Tell me who you really are…

and I'll tell you who I really am.

Le cercle des reviewers anonymes :

bidou : Oh lalala que vais-je faire de tous ces compliments moi ? xD Je vais éviter de les stocker au niveau des chevilles hein !
Merci beaucoup ! L'ambiance malsaine est particulière mais ça plait à un certain public, j'en fais partie, je suis contente que toi aussi ! Mais non t'es pas une dingue :D C'est normaaaaal !
Oui elle va très vite se terminer là ! Plus qu'un chapitre !
J'adore les mots que tu as donnés ! louvoyer fait également partie de mes préférés :D
Merci beaucoup ! Je te dis à bientôt pour le dernier chapitre !

morane : Oui très bien, merci :D Et toi ?
Ouiiii le baiser, ENFIN ! Ooooh longtemps ? Six tous petits chapitres de rien du tout !
Aha tu verras qui craque en premier !
Oui je l'ai eu le permis, c'est bon ! :D Merci de demander, c'est très gentil !
ouin-oué ? xD Ca veut dire quoi ça ? J'aime bien les autres expressions, c'est des tics de langage je trouve ça trop drôle !
Merci beaucoup en tout cas !
A bientôt ! Bisous !

ange : Eeeeeh oui… C'est compliqué à comprendre néanmoins, c'est le mec qui a tué ses parents… Non, mais Tom finalement ne l'a pas non plus pour lui résister ! Il est pas vraiment équipé pour comprendre ce qu'il peut ressentir pour Harry !
Après c'est sûr que son côté manipulateur lui permet d'avoir l'ascendant de manière plus évidente qu'Harry !
Merci beaucoup ! A tout vite :D

K.S : Etrange, c'est le moins qu'on puisse dire ! Si, je pense qu'on peut le dire, il est plus ou moins désemparé ! En même temps, c'est pas un pro en matière de relation humaine hors rapport de force !
Ah mais je ne m'en plains pas du tout ! Au contraire, je retiens les pseudos et ça me fait super plaisir de vous retrouver à droite à gauche !
Exhorter, c'est classe ! Ectoplasme, ça m'évoque de la morve haha ! Mais oui, ils sont agréables à prononcer et charming, comme tu dis :D
Merci beaucoup, pour la euh… énième fois :P
A bientôt :D

Note :

Coucouuuu ! Voici donc l'avant dernier chapitre de cette fic ! Je suis vraiment super heureuse de vos réactions, c'est super plaisant ! Alors merci encore !

J'avertis que ce chapitre est une sorte de truc vite fait malsain, pas à l'extrême hein, mais voilà quoi, vous allez peut-être pas rêver que ça vous arrive enfin... on verra xD

Bonne lecture !


Chapitre Huitième

On frappa à ma porte et avant que je n'aie pu répondre, Luna apparut dans l'encadrement. Elle avança à pas légers, comme si elle craignait de m'effrayer.

– Luna, murmurai-je en essuyant les larmes qui commençaient à sécher sur mes joues.

– Je suis désolée, Harry, je me fais du souci pour toi, je t'ai vu remonter des cachots, je n'arrivais pas à trouver le sommeil…, m'expliqua-t-elle de sa petite voix si douce.

– Oh… Je ne voulais pas t'inquiéter.

– Je le sais bien. Est-ce qu'il y a quelque chose dont tu voudrais me parler et que tu ne devrais pas dire normalement ?

– Non, Luna, c'est très gentil, mais il n'y a pas grand-chose à faire ou à dire. C'était un coup de blues passager, tu sais comment c'est… Je décompense.

– Avec Voldemort dans tes cachots ça ne doit pas être facile. Je leur ai dit de te laisser tranquille. De ne pas te pousser trop. De ne pas t'obliger à lui faire face.

– Je t'assure que tout va bien, Luna. Mais… merci, dis-je avec un sourire.

– Tu sais, les autres ne voient peut-être pas quand tu mens, mais je le vois moi…

Elle me fit un sourire étrange, s'asseyant délicatement sur un bout de fauteuil comme pour ne pas le déranger.

– Tu sais, je peux… Faire un serment inviolable. Ou te promettre de me lancer un oubliette si tu décidais de me parler de vos conversations. J'ai une totale confiance en toi et je sais que tu trouveras une solution pour cette guerre, mais pas tout seul, pas si tu ne peux pas parler de ce qui ne va pas.

