Note :
Bon, je sais que j'ai beaucoup d'excuses à faire vis-à-vis de vous, mes fidèles lectrices. Vous avez été là pour moi sur mon dernier chapitre et je ne saurais jamais assez vous remercier… Moi… J'ai été absente pendant un an et demi à cause de bien des choses mais surtout d'une overdose de… D'Anglais en fait. Tellement que j'en ai un peu perdu mon français. A noter qu'aucune de ces deux langues n'est ma langue maternelle, le fait de baigner dans un environnement favorisant l'une influence énormément ma prédisposition à écrire avec l'autre… Bref, je vous retrouve en bas pour une note plus élaborée sur mes projets à propos de cette fic et je vous souhaite bonne lecture. C'est un vrai pavé de 18pages Words mais j'espère que vous apprécierez.
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Chapitre 11 :
Car tout a un prix
Voici celui de la Coopération
Peut être avais je vécu pendant vingt longues années rien que pour vivre ce moment là? Pour ce court instant durant lequel les autres se permettaient de décider de mon sort devant moi sans que je n'aie voix au chapitre. Pour ce moment en famille qui suggérait que je n'étais qu'une spectatrice indésirable tout en étant l'un des sujets principaux.
« Maintenant, choisis papa. Nous ou tes deux catins. »
Des flashs amers me revinrent, un désagréable sentiment de déjà-vu, déjà-senti…
Une famille déchirée contre une famille démembrée.
Trois enfants légitimes qui réclament leur père contre une petite crevarde pleine d'amertume et une croqueuse de diamant engagée vers une carrière de potiche. De qui est ce qu'on se moque ici, vraiment ?
« Alice, as-tu pris tes médicaments, aujourd'hui ? » Intervint finalement Rosalie, placide.
Alice la fusilla du regard et je vis une nouvelle fois cette même lueur d'amusement sadique dans les yeux lapis-lazulis de l'ainée Cullen. Edward cependant réagit plus vivement et dévisagea sa jeune sœur d'un œil inquiet.
« Allie. Tu suis toujours tes traitements, pas vrai ? Tu sais que tu… Ce qu'il se passe quand tu refuses de prendre tes comprimés… » Hésita Edward, ce qui lui valut un regard meurtrier de la principale concernée.
«N'essaye pas de détourner la conversation, Edward et n'essaye surtout pas de me faire passer pour une folle… J'ai posé une question à papa, laisse le y répondre… Et puis, n'es-tu pas curieux d'entendre ce qu'il a à dire pour sa défense? Après tout, il n'est jamais venu vers nous durant six longues années ! Il a fallu que ce soit toi qui le contacte pour qu'il daigne s'intéresser à nous… » Déblatéra t elle. « N'est-ce pas, Papa ?»
A cet instant, chaque convive se tourna vers le principal intéressé, chacun ses expressions : Alice était bien sûr furieuse, Tanya semblait mal à l'aise quoique compatissante, Carlisle et Renée blêmissaient à vue d'œil et Rosalie… Et Rosalie arquai un sourcil parfaitement taillé, l'ombre d'un rictus soulevant un coin de sa bouche comme pour dire : ''Voyons voir ce que tu as à répondre à ça''.
Carlisle déglutit durement et se tourna vers Edward en quête d'une quelconque aide… Mais celui-ci ne semblait pas décidé à intervenir, il se contentait juste de le fixer froidement. Les paroles de sa sœur devaient avoir fait son chemin.
Le père de famille lança alors un regard suppliant à sa benjamine puis un regard désolé à Renée.
Puis, le sourire de Rosalie se fit plus sardonique.
Puis Tanya posa une main réconfortante sur mon bras.
Puis je réalisai soudainement la situation et il y avait à présent trois choses dont j'étais absolument certaine. Premièrement : tout le monde à cette table savait tous qu'Alice Cullen souffrait d'un trouble psychologique important. Deuxièmement : Tout le monde à cette table savait déjà pertinemment sur qui Carlisle allait porter son choix. Et troisièmement…. Rosalie, pour des raisons obscures, jubilait totalement face à la situation… Mais je semblais être la seule à avoir remarqué ce petit détail.
Ses enfants ou Renée et moi.
Quelle blague, franchement.
Il était clair que même moi, je ne me choisirais pas. Et je botterais certainement le cul de Carlisle si jamais il osait prendre ma défense ou celle de ma mère. Edward me prêterait sûrement main forte. Même Rosalie s'allierait à nous, quand bien même elle semblait hostile envers moi.
Il n'y avait qu'une seule putain de bonne réponse…
Mais alors… Pourquoi le silence s'éternisait il ? Pourquoi Carlisle laissait-il sa fille légèrement dérangée bouillonner de rage contre lui alors qu'il détenait déjà la réponse ? Il ne pouvait foutrement pas être en train de… Douter ?
Mon regard passa à Renée et pour une fois, elle semblait savoir ce qu'il était en train de lui arriver. Elle était pâle mais par-dessus tout, ses épaules étaient voutées de manière assez inhabituelle – loin de sa posture fière, parfaite, presque guillerette-… En fait, elle avait l'air troublée, ou peut être… Résignée.
Alors qu'est-ce que Carlisle attendait ?
Ne s'était il pas plaint l'autre jour que ces années sans ses enfants avaient été la plus dure épreuve qu'il avait vécu jusque là ? Qu'il était triste que ses enfants ne soient plus en parfaite symbiose avec lui ? Il avait là une occasion parfaite pour prouver qu'il tenait à eux, une occasion pour renouer avec eux… Alors qu'attendait il? Que la foudre s'abatte sur lui pour lui éviter de formuler la phrase fatidique ? Franchement, qui en souffrirait ? Il savait que je comprendrai, j'étais son amie. Quant à Renée, elle était déjà résignée. Elle devait d'ailleurs déjà être en train de penser à son futur amant-slash-sponsor à l'heure qu'il est. Alors quoi ?
Attendait il que quelqu'un dise les choses à sa place ? Que quelqu'un décide pour lui ?
Merde, s'il n'y a que ça…
« Renée, on s'en va. » Fis je platement, sans émotion, aucune.
Je vis distinctement six têtes se tourner vers moi alors que je me levai bruyamment.
Voyant que ma mère ne réagissait pas, je saisis vivement son poignet tout en sifflant entre mes dents. Des exclamations fusèrent et je crois qu'Edward tenta même de m'interpeler mais je n'étais concentrée que sur une seule et unique chose : nous éloigner, ma mère et moi, de la propriété familiale des Cullen.
J'étais motivée par une force qui m'était jusque là inconnue. Ce n'était pas de la colère ni même de l'amertume –certainement pas de la haine-, ce ne pouvait pas non plus être quelque chose de positif c'était juste… Une énergie qui débordait de partout, ni bonne ni mauvaise, qui me poussait en avant, me murmurait de fuir sans me garantir que j'irais bien, une fois que je me serais éloignée.
