Vous ne croyez pas au Père Noël ? Maintenant vous pouvez avec cette suite qui arrive BEAUCOUP plus vite que prévu :p Et sachez même que j'ai prévu 2 bonus en plus. Elle est pas belle la vie ?

Ce chapitre est plus sérieux que les précédents, peut-être même un poil déprimant à un moment, mais je vous rassure, c'est un Happy End total :) J'espère que ça vous plaira toute de même.


Derek entendit la respiration de Stiles se faire lente à mesure qu'il replongeait dans les limbes du sommeil. Le problème étant que lui n'arrivait plus à s'endormir. La scène qui venait de se dérouler ne cessait de se répéter dans sa tête.

Quelques minutes plus tôt…

Le loup-garou avait finalement réussi à s'endormir. Le rythme cardiaque du corps contre lui s'était progressivement calmé et était devenu un son rassurant et berçant. Mais un mouvement à côté de lui commença à le réveiller. Jusqu'à ce que ce mouvement soit sur lui. Là, il se réveilla totalement pour découvrir un Stiles le chevauchant et se penchant sur lui pour embrasser son cou et ses clavicules. D'abord trop choqué, il ne réagit pas. Puis il se rendit compte que s'il ne faisait rien la situation risquait fort de déraper.

— Stiles. Qu'est-ce que tu fais ? On était d'accord pour que tu te tiennes tranquille.

Aucune réponse n'arriva. En fait, Stiles semblait tout simplement ne pas l'avoir entendu. Il prit son visage entre ses mains et le releva pour le regarder. Il comprit alors. Stiles dormait encore.

— Stiles ! Réveille-toi !

Il tenta de le secouer, de crier son nom plus fort, mais l'adolescent ne semblait toujours pas l'entendre. Et le sentir se frotter contre lui commencer à lui poser un certain problème. Il devait agir rapidement ou la situation allait échapper à son contrôle. Il attrapa donc les poignets de l'humain et renversa les positions, se mettant sur lui et le plaquant contre le matelas de tout son poids pour l'empêcher de bouger. Faisant appel à ses pouvoirs d'alpha pour donner plus de portée à sa voix, il l'appela encore. Et les yeux couleur chocolat se mirent à papillonner.

— Derek ? Qu'est-ce que tu fais ? Tu voulais que je me tienne tranquille et c'est finalement toi qui me saute dessus ? Alors que même dans mon rêve tu voulais pas.

Le loup-garou soupira de soulagement.

— T'es enfin réveillé ! T'aurais au moins pu me prévenir que tu faisais du somnambulisme, râla-t-il en le lâchant pour se rallonger à côté.

— Somnambulisme ? s'étonna l'humain. Ça fait des années que je n'ai pas fait de crise…

— Eh bien tu peux réinitialiser ton compteur.

Le moment présent…

Que se serait-il passé s'il n'avait pas réussi à réveiller Stiles ? Il préférait ne pas le savoir à vrai dire. Malgré ce qu'il lui avait dit et l'attirance évidente dont il était l'objet, il ne voulait pas donner de faux espoirs à l'hyperactif. Sa vie amoureuse était un désastre. Cela avait toujours été le cas. Et comme on disait "jamais deux sans trois". Il était hors de question que Stiles soit ce troisième et en paie les frais. Il profita donc de l'étreinte qu'il partageait avec lui. Ce serait sans doute la dernière.

Lorsque le matin arriva, aucune parole ne fut échangée sur l'incident de la nuit. Stiles s'était contenté de le remercier et était rentré chez lui.

Les jours passèrent et l'affaire des sacrifices ainsi que la meute d'alphas leur prit tout leur temps. Et par la force des choses, il s'était laissé séduire par la jolie professeur, Jennifer. Peut-être arriverait-elle à lui faire oublier ces yeux noisettes et ce sourire espiègle. Mais c'était encore une fois une erreur. Le pire étant que c'était Stiles, accompagné de Scott, qui le lui avait révélé. Il avait pu lire la déception et les accusations dans le regard du jeune homme. A peu près les mêmes que celles qu'Isaac lui avait balancées quelques temps plus tard, alors qu'il voulait sauver Cora. Il avait déçu sa meute. Alors le seul moyen qu'il avait trouvé pour se racheter avait été de céder la place à Scott, qui était en réalité un vrai alpha, et d'utiliser ses pouvoirs pour sauver sa soeur, redevenant ainsi un bêta. Il n'était pas fait pour diriger et guider les autres.