– Luna, je te fais confiance, ce n'est pas le problème, lui opposai-je, le visage entre les mains.

– Alors tu admets qu'il y en a bien un.

Je relevai la tête sur elle et m'installai dans un fauteuil juste en face.

– Je suis perdu, Luna. Je m'attendais à faire face à un monstre et je me retrouve face à un psychopathe qui nourrit un intérêt malsain pour moi. Il arrive à me faire… douter de choses. Ou plutôt à renforcer mon doute. Je crois qu'il essaye de me faire comprendre quelque chose de capital mais je ne sais pas pourquoi il le fait. Il a toujours cherché à me tuer, pourquoi m'aiderait-il à quoi que ce soit ? Qu'est-ce qui a changé la donne ?

Elle m'écouta en silence alors que je lui confiais ma boussole perturbée, le fait que je n'arrivais même plus à le haïr et que, sans l'apprécier, ces conversations me nourrissaient d'une certaine façon. Elle sembla remuer mes paroles un moment, dans un mutisme qui me fit un instant redouter le pire.

– Tu as raison de douter. Il y a beaucoup de non-dits ici. On le sent dans l'atmosphère et ça rend tout le monde morose. Karen cache quelque chose, c'est évident. Mais je ne sais rien de plus que toi. Il te pousse à douter d'elle tout en t'éloignant de l'idée de l'interroger puisque ce serait révéler la nature de vos conversations et donc du crédit que tu accordes à ses paroles. Ils ont déjà tous douté de ton indépendance mentale. Mais je ne te sens pas… envahi. Je te sens perdu, en proie au doute, Harry. Tu es humain et ce que tu ressens est humain. Seul l'objet de ton attention apparaît comme étrange. Mais je ne sais pas quoi te dire par rapport à cela. Ce n'est pas mes parents qu'il a tué, dit-elle avec une innocence qui ne dissimulait aucun jugement.

Pourtant sa dernière phrase me percuta.

– C'est ta conscience et leur souvenir qui te fait du mal… la vision que tu as de toi, murmura-t-elle. Mais c'est de ta décision par rapport à lui que dépendra notre avenir à tous. Si ces désirs sont nés en toi, ce n'est certainement pas un hasard.

– Il ne s'agit pas d'amour, Luna, il ne pourra jamais s'agir de cela, lui rappelai-je.

– Je sais. Pas comme on le conçoit. Il te fascine autant qu'il te repousse et c'est ça qui te plonge dans la confusion. On ne contrôle pas ce genre de choses, Harry.

– Je ne peux pas continuer ainsi, lui dis-je en me saisissant la tête entre les mains.

– Je sais…, dit-elle simplement sans rien ajouter.

Et à son ton, je ne sus qu'elle ne dirait rien aux autres. Qu'elle ne m'en reparlerait pas si je ne faisais pas le premier pas et que, mieux encore, elle ne me jugeait pas. Je sus aussi que personne ne pourrait totalement comprendre et que j'étais seul face à moi-même pour cela. Ou plutôt face à lui. Je ne comprenais pas comment j'avais pu en arriver là. Comment mon corps avait pu me trahir à ce point ? Comment mes pulsions l'y avaient aidé ?

Je ne savais plus qui j'étais, ni ce que je voulais. Tout était flou et j'avais l'impression de n'être qu'un amas de paradoxes particulièrement cruels. Et j'aurai aimé être quelqu'un d'autre, n'importe qui, pour ne pas devoir retourner demain dans cette salle avec à la fois une angoisse sourde et une fébrilité inéluctable. Tout plutôt que de connaître ça à nouveau et redouter chaque mot qui pourrait sortir de sa bouche.

Je laissai Luna repartir, l'étreignant avec chaleur pour la remercier. Elle eut un petit sourire triste avant de passer la porte, sans doute consciente que je n'évoquerai plus jamais le sujet avec elle.

Je mis huit jours avant de rejoindre à nouveau sa cellule. Je faisais semblant d'y descendre, mais au moment d'ouvrir la porte de sa cellule, je restais bloqué. Chaque événement enflait dans ma tête jusqu'à ce que j'aie la sensation d'être sur le point d'exploser.

