Tell me who you really are…
… and I'll tell you who I really am.
Le cercle des reviewers anonymes :
Ange : Mince ton adresse n'est pas passée ! Le site bloque naturellement les adresses mail. Si tu veux me la communiquer essaye de l'écrire de cette manière blablablaarobasehotmailpointfr ^^ En tout cas je te remercie ! Tes interrogations trouveront réponses dans les prochains chapitres ! J'espère que ça te plaira ! A bientôt j'espère !
Nepheria4 : Merci :D
Morane : Oh merci beaucoup ! J'espère que la suite te plaira toujours autant et que ça gardera son originalité jusqu'au bout ! A bientôt !
Note
Désolée, j'ai vraiment essayé de me dégager du temps ce weekend mais impossible, j'étais de festival et de fête de la musique donc vraiment mille excuse ! Je vous remercie encore pour votre enthousiasme face à cette fic ! C'est vraiment adorable et c'est super motivant pour poster régulièrement et écrire d'autres petites choses pour vous !
Toujours un grand merci à Ijiini et mlle-lys27 pour la relecture !
J'espère que ce chapitre vous plaira ! Bonne lecture ! Rendez-vous en bas de page ! :)
Chapitre Cinquième
Je tombai sur Karen en sortant et la mine furieuse qu'elle affichait ne me plaisait pas. Pas plus que celui d'incompréhension de la plupart des membres de l'Ordre. Kingsley paraissait soucieux, tout comme Hermione. Ron avait l'air de ne plus me reconnaître, comme si une autre personne se tenait devant lui. Seuls Ginny, Luna et Neville essayaient de tempérer certains membres plus virulents qui voulaient clairement me faire payer mon petit numéro.
– Monsieur Potter, vous ne pouvez pas…
– Aussitôt que cette affaire avec lui est terminée, je quitte l'Ordre, annonçai-je, la coupant.
Les autres se turent, médusés.
– Karen, tous les membres que vous avez envoyé le torturer, l'ont-ils fait pour obtenir des informations ou comme revanche personnelle ? lançai-je abruptement.
Un grand silence s'installa et tous ceux qui étaient descendus aux cachots s'entre-regardèrent certains presque honteux.
– C'est bien ce qu'il me semblait. Depuis quand la torture fait partie de nos habitudes ? Nous tuons parfois par nécessité et ça me donne déjà envie de vomir, mais la torture est un choix.
– C'est la seule solution, rétorqua Owens. Nous avons besoin de ses informations.
– Non ! Vous avez besoin de vous venger. D'ailleurs, le résultat est époustouflant, ironisai-je.
Un autre silence s'installa, lourd.
– Harry, tu ne peux pas quitter l'Ordre, murmura Ron.
– Je le peux et je le ferai. C'est la dernière fois que je vous aide. J'obtiendrai ces informations. Après cela, oubliez-moi.
– Harry… Tu es sûr que ce n'est pas lui qui parle à travers toi… Quitter l'Ordre… Dumbledore voulait que…
– Personne ne sait ce que Dumbledore voulait. Pas même moi sur qui il a lâché une tonne d'informations dont je ne sais même pas quoi faire désormais. Si ses plans étaient si exacts, alors, même maintenant, je saurai comment agir. Mais je doute qu'il se soit attendu à ce que cela se passe comme ça. A l'instant où vous avez décidé de mêler l'Ordre à la recherche des Horcruxes, vous nous avez condamnés. Si je les avais cherché seul, j'aurai détruit chacun d'eux dans l'ombre, jusqu'à le tuer finalement, dis-je d'une voix dure.
Je savais que ce n'était pas mérité, que je ne pouvais pas savoir. Mais j'avais l'intime conviction que tout aurait pu se passer autrement, mais il avait fallu que Karen s'en mêle et, à travers elle, le Ministère.
Je vis pourtant que la remarque de Ron avait fait mouche et la méfiance que je detectai dans certains regards me blessa plus que je n'aurai voulu l'admettre.
– Monsieur Potter, je dois être certaine qu'il ne vous a pas sous son emprise, déclara calmement Karen, ses yeux bleus me sondant. Ou qu'il n'est pas en train de vous ramener à son… point de vue particulier.
