Tell me who you really are…
…And I'll tell you who I really am.
Le cercle des reviewers anonymes :
Drougael : inédit je sais pas ! Côté french sûrement, côté english, no idea, my dear ! Merci bien en tout cas :D Contente que ce début titille ta curiosité ! A bientôt !
Note
Bonjour bonjour ! Comme le premier chapitre à rencontrer un très bon accueil, je consens à poster plus tôt haha ! (surtout grâce à ton adorable review Vanimia *coeur coeur coeur*)
La fic sera courte mais vous remarquerez que les chapitres sont aussi plus longs ! :)
Ce chapitre vous fera rentrer un peu plus dans le vif du sujet et contient quelques explications sur ce contexte assez différent dans lequel la fic évolue !
Les « conversations » commencent vraiment à partir d'ici et la fic sera assez rapide même si j'espère qu'elle conserve une cohérence tout le long !
Merci encore à mlle-lys27 et Ijiini pour leur correction !
Je vous souhaite une bonne lecture et rendez-vous en bas de page !
Chapitre Deuxième
Je pris une profonde inspiration devant la porte du cachot. Je fis craquer mes doigts en les étirant au-dessus de la poignée avant de la saisir. La mine impassible, je l'abaissai, l'allure droite et fière.
Voldemort me regarda entrer, un sourire en coin agaçant accroché aux lèvres. D'un regard, il me désigna la chaise face à la sienne, m'invitant à m'asseoir dans ma propre demeure. Je décidai de jouer le jeu et de lui laisser l'aval autant que ma patience me le permettait. Je pris place sur le siège, m'installant confortablement avec une nonchalance que je ne possédais d'aucune manière face à lui.
– Nous revoilà encore face à face, Monsieur Potter. Où sont les outils de torture ? Les interminables parchemins de négociations ? Les grands monologues sur le bien et le mal ? Ou peut-être que la seule force de vos poings vous suffira, dit-il en tournant légèrement la tête, montrant une ecchymose qui bleuissait sur sa mâchoire angulaire.
Il la bougea légèrement, dans un mouvement précis, afin qu'elle craque et se remette un peu plus en place.
Je vis rouge et me relevai sèchement. J'avais pourtant ordonné qu'on ne le touche pas ! La violence n'avait jamais été une solution avec Tom Riddle, pire, il y était habitué !
– J'aurai une discussion avec Owens à ce propos, ce n'était pas censé se passer comme ça.
– Owens, c'est donc le nom de cette amusante petite créature dégoûtante qui était là toute à l'heure…, murmura-t-il, l'air écœuré avant de reprendre d'un ton presque chaleureux : Mais vous savez comme moi, Monsieur Potter, que le clivage entre ce qui est censé arriver et ce qui arrive est insondable. Voyez l'absence de représailles envers ce… Owens comme gage de ma bonne foi.
Je ne remis pas en cause le fait qu'il aurait pu aisément faire payer à Owens son coup. Juste avec des mots.
– Votre bonne foi ? Par rapport à quoi ?
– Par rapport à ma repentance.
– Votre repentance ? répétai-je, un sourcil relevé. Je refuse d'entendre ce mot de votre bouche. Vous avez dépassé le stade où vous pouvez prétendre à une expiation quelle qu'elle soit. Personne ne vous l'accordera, pas même votre propre âme morcelée.
– Alors… Qu'allez-vous donc faire de moi ?
– Vous demander gentiment où est le dernier Horcruxe, ironisai-je.
Tom sourit et se recula dans son siège, amusé. Ses yeux rouges me sondèrent et j'eus du mal à ne pas détourner le regard.
– Vous savez pertinemment que je ne dirai rien dans un interrogatoire. Mais je consens à avoir des… conversations avec vous. D'égal à égal.
– Je ne veux pas parler avec vous.
– C'est fort dommage. Nous avons tant de choses à nous dire, Monsieur Potter, dit-il en émettant un petit son déçu, les sourcils froncés dans une expression faussement attristée. Partez dans ce cas, je n'ouvrirai la bouche que pour vous mener sur des fausses pistes.
