1ière partie : Pourquoi
23 Juillet 2022
15h30; je revenais du boulot après avoir remplacé une collègue malade. À peine entré dans la maison que Chléo me rapportais la conduite de ses sœurs pendant mon absence. Elle termina enfin de passer ses nerfs sur moi, qu'elle se souvint qu'elle avait un message important à me transmettre. Elle m'avisa qu'une certaine Lili avait téléphoné, demandant des informations sur la chambre à louer. Elle ajouta qu'elle devait passer tout à l'heure et qu'elle semblait très intéressé à emménager dès ce soir, si j'étais d'accord. Joanna qui était revenu du travail avec moi, renvoya Chléo à ses activités, impatiente de revenir sur la discussion que nous avions eu elle et moi quelques jours plus tôt sur l'idée saugrenue qu'avais eu Maxime en parlant d'agrandir la famille.
Jo : J'ai espoir d'être marraine bientôt!
Moi : Tu peux toujours rêver ma chère! Je t'ai déjà dit que je ne voulais plus d'enfants.
Jo : Arrêtes de mentir!
Moi : Du moins le moment. De toute façon, ma plus vieille est déjà une femme. Je suis devenue trop vieille pour recommencer les biberons, les couches et les nuits blanches. Le jour venue, je laisserai volontiers mon tour à Émily.
Jo : Trop vieille? Non mais tu te fiches de moi là? Émily pourrait être ta petite sœur, alors cesse donc d'inventer n'importe quoi!
Moi : Peut-être, alors parlons de Chléo dans ce cas. Elle a tout de même 13 ans. Dans quelques années à peine, elle sera à son tour devenue une femme et…
Jo : Mais c'est différent. Chléo n'est pas ta fille biologique, tu l'as adoptée!
Moi : Hé alors? Je l'aime autant que si elle avait été de moi.
Jo : Ce que je veux dire; c'est que tu devais avoir quoi… 22 ans environ quand elle tu es allée l'a cherché lors de son adoption? C'est bien à ce moment que tu es devenue sa mère non?
Moi : C'est bien ce que je te dis. Je pourrais être grand-mère aujourd'hui! Émily à l'âge que j'avais à l'époque de l'adoption de Chléo.
Jo : Oui mais quand on t'a remise Chléo; elle avait déjà dans les trois ans environs?
Moi : Qu'est-ce que ça vient faire là-dedans l'âge qu'elle avait? Ça ne change strictement rien à tout ça.
Jo : Tu as tord; ça change tout Torry. Réfléchis bien. Vrai ou faux : Lorsque tu avais 19 ans, tu étais encore une gamine n'est-ce pas?
Moi : Mais j'étais déjà diplômé…
Jo : Tu n'as pas répondu à la question.
Moi : Oui bon d'accord j'étais une ado qui transitait peu à peu pour devenir adulte quelques temps plus tard.
Jo : Même diplômé, à cet âge aurais-tu été prête à avoir un enfant à charge?
Moi : Non jamais de la vie, t'es folle ou quoi?
Jo : Mais c'est pourtant dans cette même année que Chléo est venue au monde. Ce qui m'emmène à penser que si tu veux commencer à compter; tu devrais plutôt commencer à le faire à partir de Gaby. Tu n'as que 33 ans ma belle. Tu es dans le bel âge pour agrandir ta famille et en plus, tu as déjà bien de l'expérience avec quatre filles. Attend d'avoir au moins 45 ans avant de dire que tu es trop vieille pour continuer ta famille.
Moi : Et toi sa te vas bien de dire ça! Quand est-ce que tu te décides?
Jo : Marc-André n'est pas prêt, mais ton Maxime lui…
Moi : Quoi? Je crois que j'ai mal entendu ce que tu viens de dire! En tout cas, ce n'est pas tout à fait ce qu'il nous a dit à Max et moi Noël dernier. Il nous a confié qu'il n'attendait que toi ton beau Marc-André.
Joanna fit mine de regarder en direction de l'horloge.
Jo : Oh tu as vue l'heure? Il faut que je file moi, je vais arriver en retard à la maison et…
J'éclatai de rire.
Moi : C'est ça ma belle; quand la situation se corse pour toi tu évites le sujet en te sauvant comme une gamine prise en faute.
Jo : Bon, très bien, alors je vais te dire; Je suis plus vieille que toi moi!