Je restai horrifié un moment de l'accusation à peine dissimulée.
– Il ne m'a pas… Il me déteste, pourquoi il chercherait à m'avoir de son côté ? Il sait que je suis le dernier qu'il pourra convaincre du bien-fondé de ses actions !
– Etes-vous donc aveugle à ce point ? s'étonna-t-elle, le maintien droit, militaire.
– Aveugle ? répétai-je, vexé.
Karen lança un regard à la ronde, comme cherchant du soutien chez les personnes réunies autour de nous. Apparemment, elle trouva confirmation à ses dires puisqu'elle braqua à nouveau ses yeux sur moi, impitoyables
– Vous l'obsédez, Monsieur Potter. Ce n'est pas une nouveauté ! Les seules fois où il a ouvert la bouche étaient soit pour parler de vous, soit pour vous parler directement ! C'est un malade mental avec une idée fixe : vous ! Il vous veut à ses côtés maintenant qu'il ne peut plus vous tuer. Et même lorsqu'il voulait vous tuer, vous m'avez dit vous-même qu'il vous avait proposé de le rejoindre ! Nous ne savons pas quelles seront les conséquences si nous vous laissons entre ses mains maintenant qu'il ne lui reste plus que ses mots et ses pensées folles ! Nous savons que ce qu'il veut c'est vous et il sait que nous sommes obligés de vous laisser avec lui, seul à seul, le laissant tranquillement faire ce qu'il veut de votre cerveau ! Il n'a jamais eu de lien avec personne, vous l'avez dit vous-même : vous êtes la chose la plus proche d'une relation constante, émotionnelle et solide qu'il ait !
Je restai muet une seconde, les yeux écarquillés. Je les fermai un instant, une main posée contre mes lèvres. Elle avait raison. Bon sang, elle avait raison… Un psychopathe obsessionnel… Comment avait-on pu en arriver là ?
– Et je crains que ce ne soit réciproque, ajouta-t-elle, créant un blanc terrible, comme si une bombe venait d'être lâchée dans la pièce.
Cette fois je ne me maîtrisai pas et les vitres du hall explosèrent avec une violence inouïe, poussant les gens présents à se baisser pour éviter les débris.
– POUR QUI VOUS PRENEZ-VOUS ?! hurlai-je. Je ne suis pas obnubilé par Tom Riddle ! J'ai cherché, comme Dumbledore avant moi, à savoir qui il était ! Oui je connais son histoire certainement mieux que n'importe lequel d'entre vous ! Oui, je sais pourquoi il est devenu ce qu'il est devenu ! Mais ne croyez pas une seconde que je partage un lien aussi morbide avec lui ! Proférez encore une allusion du genre et je vous laisse vous débrouiller avec lui sans le moindre scrupule ! Doutez encore de mon intégrité et c'est la vôtre que je fais voler en éclat, compris ?!
Sur ces bonnes paroles, je les plantai là. Certains semblaient avoir senti qu'elle avait franchi une limite. Je n'étais pas obsédé par Tom Riddle. Jamais. D'accord, j'avais beaucoup pensé à nos conversations mais uniquement parce qu'elles m'amèneraient à le détruire au final. Même les dernières années, quand toutes mes pensées étaient focalisées sur lui, ça n'avait été que pour cette raison. A aucun moment… Non, je devais être honnête. Nos ressemblances m'avaient autant fascinées que révulsées à m'en arracher les cheveux. D'accord, il était une énigme pour moi, une que j'étais bien décidé à résoudre et mes conversations avec lui avaient une tournure aussi révoltante qu'intéressante. Il était le seul être dans l'univers capable d'être mon égal, tout comme je l'étais pour lui. Je ne pouvais pas ne pas être… un peu curieux au moins de son histoire, de ses failles, de nos points de dissemblances qui nous avaient fait prendre des chemins si opposés. Et pourquoi moi ? Pourquoi lui ? Pourquoi tout ça ? A quoi ma vie aurait ressemblé s'il ne l'avait envahie avec cette violence terrible ? A quoi aurait ressemblé la sienne si sa mère n'était pas morte ? Si son père ne l'avait pas abandonné ? Aurait-il été meilleur ou pire ?