Je ne sus combien de temps je continuai à marcher ainsi, trainant derrière moi ma mère comme un boulet, mais le jour commença à s'assombrir et la ville qui se profilait à l'horizon commençait déjà à s'illuminer. C'était inquiétant, tout autant que le silence que Renée avait observé tout au long du chemin. Elle ne s'était pas plainte une seule seconde, ne m'avait pas fait remarqué que nous n'atteindrions pas la ville avant la nuit, ne m'avait pas seriné que je lui faisais mal en enserrant son poignet en mes doigts crispés. Les seuls bruits qui émanaient d'elle provenaient des claquements irréguliers de ses talons contre le bitume. Et ce simple fait m'inquiétait plus que tout.
Je rejetai violemment sa main, comme si elle m'avait électrocuté et me retournai avec violence.
« Dis quelque chose ! » Lui aboyai je à la figure.
Renée releva les yeux vers moi et son maquillage totalement ravagé me frappa de plein fouet. C'était une sensation bien étrange… J'avais envie de vomir une tonne de reproches à son encontre, des insultes et des regards meurtriers, mais j'étais totalement figée face à ses larmes séchées, à son visage défait et torturé… Tout ce que je pus faire, c'était de la dévisager avec un mélange d'étonnement et d'amertume. Elle semblait confuse, perdue mais elle me regardait avec une étrange détermination. Et qu'importe à quel point je souhaitais la haïr pour son attitude envers moi, cette nouvelle expression déchira en lambeau toute once d'agressivité en moi, laissant place à cette curiosité morbide que j'avais toujours eu à son égard.
Elle était tellement changeante mais à chaque transformation, j'étais toujours là, dans l'expectative, à espérer qu'elle retrouve son instinct maternel dans la foulée. Et aujourd'hui, alors que nous nous regardions en chien de faïence, je me surpris à espérer encore une fois.
Je serrai les dents, en colère contre moi-même, et levai mes yeux vers les cieux. Je ne devrais pas ressentir ça. Je ne devrais plus ressentir ça. Merde, je sais pertinemment que j'ai toujours fini par être déçue !
« S'il te plait, dis quelque chose. » Murmurai je finalement, les yeux toujours rivés vers le ciel assombri.
Un premier sanglot franchit ses lèvres puis un second et je sentis quelque chose se briser en moi. Je la regardai encore une fois et vis qu'elle tentait tant bien que mal de retenir ses larmes en fermant violemment ses paupières. Une main couvrait sa bouche pour étouffer ses sanglots tandis que son bras libre était enroulé autour de son ventre. C'était une vision de torture, elle souffrait vraiment et je ravalai difficilement les autres images peu glorieuses que j'avais d'elle.
Nous avions été rejetées. Mais contrairement à moi, elle ne devait pas en avoir l'habitude. Mon côté revanchard et aigri criait « Bien fait pour elle ! » mais il était humainement impossible de rester amère et insensible face à tant de vulnérabilité, quand bien même c'était Renée qui se tenait en face.
Alors je m'avançai vers elle et posai une main tremblante sur son épaule. Elle ne le méritait pas mais j'avais comme un besoin maladif de la réconforter. Je ne voulais plus l'entendre sangloter. Je ne voulais plus l'entendre exprimer sa douleur qui faisait ironiquement écho à la mienne.
Renée n'émit aucun mouvement de recul mais elle releva ses grands yeux d'enfant perdu vers moi. Ils étaient empreints d'une profonde reconnaissance, troublante et sincère, mêlée de peine et de culpabilité.
« J'ai toujours fait comme si tout allait bien. » Confia t elle avec douleur puis elle me caressa la joue avec une tendresse qui remua mes entrailles. « Ma chérie. Ma pauvre chérie. Je suis tellem-… »
Je ne la laissai pas finir sa phrase. Je la saisis brusquement dans une étreinte maladroite et ravalai avec effort la boule qui obstruait ma gorge. Mon geste était incontrôlé mais je ne savais pas quoi faire d'autre pour l'empêcher de dire des mots vides de sens. Je savais ce qu'elle allait dire de toute façon. Je l'ai entendu tellement de fois que je n'y croyais plus. Dire ces mots serait tellement facile que je ne voulais pas les entendre.
Si elle était vraiment désolée, je voulais bien lui laisser une chance de me le prouver dans les jours qui viennent.
Peut être aurions nous un jour la chance de nous réconcilier ? D'entretenir une relation saine ?
J'avais bon espoir que oui. Une petite voix me souffla que j'avais même trop d'espoir.
Et elle avait raison.
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J'aurais du prévoir le fait que ma mère allait déprimer après un tel rejet. Quand bien même elle avait cherché mon pardon la veille, le lendemain a été rude, un véritable retour sur terre digne de ce nom… Et les mots qui auraient du être dits et assumés furent totalement oubliés.
Elle a passé la nuit chez moi, a pleuré un bon coup sur mon nouveau canapé lit puis est repartie le lendemain matin. Sans un mot.
Je ne savais pas trop comment réagir. J'étais déçue, bien sûre. Amère, triste et bien d'autres choses encore puis je me suis dit que ça a dû être un choc pour elle vu qu'elle semblait vraiment tenir à la relation qu'elle entretenait avec Carlisle. Peut être que cela aurait été plus étrange si elle n'en déprimait pas ? J'ai donc ravalé mon amertume et l'ai appelé tous les soirs pour avoir de ses nouvelles. Et elle arrivait à me parler…Enfin, parfois, nous essayions désespérément de meubler le silence de mort qui régnait mais au moins, nous avancions dans notre réconciliation. Ce qui ne nous aidait pas à avancer par contre, c'était le fait que lorsque je lui demandais si elle pouvait venir me rendre visite, elle ne cessait de répondre qu'elle « voulait de régler certaines choses avant ».
Ouais. C'était tellement précis. Mais encore une fois, je ravalai mes mots acides et tentai d'ignorer la sensation de parfaite solitude qui commençait doucement à infiltrer mon quotidien.
Je voyais toujours Angela, bien sûr. Et Jared et Kim aussi à l'occasion… Mais rarement désormais puisque le couple avait enfin ouvert leur boutique et s'y attelait jour et nuit. Angela d'un autre côté courrait partout comme une dératée entre ses petits boulots et les examens qui se profilaient à l'horizon, sans compter les associations caritatives de toutes sortes dont elle était membre active… Elle disait que c'était nécessaire pour garder sa bourse. Je ne savais même pas qu'elle était boursée. Et pourtant, c'était évident qu'elle ne pouvait pas se payer des études dans une université aussi select que SPU par elle-même.
Ce fut lorsqu'elle avait insisté pour me cadrer dans son timing de malade que je me rendis compte à quel point j'étais égoïste… Et naze. Parce qu'elle se battait férocement pour ce qu'elle avait et que moi… Je ne voulais que me plaindre de mes… Problèmes sociaux. J'ai donc poliment refusé d'accaparer son temps libre en insistant que les vacances d'été seront bientôt là et j'ai commencé à prendre mes études un peu plus au sérieux.
