8ième partie : Le meilleur des pères

Lili me plongea dans le noir avant de me faire assister à une nouvelle scène. Je me retrouvai alors subitement dans la chambre des jumeaux.

Tout était exactement comme autre fois; la peinture, la petite lampe, le petit bureau, la commode, les lits, même les courtepointes.

Voix de Lili : Nous sommes maintenant dans notre chambre, le jour même de cette dispute à laquelle vous venez d'assister.

Mon attention se porta sur les enfants. Emmil dispersait des vêtements sur son lit avant de les envoyer valsés dans un sac d'école. Lui et Léonnie affichaient toujours le même air grave.

Lili : Emmil, dis-moi ce que tu fais?

Em : Si tu veux vraiment le savoir, alors tu n'as qu'à lire en moi.

Lili : Oh je t'en prie, tu sais très bien que nous n'avons pas le droit!

Em : Et bien moi je me fiche éperdument de ce qui est permis ou non.

Lili : Dis-moi que tu ne veux pas t'enfuir frérot?

Emmil fit face à Léonnie et déposa ses mains doucement sur les épaules de sa sœur.

Em : Pardonne-moi sœurette. Ici, tu sais comme moi que je suis perçu comme un meurtrier aux yeux de notre oncle et de notre tante.

Lili : Mais… Ce n'est pas de ta faute… C'était… Ce n'était pas toi qui conduisais la voiture… Tante Lexa et oncle Jessie, n'avaient pas le droit de dire ça…

Em : Il n'y a pas que ça Lili.

Em : C'est…

Léonnie mit un doigt sur sa bouche.

Lili : Quelqu'un approche.

Emmil s'empressa de cacher son sac et grimpa sur son lit et sa sœur l'imita aussitôt. Puis, la porte s'ouvrit laissant Brennan entrer.

Bren : Hé vous deux!

L'homme s'assied à leurs côtés.

Emmil observait ses pieds, le visage encore plus blanc qu'il ne l'était déjà. Léonnie de son côté défia son père du regard. Elle portait un regard sombre et je pus même déceler qu'elle semblait un peu effrayé de la présence de cet homme si près d'eux.

Je sentie mon cœur de mère se serrer dans ma poitrine. On avait cruellement blessé ses deux enfants. Lexa et Jessie c'était attaqué injustement à un Emmil, un petit bout de chou de dix ans à peine. Léonnie souffrait sans doute autant que pouvait souffrir son frère intérieurement. Il était une partie d'elle-même en étant son jumeau, ils avaient toujours tout partagé.

Les enfants étaient visiblement très mal à l'aise. Leur soi-disant famille, était sans doute la dernière chose dont ils auraient voulu confronter. Dans leurs regards, je pouvais lire tout cela. Ils n'étaient peut-être pas des adultes, mais n'étaient plus des bébés depuis longtemps. Ayant des enfants de cet âge, je savais qu'ils étaient en mesure de comprendre beaucoup plus de chose qu'on peut le penser, et ce, même s'ils n'avaient pas encore acquis la maturité d'un adulte.

Je savais que de son côté Brennan était tout aussi mal à l'aise qu'eux. Je voyais bien qu'il devait penser la même chose que moi. J'appréhendais la façon dont il allait les aborder. Un seul mot de travers et les enfants l'enverrais paitre à coup sûr.

Moi : Courage Brennan…

Lili : Tu es venue nous punir?

Bren : Pourquoi?

Lili : Parce que nous avons écoutés aux portes.

Bren : De toute manière je crois que nous parlions si fort que peu importe l'endroit où vous auriez pu être, je suppose que vous auriez tout entendu.

Em : Pourquoi… Pourquoi est-il partit papa?

Bren : Qui ça?

Lili : Il te parle d'Alexis. Je vais reformuler. Pourquoi as-t-il fallu que ce soit Alexis qui meurt ce jour-là?

Bren : Personne ne le sait mes amours. Parfois, il y a des choses qui arrivent à la suite d'un concours de circonstance. Et malheureusement, il arrive parfois que certains malheurs se produisent comme celui-là! Si les circonstances avaient été différentes cela aurait pu être l'un d'entre vous. Est-ce que vous comprenez?

Lili : Tout le monde s'aimait avant.

Em : Et tout le monde me hait maintenant.

Bren : Oui c'est vrai, tout le monde s'aimait avant. Mais personne ne te hait Emmil Je sais que ça t'a fait beaucoup de peine mon grand. Lexa a dit des choses qui ne sont pas facile à encaisser pour un homme alors j'imagine pour un garçon de ton âge. Et ton oncle Jessie n'aurait pas dût dire ce qu'il a dit. Mais il faut que tu saches que ni l'un ni l'autre ne pensait ce qu'ils ont dit. La douleur d'avoir perdu leur fils pour toujours, leurs font dire des choses cruel sans même qu'ils en prennent conscience.

