Voici le troisième chapitre de cette histoire qui était censé être un OS ! On passe désormais à un Sterek, pour le plus grand bonheur de pas mal de personnes lol
Cette histoire sera finalement en 4 chapitres, car je trouvais cette partie un peu trop longue sinon.

Merci à ceux qui me suivent, qui mettent cette histoire en favori, et surtout un grand merci à ceux qui laissent un petit mot, c'est ce qui m'encourage le plus à continuer !

Bonne lecture ! :)


La journée passa à une vitesse bien trop élevée pour Stiles. Il avait un plan à mettre en place, mais n'avait pas encore eu le temps de peaufiner tous les détails. Et dans son plan, il avait besoin de Scott. C'est pourquoi il courut à la fin de son dernier cours pour rattraper ce dernier qui s'était déjà dirigé vers sa moto.

— Scott ! Scott, attends !

Celui-ci se retourna pour voir son meilleur ami qui courait comme un dératé dans sa direction.

— Pfiou ! J'ai bien cru que t'allais partir sans m'attendre. J'ai un service à te demander. Faut que je sorte ce soir et mon père ne doit pas être au courant. Je vais lui dire que je dors chez toi, alors fais pas de bourde.

— Euh… Ok, si tu veux. Je peux au moins savoir ce que tu trafiques ?

— Non.

— Ça a au moins le mérite d'être clair, bougonna le jeune loup-garou.

— Oh allez, Scott. Je peux pas te dire pour le moment, mais je t'assure que je t'expliquerai tout après.

— Ok, ok, c'est bon. Mais promets-moi qu'au moindre soucis tu m'appelles. Et avec la meute d'alphas qui rôde et cette histoire de sacrifices qui n'est toujours pas résolue, je vais prévenir Derek aussi pour qu'il…

— Non ! Ne lui dis rien !

— Euh… Stiles, tu ne te sens peut-être plus en danger parce que tu n'es plus vierge, mais je trouve ça quand même limite inconscient que tu te balades dehors en pleine nuit tout seul !

— T'inquiètes pas pour moi, je serai en sécurité. Je te le promets. Fais-moi confiance. S'il te plait, Scott.

Comment résister à ces yeux de chiot battu ? Scott soupira.

— Très bien… Mais t'as intérêt à m'envoyer des messages régulièrement pour que je sache que tu vas bien.

— Promis ! Merci ! T'es en frère pour moi !

Et sur ces belles paroles, Stiles pris brièvement son meilleur ami dans ses bras avant de courir jusqu'à sa voiture et démarrer en quatrième vitesse sous le regard ahuri du loup-garou.

— Je sais pas ce que Danny lui a fait, mais il est vraiment bizarre aujourd'hui…

Quelques minutes plus tard, Stiles arrivait chez lui. Il monta dans sa chambre après avoir ingurgité un verre de jus d'orange et une tartine de confiture. Installé à son bureau, il se mit à faire ses devoirs en attendant que son père rentre. A vrai dire, il avait eu le temps de les terminer bien avant que son père n'arrive, ce qui lui laissa le temps de préparer un plat à réchauffer.

En entendant la porte d'entrée vers 20h, il descendit et accueillit le shérif avec un grand sourire et un câlin. Celui-ci le regarda d'un air méfiant, flairant l'entourloupe.

— Bonsoir papa ! Tu as eu une bonne journée ? Je t'ai fait une assiette de gratin, elle est au frigo, tu pourras la faire réchauffer quand tu auras faim !

— Toi… Soit t'as fait une connerie, soit t'as un truc à me demander !

— Quoi ? Je ne peux donc pas prendre soin de mon cher petit papa sans être accusé de vouloir faire du marchandage ? Je suis profondément choqué !

— Stiles...

— Bon, d'accord. Je voudrais passer la nuit chez Scott. Je peux ?

— Chez Scott hein ? Tu me crois né de la dernière pluie ou quoi ?

— Qu… Quoi ? Pourquoi tu dis ça ?