Stiles de son côté avait dû se rendre à l'évidence. Le corps sexy de Derek n'était définitivement pas la seule chose qui l'attirait vers lui. Il lui avait fallu quatre déclics avant de se décider à avouer ses sentiments, aussi bien à lui-même qu'à l'homme pour qui il les ressentait.

D'abord la mort de Boyd. Il avait vu Derek dévasté après avoir été forcé à tuer son bêta. Les autres étaient trop choqués pour réagir. Lui aussi l'était, mais il l'était encore plus de voir l'état de l'alpha. Alors il s'était approché et avait posé sa main sur son épaule, tentant un geste réconfortant, n'osant pas en faire plus, de peur que ce soit mal interprété. Mais il avait eu envie de l'entourer de ses bras, de lui dire qu'il avait aussi le droit de pleurer, de lui faire comprendre qu'il était là pour lui et qu'il le serait toujours.

Ensuite quand il avait découvert que Derek sortait avec l'une de ses profs. Une prof qui s'était révélé être à l'origine des sacrifices, avait tenté de tuer Lydia et avait enlevé son père. Entre autres choses. Le loup-garou avait refusé ses avances pour se jeter dans les bras d'une psychopathe. Encore, pourrait-il dire s'il voulait enfoncer le couteau dans la plaie. Il ignorait si le sentiment le plus fort avait été la tristesse, la colère ou la jalousie. Sans doute un super cocktail des tout ça à la fois.

Puis il y avait eu l'épisode de l'ascenseur. Quand il avait trouvé Derek inconscient au sol, il avait eu peur. Il l'avait frappé, plusieurs fois, de plus en plus fort, pour le réveiller. La panique montant un peu plus à chaque coup qui se révélait inefficace. C'est à ce moment-là qu'il décida que si Derek rouvrait les yeux, et il avait intérêt à le faire, il se jetterait à l'eau réellement une fois les choses calmées. Il irait le voir et le convaincrait par tous les moyens de lui accorder au moins une nuit.

Enfin, il y avait eu sa crise de panique quand il s'était mis à réaliser que son père risquait de plus en plus de mourir à chaque seconde qui passait, et qu'il allait alors se retrouver seul. Lydia l'avait sorti de sa crise en l'embrassant. Et il s'était rendu compte que ça ne lui avait fait aucun effet. Plus encore, il avait alors compris qu'il ne voulait pas que le corps de Derek. Il voulait surtout son coeur.

C'est pourquoi, une fois Jennifer morte et son père sauvé, il s'était décidé. Fini les mensonges. Terminé de se voiler la face. Le Derek de son rêve quand il avait dormi chez le loup-garou avait raison.

Descendant les escaliers, il alla s'asseoir sur une chaise de la cuisine, face à son père qui buvait son café. Celui-ci releva les yeux, puis un sourcil intrigué. Stiles n'était jamais sérieux comme ça sans raison. Et malheureusement c'était souvent des raisons qui ne plaisaient pas beaucoup au shérif.

— Papa. Est-ce que mon bonheur est ce qui compte le plus pour toi ?

— Bien sûr, fils, quelle question.

— Peu importe avec qui ? Même si c'est quelqu'un de plus âgé ?

— Si tu me poses cette question, j'imagine que c'est parce que tu t'es trouvé quelqu'un et que cette personne risque de ne pas me plaire… Crache le morceau, je promets de ne pas m'y opposer.

— Je crois… Non, en fait j'en suis sûr. J'aime Derek Hale.

Le shérif s'étouffa un instant dans sa tasse.

— Derek ? Hale ? Le Derek Hale qui a survécu à l'incendie qui a tué toute sa famille ? Le Derek Hale qui a été le suspect numéro un du meurtre de sa sœur pendant un temps ? Le Derek Hale qui a vécu des mois dans la maison carbonisée de sa famille avant qu'elle soit déclarée insalubre ? C'est de ce Derek Hale dont tu me parles ?

