mais lui dire que j'habitais pour l'instant chez Edward allait la rendre encore plus hystérique et il n'en était pas question.

« Non, je ne reste pas chez Carlisle. Je… Je crois que je vais prendre une chambre dans un motel ou quelque chose dans le genre. »

Angela me lança un regard incrédule. « Un motel ? »

« Ce sera juste temporaire. » Défendis je.

Puis, je me souvins avoir dit à Edward que je demanderais à Angela de m'héberger en attendant mais je n'osai pas. A vue d'œil, le sujet paraissait si simple à aborder mais pouvais-je vraiment lui demander ce genre de service ? Nous ne sommes amies que depuis trois semaines, merde !

« Tu sais, si tu n'as vraiment pas d'endroit où aller, je peux toujours t'accueillir chez moi… » J'écarquillai les yeux, me sentant tout d'un coup très idiote. « Enfin… Je veux dire, c'est petit et assez, euh, miteux mais on s'en accommodera… »

« T'es sérieuse ? » Soufflai je en m'arrêtant.

« Euh… Ouais ? » Fit elle avec un sourire hésitant et surpris. « Mais je comprendrais que tu… »

« Angela, ce serait parfait ! » La coupai je et prise d'un élan d'affection, je me jetai à son cou, nous surprenant toutes les deux. Elle couina de surprise mais ria ensuite tout en répondant maladroitement à mon étreinte.

« Je vois qu'on s'amuse, par ici… » Interrompit une voix nasillarde et cassante que je reconnus sans mal.

« La forme, Jess ? » Me retournai je avec sarcasme. Je grimaçai en voyant qu'elle était avec toute sa bande. Mike me dévisageait hostilement tandis que Lauren me toisait dédaigneusement, juchée sur ses Louboutin kilométriques. Les autres se contentaient juste de m'observer, neutres. Bah tiens !

« Je vais bien, je vais bien. En tout cas, beaucoup mieux que toi et ta (elle marque une pause pour jauger Angela du regard) vie sociale non existante. Tu recrutes les bonnes sœurs pour ta maison close, maintenant ? » Je roulai des yeux et je vis Tyler et Ben grimacer. Angela ne se fit pas entendre alors je décidai de la prendre par son coude afin de nous éloigner de Jessica. Nous n'avions pas à écouter ces conneries mais Stanley n'était décidément pas de cet avis alors elle nous poursuivis à travers le parking. « Parais que t'étais retournée dans ton bled, y'a quelques semaines. Pourquoi tu n'es pas restée pourrir là bas ? Cela aurait rendu service à tout le monde ! »

Bordel ! Comment était elle au courant de ça ?

« Je t'aurais manqué ! » Ne pus je m'empêcher de ricaner tout en dirigeant Angela vers la sortie.

« Parce que tu crois que tu serais capable de manquer à quelqu'un, petite merde ? »

« Je te signale qu'à cet instant, c'est toi qui est en train de me poursuivre, Jessica. »

Ses pas s'arrêtèrent soudain comme si elle venait de le réaliser et j'eus un sourire de satisfaction tout en continuant ma route. Ça lui apprendra !

« Dis donc, pauvre trainée, ce n'est pas parce que tu te tapes le professeur Cullen qu'il faut te la péter. Je me demande ce que le conseil de direction aurait à dire là-dessus. » Héla t elle et quelques étudiants se retournèrent. Je me figeai sur place. Voyant que toute l'attention était maintenant centrée sur nous, Jessica poursuivit : « Ah mais oui, bien sûr, ta mère et toi, vous avez déjà baisé la présidence de l'université. Remarque, cela ne m'étonne qu'à moitié. Je me suis toujours dit qu'une sous merde dans ton genre ne pouvait rentrer dans cette fac, au beau milieu du semestre, sans glisser sous les bureaux. »

Je lâchai un soupir d'énervement. Mais qu'est ce qu'elle avait à s'acharner sur moi, comme ça ? D'accord, j'étais sortie avec le mec de ses rêves et d'accord, ma mère avait peut-être dragué son père à l'occasion mais était ce de ma faute, vraiment ? Etait ce une raison pour réagir de façon aussi… Excessive à mon égard ?

Tu as toujours été une garce, assume !

Oui. Il fallait que j'assume. Alors que je m'apprêtai à faire volteface, un mouvement parmi la foule attroupée attira mon intention et m'arrêta; un éclat cuivré. Merde. Qu'est ce qu'il fiche ici, lui ?