Alors, je m'asseyais dos contre la porte. Et il devait sentir ma présence puisque je le percevais venir s'asseoir, le dos à son propre côté du battant. J'ignorai si c'était là une façon de me pousser à entrer ou au contraire à m'adjoindre de ne pas franchir le pas de la porte. Honnêtement je n'étais pas certain de savoir. Je passais juste des heures ainsi, à soupirer, à remuer ce que j'avais osé faire la dernière fois que j'avais passé cette porte et à quel point le refaire m'obsédait. C'était comme une démangeaison insupportable, quelque chose à l'intérieur de moi qui trépignait, tendait vers lui avec une force surprenante.

Je mentais sur l'objet de nos conversations avec une conviction qui me glaçait. Seule Luna voyait au travers et était d'une discrétion à toute épreuve. Elle ne commentait pas, se contentant de me sonder du regard, comme inquiète.

Aussi huit jours après notre baiser, je franchis à nouveau le seuil de sa cellule. Il était étendu sur son lit, les jambes croisées et les mains derrière la tête. Il ne se releva même pas lorsque je fis quelques pas, gardant les yeux fermés. Un instant, je crus qu'il dormait, mais il sembla saisir mon interrogation muette et dit :

– Je ne dors pas, je vous écoute. Qu'avez-vous à dire après… plusieurs jours d'un silence accablant ?

Sa voix était pleine de sarcasme et je me tendis comme un piquet.

– J'étais plutôt curieux de ce que vous, vous auriez à me dire. Vous ne vous attendez tout de même pas à des excuses ?

– Je crois que nous pouvons nous tutoyer maintenant, Harry. Nous n'avons jamais été d'illustres inconnus de toute manière.

– Vous aviez promis de ne plus jamais évoquer le sujet, grinçai-je entre mes dents, décontenancé.

– Je n'en ai pas parlé, c'est toi qui viens de le faire, se défendit-il calmement.

Le brusque tutoiement me fit pâlir et je me laissai tomber sur une chaise, déjà épuisé sans même avoir vraiment discuté avec lui.

– Maintenant quoi ? demandai-je. Vous voulez vraiment pourrir ici pour l'éternité avec ma compagnie ponctuelle ? Je ne vous comprends pas !

– Non, j'ose espérer qu'il te faudra moins d'une éternité pour comprendre ce que je veux te dire depuis le début.

– Dites-le moi clairement, qu'on en finisse.

– Non, tu dois trouver par toi-même. Tu ne me croirais pas si je te le disais.

– Essayez toujours.

– Hors de question, n'insiste pas, m'opposa-t-il d'une voix si ferme que j'eus à peine besoin de me forcer pour ne rien lui demander de plus à ce sujet.

– Alors parlez-moi de vous. Du vrai vous. Celui que vous avez feint d'oublier. Je ne peux pas croire que vous ayez toujours été aussi plein de rancœur. On ne peut pas naître ainsi, on le devient.

Il ouvrit les yeux et les braqua sur moi, comme deux feux crépitants.

– J'ai été un petit garçon avec des espoirs et des rêves, qui n'a eu personne pour l'aider à gérer un esprit déjà trop grand et un pouvoir trop prononcé. Je me suis élevé seul. J'ai été un jeune homme ambitieux, charismatique, trompeur et fin orateur. J'ai été tout ce que j'ai rêvé d'être et je n'ai aucun regret. Rien de ce que je suis n'est né de la rancœur, sinon de ma volonté.

– Pas même de la rancœur contre votre mère qui vous a abandonné en mourant ? Ni pour votre père ? Vous l'avez tué, je ne peux pas croire que c'était par indifférence ni par soucis de pureté du sang puisque ce n'est pas ce qui semble vous intéresser. Vous l'avez tué parce que vous ne le jugiez pas digne de vivre. Mais alors en quoi ne l'était-il pas ? Parce qu'il avait rejeté votre mère et par là-même vous-même ? Ou seulement parce qu'il ne vous a pas laissé une chance d'être un fils pour lui ?

– Méfie-toi que je ne te case pas dans la même catégorie que mon défunt père, persiffla-t-il, le regard dangereusement flamboyant.

– Des menaces ? Vous me menacez… ? C'est la première fois que vous le faites. Le sujet doit être sensible ? avançai-je, sentant la faille sous mes doigts.

– Sensible ? Tu arrives à parler de moi et de quelque chose de sensible dans une même phrase ? Tu as raison, peut-être ai-je gangréné ton esprit, me répondit-il, sentant l'aval que je prenais et s'adjoignant à un faux calme.

– Je crois que je suis très lucide sur vous. Plus que vous l'imaginez.