Stiles hocha simplement la tête.

— Ok… Je sais pas ce qui m'ennuie le plus. La différence d'âge ou son passé…

— Tu as promis de ne pas t'y opposer.

— Et je ne le ferai pas, répondit l'homme en levant ses deux mains en signe d'apaisement. Mais préviens-le : s'il te fait du mal, de quelque manière que ce soit, je me chargerai moi-même de son cas.

En finissant sa phrase, l'aîné Stilinski coupa un morceau de pain avec beaucoup plus d'entrain et d'application qu'à l'ordinaire. Le message était clair.

En fin d'après midi, l'hyperactif se rendit chez Derek. Il était seul. Peter devait être dans son appart et Isaac restait chez Scott depuis que l'ex-alpha l'avait mis dehors. Contrairement à la fois précédente où il était venu dans ce loft avec une idée derrière la tête, il ne se retrouva pas plaqué contre un mur. Derek lui avait simplement ouvert la porte et s'était détourné de lui.

— Qu'est-ce que tu veux ?

— Te parler. Il est plus que temps de mettre les choses à plat, tu ne crois pas ?

— Je n'ai rien à dire.

— Eh bien moi si. Et j'aimerais vraiment que tu m'écoutes. Pour commencer, je me rends bien compte que venir te voir après avoir couché avec Danny c'était carrément déplacé.

Derek émit un reniflement dédaigneux que Stiles interpréta sans mal par un "sans déconner, tu crois ?"

— J'avoue qu'à la base je voulais seulement un coup. Et j'étais persuadé que je saurais m'en contenter si tu me baisais sauvagement contre un mur avant de reprendre le cours de nos vies comme si rien n'était arrivé.

Cette fois, Derek se retourna vers lui une expression ahurie sur le visage.

— Je sais pas ce qui me choque le plus, commença-t-il. Que tu aies pensé à ça de cette façon ou que tu le dises avec des mots aussi crus… J'imagine que venant de toi plus rien ne devrait m'étonner en fait.

Stiles ne se laissa pas démonter et continua comme s'il n'avait pas été interrompu dans ses révélations.

— Mais quand j'ai su que tu fricotais avec Jennifer (Derek grimaça à ces mots), et qu'en plus elle était responsable des meurtres et d'une grande partie de nos problèmes, j'ai commencé à réaliser. Tu n'imagines pas l'effet que ça m'a fait de me dire que tu avais accepté une folle furieuse dans ton lit alors que tu me l'avais refusé. Tu n'imagines pas non plus ce que j'ai pu ressentir quand j'ai passé un temps qui m'a paru interminable à essayer de te réveiller dans l'ascenseur. Cette histoire avec les alphas et Jennifer aura au moins eu un impact positif pour moi. J'ai compris que si tu avais accepté mes avances ce soir-là, ça ne m'aurait pas suffit. Ce n'est pas ce dont j'ai envie. Je veux plus Derek. Je te veux toi.

Il se tut et attendit une réaction du loup-garou. Il s'attendait à peu près à tout : à la moquerie, à la colère, au dénie, ou pourquoi pas au partage de ses sentiments. Mais les minutes s'égrenaient et il n'y avait toujours rien. Pas un geste, pas une parole. Oui, il s'attendait à tout, mais pas à l'ignorance la plus totale. C'était la réaction la plus blessante et Derek semblait avoir opté pour celle-ci.

Stiles soupira.

— Tu n'as rien à me dire ? Même pas un 'tu es trop jeune, tu es mineur et je suis un adulte" ou autre connerie du genre ? Parce que soit dit en passant, mon père sait et même s'il n'approuve pas il m'a promit qu'il ne s'y opposerait pas. Alors tu peux oublier cette excuse.

Derek lui jeta un oeil surpris mais récupéra bien vite son masque d'indifférence.

— Alors quoi ? commença à s'impatienter l'humain. Tu vas rester planté là sans rien dire et sans rien faire avec tout ce que je viens de te dire ? Tu vas vraiment feindre l'indifférence et essayer de me faire croire que ça ne te fait ni chaud ni froid ?

— Tu voulais que je t'écoute, c'est ce que j'ai fait. Je n'ai pas à te répondre. Encore une fois, j'ai rien à dire. Maintenant, si tu as fini, rentre chez toi.