« Tu finis à quelle heure, bébé ? »

Nom de Dieu, n'était-ce pas juste une histoire pour nous débarrasser de Mike ?

« Tu ne dis rien, Swany ? » Nargua Jessica, une main sur sa hanche courbée.

Je déglutis difficilement et perdis rapidement mes mots sous le coup de la nervosité. Pas à cause de cette idiote de Jessica. Mais à cause de la présence d'Edward… Edward qui m'avait protégé d'une fusillade, qui m'avait consolé, qui m'avait protégé de mes propres parents, qui m'avait consolé, qui me protégeait de sa propre famille, qui me consolait… Encore et encore, allant même jusqu'à jouer la comédie pour chasser un ex petit copain trop collant. Pour la première fois, je réalisai l'ampleur de toutes ces choses qu'Edward faisait pour moi. Et maintenant, il était ici… Alors que j'étais en train de me faire humilier en publique.

Dis quelque chose avant qu'il ne s'en mêle, Swan !

« Jessica… » Commençai je d'une voix assez hésitante. « Sincèrement, je ne sais pas pourquoi tu persistes à perdre ton temps avec moi. D'accord, tu ne m'aimes pas beaucoup mais… Tu as déjà tout ce que tu veux, non ? » Je parlais d'un ton mielleux qui me révulsait complètement mais j'étais calme. « Je ne t'ai jamais causé d'ennui alors évite de t'en prendre à quelqu'un qui n'a rien à voir… Tu sais très bien que je ne me tape pas le docteur Cullen. »

Okay, je crois que c'est bon. Un peu plus de gentillesse et je m'arrachais la gorge.

Mais apparemment, cela ne suffit pas à certaines. Je vis Jessica ricaner en secouant la tête, comme si elle n'en revenait pas puis elle s'approcha de moi, très près. Tellement près qu'elle arriva devant moi, mes yeux alignés à sa poitrine bombée alors qu'elle me toisait du haut de ses stilettos vertigineux. Elle se pencha à mon oreille et me chuchota :

« Petite idiote. Bien sûr que tu ne m'as rien fait, tu crois que j'en avais quelque chose à foutre que tu sois avec Mike ? Non, ce que je te reproche, à toi, ainsi qu'à ta prostituée de mère, c'est d'avoir abusé de l'argent et du pouvoir de mon père et pour ça, sale garce, je me suis juré de me charger personnellement de toi. »

Je clignai des yeux, livide. Elle avait parlé sur un autre ton dangereusement bas, sérieux, menaçant… C'était bien loin de sa voix nasillarde de gamine insouciante. Et son regard… Noir de haine et de dégout, mêlé à une pointe de jalousie et de déception. Je reconnaissais ce regard. Oui, je le reconnaissais car c'était celui que j'avais, la première fois que j'ai rencontré Leah et Seth.

Merde.

J'essayai de me souvenir du père de Jessica parmi les amants de ma mère mais j'eus beaucoup de mal à le replacer... Peut être parce que je ne les ai jamais surpris! Je ne savais pas à quoi ressemblait Mr Stanley et dévisager Jessica ne m'apporterait certainement pas la réponse.

Mr Stanley. Un homme influent, membre de la présidence de l'unversité de Seattle, un homme marié...

Et, là, ça fit tilt!

Quelques semaines après notre déménagement à Seattle, ma mère avait fréquenté un homme mystérieux – et par mystérieux, j'entendais bien « homme marié »-, elle ne me l'avait jamais présenté. Mais tout ce que je savais, c'était que deux jours plus tard, j'étais acceptée à Seattle Pacific. Bordel !

Renée, qu'est-ce que t'as encore fait ?

.

.

.

J'étais encore loin dans mes pensées lorsqu'Edward gara la Volvo devant l'immeuble où vivait Angela.

Il ne coupa pas le moteur et se retourna pour dire bonsoir à mon amie.

Je n'avais pas dit un mot de toute la soirée bien qu'Edward nous ait emmenés diner chez Cho, un resto chinois décontracté mais plutôt branché du centre-ville. En général, j'étais championne en matière de compensation par boustifailles mais là, le fait d'avoir vu une autre Jessica prendre forme juste sous mon nez m'avait juste coupé l'appétit.