Je passai deux, trois semaines ainsi. A travailler d'arrachepied à l'université, le jour, et à essayer de reconstruire une relation mère-fille le soir. Mais la solitude, bien qu'elle commençât à s'ancrer plus sûrement dans ma vie, ne me dérangea pas plus que ça. Ce n'était plus qu'une solitude physique de toute façon… Ma mère me soutenait – à sa façon- même si elle n'était pas là et je reverrais Angela, Kim et Jared bien assez vite.
Le rythme était phénoménal, les révisions et les recherches interminables… Mes conversations avec ma mère arrivaient parfois à me distraire agréablement… Et ma vie avait l'air… de la vie d'une simple étudiante en médecine. Moins les amis cependant. Mais cela ne me laissait que plus de temps pour étudier.
Je quittais désormais l'appartement de plus en plus tôt le matin pour ne revenir que de plus en plus tard dans la soirée. La bibliothèque universitaire et le labo étaient devenus mes endroits préférés et je suis même devenue ami-ami avec quelqlues professeurs…
Le seul professeur que je ne revoyais plus cependant, c'était Carlisle Cullen… Il n'était plus venu enseigner à la fac après le fiasco du brunch dominical. Apparemment, il avait demandé des congés sans solde –allez savoir comment il a obtenu l'aval d'une université aussi stricte que le SPU mais il ne s'est plus pointé depuis plus de trois semaines à présent. Bien sûr, j'avais ma petite hypothèse concernant les raisons de son absence. Lui aussi devait être en pleine réconciliation avec sa famille vu que tous les Cullen avaient disparu de Seattle comme s'ils n'avaient jamais été là. Peut être avaient ils même décidés de déménagés, de prendre quelques jours de vacances aux Caraïbes, de vivre en autarcie ou que sais je encore ?
Enfin… Ce n'était pas mon problème, n'est ce pas ? Je ne devrais pas me sentir aussi amère qu'aucun d'entre eux n'ait eu la décence de m'appeler ne serait-ce qu'une seule fois pour me demander si j'étais bien rentrée après ce fichu brunch ! Enfin, Carlisle surtout vu qu'il était supposé être un de mes amis. Pour le reste… Ses enfants… Ce n'était ni Rosalie ni Alice qui allaient m'appeler… Et son fils… Je ne voulais même pas savoir. Ce qu'il représentait pour moi, ce que je représentais pour lui… Dès l'instant où l'on s'était rencontré, nos rapports avaient été plus qu'ambigus. Rien ne l'obligeait donc à prendre de mes nouvelles. Et puis, je n'avais tout simplement pas de place pour lui dans ma vie tout comme il n'en avait pas pour moi dans la sienne alors…
« Eh bien, Swan, t'es en feu, dis moi ! » Me nargua une voix que je ne connaissais que trop bien alors que j'étais installée à ma place habituelle, dans la biblio.
Je relevai les yeux, exaspérée, et tombai directement sur Mike, un sourire narquois aux lèvres et un bras par-dessus les épaules de Jessica Stanley. Celle-ci me regardait avec dégout et suffisance, les cheveux plus impeccables que jamais… Eh bien, ils ont l'air en forme. Mais leur présence ici ne me disait rien qui vaille…
« Mike, Jess… » Les saluai je avec sarcasme avant de reprendre ma lecture.
Mike ricana puis, retourna la chaise d'en face puis s'assit dessus avant de s'accouder sur le dossier. Lorsque je relevai les yeux une nouvelle fois, il avait sourire malsain et un regard méprisant.
« Alors… J'ai un pote, vois tu, qui semble être… Etonnamment et miraculeusement… Etre attiré par ta petite copine. Tu sais… Cheveux longs bruns, lunettes de geeks, pâle et délicate ?»
« Angela ? » Grinçai je entre les dents.
« Ouais, celle là même ! Apparemment, la semaine dernière, ils ont papoté longuement de Shakespeare et blablabla… Mais depuis, Ben –Tu connais Ben Cheney ?… Eh bien, figure toi que maintenant Ben a cette délicate petite fleur sous la peau et comme je suis un pote génial et comme ta copine est si difficile à draguer… Me voilà donc en train de me rabaisser à te parler pour lui arranger un coup ! » Termina Mike avec un soupir dramatique.
Je ricanai froidement et croisai mes bras sur ma poitrine.
« Et qu'est ce qui te fait croire que tu es le seul pote génial, ici ? » Rétorquai je sèchement.
« Oh mais je sais bien ! T'as beau être une salope, on sait tous que tu tiens à ta petite protégée. Seulement voilà, Ben ne semble pas être le seul à être enamouré, tu vois ? Ta copine aussi semble être… Partante. Mais tous les deux sont atteint d'une timidité tellement maladive que c'en est presque écœurant. Ta protégée devrait être capable de te confirmer la même chose. On essaie seulement de rendre service. »
Mike me détestait, ça, je le savais pertinemment… Et Jessica devais me haïr encore plus. Je m'étais d'ailleurs attendu à ce qu'il prépare un mauvais coup à mon encontre mais ils ne sont pas jamais venus me chercher des noises, même après la menace à peine voilée de Jess lors de notre dernière conversation. Ils ne m'ont même pas adressé un seul regard. Alors pourquoi aujourd'hui ? Et pourquoi Angela ? Parce que je tenais à elle ?
« Et donc… » Reprit Jessica d'un ton hautain avant de sortir deux papiers cartonnés de son sac hors de prix. « La semaine prochaine, il y aura une soirée pour célébrer la fin des examens… Une soirée sélect, bien sûr ! Mais nous te laisserons passer pour chaperonner la petite Webber. » Ajouta elle en reniflant dédaigneusement. J'avais une folle envie de la gifler. « C'est le dernier espoir de Ben vu qu'il va être transféré pour la session d'automne alors fais en sorte qu'elle accepte, ok ? »
« Vous manquez pas de toupet, vous… Pourquoi Ben ne va pas lui demander lui-même ? »
« Déjà suggéré, déjà fait, déjà refusé. » Marmonna la blonde en admirant ses ongles. Ai-je déjà dit que j'avais une folle envie de la gifler ?
« Eh bien, je crois que vous perdez votre temps. » Fis je en repoussant les invitations sur la table.
« Non, non, tu n'as pas compris, Swan… » Intervint Mike. « Ta copine a dit qu'elle n'irait pas à la soirée parce qu'elle avait déjà quelque chose de prévu… Avec toi, s'entend. Mais tu n'as visiblement pas l'air très au courant de ce programme. »
J'écarquillai les yeux. Ah merde… Ils m'ont visiblement tendu un piège.
« Si elle n'a pas envie d'y aller, elle n'ira pas, Mike. Point barre. »
« Mais peut être qu'elle changera d'avis lorsqu'elle saura que sa… Meilleure amie sera présente, elle ? Hm ?» Insista t il en inclinant la tête sur le côté. « Ben est un type bien, tu dois le savoir, non ? C'est un mec sans histoire. »
« Fadasse, tu veux dire. » Rigola Jess.
« Hé, c'est mon pote, ok ? »
« Ok, ok… J'ai rien dit ! »
J'arquai un sourcil face à leur échange un peu étrange mais n'eus pas le temps de faire une remarque car Angela arriva droit sur ma table… D'un air un peu absent. Tiens donc. Lorsqu'on parle du loup.