Bien sûr, il s'était préparé à être rejeté, que ses sentiments ne soient pas partagés. Mais pas de façon aussi violente. Des larmes commençaient à lui piquer les yeux, et il se força à les ravaler. Tentant de prendre une voix assurée, il répondit :

— Je ne partirai pas tant que tu ne m'auras pas donné une réponse digne de ce nom.

— Fais ce que tu veux, Stiles.

Comme la fois précédente, Derek s'installa sur une chaise et se mit à lire. L'hyperactif nota que la livre était le même que la dernière fois et que la lecture ne semblait pas avoir avancé. Il s'installa alors à son tour, sur le canapé, et la situation lui donna l'impression d'être revenu plusieurs semaines en arrière. Il espérait que Derek fasse enfin quelque chose, n'importe quoi. Il ne comprenait pas pourquoi ce dernier refusait obstinément de lui répondre, même juste pour lui dire qu'il ne partageait pas ses sentiments. Au fond de lui, il avait l'espoir que le loup-garou ne l'avait pas rejeté parce qu'il ressentait quelque chose et qu'il ne voulait pas lui mentir. Et si c'était le cas, il était bien décidé à lui faire avouer.

Au bout d'une heure, sa patience arriva à bout et il craqua. Il se leva et se posta devant Derek. Aucune réaction. Il lui prit le livre des mains et le posa sur le bureau. L'aîné reprit le livre, puis se remit à lire comme s'il n'avait jamais été interrompu. Ou du moins il faisait semblant de lire, puisque depuis le début il n'avait tourné que deux pages. Stiles reprit le livre et le jeta à l'autre bout de la pièce cette fois. Et Derek ne bougea pas. Il ne releva même pas les yeux sur lui, se contentant de poser ses mains sur ses genoux.

— Bon sang, Derek ! Qu'est-ce qu'il faut que je fasse pour que tu réagisses ?! Si tu ne m'aimes pas, si tu ne veux pas de moi, alors dis-le ! T'as juste à me le dire et je partirai, je n'insisterai même pas. Mais je dois savoir ! J'ai le droit de savoir !

— Je ne peux pas…

Il y avait du progrès. Il ne le regardait toujours pas, mais au moins il répondait. Un peu.

— Qu'est-ce que tu ne peux pas ?

— Te le dire.

— Pourquoi ?

— Stiles…

Il releva enfin son visage et l'hyperactif pu voir l'air torturé de l'ex-alpha. C'était lui qui le mettait dans un état pareil ? Mais pourquoi ?

— Stiles, on ne peut pas être ensemble.

Derek venait de dire qu'ils ne pouvaient pas être ensemble. Pas qu'il ne le voulait pas. Il ne savait pas s'il était davantage soulagé de comprendre le sous-entendu qui disait que le loup-garou partageait ses sentiments, ou désespéré de voir cette tête de mule continuer à se mettre des bâtons dans les roues tout seul.

— Pourquoi, Derek ? Pourquoi on ne pourrait pas tout simplement s'aimer ? Comme deux personnes normales.

— Je ne suis pas normal. Je suis un loup-garou.

— Peu importe. T'as le droit d'aimer et d'être aimé, comme tout le monde.

— Peter m'a dit qu'il vous avait raconté, à toi et Cora, ce qui s'était passé avec Paige. Tu sais donc comment se sont terminées chacune de mes histoires. Dans la mort. Je ne veux pas de ça pour toi. Tu mérites mieux.

En disant cela, Derek s'était levé.

— Tu devrais rentrer chez toi maintenant.

Et il lui tourna le dos, commençant à s'éloigner. Stiles ne pouvait accepter cette réponse. Il ne pouvait pas laisser passer sa chance comme ça. Il parcouru la distance qui les séparait en deux enjambées et l'attrapa par le bras pour l'obliger à lui faire face.

— Derek, arrête de me fuir, s'il te plait.

— Je ne te fuis pas. Je te protège.

— De quoi ? De la mort ? Même si on n'est pas ensemble tu n'empêcheras pas que ça arrive un jour ! Ne vaut-il pas mieux en profiter avant qu'il ne soit trop tard ? Le jour où je ne serai plus, ne regretteras-tu pas de ne pas avoir profité de tout le temps possible qui nous était accordé ?