– Je suis un monstre, tes schémas humains ne s'appliquent pas à moi. Peu m'importe ce que tu as cru comprendre de ma psyché, c'est certainement rempli de grands principes nobles et pitoyables.

Le tutoiement sortit naturellement de ma bouche, ainsi que cette phrase, simple à en crever :

– Tu n'es pas un monstre, Tom.

Il releva brusquement la tête sur moi et dans son regard, un bref instant, je crus croiser celui d'un enfant qui aurait voulu entendre ces mots bien plus tôt. Le même que j'avais affiché toute ma vie, quémandant qu'on me confirme mon humanité en silence, comme un cri muet, déchirant et insoutenable. Il disparut bien vite, remplacé par un sourcil dubitatif, légèrement surélevé.

– T'appeler un monstre ce serait te dédouaner de l'horreur de ce que tu as fait. « Je suis un monstre, je ne réponds à aucune loi humaine, je ne souffrirai d'aucune conséquence ». Tu n'as pas échappé aux conséquences. Ton âme s'est scindée, te gardant humain et te privant peu à peu de toute capacité à te retrouver dans ces fragments répandus comme un puzzle. Tu as perdu ton identité, Tom, pas ton humanité.

Il ne prononça pas un mot, dardant sur moi un regard scrutateur et j'ajoutai dans un souffle :

– Tu me ressembles et je ne suis pas un monstre je porterai le poids de mes actes parce que c'est ma croix, mon bagage trop lourd. Les meurtres que j'ai commis étaient de la défense pour la plupart et ce qui m'a sauvé me tue maintenant.

– Très… belle théorie, mais est-elle suffisante pour justifier ton désir pour moi ? me lança-t-il d'un ton mordant.

Je souris, pas même atteint. Ce que je venais de dire… Je le pensais vraiment. Je le penserai toujours.

– Chacun des humains que je connais est un Voldemort en puissance, tapi dans l'ombre. Leur histoire a voulu que celui-ci reste gardé au fond d'eux comme un animal trop violent dont on entend parfois les râles d'agonie. Ils ont fait des choix, se sont bridés, se sont imposés des limites morales. Chose que tu n'as pas faite. Ils auraient tous pu être Voldemort. J'aurai pu l'être. Tu n'es pas aussi unique que tu te targues de l'être. Tu n'es que l'expression de l'une des facettes les plus terribles de l'humanité. Celle qui se manifeste quand…

Il me coupa soudain, sa voix claquant comme un fouet.

– Si tu prononces une seule fois le mot « amour » dans cette pièce, je te jure que je t'égorge avec mes dents, me dit-il d'un ton mesuré qui ne laissait aucun doute quant au sérieux de sa menace.

– Alors n'en parlons pas. Lequel de nous deux est le plus dans le déni maintenant Tom ? dis-je en me relevant.

Je quittai la pièce et montai directement me coucher, comme vidé de toute énergie. J'avais beaucoup volé les derniers jours, tentant de m'épuiser pour dormir un peu mieux la nuit tombée.

Mes rêves furent agités et je m'éveillai avec la voix de Tom me murmurant un « Reviens-moi » insistant. Je crus l'avoir rêvé, mais même éveillé, elle résonnait dans mon esprit dans un écho persistant.

S'il était capable d'une telle projection, les protections n'étaient pas assez fortes… Il pouvait s'enfuir à tout moment ! Je balançai mes jambes hors de mon lit et cavalai dans le manoir plongé dans le silence et l'obscurité. Je dévalai les marches, torse nu, vêtu uniquement d'un jogging. Je parvins aux cachots, essoufflé, craignant presque qu'il ne soit enfui. C'est uniquement à ce moment-là que je réalisai que je craignais davantage qu'il ne se soit enfui plutôt qu'il ait pris possession de quelqu'un dans le manoir.

Il m'attendait habillé de manière décontractée, essuyant énergiquement ses cheveux avec une serviette immaculée, et cela confirma l'idée qu'il m'avait bel et bien appelé.

– Rassure-toi, cela me prend une énergie phénoménale et je ne peux le faire qu'avec toi puisque nous avons ce… lien, me dit-il immédiatement en levant les mains en signe de paix alors qu'échevelé je le toisais depuis l'encadrement de la porte.

– Qui me dit que tu ne l'as pas déjà fait pour m'embrouiller l'esprit ? demandai-je, tentant de réguler mon souffle anarchique.

