Auteur : Alia Zanetsu
Bétalectrice : x-DDM-th-x
Rating : M pour violence, scènes osées, etc.
Disclaimer: A part mes 2/3 OC, rien ne m'appartient. Tout est à SquareEnix, loués soient-ils pour avoir créé FFVII.
Déjà le chapitre 10 ! J'ai du mal à me dire que cette histoire est bientôt finie. Enfin, bientôt... j'espère pouvoir tout boucler en 3 chapitres, j'aimerais bien avoir un nombre premier de chapitres ! (oui, j'ai des idées bizarres avec les nombres). Les chapitres sont de plus en plus long, en plus... Mais ça je pense que personne ne s'en plaint :p
Bref, j'arrête d'élucubrer ! Merci encore à tous ceux qui me suivent et qui reviewent, ça me fait à chaque fois super plaisir !
Chapitre 10 : …C'était sa façon de lui dire « Je t'aime »
L'épée vola sur quelques mètres pour aller se planter dans le sol glacé. Un coup de genou envoya l'homme désarmé au sol, alors que l'arme de son adversaire se posait contre son cou.
Cloud prit un instant pour calmer son souffle, la main sur la garde de son épée broyeuse. Sous lui, Sephiroth était impassible malgré sa position. Comme si sa propre mort n'avait aucune importance…
Les épaules du blond s'affaissèrent alors que l'épée broyeuse touchait le sol dans un bruit mat. Il surplombait Sephiroth, tremblant, sans comprendre l'émotion qui passait dans le regard de l'argenté.
« - Pourquoi ? » Murmura-t-il, le regard désespéré.
Cloud soupira, sans savoir comment répondre à la question. Expliquer qu'il ne voyait pas l'intérêt de supprimer un être vivant qui n'avait plus rien à voir avec le monstre qui avait ravagé le monde 4 ans avant ?
« - Je ne suis pas un assassin…
- Moi si. » cracha Sephiroth, un éclair douloureux passant dans le regard.
Cloud se releva, tournant le dos à son « ennemi. »
« - Alors… Apprends à vivre avec. Ca ne rimerait à rien que je te tues maintenant.
- Va dire ça à ceux qui sont morts à cause de moi… A Tseng… »
Le blond resta un moment silencieux, pour finalement faire face à Sephiroth. Il lui tendit la main, le forçant à se relever, et prit un instant pour l'admirer. Il essayait de recoller l'image de l'ex-général, flottant dans du liquide amniotique de synthèse, ses cheveux bruns en halo… C'était pourtant l'homme qu'il avait devant lui qui collait plus au « vrai » Sephiroth qu'il connaissait.
« - Tout n'est pas encore perdu. »
Pourtant, l'homme devant lui avait les yeux hagards, cherchant s'il pouvait ou non s'accrocher à lui…
« - C'est déjà trop tard, Cloud… »
Avec lenteur, le blond guida la tête de Sephiroth contre sa clavicule, enfonçant ses doigts dans la masse de cheveux pour trouver la nuque, sans trop savoir ce qu'il faisait. Il n'arrivait pas à réaliser qu'il tenait contre lui un tueur psychopathe qui avait annihilé la Shinra, tué Rufus, une petite centaine d'employés, amputé Rude…
« - Seph… » Appela doucement le livreur, sans réel succès.
Presque tendrement, il se mit à masser la nuque offerte à ses doigts, bouleversé de sentir l'homme légendaire trembler sous ses doigts.
« - On… on va rentrer, d'accord ? »
Sephiroth acquiesça contre son épaule, inspirant profondément avant de se dégager. Sans lâcher la main pourtant plus grande que la sienne, Cloud récupéra leurs armes, encore à moitié étonné que l'un des deux ne soit pas plus blessé qu'un simple bleu. Silencieusement, l'argenté le suivait à travers le dédale qui menait à la sortie, jusqu'à enfin rejoindre le chocobo du blond…
« - Il pourra sans problème nous supporter. Tu me guides ? »
Une fois l'ex général en croupe, Cloud manoeuvra l'oiseau, manqua un battement lorsque les mains de Sephiroth se refermèrent autour de sa taille. Il se sentait coupable par rapport à Tifa, qu'il avait abandonné – lâchement à son goût – pour mettre à plat sa situation avec le revenant. Il ne supporterait jamais d'avoir à le tuer encore une fois…
oO°Oo
Tifa attrapa sa tête entre les mains, se forçant au calme. Déjà une journée qu'ils étaient dans le manoir Shinra, et quelques minutes à peines qu'elle avait uriné sur ce stupide bâtonnet.