Comment son père avait-il pu deviner qu'il mentait ? Cela faisait des années qu'ils dormaient régulièrement l'un chez l'autre avec Scott. Il était persuadé que ce mensonge fonctionnerait à merveille ! Surtout qu'avec toutes ces histoires de loup-garou, il était devenu un expert dans le domaine du mensonge. Peut-être en avait-il trop fait ? C'était vrai qu'on était déjà vendredi et qu'il n'avait donc pas besoin de sortir des montagnes d'arguments pour convaincre son père de le laisser passer la nuit avec son meilleur ami, ce qui finissait bien souvent en nuit blanche.

— Tu as déjà découché la nuit dernière pour être avec une fille. Tu crois vraiment que je vais avaler cette histoire que tu vas dormir chez Scott ce soir ? Pourquoi ne pas simplement me dire que tu retournes la voir ?

— Euh…

"Trouve un truc Stiles. Genre, maintenant ! Tout de suite !"

Son cerveau tournait à plein régime. Il avait complètement oublié ce détail. Son père croyait qu'il avait couché avec une fille la nuit précédente. S'il savait qu'en vérité il l'avait fait avec Danny et qu'il comptait remettre ça, mais avec Derek Hale, ou au moins essayer, il doutait fortement que son père apprécierait. Enfin, c'était surtout la partie avec Derek qu'il risquait de ne pas apprécier. Le loup-garou n'était pas vraiment bien vu par son père, sachant qu'il avait été un suspect dans une affaire de meurtre l'année précédente. Et il ne pouvait encore sortir un mensonge. Déjà parce qu'il n'arrivait pas à en trouver un plausible, mais surtout parce que si son père se rendait compte qu'il mentait encore, il pouvait dire adieu à sa sortie. La seule solution était donc la vérité. En partie du moins.

— Parce que je n'ai pas passé la nuit avec une fille…

— Pardon ? s'étrangla le shérif. Tu ne vas quand même pas essayer de me faire croire que ce suçon, continua-t-il en pointant la base du cou de Stiles, est en réalité un bleu ? Me prends pas pour un idiot !

— Non ! Non, bien sûr que non !

— Alors quoi ? Si t'étais pas avec une fille… T'étais…

— Avec un garçon. Avec Danny pour être plus précis.

Un silence pesant s'installa entre le père et le fils. Le premier, les yeux gros comme des soucoupes tentait d'assimiler l'information et de s'en remettre. Le second attendait que la pilule soit passée et digérée.

— Tu… Tu es gay ? J'étais persuadé que tu aimais les filles. J'étais persuadé que tu aimais Lydia même ! Tu n'arrêtais pas de ne jurer que par elle !

— Non. Je veux dire, non, je ne suis pas gay. Je crois que je suis bi. Et Lydia, je me suis fait une raison.

Un nouveau silence se fit et le shérif sembla réfléchir.

— Pourquoi tu ne m'as rien dit ?

— Techniquement parlant, je te l'ai dit le soir de l'attaque au Jungle. Tu ne m'as pas cru.

— Tu marques un point… Mais comme tu as la fâcheuse tendance à te trouver sur les scènes de crimes, je pensais que c'était encore un mensonge.

Et c'en était un sur le coup. Mais mieux valait garder ce détail pour lui.

— Je peux y aller alors ?

— Euh… Oui. J'imagine que oui.

— Génial, t'es le meilleur papa du monde !

Stiles le prit dans ses bras à nouveau puis se retourna pour aller chercher ses affaires dans sa chambre et partir avant que son père ne change d'avis. Mais ce dernier l'interpella alors qu'il commençait à monter les escaliers.

— Attends Stiles ! Je voudrais être sûr d'une chose avant !

— Euh oui ? Quoi donc ? demanda-t-il en redescendant d'une marche pour regarder son aîné.

— Vous vous protégez n'est-ce pas ?

— Papa ! Je n'ai définitivement pas envie d'avoir ce genre de conversation avec toi !

— Et moi je tiens à ce que tu me répondes ! Tu ne sortiras pas de cette maison sans m'avoir donné une réponse. Et je veux la vérité, Stiles.

L'hyperactif soupira. Son père voulait la vérité ? Très bien. Il n'allait pas être déçu alors.