Son regard passa de mes mains crispées sur ma baguette à mes lèvres entrouvertes avant de couler sur mon corps. L'effet fut dévastateur et je raffermis ma prise autour de ma baguette, comme un ancrage dans le réel, loin de ses yeux trop intenses.

Un nuage cacha la lune et l'obscurité s'abattit totalement. Il aurait pu s'enfuir tranquillement, la porte de la cellule ainsi ouverte. Il aurait pu me prendre ma baguette et décimer tout le manoir, moi y compris. Mais il n'en fit rien.

– Dis-moi ce que tu veux, dit-il soudain et je ne vis que sa silhouette qui se glissa à mes côtés.

Il s'avança jusqu'à se trouver face à moi, me dominant de toute sa hauteur, à une distance presque respectueuse. Je ne voyais que ses yeux luire, comme porteurs de leur propre éclat hypnotique. Il se pencha à mon oreille et murmura à nouveau sa question.

En un instant, il n'y eut plus que sa voix, son souffle sur mon oreille et sa présence enivrante.

– Dis-le… Qu'est-ce que tu désires ?

Il recula de deux pas. Je fermai les yeux et un souffle rauque m'échappa, comme si tout mon être tendait vers lui :

– Toi.

Pourtant chuchoté, le mot sembla exploser entre nous. Il se tendit, attendant ma réaction alors que nous toisions, reliés par ce simple murmure. « Toi ». Lui. Encore. Même dans le feu de mes reins, c'était lui. Il ne s'étonna pas de me recevoir de plein fouet, me réceptionnant solidement avec un grognement rauque qu'il étouffa contre mon cou.

J'élançai mes mains autour de son cou et ses bras s'enroulèrent autour de ma taille. Je le serrai à lui en briser les côtes. Il me souleva et je crochetai mes jambes autour de son bassin, le laissant me plaquer contre le mur avec une force qui m'arracha un gémissement. Je n'avais aucune idée de ce que je faisais, mais je ne savais même plus comment penser, comment m'arrêter. J'avais l'impression d'être lancé dans une pente à pleine vitesse, avec un élan incontrôlable. Et c'était enivrant, vertigineux. Je me fichais de qui il était, j'avais besoin de lui maintenant, aucun besoin d'essayer de me raisonner.

Il me déposa au sol doucement, me plaquant toujours contre le mur.

– Tu n'as aucune retenue, aucun garde-fou, c'est incroyable, où est passé Harry Potter ? souffla-t-il contre mes lèvres entre deux baisers.

« Tu l'as emporté avec toi, il y a bien longtemps » voulus-je répondre mais, agacé par la remarque, je mordis férocement sa lèvre et il rit contre ma bouche, doucement. Il répliqua par un nouveau baiser insistant qui me laissa un goût appuyé de sang alors que ses doigts se refermaient par intermittence sur mon cou.

– Je t'ai toi, hoquetai-je alors qu'il soulevait légèrement ma tête, sondant mon regard.

– Il y a mieux comme garde-fou qu'un psychopathe, comme tu l'as si bien dit, murmura-t-il avant de laisser son regard glisser sur sa main autour de mon cou. Je pourrais en profiter, je n'ai qu'à resserrer mes doigts, tu n'as pas peur… ?

Je plantai mon regard dans le sien. Je ne l'avais jamais craint, il le savait. Sa prise se fit plus ténue et j'éclatai de rire, la tête rejetée en arrière, les yeux clos. Finalement, lui avait encore quelques garde-fou quand je n'en avais plus aucun.

Il caressa distraitement ma jugulaire, comme tenté par le fait de la percer d'un ongle, mais il n'en fit rien, laissant ses lèvres suivre le tracé de son doigt.

Il remonta jusqu'à mes lèvres et m'embrassa à en perdre haleine. Je le laissai mener, trop sonné pour faire quoi que ce soit d'autre que de répondre avec le même empressement. Mes mains se perdirent sur la peau de son dos jusqu'à ce qu'il me fasse basculer sur le lit.

– Tu n'as aucune idée de ce que tu fais, n'est-ce pas ? se délecta-t-il.

– Tais-toi, répondis-je.

– Tu t'offres à moi, murmura-t-il en laissant son doigt parcourir ma lèvre inférieure.

Il entrouvrit ma bouche, caressant mes dents que je resserrai autour de ton doigt avant de relâcher.

– Je m'offre… toi, corrigeai-je, le souffle court.