Elle aurait pu passer plusieurs heures à chercher comment, mais les faits étaient là, par ce petit « + » affiché sur l'appareil.
L'enfant de l'homme qu'elle aimait grandissait en elle, malgré toutes les précautions prises. Dans une autre situation, elle se serait réjouie, elle aurait couru l'annoncer à Cloud… Mais à présent elle était seule.
Dans la multitude de choix qui s'offraient à elle, aucun ne lui semblait pertinent. Sa tête, vidée, grésillait lentement. Elle avait besoin d'en parler à quelqu'un. De ça, de la lettre de Cloud… Mais chaque chose en son temps, la fidélité qu'elle éprouvait envers Cloud l'empêchait de le compromettre auprès du reste du groupe...
Barret était en train de lire des relevés topographiques de la région de Corel dans la salle de séjour, mais au moins il était seul : Cid était parti chercher les retardataires, Nanaki s'occupait des cours des enfants – qui avaient déjà raté l'école suffisamment longtemps – et Caith aussi bien que Vincent était dans le labo, préparant l'arrivée de Rude…
Elle s'installa face à lui, gardant les mains enroulées autour du mug brûlant qu'elle venait de se servir. S'il l'avait entendue arriver, il ne releva pas la tête.
« - Barret ? »
Il sursauta, lui sourit, et attrapa sa propre tasse pour se reprendre.
« - Excuse moi, je t'avais pas entendu arriver.
- Je suis enceinte. »
Il s'étouffa à moitié, recracha la gorgée de thé, toussa.
« - Comment ça ?
- Je… Je sais pas. On a pourtant fait attention… C'est peut-être une fausse alerte, mais… Qu'est-ce que je vais faire ? »
Le colosse poussa un lourd soupir, se pinça l'arrête nasale de sa main mécanique [1].
Sans le vouloir, Tifa porta son pouce à sa bouche, entamant d'un coup de dent la peau autour de l'ongle.
« - Tu peux encore avorter. »
La brune baissa les yeux, hochant la tête. L'idée la retournait, et elle sentit les larmes lui monter aux yeux. Elle devait pourtant être forte.
Elle sursauta lorsque la main immense de Barret attrapa la sienne, retirant le pouce ensanglanté de sa bouche.
« - A moins que tu veuilles le garder ? Tifa, personne ne pourra décider pour toi… »
Elle inspira profondément, pour expirer lentement. C'est à ces moments-là qu'Aerith lui manquait le plus cruellement elle aurait voulu parler à la cétra…
« - Je ne peux pas prendre la décision à la légère… Cloud serait encore là, on pourrait en discuter tous les deux… »
Barret secoua la tête, un éclair de colère passant dans ses yeux bruns.
« - Alors réfléchis, et parles-en avec Denzel. Si je devais avoir un enfant, je voudrais l'avis de Marlène. »
Tifa lui offrit un faible sourire, et serra un instant la main du brun.
« - Merci, c'est ce que je vais faire… »
Le colosse hocha la tête.
« - Et je te promets que si tu décide de garder cet enfant… Tu n'auras pas à l'élever seule. Avec tout ce que tu fais pour Marlène, c'est la moindre des choses. Je serais là pour toi, et même, on sera tous là pour toi.»
oO°Oo
Yuffie releva la tête, blême, et poussa un soupir à fendre l'âme. Elle détestait les voyages en aéronef. Alors qu'ils s'élevaient lentement au-dessus de Midgard, elle retint un haut le cœur, pour les pauvres hères en dessous du vaisseau. Dépitée, elle s'allongea sur le pont, sentant son pendentif rouler le long de son cou. Elle se sentait vidée, sans larmes à verser, perdue. En fixant le ciel sans nuages, son mal de cœur se tassait un peu, la laissant à peine nauséeuse. Une ombre lui cacha le soleil, et Reeve vint s'asseoir à ses côtés, la laissant se déplacer pour poser sa tête sur la cuisse à portée. L'inventeur lui fit un sourire triste, avant de retirer sa veste pour la poser sur les épaules glacées de la jeune femme.
« - N'attrape pas froid. »
La ninja replia légèrement les jambes, hochant la tête en murmurant un merci.
