Tell me who you really are…
…and I'll tell you who I really am.
Le cercle des reviewers anonymes :
Bidou : Wouhou contente que la découverte de mon écriture et de mes fics te plaisent :D Bienvenue par ici ! La suite est là ! Merci beaucoup ! A bientôt !
Morane : Oui je vais très bien, merci ! Et toi ? :D
Oooh merci beaucoup ! J'espère vraiment que le reste des chapitres sera à la hauteur !
Tu as le droit de m'adorer et de m'embrasser alors, parce qu'il le drague un petit peu quand même, ça se sent ? :P
Je ne te dis rien pour Karen , pour ne pas méchamment te spoiler !
Mais merci beaucoup beaucoup, ça me fait très plaisir ! A bientôt ! Bisous !
Note
Coucou !
A ce stade, dans le chapitre précédent, Tom a avoué à Harry qu'il le manipulait, chose qui embrouille encore plus Harry puisque le principe de la manipulation c'est que la manipulé ne se rend pas compte qu'il est manipulé. Or, là, Harry en a conscience et on peut donc dire qu'il se laisse manipuler à dessein. C'est ce que Tom lui fait réaliser finalement ! J'espère que leurs discussions semi-énigmatiques, psychologiques, bizarroïdes ne vous perturbent pas trop !
Bref, je pourrai m'étaler des heures tellement je me suis marrée à écrire tout ça haha !
La tension sessouelle (à lire avec un sale accent bizarre) va s'accentuer peu à peu dans ce chapitre qui est ma foi, d'une taille honorable !
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture et je vous remercie encore pour vos reviews, ajouts en follow et favoris :D
Merci encore à Ijiini et Mlle-Lys27 !
Chapitre Sixième
J'allais m'en aller lorsqu'il m'interpella.
– J'ai un service un peu macabre à vous demander. Surtout après un repas.
– Dites toujours, dis-je en me préparant à lui sortir un « non » très sec.
– Vos petits « camarades » attardés m'ont… entaillé le dos, dit-il en laissant tomber sa cape au sol.
Il se tourna, me laissant observer la peau de son dos griffée de coupures plus ou moins inquiétantes. L'une d'elle se démarquait par sa profondeur affolante.
– Il me faut des points de suture et je suis bien incapable de les faire moi-même à cet endroit.
J'observai encore un instant son dos et le mouvement puissant de ses omoplates lorsqu'il bougea un peu, semblant tenter de délier ses muscles sans doute engourdis par la chair à vif tout près. Je papillonnai pour considérer sa demande et poussai un lourd soupir. S'il crevait d'une infection…
Je conjurai la trousse de soin et me dirigeai sur le petit lavabo pour me laver les mains avec du désinfectant. Je me contentai de jeter un sort antiseptique au crochet de l'aiguille et la saisit plus fermement.
L'homme s'était installé à califourchon sur l'une des chaises, les bras croisés au-dessus du dossier et le dos exposé. D'un pied, j'attirai une autre chaise près de lui et m'installai dessus, face à son dos. Je tentai d'oublier de qui j'allais toucher la peau, redoutant la douleur que cela allait occasionner. J'en tremblai presque et dus m'adjoindre au calme.
J'allais lancer un sort anesthésiant de mauvaise grâce, ne souhaitant pas sentir sa douleur à travers le lien en plus de celle que le toucher allait engendrer pour moi.
Il se tourna un peu et posa sa main sur la mienne, interrompant mon geste.
– Je n'ai pas besoin de telles précautions, mais j'apprécie le geste bien qu'il soit égoïste. Je ne crains pas vraiment la douleur, vous n'êtes pas sans le savoir. Lorsque je me suis recousu vous n'avez rien senti, n'est-ce pas ?
Je ne réagis même pas à se mots, me contentant de tressaillir au contact de ses doigts toujours enroulés autour de mon poignet. Je ne hurlai même pas de douleur comme je m'y serais attendu. La douleur était ténue, supportable alors même que le contact était direct et franc.
– Oh mes excuses, la douleur doit être insupportable, dit-il d'une voix onctueuse en me relâchant, comme s'il avait deviné que le contact n'avait pas été si douloureux.
Connard.