– Un cadeau empoisonné, répondit-il lentement, comme fasciné par le tracé de son doigt sur ma lèvre.

Je le fixai sans rien dire, et il finit par remonter son regard dans le mien, intense. Il eut un sourire carnassier qu'il abattit sur mes lèvres. Le baiser, étonnamment doux, se fit de plus en plus violent alors que j'avais l'impression que ses doigts laissaient des sillons brûlants sur ma peau.

Son haut se retrouva vite au sol, suivi par le reste de mes vêtements et des siens. Il n'y aurait pas de retour en arrière possible. Céder à cette pulsion infernale ne déboucherait que sur deux options : l'assouvissement et par là-même la paix et la honte, ou l'envie de recommencer… ce qui serait bien plus compliqué à gérer.

Pas un mot de plus ne sortit de sa bouche ou de la mienne comme si chacun s'appliquait à ne surtout pas penser à la personne contre qui il était. Les sensations m'apparaissaient exacerbées, comme décuplées par la présence étouffante de Tom.

L'urgence des gestes et l'absence de douceur qui n'était rompue que par une main qui caressait parfois au lieu d'agripper, de griffer ou de tirer en arrière. Il n'y avait rien de tendre dans ce que nous faisions, juste un besoin presque animal.

Je ne me souciais pourtant ni de la force des prises, ni de l'absence totale de précaution qu'il prit avant l'acte. Comme si la douleur morale était si forte que celle physique était sur un plan lointain. Dans une autre dimension. Peut-être même dans un autre univers. Je me contentai de recevoir, de m'offrir ce moment avec lui pour tenter d'apaiser juste un peu le feu qui courrait dans mes veines. Je laissai mon corps aux commandes, abandonnant mon précieux contrôle à mes instincts les plus bas, ceux que je n'avais jamais soupçonnés avoir en moi.

Il n'y avait rien de doux et pourtant la connexion qui s'établit me sidéra, tout comme le plaisir intense que j'éprouvais à le sentir contre moi, aller et venir avec une volupté inattendue. Plus je songeai à quel point c'était une erreur, plus le vertige du plaisir me saisissait comme si le danger et l'interdit décuplait les sensations. Jamais je n'avais connu des sensations aussi extrêmes et je savais que lui non plus. Je le sentais. Et c'était comme une drogue. Je savais que l'envie de recommencer serait là à l'instant où nous en aurions terminé. Je ressentais le manque avant même que son corps ne se sépare du mien. C'était insupportable, divin.

C'était une connerie aussi, à n'en pas douter. Une de celles qu'on n'oubliait jamais. Une de celles dont les conséquences étaient presque apocalyptiques derrière. C'était l'une de ces conneries et pourtant je ne parvins pas à m'accrocher à cette pensée lorsqu'il m'embrassa, ravissant mes lèvres dans un baiser qui m'emporta une dernière fois avant un brusque retour sur terre.

Lorsque nous fûmes tous deux satisfaits, aucun de nous ne prononça un mot. Son regard me suivit, indéchiffrable, alors que je me rhabillai, sentant l'autoflagellation arriver au galop. Je quittai la pièce sans un coup d'œil en arrière, redoutant ce que j'y trouverai. Je partais comme une putain après son sale boulot. Pourtant j'y avais pris du plaisir plus que je voulais l'admettre. Lui aussi. Et cette pensée me força à m'arrêter un peu plus loin et à rendre le maigre contenu de mon estomac.

A suivre…


Blabla de J' :

J'avais prévenu que ce serait pas sain ! Disons que l'acte n'est pas très amoureux, c'est plutôt bestial en fait. Je me suis grave appliquée sur ce lime, j'y ai vraiment passé du temps pour comprendre l'état d'esprit d'Harry à ce moment-là parce que ça me paraissait essentiel. Du coup… il fait chaud, non ? xD Déjà que j'ai quarante degrés chez moi :'(

Cela dit Harry peut être fier, il a réussi à perturber Voldemort un peu avant en lui parlant d'amûûûûûûr :D Je dirai qu'à la fin de ce chapitre, il y a presque match nul haha !

C'est l'avant-dernier chapitre et je flippe de vos réactions haha ! J'espère vraiment que ça vous aura plu, que le lime était pas trop… pas assez… enfin voilà quoi xD

Du coup je vous dis à très bientôt pour le dernier chapitre de cette courte fic ! :)

Lot of Loooooooove,

Jelyel :D