Je m'immobilisai, la mâchoire contractée. Du chantage, forcément. Si je ne voulais pas que nous en arrivions à la torture avec lui, j'allais devoir la jouer serrée. Je me relevai et quittai la pièce, me retenant de ne pas claquer la porte de colère. Je remontai les escaliers des cachots deux par deux et débarquai en grande pompe dans le salon en pointant ma baguette sur Owens.
– Qu'avais-je dit ? articulai-je à son attention alors que les cris de surprise des membres de l'Ordre m'atteignaient à peine.
Owens resta figé, ses grands yeux globuleux me fixant sans comprendre. Puis un éclat de compréhension traversa son regard et il avisa ma baguette pointée sur lui et la détermination sur mon visage.
– Qu'avais-je dit, Owens ? répétai-je plus lentement.
– De ne pas le toucher.
– Alors pourquoi une injonction aussi simple t'a-t-elle été si impossible à tenir ?! dis-je d'une voix froide.
– Il m'a provoqué et avec tout ce qu'il a fait je…
– Owens, il a tué mes parents. Crois-tu vraiment que j'ignore ce que c'est de n'avoir qu'une obsession : le tuer, le faire souffrir pour tout ce qu'il a fait ?! Si je t'ai dit de ne pas le toucher c'est parce qu'il n'attend que ça, que nous devenions violents. Il veut nous transformer en bêtes utilisant les mêmes méthodes que lui ! Si l'Ordre use de ce genre de violence alors que valons-nous de plus que lui ?! hurlai-je, hors de moi.
– Monsieur Potter, calmez-vous ! intervint Karen d'une voix forte. Vous me semblez bien trop renseigné sur ce qu'il désire en restant ici ! S'il nous pousse à la violence alors autant le tuer maintenant !
– Nous en avons déjà parlé et c'est non ! Vous ne ferez pas de moi un meurtrier par deux fois pour tuer la même âme ! Je refuse et vous ne m'y forcerez pas. Si cela ne vous plaît pas, trouvez-vous un autre combattant destiné à finir Voldemort et prenez la responsabilité de vos actes s'il s'avère qu'il a vraiment un autre Horcruxe ou plusieurs dans la nature. Bon courage pour la suite !
Je savais que j'allais loin et qu'ils avaient la sensation que je les menais par le bout du nez, que mon insubordination allait me valoir plusieurs regards noirs et remarques désobligeantes. Mais je sentais qu'il fallait que j'en arrive là. Que je pose mes conditions maintenant, même avec du chantage dissimulé, pour ne pas qu'ils se servent de moi contre lui. Si Remus m'avait bien appris une chose, c'était de ne surtout pas les laisser me manipuler. Et en ce moment, je craignais bien plus l'Ordre que Voldemort entravé dans mes cachots. Je m'avançai sur Karen, la toisant de toute ma hauteur, glacial.
– Quant à ce que vous sous-entendez, Madame Lloyd, c'est… déplacé. Personne ne veut autant que moi le tuer ici, je vous assure. Je ne sais rien de plus que vous, dis-je avec une insistance ironique. Je me contente de compiler ce que nous savons sur sa manière d'agir pour appréhender le problème au mieux. Chose que vous devriez tous être en train de faire.
Elle me fusilla du regard, plus froide que jamais, et Kingsley posa une main sur mon épaule pour m'empêcher de la menacer en plus de mon insolence.
– Pour le moment, nous accéderons à sa demande de me parler. Laissons-le croire qu'il a l'aval. Il veut des « conversations » avec moi et je peux les lui accorder.
Je coupai court aux protestations que j'entendais déjà s'élever.
– Il essayera de me manipuler, c'est une certitude. Je l'ai dans ma tête depuis l'enfance. L'ai-je déjà laissé faire plus d'une fois ? Vous savez comme moi ce que j'ai perdu en le laissant s'introduire dans mon esprit, dis-je sèchement, évoquant à demi-mot ce qu'il s'était produit avec Sirius au département des Mystères.
Je me blâmais encore pour sa mort, plus que pour celle de n'importe qui. Chacun eut la décence de ne pas répondre quoi que ce soit à cela et je quittai la pièce. Je reprendrai l'interrogatoire demain. Je savais que ça ne leur plaisait pas, mais contrarier un mage noir, même entravé n'était pas une brillante idée. Je savais aussi que je risquais gros, mais je ne pouvais pas m'empêcher de me demander ce qu'il me voulait, quel genre d'idées tordues il avait en tête me concernant.