Je lançai un lumos avec ma baguette, dirigeant une petite sphère lumineuse au-dessus de la plaie. Puis, je rangeai ma baguette dans ma poche, hors d'atteinte de Tom.
Je me concentrai sur ma tâche, peu désireux qu'il ouvre à nouveau la bouche. Je posai mes doigts avec une retenue extrême sur sa peau d'une pâleur opaline. Je longeai les bords à vif de la plaie, les laissant courir tout le long, suivis par l'orbe de lumière. Je serrai les dents. Je n'étais pas sensible à ce genre de vue, mais sincèrement… je n'aurai pas dû manger de la viande avant.
Je saisis plus fermement les bords de la blessure, les joignant entre mes doigts. Je pris une profonde inspiration avant de planter le crochet dans sa chair. Je sondai sa réaction. Pas un tressaillement. Il se laissait faire, sage comme une image. J'haussai un sourcil perplexe. Cela dit, venant de l'homme qui s'était recousu lui-même…
Je continuai mon travail de la manière la plus propre et rapide que je le pus, le contact réveillant non pas une douleur, mais une sorte de titillement agaçant. Comme une envie de balancer la table et de hurler à plein poumons.
Je terminai avec du sang sur les mains et pris une compresse pour désinfecter ma peau et la plaie grossièrement recousue. Tom étira son cou et se tourna vers moi à demi, m'obligeant à plonger mon regard dans le sien.
– Vous êtes d'une douceur étonnante. Il n'est pas si surprenant que vous n'ayez jamais réussi à me tuer, dit-il comme il parlait de la pluie et du beau temps.
Il n'avait pas bronché une seul fois et je me demandais quel genre d'être inhumain il était. A quel point pouvait-on être dans le contrôle de son propre esprit, de son propre corps ? Il savait ce qu'il voulait, il savait comment l'obtenir et il l'obtenait. Il n'avait pas voulu ressentir la douleur, alors il ne l'avait simplement pas ressentie. Je lui enviais presque cette facilité à maîtriser tout son environnement et ses propres sensations.
Je me relevai, l'observant du coin de l'œil rajuster sa cape sur ses épaules. Je me détournai, rangeant le matériel après l'avoir brièvement nettoyé. Soudain, je sentis sa main sur mon épaule et en un éclair, je pivotai, saisissant dans le mouvement l'un de nos couteaux resté sur la table. Je fis basculer son corps contre le mien, la lame sous sa gorge, sa tête contre mon épaule.
– Je vous ai dit de ne pas me toucher, grondai-je, détachant bien chaque mot, les dents serrées.
Il émit un rire, semblant plutôt à l'aise, malgré la menace explicite. Je le sentis même se détendre entre mes bras jusqu'à poser ses mains sur mon avant-bras qui immobilisait le haut de son torse. Je me crispai.
– Parce que cela ne vous fait plus mal et que vous savez ce que ça signifie. Vous ne me haïssez pas complètement. Vous doutez, vous êtes perdu, murmura-il, la voix rauque et douce, en laissant courir ses doigts sur mon bras dans une caresse trop affectueuse.
Je raffermis ma prise sur mon couteau et sur sa gorge. Je pris le parti de rien répondre. Mentir serait le pire que je puisse faire étant donné sa capacité à détecter le mensonge. Confirmer m'entraînerait loin des rives de la raison, sur des chemins que je ne voulais pas arpenter. Le silence était mon meilleur choix, ma meilleure arme. Je relâchai la pression sur lui et le repoussai loin de moi, assez fort pour qu'il soit obligé de reculer de quelques pas. Il leva les mains en signe d'apaisement, gardant un sourire énigmatique aux lèvres. Comme s'il avait compris bien plus de choses que moi. Et c'était certainement le cas.
– Si cela peut vous rassurer, je sais où vous allez, souffla-t-il comme un secret avant d'émettre un rire de gorge et d'effectuer une révérence ironique.
Je suivis le rouge lumineux de ses yeux qui disparut lorsqu'il se coucha sur son lit, détendu comme s'il était seul dans la pièce, et ferma enfin les paupières.
– Bonne nuit, Harry, dit-il, me congédiant de lui-même, conscient que mes silences pouvaient être plus persistants que les siens. Vous sentez le mensonge à plein nez, j'en ai trop entendu dans ma vie pour en entendre un de plus ce soir.