Plus bas, enfermé dans une cabine, Tseng tremblait. Son corps tout entier le faisait souffrir le martyr, et il se força au calme. La toxicologue l'avait prévenu. Des crises de manque, qu'il ne saurait pas réguler. Des hallucinations, le mélange de la « vie réelle » et de ce qu'il avait croisé dans la rivière de la vie, parfois sans même le savoir. Il n'y avait pas cru – simplement parce qu'il n'était pas accro ! – et regrettait amèrement de n'avoir pas sur lui les médicaments que lui avait conseillé le médecin. Un gémissement faible franchit ses lèvres, alors que la pièce changeait lentement de couleur. Les ombres grandissaient, prenaient des visages connus et torturés. Tseng resserra ses poings, jusqu'à sentir une onde de douleur remonter de sa main pour exploser délicieusement dans son cerveau. Un instant de lucidité dans son hallucination. Les ombres se tenaient en retrait, et dès que la douleur fut passée, elles se rapprochèrent de lui, menaçantes. Sans réellement réaliser son geste, il tendit la main vers la gaze blanche qui cachait toujours son œil, glissant ses doigts sous le pansement.
Il n'était pas dépendant, il allait surmonter ça. Il enfonça un ongle dans la cicatrice encore fraîche, juste sous l'œil, et sa tête lui donna l'impression d'exploser, tandis que l'ombre au dessus de lui grandissait, immense visage sanglant qui ouvrait une bouche sans fond pour l'avaler… Celle-ci lui attrapa le poignet, l'écartant de son œil. Il cria, se débattant de la poigne de fer de l'Ombre, mais elle le rapprocha d'elle, jusqu'à l'enserrer dans un tentacule étouffant… Il était à présent bloqué dans la masse informe de l'Ombre.
Tseng laissa échapper un sanglot, et quelque chose s'introduisit de force dans sa bouche. Il se débattit, mais sa tête fut ramenée en arrière, son nez bouché et ses lèvres coincées par la chose. Il n'avait pas le choix, il avala le liquide amer, s'étouffant à moitié avec et, satisfaite, la bête lui permit à nouveau de respirer. Elle ne le lâcha cependant pas, répétant une litanie qu'il entendait enfin, sans pour autant comprendre les mots qui la composaient… Etait-ce au moins une langue qu'il connaissait ?
L'utaien ferma les yeux, terrorisé, incapable de se défendre contre cette créature qui semblait venir de toutes parts…
« - Tseng, reste avec moi… S'il te plait, concentre-toi… Tseng… reste conscient… »
Peu à peu, les ombres s'enfuirent, et lorsqu'il rouvrit l'œil valide, l'utaien put voir qu'un bras recouvert d'un blouson de jean le ceinturait. Il releva la tête vers Cid, hébété. Celui-ci eut un sourire hésitant, un peu forcé, mais clairement soulagé.
« - Ci.. Cid ? »
Celui-ci soupira, et posa un baiser tendre sur les lèvres du brun.
« - C'est moi Tseng.
- Que… ? »
Le pilote enfouit son visage dans les cheveux de l'utaien, expirant lentement.
« - Quand j'ai vu que tu n'étais plus avec nous, j'ai eu peur… La toxicologue m'avait dit que tu risquais de faire de nombreuses crises comme ça. J'ai ce qu'il faut sur moi. »
Tseng se sentit rougir, et vint quémander les lèvres du blond. Lorsqu'ils se séparèrent, il inspira lentement.
« - Excuse-moi. J'aurais dû… prendre plus en compte ses indications. » Soupira Tseng. « Je pensais que j'étais… plus résistant que ça. »
Cid le ramena contre lui, protecteur. Il avait envie de rester comme ça jusqu'à ce que l'aéronef arrive – après tout, Reno était aux commandes, ils ne risquaient donc rien- mais il ne voulait pas alerter plus les autres.
Dans ses bras, l'utaien se tortilla, jusqu'à s'installer à califourchon sur les genoux du blond, se collant à lui pour l'embrasser plus intensément. Le pilote laissa glisser une main badine le long du dos de Tseng pour se fixer au creux de ses reins. L'utaien se colla plus intimement contre lui, avant de laisser ses lèvres dériver jusqu'à son cou, suçotant la peau au passage, frôlant sans le savoir la jugulaire, là où Vincent aimait planter ses crocs… Et lui trouvait ça terriblement excitant. Il était abject.
Doucement, pour ne pas le vexer, Cid écarta légèrement Tseng de lui.
« - Je vais pas me retenir longtemps si tu continues comme ça. » murmura-t-il d'une voix rauque.