« Angela ? » M'exclamai je, stupéfaite en me rendant compte qu'elle s'apprêtait à dépasser ma table comme si elle ne m'avait pas vue.
Eh bien, à en juger par son visage clairement surpris, je dirais qu'elle était bien loin dans ses pensées.
« Ah, Bells… Désolée, je suis un peu… Dans les… » Elle s'arrêta de parler lorsqu'elle se rendit compte que je n'étais pas seule à ma table. « Euh… Est-ce que ça va ? » Demanda t elle consciencieusement en jetant un regard hésitant à Mike et Jessica.
« A merveille, petite Webber ! » S'exclama Mike en se levant de sa chaise. « On invitait juste Bella ici présente à se joindre à nous… Pour la fête chez McCarthy's, la semaine prochaine. »
« McCarthy ? C'est un bar ! » M'indignai je, me rappelant parfaitement de la fois où Edward m'y avait emmené. Edward… Non, ce n'était pas le moment.
Jessica renifla pour la énième fois.
« Ce n'est pas qu'un bar ! » Corrigea t elle. « C'est un établissement très chic et décontracté qui contient en effet un bar mais il y a plein d'évènements de haut standing qui ont eu lieu là-bas dernièrement. »
Je roulai des yeux.
« Si tu le dis. » Marmonnai je.
« Eh bien, peut être que vous devriez venir ensemble, Angela… » Suggéra Mike avec un ton faussement amical. « Je sais que Benjamin aurait voulu que tu sois présente mais si vous ne vous plaisez pas, personne ne vous retiendra. »
Je vis clairement le moment où je devais croire les baratins de Mike et Jess sur leur pote et Angela. Car au nom « Benjamin », le visage de mon amie s'illumina comme une putain de sapin de Noël et ses oreilles étaient rouges tomates.
Merde.
Angela se retourna vers moi, presque craintivement puis regarda Mike et Jessica avant de revenir sur moi.
« Ouais… Je… Ben m'en a parlé… »
« Oh génial ! » S'exclama Jess avec un sourire plus malsain que sincère. « Tu as du hésiter parce que Ben ne t'a pas donné d'invitation officielle mais je vous en ai imprimé ce matin même… On se retrouve donc la semaine prochaine, les filles ? Oh, et n'oubliez pas le dress-code ! »
Le couple quitta notre table en souriant narquoisement mais Angela sembla trop hébétée pour s'en rendre compte.
« Tu… Est-ce que tu veux y aller ? » Me demanda t elle, hésitante.
« Je ne sais pas… Toi, tu veux ? »
« Eh bien… Je sais que nous n'avons pas passé beaucoup de temps ensemble dernièrement et que peut être une soirée dans un bar branché ne serait pas l'idéal pour se retrouvé en plus nous avons encore un examen le jour de la fête peut être que l'on sera trop fatiguées pour vraiment profiter de la soirée je sais aussi que tu ne t'entends pas avec Jess et sa bande mais apparemment c'est elle l'organisatrice et tu vois, elle vient même d'imprimer nos invit' tu dois trouver ça un peu bizarre et je sais que je ne t'ai jamais parlé de Ben mais c'est parce que je ne voulais pas que tu sois-… »
« Angela, stop ! » M'exclamai je, un peu hilare face à sa diarrhée verbale. « Premièrement, euh… Qui est Ben Cheney ? »
Son teint déjà rubicond prit une nuance de rouge encore plus sombre si possible et elle se cacha le visage dans les mains en couinant « Oh, Bella ! ».
Et je compris… Mauvais coup ou pas, j'allais à cette fichue soirée.
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La dernière semaine du semestre s'était envolée à une vitesse supersonique… Tout comme les examens qui y avaient été programmés d'ailleurs. Je n'avais même pas compris ce qu'il m'arrivait que déjà, nous étions vendredi et tout le monde était euphorique. Aujourd'hui, Seattle Pacific University vibrait d'une toute nouvelle énergie, autre que la peur et la tension… L'excitation.
Tout le monde allait forcément célébrer aujourd'hui et à chacun leur façon. Pour ma part, cela allait être une mission de chaperonnage à la soirée 007. Bond. James Bond. Eh, oui, c'était le fameux dress-code… Rouge, noir et blanc. Tuxedo et casino.
Je montai dans la vieille Chevrolet qu'Angela avait emprunté à Jared pour la soirée et nous nous dirigeâmes vers mon appartement afin de nous préparer. Jared et Kim avaient prévu une soirée romantique de leur côté et… Disons que nous étions un peu à l'étroit, à quatre dans le condo d'Angela.
Une fois arrivée, je pris une douche en vitesse puis céda la salle de bain à Angela qui avait programmé tout une séance de relooking spécialement pour plaire à Ben… J'avais bien essayé de lui dire que si Ben en valait vraiment la peine, il l'aimerait comme elle était mais… Elle était surtout au bord de la panique. Je veux dire… La fille s'était payé une foutue épilation intégrale le weekend dernier en plus d'un tutoriel complet en maquillage… Et de la boite –que dis je ?- de la valise à maquillage qui allait avec. J'aurais pu me moquer d'elle… Sauf qu'elle m'expliqua que c'était la première fois qu'elle se faisait invité à une soirée de ce genre et que Ben, et je cite : était sûrement l'homme de sa vie. Il fallait voir ça… Des putains d'étoiles danseraient presque dans ses yeux lorsqu'elle parlait de lui… Alors je sus quoi faire. Me la boucler et boucler ses cheveux le moment venu. Ce que je fis avec plaisir même si cela me prit deux bonnes heures de chaleur étouffante et de légères brulures dues au fer et au brushing.
Angela était peut être une petite geek dans l'âme mais elle ne manquait pas de style lorsqu'il le fallait. Elle avait choisi de mettre une petite robe noire faite de dentelles par endroit, qu'elle cintra avec une ceinture rouge au niveau de la taille. Cela soulignait sa taille fine tout en mettant en valeur sa poitrine menue et ses hanches étroites. La robe était vraiment courte et j'étais sûre qu'elle aurait fait tunique sur moi mais elle avait un décolleté rond, très sobre alors cela allait. Elle mit ses escarpins rouges vernis assortis à ses lèvres écarlates et sourit devant le miroir… Elle semblait différente. Vraiment différente. Et je n'arrivais pas à décider si cela me dérangeait ou non.
De mon côté, j'avais déjà décidé de ne pas en faire trop… J'avais ressorti une vieille robe carmine chauvesouris en imitation soie. Elle était cintrée à la taille mais le reste était fluide et ample. La couleur rouge aurait pu être provocante mais le décolleté et la longueur étaient acceptables. J'arrangeai mes cheveux en un chignon banane vite fait et une fois mes chaussures noires enfilées, j'avais l'air plutôt élégante sans vraiment avoir l'air élégante. Bref, je me comprends.