Je quittai la pièce avec tout notre matériel. J'étais chamboulé, retourné, tiraillé entre ce que je voulais être et penser et ce qui s'avérait vraiment être moi sous des couches de pensées incontrôlables que je tentais de refouler. Je sentais le mensonge à plein nez… Le mensonge que je me racontais à moi-même. Celui qui me hurlait que je le haïssais plus que tout, qu'il mentait, qu'il me manipulait et que le doute qui s'installait en moi quant à qui il était et mon rapport avec lui était de son fait… Uniquement de son fait, né de son talent pour infiltrer les pensées et les tisser selon son envie. Mensonge ? Mensonge… Mensonge.
La vérité c'était que la seule chose que je haïssais en ce monde c'était moi-même. Pas Voldemort, pas même les Mangemorts que je méprisais. Ils ne méritaient pas de vivre. Je le pensais et ça me faisait peur parce que c'était ainsi que Tom m'avait avoué penser. La seule différence était que j'étais moins prompt que lui à juger du « mérite » des gens à vivre. Je tuais uniquement ceux qui débordaient sur mes valeurs morales. Ces valeurs qui auraient dû m'interdire de tuer, de torturer. Ces valeurs que je pensais défendre. Ces valeurs que les miens violaient avec un enthousiasme presque effrayant. Si des Mangemorts méritaient de mourir pour cela, pourquoi n'arrivais-je pas à penser la même chose de l'Ordre alors qu'ils commettaient les mêmes horreurs ? Je n'avais aucun droit de juger du droit de vivre de quiconque.
Chacun de mes meurtres défila dans ma tête et je me laissai glisser contre l'un des murs des cachots, la tête entre les mains, une sueur froide dans le dos .Je haletai, des larmes d'horreur glissant sur mes joues. Je fermai les yeux très fort, jusqu'à ce que des étoiles de couleur éclatent dans le noir de mon esprit. Par trois fois, je laissai ma tête cogner contre le mur, derrière moi.
Je serai incapable de tuer à nouveau. Je ne voulais plus. Je ne pouvais plus. J'observai mes mains encore un peu rougies du sang de Tom Riddle et je me relevai. Je me précipitai hors des cachots et montai dans mes quartiers. Je me précipitai dans la douche et me nettoyai consciencieusement, avec l'impression persistante que le sang mettait bien trop de temps à partir. Je savais que c'était dans ma tête et j'avais la certitude anxiogène de devenir fou. Je sentais presque la présence de Voldemort, penché au-dessus de mon épaule, me murmurant des phrases au sens flou, m'embrouillant l'esprit, un fin sourire moqueur aux lèvres.
Je finis par me laisser tomber sur mon lit quelques minutes plus tard, le nez enfoncé dans l'oreiller et sa présence partout autour de moi. C'est sans surprise qu'il hanta encore ma nuit, moins qu'un cauchemar, plutôt comme un songe vaporeux, lointain. A sa présence, s'ajoutait celle moins ténue de ma culpabilité écrasante. Tentante, séductrice, m'ouvrant les bras. Une culpabilité étouffante. La putain de mes nuits… Comme toujours, je me laissais couler en elle avec une volupté libératrice, aspirant à une rédemption que moi seul pouvais m'accorder et que je ne m'accorderai jamais.
Je me débinai auprès de lui les jours d'après, ne descendant que pour lui fournir ses repas et surveiller la guérison des plaies sans jamais établir le moindre contact. J'avais peur de lui parler à nouveau aussi me tus-je consciencieusement. Il semblait étrangement respecter cela, ne m'empoisonnant pas à coup de monologues. Non, il faisait bien pire. Il m'observait dans le moindre détail, me scrutant avec un excès d'attention et je n'en pouvais plus de sentir ses yeux rouges sonder la moindre de mes réactions, le moindre tic nerveux, le moindre soupir, le moindre froncement de sourcil. J'étais passé au crible et il semblait prendre un plaisir particulier à compiler des informations muettes sur moi, comme si je lui en confiais bien plus en me taisant qu'en ouvrant ma bouche pour l'inonder de mon absence d'éloquence manifeste cette semaine.