Emmil releva la tête et fixa le regard désolé de son père. Le visage du petit était ravagé par le chagrin et des larmes roulaient silencieusement sur ses petites joues blanches.

Em : Non oncle Jessie le pensait. Et ne me dis pas le contraire. J'ai vu son visage…. Papa, je regrette tellement!

Bren : Emmil; tu n'es pas responsable mon garçon. Et tu as bien fait de rappeler à ton oncle qu'il s'agissait d'un accident. Je suis fier de toi; de vous deux, dis t'il en caressant la joue de Léonnie.

Em : …Je n'aurais pas dût dire à Alexis ce que faisais les gens avec leurs langues lorsqu'ils se marient… Comme d'habitude je ne t'ai pas écouté papa et… Et je lui aie raconté ce truc dégoûtant… Si je ne lui avais pas dit… Si…

Lili : Et c'est aussi de ma faute. J'aurais dût t'empêcher de lui raconter. J'ai trouvé cela très drôle en regardant la réaction d'Alexis. Je regrette moi aussi.

Bren : Arrêtez, ça ne sert à rien de dire cela. J'imagine qu'en tant que parent, d'oncle ou de tante, nous aurions dût vous parlez de ses choses bien avant; que ce soit à vous deux, ou au petit Alexis.

Lili : Mais Emmil et moi le savions papa.

Bren : Parce que vous êtes grands maintenant et que vous nous avez surpris votre mère et moi lorsque vous étiez petits.

Lili : Et ce n'était jamais arrivé à Alexis. Lui il était encore petit.

Bren : Ce sont des choses que l'on découvre dans l'enfance. Et tant que l'on est enfant, ce sont des choses que nous ne comprenons pas et que nous trouvons dégoutantes par le fait même. J'ai déjà été petit moi aussi. Mes parents ne m'avaient pas parlé de ses choses-là à moi non plus. Un jour, je les aie surpris à s'embrasser dans le jardin. J'ai eu peur qu'ils essaient sur moi, alors je me suis enfuit toute une journée ou je me suis caché pour ne pas qu'on me retrouve. Je ne devais pas être tellement plus vieux qu'Alex en ce temps-là. Ma mère a été folle d'inquiétude jusqu'à ce que la police me ramène. Il m'avait retrouvé grâce à un chien qui avait repéré mon odeur dans le boisé derrière la maison ou j'ai grandi. Mais en fuguant de la sorte, il aurait pu m'arriver quelque chose de très grave, mais ce n'en fut rien. Tout s'est bien terminé heureusement.

Lili : Est-ce que c'est vrai? Ou est-ce que tu viens d'inventer cette histoire?

Bren : Non ma Lili. Votre cousin n'a pas eu de chance c'est tout. Si ce chauffeur l'aurait évité ou s'il avait ne serait-ce conduis prudemment, vous ne seriez même pas assis à côté de moi pour essayer de vous justifier. Lexa et Jessie serait en train de travailler avec votre mère et moi pour vous empêcher d'être à nouveau la cible de cette satané prophétie. Et ils ne seraient pas en train d'essayer de trouver un coupable pour expliquer leur malheur. Avec des si par là et des j'aurais dût, nous finirions par être responsable de tous les drames de la terre. Aucun être-humain n'est parfait les enfants; ni vous, ni moi, ni votre mère, ni même Jésus si vous y croyez! Nous faisons tous des erreurs, mais ça ne fait pas de nous des êtres machiavéliques pour autant. Cela ne fait que nous rappeler que nous sommes seulement des hommes comme les autres. Et le plus beau, c'est que nous finissons tous par apprendre de nos erreurs. Cela nous amène alors à être de meilleur personne.

Lili : Alors Alexis est partit et rien n'aurait pu l'éviter?

Bren : N'importe qui aurait pu être à sa place ce jour-là.

Emmil se jeta dans les bras de son père en sanglotant.

Em : …Je te jure de mesurer mes paroles à l'avenir… Je ne veux plus me sentir responsable, même s'il s'agit d'un accident…

Brennan le serra contre lui et Léonnie se jeta dans ses bras à son tour.

Bren : Ce ne sera pas facile mes petits loups, mais votre mère et moi allons tout faire pour que votre tante Lexa et votre oncle Jessie vous demande pardon et passe l'éponge.

Lili : Je n'aime pas quand ils sont méchants avec Emmil.

Em : Ça m'a fait beaucoup de peine papa tu sais?

Lili : Et à moi aussi.

Bren : Ils ont fait des erreurs

Lili : Mais ils vont apprendre de leurs erreurs n'est-ce pas?

Em : J'espère qu'ils recommenceront à m'aimer.

Bren : Tout va s'arranger, je vous le promets.

L'homme embrassa les enfants et quitta la pièce.