Une fois prêtes, nous enfilâmes nos manteaux et quittâmes l'appartement rapidement. Il y avait environ trente minutes de trajet jusqu'au McCarthy's mais j'ai cru un moment que je n'y arriverais jamais. Angela était tellement en pleine effervescence que je lui avais interdit de prendre le volant. Quoi que… En y réfléchissant, je ne savais pas si c'était une bonne chose. Assise sur le côté passager, elle n'arrêtait pas de parler, de réarranger sa coiffure, de rajuster le rétroviseur, puis de tapoter le plastique du rebord de la portière avec ses ongles fraichement manucurés –un bruit qui m'aurait rendu folle à terme, si le McCarthy se trouvait deux kilomètres plus loin qu'il ne l'était…
Je m'apprêtais à me garer lorsqu'une grande armoire à glace vint vérifier nos invitations et nos pièces d'identités à la fenêtre de la voiture. J'arquai un sourcil.
« Ce n'est pas la tradition d'usage… » Fis je remarquer au pingouin de service.
« Je sais bien mais vous aurez droit au tapis rouge, ce serait bête de vous laisser marcher dessus pour ensuite vérifier vos invit' à l'entrée. M'enfin, les ordres de Mademoiselle Stanley ne se discutent pas. » Sourit il les lèvres pincées.
Je lui rendis son sourire et acquiesçai lorsqu'il nous autorisa à avancer plus loin, jusqu'au fameux tapis rouge menant à l'enceinte du McCarthy. Un valet ouvrit ma porte puis celle d'Angela et il nous intima de descendre le tapis avant qu'il n'aille garer la vieille Beetle.
« Eh bien, Mademoiselle Stanley ne fait pas les choses à moitié décidément. » Ironisai je en remarquant quelques personnes attroupées à l'entrée, appareils photos en main, comme si nous étions des célébrités vraiment dignes du tapis rouge.
« D'après Ben, cette soirée est réservée aux troisièmes années et plus… Pour des raisons plutôt alcooliques si tu veux mon avis. Les faux paparazzis que tu vois là, ce sont les quelques deuxièmes années que Jessica a sélectionné pour faire en sorte que l'effet bling bling fasse plus vrai ! »
Eh bien, pour être vrai, ça paraissait carrément hollywoodien, oui.
Lauren portait un vison blanc au-dessus d'une robe de soirée écarlate et échancrée et posait avec un Tyler habillé d'un costume griffé. Glamour.
Je me retournai et remarquai d'autres filles arriver avec le même genre d'apparat que Lauren. Des robes longues, des courtes, des paillettes, des soyeuses… Seulement en rouge, blanc ou noir mais toutes plus échancrées les unes que les autres avec des accessoires… Tout un défilé d'accessoires. Chers, cela va sans dire.
Je me sentis tout d'un coup pas assez habillée pour l'occasion mais avant que je n'eus le temps de me raviser, Angela me tira par le bras et nous dirigea vers l'entrée.
« Allez, Bella ! J'ai déjà reçu un texto de Ben, il se demande ce qui nous prend aussi longtemps. » Couina t elle.
Comme l'armoire à glace l'avait dit, on ne vérifia plus nos identités une fois à l'intérieure. Deux filles vinrent juste nous prendre nos manteaux et une rouquine derrière son pupitre nous flasha de ses dents ultra-bright tout en nous expliquant que l'on pouvait se procurer des jetons auprès d'elle ou d'une des serveuses si nous le désirions. Nous acquiesçâmes rapidement et nous mêlâmes à la foule. Oui, foule. Parce que j'avais beau la détester, je devais accorder que Jessica et ses dindes de copine ne faisaient vraiment dans la dentelle lorsqu'il s'agissait de faire un remake de Tomorrow never Die. Et je n'étais décidément pas la seule à être de cet avis vu le visage bienheureux qu'arboraient la plupart des mecs.
« Je vais rejoindre Ben ! » Me cria Angela par-dessus la musique trop forte. « Il doit être avec Mike et je sais que t'as pas envie de le croiser. »
J'acquiesçai et criai à mon tour : « Tu m'appelles quand t'as besoin de moi et vice versa ! »
Elle me fit un sourire et disparut dans la masse en quelques secondes. Alors je pris enfin le temps de regarder ce que la soirée avait à me proposer.
L'intérieur du McCarthy avait été totalement ré-agencé et me paraissait maintenant beaucoup plus grand que lorsque j'y étais venue la première fois. La première chose qui me sautait aux yeux était cette piste de danse improvisée qu'ils avaient installée au centre de la salle. Je me souvenais clairement qu'il n'y avait pas eu de sol fluorescent la dernière fois et pourtant, les jeunes étudiantes enivrées de SPU se trémoussaient bien sur une grande piste de danse luminescente. Au bord de la piste, de grands canapés recourbés en cuir blanc avaient été organisés avec des tables basses afin d'accueillir les invités… Et leur montagne de cocktails. Le box du DJ se trouvait au bout de la piste et le bar du côté opposé –bar bondé malgré les serveuses qui se promenaient avec des plateaux remplis d'amuse-bouche et de flutes de champagnes. C'était définitivement la partie 'boite de nuit' de la soirée.
Quant à la partie 'casino', il y avait des machines à sous alignés sur un énorme pan du mur de l'enceinte et quelques tables de poker –ou de Black Jack, je ne savais plus trop, se trouvaient dans un coin plus tranquille près du bar. Le plus populaire des jeux se trouvait bien sûr au fond de la salle, ce que je devinai être le jeu de la roulette car beaucoup d'étudiants s'amassaient autour en chahutant.
L'ambiance était vraiment… Electrique.
Je croisai quelques visages familiers parmi la foule et acquiesçai à certains pour les saluer. Tout le monde semblait décontracté et heureux malgré l'aspect guindé de la soirée et je souris légèrement en me disant que le flux d'alcool devait y être pour quelque chose. Ca et l'effervescence que les jeux semblaient causer !
Peut être que c'était de ça dont j'avais besoin finalement ! J'avais passé les deux dernières semaines à m'en faire pour ma mère et pour mes examens… Peut être qu'il me fallait une soirée pour me détendre… Faire la fête comme une étudiante normale. Enfin, une étudiante de la SPU, chic et snob. J'étais sûr qu'ils servaient les meilleurs cocktails, dans ce bar.
Je me mis soudain à bénir Angela et son béguin pour Ben Cheney.
J'approchai une serveuse pour me saisir d'une coupe et trempai rapidement mes lèvres dans le champagne qui se révéla… Tiède et trop sucrée. Eh bien, eh bien… On dirait qu'il y avait quelques petits bémols dans la perfection… Cela expliquait sans doute le bar bondé. Je délaissai la coupe sur une table vide, bien décidée à siroter une meilleure concoction. Mais je m'arrêtai une seconde et considérai le bar d'un œil critique, remarquant comment les filles s'acharnaient sur le mur de muscles pour avoir une chance de parler à la barmaid –en vain, bien sûr.
Peu importait mon envie puissante d'ingérer un peu de bon alcool, ledit bar serait apparemment inaccessible pour une personne de mon gabarit.
« Besoin d'un coup de main, ma belle ? » Susurra une voix grave qui me fit sursauter.