— Oui. Oui, on s'est protégé. Oui, on a bien utilisé un préservatif. Ah non, pardon, c'est pas vraiment la vérité ça…

Le shérif commença à virer au rouge de colère...

— La vérité, c'est qu'on en a utilisé deux en fait.

Puis il devint rouge de gêne cette fois, regardant son fils comme s'il venait de lui annoncer qu'il venait de Mars.

— Soit un pour chaque fois qu'on a…

— C'est bon ! Tu as raison, on ne veut pas avoir cette conversation…

Cachant un sourire victorieux, il monta les marches deux à deux, prit ses papiers qu'il glissa dans une poche et redescendit tout aussi rapidement pour sortir de la demeure et filer le plus rapidement possible dans sa voiture. Sait-on jamais si son père avait de nouveau l'idée de poser une question bizarre.

Plus vite qu'il ne l'aurait cru, il se retrouva devant le loft de Derek. Il tourna la clé pour couper le contact et soupira. Jusqu'ici, il avait pu suivre son plan, plus ou moins. Il avait réussi à sortir de chez lui sans que son père ne se doute de ce qu'il comptait faire, ou plutôt sans savoir avec qui. Il avait convaincu Scott de le couvrir, même si maintenant ce n'était plus nécessaire, en échange de quelques SMS. Il avait d'ailleurs envoyé un message à Danny également pour qu'il le couvre, puisque c'était lui qui était devenu son alibi. Mais maintenant, eh bien, il n'avait plus de plan. Il n'avait absolument aucune idée de comment il allait amener le sujet sur le terrain. Et ce qui craignait vraiment, c'est que Stiles n'était pas vraiment réputé pour son tact. Mettre les pieds dans le plat, à pieds joints de préférence, ça c'était dans ses cordes. Or, s'il faisait ça avec Derek, il était certain que ça finirait plutôt mal.

— C'est pas gagné… Allez Stiles, c'est pas le moment de te dégonfler !

Sur ces paroles d'encouragement à lui-même, il descendit du véhicule et grimpa les marches jusqu'à la porte de l'appartement. Alors qu'il allait frapper à celle-ci, elle s'ouvrit brusquement et il se retrouva tiré à l'intérieur puis son dos rencontra un mur.

— Whoa ! Mais que…

— Stiles ! Qu'est-ce que tu fous là ?

Derek le tenait par le col de son sweat et avait son visage à seulement quelques centimètres du sien.

— Quel accueil… Je t'avouerais que je ne m'attendais pas vraiment à ça. Pas que je ne sois pas habitué à ce que tu me plaques contre un mur à la première occasion hein, depuis le temps, mais…

— Pour la dernière fois, qu'est-ce que tu fous là ?

— Je suis venu te voir.

— Pourquoi ?

— Parce que j'en avais envie ?

— Stiles…

— Quoi ?

— T'es complètement stupide et inconscient ! Tu te rends compte que tu aurais pu te faire tuer en venant jusque ici tout seul en pleine nuit ? On ne sait pas qui fait ces sacrifices et tu fais partie des cibles potentielles. Sans compter la meute d'alphas !

— Honnêtement, j'avais pas pensé aux alphas, mais c'est pas après moi qu'ils en ont. S'ils avaient voulu me faire quelque chose, ils auraient déjà eu mille occasions. Quant aux sacrifices, je ne suis plus une cible potentielle…

— Quoi ?

Le loup-garou le relâcha en s'éloignant légèrement pour le regarder avec étonnement. En fait, il avait même l'air carrément choqué.

— Stiles… Me dis pas que t'as couché avec une fille juste pour sauver ta peau ?

— Je n'ai pas couché avec une fille.

— Je ne comprends pas. Tu viens juste de me dire que tu n'es plus…

Soudain, l'illumination sembla se faire dans l'esprit de Derek.

— T'as fait ça avec un mec ? Peu importe, continua-t-il en semblant se reprendre légèrement. On ne couche pas avec quelqu'un juste pour sauver son cul !

