Tell me who you really are…
…And I'll tell you who I really am.
Note :
Voici donc le quatrième chapitre qui rentre un peu plus encore dans le vif du sujet !
Merci pour vos reviews et merci encore à Ijiini et mlle-lys27 pour leur correction ! :)
J'espère que le chapitre vous plaira !
Bonne lecture !
Chapitre Quatrième
Les jours suivants, Karen m'interdit formellement de descendre aux cachots. Elle les faisait garder par Owens et Clark qui lui obéissaient aveuglement. Elle avait vu mon trouble en sortant de nuit des cachots et je sentais la méfiance de l'Ordre augmenter. Pas forcément envers moi mais envers ce que Voldemort pouvait faire comme dégât sur moi. Pourtant ça n'avait pas eu l'air de trop les déranger quand ils m'avaient demandé d'user de tortures psychiques sur lui.
J'avais tenté de la confronter mais je sentais qu'il valait mieux que je fasse profil bas, que je les laisse réaliser que toutes leurs tentatives étaient inutiles. Elle avait raison sur un point : parler avec lui me foutait en l'air. Elle l'avait exprimé clairement et je n'avais pu qu'approuver. Mais qui pouvait garder son sang-froid devant un tel personnage ? Alors j'attendais calmement mon heure, en priant pour que leurs « conversations » avec lui ne le ferme pas complètement.
J'avais remué dans tous les sens les informations que j'avais pu obtenir à demi-mots de lui. La vérité c'était qu'il me hantait, maintenant plus jamais alors que sa présence semblait être partout autour de moi, comme si dans mon sillage, son ombre me suivait. L'avoir dans mes cachots était trop étrange et je passai mon temps à ruminer là-dessus, me rendant à peine compte que toutes mes pensées n'allaient plus que dans son sens.
Lloyd m'évita consciencieusement, ne répondant à aucune de mes questions sur ce qu'ils faisaient en bas avec Voldemort, voyant le défilé de membres de l'Ordre qui y descendait pour l'interroger. A voir leurs airs furieux, les choses ne devaient certainement pas se passer comme prévu. Je redoutais ce qu'ils faisaient. Je redoutais de savoir et pourtant je fus contraint de le découvrir près de deux semaines plus tard. Je n'avais pu communiquer par aucun moyen avec lui, me contentant de lui envoyer ses repas par magie afin d'être certain qu'ils ne le laissent pas crever de faim sous mon propre toit. Karen finit par venir me voir, un soir, alors que je faisais les cent pas dans mon bureau. Elle ne frappa même pas et ouvrit la porte.
– Mais je vous en prie, Karen, entrez donc, lui dis-je d'un ton mielleux.
– Nous avons tout essayé pour le faire parler, Monsieur Potter, déclara-t-elle abruptement.
– Tout ? tiquai-je.
– Tout, confirma-t-elle, le visage dur.
– Je suppose que vous en avez tiré une masse conséquente d'informations, ironisai-je.
– Il refuse de parler même sous torture à quelqu'un d'autre que vous.
Elle venait de confirmer ce que je craignais.
– Torture ? Pardon ?! Je croyais avoir été clair !
– Vous n'êtes pas en charge ici Monsieur Potter et les actes de guerre sont difficilement évitables !
– Vous savez que la violence lui est familière ! Non seulement vous ne valez pas mieux que lui, mais en plus, vous l'avez peut-être décidé à ne plus rien dire jusqu'à ce qu'il meure de vieillesse dans MES cachots ! Avec tout le respect que je vous dois, vous êtes une petite idiote pleine de suffisance, Karen !
Je quittai la pièce avant qu'elle n'ait pu répliquer, semblant prête à me découper en morceau. Je lui lançai un regard dégoûté et pris le chemin des cahots.
– Ecartez-vous ! hurlai-je à Clark et Owens.
Ils s'entre-regardèrent, semblant hésiter.
– Faites-le ou je le fais moi-même.
Cette fois ils me libérèrent le passage et je dévalai les marches, fermant la porte à double tour derrière moi, murmurant sort sur sort. Je fronçai à nouveau les sourcils en sentant les protections raffermies. La fluctuation des sorts d'entrave était étonnante.