Je me laissai tomber sur mon lit et, bien qu'il fasse encore jour, je m'endormis. Je me retrouvai donc à me réveiller à trois heures du matin, sans une once de fatigue. Je pris une douche rapide et descendis au rez-de-chaussée désert. Le manoir était silencieux et j'aurai presque pu le croire inhabité si je ne sentais pas la présence magique des autres à l'étage et celle encore plus persistante de Voldemort dans mes cachots. Voldemort. Dans mes cachots.
Je me pinçai l'arête du nez en me servant une tasse de café. Pris d'une idée subite, je saisis une deuxième tasse et quelques gâteaux. Muni de mes armes de destruction massive, je descendis aux cachots, trouvant l'idée de plus en plus ridicule à mesure que je passais les marches. Mais c'était la seule chose que je pouvais faire. Tenter d'être moi-même, comme si j'avais devant moi quelqu'un que je voulais apprendre à connaître. Réellement. Comme un ami. Seulement ainsi je pourrais le faire parler.
Je savais que la seule faiblesse de Tom était l'amour parce qu'on ne lui en avait jamais témoigné. Je lui offrirai simplement la seule relation qu'il aurait dans les années à venir. Parce que j'y passerai des années à l'interroger s'il le fallait. Je ne serais en paix que le jour où il serait mort.
Alors autant être amical, dans la mesure du possible, tenter d'oublier qui il était. Je poussai la porte de sa cellule d'un mouvement de doigt et celle-ci s'ouvrit dans un petit cliquetis. Je fronçai les sourcils en humant l'air. C'était étrange. J'aurai juré que les protections avaient baissé d'un cran. Je balayai cette pensée, la remettant à plus tard. Même s'il m'attaquait, je savais encore me défendre.
Le clair de lune était le seul éclairage, venant d'entre les barreaux de la fenêtre. Tom était allongé sur son lit, les bras croisés derrière la tête, yeux clos. Je restai un moment immobile. Il dormait ? Voldemort dormait ? Je clignai des yeux. Jamais je n'aurai pu penser qu'un être aussi peu humain aurait besoin de sommeil.
– Monsieur Potter, que me vaut le plaisir à une heure si tardive ou… matinale plutôt ? dit-il d'une voix traînante sans même ouvrir les yeux.
Je sursautai à presqu'en sortir de ma peau et fermai un instant les yeux, agacé. Je me dirigeai vers la table d'interrogatoire et déposai mon butin dessus avant de me laisser tomber sur une chaise.
– Je viens pour… parler. Vous écouter tout du moins.
Un sourire étira ses lèvres et il consentit enfin à se redresser, me toisant de ses yeux rouges qui semblaient luire dans le noir. Il se leva avec une élégance à toute épreuve et s'installa sur sa chaise, face à moi, de la même manière.
– Alors ce sera juste vous et moi…, murmura-t-il.
– Ça l'a toujours été non ? répondis-je sur le même ton en remuant distraitement ma cuillère dans mon café.
Je fis glisser l'autre tasse vers lui et il haussa un sourcil surpris avant de sourire d'un air entendu. Il hocha la tête en remerciement et saisit sa propre tasse. Je fis la même chose avec le paquet de gâteau que j'avais déjà bien entamé.
– Désolé, je sais que vous n'avez pas mangé mais je n'ai pas la force de vous préparer un truc décent. Et comme je n'ai pas d'elfe de maison…
– Pourquoi n'en suis-je pas étonné ?
– Parce que la servitude, c'est votre domaine. Pas le mien.
– Exact, dit-il en saisissant un gâteau dans le paquet.
Je faillis m'étouffer avec mon café en le voyant manger. Un geste si banal prenait un sens étrange lorsqu'il l'accomplissait. Le voir manger et dormir dans la même heure était certainement un choc trop grand pour moi puisque je ne pus empêcher un sourire nerveux de s'installer sur mes lèvres.
– Alors, de quoi vouliez-vous que nous parlions ? le relançai-je.
– De vous, répondit-il simplement après avoir pris une gorgée de café.
Il ferma les yeux un instant, semblant savourer le liquide, avant de les ouvrir à nouveau sur moi. Je me concentrai de toutes mes forces pour garder une mine impassible alors que j'allais de surprise en surprise à un rythme trop intense.