— En l'occurrence, je l'ai pas vraiment sauvé, répondit Stiles avec un sourire amusé tandis que Derek commençait à prendre une teinte rosée sur ses joues.

— Stiles... Bon sang…

Il soupira, comme pour se redonner contenance, et demanda :

— Pourquoi t'es là ?

— Pour te voir, je te l'ai dit y a même pas une minute.

— Pourquoi ?

— Parce que j'en avais envie. Ça aussi je te l'ai déjà dit.

— Et pourquoi t'avais envie de me voir ?

— Parce que je t'aime bien.

Derek releva un sourcil sceptique à ces mot.

— T'as un truc à me demander ? Ou t'as fait une connerie ?

— Mais pourquoi tout le monde imagine que j'ai un truc à me reprocher ou à demander dès que je montre un peu d'affection ?

— Peut-être parce que j'ai du mal à imaginer que tu m'apprécies vraiment.

— Et pourquoi pas ?

— Parce que j'ai rien fait pour.

— C'est pas faux. T'as la fâcheuse tendance à me brutaliser, tu me cries sans arrêt dessus, tu me traites souvent comme si j'étais un boulet, tu me menaces régulièrement de me tuer, tu…

— C'est bon, je crois qu'on a compris. Maintenant, si tu pouvais débarrasser le plancher, j'ai pas que ça à faire. La porte est juste là, finit-il en désignant l'entrée qui était restée ouverte avant de lui tourner le dos pour s'éloigner.

— Non.

— Non ?

— Non.

Le loup-garou s'était retourné vers l'adolescent, médusé. Bien sûr, il avait l'habitude que ce dernier ne l'écoute pas et fasse régulièrement tout le contraire de ce qu'il lui disait. Mais là, il semblait carrément déterminé à vouloir rester ici, que Derek soit d'accord ou non.

— Très bien, soupira-t-il, fais ce que tu veux.

L'aîné repartit à ses activités, à savoir faire des tractions. Stiles ne bougea pas et profita même de l'occasion pour le mater sans retenu, puisqu'il était dos à lui. Il pouvait voir les muscles des bras et du dos se contracter chaque fois qu'il remontait, grâce au simple débardeur qu'il portait. D'ailleurs, l'hyperactif se dit que c'était profondément injuste que les loup-garous soient si peu sensibles au froid. C'était le début de l'automne et lui, pauvre petit humain qu'il était, ne se voyait déjà plus sortir sans son sweat rouge.

Il regarda Derek arrêter ses exercices et s'essuyer avec une serviette, continuant de l'ignorer royalement. Il fut parcouru d'un frisson et se demanda vaguement si c'était dû au froid ambiant, le loft étant totalement dépourvu de chauffage, ou à la vue que le corps quasi parfait devant ses yeux lui offrait. Mais au fond, il s'en foutait, ceci lui avait donné une idée.

Il s'approcha du loup-garou et, sans gestes brusques, parce qu'il n'était pas suicidaire malgré les apparences parfois trompeuses sur ce point, il passa ses bras autour du torse du plus âgé et se colla à son dos. Il le sentit se raidir, mais il n'y eut aucun geste pour le repousser.

— Qu'est-ce que tu fais ? entendit-il néanmoins demander.

— J'ai froid.

— Et alors ?

— Alors je me colle à la seule source de chaleur qu'il y a ici. On appelle ça l'instinct de survie. Même les humains en sont dotés, tu sais ?

— Tu mens. J'entends ton coeur qui accélère.

— Le coeur bat plus vite pour faire circuler le sang plus rapidement et tenter de réchauffer le corps.

Il n'y eu aucune réponse ni aucune autre question. Derek avait certainement compris que ce n'était pas vrai, mais il ne releva pourtant pas. Et l'hyperactif n'osa plus faire le moindre mouvement. Pouvoir rester ainsi sans se faire dégager à coup de pieds au cul était déjà un très grand pas en avant. Il ne voulait pas risquer de casser ses efforts avec une maladresse. Alors il resta sans bouger de longues minutes, profitant de la proximité pour respirer l'odeur légèrement musquée de celui qui occupait ses fantasmes. Car même alors qu'il dormait dans les bras de Danny la nuit précédente, il n'avait pu empêcher son cerveau de divaguer et d'imaginer ce que ça serait si Derek était à la place de son camarade de classe.