L'œil unique de Tseng le fixa, fiévreux.
« - Et alors ?
- Je… »
Leurs érections de frôlèrent, délicieusement, et Cid retint à peine un grondement de désir.
« - J'ai envie de prendre mon temps avec toi. Pas de te faire l'amour à la va-vite, parce que tu as eu peur, ou que t'as la braguette ouverte… [2] Je ne veux pas te faire mal, je ne veux pas qu'on puisse nous interrompre… »
Je ne veux pas te faire ça en pensant encore à Vincent…
Tseng détourna la tête, honteux, et s'écarta, créant un manque presque douloureux pour le pilote.
« - Je… Je comprends. Excuse-moi… »
Le brun se redressa, détournant le regard, mais Cid ne voulait surtout pas le laisser s'en aller ainsi…
« - Tseng… »
J'ai envie de toi…
« - Je tiens à toi… »
Le brun rougit légèrement, avant de l'embrasser doucement.
« - Moi aussi. »
oO°Oo
L'étendue glacée sur laquelle jouaient Eloa, Sephiroth et Cloud était superbe, immaculée. C'était parti d'un simple entraînement, mais finalement les trois étaient lancés dans une bataille de boules-de-neige. La jeune femme soupira elle aurait dû être heureuse de voir Sephiroth s'épanouir ainsi, Cloud de retour, Eloa enfin heureuse malgré son mutisme. Et elle se sentait juste extérieure, abandonnée. Mise à l'écart. Elle avait toujours su qu'elle ne faisait pas partie de leur univers, mais croyait à tort pouvoir les accueillir dans le sien, qu'ils se fondraient dans la normalité. Le lien ténu qui la liait à Sephiroth et Eloa s'étiolait de jour en jour, la rendant totalement… Inutile. Et lucide. Elle avait essayé, désespérément, de recréer un semblant de famille, de rendre ses parents fiers d'elle depuis la rivière de la vie. L'impression d'altruisme qu'elle avait eu au début, en s'occupant d'Eloa, n'était-il pas un égoïsme, un besoin de se sentir utile, « bien » ?
Sous ses yeux, Sephiroth fit basculer Cloud dans la neige en riant, et elle se sentit rougir.
« - Eloa ! Viens ma puce, on va faire des cookies. »
La jeune fille lui sourit, trottant vers elle. La neige plombait ses cheveux fins, et ses yeux pétillaient d'excitation. La manière dont elle se jeta dans les bras de Nakanaori lui mit du baume au cœur, et la brune serra sa « petite sœur » contre elle. Bras dessus bras dessous, elles rentrèrent dans la maison, laissant rouler dans la neige les deux hommes qui semblaient avoir oublié le reste du monde.
Cloud bloqua enfin Sephiroth sous lui, essoufflé. L'ex général semblait avoir arrêté de lutter, et le fixait de ses yeux irréels, les lèvres entrouvertes formant de la buée à chaque respiration. L'instant suivant, sans qu'il sache si la main de l'argenté glissée dans ses cheveux l'y avait poussé ou s'il s'était penché de lui-même, ils s'embrassaient, furieusement, les yeux grands ouverts.
oO°Oo
Les jambes pendantes dans le vide, Denzel tenait les barreaux du balcon avec un air pensif. A côté de lui, Tifa avait le regard perdu dans le ciel, et s'ils semblaient tous les deux plongés dans leurs pensées, leurs bras se touchaient légèrement. Juste un contact qui rassurait la barmaid.
« - Et Cloud ? Il ne reviendra pas, hein ?
- Non. Réussit-elle à formuler, malgré la boule immédiate qui se formait dans sa gorge. »
Denzel hocha la tête, et se releva pour faire face à Tifa. Souvent, elle trouvait que son fils était trop mature pour son âge, mais il se blottit contre elle, cherchant simplement à être rassuré. Machinalement, elle passa les mains dans ses cheveux roux, alors que la petite main de l'enfant se posait sur son ventre.
« - Je sens rien. »
Tifa eut un sourire tendre.
« - C'est normal chaton, pour l'instant il n'a pas encore de bras ou de jambes… Pas même de tête … Il faut attendre un peu plus pour que ça commence à bouger…
- Mais pour ça, il faut que tu le gardes. Je… Je suis sûr que ça pourrait être cool d'avoir un petit frère ou une petite sœur. Puis Marlène et moi, on pourrait s'en occuper, comme ça tu n'aurais pas à faire tout toute seule… »
Ils restèrent un instant dans les bras l'un de l'autre, jusqu'à ce que Tifa soupire et pose un baiser retentissant sur la joue de son fils.