– De moi ? C'est hors de question.
– Allons, je suis certain que ce vieux Dumbledore vous a déjà beaucoup parlé de moi. Mettons-nous sur un pied d'égalité dès le début, vous voulez bien ? Vous savez qui je suis. Dites-moi qui vous êtes.
La demande, pourtant simple, le paralysa.
– Nous commencerons réellement à avoir des conversations intéressantes quand vous saurez me dire cela.
Il eut un sourire et but une autre gorgée. Je l'imitai, bien plus perturbé que je ne le laissais paraître.
– Pourquoi parliez-vous de repentance. Dans l'hypothèse où nous vous relâchions, que se passerait-il ?
– Voulez-vous un mensonge comme réponse ou la vérité ?
– Devinez, ironisai-je.
– Je sais reconnaître ma défaite. J'ai passé cinquante ans de ma vie à rassembler une armée que vous avez détruite. Je n'ai pas la force de recommencer, je veux profiter du temps qu'il me reste.
– J'imagine qu'il s'agit du mensonge, supposai-je en laissant mes doigts galoper sur la table.
– S'il vous plaît de le croire ainsi.
– Vous ne voulez simplement pas mourir, lançai-je, indécis quant à ses propos.
– C'est vrai, je ne veux pas mourir. Pas comme ça, pas maintenant. Je veux voir un nouveau monde se lever dans les cendres que j'ai eu le temps de répandre, répondit-il, le regard dans le vague.
Et je compris. Je compris ce que je n'avais fait qu'effleurer du bout des doigts dans les souvenirs de l'enfance de Tom. Il était d'un charisme effrayant et, là, simplement assis devant moi, il me donnait presque envie de le croire, mais je ne devais pas. Je ne pouvais pas le croire.
– Je sais ce que vous vous dites. Pourquoi abandonner après tout ça ? Pourquoi ne continuerait-il pas une fois dehors ?
J'hochai vaguement la tête, le regard fixé dans le sien. Pourquoi était-il si certain qu'il allait sortir d'ici ?
– Vous êtes d'une perspicacité rare… Pour quelqu'un de votre âge je veux dire, dis-je avec un sourire indulgent. Alors, dites-moi ?
Il eut un sourire amusé et ne s'agaça même pas de ma remarque insolente.
– Parce que mon rôle n'a jamais été de faire éclater la vérité. Seulement de semer la graine du doute. De donner un coup de pied énergique dans la fourmilière et de tous vous regarder vous entre-tuer, vous méfier les uns des autres. Je n'ai fait que… mettre en scène la fragilité de l'attachement que les humains ont pour les autres. Je vous ai poussé au bord du précipice et j'ai regardé qui bousculait les autres pour ne pas tomber, qui tendait la main pour relever les siens.
– Je croyais que c'était les moldus que vous détestiez, relevai-je, étonné.
– Je déteste les Hommes, Monsieur Potter. Les moldus sont des Hommes, les sorciers en sont. Peu d'entre nous méritent vraiment de vivre dans ce monde et respirer le même air qu'eux m'écœure au plus haut point, je vous prie de me croire.
J'écarquillai les yeux, horrifié.
– Vous… Vous êtes un psychopathe, réalisai-je soudain.
Et un narcissique.
– Enchanté, Monsieur Potter. C'est ainsi que le… psychiatre de l'orphelinat m'a désigné, en effet, avant de mourir dans des conditions suspectes quelques jours plus tard. Une chance que je sois entravé aujourd'hui, n'est-ce pas ? dit-il avec un grand sourire un peu arrogant.
L'évidence était là mais jamais personne n'avait posé ce mot-là sur son comportement. Sans doute à cause du fait que la psychiatrie avait été davantage développée par les moldus que les sorciers. Dans un monde où le bonheur pouvait tenir dans une fiole, pourquoi s'embarrasser de longues heures de thérapies… ? Ainsi Voldemort avait été appelé sadique, mégalomane, mais psychopathe était pire. Cela signifiait que même s'il était parvenu à ses fins à savoir asservir les moldus, il ne se serait pas arrêté là. Il aurait continué à massacrer pour le plaisir de tuer et parce que les autres ne méritaient pas d'être en vie à ses yeux. Presque tous les autres du moins.