— Stiles, rentre chez toi maintenant. Tu as assez abusé de ma patience.

— Je ne peux pas.

— Pourquoi ?

— Mon père pense que je suis chez Danny.

— Alors va chez Danny.

— Il est… plutôt occupé ce soir.

— Dans ce cas, va chez Scott !

— Il est avec Allisson pour tenter de recoller les morceaux.

Derek soupira et décrocha les bras de Stiles autour de lui pour se retourner.

— Très bien, reste ici ce soir si ça te chante. Du moment que tu me laisses tranquille et que tu ne casses rien, fais ce que tu veux.

— C'est pas comme s'il y avait grand chose à casser ici, releva l'adolescent qui reçu un grognement pour toute réponse.

Le loup-garou se détourna de lui et partit prendre une douche alors que Stiles s'asseyait dans le canapé. Le temps passa sans qu'aucune autre parole ne soit échangée, chacun vacant à leur occupation, ce qui pouvait se résumer à lire pour Derek et observer ce dernier pour Stiles, sans oublier d'envoyer quelques SMS à Scott, histoire qu'il ne débarque pas. Les minutes s'enchaînèrent, puis les heures, et minuit fut finalement dépassée. Le maître des lieux finit par relever les yeux de son livre pour les poser sur l'hyperactif.

— Tu sais que tu deviens inquiétant ?

— Pourquoi ? Je n'ai rien fait !

— Justement ! Tu es assis là sans bouger depuis plus de 2h. Venant de toi je ne croyais pas ça possible.

Stiles se leva du canapé et vint se poster devant Derek qui était installé sur une chaise devant le bureau.

— Qu'est-ce que tu fais ? demanda l'alpha.

— Je bouge, puisque mon immobilité te perturbe.

Malgré lui, Derek ne put empêcher un léger sourire amusé d'apparaître sur ses lèvres.

— Eh bien tu vas pouvoir retourner t'installer, parce que je vais éteindre les lumières et dormir !

— Tu vas me faire dormir sur le canapé ?

— Évidemment !

— Tu vas laisser le faible humain que je suis se geler les miches dans ce canapé pas du tout confortable, sans oreiller et sans couvertures ? On pourrait qualifier ça de maltraitance tu sais ?

— Pourquoi faut-il toujours que t'en fasses des tonnes ? soupira à nouveau l'aîné. Non, ne réponds pas, je m'en fous en fait. Et je m'en fous aussi que tu te "gèles les miches dans ce canapé pas du tout confortable, sans oreiller et sans couverture". La prochaine fois, tu y réfléchiras à deux fois avant de t'incruster chez les autres.

Il se leva et retira son t-shirt, se retrouvant ainsi vêtu seulement d'un pantalon de survêtement. Il entendit les battements de coeur de Stiles cafouiller avant d'accélérer. Il l'entendit également déglutir et il fronça les sourcils. Pourquoi réagissait-il ainsi ? Pourquoi semblait-il vouloir être proche de lui, physiquement parlant, ce soir ? Il se secoua mentalement. Quelle importance après tout ? Il se dirigea vers l'interrupteur et posa son doigt dessus sans appuyer.

— Bon, commença-t-il. Tu vas te coucher que je puisses éteindre ?

— Quoi ?

Stiles semblait tout à coup débarquer d'on ne savait où, l'air de se demander ce qu'il faisait là.

— Je vais éteindre. Et je n'ai pas envie de t'entendre pleurnicher parce que tu te seras cogné l'orteil dans la table basse. Alors vas te coucher. Maintenant.

— Alors tu vas vraiment me faire dormir sur ce canapé miteux en proie au froid ?

— Stiles, pour la dernière fois, va te coucher.

Les yeux de l'alpha virèrent au rouge, ce qui suffit à faire abdiquer l'humain. Se retournant, il défit son jean et retira son sweat, restant en t-shirt et en boxer, puis se recroquevilla dans le canapé, dos au loup-garou. Celui-ci eut un petit instant de remord, mais se reprit, appuya sur l'interrupteur et alla se coucher.