J'ouvris la porte de la cellule et y entrai avec fracas. La table était tâchée et une odeur de sang frais s'élevait dans la pièce. J'avisai la silhouette de Voldemort allongée sur le lit, les mains derrière la tête mais une expression moins impassible sur le visage. Il se releva un peu quand il me vit.
– Vous m'excuserez de ne pas vous accueillir en me levant, Monsieur Potter, dit-il avant d'étouffer un grognement pour se rallonger.
Son torse nu était couvert de plaies plus ou moins profondes qui risquaient de s'infecter. Il semblait qu'aucun centimètre carré de sa peau n'ait été épargnée. Il avait également un œil ecchymosé et une lèvre entaillée.
– Vous êtes venus continuer le travail de vos charmants petits camarades ?
– Non, soufflai-je, incapable de ne pas froncer les sourcils devant l'horreur que je voyais.
Même les membres de l'Ordre laissés au Mangemorts et que nous avions pu libérer le mois dernier n'avaient porté de tels stigmates. Sans doute parce qu'ils avaient craqué bien avant, parce que la haine des Mangemorts n'était pas dirigée sur ces victimes directement, mais plutôt sur moi. J'agitai ma baguette, conjurant une trousse de premiers soins.
– On pourrait presque se demander si ce n'est pas des Mangemorts qui m'ont capturé, vous ne trouvez pas ? Finalement quelle est la différence entre mon camp et le vôtre ? m'interpella-t-il d'un ton badin.
Je serrai les dents et lui tendis la trousse. Il allait se démerder avec ça. Pas question que je le soigne. Il ne fallait pas pousser non plus.
– Nous ne tuons pas d'innocents, lâchai-je alors qu'il la saisissait.
– Cela vous donne donc le droit de torturer les coupables ? D'exercer également le pouvoir de vie et de mort ? De dispenser votre justice vous-même ? Vous ne valez rien de plus que ces imbéciles qui me suivent.
– Je n'ai pas voulu ça. Je n'ai pas été autorisé à venir.
Il ouvrit la trousse et fouilla un instant dedans. J'avais un instant oublié qu'il avait vécu dans le monde moldu, aussi je m'étonnais quelques secondes de l'aisance avec laquelle il mania compresses, désinfectants et autres bandages. Je n'avais même pas prêté attention au fait que des ciseaux étaient dans la trousse. Je le surveillai juste les utiliser du coin de l'œil.
– Et pourtant vous voilà, dit-il au bout d'un moment, serrant les dents en recousant sans anesthésie une plaie plus profonde. Nos conversations commençaient à me manquer. Les autres étaient si… fades. Vous ne torturez pas, Monsieur Potter, quelle grandeur d'âme. Votre limite est-elle donc là alors que tuer de sang-froid ne vous dérange plus ? Je vous ai vu faire. Vous prenez plaisir à donner la mort, pas à faire souffrir. Vous n'avez pas le sadisme de vos camarades. Eux ne veulent pas me tuer, ils veulent me faire payer. Vous… que voulez-vous Monsieur Potter ?
– Je veux que vous me regardiez dans les yeux quand je prendrai votre vie, comme vous avez pris celle de mes parents, répondis-je d'une voix dure. Je ne prendrai pas plaisir à vous voir souffrir. Mais à vous voir mourir…
– Oh nous en revenons donc à cela. Vos parents m'ont par trois fois attaqués. Ils m'auraient tué sans l'ombre d'une hésitation s'ils avaient pu. Là où je leur ai laissé le choix.
– Aucun parent n'aurait laissé un homme assassiner leur enfant, répondis-je avant de serrer les dents.
Planter l'aiguille pour la première fois dans sa chair à vif lui arracha un grognement de douleur et je détournai le regard. Discuter de la mort de mes parents avec lui… Comme s'il s'agissait d'un agréable souvenir commun.
– Non, d'ailleurs personne non plus n'est assez cruel pour savoir comment sauver une si jolie famille et ne pas le faire au nom du pouvoir.
– De quoi parlez-vous ? articulai-je difficilement.
Il continua son soin avec une adresse qui me surprit.
– Oh, il ne vous en a jamais rien dit… Voyons Monsieur Potter, n'avez-vous donc pas hérité d'un artefact d'une rare puissance… Si je ne me trompe pas, il s'agit d'une relique de la Mort, une cape d'invisibilité. Que dis-je, LA cape d'invisibilité. Ne vous êtes-vous jamais demandé pourquoi elle vous avait été remise par Dumbledore lui-même ?