Je n'avais aucune de ces réponses et je ne pouvais que composer avec nos vies telles qu'elles l'étaient maintenant. De la même manière que je ne savais pas comment gérer son intérêt démesuré pour moi. Il avait ouvert une brèche et je peinais à la refermer.
Je me laissai tomber sur mon lit. Je ne lui avais rien envoyé à manger ce soir… Je savais de toute manière que mes insomnies me réveilleraient dans la nuit. Je descendrai à ce moment-là. La nourriture n'était pas ce qu'il manquait ici.
Je me réveillai en sursaut plusieurs heures plus tard, avec le goût amer d'un cauchemar qui avait porté son visage. Le visage que je lui connaissais maintenant. Indéniablement beau et effrayant tout à la fois. Sa voix me sembla murmurer encore à mon oreille quelques secondes après que je me sois redressé, me débarrassant des dernières brumes de sommeil.
Il faisait encore nuit et je lançai un tempus. Trois heures vingt-quatre du matin. Je me dirigeai vers ma salle de bain et m'appuyai au lavabo, les sourcils froncés, perdu dans mes pensées. Je ne savais plus ce que j'attendais de mes conversations avec lui, mais je les attendais, c'était certain.
Mes mains se resserrèrent sur le bord du lavabo, faisant blanchir les jointures de mes doigts. Je contractai la mâchoire jusqu'à en avoir mal puis je relâchai, expirant un souffle profond.
Je pris une douche, bien décidé à m'exorciser de sa présence que je sentais même ici, dans mes quartiers. Je me demandais parfois si… au fond il n'était pas là avec moi. Après tout la sensation n'était pas nouvelle. Je ne m'étais jamais senti seul, quand bien même je l'avais été toute mon enfance. Une présence avait toujours été là, dans l'ombre de la mienne. Etait-ce notre lien qui créait cette sensation… ? Je me souvenais même de la première fois où le nom de Tom Riddle m'était apparu, en deuxième année, avec la découverte du journal. Je m'étais fait la réflexion que le nom m'était familier comme celui d'un ami d'enfance. *
Je sortis de ma chambre plus perturbé que jamais. Et j'aurai aimé que Remus soit là. Qu'il me guide, qu'il me dise quoi faire.
Je descendis à la cuisine et sortis des restes que je fis réchauffer. Je les servis dans deux assiettes, mon estomac me rappelant que je n'avais pas mangé. Cette fois-ci, je veillai à ce que Karen soit bien endormie, lançant un sort sur le manoir pour me prévenir de toute personne éveillée.
Je finis par prendre le chemin des cachots, une drôle d'appréhension logée dans les tripes comme une balle en plomb.
A nouveau, je sentis que les protections avaient été abaissées à un niveau alarmant. J'étais certain que mon sort ne déconnait pas. Alors quelqu'un s'amusait à y bidouiller et je ne réglerai pas le problème tant que je ne saurai pas qui et pourquoi.
J'ouvris la porte d'un mouvement de doigt, déliant les verrous solides. Même entravé, je craignais qu'il ne réussisse à se libérer, aussi avait-il droit à une sécurité maximale. Mon étonnement concernant les protections affaiblies autour des cachots en était encore plus marqué.
J'ouvris et son aura m'envahit comme la bouffée d'un parfum entêtant. Je ne pus retenir une inspiration un peu saccadée alors qu'il se relevait, seulement éclairé par le clair de lune particulièrement lumineux. Il y eut un long silence pendant lequel il me scruta et j'aurai pu jurer qu'il sondait mon aura tout comme je venais de ressentir la sienne. Il fixa ses yeux dans les miens, l'air cryptique, sans l'ombre d'un sourire.
D'un mouvement, il désigna la table et je me secouai mentalement pour y accéder et m'asseoir avec son repas et le mien. Il saisit sa cape laissée sur son lit et la passa sur ses épaules, la laissant ouverte. Ses blessures seraient à surveiller. Qu'il meure d'une septicémie ne serait pas à mon avantage. Je ne pus m'empêcher de me souvenir de l'absence de méfiance que j'avais ressentie en lui laissant aiguilles et ciseaux pour se soigner lui-même. Il n'avait même pas cherché à en profiter. Pourquoi des années à vouloir me tuer pour tout à coup ne même plus l'envisager ? Tentait-il d'endormir ma méfiance pour mieux m'exécuter, par sadisme ?