Moi : Pff, de quatre mois seulement! Ce n'est pas vraiment ce que j'appelle être plus vieille.
Joanna se leva de l'endroit où elle était assise et attrapa ses clefs de voiture.
Jo : Bon bah faut vraiment j'y aille! À plus; on s'appelle!
Moi : C'est ça maman, va donc préparer le souper à papa Marc-André!
Jo : Et toi grand-maman, n'oublie pas de faire ta sieste. À ton âge, tu devrais déjà être à la retraite. Tu m'as l'air épuisée!
Je lui tirai la langue.
Moi : Laisse tomber oui, lui dis-je en souriant.
Ma copine me fit un clin d'œil complice.
Jo : Au revoir mamie!
Moi : C'est ça; Ciao!
Elle quitta la maison et je m'en retournai vaquer à mes occupations. À peine quelques minutes avait passé depuis le départ de Joanna qu'on sonna à la porte. Comme je n'attendais pas vraiment de visiteur, mis à part la personne qui avait appelé pour la chambre, j'allai ouvrir. Sur le paillasson, se tenait deux adolescents de 15 ou 16 ans. S'ils étaient des amis de Chléo; en tout cas eux je ne les avais jamais rencontré. L'un d'entre eux était un garçon et l'autre une fille. La jeune demoiselle avait de longs cheveux blonds-châtains frisoté qui lui retombait doucement sur ses frêles épaules. Le jeune garçon quant à lui, était plutôt châtains-bruns. Ils avaient étrangement le même regard, les mêmes petits yeux brillants. Il y avait quelque chose de familier en eux, mais je ne savais pas dire quoi. Tous deux semblaient venir de loin. Ils avaient les traits tirés, comme s'ils venaient de faire plusieurs heures de route. Ils portaient tous les deux un sac de voyage et un sac à dos sur une épaule. Ils n'avaient pas l'air d'être de ses jeunes délinquants qu'ils valaient mieux éviter. Ils se tenaient droits, portaient des vêtements adéquats et semblaient venir de bonne famille Je me demandais bien ce que ses pauvres enfants étaient venus faire chez moi.
Moi : Oui, c'est-à quel sujet?
Fille : Bonjour, je m'appelle Lili et lui c'est…
Garçon : C'est nous qui avons appelé un peu plus tôt pour la chambre. Une jeune fille très aimable, nous as avisé que nous pourrions peut-être la visiter et si possible nous aimerions emménager dès ce soir.
Je poussai un cri vers l'escalier qui menait à l'étage; en ordonnant aux filles de descendent.
Moi : Je crois que ma fille vous a mal renseigné…
Garçon : Nous arrivons trop tard? La chambre n'est plus à louer?
Moi : Si bien sûre, mais je n'ai qu'une seule chambre à louer et non deux.
Garçon : Ça ne fait rien, on partagera le lit. Nous avons l'habitude de dormir ensemble.
Moi : Écouter, vous ne comprenez pas, je ne peux pas héberger un jeune couple, ça serait en dehors de mes principes même. De plus, le lit est celui de ma fille aînée qui est partie aux étudies, il est hors de question de…
La jeune fille fit une mine de dégout et le jeune garçon souri.
Garçon : Je vous arrête tout de suite; il ni aucune crainte à avoir. Nous sommes frère et sœur. Et dans notre enfance il n'était pas rare que nous partagions le même lit.
Je les regardai de nouveau. En effet, j'aurais dût m'en rendre compte tout de suite. Ils se ressemblaient beaucoup physiquement.
Moi : Oh… Euh... Oui bien sûre ça me paraît évident. Je suis désolé.
À cet instant, le malaise fut interrompu par l'arrivé de mes trois filles qui se pointèrent dans la cuisine.
Chléo : Tu nous as appelé maman?
Je m'adressai à mes filles.
Moi : Oui, Chléo s'il te plaît commence à éplucher les légumes. Julia; toi bébé dresse la table veux-tu? Quant à toi Gaby, passe devant et accompagne nos invités là-haut. Fais leur visiter la chambre d'Émily. S'ils le souhaitent toujours ils pourront s'y installer dès maintenant.