Je pâlis brutalement.
– Que sous-entendez-vous ? murmurai-je.
Il eut un sourire et coinça le fil de la suture entre ses dents et le coupa d'un coup.
– Je ne sous-entends rien. J'énonce des faits, rapportés par ce traître de Snape. Dumbledore a toujours eu une obsession pour ces trois reliques que vous connaissez très certainement : la cape pour déjouer la mort, la baguette qui ne perd jamais un duel, la pierre qui ramène les morts à un semblant de vie. Ce vieil imbécile a toujours échoué à les posséder toutes les trois en même temps malgré son acharnement. Le soir de la mort de vos parents, il venait de mettre la main sur la deuxième. Il avait demandé à votre père de lui prêter sa cape, pour un faux prétexte sans doute. Il leur a retiré le seul moyen de se sauver ce soir-là. Et le simple fait qu'il ne l'ait pas mentionné le rend coupable.
Je restai figé, interdit, remuant l'information.
– Vous mentez…
– Jamais.
– Ça ne change rien, c'est vous qui avez tenu la baguette qui les a tué.
– Et c'est Dumbledore qui leur a retiré leur seul protection. Ce que j'ai fait était un acte de guerre. Tout comme vous avez tué mes fidèles avec le sang-froid que confère le contexte.
– Et vous croyez peut-être que cela excuse vos actes ?! rugis-je en me relevant, passant une main rageuse dans mes cheveux.
– Les excuser non, jamais. Les comprendre de la manière la plus pragmatique possible, oui. Avec tout le recul que les évènements apportent, dit-il distraitement en appliquant une compresse de désinfectant sur une plaie à vif, sans ciller.
– Vous avez démarré cette guerre, l'Ordre n'a fait que se défendre.
– Oh vraiment, nous allons donc débattre du « c'est toi qui as commencé, moi je me suis abaissé à ton niveau » ? Belle maturité. Vous avez répondu à la violence par la violence, il s'agissait de votre choix. L'escalade de la violence… quelle belle invention ! Elle pousse les hommes que l'on croyait bons à révéler la bête en eux, n'est-ce pas ?
– Comment l'Ordre pouvait-il répondre autrement ? lui opposai-je sèchement. Il n'allait pas rester là sans rien faire pendant que vous massacriez !
– Ça, Monsieur Potter, ce n'est pas mon problème. Vous êtes la Lumière, je suis les Ténèbres, lâcha-t-il, semblant très amusé, comme si je venais de faire une blague particulièrement spirituelle.
– Ah donc c'est votre seule réponse ? Vous faites des trucs méchants parce que vous êtes méchants et nous, nous devons faire des trucs gentils parce que nous sommes gentil ? ironisai-je, au bord de la crise de nerf.
– Non ce que je suis en train de vous dire est la chose suivante : il n'y aucune notion de bien et de mal en temps de guerre. Voyez par vous-mêmes, vous êtes « poussés » à la violence et devenez pire que les Mangemorts que vous combattez avec tant de hargne. Pouvez-vous encore vous réclamer serviteurs absolus du bien ? L'un de vous a-t-il encore une âme pure ? Voilà où je veux en venir Monsieur Potter. Rien de noir, rien de blanc. Juste l'obscurité en chacun de nous qui étouffe doucement la lumière jusqu'à l'annihiler.
– Je ne suis pas d'accord, soufflai-je. On n'étouffe jamais la lumière. On peut la cacher, la recouvrir de toutes nos forces mais elle pulse toujours, quelque part en chacun de nous. Même si nous choisissons de ne plus la voir, de ne plus l'écouter.
A ma grande surprise, il éclata de rire, me regardant comme quelque chose de particulièrement attendrissant, presque pathétique.
– Si je suis votre raisonnement, vous pensez donc qu'il y a encore de la lumière en moi ?
Je le fixai dans les yeux, attendant que son rire se tarisse et que son sourire s'efface un peu. Il attendait réellement ma réponse, comme si cela comptait d'une manière ou d'une autre. Sans doute par soucis de mieux cerner ma naïveté. Je hochai la tête et il haussa un sourcil surpris, comme amusé.
