10ième Partie : La fugue

Les jumeaux revêtirent leurs anoraks. Celui de Léonnie était jaune recouvert par des motifs aux étoiles orangés, alors que celui d'Emmil était de couleur bleu pâle aux motifs étoilés bleu nuit. Ils mirent leurs sacs respectifs sur leurs épaules et quittèrent discrètement le sanctuaire.

La Léonnie du présent me plongea de nouveau dans le noir, avant que ne m'apparaisse le souvenir suivant.

Je me trouvais à l'extérieur dans un endroit qui m'était totalement inconnu. Je me trouvais carrément au cœur d'une forêt, à l'entrée d'une carrière de pierre. Le sol était mouillé et le ciel très grisâtre, symbole qu'il avait plu tout récemment. Ne pouvant apercevoir le soleil, je ne pus définir avec exactitude si nous étions le matin, l'après-midi ou même le soir. Je me retournai et j'aperçusse les jumeaux toujours âgés d'une dizaine d'années. Ils approchaient de la carrière et ils étaient trempés jusqu'aux os. Visiblement, ils avaient dû se disputer, car leurs visages affichaient de la colère.

Lili : Je meurs de faim, je suis épuisée et je suis certaine que papa et maman sont à notre recherche depuis longtemps maintenant! Emmil; ton petit jeu va durer encore combien de temps? J'en ai marre, je veux rentrer chez nous. Je suis trempée et j'ai froid, sije tombe malade se sera de ta faute! Ça va faire maintenant trois jours que nous sommes partis, ça va maintenant tu as perdu ton pari! Et le pire dans tout ça, c'est que nous sommes perdus, sans aucuns moyens de contacter le sanctuaire grâce à ta merveilleuse idée de laisser nos transmetteurs à la maison!

Em : Cesse donc de geindre! Par ailleurs, si tu t'étais mêlée de tes affaires, je n'aurais pas été forcé de te mêler aux miennes. Et puis si tu as faim, tu n'as qu'à manger de l'herbe et des baies sauvages, le sol en est rempli.

Lili : Je ne suis pas un oiseau! Je te rappelle que ça fait trois jours que je me nourris de ton régime adressé aux herbivores qui n'apaise pas ma faim pour autant! Les régimes d'oiseaux sont pour les oiseaux et non pour les enfants! Je veux rentrer Emmil, tu saisis ce que je dis?

Em : Nous y sommes.

Lili : Bah oui nous sommes perdus grâce à toi idiot! Ramènes-nous à la maison maintenant!

Emmil ignora sa sœur. Il s'approcha de la carrière. Il posa sa main sur une pierre en particulier. Pourtant cette pierre semblait comme les autres à première vue, mais ce ne fut pas le cas. Elle bascula sur le côté et laissa entrevoir l'entrée d'une grotte secrète. Le garçonnet souri et fit signe de la main à sa sœur de le suivre à l'intérieur. Stupéfaite, Lili se tut et suivit son frère, j'en fis autant.

Lili : Comment as-tu su qu'il y avait une grotte secrète pile à cet endroit?

Emmil ne répondit pas tout de suite. Une fois au fond de la grotte, il passa ses mains sur les parois et retira une autre pierre bien précise. La pierre semblait avoir été mise là pour boucher un trou. Sans la pierre, Emmil put passer son bras à l'intérieur de l'embouchure. Lorsqu'il ressortit son bras, il tenait dans sa main une enveloppe cacheté et jauni par le temps. L'enfant souri en faisant passer l'enveloppe sous le nez de sa sœur. Il l'a tenais dans la main fièrement, comme s'il venait de découvrir le plus grand trésor du monde, tandis que de son côté, Léonnie n'arrivait certainement pas à croire ce qui venait de se passer.

Em : De la même manière que je savais qu'elle serait là.

Moi : Sacré petit Emmil… Je reconnais bien là mon petit gars d'antan!

Lili : Alors toute cette histoire… C'était donc vrai, tu n'as rien inventé?

Em : J'ai peut-être beaucoup d'imagination comme le répète souvent maman, mais il ne faut tout de même pas exagérer! J'aurais été incapable d'inventer une telle histoire.

Lili : Ben qu'est-ce que tu attends alors? Ouvre cette satanée enveloppe; puisque nous sommes ici pour ça.

Emmil hocha la tête.