– Ils pensent que vous êtes obsédé par moi, murmurai-je soudain et ma voix, pourtant basse, sembla exploser contre la lumière douce du clair de lune.
Il prit le temps de s'installer face à moi et je lui tendis des couverts, dont un couteau et une fourchette en métal cette fois. Il les considéra et hocha la tête vers moi dans une forme de remerciement muet.
– Obsédé me paraît un peu excessif comme terme. Fasciné par votre capacité à survivre oui… Mais curieux me semble plus exact, vous ne croyez pas ?
Il y avait presque de l'ironie dans ses mots et je me demandais s'il mentait ou non. Je ne le saurai jamais et je n'étais même pas certain de vouloir savoir, à vrai dire.
– Je ne crois rien, je ne sais pas quoi en penser. Vous me fichez les jetons, honnêtement, déclarai-je, fatigué de jouer.
– Pas seulement. Si je suis curieux de ce que vous êtes, vous ne pourrez pas nier que vous l'êtes tout autant de ce que je suis. A l'infime différence que, venant de moi, cela semble logique tandis que vos raisons sont plus tortueuses. Comment pouvez-vous vous asseoir à la table du meurtrier de vos parents, mmh ?
– En posant mes fesses sur une chaise et en évitant de penser, je suppose. Je ne vous le pardonnerai jamais, vous le savez, alors pourquoi chercher à vous justifier ?
Il émit un rire et je me surpris à écouter attentivement ce son, différent du rire froid que je lui avais toujours connu. Semblable à celui qu'il avait eu par le passé, encore jeune adulte.
– Je ne me justifie pas, je réponds à vos questions. Il n'a jamais été question de cruauté gratuite et vous le savez parfaitement. Vous avez trébuché contre les limites entre ce que vous appelez le bien et le mal et vous êtes perdu. Vous avez besoin d'en parler et personne n'entend vos doutes parce qu'ils signifieraient que vous n'êtes pas aussi lumineux que chacun a voulu le croire. Si la flamme s'éteint, que restera-t-il du camp de la lumière ?
Je m'appuyai sur ma chaise, me balançant sur les deux pieds arrière avec une nonchalance que je n'avais pas. Je n'avais pas touché à mon assiette, lui non plus. Il me fixait, attendant une réaction qui pourrait lui indiquer mes pensées.
– Vous m'avez dit chercher la repentance. Auprès de qui ? Pour quelle raison.
– Auprès de moi, de vous, pour des raisons qui ne valent pas que vos oreilles les entendent.
Ce n'était pas la première fois qu'il affirmait ce que certaines réponses, certaines vérités, me blesseraient jusqu'à la moelle et qu'aussitôt entendues, j'aurai préféré ne pas les savoir. Des réponses que Karen avait également et dont elle ne me disait rien. De qui avais-je le plus de chance de les tirer ? Voilà la question que je me posais désormais.
– Depuis quand vous souciez-vous de ce qui peut me faire du mal ?
– Depuis toujours puisque ce qui vous atteint m'atteint aussi à travers notre lien. C'est le pendant un peu tragique de la situation à mes yeux.
– Vous ressentez ce que je ressens ?
– Seulement lorsque c'est fort, tout comme, si je ne me trompe pas, vous ressentez ma colère parfois, mon inimitié envers certains…
– Votre cruauté, votre rage destructrice, votre froideur presque inhumaine, vous voulez dire…, soufflai-je.
– Mes excuses, je peux avoir un tempérament un peu flamboyant, dit-il sur le ton de la confidence en se penchant un peu en avant dans une attitude charmeuse.
Mon cœur rata un battement et mes yeux s'écarquillèrent un peu. Il remarqua mon trouble et recula, satisfait. Il me fit un signe de tête, désignant mon assiette. Il attendait que je commence, dans un exemple de politesse irréprochable. Je laissai ma chaise retomber sur ses quatre pieds et saisis mes couverts sans cesser un instant de le fixer.