– Je crois qu'il y en a eu. Je crois que la vie vous a offert un potentiel. Le même que le mien, vous qui parlez si souvent de nos ressemblances. Ce qui diffère c'est le chemin que l'on a choisi, la manière d'exploiter ce potentiel. Vous avez choisi d'être malheureux, Tom. Pas moi. Je sais encore rire, pleurer, hurler craquer parfois, aimer, haïr, mais au moins je me sens vivant. Vous avez si peur de la mort que je ne suis même pas sûr que vous sachiez ce que c'est d'être vivant.
Il me fixa longuement, fouillant mon regard et je restai concentré sur mes barrières d'Occlumencie en cas d'attaque. Je ne mentais pas, il le savait.
– Je n'ai pas choisi d'être malheureux. Je ne le suis pas, dit-il avec un sourire indulgent.
– Est-ce qu'au moins vous savez ce que c'est que d'être heureux ? Pas le concept, le ressenti.
– Ce que vous appelez humanité, Monsieur Potter, je l'appelle faiblesse, m'accorda-t-il un peu sèchement pour toute réponse.
– Alors votre mère était faible, n'est-ce pas ? lançai-je, insolent, en m'éloignant de deux pas pour lui tourner le dos.
Je le sentis se relever et je me tournai juste à temps pour me retrouver face à ses yeux rouges. Je reculais jusqu'à cogner contre la table et y appuyer mes mains pour m'éloigner le plus possible de lui. Il fouilla mes yeux, un rictus étrange aux lèvres.
– Ma mère était d'une faiblesse affligeante. Je ne suis pas né d'un amour véritable, Monsieur Potter. Je suis né d'un amour factice.
Je me concentrai pour me détourner du pic de douleur que sa proximité avec moi avait instauré. J'avais l'impression que mon corps était en feu et ma cicatrice me lançait.
– Pas celui de votre mère. Ni pour votre père, ni pour vous.
– Vous n'en savez rien, Monsieur Potter. Et même si je vous donnais raison, pensez-vous vraiment que cela changerait quelque chose ?
– Non, murmurai-je en tentant de me dérober à sa présence intoxicante. Ne m'approchez pas ainsi, s'il vous plaît.
– Oh vous souffrez ? dit-il semblant se délecter de mon expression crispée.
Il recula de deux pas et je respirai enfin. Me trouver dans la même pièce que lui était gérable. Le fait de presque le toucher était non seulement révoltant, mais douloureux en plus de cela.
– Savez-vous pourquoi vous avez mal lorsque je vous approche ? Pourquoi moi je ne souffre pas ?
Je ne répondis rien, reprenant doucement mon souffle accéléré par la souffrance. Néanmoins je notais qu'elle avait été supportable. Chaque combat contre lui avait été une torture et cette fois-là, en quatrième année, lorsqu'il m'avait touché…
– Cela vous fait souffrir parce que vous me haïssez et que ce lien entre nous vous l'inflige. Votre propre haine vous fait souffrir. Voilà ce que votre humanité chérie vous apporte. N'est-ce pas ironique ?
– Pourquoi ne souffrez-vous pas de me toucher ? Même si la protection de ma mère ne vous empêcher pas de me toucher alors pourquoi… ?
– Parce que je ne vous hais pas, Monsieur Potter, répondit-il simplement avec un air si sincère que j'en blêmis davantage.
Je fis disparaître la trousse de soin et quittai la pièce à toute vitesse.
A suivre…
Blabla de J' :
Hop quatre chapitres postés ! J'espère que ça vous plaît !
Alors qu'en pensez-vous ? On a une ébauche de rapprochement même si ce n'est pas encore non plus hyper visible ! Chacun essaye plutôt de déstabiliser l'autre ! J'ai beaucoup beaucoup aimé écrire cette fic donc j'espère vraiment que ça vous éclate autant que moi héhéhé !
Je vous dis à bientôt, certainement pas avant samedi ou dimanche ! Sauf pur enthousiasme de votre part qui me pousserait à sortir de ma flemmite aiguë demain ou vendredi hahaha
Je vous couvre de bisouuuuuuuuuuuuus et de bonnes ondes avec un petit plus pour les bacheliers avec qui je compatis ! Cela dit les sujets de philo c'était cadeau hein :P
Lot of love,
Jelyel :)