– A vos yeux, je ne mérite donc pas de faire partie de ce monde, articulai-je, un sourcil haussé.
– Vous, Monsieur Potter, êtes… différent de ces animaux qui vivent autour de nous.
Alors je méritais de vivre, mais pour quelle raison… ? D'autant que ce n'était pas ce qui sautait aux yeux de prime abord, vu le nombre de tentative d'assassinat sur ma personne qu'il avait tenté de concrétiser.
– En quoi ? demandai-je.
– Vous menacez ma survie. Ce qui n'est pas envisageable. En aucun cas.
– Alors si je ne l'avais pas menacé d'aucune sorte ?
Il saisit immédiatement le sous-entendu de ma question et y répondit avec un regard cryptique :
– Aaaah… vaste question, n'est-ce pas ? Le fait que je vous trouve digne de vivre est-il dû au fait que vous êtes censé être mon égal et mon destructeur ou est-ce votre personnalité qui vous rend digne, que vous menaciez mon existence ou non ?
– Vous ne me le direz donc pas ? compris-je en me concentrant à nouveau sur ma tasse.
– Non. J'apprécie le fait de vous voir vous torturer l'esprit sur des futilités telles que les « et si », dit-il d'un ton onctueux, presque charmant.
– Vous croyez réellement que je vais réfléchir à ça ?
– Vous avez posé la question, lâcha-t-il comme une évidence.
– Par curiosité. La réponse importe peu, le résultat est le même, opposai-je aussitôt, sur la défensive.
– Vous y penserez. Je suis certain que vous le ferez. Parce que la seule question que vous vous êtes toujours posé est « pourquoi moi ? ».
– Ne prétendez pas mieux me connaître que je ne me connais, m'agaçai-je avec un claquement de langue réprobateur qui le fit sourire.
– Je vous ai demandé qui vous étiez toute à l'heure et vous n'avez su me répondre. Moi, je sais qui vous êtes.
– Dites-le-moi alors ? proposai-je avec un mouvement vague qui s'acheva sur le geste de remuer pour la énième fois mon fond de café.
– Vous savez très bien que je ne le ferai pas, dit-il d'un ton indulgent, un sourire moqueur aux lèvres.
– J'aurai tenté. Dites-moi plutôt où est ce dernier Horcruxe.
– Vous ne voulez pas le savoir, Monsieur Potter, répondit-il d'un ton énigmatique, le visage très sérieux pour la première fois depuis quelques minutes.
La réponse m'interpella et je sourcillai, mal à l'aise. Il ne mentait pas. Du moins, pas à ce que je pouvais en percevoir.
– Pourquoi ?
Il ne répondit pas, sourit et se laissa tomber contre le dossier de sa chaise, déterminé à se taire. J'étais en train de me faire congédier dans ma propre demeure…
– Parfait, marmonnai-je en me levant.
– Je vous remercie pour ce café nocturne et vous souhaite une bonne fin de nuit, Monsieur Potter, dit-il avec une politesse excessive qui me colla un frisson d'horreur dans le dos.
– Mmh, balayai-je en embarquant les tasses vides et mon paquet de gâteau dans lequel j'en piochai un.
Je le coinçai entre mes dents et quittai la salle sans un regard en arrière. Je le grignotai distraitement jusqu'au salon dans lequel je m'installai, profitant de son calme temporaire.
J'avais l'impression étrange de ne pas être face au même Voldemort. Mais avais-je souvent été face au même ? Il était chaque fois revenu dans une enveloppe différente, avec des attitudes différentes, un physique différent. La seule chose commune à chacune de ses formes avait été son obsession de me tuer. L'acquisition de son morceau d'âme l'avait-il rendu moins inhumain autrement que physiquement ? Si sa psychopathie était avérée autant dire que, même un peu plus humain, ce n'était pas gagné pour qu'il dise quoi que ce soit. Je ne me comprenais même pas. J'avais tant rêvé du moment où je le tuerai que l'avoir dans mes cachots était presque sordide. Je n'arrivais ni à décrypter son attitude, ni la mienne.