Je m'adressai ensuite aux jeunes venus
Moi : Alors bienvenu chez moi. Je suis madame Torrainne Noël mais vous pouvez m'appelez Torry tout simplement. Elles, se sont mes trois filles; Chléo, Julia et Gabriele. Vous n'avez qu'à suivre Gaby, elle vous fera visiter les lieux et vous conduiras à la chambre d'Émily. Faites comme chez vous. Si vous décidez de rester ici, nous passerons à table vers 17h30. Et ce soir nous discuterons du prix et des conditions à respecter si vous désirez rester.
Les deux jeunes acquiescèrent et me remercièrent. Ceux-ci disparurent timidement à l'étage en suivant leur guide désigné. Pendant ce temps, j'allai me joindre à Chléo et Julia qui était déjà bien avancé dans leurs tâches respectives. Lorsque les jeunes furent installés là-haut, Gabriele nous est venu nous rejoindre à son tour.
Julia : Alors c'est vrai; ce sont eux qui vont habiter dans la chambre à Émily maintenant?
Moi : Ça se pourrait en effet.
Julia : Mais Émily n'aura plus de chambre pour dormir quand elle va revenir! Où dormira-t-elle alors?
Chléo : Idiote, les deux nouveaux seront partis d'ici là. Émily ne dois pas rentrer avant l'été prochain tu te souviens!
Moi : Ne traite pas ta sœur d'idiote!
Chléo : Mais maman…
Moi : Chléo je suis très sérieuse.
Cette dernière soupira.
Chléo : Ok, je m'excuse, est-ce que ça va comme ça?
Moi : C'est mieux, mais tâche de rester polie avec tes sœurs la prochaine fois jeune fille.
Chléo : Oui maman.
Gaby : Ils sont gentils en tout cas je trouve. Pour combien de temps, les nouveaux resteront-ils à la maison?
Julia : C'est quoi leur nom? Ils sont où leurs parents?
Moi : Oui c'est vrai qu'ils ont l'air gentil. En tout cas, ils m'ont vraiment fait une bonne impression. Ils ont l'air à de jeunes personnes attachantes et bien élevés. J'ai complètement oublié de leur demander leur nom. Tout ce que je sais, c'est que la jeune fille se prénomme Lili. Ce soir après le repas vous irez jouer dehors, pendant ce temps j'essaierai d'avoir une conversation sérieuse avec eux afin d'en savoir d'avantage à leur sujet
L'heure du repas vint. Nos invités avaient semblé décidés à rester avec nous. Tous le long du souper, ils se montrèrent courtois, aimables et souriants envers nous tous. Après le repas, Gabriele et Chléo débarrassèrent la table et les deux jeunes venus insistèrent pour nous aider à laver et ranger la vaisselle. Vers 19h00, Chléo alla retrouver une de ses copines habitant au bout de la rue, tandis que les deux plus jeunes en profitèrent pour aller jouer au parc voisin. Je profitai de l'occasion pour me détendre au salon avec Lili et son frère pour avoir la discussion qu'ils s'imposaient d'avoir dans les circonstances. Je devais d'abord en savoir plus à leur sujet avant de permettre à deux petits étrangers de s'installer chez nous. Puisqu'aucun des deux ne prirent la parole en premier, j'entamai donc la conversation.
Moi : J'espère que la compagnie de mes trois filles ne vous gêne pas trop? J'ai oublié de le mentionner dans l'annonce que la chambre à louer était une chambre de notre maison familiale.
Garçon : Non du tout. Nous avons l'habitude de vivre à plusieurs sous le même toit.
Lili : Oui notre tante Lexa nous répète sans cesse que plus on est de fou plus on rit.
Je restai figée face au prénom de la tante dont il était question. Après tout, Lexa n'était pas un prénom unique, mais au Québec avouons, qu'il se faisait plutôt rare. D'ailleurs, après avoir connu Lexa Pierce dans l'univers des mutants X il y a quelques années, je n'avais jamais rencontré d'autre femme ou d'enfant porté ce prénom.
Le jeune garçon murmura le nom de sa sœur sur un ton de reproche.
Lili : Quoi?
Garçon : Tais-toi!
Je n'arrivais pas à suivre la raison de ses reproches non-fondés. Comme si Lili venait de révéler un des plus grands secrets de tout l'univers.
Moi : Je peux savoir ce qui se passe les jeunes?
Garçon : Rien de très important; simplement une histoire de famille; une histoire entre ma sœur et moi.
Bizarrement, je ne gobais pas trop ses salades. J'avais des enfants moi aussi, je savais déceler lorsqu'ils essayaient de me cacher quelques choses. Je décidai donc de jouer leur jeu, tout en sachant que je connaîtrais le fond de cette histoire bien assez tôt.