Cela ne faisait même pas cinq minutes qu'il était installé et il avait déjà entendu Stiles se retourner vingt-huit fois. Il avait compté, oui. Qu'il le fasse encore une fois et il ne répondait plus de rien. Malheureusement, cette vingt-neuvième fois arriva bel et bien.

— Stiles, arrête de bouger ou je te fous à la porte.

— T'oserais pas !

— Tu veux parier ?

Le plus jeune ne répondit rien, bougea une dernière fois et ne fit plus un mouvement. Peut-être Derek allait-il enfin pouvoir dormir. C'était malheureusement sans compter sur le léger claquement de dents qu'il entendit après une quinzaine de minutes de silence. Apparemment, cette fois l'humain avait vraiment froid.

— Stiles.

— Qu… Quoi ?

— Viens.

Pour une fois il n'eut pas besoin de se répéter. En moins de cinq secondes l'hyperactif était à côté de lui sous sa couverture, tremblant et claquant toujours des dents. Même après plusieurs minutes, le jeune homme ne semblait pas se réchauffer. Et Derek commençait sérieusement à perdre patience. C'est pas parce qu'on est un loup-garou qu'on n'a pas besoin d'une bonne nuit de sommeil, merde ! Alors il fit ce qui lui sembla le plus logique : il roula du côté de l'humain, l'obligea à lui tourner le dos et se colla à lui, passant ses bras autour du torse frêle devant lui.

— Que… ?

— Tais-toi.

— Comment tu fais pour être aussi chaud ? demanda Stiles en soupirant de bien être.

— Comment tu fais pour être aussi gelé ? contra Derek.

— On est en automne et je suis humain…

— Et moi je suis un loup-garou…

Logique imparable.

— C'est franchement injuste.

— Tais-toi et dors.

Au bout de quelques minutes, les tremblements se calmèrent et les claquements de dents avaient cessés. Désormais seuls les battements de coeur frénétiques de l'hyperactif, presque semblables à un concert de batterie pour ses fines oreilles, se mettaient entre l'alpha et son repos bien mérité. Ce gamin n'allait donc pas le laisser dormir en paix, hein ?

— Pourquoi t'es nerveux ? finit-il par demander, abandonnant l'idée de s'endormir enfin.

— Quoi ? Je suis pas nerveux ? Pourquoi je serais nerveux ? Je n'ai aucune raison d'être nerveux. Vraiment. Je…

— T'essaie de te convaincre toi-même ou tu imagines vraiment que depuis tout à l'heure je suis assez bête pour ne pas deviner quand tu mens ? Au passage, quand on a froid les battements de coeur n'accélèrent pas, au contraire. Tu devrais écouter un peu plus tes cours de bio.

L'adolescent ne répondit rien. Un long silence s'en suivit avant que Derek ne le brise à nouveau.

— Stiles, j'aimerais vraiment pouvoir dormir. Alors dis-moi ce qui t'arrive ce soir qu'on en finisse et que tu sois enfin calmé.

Un nouveau silence se fit. C'était bien la première fois que le loup-garou voyait cet humain se tenir tranquille et se taire alors qu'on lui demandait de parler. Et ça, c'était vraiment inquiétant.

De son côté, Stiles s'était figé et osait à peine respirer. Que pouvait-il bien répondre à ça ? "Tu me fais de l'effet et j'ai une irrésistible envie de te sauter dessus. Je peux ? D'ailleurs, tu l'as déjà fait avec un autre homme ?" Non, définitivement, c'était pas la chose à dire. Il pouvait être sûr de finir à la porte s'il répondait ça. Mais en même temps, il ne pouvait pas mentir. Alors il décida de dire la vérité. Un peu. Déglutissant bruyamment, il se lança.

— J'ai juste… Un problème d'ado.

— Un problème d'ado ? Quoi ? Le mec avec qui t'étais hier soir t'a brisé le coeur ? Et du coup t'es venu te consoler ici ? Si c'est le cas, tu t'es trompé de porte, je suis pas doué pour les chagrins d'amour.