Je fis volteface et tombai sur un sourire charmeur et… Un tas de muscles. Je ne l'avais jamais vu, celui là, quand bien même mes connaissances à la fac étaient restreintes… Des cheveux châtains clair à ras du crâne, une peau dorée, des yeux noirs, une bouche rosée et masculine et comme je l'ai dit tout à l'heure : un tas de muscle. Un tas de muscles sexy soit dit en passant. Mais je me méfiais quand même.
« Euh… Je vais attendre mon tour. » Répondis je, sarcastique.
« Oh ? Tu es sûre ? Parce que je suis de service ce soir. »
« Pardon ? »
« Tu vois ces filles, attablées juste derrière moi ? » Il montra du pouce, par-dessus son épaule, un groupe de filles un peu plus âgées que moi –peut être des cinquièmes années- qui sirotaient tranquillement divers cocktails de différentes couleurs. Lorsqu'il se retourna vers elles, celles-ci se mirent à le saluer avec de grands signes de la main et une rouquine lui cria : « Un autre vodka melon s'il te plait ! ». Eh bien, apparemment, elles étaient allumées.
« Je suis d'humeur charitable, ce soir. Je propose aux gentes dames d'aller chercher leurs nectars à la source ! » Expliqua t il en se penchant ridiculement en avant.
Je rigolai légèrement. « Gentes dames ? »
« Ou les filles sexy, si tu préfères. Suffit de demander. »
« Et qu'est ce que tu veux en retour ? »
« Eh bien, cela dépend… Peut être une danse ou deux… » Fit il en se rapprochant puis il se pencha à mon oreille et susurra : « Et plus si affinité ».
Je rigolai à nouveau. Il avait l'air tellement ridicule. Et il n'allait pas tarder à se vexer vu le temps que je pris pour me calmer. Enfin, je lui fis un petit sourire langoureux –parce que je voulais vraiment un verre et qu'il n'aurait sans doute aucun problème à aller me le chercher- tout en mettant mes bras autour de ses épaules.
« Tu te sens capable de braver un océan de gens pour mon Blue Lagoon ? » Lui murmurai je.
Il acquiesça cependant et me rendit mon sourire. « Attends moi là, beauté. »
Il me sourit une dernière fois avant de se tourner vers le bar et de jouer des coudes pour créer son chemin.
Je soupirai en le regardant. Il était peut être sexy mais il avait des façons un peu… lourdingues. Ce qu'on ne ferait pas pour un peu d'alcool.
Une énorme paire de mains saisit soudainement mes épaules et… Je crois que je n'avais jamais hurlé comme ça toute ma vie. J'allais balancer un coup de genou dans le service trois pièces de mon assaillant mais je reconnus à temps l'homme qui s'appuyait à présent lourdement sur moi. C'était le proprio –Emmett, je pense-, je l'avais rencontré la première fois où j'étais venue ici et il était accompagné d'une belle blonde qui me souriait largement et qui m'était familière… Beaucoup trop familière…
« Euh… Tanya ? » Fis je, ne cachant pas mon étonnement. Son sourire se fit plus grand et elle semblait rayonner malgré sa robe noire.
« Oh, Tanya et toi vous vous connaissez ? Je ne savais pas. » S'étonna Emmett.
Je déglutis et acquiesçai, ne voulais pas me remémorer les circonstances dans lesquelles je l'avais rencontrée.
« On a assisté au même brunch, une fois… » Rétorqua Tanya et j'ignorai volontairement le regard désolé qu'elle me lança.
« Mouais… Alors Bella, tu t'éclates ? » Me demanda Emmett en serrant un peu plus mes épaules contre lui. Comme si on était les meilleurs potes du monde !
« Ouais sauf que le bar est tellement inaccessible que j'ai du envoyer un larbin… » Tanya pouffa de rire et Emmett joua des sourcils. « Sympa la déco, en fait ! »
Emmett grimaça en réponse.
« Il faut ce qu'il faut ! Je suis une ancienne SPU et Emmett également. Nous avons été en quelque sorte nommés chaperons, organisateurs, fournisseurs… Et bailleurs de fond en alcool aussi, on dirait. » Déclara Tanya en remarquant trois filles emportant plusieurs shots de téquilas dans leurs bras.
« Je croyais que Jessica était l'organisatrice ? »
« Qui ? Stanley ? » S'indigna la blonde. « Cette pauvre fille à papa ne sait même pas comment à un agenda ! Elle ne sait que faire des vœux stupides comme un tapis rouge, des faux paparazzis et des faux gardes du corps… »
Emmett rigola mais approuva d'un signe de tête.
« Bon, allez, je vais voir du côté des machines à sous pour vérifier que personne n'a rien cassé. On joue peut être des faux billets mais y'en a qui s'emportent vite ! Ça a été un plaisir de te revoir, Bella et n'hésite pas à rejoindre notre bar privé si tu n'arrives pas à obtenir un verre ! » Fit Tanya et elle s'éclipsa gracieusement sous les yeux ébahis de quelques étudiants.
« Un bar privé ? » Demandai je à Emmett.
« Ouais. On a improvisé un bar à l'arrière avec son frère et quelques anciens SPU, histoire de supporter la soirée mais tu es la bienvenue si tu veux te joindre à nous ! » Répondit il en m'indiquant une porte au fond de la salle.
« C'est pas si mal… Alors merci mais je crois je vais m'en tenir à la soirée et jouer les James Bond girl. Je n'ai pas envie de me mêler à une bande de vieux sortants de la SPU qui regrettent certainement l'équipe de foot, maintenant qu'ils sont en fauteuils roulant. »
Emmett éclata de rire et tapa mon épaule une dernière fois. « Ah, je te retiens, Bella. Bon… Moi aussi, je dois circuler, j'ai des étudiants bourrés à mater ! Je ne vais pas les laisser saccager mon bar davantage, ils ont déjà fait assez de dégât avec cette piste de danse ridicule. » Grommela t il.
Je souris face à son air ronchon. Un peu plus et l'on pourrait croire qu'il n'était pas content que cette soirée se passe dans son établissement. Je regardai une nouvelle fois autour de moi et réalisai encore à quel point son bar était méconnaissable.
Je fis un stupide signe de la main lorsqu'Emmett s'en alla cependant.
« C'est… Ton copain ? » Demanda une voix incertaine derrière moi et je me retournai.
Ah, Mr Muscle le retour… Et avec mon précieux Blue Lagoon. Je lui offris un sourire appréciateur lorsqu'il me tendit ma boisson et il regarda ailleurs pour une quelconque raison. Il lâcha cependant le verre une seconde trop tôt avant que je n'ai eu la chance de m'en saisir.
« Euh… »
« Oh ! Désolé, je suis vraiment désolé ! Je… Je ne faisais pas attention ! » Bredouilla t il en se penchant précipitamment sur les débris de vers sans savoir quoi faire. Une serveuse apparut comme par magie et ramassa le gâchis qu'était devenu mon beau cocktail bleu.