Moi : Très bien; comme vous voudrez. Seulement, si vous devez rester ici, il va falloir fixer des règles; dont la règle d'or de cette famille; aucun mensonge ne sera toléré. Si j'apprends que mes filles me mentent elles sont punis; si je devais apprendre que vous me mentez alors je ne pourrais l'accepter et la conséquence serait que vous devrai vous trouvez une pension ailleurs que chez moi. Alors vous me comprenez bien?
J'avais dit ça sur un ton calme et respectueux. Je voulais seulement qu'on se comprenne bien dès le départ.
Lili : Sans problème madame.
Moi : Alors d'où venez-vous comme ça?
Lili : Des États-Unis.
Je restai étonnée, mais c'était possible.
Moi : Vous êtes au Québec depuis combien de temps maintenant?
Garçon : Quelques mois seulement.
Moi : Et qu'est-ce qui a amené votre famille par ici dîtes-moi?
Garçon : Notre famille ne se trouve par vraiment ici. À vrai dire Lili et moi sommes à la recherche de quelque chose qui nous a été enlevé il y a très longtemps. Et nos recherches nous ont menés par ici. Alors c'est pour ça qu'on a décidé d'y vivre quelques temps et d'y faire aussi nos études par la même occasion.
Moi : Mais vos parents eux? Que font-ils dans la vie?
Garçon : Ils travaillent comme… agent secret; enfin si on veut.
Moi : Et où est-ce qu'ils sont présentement?
Lili : Ailleurs… C'est pour ça que nous espérons pouvoir loger dans le coin pendant quelques temps. Plus ou moins quelques mois, en attendant leur retour. Ensuite, nous retournerons vivre avec eux ça va de soi.
Garçon : Nous avons de l'argent. Nous vous paieront la somme que vous voudrez pour la chambre. Et je travaillerai aussi s'il le faut.
Lili : Et si vous le permettez je pourrais entretenir votre maison pour vous en guise de remerciement. Et si vous avez à vous absenter, je pourrais m'occuper de vos enfants en votre absence
Je leur souri doucement.
Moi : Je veux bien vous croire, mais n'allons pas si vite d'accord. Et l'école? Ça recommencera bientôt.
Garçon : Je vous l'ai dit, nous avons l'intention de poursuivre nos études ici.
Lili : D'ailleurs nous y sommes déjà inscrits.
Moi : Et vos parents; ils savent où vous êtes?
Garçon : Ce sont eux qui se sont chargé de nous envoyer ici. Ils sont sur mission très importante et top secrète. Alors, ils attendent de nous qu'on se débrouille jusqu'à leur retour. Ils sauront nous retrouvés, ce sont eux qui nous ont inscrit à l'école pour la prochaine rentrée.
Il y avait quelque chose qui clochait. Pourquoi les enfants de deux agents secrets étaient-ils assis chez moi, sur mon sofa? Ma vie était loin d'être secrète; tout le monde nous connaissait dans le quartier. Puis, je me souvins que je ne connaissais toujours pas leur nom de famille, ni même le prénom de ce jeune garçon. Avec leur nom, au moins je pourrais faire une recherche pour voir s'ils ne figuraient pas sur la liste des enfants qui étaient en une fugue ou qui était portés disparus. Avec leur nom, si j'allais à la police, ils pourraient me confirmer si leur histoire était bien vraie.
Moi : Et d'ailleurs je peux savoir comment vous vous appelez?
Lili : Lili
Moi : Et toi, fis-je à l'égard de son frère?
Garçon : Vous pouvez m'appelez Nil.
Lili : Êtes-vous vraiment Torrainne Noël?
Moi : Oui je crois déjà m'être présenté, mais votre nom de famille à vous c'est quoi? Vos parents comment s'appellent-ils? Vous portez bien leur nom je suppose!
Les deux adolescents se regardèrent comme si j'avais posé la pire question au monde. Pourtant, je ne leur avais demandé que leur nom, ce qui me semblait être normal après tout. Leurs regards se plongèrent l'un dans l'autre et il me semblait qu'ils se parlaient, mais, aucun son ne sortir de leurs bouches. Le manège se poursuivit quinze minutes, avant qu'ils se mettent tous deux à me regarder d'un air grave. Décidemment, ils avaient vraiment l'air étrange tous les deux. J'en vains à penser que de les prendre sous mon toit n'était peut-être pas une si bonne chose après tout.