— Non. C'est pas ça.

Derek attendit la suite, mais elle ne venait pas.

— Normalement c'est toi qui fais des discours à rallonge et moi qui fais des réponses courtes… Tu vas enfin t'expliquer ou je vais vraiment devoir t'arracher les mots de la bouche ?

Stiles ne pu s'empêcher de penser que l'homme pouvait lui arracher bien d'autres choses. Mais il se garda bien de le dire. Même le marmonner aurait été encore trop fort pour que Derek ne puisse l'entendre.

— Y avait aucun sentiments. Danny s'est proposé et j'ai accepté. On l'a fait comme… Sex-friends. C'est pas ça le problème.

Il avait sentit Derek se tendre en finissant sa tirade et il s'était donc arrêté brièvement.

— Ça te choque ?

— Non… Mais je trouve ça dommage d'offrir sa première fois à quelqu'un qu'on n'aime pas... C'est quoi alors ce problème d'ado ? demanda-t-il après une pause.

— J'arrête pas d'y penser.

— Penser à quoi ?

— Tu le fais exprès ?

— Un peu.

Il ne put s'empêcher de rire et se détendit légèrement.

— Et sachant que je l'ai fait avec un mec et que j'ai envie de recommencer… Tu… Tu n'as pas peur que je tente de te sauter dessus ?

Il avait terminé sa phrase dans un chuchotement, mais il savait que Derek l'avait parfaitement bien entendu.

— C'est donc ça qui te perturbait… Stiles, tu es mineur et je suis un adulte, responsable de toi qui plus est.

— Responsable de moi ? demanda l'humain en essayant de tourner la tête pour tenter de voir le visage de l'aîné, sans succès à cause de la prise qui le maintenait en place. Tu dis ça parce que tu es l'alpha et que tu me considères comme faisant partie de ta meute ?

— En partie. Mais même sans cet aspect des choses, ça ne change rien au fait que tu es mineur et que ton père voudrait me tuer si je faisais quoique ce soit avec toi…

— Pourquoi crois-tu qu'il pense que je suis chez Danny ? lança-t-il avec un sourire amusé.

Un silence suivit cette question et Derek se tendit à nouveau.

— Tu avais prémédité cette situation ?

— J'avoue mon crime, répondit le plus jeune tout bas.

— Bon sang, Stiles…

Le loup-garou soupira et un nouveau silence s'installa entre eux. Silence qui s'éternisa au point que l'humain cru un instant que Derek s'était endormi. Il voulu alors se retourner, mais les bras puissant autour de lui l'en empêchèrent avec un grognement.

— Pourquoi tu réagis comme ça ? demanda-il.

— Parce que sinon tu ne vas pas arrêter de bouger.

— C'est pas avec juste deux bras que tu m'empêcheras de bouger…

Et pour lui prouver ses dires, il se mit à se dandiner provocant une réaction plutôt intéressante. Outre le nouveau grognement qu'il reçut et les bras qui le serrèrent davantage pour tenter de le maintenir en plus, il sentit le corps contre lui se tendre. Et pas juste les muscles. Une certaine partie qu'il pouvait sentir contre ses fesses étaient visiblement en train de se réveiller.

Une jambe passa par dessus les siennes et il e retrouva comme ligoté. Il sentait davantage la tension de Derek, mais l'inconvénient c'est qu'il ne pouvait plus du tout bouger.

— Arrête ça, gronda celui-ci.

— Je ne te laisse pas indifférent alors ? Si j'avais 18 ans, tu m'aurais laissé te sauter dessus ?

— Ça suffit, Stiles. Dors.

— Tu sais que légalement parlant la majorité sexuelle est à 16 ans ? Je suis considéré par la loi comme apte à décider si je suis consentant ou pas.

— Stiles, ferme-la. Soit tu dors maintenant, soit je te renvoie claquer des dents sur le canapé.

Tout en disant cela, le loup-garou l'avait lâché et s'était retourné, lui montrant désormais son dos. L'hyperactif se tourna à son tour et se pelotonna contre lui.