Tout en disant ça, il s'était rapproché, tenant finalement son visage dans ses mains, leur front l'un contre l'autre, leur nez qui se touchaient presque et leur souffle qui se mêlaient.

— Derek, laisse-nous une chance. Laisse-moi te prouver que ça peut marcher, que notre histoire se passera bien.

Il soupira d'aise et de soulagement quand deux bras l'enserrèrent, l'obligeant à réduit à néant l'espace entre leur deux corps, et qu'une bouche avide se saisie de la sienne. Le baiser n'était pas doux, ni tendre, il était désespéré, comme si c'était le dernier. Mais c'était un baiser. Avec Derek Hale. C'était piquant à cause de la barbes de plusieurs jours. C'était un peu maladroit aussi parce qu'ils tentaient chacun de s'apprivoiser. Mais c'était tellement bon.

Stiles se mit à sourire quand ils se séparèrent pour respirer. Il avait réussi. Il était dans les bras de celui qu'il aimait et il comptait bien rassurer ce dernier autant de fois que nécessaire pour y rester.

Derek se détendit et serra plus fort le corps contre lui. Maintenant qu'il était ainsi il n'arrivait même plus à se souvenir pourquoi il avait tenté si obstinément de repousser le seul être capable de le faire se sentir bien. Il avait souffert dans sa vie, il avait fait beaucoup de mauvais choix, mais il était aujourd'hui persuadé qu'aimer Stiles était de loin la meilleure chose qui pouvait lui arriver.

La nuit arriva et il se retrouvèrent bien vite allongés dans le lit de Derek, à moitié dévêtus. Ils avaient à peine mangé, ne se lâchant plus, comme s'ils tentaient de rattraper le temps perdu. Stiles avait adoré sa nuit avec Danny évidemment. Mais avec Derek c'était… Différent. Il n'aurait su l'expliquer avec des mots, mais tout semblait tellement plus intense. Être allongé et sentir le corps brûlant du loup-garou sur lui, sentir son poids le maintenir là, comme s'il craignait que l'humain change d'avis et veuille quitter ses bras.

Ce dernier avait souvent imaginé que le jour où il franchirait enfin le pas avec l'ex-alpha ce serait passionné et sauvage. Mais en vérité Derek, contrairement à ce qu'il laissait généralement paraître, pouvait être très doux et tendre, comme en cet instant où Stiles n'aurait pu se sentir plus aimé.

Les minutes s'écoulèrent ponctuées de baisers, de coup de langues, de caresses et de soupires. Ils étaient maintenant tous les deux simplement vêtus d'un boxer, Derek reposant en parti sur Stiles, une jambe entre ses cuisses, et en partie sur ses coudes pour ne pas trop l'écraser. Cela faisait un petit moment qu'il se contentait de l'embrasser et de caresser ses flancs, sans aller plus loin. Et l'hyperactif commençait à se demander si l'envie du loup-garou s'était déjà envolée. Était-il possible qu'il se soit déjà lassé de lui ? En si peu de temps ? Il devait en avoir le coeur net.

— Derek, l'appela-t-il dans un souffle rauque. J'ai envie de toi.

Le sus nommé cessa d'embrasser le cou du plus jeune et releva la tête pour le regarder. Stiles eut un instant envie de rire en voyant son air de chien battu, mais se retint.

— Il faut que tu saches… Je ne l'ai jamais fait. Avec un autre homme je veux dire.

— Et alors ? demanda l'adolescent qui ne comprenait pas où était le problème.

— Et alors, je ne sais pas comment m'y prendre pour… Le faire avec toi.

— C'est pour ça que tu n'allais pas plus loin depuis tout à l'heure ?

Derek eut l'air à la fois embarrassé et coupable, achevant Stiles qui ne put s'empêcher de lâcher un petit rire. Malheureusement, ceci vexa le loup-garou qui se redressa et s'assit au bord du lit.

— Excuse-moi, Derek. Je ne me moque pas. Mais t'es tellement mignon quand tu fais ton air de… De louveteau battu, termina-t-il en riant de nouveau alors que ledit louveteau battu se contentait de grogner, mécontent.