« Je vais t'en chercher un autre tout de suite, Bella. »
Je n'eus même pas le temps de placer un 'c'est pas grave' qu'il disparaissait déjà dans la masse. Et je restai plantée là comme une idiote. Je soupirai à m'en fendre l'âme…
Excellent début de soirée, Bella !
Je scannai à nouveau la foule autour de moi et essayai de voir où en était Angela. Ce n'était pas évident et je me doutais bien que j'avais peu de chance de la retrouver mais à force de torsion de cou, je pus l'apercevoir et me renfrognai une fois que je la vis. Ou plutôt, lorsque je vis son entourage. Elle était attablée avec la bande de Mike, Jessica en moins, et Ben avait passé un bras autour de son épaule et une main sur son genou. J'essayai d'analyser l'expression de mon amie pour détecter le moindre signe de malaise du à cette soudaine proximité mais aucune once de gêne ou d'hésitation ne transparaissait dans ses gestes alors qu'elle se saisissait de son verre, fixant Ben du regard alors qu'elle savourait son cocktail… Je ne savais pas qu'elle avait autant de confiance en elle.
J'écarquillai cependant les yeux lorsqu'elle reposa sa boisson sur la table basse avant de tirer sur la cravate de Ben pour l'embrasser de façon… Pas du tout platonique.
Oh, la vache ! Elle a toujours été comme ça ou bien elle était déjà pétée ? Non, nous venions à peine d'arriver et j'étais positive sur le fait qu'elle n'avait pas pris d'avance sur l'alcool. Mais en même temps, je la voyais mal avoir une telle audace au vu de sa timidité maladive et ce, peu importe le nombre de fois où elle affirmait que Ben était l'homme de sa vie. On ne désinhibait pas une personne en cinq minutes avec tout le charisme du monde…
Alors quoi ? Est-ce qu'elle avait caché son jeu en se faisant passer pour une intello sage, bien posée ? Non. Non, je ne voulais pas le croire. Mais je devais me rendre à l'évidence que quelque chose clochait avec Angela, ce soir.
Je décidai donc d'aller voir ça de plus près afin d'en avoir le cœur net et une fois arrivée à leur hauteur, je pris un temps de pause. La musique était beaucoup plus forte ici et cela obligeait tout le monde à hurler les uns sur les autres pour se parler. Je fus cependant assez proche pour entendre des bribes de la conversation entre Mike & Cie. Conversation à laquelle Angela semblait être une active participante.
« Où est Jess ? Ca fait plus de trois plombes qu'elle est au bar… » Se plaignit Lauren et Angela acquiesça.
« Ouais, tu sais que Jess s'occupe de pas mal de chose, en ce moment, Lauren. » Rétorqua Mike par-dessus son verre de whisky puis il se tourna vers Angela. « On a tous des responsabilité ce soir. Nous sommes les organisateurs alors nous ne pourrons nous relaxer vraiment qu'à l'after ! »
« L'after ? » S'excita Angela avec une voix tellement intéressée que je la reconnus à peine. Cela remua quelque chose de douloureux en moi et je ne savais même pas pourquoi.
« Ouais. Ça se passera chez moi. » L'informa Ben, une main maintenant sur la cuisse d'Angela. « Tu veux en être ? »
« Ouais, bien sûr ! Je vais juste devoir texter Bella plus tard… »
« Ah nooon, pas celle-là ! » Se plaignit Lauren, la moue tordue de dégoût.
« Relax… Je n'allais pas l'inviter. C'est juste que nous sommes venues ensemble et j'ai besoin de quelqu'un pour ramener ma bagnole. »
Les mots d'Angela me brisèrent comme un puissant coup de massue à la poitrine et j'eus tout d'un coup du mal à respirer. Pourquoi est ce qu'elle disait ça ? Pourquoi parlait elle comme ça ?
« Mais non ! » Contra Mike. « Si ça se trouve, elle est déjà en train de grimper dans la bagnole d'un de nos joueurs de foot. Et pas que pour une promenade, d'ailleurs, si vous voulez mon avis ! »
Tyler ria de bon cœur et commença alors à faire des gestes obscènes avec sa main droite, ses doigts formant un cercle puis faisant des va et vient caractéristiques devant sa bouche grande ouverte…
Tout le monde éclata de rire… Ben et Angela y compris.
J'étais partie avant que je ne m'en rendis compte et me retrouvais quelque part derrière le coin des tables de jeux de carte. J'arrêtai éventuellement d'y faire les cents pas lorsque je réalisai que je faisais vraiment les cents pas. Mes membres étaient comme engourdis et mon cerveau était en mode pilotage automatique. J'en avais trop entendu. Et je le supportais très mal. Une amertume mélangée à de la rage sans précédent commença à se répandre dans tout mon corps et j'eus soudain envie d'aller à cette fichue table pour arracher les cheveux d'Angela… Et ceux de Lauren aussi en passant. Et les couilles de Tyler et Mike.
Pourquoi ils faisaient ça ? Pourquoi elle faisait ça –me faisait ça ?
Pourquoi était elle comme ça ?
Pourquoi que tout ce qu'on avait vécu ensemble paraissait tout d'un coup si… Faux ?
Etait ce pour se faire intégrer ? Pour se faire aimer des pairs de Ben ? Si c'était le cas, peut être trouverais je un jour la force de lui pardonner mais pour l'instant… Que le Seigneur Dieu lui vienne en aide si je revoyais son visage pour le reste de la soirée.
« Eh ! Te voilà, ma belle ! Je te cherchais partout ! »
Je levai les yeux abruptement et je ne sus jamais ce que Mr Muscle avait vu dans mon regard mais il recula soudainement d'un pas, trébuchant légèrement. Je m'approchai vivement de lui, récupérai mon Blue Lagoon avant qu'un autre accident ne survienne... Et le vidai d'un seul trait. L'alcool me brula la gorge et le gout amer neutralisa ma langue mais j'en avais besoin.
J'avais besoin de cette brulure, j'avais besoin de cette amertume. Pour effacer celles qui assaillaient mon corps. Mon cœur.
Je regardai le verre vide dans ma main, presque avec regret.
« C'est quoi ton nom? » Aboyai je à Mr Muscle qui sursauta face à mon ton agressif.
« Chase. » Grommela t il.
« Bella. » Fis je et je lui remis le verre vide. « Je te remercie, Chase. J'aurais bien aimé continuer à flirter avec toi pour avoir un autre Blue Lagoon à l'œil mais je ne suis franchement pas disposée à jouer la comédie pour si peu. »
Il resta bouche bée un moment avant de se reprendre.
« Toutes les boissons sont gratuites, ce soir. »
« Ah… Eh bien, les organisateurs n'ont pas fait les choses à moitié. Des activités fun, de l'alcool à volonté, une musique qui déchire, des connasses qui courent les rues… Super ! »
J'étais en train de devenir hystérique. Je le savais. Mon visage et mon comportement trahissait la rage que je tentais de couver. Mais je ne pouvais pas exploser. Pas ici. Pas maintenant.
Il me fallait me calmer. Et il me fallait maintenant plus d'alcool dans mon système pour redevenir cool et zen.