Ainsi entravé, je ne le craignais plus. Je cherchais à comprendre l'homme sous la bête et je me surprenais de cela. J'avais toujours pensé que j'allais être celui qu'on devrait empêcher de le tuer à la première occasion et voilà que c'était moi qui faisais rempart. Si je pensais à ces dernières années où il avait gâché mon existence, j'avais une furieuse envie d'en finir, mais quand je songeai à Remus… Je ne parvenais qu'à penser tactique. Qu'à penser de manière pragmatique, hors de toute pulsion égoïste qui aurai pu me saisir il y a encore un an à peine. J'avais fait du chemin grâce à lui. Plus que je ne pouvais l'imaginer jusqu'ici. Je lui devais tout et il était parti.
Sa mort dans des circonstances étranges auprès d'une meute de loup-garou demeurait floue. Ron et Hermione avaient refusé de m'en parler, arguant que s'en souvenir était difficile. Et ne pas savoir ne l'était pas, peut-être ? Je pouvais entendre la douleur, je pouvais entendre l'horreur. Je pouvais tout entendre mais surtout j'avais besoin de savoir pourquoi on ne m'avait jamais ramené son corps. Pourquoi ils l'avaient laissé là-bas… ?
J'essuyai rageusement les larmes qui avaient inondé mes yeux et me ressaisit. Il m'avait dit de faire ce qu'il me semblait être juste, quitte à tenir tête à Karen et c'est ce que je comptais faire. Je n'avais pas pu partir à la recherche des Horcruxes seul, Hermione et Ron avait tenu à ce que nous ayons le soutien de l'Ordre. Nous avions pu trouver le diadème et le médaillon avant que Voldemort ne s'aperçoive de quelque chose et ne se rende à Gringotts hier.
Pendant un an, l'Ordre avait tenu sa connaissance des Horcruxes secrète au sein du groupe. Plusieurs combats avaient eu lieu, réduisant notre nombre, celui des Mangemorts également grâce aux informations de Severus. Il avait fini par y rester lorsque son statut d'espion avait été découvert en plein combat.
Nous étions parvenus à rester plus ou moins soudés jusqu'au fiasco d'hier à la banque. Si Mondingus n'avait pas été capturé deux jours auparavant, Voldemort n'aurait jamais su que nous cherchions la coupe. Nous n'avions même pas su où elle était jusqu'à ce qu'on nous informe d'une activité suspecte à Gringotts. J'en étais encore écœuré. Nous aurions dû penser plus tôt au coffre de Bellatrix… Nous avions été si près du but. Le journal avait été détruit, la bague également ainsi que le diadème et le médaillon. Même Nagini avait été exécutée par Neville lors des combats pendant que je tenais Voldemort à l'écart. Nous avions fini par battre en retraite et j'étais resté sonné de mon combat plusieurs jours.
Et voilà où nous en étions. Voldemort dans mes cachots, un Horcruxe encore dans la nature d'après lui et l'impossibilité de savoir s'il s'agissait de bluff ou pas. Tout semblait se passer exactement comme il l'avait prévu et cela m'agaçait au plus haut point. Même ainsi il avait l'air d'être en position de force.
C'est sur ces pensées peu réjouissantes que je m'endormis sur mon canapé, une main pendant dans le vide et la tête dans un coussin.
A suivre…
Blabla de J' :
Bon j'avais prévenu mais cette fic ne sera pas « rigolote » même si elle ne sera jamais hyper sombre en mode « baaaaaah trop dark, du viol, des tripes qui dégoulinent, du sang partout et du suicide dans l'air » ! Vous allez sentir deux trois références à Hannibal pour les connaisseurs :P *vive le Hannigram*
Si dans ce chapitre le principe de « conversation » ne vous plait pas, la suite ne risque pas de vous plaire non plus, le fic est presque entièrement basée sur ces discussions entre Harry et Voldemort. J'ai essayé d'aborder le truc de manière à essayer quelque chose d'un peu plus « psychologique » (ouais 'fin pas trop non plus hein, j'ai fait psycho que deux mois lolilol !) parce que je ne crois pas avoir croisé de fics comme ça !
Hm alors question du jour : est-ce qu'il y a quelque chose (un film, une série, une image, une musique…) qui vous inspire à coup sûr et vous redonne un « élan créatif » ? :)
Je vous dis à très bientôt !
Lot of Love,
Jelyel… !