Lili s'adressa enfin verbalement à son frère.
Lili : Le moment est venu de lui dire je pense. J'espère que toi et tu sais qui, vous ne vous êtes pas planté sur la troisième partie de votre histoire, autrement on sera bon à enfermer.
Nil : Ne t'inquiète pas, si je n'avais pas été sûre de moi, je ne t'aurais jamais mis au courant de tout ça et tu sais qui, ne serait jamais revenu, après tu sais quoi, il y a quelques années. Dit plus est, tu n'as aucune raison de douter. Que je sache, toute mes prédictions se sont réalisé jusqu'à maintenant. Il n'y a pas de raison pour…
Ok, là c'était clair que je ne comprenais rien à rien de ce qu'ils racontaient et je décidai d'interrompre le jeune Nil. Tous leurs baragouinages suffirent à me donner mal à la tête.
Moi : Excusez-moi, mais je suis toujours là! Je sais que vous semblez très bien vous comprendre tous les deux, mais ce n'est pas mon cas, alors j'aimerais qu'on m'explique ce que tout ça signifie s'il vous plaît.
Lili respira profondément
Lili : Quel âge ont vos filles?
Moi : La plus jeune; Julia a sept ans, Gabriele en a neuf, Chléo treize et mon Émily qui n'est plus ici, en a vingt-deux.
Lili : Est-ce que votre copain est asiatique? Je veux dire Chléo elle…
Moi : Non, Maxime est un Québécois de race blanche comme moi. J'ai adoptée Chléo lorsqu'elle était toute petite, Maxime et moi n'étions pas encore ensemble à l'époque.
Lili : Et votre aînée; celle qui est adulte, a-t-elle été adoptée elle aussi?
Moi : Émily? Non… Enfin si, mais pourquoi cette question?
Lili : C'est que vous semblez être plutôt jeune pour avoir une fille de cet âge.
Moi : En fait, elle était la fille unique d'une cousine qui est décédée alors qu'Émily n'avait même pas dix ans. Un peu avant de perdre sa mère, son père est décédé dans un accident. Émily s'est retrouvée orpheline très jeune. Suite à une promesse faites à sa mère, j'ai pris la petite avec moi, je l'ai adoptée légalement et j'ai continuée de l'élever comme si elle était ma propre fille.
Lili : Oh… Je vois.
Nil regarda sa sœur.
Nil: Tu vois, c'est ce que je te disais!
Lili soupira.
Lili : Oui, oui c'est bon, maugréa-t-elle à l'égard de son frère.
Puis, elle me regarda.
Lili : Est-ce que vous vous souvenez d'une petite fille que vous avez probablement dû côtoyer un certain temps il y a quelques années? Elle s'appelait Léonnie.
Moi : Ce prénom est maintenant très répandu…
Lili : Peut-être, mais réfléchissez bien, elle n'était pas comme les autres enfants de son âge, elle était différente.
Nil : Elle avait un frère jumeau qui se prénommait Emmil.
Nil? Emmil? Lili? Léonnie? Tante Lexa? Tous se confondaient dans ma tête. Je n'arrivais plus du tout à voir où ils voulaient en venir. Mais qu'est-ce que ses gamins attendaient-ils de moi au juste? Et surtout que savaient-ils?
Garçon : Léonnie et Emmil Fox-Mulwray qu'ils s'appelaient.
Je perdis mon calme légendaire. Je perdis aussi le contrôle de mes sentiments.
Moi : Non… C'est impossible! Il y a plus de dix ans maintenant… Qui êtes-vous? Personne…
Nil : Non personne autre que vous, ne dois connaître leur histoire, sauf leur famille et eux évidemment.
Lili : Je suis Léonnie Fox-Mulwray. Lili a toujours été mon petit surnom que mes parents m'ont donné.
Nil : Et moi je ne m'appelle pas Nil. Je suis le frère jumeau de Léonnie. Mon nom est Emmil Fox-Mulwray. Seulement, si je vous avais dit mon vrai nom plutôt, vous auriez compris et je m'attendais un peu à votre réaction. Il fallait d'abord qu'on s'assure que vous étiez prête avant de vous en dire d'avantage à notre sujet.
Lili : Vous êtes pour nous notre deuxième p… Enfin… Dans un sens, nous sommes à quelque part aussi vos enfants.
