Dans ce chapitre, Sherlock n'est pas mis en scène.
Il n'était pas venu, il aurait du s'en douter. Pourquoi n'était-il pas surpris qu'il ne soit pas là ? John essaya de se concentrer sur le discours du prêtre qui s'était engagé à accueillir la dernière demeure de Mycroft Holmes. Jamais John n'aurait pensé se retrouver ici encore une fois, mais cette fois-ci avec un véritable mort. Il avait beau observer les nombreux visages qui se trouvaient à cette cérémonie de deuil mais aucun n'avait les traits frappants de son meilleur ami. Il y avait de toutes les personnes. Des hommes haut placés, voire des ministres, d'anciens députés, de nombreux hommes inconnus aux visages froids et intimidants, quelques femmes aux regards étranges, quelques policiers notamment Lestrade et une vieille femme âgée surement dans les soixante dix ans. Elle était seule, placés dans le fond. Elle était d'ailleurs arrivée en retard et curieusement, elle avait des traits que John ne put s'empêcher de comparer à Sherlock : les mêmes yeux bleu-gris profonds et des cheveux blancs curieusement en batailles ; le nez était plutôt comparable au défunt Holmes. Elle ne pleurait pas, elle non plus. Il était rare de voir des personnes fondre en larmes à cette enterrement, seule Mme Hudson laissait paraitre ses émotions souvent soutenus par les femmes policiers. Le seul qui manquait à l'appel était Sherlock.
Une semaine après la mort de Mycroft, Sherlock n'était pratiquement plus à Baker Street. Il sortait de bons matins et revenait le soir. John avait eu extrêmement peur qu'il ne retombe malade car le lendemain de sa visite à Scotland Yard, le détective avait disparu de la surface de Londres pour revenir le soir, aussi pâle qu'un linge. Il ne parlait plus, ne mangeait plus et ne travaillait étrangement plus. Ses mails n'étaient plus ouverts, son site web avait été fermé ( John avait regardé des milliers fois son site et le serveur affichait que ce site n'existait plus ), pas un mot à Scotland Yard, la morgue était devenu peu à peu vide. Le médecin avait cru que son ami se consacrait à l'enterrement de son frère mais il s'était trompé. C'était en réalité le Club Diogène et un membre de la famille royal qui avaient tout organisé. John avait été surpris d'apprendre cela par le biais d'Anthéa qui lui avait envoyé des textos. Il s'était empressé de prévenir le détective qui lui avait jeté un drole de regard et s'était enfermé dans sa chambre avec son violon émettant des mélodies doux et, sur l'avis de John, tristes.
Mais jamais il n'était venu. Les heures passèrent sans que la tignasse bouclée apparaissent dans la foule qui se recueillaient au nom de l'homme du secret. Il n'y avait pas de questions à se poser : soit Sherlock ne souhaitait pas venir, soit il en souffrait trop, soit il ne supporte pas ce genre de cérémonies inutiles. John optait plus sur la dernière hypothèse.
Quand cela se termina, John resta encore un peu devant maintenant la tombe de Mycroft, tandis que beaucoup d'autres s'en allèrent lentement après avoir poser des fleurs sur la pierre tombale.
"MYCROFT HOLMES 1974-2013 Né à Édimbourg, mort à Londres..."
Les bouquets de fleurs cachaient le reste de l'écriture. L'ancien soldat se permit de les enlever doucement pour apercevoir la gravure.
"Au Plus Grand Cerveau Politique qui a sacrifié sa vie" "A l'homme qui aimait sa famille"
Il était clair aux yeux de John que ses écrits n'étaient pas seulement de ceux des connaissances de Mycroft mais aussi de membres de sa famille. Peut-être est-ce Sherlock ?
"- Mon fils mérite tout le bonheur dans son autre monde, dit une voix suave.
John sursauta et se retourna. Il reconnut la dame qui était arrivée en retard. Elle lui adressa un sourire triste.
"- Je suis Margaret Victoria Holmes, se présenta-t-elle noblement, et je pense que vous êtes le docteur Watson ?" Elle lui tendit la main. Ainsi elle était donc la mère des deux frères Holmes.
"- Oui, je suis enchanté de vous connaitre, dit-il en lui serrant la main, je suis désolé pour votre...fils."
Elle renifla doucement.