— Je peux quand même dormir contre toi ? Je vais avoir froid sinon…

— T'as intérêt à te tenir tranquille et à dormir.

Finalement, ils s'endormirent tous deux presque en même temps. Et ce fut sans surprise que Stiles se retrouva dans un rêve avec Derek. Il savait qu'il rêvait. Mais il s'en moquait, il avait envie d'en profiter. Après tout, dans un rêve on peut faire ce qu'on veut. Alors il grimpa sur les hanches du plus âgé qui était allongé sur le dos et s'apprêta à l'embrasser. Mais contrairement à ce qu'il croyait, celui-ci ne se laissa pas faire.

— Tu sais que tu rêves ? demanda le Derek de son rêve.

— Oui. Et je m'en fous. C'est l'occasion de faire ce que j'ai envie, puisque tu ne veux pas en vrai.

Il repartit en quête des lèvres tentatrices qui le hantaient, mais encore une fois l'homme de son rêve ne le laissa pas faire.

— Stiles, ce n'est pas ce que tu veux.

— Bien sûr que si.

— Embrasser un fantasme et t'en contenter ? Tu crois vraiment que c'est ce dont tu as envie ?

— Non, évidemment. Mais le vrai Derek ne veut pas. Donc en attendant de le convaincre je n'ai que toi. Alors si tu pouvais arrêter de me repousser et me faire vivre le meilleur fantasme de ma vie, ça serait super.

— Non Stiles, ce n'est pas ce que veux vraiment.

— Et qu'est-ce que je veux vraiment alors ? demanda-t-il en soupirant de frustration.

— Bien plus qu'une simple nuit de sexe avec moi.

— Quoi ?

— Arrête de te voiler la face, Stiles. Tu avais déjà ce genre d'envie avant la nuit dernière. Et bien plus. Ce qui s'est passé avec Danny n'a fait que faire monter à la surface ton désir.

Tout à coup Stiles se sentit oppressé. Il crut un instant que c'était à cause des paroles du Derek de son rêve, mais c'était une sensation bien physique. Il se réveilla alors en sursaut et découvrir un Derek, les yeux rouges, sur lui, et le clouant fermement au matelas.

— Derek ? Qu'est-ce que tu fais ? Tu voulais que je me tienne tranquille et c'est finalement toi qui me saute dessus ? Alors que même dans mon rêve tu voulais pas, termina-t-il en marmonnant.

— T'es enfin réveillé ! T'aurais au moins pu me prévenir que tu faisais du somnambulisme, râla l'alpha en le relâchant et en se rallongeant à côté de lui.

— Somnambulisme ? Ça fait des années que je n'ai pas fait de crise…

— Eh bien tu peux réinitialiser ton compteur.

Soudain le loup-garou percuta.

— T'étais en train de rêver de moi ? Non, ne réponds pas, c'est évident vu ce que tu faisais.

— Euh… Je faisais quoi au juste ?

— Tu essayais de m'embrasser…

— Oh.

Derek le mit sur le côté et se colla dans son dos, le reprenant dans ses bras comme au début de la nuit.

— Là au moins je pense que tu ne bougeras pas. Maintenant rendors-toi. Il n'est même pas trois heures.

Stiles repensa aux paroles du Derek de son rêve. Est-ce qu'il ressentait plus qu'une attirance physique pour l'alpha ? C'était possible. Sinon comment expliquer qu'il se bornait à essayer de faire partie de sa vie alors qu'il ne cessait de se faire repousser, voire maltraiter. Il ne pensait pas être maso.

Puis il décida que penser à tout cela en plein milieu de la nuit n'était pas des plus judicieux. Mieux valait profiter du moment présent, confortablement installé entre les bras chauds et forts de Derek. Alors il posa ses mains sur les siennes, entrelaça leurs doigts sans obtenir la moindre résistance et s'endormit de nouveau.


Et voilà ! La suite n'arrivera sans doute pas avant 2015, donc en attendant, je vous souhaite de bonnes fêtes de fin d'années ! ;-)

N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !