2ième partie : Diable aux trousses!
Finalement, épuisé par tant de sentiments contradictoires et tous les pourquoi demeurant sans réponse, je finis par tomber malgré moi, dans un profond sommeil. Je me réveillai que très tôt le lendemain matin. L'heure affichée sur mon réveille-matin m'indiquait 5h40. J'essayai en vain de retrouver le sommeil. Je dusse me rendre à l'évidence et décidai malgré moi de me lever, puisque j'étais visiblement incapable de me rendormir. À cette heure si matinale, toute la maison était encore endormie et il n'y avait pas grand-chose à faire. J'alignai mes draps correctement sur mon lit, puis je filai prendre une douche en silence. Je m'habillai, me coiffai rapidement et passai un peu de maquillage sur mon visage. Je pris la vieille photo de Lili et Emmil qui m'avais suivit dans ma réalité et je l'a fourrai dans ma poche. J'étais prête à affronter cette nouvelle journée qui commençait bien lentement. J'observai l'heure à nouveau : 6 heures. Je soupirai, puis une envie soudaine m'incita à monter à l'étage. J'avais envie de regarder mes filles dormir, comme je le faisais autrefois lorsqu'elles étaient bébés. Il n'y avait rien de plus beau qu'un enfant qui dort paisiblement, sans devoir se soucier des tracas du reste du monde.
Je montai silencieusement l'escalier qui menait à l'étage. J'entrai d'abord dans la chambre de Chléo. Celle-ci dormait à point fermée. Elle émettait un faible ronflement qui marquait chacune de ses inspirations. Figée à regarder ma grande fille dormir, un bruit me fit sursauté. Je sorti de la chambre en douceur avant d'y refermer la porte pour rejoindre la chambre d'où était venu le bruit. Celle où logeaient Emmil et Léonnie. Je constatai que je n'étais pas la seule à qui le sommeil avait posé un lapin à une heure si matinale.
Léonnie me sourit doucement et m'invita à entrer. Je m'avançai vers eux et me laissa tombé lourdement sur le lit. Je me sentais si ridicule pour ce qui c'était passé la veille et comme une gamine, j'aurais voulu que tout s'efface miraculeusement, pour repatir sur de nouvelle bases.
Moi : Qu'est-ce qui s'est passé?
Heureusement les deux adolescents semblèrent comprendre le bon sens de cette question.
Emmil soupira.
Em : Te souviens-tu de Shauwn-Kau Viet-Nells?
Le visage machiavélique de ce monstre me revint aussitôt en mémoire.
Moi : Comment aurais-je pu l'oublier après ce qu'il a fait. Nous avons bien faillit y passer ce jour-là.
Em : Nous étions bien jeunes et naïfs à l'époque. Ce n'est que plus tard que nous avons vraiment compris les motifs qui l'avais poussé à faire ce qu'il a fait à l'époque.
Lili : La fameuse prophétie qui s'est accompli l'année même de notre conception.
Em : En fait, cet idiot de Viet-Nells avait capturé les mauvaises personnes, nous a confié notre mère.
Moi : Vous ne m'apprenez rien.
Lili : Alors vous saviez?
Je hochai la tête lentement.
Em : Tout comme j'ai toujours su que tu n'étais pas mon vrai père; du moins jusqu'au lendemain de l'histoire avec Shawn-Kau, mais à cet époque je n'étais qu'encore qu'un petit garçon. Je ne pouvais pas expliquer ce que tu faisais dans le corps de mon père, ni pourquoi je ne connaissais pas d'autre père que toi. Je ne pouvais pas non plus expliquer pourquoi, ni comment je savais que tu allais un jour repartir. Lorsque ce jour est venu, le jour suivant je savais que tu n'étais plus là et que mon vrai père était de retour dans son corps.
Je me remémorai le fameux soir bizarre ou Emmil était venu me voir pour me dire qu'ils savaient que je n'étais pas son père. Il m'avait dit qu'un jour prochain je rentrerai bientôt chez moi. À cet instant, je n'avais pas compris ce qui se passait.
Em : Ce n'est qu'en entendant parler de la prophétie que j'ai vraiment compris.
Lili : Et que je t'ai pris pour un fou
Em : Oui c'est bien vrai! J'ai compris que la prophétie était vrai parce qu'elle c'était accompli sur toi. Le vrai problème dans cette histoire, ce qui faisait que nous ne l'a comprenions pas, était qu'elle concernait la mutante la plus puissante de tous. Maman et oncle Jessie connaissait cette femme, sans même savoir que c'était d'elle dont il était question.
Moi : Emma!
Lili : Oui tante Emma. De plus, il l'a croyait tous morte, ce qui a eu pour conséquence que leurs recherches les ont éloigné de la vrai personne qu'il recherchait.
Em : Plus tard, elle m'a expliqué que c'était elle qui me parlait en songe depuis le premier jour. Elle m'a expliqué qu'elle était toujours vivante, mais qu'elle se trouvait sur un plan d'existence différent que celui que nous connaissions et auquel que nous n'avions pas accès. Toute les voix que j'entendais enfant dans ma tête, c'était tante Emma qui communiquait avec moi.
Lili : Un jour, nos parents se sont disputés. Emmil m'a raconté cette histoire à dormir debout. Il m'a alors dit qu'il détenait le plus grand secret du monde et qu'il était venu le temps pour lui de s'enfuir du sanctuaire. Mais à ce moment, j'étais loin de m'imaginer que j'avais deux «pères». Et j'étais aussi loin de penser que c'était tante Emma la plus puissante des mutants, d'autant qu'on m'avait toujours raconté qu'elle était morte quelques années avant notre naissance.
Je soupirai.
Moi : Je sais… Enfin… Je ne l'ai compris que le dernier jour… Les voyages réalités-alternés, ce n'était pas vraiment ma tasse de thé. Je ne savais juste pas comment elle avait fait, mais, je savais qu'elle l'avait fait. Ce genre de chose, je ne l'ai jamais vraiment comprit d'ailleurs, même en étant mutant moi-même.
Em : Pour tout te dire, ce n'est pas non plus notre tasse de thé.
Je sortis la photo qui se trouvait dans la poche de mon t-shirt et l'a tendit à Emmil.
Moi : Comment expliques-tu que cette photo m'es suivit dans ma réalité après mon retour dans mon vrai corps?
Je pouvais voir qu'en regardant le verso de la photo Emmil pouvait reconnaître sa fine écriture d'enfant.
Em : De la même manière que nous sommes venus…
Lili : Peut-importe comment, ce qui compte c'est que nous sommes réellement là en chair et os aujourd'hui et nous sommes là pour vous protéger.
Moi : Me protéger? Me protéger de quoi au juste?
Em : Torry; nous ne sommes pas les seuls à avoir découvert la vérité. Ashlock, est maintenant de la partie. Il n'est pas aussi stupide que le japonais de l'époque. Il sait très bien que Léonnie n'est pas la plus puissante de toute les mutantes.
Je me remémorai quelques souvenirs que je gardais d'Ashlock, du temps où je regardais les mutants X à la télévision. Ça remontait à longtemps, mais il me semblait qu'il était mort; à moins que j'aie manqué un épisode.
Moi : Mais il n'est pas supposé être mort celui-là?
Lili : Ben en fait, il s'est aussi élevé dans le même plan d'existence que celui où se trouvait tante Emma.
Em : Gabriel Ashlock est un des mutants les plus puissants de ce monde. La vérité, c'est qu'il a été adopté dès sa naissance, ainsi séparé de sa sœur jumelle. Et sa sœur était nul autre que tante Emma!
Moi : Mais c'est quoi cette histoire de foi? Réalité-alterné, Emma, Shawn-Kau, la prophétie et maintenant Ashlock? Mais quel rôle suis-je censé jouer moi là-dedans?
Lili : Un rôle indispensable.
Em : Il a enlevé tante Emma et maintenant il détient notre père. Il n'en faudra peu pour qu'il te mette la main dessus.
Moi : Mais pourquoi moi?
Em : Parce que tante Emma a accompli sa prophétie sur toi et notre père. Il sait que tu existes, mais il ne sait pas qui tu es.
Lili : Vous savez, c'est une très longue histoire, mais l'important dans tout ça, c'est que s'il ne vous trouve pas, il ne pourra jamais rien faire. Vous êtes la pièce du puzzle manquante.
Ce qu'elle venait de me dire n'était pas du tout pour me plaire. Je sentis que l'histoire de mon passé venait de me rattraper Je n'avais pas du tout envie de revivre une aventure, comme celle que j'avais vécu, dix ans plus tôt. J'avais eu ma leçon; foutu prophétie de malheur!
Moi : Mais si vous m'avez retrouvé, il en faudra peu pour que lui débarque ici. Mon dieu… mes enfants!
Em : Ne nous énervons pas, du moins pas encore. Écoute, il sait que tu existes, mais sur toutes les femmes du monde entier, il ne sait pas laquelle tu es. Il ne connaît pas non plus notre existence à moi et Lili. Il vaut mieux ne rien faire de drastique et conserver ton mode de vie tel qu'il se trouve actuellement. Un revirement de situation trop brutal paraîtrait très suspect et serait comme te livrer directement à lui sur un plateau d'argent. La chambre à louer était une idée de génie et une occasion en or d'en profiter pour habiter avec vous, afin de te protéger. Ainsi, si par le plus malheureux des hasards, il en venait à débarquer, nos pouvoirs nous permettrait de le neutraliser le temps qu'il faudra pour que vous ayez eu le temps de fuir; ta famille et toi.
Les paroles d'Emmil me firent frissonner.
Moi : Alors, je dois faire comme si de rien était, attendre qu'il débarque et je ferai quoi moi après? Je l'inviterai à prendre le thé peut-être?
Lili : Ça n'arrivera pas. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour l'en empêcher.
Moi : Écoutez-moi bien vous deux, j'ai eu peur de vous perdre une fois. Il n'est pas question que vous risquez votre vie de nouveau. C'est à moi de protéger mes enfants; tous mes enfants!
Léonnie et Emmil se regardèrent, mais n'ajoutèrent rien. De toute manière, nous savions que la discussion se terminerait là pour le moment. Car nous commencions à entendre des petits pieds nus grouiller sur le plancher voisin. Je me levai et quittai la chambre des jumeaux pour aller dire bonjour à mes bébés et tenter de me réconcilier avec elles.