Je sentis soudain la main de Chase près de mon visage avant qu'il ne saisisse une mèche pour la remettre derrière mon oreille. Je détestais ce genre d'attention mais je n'avais pas la force pour engueuler Chase… Il n'y était pour rien et il était allé chercher mon cocktail pour moi… Deux fois.
« Je vois bien qu'il y a quelque chose qui ne va pas et je ne vais pas te demander ce qu'il s'est passé si tu n'as pas envie d'en parler. » Fit il, l'ombre de ses doigts trainant auprès de ma nuque. « Mais ce verre avait l'air de te faire du bien. Tu en veux un autre ? »
Je pouffai d'un rire sans joie. « Il me faudrait plus qu'un autre verre, Chase. »
Il sourit pensif puis caressa une dernière fois ma joue avant d'enlever sa main.
« On va faire un deal alors… » Dit il après un moment puis il saisit ma main droite dans la sienne. Je ressentis l'envie de le repousser mais encore une fois, je n'en fis rien. « Nous allons nous prendre une table, tu m'accorderas deux ou trois danses à l'occasion et à chaque que je verrai un verre vide dans cette jolie petite main, je le remplacerai aussitôt avec un nouveau. »
J'aurais du me méfier… De son air charmeur. De ses faux airs de chevaliers fervents. De sa proposition un peu trop belle pour être vraie. Mais je le suivis quand même. Nous nous attablâmes dans un coin, près du bar, et nous nous installâmes sur la causeuse en cuir blanc, mes genoux contre les siens.
Et il tint sa promesse. M'offrant Blue Lagoon après Blue Lagoon entre deux danses ou entre deux conversations sur la fac et les merdes qui régissaient nos vies d'étudiants. Bien sûr, conversation était un bien grand mot… J'accaparais la parole plus que lui mais cela ne semblait pas le déranger le moins du monde.
Huit Blue Lagoon. Je commençais à me griser et j'adorais ça. Je me sentais plus légère, plus détendue… Plus libre aussi… Il aurait fallu une telle soirée pour me rendre compte à quel point je ne m'étais pas lâchée dernièrement.
Alors je dansai avec Chase comme s'il n'y aurait pas de lendemain et oubliai les propos blessants d'Angela au rythme de la musique. J'aurais toute la journée pour faire face à ça demain.
Je fis donc plusieurs va et vient entre la piste et notre table pour faire le plein d'adrénaline et d'alcool à chaque détour et trainai Chase dans mon sillage à chaque fois. Je savais que c'était imprudent de rester autant à proximité d'un mec que je ne connaissais ni d'Eve ni d'Adam alors que je commençais doucement mais sûrement à partir en vrille mais Chase était comme un petit chien perdu, pendu à mes basques. Malgré ses gros muscles et ses tentatives de dragues foireuses, je doutais sérieusement qu'il puisse me faire du mal.
Je rigolai avec lui alors que nous retournions à notre table et une fois assise, je lui demandai derechef un autre Blue Lagoon. Il obtempéra et déposa mon cocktail devant moi quelques minutes plus tard. Après avoir pris une grande goulée de ce nectar, je jetai un regard en direction de Chase et décidai de siroter ma boisson. Il avait tant fait pour moi ce soir mais maintenant il avait l'air fatigué… Je pouvais bien éviter de le faire retourner au bar deux secondes après qu'il en soit revenu.
Dixième Blue Lagoon. Chase scannait maintenant nerveusement les alentours sans jamais me jeter un coup d'œil et je trouvais ça un peu étrange mais je ne fis aucun commentaire.
Arrivée à la moitié de mon verre cependant, je commençai à me sentir un peu mal à l'aise et en fis part à Chase. Il me cala légèrement dans ses bras et me suggéra d'aller me rafraichir entre autre chose. J'acquiesçai faiblement avant de me lever. Le décor tourna violemment devant mes yeux et le sol se précipita soudain à mon encontre. Chase me rattrapa avant l'impact et je le remerciai faiblement alors qu'il me remettait sur pieds. Il me disait quelque chose mais j'eus du mal à capter les mots qui sortaient de sa bouche alors je le laissai m'emmener vers un couloir sombre qui devait mener aux toilettes.
Mais c'était trop calme. Trop sombre et trop isolé pour que ce soit les toilettes d'un établissement chic et bondé. Je sentis que l'on me poussait dans une pièce encore plus sombre que les couloirs et quelqu'un me tira par le bras.
J'entendis une personne ricaner, puis deux puis trois… Tous des voix d'hommes.
Et je sentis mes paupières s'alourdir, mes membres s'engourdir et mes sens basculer vers le néant.
La dernière chose que j'entendis fut une porte claquée suivi d'un autre ricanement.
La dernière chose que je sentis fut une main tirant mes cheveux puis une bouche agressive contre la mienne.
Puis ce fut la panique. Puis le noir total.
Dans un sursaut de conscience, peut être quelques minutes plus tard, peut être des heures, des jours… Des fracas, des voix enragées, des menaces proférées et je me sentis soulevée du sol… Contre un torse masculin… Chaud et puissant… Mais rassurant.
Des voix, toujours des voix, et des mots que je n'arrivais à saisir que par bribes.
… Plait… Pense… Hôpital… Droguée…
La voix féminine me rassura, tout comme ses propos… Ou du moins le peu que je pus en comprendre.
… Non… Suffit… Maison… Vomir… Adresse… Appel… Edward…
… Edward ?
… Edward…
Mon cœur remua dans ma poitrine… Tout comme il l'avait toujours fait à l'évocation de son nom. Un moment de lucidité…
… Edward... On va la ramener… Donner son adresse ?...
Mais cela ne suffisait pas pour lutter contre le noir qui envahit de nouveau.
… Edward… Non… Elle ira bien.
Mes dernières pensées furent que c'était Edward qui m'avait fait découvrir le Blue Lagoon.
Que peut être tout ne serait pas parti en vrille s'il avait été là.
Que peut être, lui, aurait pu me protéger.
Puis ce fut le néant à nouveau.
.
.
.
N / A :
Mmmoui, j'avoue que j'ai pris goût à en faire baver à cette pauvre Bella… Et pas d'Edward à l'horizon pour venir à la rescousse. Pour l'instant. Uh huh.
Alors ? Vous en pensez quoi ? Je rouille ou bien… ?
Comme je l'ai dit tout à l'heure, j'ai des difficultés à reprendre mes écrits. On ne peut pas dire que je reprends vraiment du service de façon régulière mais j'essaye. Mes mots ne me viennent plus aussi facilement qu'avant et même s'ils viennent, ils ne sont pas satisfaisants des fois. Donc du coup, je réécris tout, j'efface, je corrige, je réréécris… C'est un cercle vicieux.
Donc voilà. Pour me défaire de ce… Problème, je songe à prendre une beta dans les jours à venir. Et à discuter un peu plus avec mes lectrices. S'il y a une bêta parmi mes lectrices, ce serait encore mieux…
Voila voili voilu. Je vais faire de mon mieux pour poster la suite dans les deux semaines qui viennent.
Kissouilles,
Areka.