— Arrête de te marrer avant que je te donne une bonne raison de rire.

— Quoi ? T'es en train de me menacer d'une attaque de chatouilles là ?

— Comment crois-tu que j'avais la paix avec deux soeurs ? Une séance chatouilles de 5 minutes par jours et j'étais tranquille pendant des heures.

Stiles se mit à genoux derrière lui et l'entoura de ses bras en posant son menton sur son épaule.

— J'aime bien quand tu me parles de toi comme ça. Ça me donne l'impression de mieux te connaître.

Une minute passa pendant laquelle ils se contentèrent de rester ainsi, Stiles agenouillé derrière Derek et l'enlaçant, sa tête reposant sur son épaule, avec un petit sourire heureux.

— Tu sais, Derek, ce n'est pas grave que tu ne saches pas comment faire avec moi. Parce que moi je sais, et je serais ravi de t'apprendre. En plus, continua-t-il en se penchant pour attraper son jean, j'ai tout ce qu'il faut !

Il avait terminé sa phrase en sortant avec un air victorieux une mini bouteille de lubrifiant et un préservatif d'une des poches du vêtement. Derek le regarda avec un air ahuri. Il ignorait s'il devrait plutôt rire ou pleurer de cette situation des plus inhabituelles.

— Stiles… Tu avais encore prémédité cette situation ? Tu étais donc sûr que j'allais répondre favorablement à tes sentiments ?

— Non. Enfin, oui. Euh… Je veux dire, j'avais prémédité, mais je n'étais sûr de rien. Je l'espérais, c'est tout.

— T'es vraiment pas croyable !

Il avait finalement décidé d'en rire. Il se retourna complètement pour plaquer à nouveau son futur amant sur le matelas et lui prit ses deux trouvailles des mains.

— Ça, fit-il en désignant le lubrifiant, je pense effectivement que ça peut être utile. Par contre, ça (il leva cette fois le préservatif), on n'en a pas besoin. Je ne peux ni tomber malade, ni transmettre de maladie. Alors à moins que tu puisses tomber enceinte…

Stiles prit l'objet tendu et le jeta au hasard dans la pièce.

— Inutile, tu as raison ! Il ne reste donc qu'une question à régler : tu préfères quel rôle ? Actif ou passif ?

— Hum… J'imagine que le passif aura mal, n'est-ce pas ?

— En effet...

— Alors je serai l'actif.

L'humain s'étrangla de surprise face à cette réponse.

— Euh… Je sais pas trop comment je dois le prendre là…

— T'inquiètes pas, tu comprendras le moment venu, répondit le loup-garou avec un sourire qui n'était pas franchement rassurant du point de vue de Stiles.

Ils reprirent leur activité où ils l'avaient arrêtée. Très vite, les derniers vêtements disparurent comme les autres. Le plus jeune en profita alors pour prendre momentanément les commandes et faire ce qu'il avait rêvé de faire depuis des semaines : une fellation à Derek Hale qui le laisserait pantelant de plaisir. Au bout d'un moment, ce dernier dû d'ailleurs l'arrêter.

— Pour quelqu'un qui était encore puceau il y a quelques semaines, je te trouve beaucoup trop doué. J'espère que tu ne t'es pas entraîné pendant tout ce temps…

— Je suis pas sûr que tu aies envie de connaître la réponse, répondit-il avait un sourire espiègle.

Un grognement agacé lui répondit.

— Monsieur serait-il jaloux d'une éventuelle concurrence ?

— Si je dis que c'est le loup en moi qui fait ça, tu me crois ?

— Absolument pas !

Alors que Stiles riait, Derek le remit sur le dos pour revenir sur lui, coupant court à ses plaisanteries lorsque leur virilité entrèrent en contact et leur arracha un gémissement commun. Tâtonnant le matelas, l'humain attrapa enfin la petite bouteille du bonheur et la tendit au loup-garou.

— Je crois que ça devient vraiment urgent de s'en servir. Tu sais comment ça s'ouvre où je dois te guider pour ça aussi ?