Je finis par détourner les yeux, entamant mon morceau de viande sans beaucoup d'appétit. Il m'imita et, quand je relevai les yeux sur lui, il me sourit, juste avant de porter à sa bouche un morceau tout à fait saignant.
– J'ai perdu le compte des jours… Depuis combien de temps suis-je ici ?
– Un peu plus d'une semaine
– J'aurai pourtant juré que cela faisait presqu'un mois, dit-il très sérieusement.
Et je ne pouvais qu'approuver la remarque, portant mon regard sur la pleine lune qui brillait à travers les barreaux de la cellule. Il suivit mon regard avant de se concentrer à nouveau sur sa nourriture. J'étais surpris de sa retenue quand on savait qu'il n'avait pas mangé de la journée.
– Vous savez que je ne vous dirai jamais rien d'utile pour l'Ordre, alors pourquoi venir ici ? Je ne peux pas croire que vous espériez que je me dévoile ? Et vous n'entrerez pas dans ma tête sans vous y autodétruire ? Alors quelle… raison vous amène ici ?
– Je ne sais pas, répondis-je, honnêtement. J'espère trouver des réponses, j'imagine.
Il arrêta son mouvement, intéressé, comme si j'en venais enfin à prononcer les bons mots au bon moment.
– Des réponses ? Continuez, m'invita-t-il, les yeux fixés sur moi.
– Je sais que vous êtes un être ignoble mais je sais aussi que mon propre camp ne me dit pas tout.
– Oh, je vois, ils commencent à douter de vous.
Je ne répondis rien, me contentant de le fixer, interdit. Ils continuaient à douter de moi. Pas de mes capacités mais de ce que j'en ferai. Je baissai les yeux, rompant le contact visuel.
– Vous le sentez, n'est-ce pas ? Votre décalage avec eux, avec chacun des habitants de cette terre…
Je relevai la tête, comme foudroyé.
– Je l'ai toujours senti. C'est le lot des hommes d'exception. Ceux qui reçoivent le pouvoir et doivent décider quoi en faire. L'exposer ou le cacher ? S'en servir ou le l'entretenir comme une plante verte aussi belle qu'inutile ? On vous a confié une main gagnante, Monsieur Potter, vous avez décidé de passer votre tour là où moi j'ai joué.
Je ne prononçai pas un mot, assommé. J'avais toujours refusé de poser les mots sur ce que je ressentais parce que ça aurait été admettre une similitude de plus entre lui et moi. Parce que le simple fait de le penser me faisait peur. Plus encore, le regard des autres sur ce que j'étais me terrifiait.
– Je ne suis pas… maléfique comme vous. Je ne l'ai jamais été.
– Nous ne sommes pas maléfiques ou bons. Nous agissons selon l'une ou l'autre de ces tendances. Vous serez bon si vous pensez être bon et agissez donc en conséquence. Mais ce n'est pas ça le problème. Il est tout autre. Il s'agit de votre place dans ce monde, au milieu de ces gens…
Je restai pétrifié encore une fois, jouant distraitement avec ma fourchette en tentant de garder une mine impassible.
– Le problème est que vous avez senti le clivage entre eux et vous lorsque la crainte a remplacé l'admiration dans leur regard. Comme cette fois en deuxième année où vous avez parlé Fourchelang pour la première fois.
Je levai un regard surpris sur lui et il ne me laissa pas le temps d'ouvrir la bouche :
– J'étais là, une telle émotion, une telle terreur…(le mot sembla lui laisser une saveur agréable sur la langue) Evidemment que je l'ai vécu comme si j'avais été avec vous et c'était comme un relent de mon propre passé, dit-il avec un sourire quelque peu nostalgique.
– C'est ce que vous m'avez transmis qui a provoqué cela, lui opposai-je. Ce n'est pas moi qu'ils craignent, c'est notre lien.
– Oh c'est ce que vous voudriez croire. Mais la vérité, Monsieur Potter, c'est que vous ne voulez pas me détruire, parce que vous savez que vous êtes le prochain sur la liste. Vous êtes vivant parce que je le suis, vous êtes vivant grâce à moi, nous sommes liés plus que vous ne le soupçonnez.