« Tu ne dis rien. » Fit remarquer Edward alors que nous franchissions le seuil de son appartement. Je haussai mes épaules. Effectivement, je ne disais rien. « Cette fille n'avait pas l'air très commode. Qu'est ce qu'elle t'a chuchoté, toute à l'heure ? » Poursuivit il avec patience et une curiosité mesurée. J'haussai une nouvelle fois les épaules et même sans le voir, je devinai son agacement. Mais il ne lâcha pas le morceau. « Isabella, s'il te plait, parle! »

Je ne voulais pas parler, justement. Et encore moins avec lui.

Je me renfrognai, me souvenant qu'en plus de cette merde avec Jessica, j'avais aussi une conversation en suspens avec Edward alors que tout ce que je voulais, en ce moment, c'était aller m'enterrer sous mes couvertures et dormir jusqu'à la fin de mes jours.

Allez, Bells, ça ne te tuerait d'aborder au moins un de ces sujets ce soir…

« Isabell-… »

« C'est bon, Edward. » Le coupai je, lasse. « Il n'y a rien à dire. La libido insatiable de Renée a juste décidé de s'en prendre à Mr Stanley. Point barre. »

Il grimaça de dégout. « Qui est Mr Stanley ? »

« Le père de la blonde, Jessica. Jessica Stanley. »

« Et c'est pour ça qu'elle t'a en grippe ? » Fit il, complètement effarée.

« Apparemment. Bon, je peux aller me coucher maintenant ? »

Je n'avais jamais demandé à quelqu'un la permission d'aller me coucher… Mais j'étais soudainement crevée, le sujet était clos et je ne voulais plus revenir là-dessus.

« Non, attends, je… Hum. J'ai un… Truc… Pour toi. » Quoi ? « Je sais que j'ai été odieux l'autre jour, avec cette histoire d'appart' et tout mais je crois que j'ai compris, Isabella. J'ai compris ce que tu recherchais alors… Tiens. »

Il me tendit abruptement un set comprenant cinq clés. J'écarquillai les yeux, complètement ébahie.

Eh bien, c'est assez… Inattendu. Avec lenteur, je pris les clés tout en dévisageant Edward, espérant secrètement qu'il était en train de plaisanter ou alors que c'était juste… Une illusion. Car cela ne pouvait pas être… Vrai. N'est ce pas ? Entre Angela qui me propose de dormir chez elle sans que j'ai à lui demandé et Edward qui… Merde, ils se sont donnés le mot ou quoi ? C'était forcément une fichue blague !

Je fixai les clés déposées dans ma paume. Elles étaient bien réelles. Et le visage d'Edward demeurait foutrement sérieux.

Nom d'un chien !

« Tu m'offres un putain d'appartement ? » M'écriai je, un peu affolée.

Merde. Dis non, dis non, dis non.

J'accueillis avec soulagement son petit sourire en coin. « Je ne te l'offre pas. Je t'ai trouvé un appartement. Nuance. »

« Tu l'as trouvé mais… Comment ? Quand ? Où ? »

« Cet après-midi. Près de Pike Place Market. C'est un deux pièces, très simple mais fonctionnel, et le loyer est très abordable. Je pense que tu devrais t'y plaire. »

Le Pike Place… Comment a-t-il eu ça en si peu de temps –c'est un quartier tellement prisé !

« Euh… Je… Edward, je ne sais pas quoi dire. »

« Eh bien, un merci fera très bien l'affaire, Isabella. » Sourit il et je pouvais entrevoir la condescendance dans son ton amusé et satisfait.

Je souris tout en grimaçant intérieurement. Merci. Cela m'arrachait la langue de lui dire ça car je savais que ce simple petit mot ne suffirait jamais à effacer les dettes que j'avais envers lui et mes dettes envers Edward ne faisaient que s'empiler, les unes après les autres, alors que nous développions cette relation de plus en plus ambigüe, emplie de services rendus, de non-dits et dernièrement, de baisers volés.

Amis… Tu parles !

~°o0o°~

Voilà ! Un chapitre –en partie- plutôt détendu. Si l'on omet l'épisode Jessica. Rraah. Oui, je sais c'est encore un chapitre de transition MAIS, là, au moins, je peux enfin travailler sur quelque chose. Donc, vous l'aurez deviné, le chapitre suivant, c'est la grande arrivée de Cullen & Cie. Oui, oui. Maintenant, ça peut bouger un peu et j'ai tellement hâte de boucler la suite que je vais m'y mettre sur le champ. Priez juste pour que mes profs ne s'acharnent pas trop sur ma pauvre petite personne. Krkrkr.

A bientôt,

A~