— C'est bon, je sais utiliser un lubrifiant, merci Stiles…

Et comme pour lui prouver, il ouvrit la bouteille et enduit deux de ses doigts sous le regard brûlant de son amant. Celui-ci était à la fois impatient, sachant le plaisir qui l'attendant, tout en étant conscient que ce ne serait pas exactement pareil qu'avec Danny, et à la fois un peu anxieux. C'est que finalement l'attirail de Danny lui semblait presque petit en comparaison de celui de Derek. Néanmoins, il se força à mettre ses appréhensions dans un coin très reculé de son esprit et se concentra pour guider le loup-garou à le préparer.

Puis arriva le moment fatidique. Il devait avouer qu'il avait fait durer la préparation plus longtemps que nécessaire. Malgré tous les conseils de son ami gay pour éviter au maximum la douleur, il n'arrivait pas à se détendre totalement. Et le problème quand on sort avec un loup-garou, c'est que celui-ci s'en rend compte tout de suite quand quelque chose ne va pas.

— Stiles… Qu'est-ce qu'il y a ?

— Je… J'en crève d'envie. Vraiment.

— Mais… ?

— Mais… Tu es quand même vachement bien bâti, si tu vois ce que je veux dire. Plus que Danny qui me faisait déjà flipper. Et même si je ne suis pas une chochotte, je ne suis pas non plus maso…

— Je me demande si je devrais me vexer que tu penses à Danny dans un moment pareil et que tu me compares à lui. Même si c'est en ma faveur.

— Si tu veux jouer à ça, j'aurais pu me vexer que tu décides des rôles en fonction de la douleur. Ne viens pas te plaindre maintenant que ça me fasse flipper.

— Et si je te dis que j'ai fait ce choix parce que je peux te garantir de ne jamais avoir mal avec moi ?

— Franchement Derek, autant j'arrive parfaitement à imaginer que toi tu ne sentes rien, ou presque, vu que vous, les loup-garou, vous semblez avoir une très grande résistance à la douleur ; autant je ne vois vraiment pas comment tu pourrais faire disparaître ce paramètre pour moi.

— Tu me fais confiance ?

— Bien sûr ! Mais je ne vois pas le rapport.

— Alors fais-moi juste confiance.

Et sans attendre de réponse supplémentaire, le plus âgé commença à pénétrer l'adolescent qui ne put s'empêcher de serrer les dents en attendant la douleur. Douleur qui ne vint pas, à sa plus grande surprise. Soulagement aussi, il devait bien l'admettre. Bien sûr, il y avait toujours une certaine gêne. Mais il n'allait tout de même pas faire sa fine bouche.

— Mais que…

Il n'eut pas le temps de poser sa question que Derek lui mit devant les yeux leur mains entrelacées. Les veines sur celle de l'ex-alpha étaient noires.

— J'ai pris ta douleur.

— C'est génial ton truc ! Mais tu ne peux pas le faire sur toi ?

— Non.

— C'est pour ça donc que as choisi d'être l'actif.

Du coup, Stiles se détendit très rapidement et le plaisir qu'il ressentait grandit tout aussi vite. Derek le redressa pour qu'il le chevauche et choisisse son rythme, l'aidant parfois quand cela devenait trop désordonné. Bientôt, la pièce fut envahie de gémissements et parfois même de grognements, qui ne venaient d'ailleurs pas forcément du loup-garou.

Après ce tourbillon de sensations exquises, il restèrent un long moment allongés, le plus jeune sur le torse de l'autre, tous deux le souffle court.

Mais bien sûr, Stiles qui reste silencieux trop longtemps ce n'est pas normal.

— Wahou ! Mes fantasmes te rendaient franchement pas hommage.

Quelques minutes de silence passèrent avant que Stiles ne craque à nouveau.

— Dis-moi… T'as d'autres trucs de loup-garou intéressants pour ce genre d'activité ?

Il fut légèrement secoué au rire de Derek. Quel bonheur c'était de le voir sans cet éternel air grincheux !


Et voilà, cette histoire est donc désormais terminée ! Le premier bonus, qui est en cours d'écriture, est aussi un Sterek, en rapport direct avec cette histoire, bien entendu. Mais je ne vous en dis pas plus, à vous de deviner ce que ça pourrait être en attendant qu'il arrive ! ;)

A l'année prochaine !