Je me levai. Je ne pouvais plus rester assise. J'étais effrayée, surprise et surtout, c'était l'incompréhension totale. Je devais avoir visiblement des hallucinations visuelles, mais surtout auditives; tout ça était complètement impossible! J'étais devenue bonne à enfermer. Cette photo retrouvée m'était monté à la tête. Personne d'autre que moi dans ce monde ne connaissait la vie que j'avais réellement menée pendant six ans. Personne d'autre que moi dans cet univers n'avait pu connaître l'existence des jumeaux Fox-Mulwray. Personne… sauf mon journal. Mon journal avait toujours suscité la curiosité de ma famille, mais jamais Maxime n'aurait osé ni même l'ouvrir. Je le connaissais trop bien et de toute façon, avec son travail il n'avait pas le temps. Lorsqu'il était à la maison il partageait son temps avec sa famille. Donc, si ce n'était pas Maxime, il ne restait que… les enfants!
Moi : Lequel de mes enfants vous a parlé de ça?
Em : Mais aucun, nous ne les avions jamais rencontré avant aujourd'hui.
Lili : Nous sommes vraiment les jumeaux Fox-Mulwray, vous devez absolument nous croire. Nous avons même nos papiers pour le prouver.
Et comme pour donner raison à sa sœur, le jeune garçon sortit une pièce d'identité avec sa photo identifié au nom d'Emmil Fox-Mulwray. La plaisanterie allait trop loin. J'étais vraiment à bout de nerfs.
Moi : Écoutez-moi vous deux, ça suffit! Les histoires les plus courtes sont les meilleures. Vous croyez que je n'ai pas compris votre jeu? Je ne suis pas stupide. Les enfants ont lu mon journal, elles ont voulu se moquer de leur mère et elles vous ont engagez pour jouer le meilleur coup pourri de leur vie. Alors maintenant disparaissez dans votre chambre avant que je ne change d'avis et que je fasse de cette pièce un espace de rangement. Nous en rediscuterons demain et j'attends de vous des excuses formelles, suite à quoi j'en aviserai vos parents.
Lili ouvrit la bouche pour protester, mais mes trois filles entrèrent dans la maison à ce moment précis. Elles cessèrent d'instinct leurs babillages habituels en voyant l'expression grave sur mon visage.
Em : Excusez-nous d'avoir été aussi brutale dans notre manière de vous présenter la situation. Mais si vous êtes d'accord, j'aimerais qu'on en parle plus calmement et que vous nous laissiez le temps de nous expliquer.
Moi : Oh non sûrement pas! Filé tous les deux avant que je ne change d'avis!
Les deux jeunes se levèrent et disparurent en silence à l'étage, dans l'ancienne chambre d'Émily.
Je bouillonnais de colère. Les filles étaient allées trop loin cette fois. Elles avaient dépassé les bornes.
Moi : Vous trois, au salon immédiatement!
Surprises, elles s'exécutèrent et prirent place l'une à côté de l'autre sur le canapé. J'inspirai profondément, j'étais à deux doigts d'exploser. Je fixai les filles au loin et j'allai les rejoindre.
Chléo : Qu'est-ce qui se passe maman?
J'ignorai la question de ma grande et passai directement à l'essentiel.
Moi : Écoutez-moi bien. Je vais vous poser une question et je ne vais vous l'a posée qu'une seule fois. Je ne suis pas d'humeur à rire et croyez-moi, vous ne pourriez pas me mettre plus en colère que maintenant. Tant que je n'obtiendrai pas la vérité, vous serez privé de sortie en tout genre. Et si je dois en venir là; croyez-moi je n'aurai aucun remord à vous punir toutes les trois.
Gaby : Plus de sortie? Est-ce que le sport ça compte?
Julia : Et aller jouer dehors, ça compte?
Moi : Oui ça compte aussi!
Chléo : Je vois que tu es vraiment en pétard, alors je répète ma question : Qu'est-ce qui se passe?
Moi : Laquelle de vous trois a touché à mon journal intime?
Chléo, Julia et Gaby à l'unisson : Ce n'est pas moi!
Moi : Je crois que je n'ai pas été assez clair; vous ne quitterez plus la maison, tant que l'une d'entre vous ne m'aura pas dit la vérité!