« - Allez, on va prendre rendez-vous chez le médecin, d'accord ? »
oO°Oo
Une douleur violente l'éveilla avec un cri muet, et elle se redressa dans son lit trempé de sueur. Elle grelottait, avait la nausée, et Eloa se leva difficilement pour tituber vers la salle de bain, gardant un instant les yeux fermés lorsque la lumière inonda la pièce, douloureusement. Petit à petit, ses yeux trop sensibles s'habituèrent à la luminosité, et son cœur manqua un battement : la pâleur habituelle de sa peau semblait remplacée par un bleu-glacier clair. Ses yeux la brûlaient, comme s'ils étaient frottés contre un tissu rêche, et la jeune fille retira son T-shirt, incapable de supporter plus longtemps le contact du vêtement. L'incompréhension la figea, et elle baissa la tête sur sa poitrine. A la place de l'aréole habituelle se tenait un œil. [3]
Son cœur vacilla, et elle porta la main à sa gorge douloureusement crispée en un cri muet. Elle devait prévenir quelqu'un, elle devait… Sans réfléchir, elle couru vers la porte la plus proche, et mais se figea. Des grognements, des bruits filtraient, étouffés par la lourde porte en bois. Sephiroth n'était pas seul. Eloa hésita, recula légèrement, et sentit le sol trembler sous ses pieds.
Elle s'écroula.
oO°Oo
Cloud se frotta les yeux, encore tout engourdi par le sommeil. Un bras était posé en travers de son torse, et son amant dormait sur le ventre, la tête tournée vers lui. Il n'arrivait pas réellement à réaliser ce qui venait de se passer, la nuit qu'ils avaient partagée. Ses reins le lançaient, mais il n'arrivait pas à regretter quoi que ce soit. Il aurait dû, au minimum, se sentir coupable envers Tifa, mais c'était impossible pour lui. Tout ce après quoi il avait couru, depuis qu'ils avaient évité la fin du monde, dormait à côté de lui d'un sommeil de plomb. Comment en étaient-ils arrivés là ?
Encore une fois, ils avaient discuté, à cœur ouvert, jusqu'à ce qu'Eloa vienne quémander des bisous avant d'aller dormir, et encore longtemps après que Nakanaori soit venue leur dire bonne nuit. Puis il avait remarqué que Sephiroth tremblait. C'était plus un frisson, mais Cloud aurait été incapable de dire si c'était le froid ou le souvenir que l'argenté était en train d'évoquer. Ils ne s'étaient pas touchés depuis ce baiser dans la neige, qui avait laissé le blond confus sur ses sentiments, mais instinctivement Cloud s'était rapproché, avait enlacé l'ex SOLDAT pour le réchauffer.
Sephiroth lui avait jeté un regard perdu, un regard qu'il aurait aimé ne jamais voir dans ses yeux mako… Ils s'étaient embrassés, ou plutôt il avait profité de la faiblesse de son ancien ennemi pour l'embrasser, l'allonger sur le lit où ils s'étaient installés pour discuter, sans lâcher un instant les lèvres délicatement ourlées du revenant.
Sephiroth était resté un instant sans bouger, se laissant effeuiller sans même tenter de l'empêcher. Quand enfin Cloud s'était écarté de lui, le contemplant en rougissant, l'argenté s'était redressé, comblant le vide entre leurs deux corps, avant de prendre plus précisément le dessus…
Cloud se sentit rougir, revenant au présent. Contre lui, Sephiroth remua légèrement, pour venir se coller à lui, diffusant une chaleur impressionnante.
« - Bien dormi ? » demanda le blond, essayant de cacher sa gêne.
Un grognement lui répondit, alors que l'argenté plongeait sa tête contre l'épaule de Cloud pour se cacher de la lumière naissante du soleil. Ils seraient restés comme ça un bon moment, si finalement le ventre de l'ex général ne s'était pas manifesté… Le blond eut un léger rire, embrassant la tempe de son amant avant de se dégager de son étreinte malgré une faible plainte de protestation.
« - Ne bouge pas, je vais te chercher quelque chose à manger. »
Il était encore tôt – à peine 7h – et Cloud espérait bien pouvoir faire le petit déjeuner de tout le monde avant leur réveil. Avec une grimace de douleur, il enfila son pantalon sans prendre la peine de passer des sous-vêtements et son pull, jetant un regard attendri à Sephiroth, dont seule une mèche de sa frange dépassait encore de la couette, et sortit.