"- C'était, je dois dire, un homme plein de bonté. J'ai aimé être sa mère. J'ai été fier de lui...et sa mort m'a, au début choqué, mais quand j'ai su ce qu'il avait fait, je me suis senti si heureuse, si fière de lui, j'ai donc essayé de ne pas montrer ma tristesse car je n'ai pas à être triste pour ce qu'il a fait, une vie pour une autre, il n'y a pas de plus nobles que lui. Certes, Mycroft n'avait jamais montré de sentiments envers nous, sa famille, il était toujours froid mais aujourd'hui, je peux voir à quel point il aime sa famille."
Elle jeta un regard sur la tombe qui semblait aussi écouter.
"- Votre...deuxième fils...n'est pas venu, hésita John, je suis désolé...
- Vous n'avez rien à vous reprocher, coupa-t-elle tendrement, je connais mes fils, je sais comment ils sont. L'absence de Sherlock ne m'affecte pas. Même si j'avais espéré revoir mon petit Sherlock. Comment va-t-il ?
- Il va...plutot bien, hésita-t-il, je ne sais pas vraiment son état émotionnel.
- Surveillez le bien, Docteur Watson ( John remarqua que sa façon de parler ressemblait à celle de Mycroft ), je m'inquiète pour lui. Pas pour ses affaires dangereux, j'ai confiance, mais pour les jours qui viennent. J'ai bien peur que ces jours seront encore pire que celles qui avaient suivi la mort de Mycroft.
- Pourquoi ne venez pas le voir ? Demanda-t-il.
- Cela fait longtemps que je ne m'occupe plus de ms garçons et je considère cela comme acquis. Si je ne leur rends pas visite depuis quelques années, c'est par ce que je considère que mon travail de maman s'arrête. Ils savaient que je les ai aimé, que je les aime et que je les aimerai toujours. Les visites ne sont plus dans mes habitudes. Sherlock est un homme pour comprendre la raison qui me pousse à éviter ces visites. Venir le voir serait le considerer comme un enfant...et puis, il a maintenant des amis de confiance."
Elle posa une petite fleur des champs et s'en alla ensuite après un vague "au revoir" au docteur Watson.
Il aurait pu partir mais il ne put s'empêcher de discuter un peu comme il avait eu autrefois l'habitude de faire avec la fausse mort de Sherlock.
"- Vous savez quoi Mycroft...Je crois que si je ne vous avais jamais rencontré j'aurai peut-être refusé de vivre en colocation avec Sherlock. Lorsque vous m'aviez parlé de mon problème post-traumatique, j'ai ouvert les yeux. Oui, vous aviez raison. La guerre me manquait. Marcher avec Sherlock, c'est comme faire la guerre ( il ria ) mais vivre avec Sherlock, c'est incroyable. Quand je faisais la guerre, je me sentais utile. Quand je suis avec Sherlock, je me sens utile. Si je ne vous avais jamais rencontré, je crois que mon jugement à propos de Sherlock, aurait été si différente...je crois même que je l'aurais laisser seul à Baker Street. Mais c'est quand j'ai su que vous vous inquiétez pour lui, quand j'ai su que il y avait des personnes qui en voulaient à Sherlock, que j'ai accepté de le suivre, pour le protéger. Quand il a dit le mot "ennemi", j'ai compris qu'il avait besoin de protection...et c'est en restant près de lui, que je peux le protéger. J'ai comprit que vous vouliez le protéger. N'est-ce-pas ? Tous ces venues, ces interruptions lors de nos enquêtes, c'était pour voir si je continuais à le protéger ? C'est donc ça votre vie ? Protéger votre petit frère jusqu'à la mort ? Eh bien, je continuerai à poursuivre votre boulot. Je le protégerai comme si je protège le Royaume-Uni. Je ferai en sorte d'être un meilleur ami...et un frère, peut-être moins doué que vous, moins intelligent, mais je vous promets de protéger Sherlock. Je resterai auprès de lui jusqu'à que le danger dans lequel il vit ou vivra sera écarté...( Un silence )...J'aurai aimé que vous soyez encore vivant, pour me dire ce que je dois faire, ou me demander des nouvelles de Sherlock...mais ce sera plus le cas. Non. Je suis très heureux de vous avoir rencontré. Je suis très honoré de la confiance que vous m'avez accordé depuis notre première rencontre. Je suis très heureux de compter parmi les amis de votre frère et...surement de compter parmi vos amis."
Pourquoi 2013 ? Une simple envie d'écrivain. J'ai toujours détesté mettre l'année où j'écris, dans mes histoires...