Gaby : Tu l'as peut-être simplement égarée maman…
Moi : Je ne l'ai pas perdu Gabriele! Je sais exactement où il se trouve.
Chléo : Ben alors, pourquoi tu crois qu'on a touché à ton journal?
Moi : Tout simplement parce que je le sais c'est tout!
Chléo : Pour être franche maman, si j'avais voulu lire ton journal à ton insu, il y aurait longtemps que je l'aurais fait. Tu le ranges dans le deuxième tiroir de ta commode et il n'est pas sous clefs. Cependant, tu m'as appris à avoir du respect pour les autres et tu sais que je te respecte. Je ne comprends pas que tu nous fasses si peux confiance.
Julia : Toi ce n'est pas de lire le journal de maman qui t'intéresse, mais celui de Mathis! Mais non j'oubliais; tu l'as déjà lu!
Chléo : TAIS-TOI!
Julia : Pourquoi? Je ne dis que la vérité moi! De plus, je t'ai vue le faire. Chléo est amoureuse de Mathis, Chléo est amoureuse de…
Chléo gifla Julia derrière la tête. Cette dernière se mit à pleurer instinctivement.
Gaby poursuivit le refrain de Julia : Chléo est amoureuse de Mathis! Chléo est amoureuse…
J'avais l'habitude de ce genre de scène, mais là, sa en devenait complètement ridicule. J'avais l'impression d'être au zoo. Alors, je me repris et hurlai pour les faire taire.
Moi : TAISEZ-VOUS! Si j'en vois encore une frapper sa sœur ou chantonner que Chléo est amoureuse de Mathis, je l'envoie passer le reste des vacances d'été chez votre oncle Pier-Luc, travailler à la ferme!
Chléo bougonna : Vaut peut-être mieux ça que d'être entouré de deux sœurs complètement bébés qui passent leur temps à m'espionner!
Je compris que je n'obtiendrais rien d'elles. J'étais tellement hors de contrôle que si ça continuais ainsi, je risquais de péter un câble et je n'avais jamais frappé aucun de mes enfants, je ne voulais pas faire ça. J'étais contre cette pratique.
Moi : SA SUFFIT! Filé immédiatement dans vos chambres avant que je ne produise un malheur. Vous y resterez jusqu'à demain. Allez; je ne veux plus vous voir ni vous entendre, sinon c'est à votre père que vous aurez affaire lorsqu'il rentrera; est-ce clair?
Les trois filles obéirent. L'aînée en bougonnant, Gaby en murmurant quelque chose qui du genre que c'était injuste et Julia toujours en pleure. Franchement, j'avais bien fais de ne pas acheter de billets pour le zoo cette année, parce que le zoo était dans ma maison.
La soirée s'acheva sur cette note tendue. Je restai assise au salon à essayer de me concentrer sur un film, histoire de me calmer un peu, mais c'était sans succès. Trois heures après avoir puni les filles, Nil ou qui qu'il soit revint au salon en me remettant une enveloppe, sans même me donner une explication. Puis, avant de remonter à l'étage, il me regarda et me dit calmement : « Tes filles n'y sont pour rien. Elles ne savent rien de nous. Si tu dois défouler ta peine; fais le sur nous, mais pitiés laisses-les.» Il ajouta que je lui avais terriblement manqué et rejoint sa chambre par la suite.
Je restai figé une bonne demi-heure, ne sachant si je devais ouvrir cette enveloppe ou non. Puis, enfin, j'éteignis les lumières de la maison, prit l'enveloppe avec moi et je regagnai ma chambre. Je pris place sur le lit et enfin j'ouvris l'enveloppe que je vidai de son contenu.
Une bague tomba de l'enveloppe, suivit de plusieurs photos retenu entre elle par un trombone. Je pris la bague entre mes mains, puis je l'examinai longuement. Je l'a frotta légèrement et des symboles apparurent. Des larmes perlèrent sur mes joues. Le cœur me serra, j'eusse l'impression d'étouffer tellement je fus subjugué d'émotion. Cette bague n'en était pas une. Dix ans plutôt, je l'avais porté à mon index gauche pendant six ans. Six ans à avoir une sécurité, ou, en cas de danger, mes amis, ma famille de super héros débarquait en moins de deux pour me venir en aide. Cet objet n'était pas une bague ordinaire; elle était un transmetteur des mutants X. Je ne rêvais pas. Je l'a sentais entre mes mains. Je l'a voyais. Donc, les enfants ne m'avaient pas mentis. Se pouvait-il que les deux jeunes étrangers puissent vraiment être Emmil et Léonnie? Ils avaient l'âge, ils se ressemblaient. Ils arrivaient à communiquer entre eux avec un simple regard. Je devais en avoir le cœur net, alors je pris les photos entre les mains et je me mis à les examiner avec attention une à une.