Je le toisai, méfiant. J'en avais marre des énigmes, il allait falloir qu'il soit rapidement plus clair ou je ne m'en tiendrais plus au calme auquel je m'adjoignais avec tant de mal depuis son arrivée au manoir.
– Que voulez-vous dire ?
– Exactement ce que je viens de dire. Vous avez parfaitement entendu et même si vous ne comprenez pas les raisons, c'est votre propre instinct de survie qui vous pousse à convaincre cette bande de dégénérés de me garder en vie. Même si cela se fait peut-être au niveau inconscient. Quand ils me menacent, c'est vous qui vous sentez menacé, n'est-ce pas ?
Je relâchai mes couverts cette fois. Peut-être avaient-ils raison ? Peut-être était-il déjà dans ma tête, sinon comment pouvait-il savoir tout ça ? A qui pouvais-je me fier dans toute cette affaire ? Pas à moi, c'était certain. Pas à l'Ordre. Pas même à lui… Alors qui ?
– Vous me manipulez complètement… ?
– Bien sûr que je vous manipule, Monsieur Potter, répondit-il avec une sincérité désarmante.
Il laissa planer un petit silence et ajouta :
– J'oriente nos conversations, je vous pousse à vous poser des questions, à me poser les bonnes. Mais je ne vous mens pas, comme je l'ai déjà dit.
– Ce n'est pas typiquement ce que dirait un menteur ça ? relevai-je, troublé.
– Exact, vous commencez à comprendre. Mais… regardez-moi, Harry…
L'emploi de mon prénom pour la première fois depuis sa captivité me fit brutalement remonter les yeux jusqu'aux siens. J'eus la sensation d'un coup de poing dans le ventre lorsqu'il captura mon regard. Je renforçai immédiatement toutes mes barrières d'Occlumencie.
– Tant de méfiance. Je ne lirai pas en vous, car je le fais déjà sans même fouiller votre esprit. Mais, vous… Lisez en moi. Dites-moi si je mens.
Je fouillai ses yeux, me refusant à y plonger mon esprit tout entier, pourtant pris au piège par le regard carmin si singulier qu'une chair de poule se dressa sur mes bras.
– Non…, soufflai-je.
– Non quoi ? murmura-t-il.
– Non, vous ne mentez pas.
Il cligna des yeux, me permettant à dessein de quitter son regard. Je m'appliquai à aspirer une grande bouffée d'air discrète.
Nous terminâmes de manger dans un silence que je perçus comme étrangement confortable. Je n'avais aucune attente sociale pour lui. Là où un silence avec n'importe qui d'autre me mettait mal à l'aise, ici je n'avais aucun scrupule à m'abîmer dans mes pensées en sa présence. Tout comme il le faisait en ce moment-même.
Il jouait nonchalamment avec la pointe de son couteau sur la table, dans une attitude presque provocante. Et je le laissais faire sans appréhension. Je ne le craignais pas. Pas physiquement du moins. Ses mots cependant, je les redoutais autant que je tentais de les démêler avec l'ardeur d'un malade mental.
* véridique dans les livres, voir le chapitre du tome 2 où Harry apprend le nom de Tom… :)
A suivre…
Blabla de J :
Je suis rarement satisfaite de ce que j'écris mais ce chapitre j'en suis assez fière ! :D Quand je lis les premiers chapitres de mes premières fics type Lost in the sands of Time et que je compare à celui-là, je vois l'évolution et ça me donne de l'espooooir haha !
Bon la tension monte un peu plus entre eux deux, les conversations sont de plus en plus un exercice de funambule ! Totale éclate à écrire, mais merci JKR d'avoir créé des personnages desquels on peut faire ce qu'on veut mouahahahaha ! J'espère que ça vous aura plu !
Question : A votre avis, pourquoi le slash intéresse de plus en plus ? C'est vrai, vu le nombre de fics, de films, de livres qui sortent et traitent du sujet je me demande pourquoi on en lit au fond, d'autant que le public est à 90% féminin !
Sur ce, je vous dis à la prochaine ! :D
Lot of Love,
Jelyel
(et soyez prudent sur les routes cet été, encore hier j'ai assisté à un accident assez violent et c'est vraiment vite arrivé ! Donc vigilance constante ^^)