Karen paraissait satisfaite de la tournure des choses, sentant que ses réflexions sur ma relation à Tom avaient faites mouche. Hélas, ses réflexions n'avaient pas percutées que ma petite personne et plusieurs membres de l'Ordre m'évitaient. Pas les plus anciens, ni mes amis de qui je me sentais de moins en moins proche, mais même eux affichaient une mine soucieuse. Seule Luna semblait complètement préoccupée par ce monde où elle avait la chance de s'évader quand ses grands yeux bleus se faisaient absents. Je l'enviais et je partageais avec elles ses silences, quand elle posait simplement sa main sur la mienne dans une marque d'affection si simple que j'en aurais pleuré.
Le fameux décalage avec les autres dont il m'avait parlé. Je le sentais plus que jamais, mais il s'atténuait un peu avec elle. Rien qu'un peu. Parce qu'elle avait toujours été à côté des autres, jamais dans l'ombre de leurs pas. Elle empruntait le chemin d'à côté, tournait à droite quand ils prenaient à gauche. Mais elle était profondément lumineuse. Elle était l'un des rares à ne jamais avoir ni tué, ni désiré faire mal. Elle avait respecté ce qu'elle était alors que moi je ne savais même plus où j'étais, qui j'étais, après tout ce qui s'était produit.
Ce n'est que deux semaines plus tard que je ne me décidai à le rencontrer à nouveau. A lui parler.
Je m'éveillai en sursaut cette nuit-là. Sa présence était partout autour de moi et j'étouffais. J'étais en nage, perdu. Je mis même quelques secondes à me souvenir de mon prénom comme si un instant Tom Riddle avait été ma véritable identité. Je me précipitai dans la salle de bain et me plantai sous le jet d'eau froide pour me remettre les idées en place, faire descendre l'angoisse. Pourquoi tout me ramenait à lui sans arrêt, aucune pensée ne m'en éloignait ?
Je songeai un instant que Karen avait raison. J'étais obsédé par Tom Riddle autant qu'il me révulsait jusqu'à la nausée. Qu'est-ce qui m'arrivait ? Je devais savoir, je ne pouvais pas vivre ainsi… Je ne pouvais pas. L'enfer de ce mois devait s'arrêter, peu importe comment. Je devais le sortir de ma tête, savoir s'il y avait fait une percée ou si mon propre cerveau me trahissait.
Je m'habillai en vitesse, laissant mes cheveux trop longs goutter sur mon épaule, et je me hâtai de descendre dans la cuisine. Il n'était que deux heures et quelques du matin et pourtant je savais que je ne me rendormirai pas. Je savais aussi qu'il ne dormait pas. Je le sentais. Je préparai deux infusions et descendis aux cachots, chaque pas résonnant comme une condamnation de plus pour mon âme déjà bien entachée.
J'ouvris la porte de sa cellule et, aussitôt, mon regard se fixa dans ses yeux rouges. Il était assis contre le mur près de son lit, une jambe étendue devant lui et l'autre remontée contre son torse. Des mèches d'un noir de jais balayaient son visage, comme s'il venait de se réveiller.
– Je savais que vous viendriez. Un cauchemar ? Besoin d'être rassuré ? railla-t-il d'une voix douce, basse.
– Que m'avez-vous fait ? demandai-je dans un souffle, mes mains tremblant tant que je me forçai à déposer les tasses sur la table.
– Oh, vous voudriez bien que ce que vous ressentez soit de mon fait…, laissa-t-il planer en se levant.
Naturellement, je reculai lorsqu'il s'avança, mais il resta à une distance respectueuse.
– Je ne sais plus quoi penser.., murmurai-je.
– Je sais. Et je ne pense pas à votre place, si c'est cela qui vous inquiète. Vos doutes sont les vôtres. Vous aviez déjà planté la graine, je me suis contentée de la faire pousser. N'ayez pas peur. Les doutes sont ce qui pousse à l'excellence, à une meilleure compréhension de soi, des autres, dit-il d'un ton calme avant de prendre quelques gorgées de thé, indifférent à mon agitation palpable.