Sephiroth se ré-enfonça sous la couette, avec un soupir de bien-être. Il se sentait terriblement détendu, et l'odeur de Cloud emplissait encore l'oreiller dans lequel il avait le nez plongé, le laissant voguer sur les souvenirs de la nuit dernière. Il écouta distraitement Cloud se rhabiller, sortir, et frissonna lorsque le claquement de la porte fit un courant d'air…
Et soudain, quelque chose n'allait plus. Il le sentit avant même d'entendre son amant crier…
« - Eloa.. ? ELOA ! »
oO°Oo
Tseng soupira, attrapant la bouteille de lait frais. En portant le goulot à sa bouche, il eut une pensée pour Reno, à qui il aurait passé l'engueulade du siècle s'il l'avait trouvé à faire ça…
« - Un cauchemar ? »
Retenant un sursaut, l'utaien se retourna vers Vincent. Le brun était totalement habillé, comme s'il rentrait à peine, et dans la pénombre ses yeux luisaient presque d'un rouge tirant vers l'or en fusion. Ils se jaugèrent un instant, jusqu'à ce que Tseng se rende compte que son vis à vis semblait essoufflé.
« - Tu veux quelque chose Vincent ? »
Le brun le fixa intensément, le mettant mal à l'aise, mais Tseng préféra faire semblant de rien, posant la bouteille de lait pour refermer le frigo, les plongeant dans une pénombre qui accentuait leur différence de taille. Vincent se rapprocha, jusqu'à forcer l'utaien à reculer, cognant contre le frigidaire.
« - Oui. » Souffla l'aîné, et son haleine sentait le whisky. « Laisse tomber Cid. »
Tseng laissa échapper un léger rire, et eut un sourire mauvais.
« - Tu n'as aucune chance sur ce plan là, Vincent. Cid t'utilisait juste pour se vider les… »
L'homme à la cape rouge venait de lancer un sort de silence, et l'utaien lui jeta un regard mauvais. Il carra les épaules, bousculant l'autre brun… Et se retrouva plaqué contre le mur.
« - Je ne suis pas certain que tu comprennes réellement ce qu'il y avait entre Cid et moi, Tseng… »
Le plus jeune plissa les yeux, tirant sur les points de sa paupière droite. Il détestait quand Vincent utilisait ses pouvoirs surhumains. Il savait qu'il n'était pas de taille…
« - J'ai besoin de lui… »
L'utaien se débattit, mais Vincent lui attrapa les cheveux, penchant sa tête… et plongea les canines dans les veines palpitantes de Tseng, lui arrachant un cri muet…
Enfin, du sang. Plus de cinq jours d'abstinence, où il avait dû s'abrutir pour ne pas aller saigner à blanc la première prostituée qu'il trouvait… Tout ça à cause de Tseng.
Le brun se débattait dans ses bras, mais par rapport à la force qu'il possédait, c'était insignifiant. Peu à peu, l'énergie quittait sa victime, alors qu'il se sentait revivre… Il devait arrêter, avant de tuer Tseng. Cid allait lui faire la peau si l'utaien mourrait. Mais de toute façon, Cid allait déjà lui faire la peau…
Dans ses bras, l'homme devenait de plus en plus froid, et la tête qui roula sur son épaule interrompit Vincent. Tseng venait de perdre connaissance, et lui avait enfin les idées claires, son appétit satisfait. Rapidement, il lapa la blessure, vérifiant qu'elle se résorbait correctement, et hissa Tseng sur son épaule. Silencieusement, il le déposa sur son lit, rabattant les couvertures sur le petit brun avant de sourire.
A suivre…
[1] Depuis Advent Children, Barret a remplacé sa main mitraillette par une main transformable métallique.
[2] Oui, la base du scénario de « La Trève » était une histoire de braguette ouverte. J'ai honte.
[3] Mais oui, y'a une super image comme ça d'une calamité venue des cieux avec un œil au bout du sein !
NDLA : Bon, vous détestez encore plus Vincent, hein ? Je sais pourtant pas ce que j'ai contre lui pour lui faire faire tout ça... Il faudra que j'étudie la question :p
J'espère en tout cas que ça vous a plu, et que vous prendrez le temps de me laisser une petite review ! Même un petit mot, ça m'irait *_*
Bref, rendez-vous mercredi prochain !