Sur la première, je reconnu Emmil et Léonnie âgé de cinq ans. C'était à leur anniversaire. Cette même photo avais un jour été encadrer et avais décoré les murs du salon du sanctuaire. Cette même photo que j'avais en ma possession depuis dix ans. Inversement, il ni avais rien d'écrit au verso de celle-ci. Les photos qui suivirent furent de Shalimar, de Lexa, de Jessie et de Brennan à l'époque où j'avais été lui, car je reconnaissais ces photos. Puis. Après la sixième photo, tout changeait. Les années avaient commencé à se succéder et je n'étais plus dans ce monde. Je pus voir les enfants grandir d'une image à l'autre et il n'y avait plus de doute. Les jeunes qui reposaient à l'étage était bien mon petit Emmil et ma petite Léonnie. Je ne compris pas pourquoi je ne les avais pas reconnus d'instinct, moi qui avais passé autant de temps avec eux jadis.
Mes yeux se posèrent sur l'avant dernière photo. Il s'agissait d'une photo de groupe sans les enfants. Ils avaient tous un peu changé, mais c'était bien eux. Je semblais voir en Lexa qu'elle semblait plus malheureuse que jamais, son faux sourire trahissait ce que disait son visage. Jessie quant à lui semblaient tellement épuisé. Les yeux cernés, le visage pâle. Shalimar, transpirait à plein nez l'angoisse et la peur. Elle ne semblait pas très heureuse d'être là, aux côtés de ses compagnons et de son amant. Brennan avait le regard avide, la tristesse se lisait sur son visage. Il était sérieux, ne souriant pas. Le regard de tous avait changé; comme s'ils n'étaient plus très heureux d'être ensemble, comme si le malheur n'avait fait que s'abattre sur eux. Leurs visages n'étaient plus aussi illuminés qu'avant. Mon dieu pensais-je, que vous a fait le temps? Finalement, je passai à la dernière photo. Je n'étais pas au bout de mes surprises. En regardant la photographie, je n'en revenais tout simplement pas. C'était une photo d'Emma, Emma, mon ange gardien. Pourtant, je n'avais jamais vue cette image. S'il y avait eu une preuve de l'existence de cette photographie au sanctuaire, je m'en souviendrais. Donc, ce qui laissait croire, que je ne sais par quel miracle, mais Emma avait retrouvé le moyen de revenir dans son univers.
Je m'affalai sur le lit et je me mis à sangloter comme jamais. La culpabilité m'envahis d'abord. Je m'étais montré cruelle envers ses deux jeunes et par la même occasion je m'en étais pris à mes trois filles. Ensuite, le sentiment de colère me transperça l'âme. Pourquoi revenaient-ils dans ma vie, alors que j'avais presque réussi à tourner la page? Oui pour les aimer, je les avais aimé à en mourir, mais pour reprendre ma vie, il avait fallu que je fasse comme s'ils n'avaient jamais existés. Ça n'avait pas été facile. Cela avait été horrible de jour en jour. Non, je n'étais pas prête à revivre ça! Puis, j'eusse honte de moi. Honte de vouloir qu'ils ne reviennent plus dans ma vie, alors qu'au fond ils étaient autant mes enfants que mes filles. Je les avais portés, je les avais mis au monde. Je les avais élevés comme s'ils avaient été à moi. Je les avais aimé à m'en déchirer l'âme. Et du jour au lendemain, je les avais abandonnés et j'étais partie. Égoïstement, j'avais souhaité à venir à les oublier, ne plus penser à eux et surtout, j'avais souhaité ne plus jamais les revoir ni entendre parler des mutants X. Ma petite Lili murmurais-je, mon petit Emmil, dix années s'est envolé maintenant, depuis le dernier soir ou je vous ai serré dans mes bras qui n'étaient pourtant pas les miens en ce temps-là. Aujourd'hui, ils avaient presque le même âge que j'avais autrefois lorsque je suis entré involontairement dans leurs univers. Pourquoi moi? Pourquoi maintenant?