– Vous aviez prévu tout ça ! Vous saviez que j'allais… que j'étais fragile mentalement et…
– S'il y a bien une chose que je n'ai jamais cru c'était que vous étiez fragile, Harry. Du moins pas depuis quelques temps. Vous l'avez été. Quand vous suiviez gentiment les ordres des uns des autres comme un charmant petit imbécile…
– Que voulez-vous à la fin ? demandai-je, la voix rauque, un peu étouffée.
Il leva un regard intéressé sur moi, fouillant mes yeux. Je le laissai faire, étonnamment docile lors de ces examens auxquels je m'étais presque habitué.
– Que vous sachiez qui vous êtes, finit-il par répondre d'une voix mesurée, semblant calculer l'impact de chaque mot.
– Pourquoi cela importe-t-il ?
– Parce que vous saurez alors ce que vous voulez.
– Ce que je… Bon sang, mais où voulez-vous en venir ?!
Il sourit comme s'il était seul dans la pièce et que je n'étais pas prêt à l'assommer avec sa propre tasse de thé.
– Je vais vous présenter le problème autrement, peut-être y verrez-vous plus clair, dit-il soudain, l'air très sérieux. Je vous ai créé, Harry. Tout ce que vous êtes aujourd'hui, vous me le devez. J'ai fait de vous ce que vous êtes. Je vous ai façonné à mon image, j'ai jalonné votre parcours, je vous ai même transmis un peu de moi à travers ce lien que nous entretenons. Alors dites-moi, une fois que je serai… mort. Que va-t-il se passer ? Qui serez-vous ? Qu'est-ce qu'un héros sans sa némésis ? Qu'est-ce qu'un homme sans son créateur ?
Foudroyé, je restai immobile, le toisant comme si je craignais qu'il continue à parler.
– Ce n'est pas qui je suis…, murmurai-je, défait.
– Oh, d'accord alors qui êtes-vous ? me dit-il en croisant les mains sous son menton, semblant réellement attendre la réponse avec un sérieux un peu ironique.
Encore une fois, rien ne me vint, du moins rien qui ne me plaisait. Je savais qui je voulais être, ce que je ne voulais pas être, ce que j'étais malgré moi, mais je n'arrivais pas à prononcer ces mots. Je voulais être un humain sain, avec une place dans le monde, une vie paisible, loin de tout, rendant service à l'occasion. Je ne voulais pas être comme lui froid, cruel, manipulateur, anesthésié de tout. Et j'étais actuellement un combattant, un meurtrier de sang-froid, un soldat… Une arme.
– Une arme, répondis-je sèchement. Je ne sais juste pas encore pour qui je le suis : vous ou eux. Les deux peut-être.
– Pas juste une arme. Vous êtes l'arme et le bouclier. Vous êtes le tranchant du poignard et la main qui guérit. Vous êtes le monstre et l'humain. Vous incarnez la limite entre le Bien et le Mal. Vous êtes le point de bascule. Vos décisions seront à répercussions mondiales et vous le savez. Vous êtes une bombe à retardement. Vous pouvez réduire le monde en cendre juste par vos choix, ou le relever et le tenir à bout de bras.
– Quelle décision correspond à quoi ?
– Si vous me tuez, vous tuez notre peuple, parce que je reviendrai. Vous signez également votre propre arrêt de mort. Si vous me gardez en vie, vous vous assurez une ère de paix absolue et la promesse que l'Horcruxe à travers lequel je renaîtrai ne cherchera pas à interférer à nouveau avec cette toute nouvelle paix si fragile.
– Une promesse ? De votre bouche ? répétai-je en éclatant d'un rire nerveux. Vous croyez que cela me suffit à ce stade ? Que je vais vous relâcher ? C'était donc de ça dont il s'agissait de puis le début : une libération sous serment ?
Il se leva, un sourire indéchiffrable aux lèvres. Il s'avança près de ma chaise et s'assit à demi sur la table, trop proche de moi. Je me reculai dans mon siège au maximum sans que cela ne soit trop visible. Je ne voulais pas qu'il ressente mon trouble plus qu'il ne le faisait déjà.
– A quel moment ai-je parlé de libération ? me demanda-t-il gentiment. Vous sautez bien vite aux conclusions. Je ne vous propose en aucun cas de me libérer, vous pouvez me laisser ici toute une vie et ma promesse serait toujours valable au jour où je m'éteindrai dans cette pièce, d'ici… une bonne centaine d'année, peut-être bien plus.
Je ne voyais quasiment que ses yeux rouges dans l'obscurité. Il eut un bref sourire en coin comme si une pensée agréable l'avait traversé. Il éleva une main hésitante et effleura ma cicatrice. Je me crispai, me préparant au malaise qui allait s'abattre sur moi. Mais rien ne se produisit et cela me fila un électrochoc. Il ne laissa ses doigts courir sur ma peau qu'une demi-seconde avant que je ne saisisse son poignet avec la force du désespoir. Je lui lançai un regard furibond et il se contenta de sourire, encore.
– Votre cicatrice…, souffla-t-il plus pour lui-même. Une si belle cicatrice, vous n'avez pas idée, n'est-ce pas ? Vous êtes… ma plus belle création… D'une douceur presque désarmante…
Il referma sa main libre sur la mienne qui n'avait pas lâché son poignet, craignant qu'il ne me touche encore. Il enroula ses doigts autour des miens et me détacha avec une facilité qui me sidéra. J'étais toujours pétrifié, je ne savais même pas comment me défaire de sa prise. Et je réalisai soudain, au vue de sa force, que s'il m'avait voulu mort il n'aurait eu qu'à attaquer physiquement.
– Vous comprenez enfin, Harry, murmura-t-il, l'éclat de ses yeux devenant éblouissant.
Il porta mes doigts à ses lèvres et y déposa un baiser galant qui me fit l'effet d'un poison directement injecté dans mes veines. Qu'est-ce qui lui prenait ?! Je me relevai d'un bond, lui arrachant ma main que je serrai dans l'autre comme pour chasser la sensation.
– Vous… Vous êtes un grand malade, lâchai-je avant de quitter précipitamment la pièce.
Je courus jusqu'à ma chambre, la main serrée contre mon torse. Je me précipitai sur le lavabo et me lavai la main pour me débarrasser de la sensation qui m'électrisait encore sans que je n'en sache vraiment la raison. Mais peu importe combien de fois je la passais sous le jet d'eau, la sensation de ses lèvres contre ma peau était encore là, comme une empreinte indélébile. Je saisis ma baguette et me lançai plusieurs sorts de diagnostics dans une frénésie inquiétante.
J'avais l'air d'un hystérique, le souffle court, marmonnant entre mes dents. Cependant, il ne m'avait rien fait… la sensation était née sous son toucher, mais avait été du seul fait de mon propre corps… Comment ? Je jetai ma baguette au loin dans ma chambre et abattis violemment mon poing sur le miroir, me délectant de la douleur qui remplaça un instant la sensation douçâtre de ses lèvres. Je ne prêtai qu'une attention mesurée à la douleur que cela engendra, moins encore au sang qui gouta au sol alors que je quittai la pièce sans plus de cérémonie. Je devenais fou… je ne voyais aucune autre explication. Et il devait se régaler de toutes ces choses qu'il percevait à coup sûr depuis sa cellule. Je commençai même à me demander qui était le prisonnier de qui au fond… ?
A suivre…
Blabla de J'
Voilà on est à plus de la moitié de l'histoire et les choses commencent à devenir un peu plus tendue... sexuellement parlant je dirai, même si rien n'est effectif xD Ce chapitre gravit encore une pallier niveau intensité, j'espère que j'ai réussi à rendre ça à peu près palpable (« il est bizarre ce sol… il est pas palpable » comme dirait Numérobis) ! C'est un peu le principe de la fic de grimper grimper grimper jusqu'à… mystère !
En tout cas, j'ai angoissé toute seule en l'écrivant parce que c'était vraiment un effort que de se placer dans la peau d'Harry dans cette fic (imaginez un mec comme voldemort qui a tué vos parents vous manipule comme ça… brrrr) !
Vos réponses à la question de la dernière fois étaient hyper intéressantes donc je vous remercie vraiment ! J'en ai pas en stock cette semaine rien ne me vient ! x'D
J'ai failli pas poster aujourd'hui parce que je suis en état de stress : je passe mon permis demain matin :'( Souhaitez-moi bonne chance haha ! May the Force be with meeeeeee !
Du coup, je vous dis à bientôt ! Et je vous fais plein de poutoux !
Lot of Love,
Jelyel :)
